La figure de Mahomet : un mythe confus

L’émission de France 2 « Islam » a consacré en mai 2019 deux épisodes à la figure de Mahomet et sa perception en Occident.

  • Mahomet, homme de guerre

La mention de la perception plutôt positive de Mahomet par le romantisme européen ressort de tous les excès du romantisme, bien éloigné par essence des jugements pondérés fondés sur une analyse précise et proportionnée des faits. Mais il est intéressant de noter que le caractère guerrier de l’idéologie mahométane n’est pas contesté dans le court reportage diffusé en début d’émission.

Or, comment un homme de guerre a-t-il pu fonder une religion dont on dit qu’elle serait « d’amour et de paix » ? Mystère…

  • Les contradictions multiples de l’islam

Si la figure de Mahomet a longtemps été imprécise – voire fantasmée – en Occident du fait de la méconnaissance des sources musulmanes, d’accès limité tant géographiquement que linguistiquement, un des intervenants mentionne à juste titre la multitude de contradictions inhérentes aux textes musulmans qui ont aussi pour les musulmans eux-mêmes contribué au flou entourant la nature de l’islam et la personnalité de Mahomet.

  • Les caricatures de Mahomet : toujours le malaise

Si la liberté de conscience et de critique existait vraiment dans la culture musulmane, nul ne devrait voir de raison suffisante pour interdire la moquerie au travers des caricatures de la figure de Mahomet, notamment de la part de ceux qui ne voient dans tout cela que des contes de bonne femme ou de l’opium pour les hommes – comme à Charlie Hebdo –, chacun étant libre de penser ce qu’il veut en matière de religion.

Reste que sur cette question les musulmans, même modérés, ressentent un profond malaise et que les musulmans dans leur ensemble demeurent très « chatouilleux », jusqu’à vouloir de façon insidieuse mais constante instaurer un délit de blasphème en Europe, notamment via la Cour Européenne des Droits de l’Homme (cf. la récente affaire autrichienne https://islametoccident.fr/?p=4865 ).

À quel titre les musulmans prétendent-ils instaurer une censure religieuse en France (alors que juifs et chrétiens ne la réclament pas même si certains propos ou dessins peuvent les choquer) ?

Une réflexion sur « La figure de Mahomet : un mythe confus »

  1. Presque drôle, Mahomet est un personnage flou et central au point d’en être essentiel à l’Islam. L’image donnée de lui par les sources musulmanes sont contradictoires. Il y a là un très gros problème pour les Musulmans. Ils ne peuvent simplement pas savoir qui était ce Mahomet.

    L’étude sérieuse des textes sacrés musulmans est présentée comme commencée par Bède le Vénérable. Cela évite de discuter d’une étude critique du Coran et des autres sources de la foi islamique. La présentatrice lance l’idée et l’un des orateurs dévie en parlant de Bède. C’est une façon d’éviter le sujet à mes yeux.

    Ce travail a été fait pour la Bible. Les Chrétiens y ont survécu. Actuellement et à ma connaissance, ils peuvent répondre de façon argumentée aux critiques. Le problème est de connaître les résultats de cette étude. J’ai vu une vidéo où un converti à l’Islam déclare aux Musulmans que l’Eglise catholique romaine a été fondée par Alexandre le Grand à Nicée avant la naissance de Jésus-Christ. Quelques connaissances historiques permettent de rejeter cette affirmation.

    Pour revenir à votre texte, j’ai aussi noté que l’un des orateurs parle de la crispation de certains Musulmans qui mène à la violence. Je comprends sans approuver du tout cette violence quand je pense à l’existence de contradictions dans les sources musulmanes au sujet de Mahomet. Simplement toucher ces contradictions et les énoncer ne peut qu’être fort mal vécu par ces gens. C’est un des piliers de leur vision du monde qui est menacé par cela.

    Faire de l’humour au sujet de ce personnage est aussi terrible pour ces gens. Mahomet lui-même (selon mes souvenirs) a fait tuer des gens qui se moquaient de lui. Il est posé comme le « bon modèle » à suivre en tout. Ensuite l’humour (Charlie Hebdo est vraiment en dessous de la ceinture), peut provoquer une prise de distance avec le personnage si jamais il est accepté. En résumé, les sources se contredisent sur un personnage qui a fait tuer les auteurs de moqueries qui empêchent d’autres de suivre le bon modèle.

    Le résultat est la possibilité soit à partir de l’étude critique des sources, soit à partir de toute prise de distance par rapport au « beau (?) modèle » de se distancier de l’Islam au point de le quitter.

    J’ai écouté sur YouTube d’anciens Musulmans expliquer pourquoi ils ont quitté leur religion. Les contradictions et incohérences islamiques y sont pour beaucoup.

    Je pense que les Musulmans en sont parfaitement conscients quand ils demandent que toute étude critique, toute critique, toute blague, toute observation de contradiction en Islam, de toute incohérence, de tout mensonge par omission soit déclaré islamophobe car cela provoque ce qu’ils ressentent comme du mépris et que cela est proche de la haine. La crispation puis la violence en deviennent parfaitement naturels malgré la nature fort discutable de leurs liens. Tout cela me mène à l’idée d’une conscience diffuse de l’énorme crise que l’Islam est en train de vivre. L’animatrice parle ici de l’étude sérieuse des textes. Ce serait une façon de sortir de cette crise si l’Islam pouvait supporter ce regard forcément extérieur à lui.

    Je peux comprendre la crispation quand une vision du monde essentielle pour ses porteurs est faible au point d’en être incapable de supporter un regard extérieur sans se sentir menacé. Ce phénomène est en cours en Occident quand il s’agit des Lumières.

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