Entre l’islam et les États Occidentaux, ce ne peut être qu’un combat à mort

Pierre-Jean Luizard, directeur de recherche au CNRS, a rappelé avec évidence et bon sens dans l’émission de France 2 « Islam » du 3 novembre 2019, contre tous ceux qui ne connaissent rien à l’islam, que l’islam ne peut être que politique, comme le dit le dicton arabe bien connu : « al islam dine wa daoulat » (l’islam est religion et État).

« Votre question est bien française. (…) En quoi le religieux s’oppose au politique ? Lorsque j’entends dire que l’islam politique serait une déviation de l’islam, c’est manifester une méconnaissance assez incroyable de l’histoire de l’islam. L’islam a toujours été politique (…). Je rappelle que le prophète de l’islam était en même temps un chef d’État. Donc l’islam apolitique n’a existé que dans les fantasmes peut-être des administrateurs coloniaux qui voulaient un islam à leur botte. »

https://www.gsrl-cnrs.fr/luizard-pierre-jean/

Zemmour, sort de ce corps… !

Comment manipuler les idiots utiles de l’islam

L’émission de France 2 « Islam » du 13 octobre 2019 était consacrée à la place des femmes dans l’islam. L’interview d’une imame de Copenhague est l’occasion d’illustrer la façon dont le mensonge et la dissimulation (takiyya) peuvent être utilisés sans vergogne par les représentants de l’islam pour manipuler et amadouer les « idiots utiles » de l’islam en Occident, dont la bêtise aveugle égale le rêve naïf et utopique d’une société humaine universelle fondé sur l’amour et la paix.

Quiconque n’a pas lu les textes sacrés de l’islam pourrait se faire fléchir par ce discours mensonger et lénifiant quant à la prétendue égalité des hommes et des femmes dans la religion musulmane. Pourtant, il suffit de lire :

Coran, sourate 2, verset 228 : (…) Quant à vos femmes, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prééminence sur elles. Allah est puissant et sage.

Coran, sourate 4, verset 3 : (…) Épousez, comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes. (…)

Coran, sourate 4, verset 34 : Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et à cause des dépenses qu’ils font pour elles sur leurs biens. Quant à celles [de vos femmes] dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous de leur lit et frappez-les. Si elles reviennent à l’obéissance, ne leur cherchez plus querelle. Allah est auguste et grand !

Hadith (Bukhari 3331) : On rapporte les paroles suivantes d’Abu Hurayra : « L’Envoyé de Dieu a dit : « Soyez bienveillants à l’égard des femmes, car la femme a été créée d’une côte. Or ce qui est le plus recourbé dans la côte, c’est sa partie supérieure. Si vous essayez de la redresser, vous la brisez, et si vous la laissez en paix, elle restera toujours recourbée. »

Hadith (Bukhari 2658) : D’après Abu Said al-Khudri, le Prophète a dit : « Le témoignage d’une femme n’est-il pas la moitié du témoignage d’un homme ? – Certes oui, répondîmes-nous. – Cela, reprit-il, tient à l’imperfection de son intelligence. »

Hadith (Bukhari 5096) : Selon Usama Ibn Zayd, le Prophète a dit : « Je ne laisse après moi aucune cause de trouble plus funeste à l’homme que les femmes. »

Hadith (Bukhari 5204) : Abdallah Ibn Zama rapporte que le Prophète a dit : « Qu’aucun de vous ne fouette sa femme comme on fouette un esclave alors qu’à la fin du jour il coïtera (peut-être) avec elle. »

Sîra (dernier sermon de Mahomet lors du pèlerinage d’adieu) : « Musulmans, vos épouses ne doivent point commettre d’action gravement honteuse. Si elles le font, Dieu vous donne l’autorisation de les mettre en quarantaine et de les battre, sans trop d’excès. Si elles renoncent à leurs mauvaises actions, elles auront le droit à la nourriture et au vêtement selon l’usage. »

Et sur le sujet de l’interdiction universelle en islam du mariage de la femme musulmane avec un mécréant :

Coran, sourate 2, verset 221 : (…) Ne donnez pas vos filles en mariage aux associateurs [dans le contexte Mecquois du VIIème siècle : règle étendue de façon générale aux mécréants] avant qu’ils ne croient. (…)

Coran, sourate 60, verset 10 : Ô croyants ! Quand viennent à vous des croyantes émigrées [de La Mecque], éprouvez-les. Allah connaît très bien leur foi. Si vous les reconnaissez comme croyantes, ne les renvoyez pas aux infidèles [à La Mecque]. Elles ne sont pas licites en tant qu’épouses pour eux, et eux non plus ne sont pas licites en tant qu’époux pour elles. (…) 

Instrumentaliser le cas de la Tunisie (dont il faudrait d’ailleurs analyser précisément les impacts réels en Tunisie même) en faisant croire qu’il est représentatif d’une façon authentique de vivre l’islam est un mensonge inouï car c’est oublier que l’interdiction du mariage entre une musulmane et un mécréant est absolue en islam et qu’aucune interprétation religieuse ne permet de revenir sur cette règle, et pour une raison très simple : le faire, c’est tout simplement renier l’islam car cette règle est au fondement même de l’islam qui s’appuie sur deux piliers essentiels : la supériorité de l’islam sur toute autre religion (et donc la supériorité de la communauté musulmane sur toute autre communauté humaine) et la supériorité de l’homme sur la femme.

  • Conclusion

Il est assez instructif de constater qu’une chaîne de télévision nationale, financée par l’État, qui fait la chasse et censure les esprits au discours politiquement incorrect mais clairvoyant, accepte par ailleurs de se faire la complice de la propagande musulmane la plus éhontée. Mais, papa CSA, outai, outai ?

Comment l’État français adoube le développement du fondamentalisme musulman en France

L’émission de France 2 « Islam » du 20 octobre 2019 était consacrée à l’inauguration en septembre 2019 à Lyon de l’Institut Français de Civilisation Musulmane, dont le gouvernement d’Édouard Philippe ne semble guère s’être vanté.

Il est intéressant de se souvenir que quelques mois à peine après les attentats musulmans épouvantables de 2015, le gouvernement français posait la première pierre d’un institut musulman, financé en outre à moitié par l’Arabie Saoudite, ardent soutien du fondamentalisme musulman.

On comprend ainsi mieux la satisfaction de Kamel Kabtane, recteur de l’Institut, heureux de constater les effets bénéfiques des attentats musulmans en France ( https://islametoccident.fr/?p=5205 ).

Quand un personnage public musulman se félicite des effets des attentats musulmans en France

L’émission de France 2 « Islam » du dimanche 20 octobre 2019 était consacrée à l’Institut Français de Civilisation Musulmane récemment inauguré à Lyon.

Ce reportage a été l’occasion d’une interview stupéfiante de Kamel Kabtane, recteur de ce nouvel institut.

Celui-ci a, comme d’habitude chez les représentants de l’islam en France, entonné le couplet mensonger de la dette qu’aurait eue la France à l’égard des musulmans morts pendant les guerres qui engageaient la France (alors qu’ils ne se sont en aucun cas battus parce qu’ils étaient musulmans !) et qui expliquerait selon lui le soutien apporté par l’État français, prétendument laïc, à l’islam au travers de la construction au début des années 1920 de la mosquée de Paris. Décidément, il semble que l’État français était surtout anti-catholique mais prêt déjà à se soumettre à l’islam.

Mais, ce propos odieux est loin d’avoir culminé au summum de l’abjection qu’a atteint Kamel Kabtane lorsque celui-ci s’est réjoui des effets bénéfiques des attentants musulmans en France de 2015 et 2016, qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. Voici en effet ses propos :

« Les événements graves de 2015 et 2016 ont incité les pouvoirs publics à dire : « Il faut qu’on fasse quelque chose pour les musulmans » parce que, jusqu’à présent, c’était toujours « non » (…) ».

Ainsi, c’est bien grâce aux attentats de 2015 et 2016 que les musulmans peuvent avoir aujourd’hui leur institut à Lyon : l’État français s’est soumis à la violence musulmane. Et dire qu’on poursuit Éric Zemmour pour incitation à la haine religieuse…

L’inconscience politique face à l’islam

L’inconscience et l’aveuglement de la classe politique française vis-à-vis de l’islam ne semblent pas être un phénomène vraiment nouveau. L’émission de France 2 « Islam » du 6  octobre 2019 rappelle très clairement de quelle façon la loi de 1905 a été très rapidement (1926) contournée afin de construire à Paris un ensemble de bâtiments octroyés à l’islam, dont une mosquée, alors même que la présence musulmane en France était infinitésimale.

Malheureusement, la classe politique d’aujourd’hui ne se distingue guère de celle d’hier, sauf peut-être par la lâcheté dont elle fait maintenant preuve face aux conséquences de l’immigration de masse induite notamment par la cupidité des grandes entreprises françaises et la politique suicidaire du regroupement familial qui continue à empêcher une nation de décider librement de son avenir, tout cela sous la férule d’une Europe qui, pour une bonne partie, semble chercher à se noyer et à disparaître dans le multiculturalisme.

Mais le viol de la souveraineté des Français par la classe politique (comme avec Nicolas Sarkozy et le référendum de 2005) ne semble guère émouvoir les grands médias qui ont pris le pouvoir sous le regard bienveillant de celle-ci. Le droit de vote n’est pas là pour permettre d’exprimer librement une opinion : il n’a de valeur que s’il confirme les choix faits par la classe politique qui, seule, sait ce qui est bon pour le peuple.

La tolérance auto-destructrice de l’Europe

À l’heure où certaines voix ont l’audace obscène de tenter de défendre l’individu qui a harponné la France avec un couteau en pratiquant le rituel atroce de l’égorgement, il est sans doute nécessaire de s’interroger sur l’aveuglement culturel qui nous conduit dans l’impasse de la tolérance à tout-va :

L’essentiel n’est-il pas dit ?

Un mensonge obscène

L’émission de France 2 « Islam » du 6  octobre 2019 est revenue, dans le cadre de l’histoire du Concordat en France et du statut particulier de l’Alsace Lorraine dans ce domaine, sur un des grands mensonges de l’islam dans sa conquête de la France d’aujourd’hui : l’islam aurait aidé à défendre la France contre ses ennemis lors de précédentes guerres !

En réalité, les musulmans n’ont jamais défendu la France en tant que musulmans (comme si l’islam allait se battre pour défendre des mécréants…!) mais au titre de leur incorporation à l’armée française en tant que régiments algériens, marocains, etc. La religion n’a rien à voir là-dedans. Mais cet ignoble mensonge est tout à fait essentiel pour rendre la France redevable à l’islam et pouvoir ainsi la culpabiliser.

Et ce mensonge est encore aujourd’hui propagé régulièrement par les représentants de l’islam sous toutes ses formes dans les grands médias qui se rendent ainsi complices….

Deux données fondamentales pour comprendre ce qu’est réellement l’islam

L’émission de France 2 « Islam » du 16 septembre 2019 est revenue sur les relations entre islam et pouvoir au travers des âges. Cette émission a été l’occasion pour les intervenants de rappeler quelques aspects fondamentaux de l’islam qu’il est bon de garder en mémoire. Je reviens sur deux principaux.

  • La Sîra (biographie) de Mahomet : un ouvrage absolument central pour comprendre ce qu’est réellement l’islam

J’ai déjà eu l’occasion de rappeler sur ce site à plusieurs reprises la nécessité fondamentale de lire la biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham, la plus ancienne et la plus incontestée biographie de Mahomet au point qu’on peut la considérer comme la biographie officielle de Mahomet en islam et qui est désignée sous le vocable de « Sîra » (« la biographie »).

Version courte (444 pages, 2008)

Le lecteur qui prendra le peine de lire ce texte absolument essentiel y découvrira la véritable nature de Mahomet au travers de descriptions qui ne laissent aucune place au doute sur le fait que Mahomet n’a jamais fait partie de la race des grands spirituels paisibles.

Selon les textes sacrés de l’islam eux-mêmes, Mahomet était, entre autres : un homme de guerre imprégné des coutumes tribales d’Arabie, pilleur, pratiquant l’esclavage et par voie de conséquence le viol, vendant femmes et enfants sur les marchés, exterminateur des juifs à Médine (notamment la tribu juive des Banu Quraiza), multi-polygame (jusqu’à neuf femmes en même temps, sans compter les concubines) et qui prit pour femme la petite Aïcha alors qu’elle avait 6 ans (mais il ne commença les relations charnelles avec elle qu’à compter de ses 9 ans). 

Voilà le « modèle » vertueux qui constitue le phare de l’islam !

  • Les premiers fruits de l’islam : des successeurs (« califes ») guerriers comme Mahomet l’était et dont 3 sur 4 moururent assassinés

Le lecteur qui prend ainsi conscience de la nature de l’homme Mahomet et de ses actes n’est donc pas étonné d’apprendre que la succession de Mahomet fut l’occasion de luttes fratricides au sein du clan musulman pour le pouvoir et la direction de cet empire guerrier, tant et si bien que 3 des 4 successeurs de Mahomet furent assassinés et que ces conflits donnèrent naissance aux deux communautés qui s’opposent violemment encore jusqu’à nos jours – jusqu’à se haïr – : les sunnites et les chiites. 

On cherche donc en vain où se cachent les premiers fruits vraiment spirituels de la R.A.T.P. (religion d’amour, de tolérance et de paix), ainsi que la désigne Rémi Brague, pourtant si bien défendue aujourd’hui contre un Occident accusé de tous les maux.

  • Conclusion

Ignorer la biographie de Mahomet, c’est se condamner à ne rien comprendre à l’islam, de même qu’il faut au moins lire Mein Kampf pour comprendre Hitler. Bien sûr, l’angélisme des islamophiles y est anéanti, mais c’est le prix de la vérité, à portée de tous ceux qui veulent bien se donner la peine d’étudier, vérité que le véritable islam lui-même proclame d’ailleurs fièrement et sans état d’âme à la face de l’Occident .

Quant à ceux, comme feu Malek Chebel, qui espèrent encore sauver l’islam en suggérant qu’un « islam des lumières » resterait possible après plus d’un millénaire d’obscurantisme, ils s’égarent dans les désirs utopiques de leur imagination, comme le regard et la conscience du drogué se perdent dans les volutes de fumée qui flottent dans son paradis artificiel.

Betty Lachgar : « Au Maroc, nous sommes condamnés à être des musulmans toute notre vie »

Article du Point. Modifié le 25/09/2019 à 11:08 – Publié le 24/09/2019 à 17:43 | Le Point.fr

Par Thomas Mahler

Dix ans après un retentissant pique-nique en plein ramadan en compagnie de Zineb El Rhazoui, la militante féministe et universaliste revient sur ses luttes.

Il y a tout juste dix ans, en plein ramadan, deux militantes marocaines du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) organisaient un pique-nique dans la forêt de Mohammadia, à mi-chemin entre Casablanca et Rabat. Dans leur sac, des baguettes et une boîte de Vache qui rit. L’initiative fit scandale dans un pays où l’article 222 du Code pénal prévoit entre un et six mois de prison pour ceux qui rompent « ostensiblement le jeûne dans un lieu public ». L’une des pique-niqueuses se nomme Zineb El Rhazoui et rejoindra bientôt Charlie Hebdo. L’autre est la psychologue Ibtissame Lachgar, dite « Betty », qui continue aujourd’hui avec le Mali à mener des actions coups de poing au Maroc. Dans un long entretien, nous revenons sur le parcours et les engagements de cette inlassable combattante pour les libertés.

Le Point : Comment êtes-vous devenue une militante des droits de l’homme ?

Betty Lachgar : J’ai grandi à Rabat jusqu’à mon bac. Puis j’ai fait des études de psychologie clinique, criminologie et victimologie à Paris. Mon père, ingénieur, était un militant politique en opposition au régime, ce qui m’a beaucoup influencé. Ma mère était prof de français. Je viens d’une famille « laïque », où la religion relevait d’une affaire personnelle. J’ai d’ailleurs été à l’école française puis au lycée français. C’était un choix de mes parents en raison de la laïcité justement.

Le Maroc étant une dictature, l’école publique y est non seulement religieuse, c’est-à-dire que l’éducation islamique y est obligatoire, mais l’école caresse aussi le régime dans le sens du poil. Je n’ai jamais fait le ramadan, car je ne me suis jamais sentie concernée par la religion musulmane comme je n’ai jamais ressenti de culpabilité à manger du porc ou à consommer de l’alcool plus tard. Dès l’adolescence, j’ai commencé à me poser des questions sur les religions, et notamment sur leur misogynie. Nous sommes trois filles dans ma famille ; s’il n’y a pas de garçon, par exemple, l’héritage ira en partie à nos oncles et cousins. Forcément, notre père a dû nous expliquer ça. Ces inégalités et ces discriminations, particulièrement contre les femmes, m’ont ainsi petit à petit poussée à rejeter les religions en général et l’islam en particulier. J’ai aussi appris très jeune qu’un enfant né hors mariage était un bâtard, littéralement un « fils de pute ». J’ai vu que les femmes et les enfants étaient les premières victimes de tout ça. J’étais ce qu’on appelait un « garçon manqué ». Je trouvais déjà cette expression bien tordue.

Je ne savais pas ce qu’était le féminisme ou ce qu’étaient les stéréotypes, mais j’étais déjà en train de revendiquer des choses au niveau du sexisme ou de la notion du blasphème. On dit « Allah est le plus grand » ? Je disais « Allah est le plus petit » tout en courant dans le couloir de l’appartement. Mais à l’époque, l’islam n’avait pas la place qu’il a aujourd’hui au Maroc. On ne se demandait pas qui jeûnait ou pas, on ne mesurait pas le degré de religiosité. Dans les années 1990, on a vu l’évolution…

À 20 ans, alors que vous étudiez à Paris, on vous diagnostique un cancer, un sarcome d’Ewing…

C’est génétique, c’est la translation de deux chromosomes qui causent un cancer de l’os particulier. À ce moment-là, tout a basculé. Bien sûr qu’il y avait un terrain préalable à mon militantisme. Mais ce cancer a réveillé en moi toute cette colère, cette rage et cette indignation. Puis, quand j’étais en thèse, mon père est tombé malade et j’ai multiplié les allers-retours entre la France et le Maroc. On a commencé à parler de son passé, de ses engagements et de son arrestation. Je lui ai dit que je trouvais étrange que les libertés individuelles, qui sont des droits fondamentaux, soient reléguées au second plan…

Comment rencontrez-vous Zineb El Rhazoui, avec qui vous avez fondé le Mali ?

Zineb, je l’ai connue à Paris, elle était en fac avec ma sœur. En se croisant en soirée, on parlait plus de droits et de libertés que d’histoires du quotidien. On a repris contact sur Facebook alors qu’elle était revenue au Maroc et que mon père venait de décéder. J’ai dit : « Il faut faire quelque chose ! » Elle était à Casablanca et moi à Rabat. Je suis allée la voir, et alors que je devais reprendre mon train, on s’est parlé pendant des heures. Zineb était journaliste dans un média indépendant et était déjà dans le collimateur du régime. Je suis restée chez elle toute la nuit. On s’est dit : « Balançons un truc sur Facebook. » Il se trouve que c’était le ramadan.

On a créé le groupe Mali dans un esprit de mouvement de désobéissance civile, et on s’est dit que personne ne parlait de l’article 222 du Code pénal qui punit de prison ferme les dé-jeûneurs pendant le mois de ramadan. On ne voulait pas faire comme les autres, à savoir multiplier des réunions, des conférences, des marches et des rapports qui finissent dans un tiroir. On voulait une action de terrain. On a réfléchi à une action pacifiste de désobéissance. Zineb m’a dit : « Puisqu’on nous interdit de manger, il faut faire un pique-nique symbolique ! » Ça nous a menées à une polémique internationale. On a eu tout le monde contre nous au Maroc, où presque, les partis politiques comme les associations. Mais c’est notre fierté. Cela fait dix ans qu’on a fait ce pique-nique, mais depuis quelques années au Maroc, la société civile s’est approprié cette question. Et tant mieux. La société et les médias évoquent désormais ces thématiques de laïcité, de liberté de conscience et d’article 222. Ouvrir le débat est une victoire.

Et tant que mouvement féministe, universaliste et laïque, nous pensons que les droits humains n’ont ni frontières ni religion

Avec le Mali, vous avez multiplié les happenings : kissing dans l’espace public, bateau de l’avortement, coloriage en rouge des fontaines de Rabat, collages de serviettes hygiéniques sur la façade du ministère de la Santé…

Contre les violences machistes et pour les droits sexuels et reproductifs notamment, oui. La dépénalisation des relations sexuelles hors mariage et de l’homosexualité. L’avortement est interdit au Maroc. Je risque dix ans de prison pour, à visage découvert, accompagner et aider les femmes à avorter. Il y a un seul article, l’article 453, qui dispose que l’avortement est possible si la santé de la femme enceinte est en danger. Mais avec l’autorisation du mari ! Et n’est prise en compte que la santé physique. L’association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin veut l’étendre à la santé mentale. Mais elle n’est du coup pas favorable à la dépénalisation totale. Et tant que mouvement féministe, universaliste et laïc, nous pensons nous que les droits humains n’ont ni frontières ni religion. En tant que mouvement pro-choix, la lutte en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps est essentielle. Les associations plus jeunes par exemple sont hélas intersectionnelles, plus dans le relativisme interculturel, dans la lutte décoloniale…

Mais les actions coup de poing sont-elles une bonne méthode ?

On joue sur le buzz, c’est une réalité. Sur le pouvoir médiatique. On veut alerter l’opinion publique dans son ensemble sur des sujets sensibles et tabous. Ce n’est pas en organisant des tables rondes ou en faisant des petits rassemblements devant le Parlement – et en général c’est toujours l’élite convaincue qui est présente – qu’on fait avancer les choses. Ou alors à petits pas. Quand il y a un buzz, tout le Maroc est au courant. On en parle en famille, au bureau, au hammam. C’est ça que nous voulons ! Même si cela génère de la haine, c’est quand même une victoire. Cela veut dire qu’on a mis le doigt sur quelque chose qui fait mal et qui dérange, et le choc des consciences est un moteur pour espérer un changement des mentalités.

Je trouve formidable que Zineb ne courbe pas l’échine face aux personnes qui la qualifient de « raciste » ou « d’islamophobe »

Comment jugez-vous le parcours de votre amie Zineb El Rhazoui, devenue en France l’une des figures de proue de la lutte contre les islamistes ?

J’adhère à tout ce qu’elle fait. J’admire son courage et son audace. C’est ce qui nous a unies. Pourtant, les menaces et les intimidations sont réelles. Vu la notoriété qu’elle a maintenant en France, je trouve formidable que Zineb ne courbe pas l’échine face aux personnes qui la qualifient de « raciste » ou « d’islamophobe ». Ce qui est inquiétant, c’est que maintenant, même au Maroc, il y a ces discours décoloniaux qui touchent la majorité des associations. Même certaines associations féministes nous accusent parfois de faire du militantisme « occidental ». Surtout par rapport à notre positionnement contre le voilement des femmes. Nous sommes universalistes et laïques.

Après, par rapport à Zineb, je suis une féministe radicale. C’est un terme qui fait extrémiste en langue française, mais le terme est différent en arabe, parce que radical, c’est simplement aller à la racine. Sur la question de la langue, par exemple, nous différons avec Zineb. Pour moi, une langue sexiste structure la pensée. Je ne suis ainsi pas contre l’écriture inclusive, tout en utilisant un langage épicène [dont la forme ne varie pas selon le genre, NDLR]. J’utilise aussi le terme « féminicide, » là où Zineb pense que cela se limite à certains cas, quand par exemple on tue des petites filles en Inde du fait de leur sexe. Ce n’est pas un jugement, mais je diffère aussi de Zineb quand elle accepte de se rendre dans des événements où est conviée l’extrême droite, ou quand elle se fait éditer par Ring. Mais contrairement à d’autres féministes, si je soutiens la notion de « féminicide » ou d’écriture inclusive, je me bats aussi contre le voilement des filles et des femmes. C’est le symbole d’oppression le plus visible. Et je ne le considère pas comme un libre choix. Pour moi, comme je l’ai dit auparavant, toutes les religions sont misogynes. La mode est de dire « vous êtes islamophobes », alors que quand je dénonce d’autres religions, comme sur les voilées du judaïsme orthodoxe, cela passe inaperçu. Je critique des dogmes. J’ai ce droit, je le prends. L’islam est une idéologie. Je ne vise pas des personnes.

Comment voyez-vous les féministes françaises ?

Il y a un combat rude entre le féminisme universaliste laïc et le féminisme intersectionnel. Moi, ça me hérisse le poil de voir qu’on veut faire de l’essentialisme et du différentialisme. Les droits humains – et ceux des femmes en particulier –, je le répète, ne connaissent ou plus exactement ne devraient connaître ni religion, ni frontières, ni nationalité, ni couleur de peau. On ne peut pas, sous couvert de relativisme culturel, accepter l’inacceptable. C’est quelque chose qui me dépasse.

Mohammed VI fête les vingt ans de son règne. Qu’en pensez-vous ?

Le Maroc est une dictature religieuse. C’est un fait. C’est une monarchie absolue de droit divin. Il n’existe pas de liberté de conscience. On nous dit que le pays ne serait pas prêt pour une « démocratie ». Ça, c’est l’argument culturel par excellence. Cela veut-il donc dire que les « bougnoules » et les Noirs, tous les pays du Sud, sont trop bêtes pour la démocratie ? Pour les vingt ans du règne de Mohammed VI, beaucoup de médias marocains ont affirmé que le roi est féministe, qu’il lutte ardemment contre la misogynie. Ce sont des médias pro-régime en général. Mais qu’est-ce qui a changé ? Le nouveau Code de la famille de 2004, c’est un leurre. Et il commence à prendre la poussière. Depuis, rien n’a été fait. Vous avez un « commandeur des croyants » à la tête du pays, plus un gouvernement islamiste.

Bassima Hakkaoui, la « ministre de l’Égalité » issue du Parti de la justice et du développement (PJD), est une grande misogyne. Sa loi sur la lutte contre la violence faite aux femmes ne tient pas compte des viols conjugaux, car la femme, l’épouse donc, serait là pour assouvir les soi-disant pulsions du mari. Rien n’a donc évolué ! On cite souvent l’article 19 de la Constitution de 2011, qui promeut l’égalité entre les femmes et les hommes. Très bien. Mais à la seconde partie de l’article, on lit : « Tout en respectant les constantes et les lois de la nation. » La première constante du Maroc étant l’islam, cet article s’annule de facto. Mais les féministes d’État ne mentionnent jamais la seconde partie de l’article. Il n’y aura jamais d’égalité dans ce contexte. Le PJD le dit clairement sur la question de l’héritage et sur la liberté sexuelle des femmes, sachant que celle des hommes, elle, se porte très bien.

Au Maroc, nous sommes condamnés à être des musulmans toute notre vie.

Certains disent que la monarchie est un rempart contre les islamistes…

Entre la peste et le choléra, je ne sais pas. Le roi n’est-il pas, par sa position, le premier islamiste du pays ? N’a-t-il pas le choix ? On ne sait pas ce qu’il pense personnellement, mais la religion comme la monarchie sont intouchables. Je ne fais pas de politique politicienne, mais je reste convaincue que si la société civile continue à caresser dans le sens du poil le régime comme les islamistes, nous ne sommes pas sortis de l’auberge. À chaque fois qu’il y a des associations ou des artistes qui parlent des libertés ou des droits des femmes, que ce soit sur l’avortement ou sur l’héritage, on se réfère toujours aux religieux. « Que disent les textes ? » « Qu’en pensent les imams ? » Ou alors ils feignent d’ignorer le poids du religieux sur ces questions. Pour moi, cela conforte cette domination masculine qui contrôle la sexualité et le corps des femmes. Les personnes laïques sont isolées. Nous parlons de droits. Je m’en fous de la religion et de l’interprétation des textes ! Nous, les progressistes, ne devrions pas faire de concessions aux religieux. Car pendant ce temps-là, le camp adverse, lui, avance sans scrupule. Les islamistes font un super boulot de propagande et d’endoctrinement. Jamais ils ne disent : « Attention, on pourrait heurter les laïcs et les mécréants. » Non, ils disent que nous, les progressistes, sommes des agents du sionisme, de l’Occident, de la franc-maçonnerie, et que nous voulons semer le chaos.

Êtes-vous optimiste ?

Non. La liberté de conscience, avec la laïcité, est le pilier de toutes nos luttes. Mais, au Maroc, nous sommes condamnés à être des musulmans toute notre vie. Dès la naissance. Les lois qui s’appliquent à nous (comme le programme du système scolaire dont je parlais au départ) ne laissent aucun libre arbitre, aucun libre choix. Il y a plus d’espoir du côté de la Tunisie, où beaucoup se revendiquent laïcs. Pour revenir à la symbolique du mois du ramadan, là-bas, des rassemblements sont organisés pour revendiquer leur liberté de ne pas pratiquer le jeûne. Au Maroc, ce n’est pas possible. C’est très, très compliqué. Mais, quitte à me contredire, je suis optimiste aussi, sinon j’aurais cessé la lutte. Des centaines de Marocaines viennent d’ailleurs de publier un manifeste pour défendre la liberté sexuelle.