L’esclavage en terre d’islam (1)

Arte a diffusé récemment (2019) une série de plusieurs épisodes sur l’esclavage, fort bien documentés. Il est intéressant de revenir sur le premier épisode qui rappelle, à juste titre, que les musulmans ont été de longue date de grands esclavagistes, le Coran justifiant amplement l’esclavage des non-musulmans grâce au bienheureux prophète Mahomet, en particulier des noirs africains qui ont toujours été considérés comme une sous-race dans la culture musulmane.

Un rappel utile à tous les islamophiles « racisés » qui n’ont de cesse de vouloir toujours clouer au pilori l’homme blanc occidental, ex-colonisateur, qui seul mérite d’avoir à battre sa coulpe et à soumettre à la tyrannie des minorités de toutes natures en raison d’égarements qui appartiennent à une histoire passée qu’il est si facile de juger avec les critères d’aujourd’hui. À ce compte-là, il faudrait également jeter aux orties toute l’histoire de l’antiquité où plongent nos racines culturelles.

Nous revenons ici et dans les articles qui suivront sur quelques passages de cette émission particulièrement intéressants.

Religion self-service et ignorance

L’émission interreligieuse diffusée le 25 novembre 2019 sur France 2 était, une fois encore, l’occasion de faire croire au public que toutes les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islamisme) ont le même Dieu et appellent de la même façon à la tolérance et à la paix, au point qu’on pourrait croire que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. La religion devient ainsi un produit self service que chacun arrange à sa sauce : c’est bien commode.

Le summum de la démonstration était constitué par un reportage sur une famille où, de longue date, le père (Gilbert) est chrétien et sa femme (Aïcha) musulmane (on se doute que les couples juif-musulmane ne courent pas les rues…) et dont les trois enfants ont chacun librement choisi leur religion, sans que ceux-ci d’ailleurs justifient leur choix, ce qui aurait été très intéressant, les deux fils ayant choisi comme par hasard l’islamisme et la fille le christianisme.

Les propos tenus par ces parents et leurs enfants (ex. « La laïcité, pour moi, c’est d’accepter tout le monde. La base de la France, c’est quand même… On est quand même des laïcs, quoi. ») font preuve d’une grande et louable tolérance et ouverture d’esprit mais dont on peut penser qu’elle confine surtout à l’ignorance des principes et valeurs élémentaires qui gouvernent le christianisme et l’islamisme.

Mais le clou du spectacle était le moment où, recevant peut-être par hasard un coup de téléphone de la famille algérienne, la belle-soeur d’Aïcha rappelle à sa belle-famille (conformément au contenu du Coran qui soumet la femme à l’homme et établit la supériorité de la communauté musulmane sur toutes les autres communautés humaines) qu’il faut « de préférence que l’homme soit musulman et la femme chrétienne, comme cela, leurs enfants seront des musulmans. » : ben voyons ! Chassez le naturel, il revient au galop !!

La vie de Mahomet selon les sources musulmanes : quel embarras…

France 2 a consacré en avril 2019 deux émissions hebdomadaires du dimanche matin à la vie de Mahomet telle qu’elle ressort des sources musulmanes. Je propose de revenir sur quelques aspects de ces deux émissions assez laborieuses.

  • La Sira d’Ibn Ishâq constitue bien la biographie de référence de Mahomet

J’ai déjà écrit sur ce site à ce propos : on ne peut que conseiller à tous de lire cette biographie disponible en français et dans d’autres langues européennes pour prendre véritablement la mesure du personnage de Mahomet et sortir de la pure invention ou de la projection d’une figure qui n’a pas existé.

  • Mahomet est « le modèle à suivre » pour les musulmans

En dépit des guerres et des atrocités commises par Mahomet selon les sources musulmanes elles-mêmes, Mahomet reste la figure centrale de l’islam et le modèle à suivre.

En réalité, l’impossibilité congénitale des musulmans à voir la réalité mahométane et le refus obstiné de tout esprit critique conduisent nécessairement les musulmans à un surréalisme religieux et hagiographique fondé sur une spiritualité pauvre et un personnage « mythique », de même que certains ont pu restés fascinés par Hitler, Staline, Mao, Che Guevara et combien d’autres figures « mythiques ».

  • L’inculture des musulmans

Quiconque prend la peine d’interroger précisément les musulmans sur la vie de Mahomet, en particulier parmi les musulmans établis en Europe, constate rapidement une profonde inculture, mais qui a au moins l’intérêt de contribuer à excuser que Mahomet puisse encore être considéré comme un modèle.

  • La fuite de Mahomet à Médine

Il est toujours curieux de constater que l’hégire, c’est-à-dire la fuite de Mahomet et de ses compagnons à Médine, constitue en quelque sorte le début de la société musulmane. Se glorifier d’une fuite n’est pas en effet très commun.

En tous cas, il est intéressant, comme le fait un des invités, de ramener cet événement à ce qu’il était réellement : prosaïquement la recherche d’un environnement social et tribal plus favorable pour nouer des alliances guerrières, le message religieux étant tout à fait annexe dans ces circonstances.

  • Les guerres de Mahomet

Alors que les guerres offensives de Mahomet sont un problème central pour une religion prétendument d’amour et de paix, cette question ne fait l’objet que d’un seul échange en fin de deuxième émission. Cela étant, il faut reconnaître que la question est posée, ce qui est loin d’être le cas en général car ce sujet constitue un tabou central de l’islam dans son rapport actuel à l’Occident.

Le premier intervenant qui tente de répondre à cette question sur le comportement de Mahomet lui-même soit n’a pas compris la question, soit la dévie volontairement vers une problématique religieuse postérieure de plus d’un siècle à la vie de Mahomet. C’est le second intervenant qui finalement ose dire les choses : Mahomet et ses musulmans ont pour objectif de faire du monde mécréant un monde musulman, s’il le faut par la force et les guerres pour parvenir à la soumission ou à la conversion des mécréants.

Quoi dire de plus ? N’est-ce pas simple et clair ?

Les quatre premiers califes, prétendument « bien guidés », absents de l’histoire ?

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (https://islametoccident.fr/?p=4814).

« Si nous pouvons discerner l’existence d’une structure de commandement pour la mise en œuvre des premières conquêtes, nous n’avons quasiment aucune information contemporaine concernant les califes de Médine (632-660). Peut-être est-ce dû au millier de kilomètres de montagnes, de steppes et de déserts séparant Médine de villes comme Damas et Bassorah, ou bien aux turbulences de ces années-là, qui pouvaient perturber les voies de communication habituelles. Quelle qu’en soit la raison, les auteurs contemporains des quatre premiers califes – Abu Bakr (632-634), Umar (634-644), Uthman (644-656) et Ali (656-660) – n’ont quasiment rien écrit à leur sujet, et leurs noms n’apparaissent ni sur des pièces de monnaie, ni sur des inscriptions, ni sur des documents. Ce n’est qu’avec le cinquième calife, Muawiya (661-680), que l’on relève les premières preuves de fonctionnement d’un gouvernement arabe : son nom apparaît de fait sur tous les documents officiels de l’État. Posté à Damas en tant que gouverneur de Syrie pendant 20 ans (640-660), Muawiya avait travaillé avec les administrateurs provinciaux locaux et était donc beaucoup mieux placé que ses prédécesseurs – établis dans la lointaine Médine – pour commencer la construction d’un État centralisé, indispensable pour que les conquêtes puissent constituer un héritage durable. Cette politique le rendit cependant impopulaire car de nombreux groupes n’apprécièrent pas beaucoup de devoir renoncer ne fût-ce qu’à une partie de leur butin et de leur autonomie au profit d’un organisme central. »

La fausse « tolérance », cocktail de soumission et de tribut, outil de conquête de l’islam

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (https://islametoccident.fr/?p=4814).

« Les Arabes n’utilisaient pas uniquement la force militaire pour atteindre leurs objectifs. Ils faisaient aussi un usage intensif d’accords garantissant la vie, les biens et les coutumes en échange de la soumission et du paiement d’un tribut.

(…)

L’idée ancienne – et toujours présente aujourd’hui dans la littérature savante – selon laquelle la population autochtone aurait accueilli les conquérants à bras ouverts, est fausse. Ce n’est que rétrospectivement et avec l’intention de s’attirer les bonnes grâces des autorités musulmanes que des auteurs chrétiens donneront une évaluation positive des invasions arabes. Il est cependant vrai que les chrétiens anti-chalcédoniens avaient subi des persécutions de la part des autorités chalcédoniennes à la fin du VIème et au début du VIIème siècle, et il est probable que cela ait incité des éléments des communautés anti-chalcédoniennes de Syrie et d’Égypte à faire des compromis avec le pouvoir quand la période initiale de combats et de pillages fut terminée et qu’il fut devenu clair que les Arabes les laisseraient pratiquer leur propre foi en paix tant qu’ils paieraient un tribut. »

La conquête musulmane : phénomène fortuit, fruit d’une coalition hétéroclite

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (https://islametoccident.fr/?p=4814).

« À mesure que les conquêtes progressaient et que de nouvelles victoires étaient remportées, de nombreux groupes qui n’étaient ni arabes ni musulmans cherchèrent à rejoindre les conquérants. (…) Les historiens musulmans ont tendance à dire que ces collaborateurs non arabes et non musulmans se sont convertis après avoir changé de camp. (…) Cependant, nous apprenons aussi à l’occasion que la conversion n’était ni immédiate ni nécessaire : dans un texte de 680, le moine Jean de Fenek note qu’il y avait « beaucoup de chrétiens, dont certains étaient des hérétiques et d’autres étaient des nôtres » dans les armées musulmanes, et une source musulmane indique de manière explicite que les soldats du Daylam avaient combattu aux côtés des musulmans « sans avoir adopté l’islam ». »

(…)

« Ce schéma correspond à ce que nous apprennent les récits contemporains des premières étapes des conquêtes arabes. De petites incursions aléatoires couronnées de succès ont rapidement entraîné le ralliement de nombreux hommes des tribus arabes. Dans cette perspective, la coalition de Muhammad n’a été que l’un des nombreux groupes qui profitaient du désordre provoqué par le conflit byzantino-perse, même si l’organisation supérieure et l’engagement idéologique ont aidé Muhammad et les siens à devenir le groupe dominant. On reconnaîtra ici une conception accidentelle de l’histoire, faite de réponses humaines faillibles à des événements aléatoires. Cette conception n’a cependant pas beaucoup d’adeptes. En général, on propose un éventail de facteurs d’attraction et de rejet, et pour la conquête arabe, les facteurs les plus populaires sont l’accès facile aux butins en raison de la faiblesse des empires byzantin et perse (du côté attraction), et l’appauvrissement économique et environnemental de l’Arabie (du côté rejet). »

Les conquêtes arabes sans l’islam

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (https://islametoccident.fr/?p=4814).

« À la lecture des sources contemporaines consultées, la coalition arabe de Muhammad n’était, dans les années 620 et au début des années 630, que l’un des nombreux groupes arabes qui essayaient de tirer profit du relâchement provoqué par l’obsession des empires perse et byzantin à se faire la guerre. Aux marges de ces empires, les incursions étaient déjà endémiques dans les années 620, et il est probable que certains opportunistes aient tenté de s’enrichir en profitant de la situation politique chaotique encore après le début des conquêtes arabes musulmanes, à la fin des années 630. (…) En bref, s’il existe suffisamment permettant d’infirmer la version « officielle » des historiens musulmans du IXème siècle et d’affirmer que les conquêtes arabes n’ont pas été uniquement le fait de Muhammad, il demeure très difficile de connaître les objectifs et identités des autres chefs ayant mené des expéditions dès avant, et pendant celles menées par les troupes de la coalition formée par les partisans de Muhammad. Il est clair que les conquêtes arabes auraient eu lieu sans Muhammad et sans l’islam mais, comme je vais tenter de le montrer, elles n’auraient sans doute pas engendré une nouvelle civilisation. Réciproquement, l’islam ne se serait probablement pas répandu si loin, et certainement pas si vite, sans les conquêtes arabes, dont le succès persuada les Arabes qu’ils étaient favorisés par Dieu. »

Les guerres et les massacres perpétrés par les arabo-musulmans : l’exemple de Césarée

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (https://islametoccident.fr/?p=4814).

La violence marque dès l’origine le monde arabo-musulman, Mahomet n’ayant guère été avare en ce domaine si l’on en juge par sa biographie (écrite par des musulmans) qui égrène précisément la liste des guerres ou razzias qu’il a conduites ou ordonnées. Pourtant, les partisans de l’islam en Occident continuent à mentir effrontément dans ce domaine et à nier vigoureusement cette évidence aveuglante. Robert Hoyland cite plusieurs exemples avérés dans son livre, comme celui de Césarée.

« Césarée, comme toutes les villes de la côte méditerranéenne, avait eu beaucoup moins de contacts avec les Arabes que les villes de l’intérieur des terres proches du désert syrien. Ses habitants étaient pour la plupart de la même confession que les habitants de Constantinople et que l’empereur : ils étaient chalcédoniens, suivant les principes adoptés au concile de Chalcédoine en 451, et parlaient le grec plutôt que l’araméen ou l’arabe. En outre, en tant que capitale provinciale, Césarée disposait d’une légion basée dans la ville : il était probable qu’elle se défendrait. Conscient du défi que représentait la prise de cette ville, le nouveau commandant des forces arabes en Syrie, Muawiya ibn Abi Sufyan, avait fait acheminer vingt-sept engins de siège qui lancèrent des pierres jour et nuit. Cette opération dura de décembre 640 à mai 641, jusqu’à ce qu’une brèche apparût  dans les solides murs de l’enceinte de la ville. Comme les combattants avaient refusé avec obstination de se rendre, Muawiya décida de massacrer pour l’exemple les 7.000 hommes stationnés dans la ville – moins ceux qui avaient réussi à s’échapper par bateau vers l’Asie mineure. »

Mahomet : un chef de guerre avant tout

Robert Hoyland, professeur aux universités d’Oxford, Saint Andrews et UCLA, enseigne aujourd’hui à l’université de New York. Spécialiste de la civilisation islamique et du monde syriaque, également archéologue, il vient de publier aux éditions Alma « Dans la voie de Dieu », livre très intéressant consacré à la conquête arabe et à la création d’un empire islamique aux VIIème et VIIIème siècles.

Je vous propose de revenir dans une courte série d’articles sur quelques-uns des aspects abordés dans ce livre.

Mahomet était fondamentalement un chef de guerre que les caprices de l’histoire et sa bonne fortune ont porté à un niveau de renommée inattendu, en particulier en ce qui concerne la connotation religieuse qu’il prétendit donner à son aventure, car si l’historiographie musulmane en appelle aux armées des anges célestes lors de certaines batailles, le simple bon sens nous enseigne en réalité que Mahomet n’échappa pas au principe élémentaire selon lequel « Dieu est toujours du côté des gros bataillons » (ce qui n’exclut pas par ailleurs d’avoir de la chance), principe qu’il fit sien notamment au travers de la recherche d’alliances tribales.

« Muhammad n’était pas un personnage très important pour le monde extérieur avant sa mort, et nous ne disposons par conséquent pas de sources contemporaines extérieures au monde musulman pour bien connaître sa vie. (….) Il conclut à Médine un accord avec plusieurs groupes pour créer une communauté unique (« umma »), dédiée au « combat dans le chemin de Dieu » (« jihad fi sabil Allah »), c’est-à-dire, pour sa cause, contre ses ennemis païens.  Tous ceux qui jurèrent fidélité à cet accord durent contribuer à l’effort de guerre et soutenir les autres membres de l’umma. Après avoir créé cette entité politique à Médine en 622, Muhammad lança plusieurs attaques contre des tribus et peuplements voisins afin de les recruter pour sa mission. Il persista également dans sa tentative de rallier les habitants de La Mecque et y parvint finalement en 628 en combinant guerre et diplomatie. Il scella l’accord en épousant la fille d’Abu Sufyan ibn Harb, l’un des hommes les plus puissants de la tribu de Muhammad, à savoir les Qurayshites. Après avoir consolidé l’alliance entre les Mecquois et les Médinois, Muhammad se mit en route pour inclure une troisième ville dans la coalition : la fertile oasis de Taïf, dominée par la tribu de Thaqif. Cette opération, achevée en 630, fit de ces trois villes et de leurs tribus alliées une formidable force de combat. Il est difficile de dire quelles étaient les intentions de Muhammad à ce stade. Les auteurs musulmans postérieurs, et à leur suite les historiens modernes,  présument qu’il était résolu à dominer le monde depuis le début, mais il est hautement improbable qu’il ait espéré diffuser son message aussi loin dès le départ. »