La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (3) Le Coran ne veut rien dire sans « contextualisation »

  • Problématique

S’il est bien une idée reçue irrationnelle ancrée chez beaucoup de nos concitoyens, c’est que, malgré le caractère définitif et divin du message de l’islam, ce message serait à « contextualiser », c’est-à-dire à replacer dans le contexte de l’Arabie du VIIème siècle ; bref, un message universel et définitif dépendant du contexte arabe bédouin. Allah, contraint par les mœurs des bédouins arabes du VIIème siècle… Cette idée saugrenue, pourtant naturellement admise par des personnes apparemment sensées – y compris par celles qui ne connaissent rien à l’islam –, est entretenue dans l’esprit public par les islamologues de façon constante pour tenter de désamorcer toute polémique relative à la violence de Mahomet.

Ainsi que l’explique l’intervenant de l’émission de France 2 « Islam » du 4 décembre 2016, « Il faut contextualiser la naissance de cette religion [l’islam] au VIIème siècle ». Je laisse par ailleurs de côté l’affirmation, dénuée de tout fondement comme le montre tout simplement la lecture de la biographie de Mahomet qui regorge d’actes de violence, que « La violence qu’on trouve dans le texte coranique est inversement proportionnelle à la réalité de la violence qui se déploie dans la réalité ».

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  • Argument : un texte religieux musulman ne veut rien dire en soi

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S’il peut parfois y avoir plusieurs compréhensions possibles d’un texte, le vocabulaire disponible ne reflétant pas toujours l’exact contenu de la pensée de l’auteur (pour autant que celle-ci soit claire) et le lecteur ayant lui-même ses propres biais de compréhension, il ne faut pas généraliser abusivement cette situation. C’est pourtant ce que font les islamologues avec les textes religieux musulmans, ceci jusqu’à l’absurdité : « Il n’y a pas une seule lecture du texte. Il y a une multiplicité de lectures qui sont fonction des individus, des époques, et de l’idéologie dans laquelle ils peuvent se reconnaître. » Si une telle diversité de lectures est avérée, une conclusion s’impose : le texte n’est pas clair ou ne veut rien dire. Comme il s’agit d’un texte humain, cela n’a en réalité rien de très étonnant.

  • Entre La Mecque et Médine, Mahomet a changé son fusil d’épaule par opportunisme politique

Le message prétendument divin serait donc fluctuant en fonction des circonstances. Si nous revenons sur terre, il est facile de comprendre que tout cela est ridicule et que les atermoiements, les contradictions, les revirements de Mahomet ne sont que la conséquence de son opportunisme politique.

Il est rarissime d’entendre un islamologue le reconnaître de façon claire, presque par inadvertance, car l’opportunisme politique n’est guère conciliable avec une prétendue mission divine. Mais c’est pourtant ce qui est arrivé dans l’émission de France 2 « Islam » en ce début décembre 2016, sans que sans doute l’intervenant ne prenne totalement conscience de toute la portée de ses propos et du malaise qu’ils créent au regard du discours lénifiant habituellement en usage. Je suis d’ailleurs étonné que ces propos n’aient pas été coupés au montage, cette émission ayant semble-t-il fait l’objet d’un montage assez compliqué si l’on en juge par les raccords qu’on peut voir si l’on visionne l’émission in extenso.

En effet, parmi les éléments de contextualisation régulièrement évoqués figure en bonne place et à juste titre l’évolution du message de Mahomet entre La Mecque (prédication de 610 à 622) et Médine (de 622 à 632 : la guerre religieuse, c’est-à-dire le « jihad »). Mais alors qu’est invoquée habituellement la traditionnelle légitime défense face à une population devenue ennemie puisqu’elle refuse de se convertir à la nouvelle religion de Mahomet et de reconnaître en lui son chef, l’intervenant fait état, de surcroît sur la base d’une observation « très facile »  ce qui est effectivement le cas –, de motivations beaucoup plus terre-à-terre et au demeurant beaucoup plus naturelles et logiques :

« On remarque que, concernant la période mecquoise, il y a beaucoup plus de versets qui mettent en avant la paix, le pacifisme, la miséricorde, mais qui est explicable conjoncturellement : comme il s’agit d’une communauté minoritaire persécutée, il est préférable pour elle d’appeler à la paix et à la miséricorde. S’agissant de la période médinoise, les versets sont beaucoup plus belligènes. Plus on a une communauté minoritaire, plus les appels à la paix sont nombreux et plus elle devient hégémonique et plus la tentation hégémonique et violente croît. »

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  • Conclusion

Au-delà de l’argument de la prétendue persécution, dont (cf. mes autres articles sur ce site) on ne retrouve guère de traces dans les textes musulmans eux-mêmes (sauf à considérer que la persécution commence dès lors qu’on critique ou qu’on se moque simplement de Mahomet et de sa doctrine), le commentaire de l’intervenant est particulièrement instructif : la communauté musulmane était opportuniste et n’a pas adopté du tout le même comportement étant minoritaire (à La Mecque) ou voyant son influence se renforcer (à Médine) : sa violence s’est exprimée d’autant plus fortement que son importance relative a crû. Qu’ajouter de plus ? Mahomet et la communauté des origines étant des modèles pour tous les musulmans, à bon entendeur…

La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (2) Mahomet était schizophrène

  • Problématique

La présence irréfutable de la violence dans la conquête du pouvoir par Mahomet est d’une évidence telle dans les textes sacrés de l’islam que le déni de réalité, possible face à un interlocuteur ignorant, devient intenable face à quelqu’un qui a pris la peine de lire ces textes. Face à ce constat, les islamologues musulmans ont développé une théorie invraisemblable et dont l’absurdité ne semble même plus les étonner eux-mêmes, que j’appelle la théorie du Mahomet schizophrène.

  • Argument : Mahomet était schizophrène

Selon cette théorie, Mahomet serait en réalité composé de deux personnes, sorte de docteur Jekyll et mister Hyde, conception qui a le grand avantage d’autoriser la dichotomie de la responsabilité morale : le Mahomet « gentil », apôtre de paix, et le Mahomet « violent », chef de guerre sanguinaire d’une fédération de tribus arabes. Ainsi, seul le Mahomet « gentil » serait le vrai Mahomet, le Mahomet « violent » n’étant que la conséquence de la nécessité d’être le chef d’un État naissant. Cette thèse récurrente est bien résumée dans l’émission France 2 Islam du 4 décembre 2016 :

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Ainsi, l’intervenant dit : « Je distingue entre le prophète qui inspirait, qui va parler au nom de Dieu, à partir de Dieu – ça, c’est une chose – et celui qui va être un chef, un fondateur d’une cité et qui va se heurter à des ennemis et qui va les combattre. » Il faut bien comprendre que cet argument est totalement absurde : c’est comme si on disait qu’Hitler était un brave homme et que seule une malheureuse obsession – dont il ne serait pas responsable – l’a conduit à exterminer quelques millions de personnes ; car, remarquons-le bien, tout autant que Mahomet, Hitler pensait être guidé par une influence divine.

Or il faut bien comprendre que cet argument, qui va notamment venir alimenter toute la thèse de la « contextualisation », est absolument FONDAMENTAL pour la survie de l’idéologie musulmane, car c’est le seul rempart, face à la clarté des textes musulmans, qui empêche la déconstruction inéluctable de l’islam. Sans cet argument, les contradictions aveuglantes entre la prétention à la spiritualité (d’amour et de paix) et les faits « historiques » violents (tels que les textes musulmans eux-mêmes les relatent) font voler en éclat la prétention de l’islam à se hisser du rang d’idéologie de pouvoir guerrière comme l’histoire en a beaucoup connu à celui de véritable spiritualité.

Alors, effectivement, la contradiction qui vient immédiatement en tête est celle liée aux exemples de Bouddha, Jésus ou Gandhi : eux ont toujours prêché la non-violence. Pourquoi eux l’ont fait et pas Mahomet ? Réponse stupéfiante de l’intervenant, mais représentative de l’argumentaire traditionnel de l’islam quand il est acculé dans sa propre impasse : ce n’est pas le même cas ! : « Alors bien sûr il existe aussi des prophètes qui sont seulement des prophètes, et que des prophètes, et là, ils n’ont que le maniement de la parole. Mais là nous sommes dans un cas où il y a à la fois le prophète et le législateur etc. Et donc ces deux fonctions, ce sont des fonctions qui vont se mêler et donner lieu en effet à des moments de violence qu’il faut reconnaître et qu’il faut contextualiser. »

  • Conclusion

En réalité, il faut bien comprendre que dans la bouche de l’islam, « contextualiser » veut dire « excuser la violence » via une rationalisation qui transforme la violence (indubitable) en nécessité.

Pourtant, la solution à tout cet imbroglio est beaucoup plus simple : Mahomet, qui était probablement un « illuminé » (Le Robert : « esprit chimérique qui ne doute pas de ses inspirations »), a conquis le pouvoir par la guerre sous couvert de spiritualité en copiant la religion juive (car il est bien difficile de distinguer ce que l’islam apporte de réellement nouveau au judaïsme d’un point de vue religieux).

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (8) Le mensonge de la persécution à La Mecque

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  • La problématique : comment justifier le jihad par l’argument de la légitime défense

Un des leitmotive utilisés pour dédouaner Mahomet de sa violence de simple chef de clan guerrier (Jacqueline Chabbi indique que « Dans les chroniques extérieures à l’Arabie et contemporaines de l’émergence de l’islam, Muhammad est seulement signalé comme le chef des bandes armées d’invasion, sans plus de précision ») est l’argument de la légitime défense.

  • L’argument de la persécution à La Mecque

Si Tareq Oubrou peut avoir des analyses audacieuses sur certains sujets, force est de constater sur le thème de la « persécution » une grande banalité : « Le Prophète, sa famille et ses compagnons furent persécutés à La Mecque pendant treize ans avant de recevoir l’ordre de quitter la ville pour Médine. » Malheureusement, Tareq Oubrou ne cite aucun texte en appui de cette affirmation. En réalité, Mahomet a tout simplement décidé de fuir La Mecque quand il s’est rendu compte qu’il n’y arriverait jamais à rien. Et s’il avait été réellement en danger, aurait-il fui l’avant-dernier après avoir envoyé tous ses partisans à Médine ? Ne serait-il pas parti plutôt le premier ? (voir mes autres articles sur ce site dédiés à la question de la persécution)

Si les Mecquois se moquaient effectivement de Mahomet, difficile de parler de « persécutions » pour quelques avanies à son encontre. Voilà ce que dit la Sîra : « Ibn Hîsham dit : « Des savants m’ont rapporté que le plus dur parmi ce que l’Envoyé d’Allah a souffert de la part de Quraysh est ceci : un jour, il sortit. Il n’a rencontré personne qui ne le dénigrât pas et ne lui fît pas de mal [par les paroles], que ce soit un homme libre ou un esclave. L’Envoyé d’Allah rentra chez lui, et se couvrit à cause de la dureté de ce qui lui arriva. Alors Dieu a fait descendre les deux versets suivants : « Ô toi couvert d’un manteau ! Lève-toi et avertis (sourate 74, versets 1 & 2) ». »

Notons d’ailleurs qu’un des intervenants de l’émission France 2 Islam du 27 novembre 2016 a fait clairement état des motivations très terre-à-terre qui ont contribué à tendre les relations entre Mahomet et les Quraychites : des questions de gros sous. En effet, en prêchant une nouvelle religion, Mahomet risquait de remettre tout bonnement en cause le culte des idoles de La Mecque, objet d’un commerce fructueux qui bénéficiaient aux tribus Quraychites de La Mecque.

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Il n’y a pas eu de persécution religieuse au sens où on l’entend par exemple pour les chrétiens avec les Romains : par les persécutions, les Romains cherchaient à anéantir une « vraie » religion (dissociant spirituel et temporel) car il est impossible d’extirper définitivement chez un individu les racines d’une idée sans tuer son porteur. À La Mecque, les Mecquois avaient surtout le sentiment d’avoir affaire à un histrion dangereux pour leur commerce.  Il cherchait certes à développer une théorie religieuse mais sans doute l’ont-ils en partie négligé en pensant que le chasser (ce qu’ils n’ont d’ailleurs pas fait : Mahomet est parti de lui-même) pouvait suffire pour protéger le commerce. Si les Mecquois avaient voulu vraiment s’en débarrasser, il leur suffisait tout simplement de le tuer sans perdre de temps à le « persécuter » d’abord, ce qui ne servait à rien.

  • L’islam n’est pas conquérant et ne fait que se défendre

Aux dires de certains, le jihad ne serait jamais offensif mais uniquement défensif, thèse encore reprise dans l’émission France 2 Islam du 27 novembre 2016 :

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Je pense avoir déjà écrit suffisamment à ce sujet sur ce site pour démontrer que ceux qui le prétendent n’ont pas lu la Sîra d’Ibn Îshaq/Ibn Hîcham, biographie de Mahomet incontestée en islam (sans parler du Coran et des hadiths). Je ne vais pas reprendre ici tous les éléments déjà fournis dans ces articles : il est facile d’y accéder via l’outil de recherche disponible sur le site.

Le plus étonnant d’ailleurs est que la biographie de Mahomet d’Ibn Îshaq/Ibn Hîcham est un document musulman : il aurait été facile aux partisans de Mahomet d’en expurger tous les passages problématiques au regard de la prétendue vocation d’amour et de paix de Mahomet : peut-être certains l’ont-ils été, mais, en tout état de cause, il en reste encore un grand nombre dans la version connue aujourd’hui qui ne laisse planer aucun doute sur la nature guerrière de l’action de Mahomet. Il est donc pour le moins étonnant de voir les musulmans tenter de nier la portée de leurs propres textes.

De ce point de vue, Mohamed Bajrafil constitue un spécimen intéressant : cette personne ne semble guère embarrassée par l’honnêteté intellectuelle dès lors qu’il s’agit de défendre l’islam et Mahomet. L’extrait de l’émission ci-dessus est d’ailleurs amusant à ce titre puisque le deuxième intervenant se voit obligé, avec beaucoup de retenue mais de façon claire (ce qui est très rare dans ce genre d’émission consensuelle), de reprendre ses propos.

Pour Mohamed Bajrafil, Mahomet a attaqué par anticipation ses futurs potentiels agresseurs : une conception très particulière de la légitime défense ! Et il extrapole, néanmoins dans une certaine confusion et avec une difficulté d’élocution tant le propos est énorme, à toutes les autres guerres de l’islam ! Il se retrouve ainsi en contradiction avec tous les imams et islamologues qui reconnaissent effectivement que l’islam est une religion de conquêtes (Tareq Oubrou cf. ci-dessous, ou Malek Chebel qui a été très clair sur la question). Sans parler de la prétendue possibilité donnée en islam à chacun « de croire ou de ne pas croire » : rien n’arrête la taqiya perverse de Mohamed Bajrafil !

Au-delà de tous ces mensonges, rappelons simplement que le Christ avait déjà montré magistralement comment, face à une vraie persécution qui le conduira jusqu’à la crucifixion, répondre à la violence lorsqu’on prétend porter un message uniquement spirituel.

  • La schizophrénie de Tareq Oubrou

Tareq Oubrou est également empêtré dans des contradictions dont il ne sort que par des pirouettes. Il explique ainsi dans un autre ouvrage (« Un imam en colère ») le poids fondamental de la question politique à l’époque de Mahomet puis de ses successeurs – mais qu’il essaie bien maladroitement de dissocier de la question religieuse – : « L’islam est une religion qui a la particularité d’avoir vu le jour en même temps qu’un État, au début du VIIème siècle à Médine, dans la péninsule arabique, après que le prophète a été chassé de La Mecque. Ainsi sommes-nous, dès l’origine, en présence de deux réalités bien distinctes : d’un côté, la révélation coranique que le prophète Muhammad a pour mission de transmettre – et non d’imposer – dans un environnement polythéiste intolérant et hostile ; de l’autre, la naissance d’un empire soumis à des menaces extérieures. (…) Pris dans une logique d’empire, les Arabes n’ont d’autres choix que d’attaquer pour survivre. D’où la rapide extension de la religion naissante sur la rive sud de la Méditerranée. (…) Voilà pourquoi il est essentiel de bien séparer ces deux ordres de réalité : naissance d’une religion d’un côté, logique d’empire de l’autre. »

Cette position est extrêmement commode : ce qui est « bien » aux yeux du monde occidental est rattaché à la religion et ce qui est « mal » à la politique, question politique qui n’a bien entendu rien à voir avec la question religieuse…

  • Conclusion : pourquoi l’islam n’a-t-il d’autre issue que de s’accrocher coûte que coûte au mythe de la légitime défense

L’enjeu du mythe de la persécution physique est absolument fondamental pour l’islam : après Bouddha et Jésus, difficile en effet de se hisser au même niveau spirituel : la compétition est en réalité intenable.

Or que peut faire un homme qui se rend compte au bout de 12 ans que sa prédication politico-religieuse n’avance à rien (au-delà d’une poignée de fidèles), si ce n’est passer par la force pour imposer son pouvoir ? Pas besoin d’avoir recours à une prétendue inspiration divine pour le comprendre. Reste que l’islam doit alors tenter de justifier par tous les moyens dialectiques possibles la violence pour préserver coûte que coûte le résidu de spiritualité qui sous-tend cette idéologie.

L’extermination des juifs Quraydha par Mahomet ou comment pratiquer l’art de l’assassinat politique

Le massacre par égorgement de plusieurs centaines de prisonniers juifs de la tribu des Banû [« fils de »] Quraydha à Médine fait partie des récits mythiques de l’islam et de la vie de Mahomet. Difficile de concilier cet épouvantable massacre, commis de sang froid par Mahomet (et les musulmans) sur des prisonniers (et non dans un combat) avec le titre revendiqué par l’islam pour Mahomet d’apôtre de la religion d’amour et de paix.

Pour justifier ce massacre (600 à 900 hommes), l’islam fait état du fait qu’il s’agit de la sanction d’une trahison des juifs vis-à-vis de Mahomet. Que dit vraiment la biographie de Mahomet (texte musulman au demeurant) ?

  • Le contexte

Mahomet, arrivé à Médine, cherchait à rallier le maximum d’alliés en anticipation de sa guerre contre les Quraychites (polythéistes) de La Mecque. Il caressait l’espoir de convertir les juifs, Mahomet s’étant très largement inspiré du judaïsme pour inventer sa propre religion. Cet espoir fut vite déçu, les juifs se moquant de lui, et l’opposition aux juifs prit symboliquement après quelques mois la forme du changement de la direction de la prière (la Qibla), dorénavant tournée vers La Mecque et non plus Jérusalem.

Mais la suite des événements ne fut pas seulement symbolique. Mahomet entama une guerre méthodique contre les tribus juives de Médine sous divers prétextes. Une première tribu, les Banû Qaynuqa fut chassée (elle n’échappa à l’extermination voulue par Mahomet que sur intervention de leurs alliés arabes qui firent fléchir Mahomet) ; puis ce fut le tour des Banû Nadir. Restait à s’occuper des Banû Quraydha, la tribu juive la plus importante. Ce fut fait à l’occasion de la bataille dite « du Fossé », Mahomet ayant stoppé l’arrivée des tribus Quraychites de La Mecque et de leurs alliés les Ghatafan venus en découdre avec Mahomet grâce à un fossé creusé autour de Médine.

  • Le déroulement de la bataille du Fossé et la « trahison » des Banû Quraydha

Curieusement, en dépit de l’arrivée de nombreux Quraychites et Ghatafan – incités notamment à venir combattre Mahomet par quelques juifs des tribus ayant déjà été pourchassées par Mahomet –, les quelques semaines d’affrontement ne furent marqués en réalité que par quelques escarmouches.

Dans ce conflit, les Banû Quraydha étaient initialement alliés à Mahomet, ayant signé avec lui un pacte via les tribus arabes lors de son installation à Médine. Toutefois, on peut comprendre que le triste sort infligé par Mahomet aux deux premières tribus juives de Médine ait pu conduire cette troisième tribu à s’interroger sur son propre sort, une fois Mahomet devenu le maître incontesté de Médine.

Une lecture raisonnable du récit des événements que vous pouvez lire ci-dessous dans la Sîra (biographie écrite, rappelons-le, par un musulman) conduit à la synthèse suivante : le chef des Banû Quraydha se laisse finalement fléchir par l’insistance d’un coreligionnaire pour dénoncer son pacte avec Mahomet ; le pacte est rompu, sans peut-être le formalisme approprié qui conviendrait (le texte ne le précise pas), mais ceci est connu et vérifié par Mahomet et ses partisans ; cette dénonciation du pacte n’a aucune conséquence armée, les Banû Quraydha n’ayant pas conclu par ailleurs simultanément d’alliance avec les tribus hostiles à Mahomet (Quraychites et Ghatafan) ; les Banû Quraydha entrent en discussion avec ces tribus mais Mahomet qui a vent de ces pourparlers envoie un émissaire qui parvient semer la zizanie entre Quraychites, Ghatafan et Banû Quraydha de sorte qu’ils n’arrivent pas à s’entendre et donc aucun accord n’est conclu ; les Quraychites et Ghatafan finissent pas lever le camp sans qu’il se soit pratiquement rien passé.

On peut conclure de ce récit que les Banû Quraydha ont bien rompu leur pacte avec Mahomet et que celui-ci en a été informé, cette dénonciation remettant les Banû Quraydha dans une situation de neutralité vis-à-vis de Mahomet. Les Banû Quraydha songèrent à s’allier aux ennemis de Mahomet – ayant sans doute en mémoire le sort des deux précédentes tribus – mais cela ne s’est en réalité jamais fait (chacun tribu doutant de la fermeté des intentions des deux autres) et les Banû Quraydha n’ont pas combattu Mahomet et les siens. Mahomet eut simplement peur que cela n’arrivât, raison pour laquelle il envoya un émissaire pour semer la zizanie entre ses ennemis. Les Banû Quraydha n’ont donc pas « trahi » au sens que l’on donne à ce mot en Occident : la véritable trahison aurait consisté pour les Banû Quraydha à attaquer Mahomet tout en étant toujours lié par un pacte militaire avec Mahomet, comme sur le modèle d’Hitler attaquant Staline pourtant tous les deux liés par le pacte germano-soviétique.

C’est sans doute la raison pour laquelle dans un premier temps Mahomet n’a peut-être pas songé pas à attaquer les Banû Quraydha une fois la bataille du Fossé terminé. Mais la Sîra enseigne qu’il changea rapidement d’avis, comprenant vraisemblablement l’intérêt d’une exploitation politique des événements : il comprit certainement qu’il fallait en finir avec les juifs et la menace qu’ils représentaient pour son pouvoir, n’étant absolument pas considéré par eux mais au contraire dénigré et moqué. En outre, l’horreur du massacre avait un effet dissuasif excellent pour les campagnes militaires à venir (il suffit de voir comment l’État islamique utilise l’horreur et la peur qui en découle comme arme de guerre encore aujourd’hui).

D’où l’invention de l’intervention providentielle d’un deus ex machina, l’ange Gabriel, qui va permettre de justifier pour des raisons divines l’épouvantable extermination des juifs Quraydha de Médine par Mahomet. Cette mise en scène politique judicieuse permet ainsi à Mahomet de préserver aux yeux des musulmans son image au lieu d’apparaître comme ce qu’il était, un chef de guerre implacable et suffisamment sanguinaire pour décapiter de sang froid des prisonniers qu’il aurait tout aussi bien pu continuer à emprisonner ou qu’il aurait pu chasser.

Tout ce récit, comme on le voit, ne relève en aucune façon du domaine spirituel mais beaucoup plus banalement des aléas propres à la constitution d’alliances entre tribus arabes et de la volonté féroce d’un homme de se constituer un empire. Son dénouement relève tout simplement de l’assassinat politique calculé.

On peut ergoter sur le fait que le pacte n’ait pas été dénoncé dans les formes ou que cela ne se faisait pas à l’époque, tout cela n’a guère d’importance : rien ne pouvait justifier un tel massacre pour un prophète censé représenter une religion d’amour et de paix. D’ailleurs, le Christ ou Bouddha avaient déjà donné des leçons insurpassables de spiritualité pacifique au monde : l’islam est en à des années lumière.

Au-delà de cet épisode épouvantable, pour ceux qui douteraient de la haine que Mahomet, et avec lui son idéologie, l’islam (puisque Mahomet est le modèle de tous les musulmans), a construit à l’égard des juifs, il suffit de rappeler le hadith authentique (c’est-à-dire incontesté en islam) de Muslim (n°2922) : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’un des arbres des juifs ». » (NB : on retrouve cet appel au meurtre des juifs, parfaitement explicite, dans plusieurs hadiths authentiques de Bukhari ; il n’y a donc aucun doute ni aucune ambiguïté en islam sur ce sujet).

  • Le texte original de la biographie de Mahomet

Voici donc pour tous ceux qui aiment se reporter aux textes originaux, le texte de la Sîra d’Ibn Hîcham (les (…) sont les passages sans grand intérêt par rapport au propos et que j’ai ôtés pour faciliter la lecture : la version intégrale du texte est naturellement disponible dans le commerce) :

« La Bataille du Fossé (al-Khandaq) en Shawwâl, an V

(…)

Quelques juifs, parmi lesquels on cite (…), avec des gens de Banû al-Nâdir et des gens de Baû Wâ’il (…) partirent pour Makkah et invitèrent les Quraysh à faire la guerre contre lui. Ils dirent aux Quraysh : « Nous serons avec vous contre lui afin de l’anéantir. » Les Quraysh leur répondirent : « Ô juifs ! Vous êtes les gens du premier Livre (sacré), vous êtes les savants en ce en quoi nous sommes en désaccord avec Muhammad. Dites-nous quelle est la meilleure : notre religion ou la sienne ? » Les juifs répondirent : « Votre religion est meilleure que la sienne, et vous êtes plus proches de la vérité que lui. »

(…)

Lorsque les juifs dirent cela aux Quraysh, ceux-ci s’en réjouirent et se mirent avec ardeur à répondre à leur appel, à savoir : faire la guerre à l’envoyé d’Allah. Ils se réunirent à cette fin et s’y préparèrent. Puis ces juifs-là partirent et vinrent à la tribu Ghatafân (…) et les invitèrent à faire la guerre contre l’Envoyé d’Allah, ils les informèrent qu’ils seraient avec eux, contre l’Envoyé d’Allah, et que les Quraysh avaient accepté de lui faire la guerre. Alors les Ghatafân se joignirent à eux.

(….)

Lorsque l’Envoyé d’Allah eut connaissance de ce qu’ils avaient l’intention de faire et de ce pour quoi ils s’assemblaient, il fit creuser un fossé autour d’al-Madînah.

(…)

Ibn Ishâq dit : Lorsque l’Envoyé d’Allah eut terminé le creusement du fossé, les Quraysh arrivèrent et descendirent là où les lits de torrents de Rumâh se rencontrèrent entre al-Juruf et Zughâbah avec dix mille de leurs mercenaires noirs, et leurs partisans de la tribu Kinâhah et le peuple de Tihamah. (…) L’Envoyé d’Allah et les musulmans vinrent avec trois mille hommes, ayant la montage de Sal’ derrière eux. Il dressa son camp là, le fossé étant entre lui et l’ennemi.

(…)

L’ennemi de Dieu Huyayy ibn ‘Akhtab al-Nadarî alla à Ka’b ibn ‘Asad al-Qurazî, l’homme qui avait le pacte et l’engagement de Banû Qurayzah et qui avait fait un pacte de paix avec l’Envoyé d’Allah au nom de son peuple. Lorsque K’ab apprit la venue de Huyayy ibn Akhtab, il ferma la porte de son fortin en sa face. Huyayy demanda sa permission, mais Ka’b refusa. Huyayy lui cria : « Malheur à toi Ka’b ! Ouvre pour moi. » Ka’b répondit : « Malheur à toi Huyayy ! Tu es un porte-malheur ! J’ai conclu un pacte avec Muhammad et je ne briserai pas ce qui est entre moi et lui ; je ne vois de lui que la fidélité et la véracité. » Huyayy dit : « Malheur à toi, ouvre-moi, et laisse-moi te parler ». Ka’b répondit : « Je n’ouvrirai point. » Huyayy dit : « Je te jure que tu n’as pas fermé ta porte contre moi que parce que tu as peur que je mange avec toi de ta jashîshah [aliment fait de blé concassé]. » Cette parole mit Ka’b en colère, et il ouvrit la porte. Huyayy lui dit : « Malheur à toi, Ka’b ! Je t’ai apporté la puissance invincible et une mer d’hommes ; je t’ai apporté Quraysh avec ses généreux et ses notables, et je les ai fait descendre là où les lits de torrents de Rumâh se rencontrent, je t’ai apporté les Ghatafân avec leurs généraux et ses notables, et je les ai fait descendre à la queue de Naqmah à côté de la montagne de ‘Uhud. Ils se sont engagés devant moi de ne pas partir qu’après avoir anéanti Muhammad et ses partisans.

Ka’b lui dit : « Par Dieu ! Tu m’as apporté l’humiliation éternelle, et un nuage qui ne contient pas de pluie et qui fait des tonnerres et des éclairs sans qu’il contienne d’eau. Malheur à toi, ô Huyayy ! Laisse-moi tranquille, car je ne vois de Muhammad que la fidélité et la véracité. »

Mais Huyayy ne cessa pas d’user de stratagèmes avec Ka’b jusqu’à ce que celui-ci se laisse convaincre, tout en mettant comme condition que si Quraysh et Ghatafân se retiraient et partiraient sans atteindre Muhammad, il entrerait dans le fortin de Huyayy afin qu’il eût le même sort que lui. Alors Ka’b viola son engagement (vis-à-vis de Muhammad) et se défit de la convention qu’il a eue avec l’Envoyé d’Allah.

Lorsque cette nouvelle fut communiquée à l’Envoyé d’Allah et aux musulmans, l’Envoyé d’Allah envoya Sa’d ibn Mu’âd (…) qui était alors le chef des Khazraj et avec eux Sa’d ibn ‘Ubâdah (…) en leur disant : « Allez voir si cette nouvelle est vraie ou non. Si c’est vrai, faites-moi signe que je comprenne et ne démoralisez pas mes gens. Mais si cette nouvelle est fausse et que ces gens-là (les juifs) restent fidèles à leur engagement vis-à-vis de nous, alors dites-le aux hommes. »

Ils partirent et arrivèrent aux juifs et trouvèrent qu’ils étaient pires que ce qu’on rapporta de leur attitude : en effet, ils insultaient l’Envoyé d’Allah et disaient : « Mais qu’est-ce que c’est que cet Envoyé d’Allah ?! Nous n’avons aucun engagement vis-à-vis de Muhammad ni aucune convention. » S’ad ibn Mu’âd les insulta et ils l’insultèrent. (…) Sa’d ibn Mu’âd et Sa’d ibn ‘Ubâdah et ceux qui les accompagnaient allèrent à l’Envoyé d’allah, le saluèrent et lui dirent : « Ils ont comme ‘Adal et al-Qârah » – c’est-à-dire qu’ils ont trahi comme ‘Adal et al-Qârah ont agi avec perfidie contre les gens d’al-Rajî.

(…)

L’Envoyé d’Allah et en face de lui les polythéistes sont restés aux bords du fossé durant plus de vingt nuits, presqu’un mois, sans qu’aucun combat ne s’engageât entre eux, sinon l’échange de flèches et l’état de siège. (…) Ibn Ishâq dit : L’Envoyé d’Allah et les musulmans tenaient donc bon, tandis que leur ennemi les assiégeait, et sans qu’il y ait de combat entre eux.

(…)

Nu’aym ibn Mas’ûd (…) ibn Ghatafân vint à l’Envoyé d’Allah et lui dit : « Ô Envoyé d’Allah ! J’ai embrassé l’islam, mon peuple ne sait pas que je suis devenu musulman. Ordonne-moi de faire ce que tu voudras. » L’Envoyé d’Allah lui dit : « Tu n’es qu’un seul homme parmi nous. Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. Car la guerre est une ruse. »

(…)

La nuit de samedi du mois de Shawwâl an V, Dieu a fait que Sufyân ibn Harb et les chefs des Ghatafân ont envoyé aux Banû Qurayzah ‘Ikrimah ibn Abî Jahl avec un groupe de gens de parmi les Quraysh et les Ghatafân qui leur ont dit : « Nous ne pouvons pas demeurer ici longuement. Nos chameaux et nos chevaux ont péri. Allez donc au combat afin que nous l’engagions avec Muhammad et d’en finir avec lui. » Les juifs leur envoyèrent dire : « Ce jour est un samedi et nous n’y travaillons pas. Quelques-uns de nos ancêtres y ont travaillé ; et il leur arriva ce que vous n’ignorez pas. D’ailleurs nous ne combattrons Muhammad à vos côtés que si vous nous donnez par avance des otages de parmi vos hommes, qui seront entre nos mains comme garantie pour nous. Car nous craignons que, si la guerre pèse lourdement sur vous, et que le combat vous devienne atroce – vous ne retourniez vite à vos pays et que vous nous abandonniez, ce qui laissera l’homme (Muhammad) demeurer dans notre ville, et dans ce cas, nous ne pouvons pas lui tenir tête. »

(…)

Les Quraysh et les Ghatafân refusèrent ; et Dieu a mis la dissension entre eux, et envoya un vent (violent) durant des nuits pluvieuses et très froides qui renversa leurs marmites et leurs camps.

(…)

Abû Sufyan dit : « Ô gens de Quraysh ! Vous n’êtes pas ici dans une maison de demeure. Les chevaux et les chameaux ont péri ; Banû Qurayzah n’a pas tenu sa promesse avec nous et nous n’avons appris de leur part ce que nous détestons. Nous avons souffert de la violence du vent ce que vous voyez : aucune marmite n’est à sa place, aucun feu ne s’allume, et aucune tente ne tient bon. Partez donc ; moi je pars. »

(…)

Les Ghatafân eurent connaissance de ce que les Quraysh avaient fait et ils retournèrent vite à leur pays. Ibn Ishâq dit : Le lendemain, l’Envoyé d’Allah quitta le fossé et rentra lui et les musulmans à al-Madinah et déposèrent leurs armes.

Vers midi, Gabriel (l’archange) vint à l’Envoyé d’Allah selon ce que m’a rapporté al-Zuhrî – coiffé d’un turban de soie et monté sur une mule sur laquelle il y avait un « bât » couvert d’une couverture en brocart. Il dit à l’Envoyé d’Allah : « As-tu déposé les armes ? » L’Envoyé d’Allah lui répondit : « Oui ». Gabriel dit : « Mais les anges n’ont pas encore déposé les armes. Je reviens maintenant après avoir poursuivi ces gens (Quraysh et Gharafân). Dieu Très Haut t’ordonne, Ô Muhammad, de marcher contre Banû Qurayzah, moi je me dirige vers eux et je secouerai leurs fortins. »

Suit l’attaque des juifs par Mahomet, leur reddition, leur emprisonnement et finalement le massacre des 600 à 900 prisonniers juifs, décapités sur le bord du fossé de Médine par Mahomet et les musulmans comme l’indique la Sîra : « Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Toujours se reporter aux textes

  • La problématique

En matière religieuse, il est toujours nécessaire de reprendre les textes avec précision tant cette matière est sujette à des fantasmes et à des projections personnelles (indépendamment du fait d’ailleurs de savoir si ces textes correspondent à une quelconque réalité historique).

Quand on lit simplement la biographie de Mahomet (Sîra d’Ibn Hîcham, IXème siècle, reconnue par tous les musulmans et que Tariq Ramadan qualifie de « source classique »), il apparaît évident que la vie de Mahomet, qui a fait la guerre, ordonné l’exécution d’ennemis, pratiqué la razzia pour se procurer du butin et des femmes (échangées sur les marchés contre armes et chevaux), etc., est bien différente de celle du Christ qui a refusé qu’on le défende, n’a jamais monté d’armée et s’est laissé crucifier.

Pourtant, dans une interview donnée à un journaliste de l’Est Parisien en février 2016, Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission « Islam » sur France 2 le dimanche matin et esprit très cultivé, a dit : « Qui sait que Mahomet lui-même, en 619, fut lapidé et battu à son arrivée à Taef ? Et qu’il a dit alors : « Mon Dieu, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Ce sont les paroles du Christ qu’il citait ! »

Ghaleb Bencheikh

Le problème est que tout cela ne figure absolument pas dans la Sîra. Lisons en effet ce texte puisqu’il est disponible en français (dans la version traduite par Abdurrâhman Badawî publiée aux éditions Al Bouraq), ce qui est par ailleurs une occasion intéressante de partager un texte authentique et original qui donne une idée de la vie de la façon dont Mahomet était perçu à La Mecque et dans ses alentours.

  • La texte de la biographie de Mahomet (Sîra)

Resituons le contexte : Mahomet était dénigré à La Mecque (un certain nombre de Mecquois le pensait d’ailleurs à moitié fou et possédé par les djinns) et sa prétention à être le messager de la nouvelle religion et par là à devenir le chef des Quraychites convertis n’était guère bien perçue : Mahomet appartenait à un des clans respectés de La Mecque (les Banû Hachim) mais cela ne lui conférait pas pour autant de légitimité tribale particulière pour s’arroger le titre de chef de toutes les tribus de La Mecque et de ses environs. S’il n’avait rien à craindre du fait du prestige de son oncle Abû Tâlib, la mort de ce dernier fragilisa sa position à La Mecque et il tenta de se rapprocher d’une tribu établie non loin à Taef, les Thaqîf.

Voici le texte de la Sîra :

« Section : l’Envoyé va à la tribu Thaqîf à la recherche de leur secours

Quand Abû Tâlib mourut, les Quraych outrageaient l’Envoyé d’Allah d’une manière qui ne s’était pas vue durant la vie de son oncle Abû Tâlib. Il partit pour al-Taîf, cherchant secours auprès de la tribu Thaqîf et leur protection son peuple, et aussi pour qu’ils acceptassent de lui ce qui lui venait de Dieu – Très Haut –. Il y alla seul.

Quand l’Envoyé d’Allah arriva à al-Taîf, il se dirigea vers quelques gens de Thaqîf (…). L’Envoyé d’Allah s’asseyait avec eux, les appelait à croire en Dieu, et leur parlait du sujet qui l’avait amené à venir chez eux, à savoir : de lui porter secours pour propager l’islam et de l’aider contre ses opposants parmi son peuple. L’un d’eux alors lui dit qu’il déchirerait la couverture de la Ka’bah si Dieu l’avait envoyé. Le deuxième lui dit : « Dieu n’a-t-il pas trouvé un homme mieux que toi pour l’envoyer ?! » Le troisième lui dit : « Je ne parlerais jamais avec toi si tu étais l’Envoyé d’Allah, comme tu le dis, tu serais trop important que je puisse te répondre, et si tu mentais sur Allah, je ne devrais par parler avec toi. » L’Envoyé d’Allah partit donc de chez eux, désespéré de l’élite de Thaqîf. D’après ce qui m[le biographe Ibn Ishâq]’a été rapporté, il leur dit : « Puisque vous vous comportez ainsi, gardez cela un secret entre nous ». En effet, l’Envoyé d’Allah craignit que cela fût porté à la connaissance de son peuple, ce qui les rendrait plus hardiment insolents à son égard.

Mais ces trois nobles de Thaqîf ne gardèrent pas le secret. Au contraire, ils excitèrent contre l’Envoyé d’Allah leurs hommes insolents et leurs esclaves, qui se mettaient à l’insulter et à le chahuter, en sorte que la foule s’assembla autour de lui et le poussa à se réfugier dans un jardin entouré d’un mur qui appartenait à Utbah ibn Rabî’ah et à Shaybah ibn Rabî’ah qui s’y trouvaient à ce moment. Alors les insolents de Thaqîf qui le poursuivaient le laissèrent tranquille. Il se mit sous l’ombre d’une treille de vigne. Il s’y assit, pendant que les deux fils de Rabî’ah le regardaient et voyaient ce qu’il avait souffert de la part des gens insolents de Thaqîf. (…) Lorsque l’Envoyé d’Allah sentit de la sécurité, il dit, d’après ce qu’on m’a rapporté : « Ô mon Dieu ! Je me plains à Toi de la faiblesse de mes forces, de la pauvreté de mes moyens et du mépris des gens pour moi. Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux ; tu es le seigneur des jugés faibles, tu es mon Seigneur, à qui me confies-tu ? À un étranger qui prendrait un air dur envers moi ? Ou à un ennemi qui serait mon maître ? (…) »

Quand les deux fils de Rabî’ah le virent et aperçurent ce qu’il souffrait, leur lien de parenté s’émut. Ils appelèrent un domestique chrétien qui était à leur service, appelé Addâs, et lui dirent : « Cueille de ce raisin, mets-le dans ce plat, et va à cet homme-là et invite-le à en manger. » (…) Addâs répondit : « Je suis chrétien et je suis un des habitants de Ninive. » L’Envoyé d’Allah dit : « De la ville de l’homme pieux Jonas, fils de Matta. » Addâs lui dit : « Comment connais-tu Jonas, fils de Matta ? » L’Envoyé d’Allah répondit : « C’est mon frère : il était prophète et moi je suis prophète. » Alors Addâs se mit à embrasser la tête de l’Envoyé d’Allah et ses mains et ses pieds.

L’un des deux fils de Rabî’ah dit à l’autre : « Il semble qu’il a corrompu ton domestique ! » Quand Addâs revient à eux, ils lui dirent : « Malheur à toi, Addâs, pourquoi as-tu embrassé la tête, les mains et les pieds de cet homme ? » Addâs répondit : « Mon maître, il n’y a sur la terre aucun homme mieux que lui. Il m’a raconté une chose que ne connaît qu’un prophète. » Ils lui dirent : « Malheur à toi Addâs ! Il ne faut pas qu’il te fasse renoncer à ta religion, car ta religion est meilleure que la sienne. »

Puis, l’envoyé d’Allah partit d’al-Tâ’if et retourna à Makkah, ayant désespéré de la conversion de la tribu de Thaqîf. Lorsqu’il passa par la vallée de Nakhlah, il se mit à prier, au milieu de la nuit. Alors passa devant lui le groupe de djinns que Dieu – Très haut – a mentionné. D’après ce qu’on m’a dit, ils sont au nombre de sept et sont des djinns des habitants de Nisibe (Nasibin). Ils se mirent à l’écouter. Quand il termina sa prière, ils s’en allèrent à leur peuple pour les avertir : ils avaient écouté et avaient répondu affirmativement à ce qu’ils avaient écouté. [Suit une explication de la descente des versets 29 à 31 de la sourate 46 et des versets 1 et 2 de la sourate 72].

Section : L’Envoyé d’Allah propose sa religion aux tribus et leur demande protection

Ibn Ishâq dit : Puis l’Envoyé d’Allah arriva à Makkah. Là, son peuple était en plein désaccord avec lui et en totale opposition à sa religion, à l’exception d’un petit nombre de gens jugés faibles qui ont cru en lui. Durant les fêtes de pèlerinage, l’Envoyé d’Allah proposait sa religion aux tribus arabes, les invitant à croire en Dieu, leur annonçant qu’il était un prophète envoyé d’Allah, leur demandant de croire en sa véracité et de le protéger, afin qu’il leur expliquât ce pour quoi dieu l’avait envoyé. »

  • Conclusion

D’après ce texte, incontesté chez les musulmans, Mahomet ne fut donc pas battu et encore moins lapidé, et ne prononça bien entendu pas les paroles du Christ lors de sa crucifixion (Luc 23, 34 Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font. ») !

Soit c’est une erreur du journaliste qui n’a pas compris ce qu’on lui disait (encore faut-il connaître cet épisode…), soit c’est une erreur monumentale de Ghaleb Bencheikh, doublée d’une projection imaginaire dont l’intention questionne (car il faut avoir beaucoup d’imagination pour aller mettre les paroles du Christ crucifié dans la bouche de Mahomet !) ; à moins que celui-ci fasse référence à un autre texte (mais lequel ? Texte qui serait d’ailleurs à ce moment-là en contradiction avec celui cité ci-dessus).

La version relatée par la Sîra semble tout à fait logique : Mahomet, n’arrivant pas à convertir les Mecquois et ayant perdu l’appui de son oncle décédé, est allé chercher un autre appui dans une tribu vivant dans les environs, sans d’ailleurs parvenir non plus à la convertir. Il est donc retourné à La Mecque. Fin de l’histoire.

Quant à ce récit, il reste un récit religieux, puisqu’il faut garder à l’esprit que la vie de Mahomet n’a commencé à être rédigée que plus de 150 ans après sa mort environ, et que l’historicité du personnage est très discutée compte tenu de la faiblesse des sources fiables du point de vue de l’historien. Marie-Thérèse Urvoy, professeur d’islamologie, d’histoire médiévale arabe et de langue arabe classique, écrit à cet égard : « Dans les chroniques extérieures à l’Arabie et contemporaines de l’émergence de l’islam, Muhammad est seulement signalé comme le chef des bandes armées d’invasion, sans plus de précision ».

Aussi, vouloir considérer la Sîra comme un texte de valeur « historique » et une « preuve » de quoi que ce soit est illusoire. C’est très certainement un mélange d’événements réels et imaginaires, ou du moins dont le récit traduit une visée symbolique et valorisante. D’ailleurs, c’est l’idée que s’en font les musulmans aujourd’hui qui est importante, puisque celui-ci est censé être un modèle à imiter, plutôt que la réalité historique que personne ne connaît.

Ainsi, on retrouve dans le récit ci-dessus, ce qui ne doit guère étonner, certaines « figures » ou certains « mythes » classiques de l’hagiographie religieuse : le prophète incompris de son peuple, dont la raison est obscurcie et le cœur endurci ; le prophète qui ne comprend pas pourquoi Dieu semble l’abandonner ; le prophète qui en revanche parvient à convertir celui qui a le moins de raisons de se rallier à lui puisqu’il a déjà sa religion (le domestique chrétien), conversion qui symbolise par ailleurs la légitimité de Mahomet à prétendre à l’héritage chrétien et juif. De ce point de vue, l’exemple mahométan ne semble pas apporter pas grand-chose de neuf par rapport au judaïsme (cf. Moïse) et au christianisme (cf. Jésus) dont il copie assez largement les précédents.

Le peu de considération de Mahomet pour les femmes

Longtemps soumis à sa première épouse Khadija, Mahomet ne semble ensuite guère avoir eu de grande estime pour ses nombreuses épouses si l’on en croît un hadith authentique (Bukhari) qui rapporte que Mahomet a repris à propos des femmes les paroles de l’Écclésiaste (7, 28) peu favorable aux femmes : « Entre mille hommes, j’en ai trouvé un ; parmi toutes les femmes, je n’en ai pas trouvé une. »

La Tradition (Ibn Majah) rapporte également le propos suivant de Mahomet : « Si une femme fait du mal à son mari, son épouse hourie [ndlr qui l’attend au paradis] ne manque de lui dire : « Dieu te maudisse ! Ne lui fais pas de mal. Il n’est chez toi qu’un homme en asile : il ne tardera pas à nous rejoindre au paradis. » ».

Au temps de la polygamie de Mahomet, seule Aïcha a semble-t-il bénéficié aux yeux de Mahomet d’une perception plus favorable car la Tradition (an-Nasa’i) rapporte qu’il a dit que « la supériorité d’Aïcha sur les autres femmes est comme la supériorité du Tharid sur les autres sortes de nourriture. »

Mahomet, un modèle exemplaire à suivre : vous êtes sûrs ?

La vénération des musulmans pour Mahomet est proverbiale et viscérale, d’où des réactions épidermiques lorsqu’on ose les chatouiller sur ce sujet. Essayons de comprendre pourquoi.

  • L’obéissance due à Mahomet : comment installer son culte de la personnalité

Bien que Mahomet ne soit qu’un simple messager d’un point de vue doctrinal, puisque tout le message qu’il délivre vient d’Allah directement – Mahomet ne fait que répéter (cf. messager) –, Mahomet a su organiser par la religion autour de sa personne un culte de la personnalité destiné à asseoir son pouvoir et son autorité (c’est en tous cas une lecture simple et tout à fait réaliste de l’histoire). Le Coran introduit en effet une quasi équivalence entre obéir à Allah et obéir à Mahomet, et ne semble guère pousser les individus à développer leur esprit critique (cf. critique).

Coran, sourate 2, verset 229. « (…) Voilà les ordres d’Allah. Ne les transgressez donc pas. Ceux qui transgressent les ordres d’Allah sont des injustes. »

Coran, sourate 3, verset 50. « (…) Craignez Allah et obéissez-moi. »

Coran, sourate 5, versets 101&102. « Ô les croyants! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous causeraient du mal. Si vous posez des questions à leur sujet, au moment où le Coran est révélé, elles vous seront néanmoins divulguées mais Allah effacera votre faute à ce propos. Allah pardonne et est miséricordieux. Un peuple avant vous avait posé des questions pareilles puis, devint pour cette raison mécréant. » 

Coran, sourate 24, verset 54. « Obéissez à Dieu ! Obéissez au Prophète ! »

Coran, sourate 33, verset 35. « Soumis et soumises à Allah, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, (…) : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »

Coran, sourate 33, verset 36. « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à son messager est dans un égarement évident. »

  • L’imitation servile de Mahomet

L’obéissance induit naturellement l’exemplarité du chef et donc son imitation. Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, le culte de la personnalité à propos de Mahomet paraît très fort dans la culture musulmane. Mahomet est considéré par les musulmans comme un homme exemplaire à tous points de vue, un modèle pour tout bon musulman, car tout ce qu’il fait lui est inspiré par Allah comme l’indique le Coran :

Coran, sourate 53, versets 2 à 4. « Votre compagnon [ndlr Mahomet] ne s’est pas égaré et n’a pas été induit en erreur et il ne parle pas sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. »

Havre de savoir Humanisme de Mahomet

Havre de savoir Humanisme de Mahomet Extrait

Mahomet étant donc exemplaire en tout, le fait est que les compilateurs musulmans sont allés jusqu’à scruter le moindre geste ou comportement de Mahomet afin de le copier. Les hadiths du Prophète fourmillent de remarques ou de descriptions de cet ordre : tout comportement, toute attitude de Mahomet devient exemplaire, quand bien même elle semble bien éloignée de toute préoccupation religieuse ou spirituelle, Mahomet étant par ailleurs extrêmement superstitieux (ce qui ne cadre guère avec la religion).

Pour donner une idée du degré de détail – qu’on peut avoir peine à imaginer (imagine-t-on les chrétiens ou les bouddhistes noter la façon dont le Christ ou Bouddha faisait leurs besoins ?) – jusqu’où va se nicher l’« imitation de Mahomet » (car si d’infimes détails ont été notés, c’est que cela avait de l’importance en vue d’une imitation : sinon, pourquoi les noter ?), voici quelques hadiths authentiques (« sahih ») sur différentes thèmes (se reporter au bréviaire de l’islam Breviaire pour une vision plus complète).

Hadith (Bukhari) : Aïcha a dit : « L’Envoyé de Dieu m’a enjoint d’employer l’exorcisme contre le mauvais œil ».

Hadith (Bukhari) : Anas dit : « Voici la parole que prononçait le Prophète quand il entrait dans les cabinets d’aisance : « Ô mon Dieu, je me réfugie auprès de toi, contre les démons mâles et femelles » ».

Hadith (Bukhari) : D’après Abû Hurayra, l’Envoyé de Dieu a dit : « Lorsque l’un de vous se chausse, qu’il commence par le pied droit et, lorsqu’il se déchausse, qu’il commence par le pied gauche ; que le pied droit soit chaussé le premier et qu’il soit déchaussé le dernier ».

Hadith (Bukhari) : D’après Abû Hurayra, le Prophète a dit : « Le bâillement vient de Satan : lorsque l’un de vous a envie de bâiller, qu’il y résiste donc de toutes ses forces ; car quand l’homme dit ha ! il fait rire Satan ».

Hadith (Muslim) : D’après Abû Ayyûb Al-Ansârî, le Prophète a dit : « Quand vous allez satisfaire un besoin naturel, ne faites pas face à la Qibla [ndlr direction de La Mecque] ni lui tournez le dos non plus, mais orientez-vous vers l’est ou l’ouest ».

Hadith (Muslim) : D’après Abû Qatâda, le Prophète a dit : « Ne tenez pas votre verge de la main droite en urinant ; ne vous essuyez pas de la main droite après la satisfaction des besoins naturels ».

Hadith (Muslim) : Selon ‘Abû Hurayra, le Prophète a dit : « Que celui qui se nettoie les orifices naturels du corps après les besoins naturels (en usant de l’eau ou de la terre), le fasse à un nombre impair [c’est-à-dire une, trois, cinq, etc. fois] ».

Hadith (Muslim) : D’après Abû Saîd Al-Khudrî, le Prophète, ayant aperçu un crachat sur le mur de la Qibla de la mosquée, prit un caillou pour le frotter. Ensuite, il interdit au fidèle voulant cracher, de le faire devant lui ou à sa droite, mais seulement à sa gauche ou sous son pied gauche.

Hadith (Bukhari, Muslim) : Abdallah ibn Jafar a dit : « J’ai vu l’Envoyé d’Allah manger des dattes fraîches avec du concombre ».

Hadith (Bukhari) : Jâbir a dit : « Le Prophète a interdit de mêler le raisin sec avec des dattes et des dattes vertes avec des dattes mûres ».

Quel sens spirituel donner à cette imitation servile de tous les faits et gestes de Mahomet ?

  • Mais, au fond, en quoi le comportement de Mahomet est-il exemplaire ?

Or si on lit les hadiths et la Sîra, faut-il considérer comme exemplaires les comportements suivants :

–  Appeler et pratiquer le jihad, Mahomet ayant tué lui-même ou fait tuer de nombreux « ennemis » (considérés comme tels dès lors qu’ils ne reconnaissaient pas Mahomet rejetaient sa nouvelle religion) au nom d’une religion « de paix et d’amour » (cf. jihad de Mahomet) ;

–  Pratiquer l’assassinat nominatif de ses opposants, quand bien même il s’agissait d’artistes (poètes, chanteuses,….)  (cf. jihad de Mahomet) ;

Pratiquer la coutume tribale des razzias pour obtenir du butin (cf. butin) ;

Pratiquer avec ses partisans l’esclavage (et donc le viol) avec les femmes capturées à l’occasion des batailles (cf. femmes captives) ;

Chasser ou exterminer (par égorgement) de sang-froid les juifs d’Arabie (cf. extermination des juifs) ;

Multiplier les épouses (jusqu’à 9 en même temps) (cf. 9 épouses) ;

Avoir des relations sexuelles régulières avec une petite fille (Aïcha) à compter de ses 9 ans (lui en ayant 53 et plus) (même pour l’époque, cela n’avait guère l’air fréquent…) (cf. aïcha).

De quelle exemplarité parle-t-on ? Qu’y a-t-il de spirituel dans tout cela ? Où sont l’amour et la paix ? Est-ce bien sur le comportement de cet homme que repose tout l’islam ?

Le mariage temporaire : de l’opportunisme de Mahomet

Mahomet ayant besoin de soutenir le moral de ses troupes dans la guerre a veillé à les satisfaire sexuellement en autorisant le mariage temporaire, la fornication étant interdite. Le mariage temporaire consiste à conclure un mariage pour une durée quelconque afin de rendre licite des relations sexuelles pendant cette durée et ainsi d’échapper à la peine de la fornication.

Hadith (unanime) : « Nous prenions part aux campagnes militaires du Messager de Dieu et nous n’avions pas nos femmes avec nous. Nous dîmes alors : « Pourquoi ne nous faisons-nous pas castrer ? » Mais le messager de Dieu nous l’a interdit et nous a permis d’épouser une femme contre quelque vêtement. »

Hadith (Muslim) : Abû Saîd Al-Khudrî a dit : « Nous partîmes en expédition avec l’Envoyé d’Allah contre les Banû Al-Mustaliq et nous captivâmes un certain nombre de femmes vertueuses. Comme le célibat nous pesait et qu’en même temps nous évitions d’avoir des relations charnelles avec nos captives de peur de perdre le droit de recevoir une rançon contre leur émancipation (au cas où nous les aurions mises enceintes), nous voulûmes donc contracter des mariages temporaires contre compensation, tout en pratiquant le coït interrompu. Nous dîmes, alors : « Agissons-nous de la sorte sans consulter l’Envoyé d’Allah qui se trouve parmi nous ? ». Nous lui posâmes donc la question. Et lui de répondre : « Il n’y a aucun mal à ce que vous agissiez ainsi, car, d’ici au Jour de la Résurrection, tout être dont l’existence aura été prédestinée par Allah, ne manquera pas d’exister ». »

Hadith (Bukhari) : Jâbir Ibn Abdallah et Salama Ibn al-Akwa ont dit : « Nous étions en expédition quand l’Envoyé de Dieu vint nous rejoindre et nous dit : Vous êtes autorisés à contractez des mariages temporaires ; usez de cette faculté ».

Il mit fin a priori à cette pratique – détournement évident de l’interdit de la fornication – lorsqu’il jugea ultérieurement (en 628, soit 6 ans après l’hégire) que la continence sexuelle n’était plus susceptible, compte tenu du renforcement de son armée, de lui porter préjudice militairement.

Hadith (Bukhari) : Al-Hasan Ibn Muhammad Ibn Ali et son frère Abdallah rapportent que leur père Ali a dit a Ibn Abbas : « Le Prophète a interdit le mariage temporaire et la chair des ânes domestiques à l’époque de Khaybar ».

Conclusion : Mahomet savait adapter sa religion pour garder auprès de lui les hommes de son armée : Mahomet conditionnait sa religion à sa stratégie politique. C’est cela qui est clair.

 

Les 9 épouses de Mahomet : le fait du prince

Mahomet n’a pas respecté la règle des 4 épouses qu’il a lui-même énoncée. Pourquoi ?

  • Mahomet a eu jusqu’à 9 femmes en même temps

Mahomet épousa 13 femmes. Il en eut jusqu’à 9 en même temps (en dehors des concubines). La Sîra relate :

« Les femmes que le Prophète a épousées étaient au nombre de treize.
La première épouse fut Khadîja bint Khuwaylid. Elle lui fut donnée en mariage par son père Khuwaylid ibn Asad. Le Prophète lui donna en dot vingt génisses. Khadîja donna naissance à l’ensemble des enfants du Prophète, à l’exception d’Ibrahîm. Avant le Prophète, elle avait été l’épouse d’Abû Hâla ibn Mâlik.
Le Prophète prit aussi pour épouse Aïcha, fille d’Abû Bakr, l’homme de foi. Elle avait sept ans. Il consomma son mariage avec elle à Médine lorsqu’elle avait neuf ou dix ans. C’était la seule épouse vierge que le Prophète ait prise. Elle lui fut donnée en mariage par son père Abu Bakr. Le Prophète lui donna en dot quatre cents dirhams.
Le Prophète épousa aussi : Sawda bint Zam’a ibn Qays. (…) Zaynab bint Jahch. (…) Umm Salama, fille d’Abû Umayya ibn al-Mughîra. (…) Hafça , fille de ‘Umar ibn al-Khattâb. (…) Umm Habîba. (…) Juwayriya, fille d’al-Harîth ibn Abû Dirâr. (…) Çaffiya, fille de Huyayy ibn Akthab, qu’il avait prise comme captive parmi les juifs de Khaybar. (…) Maymûna, fille d’al-Hârith ibn Hazn. (…) Zaynab, fille de Khuzayma ibn al-Hârith. (…)
Voilà les femmes avec lesquelles le Prophète a consommé le mariage ; elles sont au nombre de onze.
Deux d’entre elles, Khadîja bint Khuwaylid et Zaynab bint Khuzayma, décédèrent avant lui. À sa mort, le Prophète laissait neuf veuves (…).
Avec deux des femmes qu’il a épousées, il ne consomma pas le mariage. »

  • Mahomet demandait à ses compagnons de s’appliquer à eux-mêmes  la règle des 4 épouses et donc de répudier les femmes qu’ils avaient en trop

Le Statut de la femme musulmane indique : « L’islam a annulé le mariage avec plus de quatre épouses. Le Prophète a dit que le musulman, une fois converti, s’il avait plus de quatre épouses, devait choisir quatre d’entre elles et divorcer des autres. »

Yusuf Qaradawi rappelle : « L’islam imposa à la polygamie une condition et une limite. Pour ce qui est de la limite, il fixa le nombre maximum d’épouses à quatre. Ghaïlan ath-Thaqfi embrassa l’islam alors qu’il avait dix femmes. Le Prophète lui dit : « Choisis-en quatre et répudie les autres » (rapporté par Ach-Chafi’i, Ahmad, at-Tirmidhi, Abou Maja, Ibn Abi Chaïb, ad-Daraqtani et al-Baïhaqi). Il en fut de même pour ceux qui embrassèrent l’islam en ayant huit ou cinq femmes. »

  • Mahomet s’est-il vu octroyer par Allah un droit exorbitant quant au nombre d’épouses ?

Pour justifier cette absence de respect par Mahomet de la règle qu’il a lui-même édictée, certains font état d’une dispense qu’aurait accordé Allah quant au nombre des épouses. Cet argument est généralement formulé dans les ouvrages musulmans de façon vague, sans référence précise au Coran ou à un hadith (je vous laisse le soin de faire cette expérience en feuilletant de tels ouvrages).

Yusuf Qaradawi écrit : « Quant au mariage du Messager de Dieu qui avait jusqu’à neuf épouses, c’était une permission particulière accordée par Dieu au Prophète, pour les besoins de sa mission durant sa vie et pour qu’elles enseignent à sa communauté après sa mort. » De quelle permission s’agit-il ? quels pouvaient bien être les besoins si particuliers de cette mission qui nécessitaient de multiplier le nombre d’épouses ?

Certains, rares, s’aventurent à justifier la multi-polygamie de Mahomet en référence au verset suivant :

Coran, sourate 33, verset 50 :  « Ô Prophète ! Nous t’avons rendue licites les épouses à qui tu as donné leur mahr, les captives de guerre qu’Allah t’a destinées, les filles de ton oncle paternel et de tes tantes paternelles ainsi que les filles de ton oncle maternel et de tes tantes maternelles – celles qui ont émigré avec toi –, ainsi que toute femme croyante si elle fait don de sa personne au Prophète, si le Prophète veut l’épouser. Ceci est un privilège pour toi, à l’exclusion des autres croyants. Nous savons, ce que nous leur avons imposé au sujet de leurs épouses et de leurs esclaves. Cela de manière à ce que tu ne ressentes aucune gêne. Allah pardonne et est miséricordieux. »

Or la question du nombre d’épouses n’est pas évoquée : il n’est question que du caractère licite ou illicite de l’union. Abdurrahmân Badawî, traducteur de la Sîra, indique : « D’après les commentateurs musulmans du Coran, le privilège donné à Muhammad dans ce verset consiste seulement en ceci : Muhammad a le droit d’épouser une femme qui se donne à lui et qu’il accepte d’épouser, sans qu’il soit obligé de lui donner un mahr [ndlr dot versée par le mari et non par l’épouse]. On cite le cas de Zaynab bint Khuzaymah, appelée Umm al-masâkîn. »

Pour Abdurrahmân Badawî, le fait que Mahomet ait dépassé le nombre de 4 épouses en même temps « était un privilège pour le Prophète seul, à l’exclusion de tout autre croyant, car Muhammad comme prophète et fondateur d’un État politique fut un cas tout à fait spécial et qui ne peut jamais se répéter, étant donné qu’il fut le dernier des prophètes. » On retrouve ici l’idée d’un privilège accordé à Mahomet mais sans qu’on sache ni comment ni pourquoi.

Il semble donc vain de chercher une justification religieuse claire à cette exception, qui relevait très vraisemblablement du fait d’un prince qui s’arrogeait, comme tout prince, les pouvoirs qui lui convenaient.

  • Une explication beaucoup plus simple et de bon sens : avoir un fils légitime

Malek Chebel commente cette situation en faisant preuve de beaucoup plus de réalisme et de bon sens : « Après la mort de Khadija, Mahomet entre en polygamie comme on entre en sacerdoce. Car il est affligé de ne pas avoir eu d’enfant mâle qui aurait pu perpétuer son message. Il entretiendra d’ailleurs ce régime matrimonial jusqu’à sa mort. En 624, elles ne sont pas encore nombreuses, seulement deux : Sawda bint Zama’ et Aïcha. C’est seulement à partir de 625 que le harem prophétique s’enrichit de femmes nouvelles, pas moins de dix, soit des captives de guerre, des concubines ou des mariages « diplomatiques », soit des choix personnels fondés sur la seule subjectivité de l’homme. Mahomet voulait un garçon à tout prix. Chaque union nouvelle est commentée par la proche communauté du Prophète, et aussitôt transcrite dans les tables du hadith. (…) La mort le surprit au moment où il entreprenait de nouvelles démarches. Il n’aura donc pas de successeur légitime, mais seulement une succession croisée à travers sa fille Fatima, femme d’Ali, et mère de Hassan et d’Husayn. Cette course effrénée à la recherche de nouvelles épouses ne s’explique donc que par l’absence d’héritier mâle. »

  • Mahomet, à la suite d’une maladie, était probablement devenu stérile

En effet, la Sîra précise que sa première femme Khadîja fut la mère de tous les enfants de Mahomet, sauf d’un garçon, Ibrâhîm Al-Qâsim, né de Maria la concubine. Mais tous les enfants mâles de Mahomet moururent en bas âge, contrairement à ses filles (Ruqayya, puis Zaynab, puis Umm Kûlthûm et enfin Fatima).

Mahomet n’eut donc aucun enfant d’aucune autre de ses femmes après la mort de Khadîja. Or Mahomet a épousé des femmes en âge d’avoir des enfants, et certaines en avaient déjà eus. Par exemple : Hafça, qu’il épousa en 625 alors qu’elle avait 22 ans environ ; Umm Salama, qu’il épousa en 626 alors qu’elle avait 30 ans environ et qui était déjà la mère de 4 enfants ; Çaffiya et Maymûna devaient avoir probablement au maximum entre 20 et 25 ans puisque l’une est morte environ 41 ans et l’autre environ 51 ans après la mort de Mahomet.

L’explication rationnelle dans ces circonstances est que Mahomet a probablement été atteint de stérilité à partir d’un certain âge, peut-être après une maladie, et qu’il a multiplié le nombre d’épouses dans l’espoir d’avoir des enfants, et surtout un garçon : ce qui n’a rien de choquant d’un point de vue successoral (mais ne résout pas pour autant la question du non-respect du commandement divin).

Si Mahomet n’a pas eu de successeur, n’était-ce pas la volonté d’Allah ?

Comment les Quraychites se moquaient de Mahomet à La Mecque

Mahomet a tenté d’imposer aux Quraychites sa nouvelle religion à La Mecque. Si les réactions naturellement hostiles des Quraychites ont pu susciter certaines violences assez habituelles dans le contexte des mœurs de l’époque, leur gravité est bien inférieure à ce que chacun a en tête lorsqu’on utilise de nos jours et à dessein le terme de « persécutions » (cf. article persécutions à La Mecque).

Pour ce qui est de Mahomet lui-même, s’il a finalement fui de La Mecque au bout de 12 ans de prédication, on ne voit pas bien ce qu’il eut à subir lui-même, si ce n’est les railleries et les moqueries du clan des Quraychites auquel lui-même appartenait. Peut-être peut-on trouver ici une des raisons possibles de l’extrême sensibilité et susceptibilité des musulmans à toute critique de leur prophète compte tenu du souvenir pénible de cette époque de raillerie et de moquerie de leur prophète et de leur religion.

Lisons la Sira : section « La mort d’Abu Talib et de Khadija » [ndlr soit 10 ans après le début de la prédication de Mahomet et 2/3 ans avant l’hégire] :

« Ibn Ishâq dit : Les gens qui outrageaient l’envoyé d’Allah dans sa maison étaient : Abu Lahab, al-Hakam, Uqbah, Adyy, al-Thaqafi et Ibn al-Asda al-Hudali. Ils étaient ses voisins. Aucun d’eux n’a embrassé l’islam, à l’exception d’al-Hakam. D’après ce qu’on m’a rapporté, l’un d’eux jetait sur l’envoyé d’Allah l’utérus d’une brebis pendant qu’il priait, un autre lui jetait dans sa marmite une pierre quand on la lui servait. Par suite de cela, l’envoyé d’Allah était obligé de se protéger d’eux derrière un mur quand il priait. D’après ce que me rapporta Umar sur l’autorité d’Urwab, l’envoyé d’Allah avait coutume, quand on jetait sur lui cette saleté, de la mettre sur une perche et de se tenir debout devant sa porte et de dire : « Ô gens de Banû Abd Manâf ! Quel voisinage est-ce ? ! » Puis il la jetait dans la rue.

Ibn Ishâq dit : « Khadija et Abu Talib moururent la même année. » [ndlr en 619/620] Alors les catastrophes se succédèrent sur l’envoyé d’Allah par suite de la mort de Khadija – qui était son soutien fidèle pour l’islam et c’était à elle qu’il se plaignait –, et la mort de son oncle Abu Talib, qui lui offrit la protection dans sa mission, et l’aida contre son peuple. Cette double mort eut lieu 3 ans avant son émigration à al-Mâdinah. Lorsque Abu Talib mourut, Quraysh fit à l’envoyé d’Allah des outrages qu’ils ne pouvaient pas lui faire durant la vie d’Abu Talib à tel point qu’un insolent parmi les insolents qurayshites l’intercepta et jeta de la poussière sur sa tête.

Ibn Ishâq dit : Hisham ibn Urwah, sur l’autorité de son père, m’a dit : Lorsque cet insolent-là jeta cette poussière sur la tête de l’envoyé d’Allah, l’envoyé d’Allah entra dans sa maison et la poussière était sur sa tête. L’une de ses filles se mit à le nettoyer de la poussière en pleurant. L’envoyé d’Allah lui dit : « Ne pleure pas ma fille car Dieu protège ton père. » L’envoyé d’Allah disait : « Quraysh ne m’avait pas traité de la sorte jusqu’à la mort d’Abu Talib. » »

Jacqueline Chabbi complète : « La thématique de la moquerie est très fréquente dans le Coran de la période mekkoise [1]. La transmission ne pouvait aboutir puisque ses destinataires la rejetaient. Elle se trouvait dans une impasse. C’est pour cette raison que la révélation reflète, à La Mekke, une sorte d’emballement du discours. Celui-ci s’amplifie sans cesse. Il multiplie les récits tout autant que les redites. Les arguments se diversifient et se bousculent comme pour tenter de répondre désespérément à l’échec persistant de Mahomet auprès des hommes d’importance de la cité mekkoise, ses réceptionnaires désignés, les seuls qui auraient pu relayer son message auprès de la tribu tout entière. »

[1] Coran, sourate 52, verset 12 :  « ceux qui s’ébattent dans des discours frivoles » ; Coran, sourate 45, verset 9 :  « S’il a connaissance de quelques-uns de Nos versets, il les tourne en dérision » ; Coran, sourate 45, verset 35 :  « Cela parce que vous preniez en raillerie les versets d’Allah (…) » ; Coran, sourate 18, verset 56 :  « Et ceux qui ont mécru disputent avec de faux arguments, afin d’infirmer la vérité et prennent en raillerie Mes versets (le Coran) ainsi que ce (châtiment) dont on les a avertis ».