Attentats du Sri Lanka contre les chrétiens : quel lien avec l’islam ?

  • Les attentats

Le dimanche 20 avril, 3 grands hôtels de luxe mais surtout des églises chrétiennes – en pleine célébration de la messe de Pâques – ont été la cible d’attentats, faisant environ 250 morts et des centaines de blessés. Le groupe État Islamique a revendiqué ces attentats.

Les autorités recherchent encore des dizaines de suspects de ce qui semble avoir été un réseau très structuré et lié, au moins idéologiquement, à l’État Islamique (et pas à Al-Qaida). Globalement aisés, ses membres ont visiblement agi pour des motifs idéologico-politiques et non pas par « révolte » contre une société injuste à leur égard. Dans une déclaration, ils souhaitent que le Sri Lanka soit géré par la chari’a, bien qu’il n’y ait que 10% de musulmans dans ce pays (et 7% de chrétiens), mais cette présence minoritaire peut suffire à revendiquer le statut de « terre d’islam ».

  • Comment justifier l’assassinat de chrétiens au nom de l’islam : rappel de la doctrine musulmane

Au-delà d’une motivation vengeresse liée aux assassinats de musulmans à Christchurch en Nouvelle-Zélande, il est utile de rappeler les justifications religieuses autorisant les musulmans à tuer des chrétiens conformément aux principes de l’islam énoncés par Mahomet.

Les textes sacrés de l’islam appelant à la haine envers les chrétiens sont indubitables et nombreux, et s’expliquent par le fait que les chrétiens sont coupables aux yeux des musulmans du plus terrible des crimes : l’associationnisme, consistant à associer à Dieu d’autres divinités en niant ainsi l’unicité divine. Cette accusation est justifiée en islam vis-à-vis des chrétiens en raison du dogme trinitaire qui, selon la compréhension de l’islam, crée deux autres divinités à côté de Dieu : le Christ et le Saint Esprit. Le « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site vous permet de prendre connaissance de l’essentiel des passages consacrés aux chrétiens dans les textes sacrés de l’islam.

La filiation idéologique à l’État Islamique des auteurs des attentats remet en avant l’argumentaire religieux développé en particulier dans le neuvième numéro de la revue de l’État Islamique « Rumiyah » (mai 2017). Je propose ici une synthèse pour en expliquer la logique.

  • Principe général : tuer les associateurs partout où ils se trouvent

L’islam contient des passages très clairs que citent naturellement les fondamentalistes pour exercer une violence légitime selon les principes de l’islam contre les juifs et les chrétiens.

Coran 9, 29 : Combattez [par les armes] ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre [c’est-à-dire essentiellement les juifs et les chrétiens], jusqu’à ce qu’ils versent la capitation [impôt spécial payé par les mécréants] par leurs propres mains après s’être humiliés.

Coran 9, 5 : Après que les mois sacrés ont expiré, tuez les associateurs partout où vous les trouvez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat [c’est-à-dire suivent les lois de l’islam], alors laissez-leur la voie libre car Allah est pardonneur et miséricordieux. [Historiquement, ce texte s’applique d’abord aux polythéistes de La Mecque opposés à Mahomet mais est également utilisé depuis contre les chrétiens]

  • Exception : l’associateur peut être protégé s’il se soumet à l’autorité de l’islam dans le cadre d’un contrat dit de « protection » ou de « sécurité »

Les associateurs ne peuvent rendre leur sang inviolable que dans le cadre d’un contrat/pacte de soumission/protection appelé « dhimmah » ou d’un autre contrat ad hoc de sécurité contracté avec les musulmans, qui soumet l’associateur au paiement d’un tribut en échange principalement d’une protection qui lui assure la vie sauve en terre d’islam. Les associateurs ayant signé de tels pactes sont respectivement appelés « dhimmiyyin » et « mu’ahadin ». Le statut particulier de « dhimmi » s’applique tout particulièrement aux juifs et aux chrétiens. Dans ce cas, le sang de l’associateur ne doit pas être répandu et le musulman qui le fait sans raison est punissable.

Hadith Bukhari n°3166 : D’après Abdallah Inb Amr, le Prophète a dit : « Quiconque [parmi les musulmans] aura tué un tributaire ne sentira pas l’odeur du paradis ; et pourtant cette odeur se fait sentir à la distance de quarante années de marche. »

  • Les chrétiens du Misr sont des combattants (dans le contexte des actions menées notamment contre les Coptes, ceci valant également dans les autres régions du monde considérées comme terre d’islam)

L’État Islamique considère que les chrétiens résidant dans le « Misr » (Égypte) sont des mécréants qui « combattent » l’islam, le combat pouvant être militaire mais aussi et simplement idéologique : ils possèdent des armes ; ils font pression ou agressent ceux d’entre eux qui se convertissent à l’islam pour qu’ils reviennent au christianisme ; ils collaborent avec les forces qui luttent contre le fondamentalisme musulman (armée, police, services secrets). En conséquence, ils rompent de fait leur pacte de soumission et ne peuvent donc plus se prévaloir de la protection accordée dans ce pacte conformément à que prévoit le Coran :

Coran 9,12 : Si, après le pacte, ils [les mécréants] violent leurs serments et attaquent votre religion [celle des musulmans], combattez [par les armes] alors les chefs de la mécréance – car ils ne tiennent aucun serment – ; peut-être cesseront-ils ?

Coran 9, 14 : Combattez-les. Allah, par vos mains, les châtiera, les couvrira d’ignominie, vous donnera la victoire sur eux et guérira les poitrines d’un peuple croyant.

Une attention particulière est portée aux prêtres et moines comme leaders idéologiques dans la lutte contre l’islam. En effet, les prêtres et les moines (qui ne se limitent pas à une vie recluse mais se mêlent à la population) sont considérés parmi les plus actifs à diffamer l’islam.

Coran 9, 31 : Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme seigneurs en dehors d’Allah, alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils Lui associent.

Dès lors que le pacte conclu avec l’islam est ainsi considéré comme rompu, même les églises ne sont plus considérées comme des sanctuaires. Rien de ce qui appartient aux mécréants n’est plus sacré et tout peut être détruit (cf. la bataille de Khaybar menée par Mahomet).

En revanche, dans ces populations chrétiennes considérées comme combattantes, les enfants, femmes et personnes âgées, lorsqu’ils ne portent pas les armes, ne sont pas tués mais simplement réduits en esclavage. Ceci n’est naturellement possible que s’il est possible de les séparer des combattants.

Hadith Bukhari n°3012 : As Sa’b Ibn Janththâma a dit : « Le Prophète passa une fois avec moi à côté d’al-Abwâ, ou  de Waddân ; on lui demanda ce qui l’en était lorsque, dans une attaque nocturne contre des ennemis associants, des femmes et des enfants étaient frappés. Ces femmes et ces enfants, répondit-il, font partie des ennemis. »

  • Les juifs ne valent pas mieux que les chrétiens

L’islam fondamentaliste rassemble dans sa haine chrétiens et juifs pour au moins 5 raisons mentionnées par l’État Islamique :

1.Leur associationnisme

Coran 9, 30 : Les juifs disent : « Uzayr [référence peu claire à un personnage de la Torah et sujette à interprétation] est fils d’Allah » et les chrétiens disent : « Le Christ est fils d’Allah ». Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils de la vérité ?

2.Leur idolâtrie

3.Leur incrédulité alors que le message d’Allah leur a été clairement exposé

4.L’avertissement d’Allah à l’encontre des juifs et des chrétiens

Coran 2, 120 : Ni les juifs, ni les chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi [musulman], jusqu’à ce que tu suives leur religion. Dis : « Certes, c’est la direction d’Allah qui est la vraie direction ». Mais si tu suis leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu n’auras contre Allah ni protecteur ni secoureur.

Coran 5, 51 : Ô croyants ! Ne prenez pas pour alliés les juifs et les chrétiens. Ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.

5.Leur prétention mensongère à guider les populations

Coran 2, 111 : Et ils ont dit : « Nul n’entrera au paradis que juifs ou chrétiens. » Voilà leurs chimères. Dis : « Donnez votre preuve, si vous êtes véridiques ».

Coran 2, 135 : Ils ont dit : « Soyez juifs ou chrétiens, vous serez donc sur la bonne voie. » Dis : « Non, mais nous suivons la religion d’Abraham, le modèle même de la droiture et qui ne fut point parmi les associateurs ».

Coran 5, 18 : Les juifs et les chrétiens ont dit : « Nous sommes les fils d’Allah et Ses préférés. » Dis : « Pourquoi donc vous châtie-t-il pour vos péchés ? » En fait, vous êtes des êtres humains d’entre ceux qu’il a créés. Il pardonne à qui Il veut et Il châtie qui Il veut. Et à Allah seul appartient la royauté des cieux et de la terre et de ce qui se trouve entre les deux. Et c’est vers Lui que sera la destination finale.

  • Conclusion

Force est de reconnaître que toutes les citations figurant dans la propagande de l’État Islamique sont exactes, non tronquées, et ne sont pas citées manifestement hors contexte. Il n’y a pas de détournement des textes sacrés de l’islam comme certains le clament haut et fort sans jamais d’ailleurs en apporter la preuve.

L’argumentaire théologique de l’État Islamique est ainsi d’une grande solidité du fait de sa conformité à l’islam prêché par Mahomet lui-même en son temps et à ses actions (cf. batailles, meurtres, mise en esclavage, viols). Ce constat ne constitue bien évidemment en aucun cas une justification du terrorisme musulman, ni une quelconque incitation à perpétrer de tels actes : c’est simplement un rappel de la réalité indubitable de la violence pratiquée par Mahomet. A contrario, les déclarations des musulmans d’aujourd’hui vantant le modèle mahométan constituent, elles, un appel clair à la haine et devraient être poursuivies comme telles par la justice, de la même façon que ceux qui prennent Hitler comme modèle et le clament haut et fort.

On comprend ainsi aisément pourquoi le contre-argumentaire qu’avait promis l’islam de France au précédent gouvernement Valls ne verra jamais le jour : il faudrait pour cela renier le Coran et les autres textes sacrés de l’islam ! Ainsi, lLa gesticulation pacifiste de l’islam de France lors de la phase critique des attentats en France avait pour objectif essentiel d’essayer de calmer les esprits en dédouanant l’islam de sa responsabilité alors que l’on comptait les morts par centaines et les blessés par milliers, rien qu’en France.

En réalité, pour connaître en profondeur la réalité de la doctrine musulmane, il est de beaucoup préférable de se reporter aux écrits des fondamentalistes comme l’État Islamique ou aux prêches des imams orthodoxes d’Arabie Saoudite plutôt que vers les écrits insipides et mensongers des représentants de l’islam de France qui nient coûte que coûte et en dépit des évidences la réalité de l’islam de Mahomet.

Dalil Boubakeur : un curieux personnage

On sait que Dalil Boubakeur ne recule devant rien. Il vient de se distinguer encore une fois par sa mauvaise foi et ses mensonges à l’occasion de la publication du « manifeste contre le nouvel antisémitisme ». M. Boubakeur ne répond jamais sur le fond, se contentant des habituelles incantations que la simple lecture du Coran suffit à démystifier.

Manifeste antisemitisme Boubakeur

D’ailleurs, sa position quant au lien entre islam et violence, nié vigoureusement aujourd’hui, semblait tout autre il y a quelques années.

Boubakeur 2011

Jules Monnerot : un grand prophète !

Jules Monnerot, sociologue français, publia pour la première fois en 1949 un livre important : « Sociologie du communisme ».

Dans cet ouvrage, Jules Monnerot analyse notamment la proximité idéologique entre l’islam et les grands totalitarismes du XXème siècle, principalement le communisme, qualifié d’« islam du XXème siècle ». La clarté et la profondeur de son propos, alors que le monde est à cette époque à peine sorti de la deuxième guerre mondiale, que Staline règne en maître et que l’islam n’a pas encore la place qu’il a acquise de nos jours en Europe suite aux vagues d’immigration massives (Afrique du Nord, Turquie, Pakistan, etc.), justifient amplement qu’on y revienne aujourd’hui, la clairvoyance de nombre de constats et la description prémonitoire des difficultés que nous connaissons à cette heure en Europe étant impressionnantes, ceci présageant bien mal de l’avenir de cette Europe d’aujourd’hui, dont une part est devenue déracinée, décervelée et hébétée.

  • La confusion du religieux et du politique

Avec beaucoup de bon sens, Jules Monnerot rappelle une évidence : la confusion du religieux et du politique dans l’islam (pratiquée d’ailleurs depuis toujours dans les pays musulmans), caractéristique qu’il étend au communisme.

« L’islam nous a légué le modèle d’une société où le politique et le sacré sont confondus. Le Coran était la règle indissolublement religieuse, politique et civile. Les infidèles ne pouvaient être que des tributaires. Ils étaient objets de l’histoire et du droit, non sujets. L’empire ottoman se contenta de leur prendre leurs enfants pour en faire des janissaires. Pendant la grande période conquérante, ce qu’il y avait dans l’islam d’État, au sens que nous donnons à ce mot, participait de la doctrine sacrée du prophète, était le corps, la chair et la vie de la doctrine. »

« Cette confusion du politique et du religieux fut une des caractéristiques majeures du monde islamique : elle permet à des chefs d’État d’agir en dehors des frontières de leurs États en tant que « commandeurs des croyants » (Emir al muminim). Ainsi des khalifes ont disposé d’instruments dociles, d’âmes damnées, partout où il y avait des hommes qui relevaient de leur autorité. Les frontières territoriales, par lesquelles certains de leurs sujets semblent leur échapper, ne sont que des obstacles matériels (…). »

« De manière assez comparable à ce qui se produisit lors de l’apparition de l’islam, le « communisme » se présente à la fois comme religion séculière et comme État universel. (…) Religion séculière, il draine les ressentiments, organise et rend efficace les impulsions qui dressent des hommes contre des sociétés où ils sont nés, il travaille obstinément à entretenir, favoriser, accélérer cet état de séparation d’avec elles-mêmes, et de sécession d’une partie de leurs forces vives qui précipite les rythmes de la dissolution et de la destruction. »

« Ces religions n’ont pas de frontière. La Russie soviétique, qui n’est que le centre géographique d’où rayonne l’expansion communiste, ne peut admettre de frontières que provisoires. Les frontières de l’expansion russe ne tracent jamais à cet « islam » en marche que des limites temporaires. Le communisme, comme l’islam conquérant, ignore la distinction du politique et du religieux (…). »

  • Comment se présenter comme « la » vérité

Pour la Russie communiste, comme pour l’islam, il n’existe d’autre vérité que la sienne. La transposition entre communisme/marxisme, national-socialisme et islam coule de source, l’ « Oumma » (communauté des croyants musulmans) étant une sorte d’équivalent de la « patrie » totalitaire.

« Pour l’homme cultivé d’Europe ou d’Amérique, s’il n’est pas communiste, le communiste est un fanatique religieux au service d’un empire en expansion qui tend à la domination mondiale. Aux yeux des communistes, il n’en est pas ainsi : l’avènement du communisme est « ce qui doit arriver » : toute l’histoire, tout le passé humain ne prend de sens que par ce fait futur. Le communisme est en marche. La religion n’est religion que pour les autres. Pour le religionnaire, elle n’est que la forme la plus haute de la vérité. Aux yeux du vrai croyant, il n’y a plus de Russie, mais ce croyant ne croit pas qu’il est croyant : il est en possession de la vérité, c’est-à-dire qu’il prend « ce qui le possède » pour la vérité. On le voit saisi pour cette « vérité » d’un attachement actif que la vérité (dans la science) n’a pas coutume d’inspirer, et qu’elle ne demande pas. Le communisme est une confession et cette confession a quelque chose comme une patrie ; de ce fait, une telle patrie n’est pas une patrie comme les autres. Le communisme est à la Russie soviétique comme à l’empire abbasside la religion islamique : ce n’est qu’une comparaison, mais nécessaire : le communisme n’est pas un « parti nationaliste étranger », c’est une secte religieuse de conquérants du monde pour qui la Russie n’est que la position fortifiée à partir de quoi on livre bataille. »

« Le marxisme est pour le présent une doctrine de la prédestination sociologique (…) et, pour le futur, un messianisme de l’espèce humaine. C’est que, hors du prolétariat, il n’est point de salut. Tout se passera sur terre. Le peuple élu, le prolétariat opprimé verra le châtiment de ses oppresseurs. (…) Mais il ne s’agit pas d’attendre la réalisation de la promesse : il faut y travailler. Et des échecs, il n’y a jamais que cette conclusion à tirer : le moment n’était pas venu, les temps n’étaient pas mûrs. » (discours rappelant étonnamment celui de l’État Islamique)

« En tant qu’« islam », et l’entreprise russe communiste, et l’entreprise pangermaniste « aryenne » ont subordonné en principe le monde entier qu’elles veulent régir à cette « participation mystique » d’une « orthodoxie » et d’un peuple historique (surtout de la suprême élite de ce peuple, en qui s’incarne la « race » dans le système hitlérien, et la doctrine marxiste, c’est-à-dire la « science », dans le système russe). » (en dépit de la visée universelle de l’islam, rappelons la primauté et le prestige de la branche arabo-musulmane – descendante de Mahomet – ainsi que la prétention scientifique de la doctrine musulmane, le Coran étant prétendument un livre explicite sur toutes choses et qui se trouve à l’origine de tout, d’où les élucubrations hallucinantes de certains imams)

« Dans le national-socialisme allemand, comme dans le communisme, il y avait conjonction d’une tyrannie politique, d’un « islam » [conjonction conquérante d’une religion et d’un peuple], et d’une « doctrine de la prédestination ». » (cf. les visions eschatologiques de l’islam, fréquemment invoquées par les fondamentalistes musulmans pour justifier la violence dans le cadre d’un châtiment divin intervenant dès ici-bas) 

  • Une idéologie névrosée

Islam et communisme mobilisent à leur profit névrose, frustration et irrationalité pathologique affective, mais les Occidentaux ne comprennent pas qu’on ne lutte pas naïvement contre ce type d’idéologie avec les seules ressources de la saine raison, du bon sens ou de l’enrichissement matériel par l’élévation du niveau de vie économique. Nous sommes par-delà le bon sens et la raison.

« Le marxisme peut être utilement comparé aux conséquences névrotiques qui se développent à partir d’un traumatisme affectif : il y a rationalisation de l’expérience, naissance d’une Weltanschauung et d’une praxis qui se développent à partir de l’événement traumatisant (le drame de la prolétarisation). » (transposé en France aujourd’hui en drame de la colonisation et dont il s’agit maintenant de se se venger, ce droit à la vengeance étant exercé au nom de la « victimisation » dans tous les domaines, et en particulier dans celui de la liberté d’expression qu’il convient de bâillonner afin de l’empêcher de s’élever contre le changement de civilisation qui s’opère)

« (…) les voies invisibles par lesquelles le nouvel « islam » draine les ressentiments du monde dont il a juré la perte ; des armes, d’une efficacité meurtrière pourtant sans précédent, peuvent être désarmorcées grâce aux techniques lentes de drainage des ressentiments et de dérivation des agressivités. »

« On n’a pas besoin de partager toutes les vues de Freud sur l’inconscient pour lui accorder qu’en pareil cas les motivations réelles sont hors de portée, c’est-à-dire que le communiste continue à être communiste tout comme l’obsédé individuel continue à être obsédé en dépit des arguments qu’on lui donne, et qui « devraient » faire évanouir son obsession – si, précisément, il n’était un obsédé. Le domaine de la communication des idées est un domaine limité. L’anomalie mentale ou la religion séculière continuent des barrières contre lesquelles se heurte notre désir de communication universelle. Les fondements d’une fraternité humaine fondée sur l’intelligence sont alors battus en brèche. »

« Ce qu’on nomme idéologie n’est rien d’autre qu’un système passionnel ou délirant, collectif. (…) Le communisme du religionnaire communiste est d’ordre « symptomatique », il a un autre sens que le sens intellectuel ; il représente en fait tout autre chose que ce pour quoi il se donne ; en ce sens par rapport à un tel « sujet », le « communisme » est un « syndrome ». On voit jouer avec une très grande netteté le mécanisme bien connu de la passion : tout ce qui est affecté d’une valeur est entraîné dans l’orbite de l’« objet » aimé et se met à participer de cet objet (c’est la « cristallisation ») ; on adhère au marxisme parce qu’il est « vrai », ou « scientifique » ; on soutient l’Union soviétique parce qu’elle est « socialiste », qu’elle est une « société juste ». Le communisme et le communiste ont réponse à tout. (…) Chez le religionnaire se manifestent exclusivisme et monomanie ; l’activité du sujet se concentre et s’unifie tandis qu’elle concourt avec un grand nombre d’activités de même nature dirigées dans le même sens. Les énergies accumulées tendent à ne se décharger que dans un sens. Le « blocage de l’esprit sur un petit nombre d’idées », favorable au succès pratique, s’accompagne souvent de « manifestations de mythomanie généralisée et contagieuse » et de rêves éveillés d’extermination. Des représentations qu’aucun démenti de l’expérience ne peut réduire soumettent les faits à une déformation systématique, les infléchissant et gauchissant toujours dans le même sens. Il y a confusion partielle du désir et de la réalité : on ne fait plus le départ entre ce qui est et ce qu’on voudrait qui soit, entre la formation du réel par les actes des hommes et la formation des idées sous la pression du désir. »

« La vie moderne, surtout dans les grandes villes, est vulnérante : il y a un point à partir duquel l’homme frustré, quelles que soient les apparences dociles qu’il garde, est un homme irréconciliable. Il ne pourra plus être un révolté les ressorts de la révolte sont brisés. (…) Les religions séculières qui les agglomèrent les réintroduisent dans la social et les arrachent à la déréliction. (…) Il arrive que l’homme frustré, à partir du point où il est devenu incapable à la fois de révolte et de réconciliation, « tire un trait », comme celui qui sépare du résultat les chiffres d’une addition. Le compte en est arrêté, le montant en est trop élevé pour pouvoir être réglé dans ce monde comme il va. Ce qui a offensé l’offensé, humilié l’humilié, est devenu inexpiable. (…) L’homme irréconciliable, tiré désormais à un nombre suffisant d’exemplaires, est prêt à placer son ressentiment comme un capital. Il consent alors à une « conjuration », à un « islam » comme une délégation générale des injures à venger et des revanches à prendre. »

« Le mythe agit dans le domaine de l’énergie affective, le dogme dans le domaine intellectuel de l’organisation, de la justification, de la rationalisation ; le dogme, c’est l’idéologie fixée et comme statufiée : il tend à « objectiver » des idées qui n’auraient pas pu être produites sans la foi et qui acquièrent, devenues dogme, une sorte de force autonome, d’existence sociale pour elles-mêmes. Les propositions du dogme peuvent être autant de jugements qui doivent être suivis d’exécution. C’est ainsi qu’une fois totalement investi par un dogme nouveau, plus d’un croyant finit par se réveiller bourreau et devenir exécuteur. On ne discute pas le dogme, on dispute du dogme. Alors que toute proposition scientifique dans nos sociétés passe pour se défendre elle-même, le dogme a besoin d’être armé, le dogme a besoin d’être défendu, le dogme a peur, seules les persécutions le rassurent. (…) Les dignitaires d’une association dogmatique et les porteurs militants du dogme s’identifient affectivement à celui-ci et sont comme blessés dans leur chair par des coups portés au dogme, et s’ils se sentent confusément (ils ne sauraient guère le constater clairement) battus sur le plan intellectuel, tendent à prendre, s’ils le peuvent, sur le plan physique, une revanche sans réplique. »

  • L’organisation de la prise du pouvoir

Reste alors à prendre le pouvoir pour imposer « sa » vérité en recrutant des troupes parmi les déclassés et marginalisés, en s’assurant du concours aveugle des idiots utiles de l’intelligentsia, en s’assurant de la neutralité bienveillante – parfois inconsciente – d’individus détenant des positions clefs.

« Le type d’armée que Lénine préconise est adapté à ce type de guerre non militaire que connaît le XXème siècle : « Il faut que nous ayons partout des hommes…dans toutes les couches sociales, sur toutes les positions permettant de connaître les ressources du mécanisme de l’État…il nous faut de tels hommes, non seulement pour la propagande et l’agitation, mais encore et surtout pour l’organisation ». »

« Les révolutionnaires professionnels, avant la révolution d’Octobre, étaient en Russie des hommes exclus de la production et du droit. Un premier séjour en prison leur rendait ou très difficile ou impossible l’intégration ultérieure à la société tsariste. Ils étaient enfermés par l’Okhrana dans son destin de révolutionnaires. (…) La société tsariste par ses procédés mêmes de défense tendait à créer en marge d’elle-même le « milieu » révolutionnaire. En les chassant de la société, elle enlevait à ces hommes toute perspective autre que la destruction de cette société. »

« Grâce à une série de déformations et simplifications qui en feront une nourriture affective plus assimilable, le marxisme répondra mieux aux besoins de ceux qu’il exalte. (…) L’élan de cet « islam » nouveau [le communisme] risquerait d’être brisé s’il ne trouvait au dedans de la citadelle les transfuges qui doivent ouvrir les portes. D’où l’importance attachée dès l’abord aux « intellectuels » par les bolcheviks, intellectuels eux-mêmes, et qui avaient renversé un régime parce qu’ils avaient su trouver (ou du moins ils le pensaient) « la théorie juste ». Tout se passe comme si les bolcheviks n’avaient jamais douté qu’à la destruction de la bourgeoisie la bourgeoisie dût prêter son concours, que la « mauvaise conscience » bourgeoise dût seconder puissamment cette « conscience socialiste que l’Intelligentsia apportait aux ouvriers de l’ extérieur ». (…) En d’autres termes, dans l’histoire et la description du communisme, on n’a pas accordé aux sympathisants la part qui leur revenait. (…) La bourgeoisie qui se référait soit aux droits de l’homme, soit aux idées chrétiennes, ne s’est jamais tenue pour une aristocratie de naissance : elle se justifiait à ses propres yeux par le travail, le mérite ; le mécanisme psychologique des conversions bourgeoises au communisme était favorisé par la morale reçue dans la bourgeoisie elle-même, la cause des travailleurs se confondant avec la cause de la justice. À partir de l’intervention du communisme dans l’histoire, la question change ; elle devient : « la foi qui n’agit pas, est-ce une foi sincère ? » Les « sympathisants » (c’est alors que ce mot entre dans la langue) ne risquent plus d’en être quittes pour un élan du cœur. Il faudra qu’ils agissent, ou qu’ils favorisent l’action des autres ; autant dire qu’ils sont engagés dans la guerre bien qu’ils ne soient pas « bons pour le service armé » ; ils doivent concourir aux séductions de la propagande et, du dedans, à l’investissement de la « société bourgeoise ». Le cas échéant, on leur demander une complicité plus active. »

« Après la défaite allemande notamment, apparurent çà et là des hommes-satellites assujettis à l’action des communistes et non à leur pensée. D’eux, ce n’est pas une adhésion que l’on requiert : c’est un concours. Étant donnés les fonctions qu’ils détiennent, il est peu souhaitable qu’ils affichent une obédience inopportune ; cela pourrait avoir effet de les écarter de leur poste, donc de les rendre inutilisables. Peu souhaitable même que le concours qu’on leur demande s’accompagne d’une secrète mais sincère adhésion. Il est préférable qu’ils restent les bourgeois qu’ils sont, c’est ainsi qu’ils servent le mieux ; l’intérêt répond mieux de leur docilité. Ainsi inspireront-ils d’ailleurs plus de confiance à ceux-là mêmes qu’ils ne peuvent trahir que dans la mesure où ils leur ressemblent. Ces hommes-satellites sont improprement nommés « crypto-communistes ». »

  • La taqiyya

Comme il s’agit d’utiliser comme armes contre la démocratie les droits et les libertés que celle-ci offre à tous, l’ennemi doit avancer plus ou moins masqué, mais toujours menaçant vis-à-vis d’autorités tétanisées par le risque de guerre civile, en pratiquant la dissimulation (taqiyya), afin de ne pas éveiller la méfiance de la masse de la population inconsciente et ne pas risquer de perdre le soutien des idiots utiles.

« Le communisme triche toujours puisqu’il joue toujours aussi un autre jeu que celui qu’il déclare jouer. La notion même de franc jeu lui est foncièrement étrangère. C’est une caractéristique de l’ennemi à laquelle il s’adapte et qui le confirme dans le mépris qu’il porte à cet ennemi et dans la conviction qu’un adversaire qui se lie lui-même est voué à la défaite. (…) Les états-majors communistes, avant d’être les maîtres, exigent la démocratie pour avoir les mains libres : ce n’est qu’un champ de bataille. L’armée bolchevique obtient ainsi le terrain sur lequel elle sait le mieux manœuvrer, précisément parce qu’elle n’est pas démocratique. La démocratie pour elle c’est d’enlever aux adversaires le pouvoir de se concerter. Ici le système de la « fraction » fait merveille. Étant démocrates, les adversaires ne sont pas organisés ni hiérarchisés, ils n’opposent aux manœuvres concertées que dispersion et confusion. »

« Il est d’autres hommes-satellites. Mentionnons pour mémoire ces « innocents utiles » qui semblent trop utiles pour être tout à fait innocents. Faisant preuve par ailleurs d’esprit critique, ils ont d’une naïveté et d’une crédulité trop spécialisées, trop localisées, trop conséquentes pour être universellement reçues comme sincères. Ils semblent bien qu’ils ne voient que ce qu’ils veulent. Le rapport de ce qu’ils consentent à voir à ce qu’ils refusent de connaître les définit. »

« Le spectacle d’une sélection de complaisants que leur complexion porte à « se mettre en avant », et qui n’ont pas l’habitude d’analyser en termes de forces et de rapports de forces une situation historique, de déterminer la nature exacte des forces en présence, a sans doute suggéré aux communistes qu’en tout état de cause il vaut mieux, lorsque la chose est possible, choisir soi-même ses ennemis que de se les laisser imposer. (…) De fait, ils n’appréhendent rien tant que ce qui est capable de résister, de leur résister. Ce qui leur est intolérable, c’est qu’il puisse exister d’autres modes de groupements « durs » que celui qu’ils constituent eux-mêmes. De sorte que, si l’on fait si peu que ce soit mine de leur contester ce monopole, ils crient incontinent au « fascisme ». Ils ne tolèrent que les groupements où il leur est possible de trouver des complaisants. Les autres, présents ou futurs, qu’ils soient anathèmes. Ce qu’il leur faut, c’est un unique groupement de structure forte, le leur, se développant dans un milieu uniformément labile et relâché. Ils usent maintenant du chantage hitlérien qui, en son temps, stupéfia : on peut l’exprimer à peu près ainsi : « Ne pas nous laisser faire, c’est vouloir la guerre ». Les assiégeants n’ont jamais aimé que les assiégés veillent : ils les préfèrent endormis. » (cf. la lettre ouverte du Comité Contre l’Islamophobie en France adressée à Emmanuel Macron https://islametoccident.fr/?p=4243 )

L’islam peut-il se réformer ? Deux témoignages musulmans

L’émission de France 2 « Islam » du 4 mars 2018 est revenue sur la problématique du sens du Coran et donc de la lecture littérale qui aboutit assez implacablement à l’intolérance et à la violence (à défaut de la soumission des mécréants), puisque c’est précisément ce que décrit de façon factuelle la vie de Mahomet que chacun peut lire.

Cette émission a été l’occasion de poser quelques questions essentielles auxquelles les intervenants musulmans ont apporté des réponses qui semblent assez inquiétantes pour une religion qui se présente comme d’amour et de paix, notamment :

« Dans les sociétés à majorité musulmane (…), y a-t-il des lueurs d’espoir, y a-t-il une recherche qui se poursuit dans ce domaine pour sortir de l’ornière (…) ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Sclerose

« Du point de vue scientifique, et donc l’islamologie savante, vous pensez qu’il vaut mieux l’adopter et l’étudier plutôt en contexte européen ? »

France 2 Islam 180304 Comprendre islam 2 Européen

L’islam est-il réellement capable de se réformer sans s’auto-détruire ? Je pense que c’est impossible, car se réformer, pour l’islam, c’est renier ses fondements doctrinaux et son histoire, renier le modèle mahométan, raison pour laquelle aucune évolution significative de la pensée religieuse musulmane n’est à attendre. L’islam peut seulement se dissoudre temporairement ça et là dans une religiosité affadie au regard de l’orthodoxie doctrinale et qui lui permet alors de cohabiter apparemment pacifiquement dans un environnement occidental, jusqu’à ce qu’une nouvelle éclosion de frustration rentrée (économique, culturelle, coloniale ou autre) fasse renaître de ses cendres, chez tous ceux qui veulent alors renouer avec la réalité de l’islam originel, le sphinx de l’intolérance, de la violence, voire du terrorisme.

La Vulgate d’Othman : un mythe

Lors de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche 27 février 2018, il a été rappelé que, contrairement à ce que la plupart des musulmans croit, la composition du Coran s’est étalée sur une période relativement longue, et que l’idée selon laquelle le texte saint de l’islam aurait trouvé une forme stable rapidement sous la forme de ce qui est appelé la « vulgate d’Othman », une vingtaine d’années après la mort de Mahomet, est simplement fausse.

France 2 Islam 180227 Comprendre le Coran 1 Vulgate

Non, la prétendue parole d’Allah n’a donc pas été préservée des aléas de l’histoire humaine ! Ce texte, comme tous les autres textes religieux, est un texte lui aussi humain, avec les conséquences habituelles en terme de fiabilité et d’historicité.

Il est intéressant d’ailleurs de noter la mise par écrit a été tardive et n’a pas mis fin à la longue tradition de transmission orale au sein de l’islam, la mémorisation par cœur du texte coranique, sans même bien souvent en comprendre les mots et le sens, constituant une tradition bien établie au sein du monde musulman.

Au-delà de l’abrutissement auquel peut conduire la répétition mentale et mécanique de tout texte long et sans réelle signification parfois pour l’apprenant – tout cela au détriment de la réflexion et de l’esprit critique –, il ne faut pas s’étonner de la dangerosité de cette tradition dans la mesure où le texte religieux lui-même que constitue le Coran appelle dans de nombreux passages au mépris ou à la haine envers les mécréants.

On comprend mieux alors, pourquoi le grand islamologue Mohammed Arkoun disait toujours que « le Coran ne doit pas être mis entre toutes les mains », ce qui est pour le moins stupéfiant pour un texte présenté comme un texte d’amour et de paix.

France 2 Islam 180227 Comprendre le Coran 1 Par coeur

L’islam des banlieues : le vrai islam qui laisse l’islam « modéré » désemparé

  • Un témoignage de vérité

À l’occasion d’une conférence organisée à l’Institut du Monde Arabe sur le mot « islam » en septembre 2016, une femme musulmane prit la parole pour faire part de son inquiétude face à la montée du fanatisme musulman dans les banlieues françaises comme Sevran.

On sait qu’une certaine coterie intellectuelle française se refuse toujours à reconnaître la réalité de cette situation dans les « territoires perdus de la République ». Il est donc intéressant d’écouter ce témoignage qu’on ne peut pas décrédibiliser par l’accusation diffamatoire d’extrême-droitisme ou d’« idenditarisme ».

Mais il est encore plus intéressant de prendre conscience du désarroi complet du conférencier Ghaleb Bencheikh (présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin) face à cette situation, qu’on peut synthétiser en deux phrases, un constat d’impuissance et un vœu pieux :

« Sincèrement, je ne sais pas comment on fait cette affaire de ra-déradicalisation. Est-ce qu’on leur ouvre leur cerveau et on met autre chose à la place ? Je ne sais pas. »

« Il est de notre responsabilité collective de faire en sorte que nous sortions de l’ornière. »

Amis IMA Islam 160905 Banlieues

  • Conclusion

Le fanatisme musulman semble donc avoir encore de beaux jours devant lui puisque les musulmans eux-mêmes, lorsqu’ils n’y sont pas favorables, ne semblent pas savoir quoi dire ni faire…

Quand une religion d’amour et de paix rend licite la peine de mort

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 revient, dans le cadre d’une conférence sur le mot « fatwa » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe en novembre 2016, reconnaît clairement l’existence dans la doctrine de l’islam du concept de peine de mort, ce qui est pour le moins contradictoire avec l’idée même de religion d’amour et de paix.

 

Amis IMA Fatwa 161128 Fatwa de mort

Ghaleb Bencheikh explique en effet pourquoi la fatwa de mort de l’ayatollah Khomeyni contre Salman Rushdie n’était pas légitime car non conforme aux règles de validité prévues dans le doctrine de l’islam, ce qui confirme sans ambiguïté que la peine de mort est bien une peine prévue par l’islam dans certaines circonstances. 

Ghaleb Bencheikh se dresse avec courage contre le principe de peine de mort qu’il juge incompatible avec l’idée qu’il se fait du progrès. Or l’idée même de progrès est incompatible avec l’islam puisque le Coran est la parole éternelle et définitive d’Allah. L’idée que la parole d’Allah ait pu être conditionnée par un contexte historique n’a d’ailleurs absolument aucun sens : c’est totalement absurde. C’est pourtant la seule voie que nous propose finalement l’islam « modéré » pour ne pas sombrer dans le fondamentalisme.

L’ « islamisme » : un concept creux mais bien commode pour dégager sa responsabilité

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 nous rappelle, dans le cadre d’une conférence sur le mot « islam » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, qu’il n’y a pas encore si longtemps, le terme « islamisme » était la dénomination courante de la religion musulmane, sans connotation idéologique ou politique particulière, et que le terme islam s’est progressivement imposé de façon récente dans des conditions assez obscures, alors même qu’il s’agit dans les deux cas de désigner la religion musulmane.

Amis IMA Islam 160905 Islamisme

C’est un rappel intéressant pour tous ceux qui font grand cas du distinguo entre ces deux termes, distinguo pratique – comme je l’avais déjà souligné dans un article précédent https://islametoccident.fr/?p=2817 – pour isoler et circonscrire les penchants violents de l’islam dans un concept creux, l’« islamisme », dont les musulmans ne se sentent pas responsables, comme si ce n’était pas aussi leur religion.

Abd El-Kader : cet humaniste musulman qui faisait la guerre

On connaît l’incapacité de l’islam de France à contredire de façon circonstanciée et documentée la doctrine des mouvements fondamentalistes puisque ceux-ci ont effectivement raison en s’appuyant sur les textes saints de l’islam : le fondamentalisme musulman n’est que l’islam de Mahomet et les fondamentalistes prennent bien comme référence ce qu’a fait Mahomet, modèle de tous les musulmans, mais dont beaucoup de musulmans en Occident ignorent la vie, n’ayant jamais pris la peine de se documenter.

Face à cette impuissance qui n’ose pas s’avouer, le recours épisodique au soufisme est utilisé comme un pis-aller pour tenter de démontrer que la vraie voie de l’islam est mystique et, par conséquent, pacifique. France 2 vient de consacrer une série de six émissions « Islam » du dimanche matin au soufisme.

Malheureusement, s’il existe dans l’islam une tendance fortement mystique comme dans toutes les autres religions et spiritualités, le soufisme n’a pour autant jamais renié la violence intrinsèque de l’islam : en d’autres termes, l’accent mis sur le combat intérieur n’exclut aucunement la violence si nécessaire et Mahomet reste toujours le beau modèle à imiter. Les lecteurs intéressés peuvent se reporter à l’article déjà publié sur ce site : https://islametoccident.fr/?p=2649.

Le soufisme est connu en France notamment par la figure d’Abd El-Kader. Or il est intéressant de noter que l’intervenant de l’émission de France 2 rappelle dans les premiers mots de sa présentation de ce personnage qu’il était un homme de guerre et pas seulement un mystique.

France 2 Islam 171029 Soufisme Extrait

En effet, entré en résistance contre les troupes françaises, l’émir a appelé à la guerre sainte, au jihad, contre la France et n’a pas manqué par la suite de faire la guerre à certaines tribus d’Algérie contestant son pouvoir, comme les Douars.

Un aveu sans appel et un rappel historique intéressant donc pour sortir de l’angélisme que la bien-pensance affectionne tant.

Zineb El Rhazoui : comprendre l’islam, c’est pourtant simple ?

Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo, élevée dans la culture et la religion musulmane, qu’elle connaît bien, était interviewée le 1er août 2016 sur RTL. Ses propos sont à méditer.

Zineb El Rhazoui 160801

« Pour avoir étudié la religion [l’islam] depuis mon enfance jusqu’à bien après le baccalauréat, je peux vous dire qu’il n’y a pas une seule occurrence du mot « amour » dans le Coran ni dans le corpus de la Sunna. Et pourquoi l’islam serait-il la seule religion de paix et d’amour ? (…) L’islam c’est un ensemble de textes archaïques, d’inspiration de l’Ancien Testament, avec un tas de légendes, etc. très, très empreint de contexte de bédouinité dans lequel il a vu le jour. C’est ça concrètement l’islam. (…) C’est se mentir de penser que le Coran est un texte de paix et d’amour. On n’a qu’à se pencher sur les versets du Coran, sur l’exemple que fut la vie de Mahomet, les guerres qu’il a menées ; on voit bien qu’on est loin de la paix et de l’amour. (…) Les textes de l’islam sont toujours perçus comme d’abord une constitution, un corpus juridique et non pas un corpus spirituel, et comme des textes valables en tous temps et en tous milieux géographiques. (…) On a beau chercher des raisons économiques (…), des raisons identitaires (…), des raisons politiques (…) : le seul dénominateur commun entre tous les terroristes, finalement, c’est l’islam. »