La répudiation : les droits exorbitants du mari

Le mariage musulman n’est pas conçu comme indissoluble entre les époux. Ceux-ci peuvent divorcer :

Coran, sourate 4, verset 130. « Si les époux se séparent, Allah les pourvoira chacun par sa largesse. Allah est plein de largesses et sage. »

Toutefois le divorce trouve en pratique beaucoup plus son origine dans la volonté du mari que dans celle de l’épouse. La répudiation (talaq) est un droit accordé à l’homme dans la tradition bédouine. On trouve notamment des dispositions à ce titre dans la sourate 2 et la sourate 65 qui est d’ailleurs intitulée : « la répudiation » (at-Talaq). La répudiation n’est donc pas supprimée par le Coran, même si la Tradition (Ghazali) le considère comme la « plus détestable (makrouh) des choses permises ».

La femme musulmane étant inférieure et soumise à son mari, il est en effet naturel que le droit musulman lui accorde des prérogatives importantes sur la dissolution du mariage. Ses prérogatives sont d’ailleurs indispensables car la possibilité même de la polygamie est incompatible avec l’égalité des droits entre le mari et chacune de ses femmes.

  • La répudiation à la guise du mari

Le Statut motive le droit de répudiation donné à l’homme de la façon suivante : « L’islam a mis le divorce entre les mains de l’homme parce qu’il est le chef de famille et a autorité sur la femme, mais aussi parce que l’homme répond moins facilement que la femme aux sentiments passagers et aux impulsions. L’homme hésite souvent avant de prendre la décision de divorcer parce qu’il a offert des cadeaux, versé le mahr, aménagé le domicile conjugal… et c’est lui qui, au moment du divorce, doit verser le reste du mahr comme il versera la pension. Il aura à faire face à de nouvelles et importantes dépenses s’il désire se remarier après avoir divorcé. Pour cela, l’homme ne peut penser au divorce que s’il sait qu’il est inéluctable. »

Pour divorcer, la règle habituelle est que le mari signifie sa volonté de divorcer en prononçant 3 fois d’affilée sous forme de serment la phrase rituelle « talaq, talaq, talaq ». Cette répudiation (non exempte de conséquences financières pour le mari compte tenu du mahr) est la procédure historique traditionnelle en terre d’islam mais certains pays musulmans « modérés » ont fait évoluer leur législation vers un meilleur équilibre des droits respectifs des époux, sans toutefois toujours abolir la répudiation. Le Coran précise la procédure :

Coran, sourate 2, verset 226. « Pour ceux qui ont fait le serment de s’abstenir de leurs femmes, un délai d’attente de quatre mois est prescrit. S’ils reviennent sur leur serment, il sera annulé. Allah pardonne et est miséricordieux ! »

Coran, sourate 2, verset 227. « Si au contraire, ils maintiennent la répudiation, celle-ci devient exécutoire, car Allah est celui qui entend et qui sait. »

Coran, sourate 2, verset 228. « Les femmes répudiées doivent observer un délai d’attente de trois menstrues avant de se remarier. Il ne leur est pas permis de taire ce qu’Allah a créé dans leurs ventres, si elles croient en Allah et au jour dernier. Leurs époux ont le droit de les reprendre pendant cette période s’ils désirent la réconciliation. (…) »

Coran, sourate 2, verset 229. « La répudiation est permise seulement deux fois [1]. Reprenez votre épouse conformément à la bienséance ou renvoyez-la décemment. (…) » 

[1] Un homme peut répudier une femme deux fois puis la reprendre. La 3ème fois, il ne peut plus la reprendre, sauf si celle-ci s’est entre-temps mariée avec un autre (et que naturellement cette union a été rompue entre-temps).

Coran, sourate 2, verset 230. « Si l’époux répudie une femme, alors elle n’est plus licite pour lui tant qu’elle n’a pas épousé un autre époux. S’il la répudie mais qu’ils se réconcilient ensuite, ils ne commettent aucun péché en reprenant la vie commune pourvu qu’ils pensent appliquer les lois d’Allah. (…) »

Coran, sourate 65, verset 1. « Ô Prophète! Quand vous répudiez vos femmes, faites-le à l’issue de leur période d’attente. Calculez précisément le délai. (…) »

Coran, sourate 65, verset 4. « La période d’attente sera de trois mois même pour celles de vos femmes qui n’espèrent plus avoir de règles (si vous avez quelque doute sur le sujet). De même pour celles qui n’ont pas encore de règles. Pour celles qui sont enceintes, leur période d’attente se terminera à leur accouchement. (…) »

  • Le divorce à l’initiative de la femme

Si le mari peut donc se séparer de l’une de ses femmes avec une assez grande facilité, l’islam prévoit toutefois la possibilité pour la femme de demander le divorce. Yusuf Qaradawi indique : « Quand la femme n’aime plus son mari et ne peut plus supporter la vie en commun avec lui, elle a le droit de lui racheter sa liberté. Elle rachète sa liberté en lui remboursant sa dot et ses cadeaux, ou plus ou moins selon leur accord. Le plus convenable est qu’il ne lui prenne pas plus que ce qu’il lui a donné auparavant. Dieu exalté a dit : « Si vous craignez qu’ils ne respectent pas les limites de Dieu, il ne leur est fait aucun grief à ce que la femme obtienne sa liberté moyennant un dédommagement matériel au profit de l’époux » (C2/229) ».

Mais encore faut-il que la femme réfléchisse bien car il lui faudra trouver un autre mari le plus vite possible : une femme musulmane n’existe pas seule. N’étant pas indépendante et sans revenus, que peut-elle faire ?

En outre, cette possibilité de sortir de la relation conjugale est restreinte par la nécessité d’exciper des motifs valables. Yusuf Qaradawi rappelle ainsi : « Il n’est pas permis à l’épouse de se presser de demander le divorce à son mari sans qu’il n’y ait quelque mal de sa part ni un motif acceptable justifiant leur séparation. Le Prophète a dit : « Toute femme qui demande le divorce à son mari sans qu’il n’y ait quelque mal se verra interdire l’odeur du Paradis » (hadith rapporté par Abou Dawoud). »

Ainsi, le droit islamique confère à la femme la possibilité de se délier d’elle-même de ses liens conjugaux mais dans certains cas limités, notamment : maltraitance, impuissance du mari, défaut de pension alimentaire, débauche, folie, et surtout conversion du mari à une autre religion (c’est-à-dire apostasie).

En outre, Yusuf Qaradawi précise : « Tant que la femme mariée est sous la protection de son mari, elle n’a pas le droit d’en épouser un autre. Pour qu’elle puisse le faire, deux conditions doivent être remplies : 1) il faut que les droits que le mari a sur elle disparaissent par le divorce ou par la mort du mari ; 2) il faut que la femme accomplisse son délai de viduité (…) »

  • Conclusion : quelle femme envierait la situation de la femme musulmane ?

Il est clair que l’inégalité structurelle de statut et de traitement de la femme est profondément ancrée dans la culture musulmane et l’islam offre au mari qui veut les exercer des droits exorbitants vis-à-vis de ses femmes. Cela n’empêche pas bien sûr certains musulmans vivant dans les pays occidentaux de se comporter de façon plus « occidentale » et beaucoup plus équilibrée avec leur femme.

Ensuite, il faut voir au cas par cas la distance séparant la culture traditionnelle et les dispositions législatives. Ainsi, l’Algérie et le Maroc ont maintenu le principe de la répudiation à côté d’autres motifs de divorce. La Tunisie en revanche a fait évoluer sa législation et retient des motifs de divorce assez semblables à ceux retenus en France (cf. divorce demandé unilatéralement par le mari ou par la femme) : encore une bonne raison pour l’islam orthodoxe de tenter de mettre à terre ce régime tunisien corrompu doctrinalement.

L’obsession de la différenciation ou pourquoi les musulmans ne veulent pas « s’intégrer » dans les sociétés occidentales : l’origine du communautarisme

Pour l’islam, les musulmans sont supérieurs aux non-musulmans dans la mesure où ils constituent la meilleure communauté. Cette prétention figure explicitement dans le Coran, sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes (…) ».

Aussi, il importe aux musulmans de se différencier en permanence des non-musulmans, et bien entendu en priorité dans l’espace public. Cette obsession prend de nombreuses formes, et notamment pour tout ce qui touche à l’aspect extérieur

  • Un exemple pratique : le rasage de la barbe

Yusuf Qaradawi écrit : « On rapporte que les gens du Livre (juifs et chrétiens) s’abstiennent de teindre leurs cheveux blancs pensant que le fait de s’embellir est incompatible avec l’adoration et la piété. C’est le cas des moines et des pratiquants de l’ascétisme qui poussent la religion à l’excès. Mais, le Messager de Dieu a interdit d’imiter ces gens et de suivre leur voie afin que les musulmans aient toujours leur personnalité distincte et indépendante dans le fond et dans l’apparence. Al-Boukhari a rapporté ce hadith de Abou Houraira : « Le Messager de Dieu a dit : « Les juifs et les chrétiens ne se teignent pas les cheveux ; aussi, faites le contraire ! » Mais ce n’est qu’un simple conseil et non une obligation. Ainsi, certains ont teint leurs cheveux, tels que Abou Bakr et Omar, et d’autres s’en sont abstenus, tels qu’Obaiy Ibn Ka’b et Anas. »

Yusuf Qaradawi indique également : « Dans le recueil d’al-Boukhari et d’après Ibn Omar, le Prophète a dit : « Faites le contraire des associateurs. Laissez pousser vos barbes en abondance et tailler vos moustaches ». Ainsi, l’exemption des barbes de tout rasage veut dire qu’on les laisse pousser en abondance. Dans une autre version, cela veut dire les laisser pousser librement et les garder. Le hadith en donna la raison : faire le contraire de ce que font les associateurs. Le Messager n’a ordonné de faire le contraire de ce qu’ils font que pour élever les musulmans dans l’indépendance de la personnalité, dans l’originalité, dans l’esprit et l’apparence, et dans l’extérieur et l’intérieur. En outre, le fait de se raser la barbe constitue une rébellion contre la saine nature et une tentative d’imiter les femmes, car la barbe est une preuve de virilité et l’une de ses marques distinctives. »

Yusuf Qaradawi conclut : « Ainsi nous voyons qu’on a donné trois avis différents sur le rasage de la barbe : les uns affirment son interdiction et c’est qu’a dit Ibn Taymiyya. Les autres disent que c’est une chose réprouvée. C’est l’avis rapporté dans « Al-Fath » émis uniquement par Ayad. Les autres enfin affirment la permission de le faire et c’est l’avis des savants contemporains. Le jugement le plus sensé et le plus juste serait la réprobation de cet acte, car l’ordre de laisser pousser la barbe n’indique pas une obligation absolue, même s’il donne comme raison le devoir d’être différent des mécréants. »

Si le rasage de la barbe n’est donc pas une obligation stricte validée par toutes les écoles juridiques musulmanes, on constate aisément que cela est une pratique répandue chez les musulmans qui veulent afficher leur foi et leur identité, souvent en opposition avec la culture ambiante pour ce qui est des musulmans vivant dans les pays occidentaux.

  • Une raison plus profonde que superficielle ou « pourquoi le communautarisme »

On pourrait penser que cette volonté de se différencier est simplement une susceptibilité mal placée, mais il n’en est rien. Cette attitude recouvre en réalité une visée religieuse beaucoup plus profonde, qui est d’ailleurs tout à fait logique pour une communauté qui prétend être la meilleure de toutes et qui n’a donc rien à apprendre fondamentalement des autres.

En effet, Yusuf Qaradawi écrit : « Nous disons : C’est plutôt la grande majorité des musulmans qui s’est mise à se raser la barbe, par imitation de ses ennemis et des colonisateurs de son pays, chrétiens et juifs. C’est ainsi que le vaincu se passionne toujours d’imiter son vainqueur. Elle oublie alors l’ordre que lui a donné le Messager de Dieu qui consiste à faire le contraire de ce que font les mécréants et d’interdire de les imiter. « Celui, en effet, qui imite un peuple, lui appartient » (hadith rapporté par Abou Dawoud d’après Ibn Omar). »

Yusuf Qaradawi rappelle par ailleurs que « Ibn Taymiyya a affirmé à juste titre que le fait d’être différent des mécréants est une obligation visée par le Législateur : « L’imitation des autres extérieurement aboutit à les aimer et à accepter leur protection intérieurement. De même que l’amour intérieur aboutit à l’imitation extérieure. C’est une vérité dont témoignent les sens et l’expérience. » » C’est le syndrome de Stockholm.

Comment dans ces conditions les musulmans peuvent-ils s’intégrer aux sociétés occidentales puisqu’ils n’ont en réalité aucunement l’intention d’en partager réellement les valeurs ? Le seul modèle à suivre est le modèle musulman. Si l’on va jusqu’au bout du raisonnement, l’idée même d’acquiescer dans une discussion à une idée émise par des non-musulmans est à rejeter pour le musulman car c’est commencer à admettre que le non-musulman peut avoir raison et donc, vérité de La Palice, que le musulman peut avoir tort, alors qu’il appartient à la meilleure communauté.

De la même façon, il ne peut pas y avoir de lien entre un musulman et un non-musulman autre que superficiel ; tout début d’amitié est déjà perçu comme une « contamination » par de mauvaises valeurs (cf. lien avec les mécréants). Cette imperméabilité rend l’échange impossible. Mais comment les musulmans peuvent-ils comprendre quoi que ce soit des valeurs chrétiennes occidentales sans avoir jamais lu un seul Évangile ?

Bref, la vision musulmane de la société est une vision fondamentalement communautariste, incompatible avec le vivre-ensemble que nous sert pourtant aujourd’hui la propagandastaffel des élites bien-pensantes qui contrôlent aujourd’hui une part non négligeable des grands medias français : presse, édition, et surtout télévision. D’ailleurs, il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que le communautarisme est le principe d’organisation fondamental des pays musulmans, chaque communauté religieuse devant être régie selon ses règles propres.

Islam, jihad & barbarie : incompétence des politiques ou souci de ne pas inquiéter la population ?

Comment les hommes politiques, qui pour la plupart (ex. article Alain Juppé mais il n’est pas le seul) n’ont lu ni le Coran ni la biographie de Mahomet, peuvent-ils comprendre les racines idéologiques de l’islam ? Reste la barbarie (Le Petit Robert : « manque de civilisation ; état d’un peuple non civilisé »), qui a bon dos, mais qui empêche de comprendre, puisque les valeurs musulmanes ne sont pas les valeurs occidentales. Et l’on retombe sur la sempiternelle et lénifiante dichotomie islam/islamisme pour ne pas inquiéter les populations ou éviter de poser les bonnes questions…

Jihadisme & Barbarie

Jihadisme & Barbarie 150703

D’ailleurs, Tariq Ramadan rappelle à juste titre la profonde méconnaissance de l’islam de tous ceux qui utilisent cette dichotomie absurde :

Tariq Ramadan Burqa

Tariq Ramadan Dichotomie

La femme musulmane n’a pas le droit d’être belle

S’il y a bien un domaine où la société occidentale rend hommage à la femme, sans pour autant la considérer nécessairement comme un objet, c’est d’honorer sa beauté. Et c’est à chaque femme d’en décider librement en fonction de la façon de s’apprêter qu’elle aura choisie.

En islam, la question est posée de façon différente car la beauté visible – même sans volonté de séduire – est au fond assimilée à une incitation à la débauche, à une provocation, dont la femme est responsable, et qui peut vite se transformer en excuse pour les mâles incapables de contrôler leurs instincts, sourds à l’interdit de fornication énoncé par leur propre religion. Aussi, l’islam impose-t-il à la femme une multitude de règles d’habillement pour prévenir ces excès masculins visiblement irrépressibles chez les musulmans, d’autant que la femme est généralement considérée pour cette question comme un être plutôt irresponsable et futile.

Par ailleurs, il semble qu’il y ait malheureusement toujours un relent de culpabilisation à l’égard de la femme avec l’idée que la femme aguiche l’homme et qu’elle est responsable de l’attirance qu’elle suscite, jusqu’à ses conséquences les plus fâcheuses comme le viol : c’est en tous cas une idée qu’on retrouve très fréquemment dans la bouche de jeunes musulmanes occidentaux.

Ainsi, Yusuf Qaradawi écrit : « Dieu a ordonné aux femmes des croyants de se couvrir pour sortir avec un voile ample et enveloppant tout le corps. Cela les distingue des autres femmes comme les mécréantes et les débauchées. (…) Il apparaît clairement dans ce verset [ndlr Coran, sourate 33, verset 59] que cet ordre est justifié car on craint que les femmes soient importunées par des débauchés et des regards lubriques de gens sans pudeur. Ce n’est pas du tout parce qu’on a peur d’elles ou qu’on n’a pas confiance en elles, comme le prétendent certains. La femme qui étale sa beauté et sa toilette, qui se déhanche coquettement en marchant et qui parle avec douceur, séduit toujours les hommes et donne des espoirs aux frivoles. Cela confirme le noble verset suivant : « Ne parlez pas aux hommes sur un ton soumis (à force d’être aimable), car cela pourrait susciter la convoitise de celui qui a quelque maladie au cœur. » (Coran, sourate 33, verset 32) »

Yusuf Qaradawi écrit aussi : « L’islam n’a exempté les femmes de cette interdiction [ndlr porter de l’or et de la soie] que par considération pour la femme, du fait de sa féminité et de son penchant inné pour les parures. Cependant, il ne faut pas que la préoccupation de leur parure devienne une tentation pour les hommes et un moyen d’enflammer leurs désirs. Un hadith dit en effet : « Toute femme qui se parfume et passe devant des hommes pour leur faire sentir son parfum est une fornicatrice et tout œil est fornicateur » (hadith rapporté par An-Nassa’i, Ibn Khazima et Ibn Hiban). »

Yusuf Qaradawi  indique également : « Parmi la recherche excessive de la beauté interdit par l’islam est l’élimination des sourcils pour les élever au-dessus des yeux ou pour les arranger. Le Messager de Dieu a effectivement maudit la femme qui épile les sourcils et celle qui se les fait épiler. Cette interdiction est davantage obligatoire quand l’épilation devient l’emblème des femmes de mauvaises mœurs. » On peut d’ailleurs s’interroger sur la nécessité qu’avait Mahomet, s’il était vraiment un maître spirituel, à se prononcer sur l’épilation des sourcils…

Une des préoccupations de l’islam est également de maintenir une stricte différenciation des sexes, terreau indispensable à la préservation du statut de l’homme et de son autorité. Mais qu’a un homme qui s’assume à redouter de quelques libertés vestimentaires éventuellement prises par sa femme ?

Yusuf Qaradawi  écrit : « Le Prophète a déclaré qu’une des choses interdites à la femme est de porter une tenue vestimentaire masculine, et à l’homme de porter une tenue féminine (hadith rapporté par Ahmad, Abou Dawoud, an-Nass’i, Ibn Maja, Ibn Hiban et al-Hakim). Il a maudit en outre les hommes qui prennent l’apparence des femmes et les femmes qui prennent l’apparence des hommes (hadith rapporté par al-Boukhari et d’autres). Entre dans ces apparences, la façon de parler, de gesticuler, de marcher, de se vêtir, etc. Le plus grand mal qui puisse toucher la vie et la communauté est de s’écarter de la saine nature, et de se rebeller contre ses lois. Or, dans la nature, il y a un homme et il y a une femme. Chacun des deux a ses caractéristiques propres. Quand l’homme se féminise et que la femme se virilise, c’est le signe du chaos et de la dégradation des mœurs. »

La question se pose alors de savoir ce que veut dire une tenue « masculine » : quid du pantalon ? quid des cheveux courts ? quid des costumes ? etc. Finalement, on a l’impression que l’objectif de l’islam est de cacher la femme autant que possible, de la « désexualiser ».

Ainsi, Yusuf Qaradawi  écrit : « L’islam a interdit à la femme le port de tout vêtement moulant le corps ou laissant transparaître ce qu’il couvre. C’est par exemple ce qui définit les diverses parties du corps et particulièrement celles qui tentes les hommes tels que la poitrine, la taille, les fesses et autres. »

Il y a donc fort à parier qu’on verra encore longtemps des femmes musulmanes en France se promener dans ces sortes de djellaba, dont le charme pittoresque et l’élégance relève plus du registre de la robe de chambre qu’elle n’honore l’immense tradition de la haute couture française. Probablement encore un signe manifeste de souci d’intégration et d’assimilation des valeurs culturelles de la France

Nuances

Aujourd’hui en Israël ; demain en France ?

La France a connu de terribles guerres de religion il y a plusieurs siècles. Espérons que nous n’en arriverons pas là et que les banlieues françaises ne vont pas voir s’éveiller de nouvelles vocations. Mais les haines religieuses sont tenaces. Et malheureusement, depuis un certain, la religion d’amour et de paix qui nous est régulièrement vantée n’est pas en reste, d’autant que sa doctrine laisse sérieusement à désirer…

Israel and knives

Israel and knives

La journee des longs couteaux

La journee des longs couteaux

S’il est facile de dissimuler un couteau de cuisine dans un sac ou sous une tenue de ce type, nul doute que la burqa offre bien d’autres possibilités… y compris en France…

Ainsi fit Mahomet avec les juifs Banû Quraydha de Médine

Sîra :

« Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banû Quraydha, et même les jeunes, à partir de l’âge où ils avaient les poils de la puberté.

Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d’aujourd’hui [ndlr époque d’Ibn Hichâm], et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés.

(…)

Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. » 

Hommes noirs africains égorgés un par un au bord d’une fosse par leur congénères : IMAGE CENSURÉE

(par l’effet de la loi française qui poursuit ceux qui s’expriment librement)

La résignation des ces hommes ne s’explique probablement que par la peur d’être torturé en cas de résistance.

Frapper sa femme : une démarche cohérente en islam

Quoiqu’en disent les dénégateurs, le Coran offre sans aucune ambiguïté la possibilité au musulman de frapper ses femmes (cf. frapper dans le Coran). Comment faut-il comprendre aujourd’hui l’exercice de ce droit et qu’est-ce qui le rend légitime ?

Au-delà des positions des uns et des autres déjà évoquées dans un autre article (cf. frapper), voici une analyse alinrès intéressante d’une sommité mondiale du droit musulman : Yusuf Qaradawi (voir personnalités).

  • Rappel : le droit de frapper sa femme est le corollaire de l’expression de l’autorité de l’homme car la femme doit obéir à son mari

Yusuf Qaradawi écrit : « L’homme est le seigneur de la maison et le maître de la famille d’après sa constitution, ses prédispositions naturelles, sa position dans la vie, la dot [ndlr le mahr] qu’il a versée à son épouse et l’entretien de la famille qui est à sa charge. Pour toutes ces raisons, la femme ne doit pas désobéir à son mari, ni se rebeller contre son autorité provoquant ainsi la détérioration de leur association, l’agitation dans leur maison ou son naufrage du moment qu’elle n’a plus de capitaine. »

  • L’analyse telle qu’elle ressort des écrits de Yusuf Qaradawi

Yusuf Qaradawi précise bien sûr : « Le Prophète a fortement déconseillé les coups en disant : « Pour quelle raison l’un de vous frappe-t-il sa femme comme on frappe son esclave ? Il se peut qu’il ait des rapports [ndlr sexuels] avec elle en fin de journée » (hadith rapporté par Ahmad). Il a dit au sujet de ceux qui frappent leurs femmes : « Vous ne les trouverez pas parmi les meilleurs d’entre vous » (hadith rapporté par Ahmad, Abou Dawoud et an-Nassa’i). »

D’ailleurs, les meilleurs musulmans ne devraient pas avoir à y recourir puisque, d’une part, ils devraient avoir choisi les meilleures femmes musulmanes, les plus obéissantes conformément au statut que le Coran leur attribue ; et, d’autre part, parce qu’ils devraient être en mesure de trouver un moyen par leur intelligence de convaincre leurs femmes de redevenir obéissantes sans avoir à recourir à la force. C’est un objectif qui n’est malheureusement pas à la portée de tous et toutes.

Mahomet faisant naturellement partie des meilleurs musulmans, il s’est sans doute tenu à cette conduite. Yusuf Qaradawi rappelle : « An-Nassa’i a rapporté cette partie du hadith d’Aïcha : « Jamais le Messager de Dieu n’a frappé l’une de ses épouses ou l’un de ses serviteurs. Il n’a jamais frappé quelqu’un de sa main, sauf dans le sentier de Dieu, ou lorsqu’on transgresse une des limites de Dieu. Dans ce cas, il se venge, pour Dieu, du transgresseur. » »

En réalité, Aïcha, qui n’était rappelons-le qu’une petite fille puis une adolescente, a affirmé sa conviction, qui ne peut en aucun cas constituer une preuve. Comment aurait-elle pu être présente en permanence avec Mahomet ? Si Mahomet a un jour levé la main sur une de ses femmes en privé, celle-ci n’avait intérêt à en faire état en public pour préserver son honneur : comment Aïcha l’aurait-elle su à coup sûr ? Et puis aller se confier à une petite fille quand on est une femme d’âge mûr…

Bref, quittons cette terrain du comportement de Mahomet qui ne peut apporter aucune certitude et ne fournir aucune argumentation valable, dans le contexte de l’exemplarité de Mahomet. Eh effet, si Mahomet avait voulu interdire les coups à tous, il n’avait simplement qu’à le dire : or il ne l’a pas fait. D’ailleurs, ce n’est même pas la question puisque le Coran, donc Allah, est explicite (comme le Coran le revendique lui-même, pour une fois à bon escient…).

En réalité, il va de soi que les coups ne sont pas une préconisation pour régler immédiatement n’importe quel différend entre le mari et ses épouses mais une solution graduelle, qui reste, il faut le souligner, néanmoins parfaitement valable pour les musulmans, même pour ceux résidant en Occident.

Yusuf Qaradawi rappelle d’ailleurs : « Un homme vient demander au Prophète : « Ô Messager de Dieu ! Quels sont les devoirs que doit le mari envers sa femme ? » Il répondit : « Il doit la nourrir quand il a de quoi se nourrir et la vêtir quand il a de quoi se vêtir. Il ne doit pas la frapper au visage, ni lui souhaiter de devenir laide, ni la mettre en quarantaine en dehors de la maison » (hadith rapporté par Abou Dawoud et Ibn Hiban). » Dans ce hadith, Mahomet n’évoque clairement pas une interdiction de frapper une femme mais seulement de la frapper au visage.

Donc reprenons : avant les coups, il doit y avoir tentative de négociation. Ce qui est interdit au musulman, c’est de frapper sa femme sans avoir préalablement tenté de négocier avec elle pour la ramener à l’obéissance.

Si la négociation et l’abandon du lit conjugal sont inefficaces, alors viennent les coups. Yusuf Qaradawi précise : « Si cela s’avère inutile, il essaie de la corriger avec la main tout en évitant de la frapper durement et en épargnant son visage. Ce remède est efficace avec certaines femmes, dans des circonstances particulières et dans une mesure déterminée. Cela ne veut pas dire qu’on la frappe avec un fouet ou un morceau de bois. C’est plutôt une façon de frapper pareille à ce que dit le Prophète à l’un se ses serviteurs qui l’avait irrité : « Si je ne craignais pas la loi du talion du jour de la Résurrection, je te ferais certainement bien mal avec ce cure-dents (bâton d’arac) » (hadith rapporté par Ibn Sa’d). » Il n’est pas précisé ce que signifie le terme « durement », mais on peut imaginer que cela n’est clairement pas de l’ordre de la tape amicale.

S’agissant du visage, Yusuf Qaradawi précise la raison de cette interdiction : « Il n’est pas permis à l’homme de frapper sa femme au visage car cela est une humiliation à la dignité humaine et c’est aussi un danger pour cette partie du corps qui regroupe les principaux traits de beauté du corps. S’il est permis au musulman, en cas de nécessité, de corriger sa femme lorsqu’elle se montre fière et rebelle, il ne lui est pas permis de la frapper durement, surtout au visage ou aux endroits vitaux. »

  • Conclusion

La conclusion de Yusuf Qaradawi est on ne peut plus claire : « L’imam al-Hafiz Ibn Hajar a dit : « Il y a dans ces paroles du Prophète « Jamais les meilleurs d’entre vous ne frappent leurs femmes » une preuve qu’il est globalement permis de les frapper pour les corriger, si le mari voit chez elle quelque chose qu’il n’aime pas dans sa façon d’accomplir son devoir d’obéissance envers lui. S’il se contente de la menacer ou de lui faire des remontrances, cela est préférable toutes les fois qu’on peut atteindre son but par la suggestion sans recourir aux actes, car cela détériore la bonne entente qui doit régner dans la vie conjugale. Maintenant, s’il s’agit d’une affaire où il y a désobéissance envers Dieu, il doit la frapper. (…) Si tout cela ne donne aucun résultat et si l’on craint l’aggravation de leur désaccord, c’est alors que la société islamique et les gens connus pour leur sagesse et leur bonté doivent intervenir pour les réconcilier. »

PS : Pour plus de détail, voir également la jurisprudence chaféite (cf. jurisprudence chaféite) sur cette question, tout à fait cohérente avec l’analyse ci-dessus et qui apporte même des précisions intéressantes.

Polygamie : le mensonge de l’impossible équité

Pour défendre l’honneur des musulmans dans la controverse sur la polygamie qui les oppose au reste du monde, et pas seulement à l’Occident (sur lequel ils font une fixation), le sempiternel argument ressassé à longueur de temps est celui de la quasi-impossibilité de la polygamie compte tenu des conditions drastiques qui seraient mises par l’islam :

Coran, sourate 4, verset 3. (…) Épousez, comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes. Mais, si vous craignez de n’être pas équitable, alors une seule, ou des concubines [ndlr ou esclaves de guerre]. (…)

Mais quelles sont donc ces conditions drastiques ?

Yusuf Qaradawi précise la notion d’équité : « Quant à la condition imposée par la polygamie, c’est la certitude du musulman de pouvoir être équitable entre ses épouses dans l’alimentation, la boisson, les vêtements, le logement, et le lit et le reste des dépenses d’entretien. »

Qu’y a-t-il donc de si difficile à partager équitablement des biens entre plusieurs femmes ? A priori rien : il suffit de faire la division. Comme dans une écurie : rien n’empêche de bien traiter tous ses chevaux et de leur donner la même ration d’avoine. Simplement, pour un même gâteau (les biens du mari), plus il y a de convives, plus les parts sont petites, voire chiches. L’argumentation est tout aussi pauvre et creuse dans le contexte de la réforme de la Moudawana au Maroc (cf. moudawana).

L’équité peut même facilement être appliquée sur la question du temps passé avec ses épouses. Ainsi Yusuf Qaradawi rappelle comment s’y prenait Mahomet : « Quand il envisageait de faire un voyage, il faisait un tirage au sort pour désigner laquelle de ses épouses allait l’accompagner (hadith unanime). Il n’agissait ainsi que pour ne pas blesser l’amour-propre de l’une d’entre elles et pour donner satisfaction à tout le monde. »

En réalité, le caractère équitable ne peut pas être assuré en matière affective – on a toujours une préférence – mais ce n’est justement pas demandé par Allah au croyant, puisqu’Allah sait que c’est impossible.

Ainsi Yusuf Qaradawi rappelle : « Le Prophète a dit : « Celui qui a deux épouses et qui penche vers l’une au détriment de l’autre, viendra le jour de la Résurrection traînant l’une de ses deux moitiés tombée ou penchée » (hadith rapporté par Abou Dawoud et al-Hakinm). Cette inclination du mari contre quoi ce hadith met en garde est la transgression des droits de l’autre dans la justice, et non le simple penchant du cœur. »

Et Yusuf Qaradawi poursuit : « Car cela entre en effet dans la justice qu’on ne peut réaliser et qui a fait l’objet du pardon de Dieu : « Vous ne pourrez jamais être équitables envers vos épouses même si vous vous y appliquez. Ne penchez pourtant pas entièrement (vers l’une d’elles) » (Coran, sourate 4, verset 129). C’est pourquoi le Messager de Dieu partageait équitablement et disait : « Seigneur ! Tel est mon partage selon les moyens dont je dispose. Ne me tiens pas rigueur dans ce que Tu détiens et que je ne détiens pas » (voir al-Sounan). Il faisait allusion au penchant du cœur et des sentiments en faveur de l’une de ses femmes et qu’il ne pouvait éviter. »

Conclusion : Où sont ces fameuses conditions drastiques qui réduisent la polygamie musulmane à un simple phantasme au lieu de ce qu’elle est : un droit parfaitement valide offert au musulman partout où il réside, y compris en Occident ?

Les 9 épouses de Mahomet : le fait du prince

Mahomet n’a pas respecté la règle des 4 épouses qu’il a lui-même énoncée. Pourquoi ?

  • Mahomet a eu jusqu’à 9 femmes en même temps

Mahomet épousa 13 femmes. Il en eut jusqu’à 9 en même temps (en dehors des concubines). La Sîra relate :

« Les femmes que le Prophète a épousées étaient au nombre de treize.
La première épouse fut Khadîja bint Khuwaylid. Elle lui fut donnée en mariage par son père Khuwaylid ibn Asad. Le Prophète lui donna en dot vingt génisses. Khadîja donna naissance à l’ensemble des enfants du Prophète, à l’exception d’Ibrahîm. Avant le Prophète, elle avait été l’épouse d’Abû Hâla ibn Mâlik.
Le Prophète prit aussi pour épouse Aïcha, fille d’Abû Bakr, l’homme de foi. Elle avait sept ans. Il consomma son mariage avec elle à Médine lorsqu’elle avait neuf ou dix ans. C’était la seule épouse vierge que le Prophète ait prise. Elle lui fut donnée en mariage par son père Abu Bakr. Le Prophète lui donna en dot quatre cents dirhams.
Le Prophète épousa aussi : Sawda bint Zam’a ibn Qays. (…) Zaynab bint Jahch. (…) Umm Salama, fille d’Abû Umayya ibn al-Mughîra. (…) Hafça , fille de ‘Umar ibn al-Khattâb. (…) Umm Habîba. (…) Juwayriya, fille d’al-Harîth ibn Abû Dirâr. (…) Çaffiya, fille de Huyayy ibn Akthab, qu’il avait prise comme captive parmi les juifs de Khaybar. (…) Maymûna, fille d’al-Hârith ibn Hazn. (…) Zaynab, fille de Khuzayma ibn al-Hârith. (…)
Voilà les femmes avec lesquelles le Prophète a consommé le mariage ; elles sont au nombre de onze.
Deux d’entre elles, Khadîja bint Khuwaylid et Zaynab bint Khuzayma, décédèrent avant lui. À sa mort, le Prophète laissait neuf veuves (…).
Avec deux des femmes qu’il a épousées, il ne consomma pas le mariage. »

  • Mahomet demandait à ses compagnons de s’appliquer à eux-mêmes  la règle des 4 épouses et donc de répudier les femmes qu’ils avaient en trop

Le Statut de la femme musulmane indique : « L’islam a annulé le mariage avec plus de quatre épouses. Le Prophète a dit que le musulman, une fois converti, s’il avait plus de quatre épouses, devait choisir quatre d’entre elles et divorcer des autres. »

Yusuf Qaradawi rappelle : « L’islam imposa à la polygamie une condition et une limite. Pour ce qui est de la limite, il fixa le nombre maximum d’épouses à quatre. Ghaïlan ath-Thaqfi embrassa l’islam alors qu’il avait dix femmes. Le Prophète lui dit : « Choisis-en quatre et répudie les autres » (rapporté par Ach-Chafi’i, Ahmad, at-Tirmidhi, Abou Maja, Ibn Abi Chaïb, ad-Daraqtani et al-Baïhaqi). Il en fut de même pour ceux qui embrassèrent l’islam en ayant huit ou cinq femmes. »

  • Mahomet s’est-il vu octroyer par Allah un droit exorbitant quant au nombre d’épouses ?

Pour justifier cette absence de respect par Mahomet de la règle qu’il a lui-même édictée, certains font état d’une dispense qu’aurait accordé Allah quant au nombre des épouses. Cet argument est généralement formulé dans les ouvrages musulmans de façon vague, sans référence précise au Coran ou à un hadith (je vous laisse le soin de faire cette expérience en feuilletant de tels ouvrages).

Yusuf Qaradawi écrit : « Quant au mariage du Messager de Dieu qui avait jusqu’à neuf épouses, c’était une permission particulière accordée par Dieu au Prophète, pour les besoins de sa mission durant sa vie et pour qu’elles enseignent à sa communauté après sa mort. » De quelle permission s’agit-il ? quels pouvaient bien être les besoins si particuliers de cette mission qui nécessitaient de multiplier le nombre d’épouses ?

Certains, rares, s’aventurent à justifier la multi-polygamie de Mahomet en référence au verset suivant :

Coran, sourate 33, verset 50 :  « Ô Prophète ! Nous t’avons rendue licites les épouses à qui tu as donné leur mahr, les captives de guerre qu’Allah t’a destinées, les filles de ton oncle paternel et de tes tantes paternelles ainsi que les filles de ton oncle maternel et de tes tantes maternelles – celles qui ont émigré avec toi –, ainsi que toute femme croyante si elle fait don de sa personne au Prophète, si le Prophète veut l’épouser. Ceci est un privilège pour toi, à l’exclusion des autres croyants. Nous savons, ce que nous leur avons imposé au sujet de leurs épouses et de leurs esclaves. Cela de manière à ce que tu ne ressentes aucune gêne. Allah pardonne et est miséricordieux. »

Or la question du nombre d’épouses n’est pas évoquée : il n’est question que du caractère licite ou illicite de l’union. Abdurrahmân Badawî, traducteur de la Sîra, indique : « D’après les commentateurs musulmans du Coran, le privilège donné à Muhammad dans ce verset consiste seulement en ceci : Muhammad a le droit d’épouser une femme qui se donne à lui et qu’il accepte d’épouser, sans qu’il soit obligé de lui donner un mahr [ndlr dot versée par le mari et non par l’épouse]. On cite le cas de Zaynab bint Khuzaymah, appelée Umm al-masâkîn. »

Pour Abdurrahmân Badawî, le fait que Mahomet ait dépassé le nombre de 4 épouses en même temps « était un privilège pour le Prophète seul, à l’exclusion de tout autre croyant, car Muhammad comme prophète et fondateur d’un État politique fut un cas tout à fait spécial et qui ne peut jamais se répéter, étant donné qu’il fut le dernier des prophètes. » On retrouve ici l’idée d’un privilège accordé à Mahomet mais sans qu’on sache ni comment ni pourquoi.

Il semble donc vain de chercher une justification religieuse claire à cette exception, qui relevait très vraisemblablement du fait d’un prince qui s’arrogeait, comme tout prince, les pouvoirs qui lui convenaient.

  • Une explication beaucoup plus simple et de bon sens : avoir un fils légitime

Malek Chebel commente cette situation en faisant preuve de beaucoup plus de réalisme et de bon sens : « Après la mort de Khadija, Mahomet entre en polygamie comme on entre en sacerdoce. Car il est affligé de ne pas avoir eu d’enfant mâle qui aurait pu perpétuer son message. Il entretiendra d’ailleurs ce régime matrimonial jusqu’à sa mort. En 624, elles ne sont pas encore nombreuses, seulement deux : Sawda bint Zama’ et Aïcha. C’est seulement à partir de 625 que le harem prophétique s’enrichit de femmes nouvelles, pas moins de dix, soit des captives de guerre, des concubines ou des mariages « diplomatiques », soit des choix personnels fondés sur la seule subjectivité de l’homme. Mahomet voulait un garçon à tout prix. Chaque union nouvelle est commentée par la proche communauté du Prophète, et aussitôt transcrite dans les tables du hadith. (…) La mort le surprit au moment où il entreprenait de nouvelles démarches. Il n’aura donc pas de successeur légitime, mais seulement une succession croisée à travers sa fille Fatima, femme d’Ali, et mère de Hassan et d’Husayn. Cette course effrénée à la recherche de nouvelles épouses ne s’explique donc que par l’absence d’héritier mâle. »

  • Mahomet, à la suite d’une maladie, était probablement devenu stérile

En effet, la Sîra précise que sa première femme Khadîja fut la mère de tous les enfants de Mahomet, sauf d’un garçon, Ibrâhîm Al-Qâsim, né de Maria la concubine. Mais tous les enfants mâles de Mahomet moururent en bas âge, contrairement à ses filles (Ruqayya, puis Zaynab, puis Umm Kûlthûm et enfin Fatima).

Mahomet n’eut donc aucun enfant d’aucune autre de ses femmes après la mort de Khadîja. Or Mahomet a épousé des femmes en âge d’avoir des enfants, et certaines en avaient déjà eus. Par exemple : Hafça, qu’il épousa en 625 alors qu’elle avait 22 ans environ ; Umm Salama, qu’il épousa en 626 alors qu’elle avait 30 ans environ et qui était déjà la mère de 4 enfants ; Çaffiya et Maymûna devaient avoir probablement au maximum entre 20 et 25 ans puisque l’une est morte environ 41 ans et l’autre environ 51 ans après la mort de Mahomet.

L’explication rationnelle dans ces circonstances est que Mahomet a probablement été atteint de stérilité à partir d’un certain âge, peut-être après une maladie, et qu’il a multiplié le nombre d’épouses dans l’espoir d’avoir des enfants, et surtout un garçon : ce qui n’a rien de choquant d’un point de vue successoral (mais ne résout pas pour autant la question du non-respect du commandement divin).

Si Mahomet n’a pas eu de successeur, n’était-ce pas la volonté d’Allah ?