L’État Islamique est-il l’ennemi principal de l’Occident ?

  • La problématique

Il ne fait guère de doute que l’État Islamique sera vaincu lorsqu’il aura perdu ses soutiens tribaux, politiques et logistiques au Moyen Orient, sauf naturellement si Allah vient à sa rescousse. Cela peut prendre plus ou moins de temps. D’ici là, nous aurons certainement à subir de nouveaux attentats, la terreur faisant partie intégrante de l’islam de Mahomet (comme en atteste clairement sa biographie), celui-ci servant de modèle dans la conduite de la guerre aux courants musulmans fondamentalistes. Il n’y a pas que sur la plage de Sousse qu’on peut se promener avec une kalachnikov ; attention au nudisme. Cela n’anéantira toutefois pas la menace musulmane fondamentaliste dont le drapeau, n’en doutons pas, sera repris par d’autres factions musulmanes. Pour autant, cet ennemi à court terme est-il le plus nuisible aux sociétés occidentales ?

Une opinion peut être de considérer comme l’ennemi véritable d’une civilisation ou, plus modestement, d’une société, tout ce qui en entraîne sa décomposition et ronge ses valeurs fondamentales, ce processus (catalysé par la démographie) prenant du temps mais aboutissant de façon quasi-certaine.

Si la crise migratoire actuelle (dont les médias ne parlent plus guère… ?) pose un problème certain aux sociétés occidentales – en dehors du fait que de nombreux migrants migrent pour des raisons purement économiques et non de sécurité justifiant le statut de réfugié –, c’est qu’elle conduit à l’importation massive d’une culture très différente de la culture des pays d’accueil, d’autant que le culpabilisateur et funeste regroupement familial imposé le droit-de-l’hommisme européen, qui empêche par sa nature contraignante la mise en place d’une politique d’immigration véritablement réfléchie et choisie, n’a pas fini de faire sentir ses effets compte tenu de la proportion significative d’hommes seuls venant en Europe.

La question est donc de savoir, au-delà des discours convenus et de la bienséance apparente, si sur le long terme l’islam « modéré » projette de se fondre dans la société française (ou européenne) ou pas, débat qui, curieusement, ne semble guère avoir été soulevé de façon aussi forte dans le contexte de l’intégration en France d’autres communautés d’Europe ou d’Asie. Question qu’on peut reformuler de la façon suivante : l’islam de France a-t-il l’intention profonde et véritable de s’intégrer à la société française telle qu’elle est ou prétend-il en changer significativement les règles pour imposer sa vision des choses ?

  • La laïcité occidentale et l’islam

La difficulté immédiate soulevée par cette question est que, en dépit de toutes les dénégations, l’islam véritable est fondamentalement incompatible avec la laïcité qui assure un minimum de séparation de la sphère privée et de la sphère publique, puisque cette laïcité rend impossible aux yeux de l’islam la « pratique religieuse » dans toute l’étendue souhaitée (statut des femmes, mariage/divorce et droit de la famille, morale publique, justice, droit pénal, etc.). Comme le déclarait Hassan II à la télévision française : « À partir du moment où on est musulman, on ne peut pas être laïc. ».

Aussi cette laïcité n’est-elle acceptée en réalité que du bout des lèvres, l’islam de France n’ayant d’autre choix tant qu’il est encore trop minoritaire que de « faire avec » comme l’écrit Tareq Oubrou : « L’enjeu [de la vie dans un environnement sécularisé] est capital pour le monde musulman qui n’a d’autre choix que de composer avec le monde tel qu’il est. »

Aussi, ce rejet contenu (pour le moment) des valeurs de la laïcité s’exprime néanmoins concrètement et régulièrement par des « coups de canif » élargissant progressivement les entailles faites à ces valeurs. Citons-en quelques-uns à titre d’exemple :

–  Absence de respect de la loi sur la burqa : il suffit de se promener dans certains quartiers de France pour le constater aisément, le gouvernement actuel étant visiblement incapable de faire respecter la loi ou ne souhaitant tout simplement pas la faire appliquer.

–  Extension de la pratique vestimentaire consistant à porter dans l’espace public des vêtements de culture ostensiblement musulmane (Essayez voir a contrario le bikini ou la jupe un peu courte dans les pays musulmans orthodoxes, où ceux qui s’islamisent comme les Maldives…).

–  Revendication constante et conflits récurrents à propos du port du voile dans les administrations et les entreprises.

–  Demande d’instaurer des horaires distincts pour les hommes et les femmes dans certains espaces publics (ex. piscines). Demandes d’aménagement des cours d’éducation physique à l’école.

–  Revendication de salles de prière ou d’aménagement des conditions de travail pour des motifs religieux (ex. ramadan) en entreprise.

Il est intéressant de remarquer à cet égard que le gouvernement actuel étant soumis à l’influence de certaines organisations, ce point figurait dans le projet de loi El Khomri n°3600 enregistré à l’Assemblée Nationale le 24 mars 2016. Son article 6 stipulait : « Art. 6. – La liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. », ce qui était la porte ouverte à l’obligation pour l’entreprise de devoir satisfaire toutes les revendications religieuses.

Si l’expression parfaitement claire « La liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions (…) » a disparu dans la version finale adoptée le 6 juillet 2016, l’article, dans sa nouvelle rédaction – à dessein assez incompréhensible –, n’a pas du tout refermé la porte et a même renversé la charge de la preuve : « Art. L. 1321-2-1. – Le règlement intérieur peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »

Ainsi, si la pratique religieuse en entreprise n’est plus un droit, c’est en revanche à l’entreprise de démontrer qu’elle pose problème au regard d’obscurs « autres libertés et droits fondamentaux », dont la liste n’est pas donnée, ou au regard du bon fonctionnement de l’entreprise sous réserve d’une certaine « proportionnalité » dont on ne sait pas ce qu’elle veut dire. Et c’est à l’entreprise de « faire la police » en prenant l’initiative d’inscrire ce principe d’interdiction dans son règlement intérieur, contrainte supplémentaire. Bref, de quoi alimenter des contentieux religieux en pagaille.

Quelqu’un peut-il expliquer en quoi la France avait besoin de cela ?

–  Introduction de l’enseignement de l’arabe à l’école au travers de la porte détournée des ELCO, ce qui est pour certains une façon d’introduire la religion musulmane à l’école de la République, car, au-delà d’aspects culturels que l’on retrouve pour toute langue, l’arabe est la langue religieuse par excellence. En outre, il faut avoir conscience que l’arabe est le véhicule privilégié du fondamentalisme. Il est d’ailleurs tout à fait cocasse de constater que l’actuel gouvernement français fait de gros efforts pour introduire l’arabe à l’école en France au moment même où le Maroc décide (février 2016) de son côté de franciser son enseignement.

–  Maintien de l’égorgement comme procédé d’abattage des animaux, procédé épouvantable et qui a pour seul objectif de satisfaire un imaginaire divin selon des rites obscurantistes (le pire d’ailleurs étant que ce procédé n’est pas obligatoire en islam comme une lecture des écrits d’éminents responsables musulmans conduit à le constater).

–  Demandes de repas halal dans les écoles alors qu’une diversité suffisante des plats répond au besoin.

–  Pression pour instaurer un délit de blasphème.

On pourrait également mentionner les cas des migrants mariés avec des mineures (puisque l’islam autorise le mariage d’hommes mûrs avec des jeunes filles, voire des fillettes, sur la base de l’exemple de Mahomet marié à 53 ans à la petite Aïcha alors âgée de 6 ans) dont il va être intéressant de suivre le parcours judiciaire en France.

  • Conclusion

On voudrait bien que l’islam soit en mesure de proposer un modèle de valeurs réellement compatible avec celui des sociétés européennes, mais le peut-il sans être apostat ? Il est quand même curieux que l’islam de France soit encore aujourd’hui incapable de dépasser la pensée magique et le stade des invocations pour formuler une proposition écrite claire et concrète sur ce sujet, depuis toutes ces années que ce débat est soulevé.

Quand on sait que la seule organisation musulmane en charge de cette réflexion, le Conseil Français du Culte Musulman, refuse encore aujourd’hui d’inscrire l’apostasie dans les droits fondamentaux du musulman, est-il encore raisonnable d’espérer autre chose que la taqiya ? L’aveuglement coupable des politiques n’est-il pas la première cause de l’absence de débat sérieux en France sur cette question ? Ne conduit-il pas doucement mais sûrement la France de Louis XIV, de Molière, de Voltaire, de Victor Hugo, et de tant d’autres que tant de pays nous envient, à la « libanisation » et à la disparition de l’esprit français ?

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