La Nahda : mouvement éphémère de renaissance culturelle

L’émission de France 2 « Islam » a consacré en juin 2019 deux épisodes de sa série à la « Nahda », mouvement de renaissance culturelle arabe-musulmane dans le contexte de la décomposition de l’empire ottoman. Malheureusement, les fruits de cette renaissance ne semblent pas avoir subsisté bien longtemps.

L’islam et la femme : une relation pathologique

Le Coran affirme clairement le statut inférieur de la femme par rapport à l’homme : celle-ci est donc nécessairement soumise à l’autorité masculine, d’abord dans sa famille à son père et à ses frères, puis elle passe sous l’autorité de son mari à partir de son mariage. Il est donc hors de question qu’une femme nubile non mariée puisse se trouver seul avec n’importe quel homme. Le femme n’est pas libre de fréquenter qui elle veut. C’est ce qu’on enseigne encore aujourd’hui en France aux jeunes musulmans et musulmanes dans des émissions largement diffusées sur internet. Que penser… !

Quelques pensées sur les Arabes d’Ibn Khaldoun à méditer

L’émission de France 2 « Islam » a consacré un de ses épisodes à un des plus grands penseurs de l’histoire musulmane : Ibn Khaldoun. C’est l’occasion de revenir sur certains de ses écrits qui offrent des clefs de lecture tout à fait intéressantes concernant le rapport du monde arabe à l’islam et les raisons sociologiques du succès de l’idéologie musulmane dans l’Arabie du VIIème siècle, mais aussi sans doute l’incapacité actuelle du monde arabo-musulman à venir à bout du tout petit État d’Israël.

  • Un grand penseur

La reconnaissance unanime d’Ibn Khaldoun comme un des plus éminents penseurs du monde musulman de l’histoire justifie naturellement sa lecture même si son influence à son époque a été très réduite.

  • Des propos sans concession

L’intérêt de cette lecture est surtout renforcé par le fait qu’Ibn Khaldoun croyait dans la fin prochaine du monde, ce qui le dispensait d’écrire autre chose que ce à quoi il croyait vraiment, et sans trop se préoccuper des susceptibilités des uns et des autres.

  • Extraits des « Prolégomènes » (Muqaddima) d’Ibn Khaldoun (traduction d’Abdelassam Cheddadi, La pléaide, 2002)

NB : le lecteur pourra utilement confronter cette vision avec celle issue de la Sira originelle de Mahomet (version d’Ibn Ishâq) qui semble un assez fidèle miroir des constats dressés par Ibn Khaldoun.

XXIV. Les Arabes ne contrôlent que les régions des plaines

En raison de la nature de leur vie à l’écart, les Arabes pratiquent le pillage et les déprédations. Ils pillent ce qui est à leur portée en évitant d’engager des combats et de s’exposer au danger. Puis ils se replient sur leurs pâturages du désert. Ils ne soutiennent jamais une attaque et ne livrent combat que pour se défendre. S’il se présente une forteresse ou une position difficile, ils les évitent pour des entreprises plus aisées et s’abstiennent de s’en approcher. Aussi les tribus protégées par des montagnes inaccessibles sont-elles à l’abri de leurs déprédations et de leurs méfaits. Les Arabes ne franchiront pas les collines pierreuses, ne chercheront pas les difficultés et ne prendront aucun risque pour aller les trouver.

Les plaines, au contraire, sont livrées à leur pillage et à leur avidité, dès que l’absence de milice ou la faiblesse de l’État les met à leur portée. Ils multiplient les raids, pillent et attaquent sans cesse parce que l’entreprise est aisée. Les habitants finissent par courber l’échine. Ils sont ballottés entre leurs autorités changeantes et corrompues, jusqu’au jour où leur civilisation s’éteint. Dieu a pourvoir sur ses créatures.

XXV. Les pays conquis par les Arabes ne tardent pas à tomber en ruine

En voici la raison. Habitués aux conditions de vie à l’écart et à tout ce qui y prédispose, les Arabes sont une nation farouche. La vie isolée fait partie de leur caractère et de leur nature. Ils s’y complaisent, parce qu’elle leur permet d’échapper au joug de l’autorité et de ne se soumettre à aucun gouvernement. Mais cette disposition est incompatible et en contradiction avec la civilisation. Ils passent ordinairement toute leur vie en voyage et en déplacement, ce qui est en opposition et en contradiction avec une vie fixe, productrice de civilisation. Les pierres, par exemple, ne leur servent que comme points d’appui pour leurs marmites : ils vont les prendre dans les édifices qu’ils dévastent dans ce but. Le bois leur sert uniquement à faire des mâts et des piquets pour leurs tentes. Pour s’en procurer, ils démolissent les toits des maisons. Leur existence est essentiellement en opposition avec la construction qui est la base de la civilisation. Tels sont donc les Arabes en général.

De plus, il leur est naturel de piller ce qui appartient à autrui. Pour gagner leur subsistance quotidienne, ils ne comptent que sur leurs lances. Leur tendance à extorquer les biens d’autrui n’a pas de limites. Dès que leur regard se pose sur un bien quelconque, mobilier ou ustensile, ils s’en emparent. Quand ils utilisent leur domination et leur autorité politique pour piller, il n’y a plus de gouvernement pour protéger les biens des gens et la civilisation est détruite.

Par ailleurs, ils forcent les artisans et les ouvriers à travailler pour eux, mais leur travail leur paraît sans valeur et ils ne lui accordent aucune rétribution. Or, comme nous le verrons plus loin, le travail est la base du profit. S’il n’est pas apprécié et rétribué, l’espoir de réaliser un profit s’affaiblit et les gens ne veulent plus travailler. Les habitants se dispersent et la civilisation se désintègre.

En outre, ils n’ont aucun souci des lois, ne se préoccupent guère de réprimer les méfaits et les agressions. Ils n’ont qu’une seule pensée : s’emparer des biens d’autrui par le pillage ou l’impôt. Une fois leur but atteint, ils ne voient pas plus loin. Ils ne pensent ni à améliorer le sort des gens, ni à s’occuper de leurs intérêts, ni à réprimer ceux qui cherchent à nuire. Souvent, ils imposent des amendes mais c’est uniquement pour leur profit et pour augmenter les revenus fiscaux, comme de coutume. Cela n’aide en rien à combattre les méfaits et à dissuader les malfaiteurs. Au contraire, cela ne fait qu’en augmenter le nombre, car la perte représentée par une amende est peu de chose à côté de ce que l’on gagne en réalisant son but.

Sous leur gouvernement, les sujets vivent en état d’anarchie, sans lois. Or l’anarchie détruit l’homme et ruine la civilisation. Comme on l’a vu, le pouvoir politique est une caractéristique naturelle de l’homme ; la seule à rendre possible son existence et la vie en société. C’est ce qu’on a déjà vu au début de cette partie.

Enfin, ils veulent tous le commandement. Rarement un Arabe concédera le pouvoir à un autre, fût-il son père, son frère ou l’aîné de sa famille. Quand cela se produit, c’est par exception et parce que la décence l’exige. Aussi trouve-t-on chez eux une multitude de gouverneurs et d’émirs. Leurs sujets doivent obéir à des autorités multiples, qu’il s’agisse des impôts ou des lois. Ainsi la civilisation se désintègre et disparaît.

Abd al-Malik interrogea un Arabe venu le voir au sujet d’Al-Hajjâj. L’homme, voulant faire devant le calife l’éloge de ce dernier pour son bon gouvernement et son œuvre de civilisation dit : « Quand je l’ai quitté, il était seul à pratiquer l’injustice. »

Voyez ce que sont devenus les pays sur lesquels les Arabes ont régné et qu’ils ont soumis depuis le début de la création : leur civilisation s’est effondrée, ils se sont vidés de leur population et même la terre n’y est plus ce qu’elle était. Le Yémen, lieu de leur séjour fixe, n’est plus que ruines, à l’exception de quelques cités. De même la civilisation persane de l’Irak arabe est complètement détruite. C’est le cas encore de la Syrie d’aujourd’hui. Et c’est pareil pour l’Ifrîqiya et le Maghreb : quand les Banû Hilâl et les Banû Sulaym y vinrent au Vème [XIIème] siècle et qu’ils y furent battus durant trois cents cinquante ans, ces pays connurent le même sort que les trois premiers : leurs plaines furent complètement ruinées. Autrefois, toute la région s’étendant entre le Soudan et la mer Byzantine était urbanisée, comme en témoignent encore les vestiges de la civilisation : monuments, sculptures, ruines de villages et de bourgades.

XXVI. Les Arabes n’obtiennent le pouvoir qu’en s’appuyant sur un mouvement religieux – prophétie ou sainteté – ou à la faveur d’un grand événement religieux en général.

En voici la raison. À cause de leur caractère farouche, les Arabes sont, moins qu’aucune autre nation, disposés à accepter la soumission : ils sont rudes, orgueilleux, ambitieux et veulent tous commander. Il est rare que leurs désirs se rejoignent. Mais la religion – grâce à un prophète ou à un saint – leur permet de se modérer eux-mêmes et de perdre leur orgueil et leur esprit de rivalité. Il leur devient alors plus aisé de se soumettre et de s’unir, du fait que leur religion commune efface la rudesse et l’orgueil et réfrène la jalousie et l’esprit de compétition. Quand un prophète ou un saint apparaît parmi eux et les appelle à observer les commandements divins, les débarrasse de leurs défauts et leur inculque les vertus – leur permettant ainsi de rassembler toutes leurs forces pour le triomphe de la vérité –, ils deviennent unis et obtiennent la domination et le pouvoir. D’ailleurs, les Arabes sont les hommes les plus prompts à accepter la vérité et la bonne voie parce que leurs caractères ne sont pas déformés par les mauvaises habitudes ni contaminées pas les mœurs dépravées. Leur caractère farouche peut être facilement corrigé. Il est disposé au bien, puisqu’il garde encore sa nature originelle et est éloigné des mauvaises habitudes et des vices qui s’impriment dans l’âme. Comme le dit la tradition prophétique déjà citée : « Tout enfant naît dans l’état originel… »

XXVII. Les Arabes sont les moins aptes à gouverner

En voici la raison. Plus que toute autre nation, les Arabes sont des gens du désert. Ils s’y enfoncent le plus loin et ils sont les moins dépendants des produits et des céréales des collines. Ils sont habitués à la pauvreté et à la rudesse et peuvent se passer des autres. À cause de la vie qu’ils mènent et de leur caractère farouche, ils se soumettent difficilement les uns aux autres. Chez eux, le chef a généralement besoin des autres membres de la tribu parce que l’esprit de corps est nécessaire à la défense du groupe. Il est donc forcé de les traiter avec douceur et d’éviter de les heurter pour ne pas risquer de compromettre l’esprit de corps – ce qui causerait sa perte et la leur –. Or le gouvernement et le pouvoir exigent que le souverain exerce une autorité de contrainte. Sinon, sa politique échoue.

D’autre part, il est de la nature des Arabes, comme on l’a vu, de s’emparer des biens d’autrui. C’est ce qui les intéresse en premier lieu. Ils ne se préoccupent ni de faire respecter les lois ni de protéger les gens. Quand ils règnent sur une nation, ils n’ont d’autre but que de profiter de leur position pour s’emparer des biens de leurs sujets, sans autrement se soucier de leur rôle de gouvernant. Souvent, ils instituent des amendes pour punir les méfaits afin d’accroître les revenus fiscaux et d’augmenter les profits. Ce n’est pas là un moyen de dissuasion mais bien plutôt un encouragement, si l’on considère les malfaiteurs et l’insignifiance de ce qu’ils sont obligés de donner en comparaison de la réalisation de leurs objectifs. Cela ne fait qu’accroître les méfaits et la civilisation est détruite. Une nation ainsi gouvernée est dans un état de quasi-anarchie où chacun veut prendre ce qui appartient à l’autre. La civilisation ne peut s’y maintenir et ne tarde pas à tomber en ruine, comme dans tout état d’anarchie, comme on l’a vu.

Pour toutes ces raisons, la nature des Arabes les éloigne de l’art de gouverner. Ils n’y deviennent aptes que lorsque leur nature est transformée par la religion qui les débarrasse de leurs anciens comportements, les pousse à se modérer eux-mêmes et à protéger leurs sujets les uns contre les autres, comme on l’a déjà dit.

C’est ce qui s’est produit avec la dynastie qu’ils ont fondée à l’époque musulmane. La religion leur permit de fonder leur gouvernement sur la Loi religieuse et ses prescriptions, lesquelles, de façon explicite ou implicite, tiennent compte de l’intérêt de la civilisation. Les califes se succédèrent. Ainsi les Arabes eurent un empire étendu et un pouvoir fort. Quand Rustum vit les musulmans réunit pour la prière, il s’écria : « ‘Umar me mange le foie. Il apprend aux chiens les bonnes manières. »

Plus tard, de nombreuses tribus tournèrent le dos à la dynastie et négligèrent la religion. Elles oublièrent la politique et retournèrent dans le désert. Elles en vinrent à ignorer leurs liens de solidarité tribale avec la dynastie parce qu’elles n’étaient plus disposées à obéir ni à se plier à la justice. Elles reprirent leur vie à l’écart comme autrefois. Elles n’eurent plus rien à voir avec le pouvoir, si ce n’est le fait que celui-ci appartenait aux califes – qui étaient des Arabes. Et quand le califat disparut et qu’il n’en resta nulle trace, les Arabes n’eurent plus aucune part au pouvoir, qui leur fut enlevé par les non-Arabes. Ils retrouvèrent leur vie de nomades dans le désert, ignorant tout du pouvoir et du gouvernement. La plupart ne savent même plus qu’ils ont eu, autrefois, un pouvoir. Or aucune nation au monde n’eut un pouvoir aussi étendu que celui des différentes générations des Arabes. En témoignent les dynasties des ‘Ad, des Thamûd, des Amalécites, des Himyar, des Tubba’, puis celles de Mudar, à l’époque de l’islam, avec les Omeyyades et les Abbassides. Mais, ayant oublié leur religion, les Arabes perdirent de vue leur expérience du gouvernement et retournèrent à leur civilisation nomade originelle. Si, quelquefois, ils parviennent encore à imposer leur domination à des dynasties affaiblies, comme dans le Maghreb actuel, ils ne font que ruiner la civilisation des régions soumises à leur autorité, comme on l’a vu précédemment.

La liberté de conscience en islam : encore l’impasse…mais vers un effondrement ?

L’émission de France 2 « Islam » a consacré de nouveau en mai 2019 deux épisodes à la question difficile en islam de la liberté de conscience, sans parvenir à sortir de l’impasse habituelle. On notera toutefois que la position tout à fait modérée des deux intervenants, si elle était partagée par le reste des musulmans et des pays musulmans, ferait de l’islam une religion comme une autre relevant du strict domaine privé de la croyance et permettrait certainement de sortir des crispations et du terrorisme dont l’islam est la source principale aujourd’hui.

Rappelons néanmoins que les musulmans de France sont loin d’en être là puisque, par exemple, le Conseil Français du Culte Musulman ne reconnaît toujours pas aujourd’hui encore aux musulmans la liberté de changer de religion : https://islametoccident.fr/?p=1023

L’analyse des deux intervenants relative à la nature de la prophétie de Mahomet comme seulement annonceur d’une « bonne nouvelle » (qui n’est qu’une reprise de l’idée chrétienne…) est séduisante.

Mais cette conception est encore bien peu partagée chez les musulmans. En effet, un intervenant rappelle à juste titre le hadith, certifié comme « authentique » par l’islam compte tenu de la qualité de la chaîne de transmission, qui appelle au meurtre des apostats. La position d’al-Ghazzali consistant à contredire la parole de Mahomet est intéressante mais ne remet malheureusement pas en cause l’authenticité incontestée de cette parole sacrée.

Bref, tous ces propos ne sont-ils en réalité que des vœux pieux ? Ces bonnes intentions n’ont de fait que peu de traduction tangible dans la la culture musulmane, ce que résume très bien ce musulman interviewé sur la question de l’apostasie :

Les musulmans modérés aboutissent en réalité à une reconstruction a posteriori d’un islam désiré, moderne, mais qui n’est pas l’islam de Mahomet, fondamentalement intolérant et violent, et dont l’aspect guerrier est congénitalement étranger à l’idée de liberté de conscience : encore une fois, il faut lire la biographie de Mahomet écrite par les musulmans eux-mêmes… !! Mahomet est la matrice fondamentale de l’extrémisme.

Néanmoins, tous ces efforts n’auront-ils jamais aucun effet ? Il n’est pas exclu que la connaissance du contenu réel de l’islam qui se répand chez les personnes vivant en Occident, musulmanes et non-musulmanes, du fait de l’élévation du niveau culturel de la population par l’éducation et le contact avec le monde moderne, constitue à l’avenir un ferment létal pour l’islam compte tenu de son extrême faiblesse intellectuelle et spirituelle qui saute aux yeux de tous ceux qui prennent la peine de l’étudier sérieusement. Car pour détruire l’islam, ne suffit-il pas tout simplement de l’expliquer ? Un islam éclairé, comme celui de ces deux intervenants, n’est plus l’islam.

La figure de Mahomet : un mythe confus

L’émission de France 2 « Islam » a consacré en mai 2019 deux épisodes à la figure de Mahomet et sa perception en Occident.

  • Mahomet, homme de guerre

La mention de la perception plutôt positive de Mahomet par le romantisme européen ressort de tous les excès du romantisme, bien éloigné par essence des jugements pondérés fondés sur une analyse précise et proportionnée des faits. Mais il est intéressant de noter que le caractère guerrier de l’idéologie mahométane n’est pas contesté dans le court reportage diffusé en début d’émission.

Or, comment un homme de guerre a-t-il pu fonder une religion dont on dit qu’elle serait « d’amour et de paix » ? Mystère…

  • Les contradictions multiples de l’islam

Si la figure de Mahomet a longtemps été imprécise – voire fantasmée – en Occident du fait de la méconnaissance des sources musulmanes, d’accès limité tant géographiquement que linguistiquement, un des intervenants mentionne à juste titre la multitude de contradictions inhérentes aux textes musulmans qui ont aussi pour les musulmans eux-mêmes contribué au flou entourant la nature de l’islam et la personnalité de Mahomet.

  • Les caricatures de Mahomet : toujours le malaise

Si la liberté de conscience et de critique existait vraiment dans la culture musulmane, nul ne devrait voir de raison suffisante pour interdire la moquerie au travers des caricatures de la figure de Mahomet, notamment de la part de ceux qui ne voient dans tout cela que des contes de bonne femme ou de l’opium pour les hommes – comme à Charlie Hebdo –, chacun étant libre de penser ce qu’il veut en matière de religion.

Reste que sur cette question les musulmans, même modérés, ressentent un profond malaise et que les musulmans dans leur ensemble demeurent très « chatouilleux », jusqu’à vouloir de façon insidieuse mais constante instaurer un délit de blasphème en Europe, notamment via la Cour Européenne des Droits de l’Homme (cf. la récente affaire autrichienne https://islametoccident.fr/?p=4865 ).

À quel titre les musulmans prétendent-ils instaurer une censure religieuse en France (alors que juifs et chrétiens ne la réclament pas même si certains propos ou dessins peuvent les choquer) ?

Voile islamique et kippa : même combat ?

On sait les débats houleux que la question du port obligatoire du voile soulève en islam vu le peu de clarté des textes et la multitude de leurs interprétations. On sait également la confusion que cette question engendre chez les représentants de l’islam en France compte tenu de la nécessité de valoriser l’islam au regard de la société française dans un contexte compliqué de crispation culturelle vis-à-vis de l’Occident vu la contribution extrêmement faible du monde musulman au monde moderne. Dans ces conditions, le voile est devenu le haut lieu de la crispation identitaire et de la revendication culturelle dans une perspective communautariste agressive d’affirmation.

Il est intéressant de constater que cette perspective communautariste passant par l’ostentation dans l’espace public est aussi partagée d’une certaine façon par le judaïsme puisque, comme l’a rappelé l’émission de France 2 Judaica du 21 avril 2019 consacrée à la kippa, le port de la kippa est une coutume qui ne découle aucunement d’un impératif biblique.

Judaïsme et islam, frères ennemis, ont décidément bien des points communs.

La vie de Mahomet selon les sources musulmanes : quel embarras…

France 2 a consacré en avril 2019 deux émissions hebdomadaires du dimanche matin à la vie de Mahomet telle qu’elle ressort des sources musulmanes. Je propose de revenir sur quelques aspects de ces deux émissions assez laborieuses.

  • La Sira d’Ibn Ishâq constitue bien la biographie de référence de Mahomet

J’ai déjà écrit sur ce site à ce propos : on ne peut que conseiller à tous de lire cette biographie disponible en français et dans d’autres langues européennes pour prendre véritablement la mesure du personnage de Mahomet et sortir de la pure invention ou de la projection d’une figure qui n’a pas existé.

  • Mahomet est « le modèle à suivre » pour les musulmans

En dépit des guerres et des atrocités commises par Mahomet selon les sources musulmanes elles-mêmes, Mahomet reste la figure centrale de l’islam et le modèle à suivre.

En réalité, l’impossibilité congénitale des musulmans à voir la réalité mahométane et le refus obstiné de tout esprit critique conduisent nécessairement les musulmans à un surréalisme religieux et hagiographique fondé sur une spiritualité pauvre et un personnage « mythique », de même que certains ont pu restés fascinés par Hitler, Staline, Mao, Che Guevara et combien d’autres figures « mythiques ».

  • L’inculture des musulmans

Quiconque prend la peine d’interroger précisément les musulmans sur la vie de Mahomet, en particulier parmi les musulmans établis en Europe, constate rapidement une profonde inculture, mais qui a au moins l’intérêt de contribuer à excuser que Mahomet puisse encore être considéré comme un modèle.

  • La fuite de Mahomet à Médine

Il est toujours curieux de constater que l’hégire, c’est-à-dire la fuite de Mahomet et de ses compagnons à Médine, constitue en quelque sorte le début de la société musulmane. Se glorifier d’une fuite n’est pas en effet très commun.

En tous cas, il est intéressant, comme le fait un des invités, de ramener cet événement à ce qu’il était réellement : prosaïquement la recherche d’un environnement social et tribal plus favorable pour nouer des alliances guerrières, le message religieux étant tout à fait annexe dans ces circonstances.

  • Les guerres de Mahomet

Alors que les guerres offensives de Mahomet sont un problème central pour une religion prétendument d’amour et de paix, cette question ne fait l’objet que d’un seul échange en fin de deuxième émission. Cela étant, il faut reconnaître que la question est posée, ce qui est loin d’être le cas en général car ce sujet constitue un tabou central de l’islam dans son rapport actuel à l’Occident.

Le premier intervenant qui tente de répondre à cette question sur le comportement de Mahomet lui-même soit n’a pas compris la question, soit la dévie volontairement vers une problématique religieuse postérieure de plus d’un siècle à la vie de Mahomet. C’est le second intervenant qui finalement ose dire les choses : Mahomet et ses musulmans ont pour objectif de faire du monde mécréant un monde musulman, s’il le faut par la force et les guerres pour parvenir à la soumission ou à la conversion des mécréants.

Quoi dire de plus ? N’est-ce pas simple et clair ?