Le conflit islamo-occidental des civilisations existe bien

L’émission de France 2 « Islam » du 26 juin 2016 consacrée à l’éthique en islam a conduit les intervenants à aborder quelques questions fondamentales sur lesquelles il est utile de revenir et qu’il est intéressant de mettre en perspective par rapport au projet culturel musulman pour le monde tel qu’il ressort des déclarations des grandes organisations internationales musulmanes, en l’occurrence ici l’Organisation Islamique pour l’Éducation, la Science et la Culture (ISESCO en anglais).

  • Remarques sur quelques échanges intéressants

Il ne fait pas de doute que si tous les musulmans étaient aussi intelligents, instruits, mesurés et clairvoyants que les 3 intervenants sur le plateau de l’émission, l’islam ne constituerait pas la menace qu’il représente d’évidence aujourd’hui pour le monde occidental.

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1) D’abord, on ne peut être que d’accord avec l’affirmation de l’absolue liberté de conscience de tout être humain, et donc évidemment avec la liberté d’opter pour la religion de son choix – ou pas de religion – (ce que le Conseil Français du Culte Musulman refuse encore aujourd’hui).

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Ce propos, tout à fait louable, contient par ailleurs un élément important qui distingue l’islam des autres religions, notamment le christianisme ou le bouddhisme, tellement son poids est fort dans la culture musulmane, et qui est certainement à l’origine de sa grande violence : l’idée que l’islam serait d’abord et avant tout un savoir, et non une croyance. Idée absurde mais préoccupation d’auto-justification constante du Coran, celui-ci étant supposé être par lui-même, du fait de sa prétendue inimitabilité, la « preuve évidente » de l’existence d’Allah et de la véracité du texte. Le musulman « ne croit pas qu’il a raison, il le sait » : c’est absolument fondamental à comprendre. Le doute n’est pas possible en islam face à la mécréance.

Dès lors que le musulman est sûr d’avoir raison, le non-musulman est nécessairement dans un égarement profond, dont il est d’ailleurs globalement responsable puisqu’il pourrait se convertir et refuse de le faire : il est donc par le fait coupable et discuter avec lui n’a aucun sens. C’est pourquoi le dialogue inter-religieux islamo-chrétien est une absurdité et pourquoi les politiques ne comprennent rien au prétendu phénomène de « radicalisation », qui consiste ni plus ni moins qu’à remettre à l’ordre du jour l’islam de Mahomet. Cette conception idéologique délétère est le terreau idéal pour le développement de la violence : l’islam nous en apporte tous les jours la preuve.

2) La reconnaissance du conflit de civilisations entre l’islam et l’occident, et la grande ignorance des musulmans de leur propre religion

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L’ignorance par les musulmans de leur religion est immense. L’expérience est absolument élémentaire et réalisable n’importe où : ils ne connaissent pas leurs propres textes.

Mais il est stupéfiant que l’intervenant cite l’exemple du mariage autorisé entre un musulman et une chrétienne comme signe implicite d’ouverture aux autres religions, alors que le mariage inverse – celui d’une musulmane avec un non-musulman – est absolument prohibé en islam puisque l’islam doit toujours être en position dominatrice par rapport à toute religion (les mariages avec des femmes autres que des juives ou des chrétiennes étant au demeurant interdits).

La responsabilité du monde musulman est encore une fois excusée par la colonisation, péché originel et source de tous les maux : depuis « les animaux malades de la peste », on connaît le procédé. Or le wahhabisme est tout simplement revenu indépendamment à la source de l’islam, celui que pratiquait Mahomet : c’est aussi simple que cela. Il suffit de lire la biographie de Mahomet pour s’en rendre compte.

Le problème avec le wahhabisme, c’est qu’il est fidèle à l’islam du Prophète : l’intervenant peut toujours le qualifier d’« extrêmement rigoriste », cela ne veut rien dire et en réalité valide le fait que c’est un islam doctrinalement juste. C’est aussi la raison pour laquelle l’islam de France n’a aucun contre argumentaire à fournir pour lutter doctrinalement contre l’État Islamique. L’islam est par définition en confrontation avec le monde.

3) Les musulmans modérés ne savent pas quoi faire face à la radicalisation

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La radicalisation serait due à l’« agressivité du monde », ce qui permet de réactiver le complexe de victimisation : le seul problème est que seuls les musulmans sortent dans la rue pour tuer.

Quant à la sécularisation des sociétés occidentales, c’est-à-dire l’abandon de la religion comme élément central de la vie, l’islam ne peut pas le tolérer : « un musulman ne peut pas être laïc » comme le rappelait avec justesse et de façon extrêmement directe et claire Hassan II.

  • Le projet communautariste de l’islam pour le monde

Il est intéressant, pour compléter la réflexion, de lire le rapport du sommet de l’Organisation Islamique pour l’Éducation, la Science et la Culture (ISESCO en anglais) qui s’est tenu à Doha en l’an 2000 sur le thème : « Stratégie pour l’action culturelle islamique hors du monde musulman ». Ce document est disponible à l’adresse :

http://www.isesco.org.ma/wp-content/uploads/sites/2/2015/05/StratégieExtVFLR1.pdf

C’est un document assez pénible à lire du fait notamment de son caractère laborieux et répétitif. On sent un effort maladroit et bien peu convaincant (les répétitions ne suffisant pas pour convaincre) pour mettre en avant la possibilité d’une coexistence de l’islam avec les autres populations dans les sociétés occidentales, mais, surtout, on peut y lire la réaffirmation claire de quelques notions fondamentales fondatrices du communautarisme musulman et de sa stratégie culturelle (outre le fait que le communautarisme figure explicitement dans le Coran).

1) La clef de voûte : la communauté musulmane transnationale (« Umma ») et la protection de l’identité islamique

« En croyant fermement que les communautés musulmanes d’Europe forment un élément constitutif important de la Umma islamique répandue et étalée sur une aire géographique extrêmement vaste, l’ISESCO s’est attachée à élaborer cette stratégie orientée vers nos communautés vivant en Occident, et visant à la réalisation de certains objectifs parmi lesquels il conviendrait de citer : (a) Affirmation du rôle de la culture dans la protection de l’identité culturelle des communautés musulmanes établies à l’étranger. (…) (d) Etablissement d’une grille de références et de valeurs islamiques ainsi qu’un tableau d’orientations qui guident les actions et dirigent les activités dans le sens de leur protection contre l’aliénation et l’herméticité. »

Si les chrétiens se pensent chrétiens, ils n’en accordent par moins pour autant une place essentielle et souvent première à leurs racines culturelles nationales ou régionales et au respect de la République laïque. En islam, l’appartenance à la communauté musulmane prime fondamentalement sur toute autre considération, ce qui s’explique naturellement par le fait que le monde est vu sous le prisme premier de la religion, avec un monde musulman d’un côté (le « dar-al-islam ») et un monde non-musulman de l’autre (le « dar-al-harb » ou « territoire de guerre »), perçu comme un monde nécessairement aliénant pour le musulman.

D’ailleurs, l’ISESCO « appelle à prendre conscience des fondements de la paix civilisationnelle islamique, à la protection de l’identité de la civilisation du Musulman contre les méfaits des courants idéologiques, culturels et politiques [présents dans les sociétés occidentales] qui sont incompatibles avec son identité civilisationnelle. »

2) Le rejet de la laïcité

«  Les pays d’accueil [des musulmans immigrés] se transforment en sociétés humaines pluriculturelles, ce qui a conduit les autorités de ces pays à promulguer des lois et établir des programmes pour l’intégration sociale, éducationnelle et culturelle des immigrés. Or, les pays d’accueil sont laïcs et chez eux, ils n’adoptent officiellement que la morale positive. »

Comme déjà vu ci-dessus, le rejet de la laïcité est une des bases de l’islam.

Les lecteurs attentifs constateront que la dernière phrase ne figure pas dans la version disponible à partir du lien ci-dessus. C’est que cette traduction a été modifiée a posteriori puisque je dispose d’une version antérieure (mais pas d’un lien sur le site de l’ISESCO qui permette d’y accéder) où cette phrase figure. Je peux la fournir à tout lecteur qui me la demandera. Un exemple de taqiya qui semble flagrant.

3) La préservation de l’identité musulmane suivante la lettre et l’esprit de l’islam, c’est-à-dire selon la chari’a

L’objectif affiché est de : « de sauvegarder l’identité culturelle des communautés en Occident »

Ainsi « La préservation de cette identité [islamique] exige dès maintenant une éducation islamique appropriée et saine, des programmes judicieusement élaborés ayant pour objet la conscientisation, la culturation, l’orientation, la protection sociale, suivant la lettre et l’esprit de l’Islam. »

On voit bien comment Najat Belkacem se situe dans le droit fil de cette réflexion en introduisant l’arabe à l’école de la République.

Et soyons clairs : « suivant la lettre de l’islam » revient à dire « selon la chari’a ». L’objectif est ainsi de parvenir à l’application de la chari’a en Europe.

  • Conclusion

L’islam de France est-il capable de nous proposer autre chose que des invocations face à des prises de position aussi nettes, incompatibles avec les valeurs de l’Occident ?

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