La « persécution » des musulmans à La Mecque : un pieux et immense mensonge

Certaines biographies contemporaines de Mahomet et la plupart des commentateurs musulmans font état d’« horribles persécutions » commises dès l’époque de La Mecque à l’égard des musulmans pour mettre en avant les qualités de Mahomet dans une telle situation et surtout ensuite la légitimité à se défendre par l’épée, si nécessaire avec grande violence. Or, à lire la Sîra, une telle interprétation est une lecture erronée des faits par rapport aux images auxquelles certains termes renvoient dans l’imaginaire contemporain. Faisons le point.

  • L’utilisation indélicate et à dessein d’un terme tout à fait connoté et trompeur

Que sous-entend le terme « persécution » ? La « persécution » est un « traitement injuste et cruel infligé avec acharnement » (Le Petit Robert).

En outre, il y a un oppresseur (ou plusieurs), de nombreuses victimes et un terrible châtiment pour elles (prison, sévices corporels, déplacement de population, exécutions, travaux forcés,…). Par exemple, quand les Romains ont persécuté les chrétiens, il les crucifiaient par milliers (comme sur la voie Appia) et leur infligeaient ainsi des souffrances atroces qui s’achevaient avec leur mort.

S’agit-il de cela lorsqu’on parle de Mahomet de ses partisans ? On en est très loin.

  • Qu’a essayé de faire Mahomet à La Mecque ? Par sa prédication, Mahomet a en réalité « harcelé » les Quraychites

L’organisation de l’Arabie du VIIème siècle était structurée autour de tribus farouchement indépendantes qui concluaient entre elles au gré des circonstances des pactes d’alliance. Ces tribus polythéistes vénéraient des dieux ou des idoles et le centre religieux principal était à La Mecque : y était notamment vénéré le dieu Hubal, dieu de la Lune, dieu le plus important de La Mecque.

Mahomet, en prêchant une nouvelle religion, monothéiste, se proposait de casser l’organisation tribale, sociale et religieuse traditionnelle des tribus Quraychites, ce qu’elle ne pouvait voir que d’un mauvais œil ; et ce d’autant plus que Mahomet prétendait en même temps en devenir le chef puisqu’il fallait lui obéir.

Aussi, pourquoi croire cet individu qui se prétendait inspiré par Dieu plutôt qu’un autre illuminé, d’autant qu’il a toujours refusé de donner des signes de son élection par la réalisation de miracles ? Il n’y avait en effet aucune raison. Seule la sagesse de la religion qu’il prêchait aurait dû lui permettre de conquérir les cœurs : de ce point de vue-là, Mahomet a complètement échoué à La Mecque au regard de ses ambitions au terme d’une prédication de 12 ans (610-622).

  • Quelle a été la réaction première des Quraychites ? De supporter les insultes de Mahomet et de proposer une conciliation !

Par un curieux renversement des faits, certains prétendent que ce sont les Quraychites qui ont harcelé, dénigré et insulté Mahomet, alors que c’est exactement l’inverse qui s’est produit au départ. Cela se comprend très bien puisque Mahomet a cherché à imposer sa nouvelle religion en décrédibilisant, insultant les anciennes coutumes et religions.

La Sîra est très claire sur le sujet : « Ils [ndlr les Quraychites] envoyèrent lui [ndlr Mahomet] dirent : « Les notables de ton peuple se sont réunis en vue de parler avec toi ; viens donc à eux. » L’envoyé d’Allah vint à eux rapidement pensant qu’ils avaient formé une opinion concernant ce qu’il leur avait dit ; en effet, ils tenaient absolument à leur bonheur, à ce qu’ils suivraient le droit chemin, et leur égarement lui faisait de la peine. Il s’assit avec eux. Alors ils lui dirent : « Ô Muhammad ! Nous t’avons envoyé chercher afin de parler avec toi. Par Dieu, nous ne connaissons pas quelqu’un qui avait introduit dans son peuple quelque chose de pareil à ce que tu viens d’introduire dans ton peuple ; tu as insulté les ancêtres, dénigré la religion, injurié les dieux, traité nos croyances de stupides, mis la discorde dans notre société, et il ne reste aucun mal que tu n’avais pas apporté entre nous et toi. Si, par cette affaire, tu veux obtenir de l’argent, nous amasserons pour toi de notre argent de quoi te rendre le plus riche parmi nous. Si par elle tu aspires à l’honneur parmi nous, nous te ferons notre seigneur. Si par-là tu veux devenir un roi, nous te ferons notre roi. Si celui qui vient à toi est un djinn que tu vois s’emparer de toi – ils appelaient le djinn – compagnon (ra’iyy), ce qui est probable, nous dépenserons de notre argent les frais du médecin jusqu’à ce que tu en sois guéri ; ou nous serons dégagés de tout reproche au sujet de ce que nous ferons avec toi. »

Donc, il s’avère que :

–  Les Quraychites ont été insultés par Mahomet au travers du dénigrement de leur religion, de l’accusation de stupidité, etc. ;

–  L’attitude de Mahomet constituait pour eux un affront inouï jamais vu de mémoire d’homme dans cette société tribale, qui aurait dû entraîner la mort immédiate de l’agresseur Mahomet ;

–  En dépit de la violence inouïe de cet affront, les Quraychites ont fait preuve d’une grande clémence et patience (pendant plusieurs années) compte tenu de l’appartenance de Mahomet à un des clans les plus respectés de La Mecque et ont essayé de trouver un terrain d’entente, jusqu’à lui proposer de devenir très riche et même de devenir leur seigneur, dès lors qu’il ne persistait pas à remettre en cause l’organisation sociale et tribale traditionnelle ;

–  Les Quraychites ont pu naturellement penser que Mahomet était probablement atteint de folie par l’entremise d’un djinn et se sont proposés de le soigner ;

–  Mahomet a refusé la conciliation qui lui était proposée et n’a pas réussi à les convaincre par la seule force de son discours (ou des signes quelconques).

En conséquence de quoi, on voit que les Quraychites étaient dans une situation de légitime défense vis-à-vis de l’agresseur, Mahomet, et étaient parfaitement légitimes à en finir avec lui.

  • Les Quraychites se défendent contre Mahomet et ses partisans

Les Quraychites auraient pu facilement s’en prendre à Mahomet, le responsable de l’agression, mais ils ne l’ont pas fait compte tenu des liens qu’il avait avec les clans respectés de La Mecque. Mahomet ne semble pas avoir lui-même été inquiété pendant au moins les 10 premières années de sa prédication à La Mecque, qui en a compté 12 ; il était certes raillé et moqué, mais il n’avait pas à craindre pour sa sécurité physique (cf article ).

Aussi les Quraychites se sont-ils défendus en luttant contre les quelques partisans de Mahomet pour faire pression sur eux et les amener à renier cette nouvelle religion. Évidemment, à l’époque on « faisait pression » de façon un peu moins policée qu’aujourd’hui : les mœurs étaient plus brutales. La violence faisait partie des mœurs tribales de l’Arabie. Les différends entre tribus et les razzias étaient fréquents. Rappelons aussi qu’il arrivait assez souvent que les filles soient enterrées vivantes à la naissance comme le rappelle le Coran. Les mœurs de l’époque n’étaient pas particulièrement douces ! « Lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde l’envahit. Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la terre ? Combien est détestable leur jugement ! » (Coran, sourate 16, verset 58)

Le traitement infligé par les Quraychites à certains de ceux qui avaient embrassé l’islam et qui étaient les plus faibles (c’est-à-dire n’étaient pas sous la protection d’une tribu suffisamment puissante) pouvait être dur, sans pour autant être irréversible puisque l’objectif était de leur faire renier leur religion et pas de les tuer.

Une section de 4 pages de la Sîra est notamment consacrée aux pressions faites par les Quraychites sur les partisans de Mahomet et intitulée : « La persécution infligée par les polythéistes aux faibles qui ont embrassé l’islam ». Il s’agissait essentiellement de faire pression, notamment sur les plus faibles, pour les faire revenir à leurs anciennes croyances, par des coups, la privation de nourriture et d’eau, ou l’exposition au soleil. L’objectif était de les amener à renier leur conversion à l’islam, notamment en les faisant jurer par leurs anciennes idoles comme al-Zat et al-Uzza, ou en les obligeant à dire qu’un scarabée qui passait était leur dieu pour déconsidérer la croyance en l’islam.

La Sîra mentionne deux cas individuels : celui de Bîlal (un esclave, donc sans droit, dont le sort n’est donc pas représentatif – au demeurant, Abû Bakr le sortit des griffes des Quraychites en l’échangeant simplement contre un esclave noir plus fort et plus résistant que lui –) et celui d’Ammar ibn Yâsir.

La Sîra indique qu’Ammar ibn Yâsir, son père et sa mère étaient harcelés par les Banû Makhzûm qui les exposaient sur le sable brûlant de La Mecque. La mère mourut : la Sîra indique que la mère fut tuée, sans autre précision, mais, compte tenu des circonstances, il semble vraisemblable qu’elle mourut de son exposition prolongée au soleil. Il est intéressant de noter que Mahomet connaissait la situation de cette famille mais ne rechercha pas particulièrement à les protéger. La Sîra indique en effet que lorsque Mahomet passait à côté d’eux alors qu’ils étaient exposés, il leur disait : « Patience, famille Yâsir ! Le paradis vous est promis. »

La mort de la mère d’Ammar semble un cas isolé. Les Quraychites ne cherchaient pas à provoquer des violences graves et handicapantes, voire la mort, mais à obtenir l’apostasie des partisans de Mahomet, vraisemblablement pour déconsidérer encore plus la nouvelle religion qu’il prétendait leur imposer.

Il ne faut donc pas nier l’hostilité déclenchée, mais à juste titre, par Mahomet chez les Quraychites et certaines violences qu’ont pu connaître certains partisans de Mahomet, en particulier les plus faibles et ceux qui n’étaient pas affiliés à un clan suffisamment fort. Mais il était légitime que les Quraychites se défendissent contre l’agression qu’ils subissaient.

En outre, on peut penser que la Sîra, rédigée par un musulman du point de vue des musulmans, aurait certainement développé la description des persécutions commises sur les musulmans si leur ampleur l’avait justifié. Si les musulmans avaient par exemple subi un massacre de l’ampleur de celui, mentionné par la Sîra, des 20.000 chrétiens massacrés à Najrân (sud de la péninsule arabique) par les juifs conduits par Dû Nawas, il est probable que la Sîra n’aurait pas manqué de longuement le relater. Or rien de tel.

D’ailleurs, notons que Mahomet, ne pouvant pas placer sous la protection de son clan tous ses partisans, conseilla aux plus faibles et qui ne bénéficiaient pas de protection particulière d’émigrer en Éthiopie auprès du roi chrétien, le Négus, ce que fit un groupe de 83 musulmans. 33 revinrent d’ailleurs à La Mecque après quelque temps : si les partisans de Mahomet étaient réellement persécutés et craignaient vraiment pour leur vie, seraient-ils revenus ? Et Mahomet lui-même n’a jamais été violenté.

  • La fuite à Médine (l’hégire, 622)

Au bout de douze années, il est assez normal que les Quraychites en aient eu un peu assez et aient fini par se dire que cet individu, Mahomet, pouvait peut-être devenir finalement un réel danger politique pour eux avec ses prétentions à les commander (la religion n’ayant finalement pas grand-chose à faire dans l’histoire). Qu’ils aient songé au bout du compte à s’en débarrasser physiquement, c’est fort possible et même assez normal. D’autant que dans l’Arabie tribale du VIIème siècle, cela ne soulevait pas de grandes questions morales vu les mœurs de l’époque. Mais si Mahomet avait été aussi en danger que cela, nul doute qu’il aurait fui bien plus tôt et surtout sans faire partir fuir tous ses partisans avant de fuir lui-même.

  • Mahomet a été chassé injustement de La Mecque

Cet argument qui revient ad libitum dans la littérature musulmane (y compris dans le Coran), ne correspond donc pas à ce qu’on lit dans la Sîra. C’est un mensonge nécessaire à la justification du jihad.

Mahomet n’a pas été chassé : Mahomet a poussé à bout la patience des Quraychites en continuant à prêcher sa religion alors que celle-ci était infructueuse après 12 ans de prêche. Son entêtement l’a alors effectivement probablement mis en danger et il a donc décidé de fuir La Mecque pour s’établir à Médine.

Si Mahomet ne s’était pas entêté à vouloir imposer sa nouvelle religion aux Quraychites, en changeant au passage toute l’organisation tribale des tribus de La Mecque par ce nouveau rapport de pouvoir politique et religieux, il aurait pu continuer à vivre à La Mecque sans craindre aucunement pour sa vie : il n’a donc pas été « chassé » de La Mecque : il n’y a aucune injustice dans ce départ contrairement à ce que laisse entendre la littérature musulmane.

Cette situation est semblable à celle d’un fils qui vous dirait tous les jours pendant des années que vous devez changer vos croyances, votre mode de vie, que vous devez maintenant lui obéir parce qu’il a eu une illumination divine : n’y a-t-il pas un moment où vous perdriez patience ? Ne seriez-vous pas tenté, devenu excédé, par une bonne gifle pour lui remettre les idées en place ou de lui dire d’aller vivre aux crochets de quelqu’un d’autre s’il n’est pas content ? Et si votre fils dans cette situation décidait de prendre la poudre d’escampette, diriez-vous que vous l’avez « chassé » et qu’il est une victime ? Quand quelqu’un, de son propre fait, se met dans cette sorte de situation qui le conduit un jour au l’autre à partir de lui-même, est-il « chassé » (ou « banni ») ?

Ou imaginez que toutes les semaines pendant 12 ans vous ayez un témoin de Jéhovah qui vienne à votre porte vous expliquer que vous devez vous convertir à la religion qu’il prêche et que vous allez devoir lui obéir : comment réagiriez-vous ?

  • Conclusion

Il n’y a donc eu :

–  ni traitement injuste, puisque la légitime défense des Quraychites est avérée ;

–  ni traitement cruel, puisqu’il n’y avait pas de cruauté en tant que telle mais seulement des pressions physiques pour faire apostasier ;

–  ni acharnement, les pressions sur les convertis cessant dès le retour à la religion antérieure.

Aussi, le terme de « persécution », tout à fait inapproprié, devrait être remplacé par celui de « harcèlement » moral et physique, et notamment s’agissant de Mahomet de « harcèlement moral » car les Quraychites n’ont pas manqué de critiquer vigoureusement ses prétentions et sa « mission », voire de le tourner en ridicule, lui qui se croyait envoyé par Dieu (jusqu’à penser qu’il fallait le faire soigner).

  • Comment réagir face au révisionnisme musulman ?

La première chose à faire pour se faire votre propre idée est d’aller lire vous-même la biographie authentique de Mahomet. Le texte me semble clair sur l’étendue et la nature du harcèlement (justifié) subi par Mahomet et ses partisans. Cela vous permettra de vous constituer un argumentaire étayé et solide.

Malheureusement, cette question de la légitime défense originelle étant absolument cruciale pour l’islam – au risque de l’effondrement –, le débat rationnel et critique est généralement impossible, sauf avec quelques esprits éclairés et rares qui ne renient pas les faits et acceptent de « tourner la page » pour tenter de dégager de l’islam des messages de spiritualité non-violente pour la suite des temps (cf. article révisionnisme).

Aussi, si vous rencontrez des musulmans qui soutiennent cette théorie des horribles persécutions, inutile de discuter : demandez-leur les références précises des textes qui les décrivent dans la biographie de Mahomet (et n’oubliez pas de me les communiquer !). Peut-être cette lecture doit-elle être remise en cause, mais je ne vois pas sur quelle base.

Aïcha déflorée à 9 ans par Mahomet : un certain malaise musulman

La polémique sur l’âge de la consommation du mariage d’Aïcha est intéressante, moins par l’authenticité des faits qui ne fait aucun doute, que par l’attitude de certains musulmans face à cette constatation.

  • La Tradition authentique : aucun doute n’est possible

La Tradition musulmane ne laisse aucun doute sur le fait qu’Aïcha a été mariée à 6 ans (7 dans la Sîra) à Mahomet et que le mariage a été consommé quand elle eut 9 ans (lui ayant environ 53 ans)

Hadith (Bukhari) : « Urwa Ibn az-Zubayr a dit : « Khadija mourut trois ans avant le départ du Prophète pour Médine. Après être resté veuf deux ans, ou un espace de temps approchant, le Prophète épousa Aïcha qui avait alors six ans, puis il consomma son union avec elle quand elle eut neuf ans ». »

Hadith (Bukhari) : « D’après Aïcha, le Prophète l’épousa alors qu’elle avait six ans ; le mariage fut consommé quand elle avait neuf ans et elle resta avec le Prophète neuf ans. »

Hadith (Bukhari) : « Aïcha a dit : « J’avais six ans lorsque le Prophète m’épousa. Nous nous rendîmes à Médine et descendîmes chez les Banu al-Harith Ibn Khazraj. J’avais eu la fièvre et perdu mes cheveux ; mais ils repoussèrent abondamment et arrivèrent jusqu’au coude. Ma mère, Umm Rûmân, vint me trouver alors que j’étais sur une balançoire, entourée de mes camarades. Elle m’appela et je me rendis auprès d’elle sans savoir ce qu’elle voulait de moi. Elle me prit par la main, me fit rester à la porte de la maison jusqu’à ce que j’eusse pris mon souffle. Elle prit alors un peu d’eau, m’en frotta le visage et la tête, et me fit ensuite entrer dans une maison où se trouvaient des femmes des Ansâr qui me dirent : « À toi le bonheur, la bénédiction et la meilleure fortune ! ». Ma mère m’ayant livrée à ces femmes, celles-ci se mirent à me parer, et j’avais à peine fini que l’Envoyé de Dieu entra. Alors on me remit entre ses mains. J’avais alors neuf ans ». »

Hadith (Muslim) : « Aïcha a dit : « J’avais six ans lorsque le Prophète m’épousa et neuf ans lorsqu’il eut effectivement des relations conjugales avec moi. Quand nous nous rendîmes à Médine, j’avais eu de la fièvre un mois durant et mes cheveux avaient poussé jusqu’à mes épaules. Ma mère, Umm Rûmân, vint me trouver alors que j’étais sur une balançoire, entourée de mes camarades. Quand elle m’eut appelé, je me rendis auprès d’elle sans savoir ce qu’elle voulait de moi. Elle me prit par la main, me fit rester à la porte de la maison jusqu’à ce que j’eusse pris mon souffle. Elle me fit ensuite entrer dans une maison où se trouvaient des femmes des Ansâr qui me dirent : « À toi le bien, la bénédiction et la meilleure fortune ! ». Ma mère m’ayant livrée à ces femmes, celles-ci me lavèrent la tête et se mirent à me parer. Or, rien ne m’effraya et quand l’Envoyé d’Allah vint dans la matinée ; elles me remirent à lui ». »

Sîra : « Le Prophète prit aussi pour épouse Aïcha, fille d’Abû Bakr, l’homme de foi. Elle avait sept ans. Il consomma son mariage avec elle à Médine lorsqu’elle avait neuf ou dix ans. C’était la seule épouse vierge que le Prophète ait prise. Elle lui fut donnée en mariage par son père Abu Bakr. Le Prophète lui donna en dot quatre cents dirhams. »

D’ailleurs, la Tradition rapporte que Mahomet conseillait à ses partisans de prendre des femmes vierges, donc a priori très jeunes :

Hadith (Bukhari) : « Jâbir rapporte que l’Envoyé de Dieu lui dit : « Ô Jâbir, t’es-tu marié ? – Oui, lui répondis-je. – Et qui as-tu épousé ? une vierge ou une femme ayant déjà été mariée ? – Ce n’est pas une vierge, repris-je, mais une femme ayant déjà été mariée. – Pourquoi pas une jeune fille [ndlr vierge] qui aurait batifolé avec toi ? répliqua le Prophète. – C’est parce que, lui répondis-je, mon père a été tué à la bataille de Uhud et qu’il a laissé neuf filles qui sont mes neuf sœurs. Il m’eût été pénible de leur donner pour compagne une jeune fille ignorante comme elles ; c’est pourquoi j’ai choisi une femme qui pût les peigner et s’occuper d’elles. – Tu a eu raison, me dit le Prophète ». »

  • Aucun érudit musulman sérieux et représentatif ne conteste aujourd’hui la validité de cette tradition

Cette constatation n’est contestée par aucun érudit sérieux et représentatif, y compris Tariq Ramadan. De son côté, Yusuf Qaradawi écrit : « La mère des croyants, Aïcha, a dit : « Je jouais avec des poupées sous le toit du Messager de Dieu et je recevais mes amies qui se cachaient pour jouer par crainte du Messager de Dieu, mais ce dernier était content de les voir venir chez moi et partager mes jeux » (hadith unanime). Dans une autre version, le Prophète lui dit un jour : « Qu’est-ce que cela ? » Elle répondit : « Ce sont mes poupées ». Il dit : « Quel est donc celui-ci qui se tient au milieu d’elles ? » Elle répondit : « C’est un cheval ». Il dit : « Que porte-t-il ? ». Elle répondit : « Deux ailes ». Il dit : « Un cheval avec deux ailes ? ». Elle répondit : « N’as-tu pas entendu dire que Salomon, le fils de David, avait des chevaux ailés ? » Le Messager de Dieu se mit à rire à pleines dents (hadith rapporté par Abou Dawoud). Il s’agissait de figurines avec lesquelles jouaient les fillettes et les garçons. Notre dame Aïcha était encore toute jeune au début de son mariage avec le Messager de Dieu. »

  • De l’absence de scrupules pour défendre Mahomet et donc l’islam

Cette constatation ne pose guère de problèmes aux musulmans orthodoxes du Golfe car l’exemplarité du Prophète prime de toute façon pour eux sur tout problème moral. Ils appliquent le règlement.

Age du mariage

Age du mariage

Certains, jugeant la situation diffamatoire au regard de la probité morale sacrée de Mahomet qui doit être préservée de toute atteinte quoiqu’il arrive, remettent par conséquent en cause ces hadiths authentiques par divers raisonnements et témoignages. Ainsi Mohammed Bajrafil va jusqu’à remettre en cause de leur propre autorité la Tradition authentique pour tenter de redorer le blason du grand Mahomet en allant jusqu’à essayer de démontrer (sur un ton qui n’appelle guère à la critique…) qu’Aïcha avait en réalité 18 ou 19 ans lors de son mariage.

Mohamed Bajrafil Belgique

Mohamed Bajrafil Aisha 1   Mohamed Bajrafil Aisha 2

Or c’est une attitude individuelle dépourvue de légitimité institutionnelle au regard de la communauté musulmane musulmans (Mohamed Bajrafil ne représente que lui-même), et en particulier au regard d’institutions prestigieuses comme l’université d’Al-Azhar.

Cela semble surtout révélateur d’une attitude inquiétante conduisant en fonction des objectifs à faire fléchir coûte que coûte la signification des éléments documentaires dans le sens recherché. « La fin justifie les moyens » dit le dicton ; vérité et honnêteté n’ont pas leur place.

L’extermination des juifs par Mahomet

Installé à Médine, et se rendant compte qu’il ne convertirait jamais les juifs, Mahomet décida après quelques mois de s’en débarrasser soit en les chassant, soit en les exterminant.

1) Les Banû Qaynuqa

Les premiers visés furent les Banû Qaynuqa. En 624, prenant prétexte d’un incident sur un marché[1], Mahomet entra en guerre contre cette tribu, la plus faible. Mahomet avait en réalité de multiples griefs à leur égard : il les trouvait hypocrites, vantards (ils avaient défié Mahomet après Badr) ; ils remettaient constamment en cause la véracité de la mission de Mahomet, etc. Après 15 jours de siège, cette tribu dut se rendre. Mahomet avait l’intention de tuer les mâles et de prendre en captivité les femmes et les enfants.

Abdurrahmân Badawî confirme effectivement que l’intention originelle de Mahomet était de les exterminer« Que décida de faire le Prophète après la reddition des Banû Quaynuqa ? Ibn Ishaq ne nous donne pas de renseignements directs. Tout ce qu’on peut conclure de son récit est l’intercession d’Ubayy en leur faveur auprès du Prophète, c’est que celui-ci avait l’intention de leur appliquer ce qu’il est coutume de faire en cette matière, à savoir : tuer les guerriers, et prendre en esclaves les non guerriers : femmes, enfants et vieillards. »

Mais sur l’intervention insistante d’Abdullah Ubayy ibn Salûl, de la tribu arabe des Khazraj avec qui ces juifs étaient alliés, Mahomet accepta finalement de les expulser de Médine.

[1] Un orfèvre juif avait joué un tour à une musulmane en attachant son vêtement de sorte qu’en se relevant, elle fit voir ses parties intimes. Un musulman présent tua l’orfèvre juif pour cette indécence et celui-ci fut immédiatement tué par des juifs qui étaient aux alentours. Les musulmans réclamèrent vengeance.

2) Les Banû Nadir 

En 625, Mahomet expulsa de Médine une autre tribu juive, les Banû Nadir, qu’il soupçonnait de trahison. Il assiégea leur oasis et brûla leurs palmiers. Deux juifs seulement se convertirent. Les autres furent expulsés de Médine avec ce que leurs chameaux pouvaient porter et le reste de leurs biens fut partagé entre les musulmans. La sourate 49 retrace cet épisode.

3) Les Banû Quraydha : se reporter à l’article dédié à cet événement (Extermination des Banû Quraydha)

 

Aïcha : Les sources authentiques

La Tradition (Muslim, Bukhari) et la Sîra indiquent qu’Aïcha a été mariée à Mahomet à l’âge de 6 ou 7 ans, Mahomet en ayant environ 50, et qu’il la posséda sexuellement à 9 ou 10 ans. D’autres hadiths authentiques (Bukhara, Ibn Majah) rapportent les propos d’Aïcha selon lesquels Mahomet faisait venir ses amies pour qu’elle pût jouer avec elles à la poupée.

Aicha 1Aicha 2

Les sources étant authentiques, les exégètes musulmans de renom ne se hasardent guère à tenter de remettre en cause ce fait même si la précocité de ce mariage et de cet acte sexuel continue à soulever un certain malaise vis-à-vis de l’Occident de part l’âge d’Aïcha mais aussi de la différence d’âge avec Mahomet, sensiblement plus de 40 ans.

Pour Abdurrahmân Badawî, il ne fait pas de doute que : « La 3ème épouse fut Aïcha, la fille de son fidèle ami Abû Bakr, le premier calife. Elle devint la fiancée du Prophète à l’âge de 6 ans, et son mariage se consomma quand elle avait 9 ans. Le Prophète avait 50 ans au moment des fiançailles et 53 au moment du mariage propre. C’est la seule femme vierge que le Prophète épousa, toutes ses autres femmes étant déjà précédemment mariées. Et c’est la seule parmi elles, qui pouvait exciter et satisfaire les besoins sexuels. Mais le Prophète avait déjà 53 ans, âge qui ne suppose pas un excès de besoins sexuels. En effet, en épousant Aïcha, il pensa plutôt consolider son amitié avec Abû Bakr que satisfaire une délectation sensuelle. »

Il est possible que Mahomet se soit marié avec Aïcha pour marquer son alliance avec Abu Bakr et que celui-ci a peut-être souhaité que le mariage fût consommé pour affermir encore plus la solidité de cette alliance et son lien avec le prophète, sans que Mahomet se préoccupât trop de son très jeune âge. Sans doute Mahomet en a-t-il profité ensuite, surtout si Aïcha s’est révélée être une très jolie jeune fille. Quant à la multiplication des épouses (jusqu’à 9 en même temps), elle est très certainement due au fait que Mahomet cherchait à avoir un héritier (cf. Polygamie de Mahomet) et que des problèmes de fertilité l’en ont empêché.

Mahomet : un simple messager d’Allah

Mahomet n’est pas l’auteur de l’Écriture sainte : Mahomet est un simple mortel que Dieu a désigné pour répéter sa parole. Lire le Coran c’est savoir ce que Dieu dit : Mahomet n’émet aucun avis, recommandation, ordre de son propre chef. Il n’est pas « inspiré » : Il ne fait que transmettre le message d’Allah.

Coran, sourate 5, verset 99 : « Il n’incombe au messager que de transmettre le message. (…) »

Coran, sourate 13, verset 40 : « (…) ton devoir est seulement la communication du message, et le compte final sera à Nous. »

Coran, sourate 26, versets 192 à 195 :  « Ce Coran, c’est le Seigneur des mondes qui l’a fait descendre, et l’esprit fidèle est descendu avec lui sur ton cœur, pour que tu sois au nombre des avertisseurs, en une langue arabe claire. »

Coran, sourate 42, verset 48 : « (…) tu n’es chargé que de transmettre le message. (…) »

Coran, sourate 46, verset 9 : « Dis : « Je ne suis pas un innovateur parmi les messagers ; et je ne sais pas ce que l’on fera de moi, ni de vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé. Je ne suis qu’un avertisseur clair ». »

Coran, sourate 53, versets 2 à 5 : « Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas été induit en erreur et il ne parle pas sous l’effet de la passion ; C’est seulement une révélation que lui a enseignée un ange redoutable, fort et doué de sagacité (…) »

Coran, sourate 62, verset 2 & 3« C’est Lui [ndlr Allah] qui a envoyé aux infidèles [ndlr polythéistes arabes] un messager des leurs qui leur communique Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, alors qu’ils étaient auparavant dans un égarement évident, ainsi qu’à d’autres parmi ceux qui ne les ont pas encore rejoints. C’est Lui le puissant, le sage. »

Mahomet était-il illettré ?

Le terme « ummî » est employé dans le Coran pour qualifier Mahomet. Selon certains, ce terme veut dire « illettré », l’illettrisme de Mahomet étant considéré comme une preuve indubitable de l’origine divine du Coran, car aucun homme illettré n’aurait pu l’écrire.

Position de M. Abdurrahman Badawî (traducteur de la Sîra) :

Pour M. Badawî, ce mot signifiait que le message de Mahomet était destiné à toutes les nations, le sens d' »illettré » étant apparu beaucoup plus tardivement de façon peu claire.

« Nous croyons que l’adjectif « ummî » est un adjectif relatif formé de « umam » au pluriel (« nations »). Comme l’exige la morphologie, pour former un adjectif relatif d’un nom pluriel, il faut le réduire au singulier.  (…) Donc, selon nous, « ummî » vient de « umam » au pluriel par le biais du singulier « ummah » ; il veut dire : international, valable ou destiné à toutes les nations. Donc le prophète « ummî » est le prophète envoyé et destiné à toutes les nations, le prophète international pour ainsi dire. (…) Il serait intéressant de poursuivre l’histoire de l’épithète « ummî », son emploi chez les poètes et les prosateurs durant au moins les cinq premiers siècles de l’hégire. On verra alors à quel moment elle a eu le sens d' »illettré ». »

Extrait de la Sîra :

« L’année où Dieu voulut honorer Mahomet et lui attribuer sa mission prophétique, à l’âge de quarante ans, au mois de ramadân, l’Envoyé de Dieu sortit pour sa retraite à Hirâ, comme il avait coutume de le faire. Il était accompagné de sa famille. La nuit même où Dieu lui fit l’honneur de sa mission, l’ange Gibrîl vint le voir. L’Envoyé de Dieu racontait : tandis que je dormais, Gibrîl se présenta à moi, tenant un étui en feutre brodé contenant un livre.
–  Lis, m’ordonna-t-il.
–  Lire quoi ? demandai-je.
Il appliqua alors l’étui sur mon visage, m’empêchant de respirer à tel point que je crus en mourir. Au risque de m’étouffer, Gibrîl ne cessa de m’ordonner de lire. Je demandai, excédé :
–  Enfin, lire quoi ?
–  Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis… Car ton Seigneur est le Très-généreux qui a instruit l’homme au moyen du calame et lui a enseigné ce qu’il ignorait.
Je lus. Gibrîl se tut et s’en alla loin de moi. »

 

La décapitation : une pratique de Mahomet, mise en scène par l’État Islamique avec des moyens modernes

Décapitation au couteau de chrétiens coptes par Daech sur les rives de Libye (février 2015) : IMAGE CENSURÉE

(par l’effet de la loi française qui poursuit ceux qui s’expriment librement)

La décapitation, validée et pratiquée par Mahomet – qui ne peut donc pas être considérée pour cette raison comme « barbare », sauf à considérer que Mahomet lui-même était un « barbare » -, a été reprise par Daech qui lui a donné une publicité d’envergure à l’échelle de ce que permettent les moyens modernes de communication.

Les extraits qui suivent de la Sîra illustrent quelques exemples de décapitation :

Retour de la bataille de Badr : « Après Badr, le Prophète regroupa les prisonniers et les emmena avec lui à Médine. À son arrivée à Rawhâ, les musulmans qui n’avaient pas pris part à la bataille sortirent à sa rencontre pour le féliciter, avec ses compagnons, de la victoire que Dieu leur avait procurée. (…) Le Prophète ordonna de tuer Uqba ibn Abû Mu’ît. Uqba lui demanda :
–  Muhammad, qui va nourrir mes petits-enfants ?
–  Le feu, répondit-il.
Ali lui trancha la tête. Le Prophète poursuivit son chemin et parvint à Médine un jour avant les prisonniers. »

Condamnation de Habbâr : « Le Prophète, ayant appris l’inconduite de Habbâr, lui envoya quelques-uns de ses compagnons : « Si vous mettez la main sur ce Habbâr ibn al-Aswad, leur dit-il, brûlez-le sur un bûcher ». Le lendemain, se ravisant, le Prophète leur envoya dire : « Je vous avais ordonné de brûler Habbâr. Puis j’ai pensé que le supplice du feu, Dieu seul pouvait l’ordonner. Si vous arrivez à le saisir, tranchez-lui simplement la tête. » »

Extermination des juifs Banû Quraydha à Médine : se reporter à l’article dédié à ce sujet (Banû Quraydha) : « Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Exécution du juif Huayy ibn Akhtab : « On fit donc venir Huayy ibn Akhtab devant le Prophète. Il avait les mains ligotées autour du cou et portait un manteau d’un rose éclatant, qu’il avait, pour ôter à ses geôliers toute envie de vol, tailladé de toutes parts :
–  Je ne regrette absolument pas, dit-il au Prophète, d’avoir été ton ennemi, mais, je le constate, quiconque abandonne Dieu, Dieu l’abandonne.
Et s’adressant à l’assistance :
–  Nous acceptons l’ordre de Dieu. C’est une tuerie que Dieu a décidé d’inscrire dans le destin du peuple d’Israël.
Puis il s’assit et le Prophète lui trancha la tête. »

Torture et exécution de Kinânah : « L’Envoyé d’Allah ordonna de creuser la ruine. On en extraya une partie du trésor des juifs. Il demanda à Kinânah où se trouvait le reste. Mais Kinânah refusa de l’indiquer. L’Envoyé d’Allah ordonna à al-Zubayr bin al-‘Awwâm de le torturer jusqu’à ce qu’on extraie ce qu’il y a chez lui. Al-Zubayr se mit à faire brûler, par un briquet, sa poitrine, jusqu’à ce que Kinânah fût sur le point de mourir. Puis l’Envoyé d’Allah l’a livré à Muhammad bin Maslamah. Celui-ci lui coupa son cou en vengeance de son frère Mahmûd bin Maslamah. »

Bibliographie

Biographie de Mahomet reconnue par tous les musulmans, traduction en français de l’original arabe d’Ibn Ishâq/Ibn Hichâm (VIIIème/IXème siècles) :

Outre une synthèse de la doctrine de l’islam, vous trouverez un résumé (néanmoins assez détaillé) de la biographie de Mahomet dans mon ouvrage :

Pour comprendre par ailleurs à quels textes sacrés de l’islam les mouvements fondamentalistes comme l’État Islamique se réfèrent :

 

L’extermination des juifs Banû Quraydha par Mahomet

Les Banû (« fils de ») Quraydha était la plus grande des tribus juives de Médine. Elle fut exterminée par Mahomet comme le relate précisément la Sîra :

« Le même jour, à midi, Gibrîl vint voir le Prophète. L’ange, coiffé d’un turban de soie, était sur une mule dont le bât était couvert de brocart :
–  Envoyé de Dieu, demanda Gibrîl, tu as donc déposé les armes ?
–  Les anges ne l’ont pas encore fait. Dieu t’ordonne, Muhammad, d’aller combattre le clan juif des Banû Quraydha. Moi-même j’y vais de ce pas et j’ai l’intention de faire trembler la terre sous leurs pieds.
(…)
S’approchant des fortins, le Prophète cria aux Quraydha : « Frères de singes, vous n’avez pas encore connu, je le vois, l’humiliation et la vengeance de Dieu. Vous allez la connaître !
(…)
Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banû Quraydha, et même les jeunes, à partir de l’âge où ils avaient les poils de la puberté.
Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d’aujourd’hui [ndlr époque d’Ibn Hichâm], et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés.
Parmi eux, il y avait Huyayy ibn Akhtab, l’ennemi de Dieu, et ka’b ibn Asad, le chef des Quraydha. Ils étaient six à sept cents hommes. On dit même huit cents et même neuf cents. Pendant qu’ils étaient amenés sur la place par petits groupes, certains juifs demandèrent à Ka’b, le chef de leur clan :
–  Que va-t-on faire de nous ?
–  Est-ce que cette fois vous n’allez pas finir par comprendre ? Ne voyez-vous pas que le crieur qui fait l’appel ne bronche pas et que ceux qui sont partis ne reviennent pas ? C’est évidemment la tête tranchée !
Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »