Libye et victimisation : une mise au point intéressante sur les errements français

L’excellente émission « Arrêt sur images » nous a gratifié fin mars 2016 d’un échange intéressant et plein de bon sens à propos des errements français en Libye et de l’instrumentalisation médiatico-politique de la victimisation.

ASI 160331 Libye et victimisation

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Lutter contre la « radicalisation islamiste » : un leurre bien occidental ?

Alors que l’ « Instance de dialogue » mise en place par le gouvernement avec les représentants de l’islam de France constatait en tout début de semaine dernière (21 mars) sa très grande difficulté à lutter efficacement contre la radicalisation chez les jeunes musulmans français, les attentats de Bruxelles ont été tout au long de la semaine de nouveau l’occasion d’un déferlement de généralités dans les médias, laissant de côté la doctrine, l’émission « Des Paroles et Des Actes » s’étant illustrée dans ce domaine avec une conclusion assez insipide et surtout inutile d’un psychiatre, car c’était, encore une fois, replacer la problématique de la radicalisation sur le seul terrain de la psychologie/psychiatrie. Malheureusement, la faible diversité des intervenants dans les grands médias (télévision ou radio) laisse peu de chance à l’expression des opinions non conformistes, politiquement incorrectes, mais probablement plus justes.

Il est symptomatique que les seuls motifs avancés ad libitum pour expliquer cette « radicalisation » soient tous de nature sociologique, économique, psychologique, etc., et jamais religieuse. Si des juifs, des chrétiens, des bouddhistes, des agnostiques, des athées,… souffrent aussi en France de difficultés scolaires, économiques, psychologiques, sentimentales, etc., on n’en voit pas qui sortent tuer des gens dans les rues ou commettre des attentats-suicide au nom de leur religion ou spiritualité. C’est donc bien qu’il y a une spécificité de l’islam en matière de violence.

Force est de constater que ces jeunes musulmans qui commettent ces attentats au mépris de leur vie sont loin d’être tous des « paumés » ou des personnes psychologiquement dérangées. Bien sûr, certains peuvent être instrumentalisés à partir d’un terreau fragile, mais beaucoup de situations ne semblent pas relever de ce contexte. Dans une récente émission d’« Arrêt sur images », un reportage montrait un combattant de l’État Islamique en Syrie qui faisait le choix, après concertation avec les autres membres de son groupe, de sacrifier sa vie pour déloger des ennemis d’une position jusque-là imprenable. Il était calme et le reportage le montrait ayant une conversation a priori normale avec sa femme quelques minutes avant son départ. De la même façon, la vidéo de l’État Islamique relative aux attentats du 13 novembre montre les interviews des combattants morts dans les attentats : c’est surtout leur résolution calme qui impressionne, y compris lorsqu’ils pratiquent des décapitations.

Face à cette détermination sans faille et maîtrisée, les politiques sont désemparés car beaucoup d’occidentaux ont perdu le sens du religieux. La glorification de l’athéisme et l’écroulement de la morale qu’il provoque sapent depuis bien des années le respect et la compréhension du spirituel dans l’homme. Les personnes vraiment croyantes ne sont plus vues que comme des représentants d’une espèce en voie d’extinction, des « curiosités » qu’on observe avec amusement, comme les hommes du mythe platonicien de la caverne. Aller jusqu’au bout de son engagement religieux ou spirituel serait la marque de personnes « dépassées », appartenant à une époque révolue, n’ayant rien compris puisqu’elles sont par définition en dehors de la réalité consumériste et jouissive de notre temps. À cette aune, un moine régulier qui s’enferme pour des années entre les murs d’une abbaye à prier pour un monde qu’il ne voit pas est-il plus fou qu’un combattant musulman qui veut mourir en martyr, assuré qu’il est d’être reçu au paradis ?

Poser le problème de la « radicalisation » musulmane, c’est en réalité poser le problème de l’identité profonde de l’islam. Que dit l’islam ? En réalité, la grande majorité des musulmans semble l’ignorer (comme le confirmait un reportage présenté dans l’émission de France 2 du dimanche matin consacrée à l’islam de France en février 2015 : « L’ignorance est un fléau chez les musulmans » disait une jeune musulmane interviewée).  Aussi, l’invitation pressante de l’État Islamique incitant les musulmans d’Europe (et du monde) à revenir à leurs textes authentiques, à « apprendre leur religion », n’est donc pas fortuite.

Pourquoi les réponses de l’islam de France sont-elles si faibles à ce sujet ? C’est sans doute que la lecture de la biographie originelle de Mahomet du IXème siècle (Sîra d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham), reconnue comme authentique par tous les musulmans, conduit à constater une proximité troublante entre l’islam de Mahomet, à compter de son installation à Médine, et celui de l’État Islamique. Cette biographie regorge en effet d’expéditions, de razzias, meurtres, viols, tortures, etc. dans le cadre du jihad que Mahomet a instauré contre tous les non-musulmans. Ce jihad est offensif et la légitime défense si souvent évoquée en occident apparaît bien « mythique ».

En effet, l’omniprésence de la guerre à compter de la déclaration du jihad ne fait guère de doute : de la date du début de la préparation du jihad à la conquête de La Mecque, ce qui représente 500 pages dans la Sîra traduite par Abdurrahmân Badawî (Éd. Albouraq), on dénombre environ 450 pages consacrées à la description de la guerre (batailles, expéditions, alliances, traitements de captifs, répartition du butin, meurtres divers,…). La consultation de la table des matières du second volume de cette biographie conduit à identifier sur cette période plus de vingt-cinq sections relatives à la guerre (avec les mots bataille, campagne, razzia, conquête,…), ainsi que quatorze sections relatives à des meurtres. Souvenons-nous d’ailleurs simplement que Mahomet a exterminé les juifs Banû Quraydha à Médine : entre 600 et 900 prisonniers juifs égorgés par petits groupes, « jusqu’à leur extermination totale », dit la Sîra ; et tout cela en dépit du fameux « Nulle contrainte en religion » (qui a en réalité été abrogé par Mahomet avec l’ouverture du jihad).

Cette perception n’est guère contradictoire avec la lecture du Coran, dont les versets appelant à tuer les infidèles, les pourchasser, etc., sont nombreux, de même que les multiples versets glorifiant le martyre dans le « combat dans la voie d’Allah » (le jihad), dont j’ai déjà eu l’occasion dans un autre article sur « la licéité de l’attentat-suicide » de donner de nombreux exemples sur le site d’Atlantico.

Terminons enfin par les hadiths du Prophète qui semblent également cohérents avec cet ensemble. Par exemple en ce qui concerne la lutte contre les juifs (hadith de Muslim faisant partie du recueil authentique, qu’on retrouve de façon similaire mais un peu plus courte chez Bukhari) : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’un des arbres des juifs ». »

Que Mahomet ait été historiquement un homme politique qui a usé sans scrupule de la guerre pour parvenir à ses fins ne devrait pas en soi être problématique si l’islam pouvait laisser dormir cet exemple dans les coffres de l’histoire et ne conserver de sa doctrine que les aspects pacifiques et miséricordieux (l’islam ayant déjà été bien précédé par les conceptions bouddhistes et chrétiennes qui donnent à l’amour du prochain et à la compassion une place centrale, la violence étant totalement absente du Nouveau Testament – est-il besoin de le rappeler –). Cette évolution serait profitable à tous et faciliterait grandement le vivre ensemble.

Mais vouloir faire évoluer l’islam dans ce sens, ce que certains penseurs musulmans « éclairés » réclament aujourd’hui au péril de leur vie, semble impossible sans remettre en cause l’islam dans sa totalité puisque Mahomet constitue un modèle a qui force de loi universelle pour la suite des temps, toute critique de sa personne étant d’ailleurs susceptible de constituer un délit de blasphème puni de mort dans l’islam.

Aussi, la question de la « radicalisation » n’est pas celle qui nous est présentée : c’est d’abord fondamentalement une question religieuse, et non sociologique ou psychologique ; vouloir prétendre le contraindre est une erreur de diagnostic manifeste, un véritable aveuglement. D’ailleurs, si tous les recruteurs et les recrutés de l’État Islamique étaient des gens « perdus », désemparés, la lutte serait sans doute beaucoup plus facile et leur engagement ne se prolongerait sans doute pas sur des années. La cohérence doctrinale de la vision dite « islamiste » est justement un des éléments pouvant fasciner des esprits en quête d’absolu, à la recherche d’une vraie identité spirituelle et non pas d’une religiosité confortable se rassasiant de quelques prières quotidiennes et de quelques ablutions.

Si être musulman aujourd’hui c’est continuer à suivre du mieux possible l’exemple du Prophète (ce qui est régulièrement rappelé dans toutes les conférences musulmanes qui se tiennent en France), prendre conscience de la nature de l’islam professé et pratiqué par Mahomet (telle qu’il ressort des textes musulmans authentiques eux-mêmes) semble problématique, au moins à la première lecture : on peut certes prétendre interpréter, mais la clarté de ces textes pose un vrai problème. La question devient donc : Mahomet était-il « radicalisé » ? Est-ce un exemple à suivre ?

Georges Malbrunot, dans une conférence donnée à Neuilly-sur-Seine le soir du 22 mars dernier sur le thème de l’État Islamique, à la question (deux fois formulée) sur les motifs strictement religieux conduisant les jeunes Européens à partir en Syrie, répondait : « l’islam, ce n’est pas cela [celui de l’État Islamique] », incantation pieusement formulée. Ce propos, malheureusement soutenu par aucun argumentaire doctrinal, semblait refléter un tabou impossible à lever : envisager que certains aspects de la doctrine de l’État Islamique puissent effectivement refléter le véritable islam des origines. Dans le même temps pourtant, Georges Malbrunot concédait qu’une proportion très significative (30% ou plus) des sunnites de certains pays du Golfe affichaient en leur for intérieur une certaine sympathie pour la vision doctrinale de l’islam professée par l’État Islamique.

En France, l’accès aux médias semble limité à un petit groupe d’islamologues ayant pignon sur rue médiatique et dont le discours économico-sociologico-psychologique semble tourner en boucle en dépit du peu de réponses concrètes qu’il apporte. Quant aux autres commentateurs, journalistes détenant les clefs du pouvoir médiatique, leur ignorance de la doctrine musulmane est flagrante – d’ailleurs il ne la cite jamais –, ce qui ne les empêche toutefois pas d’asséner leurs opinions avec la plus grande force. Ainsi, les questions difficiles sont évacuées, comme l’a déjà souligné à plusieurs reprises Alain Finkielkraut (mais aussi d’autres), au prétexte de ne pas favoriser la « stigmatisation » (et donc l’islamophobie).

Or la question n’est pas de stigmatiser les musulmans, qui n’ont aucune raison d’avoir à la naissance un plus mauvais fonds humain que les autres hommes. Car il faut mettre fin aux procédés condamnables de certaines officines dont l’activité principale semble consister, dans un amalgame odieux, à tenter de faire taire (et si possible condamner par la justice) toute analyse libre et critique des religions, et notamment de l’islam, au prétexte que ce sont les personnes qui sont attaquées ! Eh bien, non ! Humainement, un musulman n’a pas plus de raison d’être meilleur ou pire qu’un juif, un chrétien, un bouddhiste, un athée, un communiste, un scientologue… : donc pourquoi l’attaquer ? La question n’est vraiment pas là. La question est d’analyser de quelle façon les idéologies, les religions, peuvent transformer les hommes, jusqu’à parfois en faire des monstres, et d’essayer de comprendre dans quelle mesure ce processus de transformation a été délibéré et conscient de la part de l’individu concerné, car c’est aussi une clef essentielle dans la lutte contre ces dérives.

La première tâche est donc d’éduquer chaque personne dans sa religion et de lui faire prendre pleinement conscience des textes qui sont à la source de sa croyance. Or, s’agissant de l’islam, on peut légitimement s’interroger sur le degré de connaissance qu’ont les musulmans de leurs propres textes sacrés étant donné la puissance des dénis, des occultations ou des censures qu’on constate tous les jours dans ce domaine.

La question, qui ne doit supporter aucune entrave, est, sur la base des textes originaux, de rechercher la réalité du message, quelle qu’elle soit, même si elle est douloureuse. Or force est de reconnaître que de nombreux thèmes posent problème dans la doctrine musulmane (inégalité des communautés humaines et communautarisme, inégalité homme-femme et droit de battre sa femme, châtiments corporels, laïcité, jihad contre les infidèles, martyre au combat, etc.).

Malheureusement, en France, le politiquement correct semble difficile à dépasser, alors même que la parole peut être beaucoup plus libre dans certains pays où on s’y attendrait peut-être moins (lire par exemple l’interview du philosophe musulman libanais Ali Harb publiée le 13 mars 2016 dans le quotidien libanais « L’Orient Le Jour » intitulée : « L’islam ne peut pas être réformé ») (reforme). En matière de religion, les médias français semblent déserter le champ de la simplicité, de la raison, du simple bon sens. Et la lecture littérale, qu’on nous apprend à l’école et que tout le monde applique naturellement dans sa vie de tous les jours, semble perdre soudainement, lorsqu’il s’agit de l’islam, sa pertinence et sa vertu (sans que quiconque soit capable d’expliquer pourquoi), et être entachée d’un irrémédiable et épouvantable vice. De quoi a-t-on peur ?

Ceux qui prétendent qu’il n’y a “aucun rapport” entre le djihadisme et l’islam nient l’évidence

Extrait de l’interview donné par André Comte-Sponville à Franck Crudo du magazine Causeur et publiée en deux volets en février 2016

  • Extrait de l’interview

Franck Crudo :

« Vous soulignez que le concept d’islamophobie est piégé parce qu’il a deux sens possibles (le racisme antimusulman, lequel est inadmissible, ou bien la critique d’une idéologie religieuse, laquelle est nécessaire) et que l’islam a bel et bien un rapport avec l’islamisme. Une idéologie – qu’elle soit politique ou religieuse – qui sécrète autant d’antisémitisme, de sexisme, d’homophobie, d’intolérance et qui soumet à ce point la raison à la foi est-elle compatible avec les valeurs de la République ou des Lumières ? »

André Comte-Sponville :

« On a le droit, dans nos pays, d’être anticommuniste, antifasciste ou antilibéral. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de s’opposer pareillement à telle ou telle religion, par exemple au judaïsme, au christianisme ou à l’islam ? Mais la frontière est souvent ténue entre l’antijudaïsme et l’antisémitisme, comme entre l’islamophobie et le racisme antimusulman. Il importe donc de rester doublement vigilant, pour préserver la liberté de l’esprit (on a le droit de critiquer toute idéologie, qu’elle soit religieuse ou pas) sans cesser de combattre le racisme, sous toutes ses formes.

Notons d’ailleurs que le racisme antimusulman, en France, est très loin d’être le plus virulent. Un noir catholique ou un arabe athée seront beaucoup plus souvent victimes du racisme qu’un musulman de type européen ! Ce n’est pas une raison pour cesser de combattre ce racisme-là, mais arrêtons d’en faire l’essentiel.

Quant à ceux qui prétendent qu’il n’y a « aucun rapport » entre le djihadisme et l’islam, ils nient l’évidence. Que penseriez-vous d’un chrétien qui vous dirait : « Il n’y a aucun rapport entre l’Inquisition et le christianisme, cela n’a rien à voir ! » ? Ou d’un marxiste qui vous dirait : « Il n’y a aucun rapport entre le marxisme et le stalinisme, cela n’a rien à voir ! » ? Vous vous diriez qu’il se raconte des histoires, et vous auriez raison. Que tout chrétien n’ait pas été un inquisiteur, que tout marxiste n’ait pas été stalinien, cela va de soi. Mais enfin tous les staliniens étaient marxistes, comme tous les inquisiteurs, dans nos pays, étaient chrétiens : ce ne peut pas être un hasard ! Que tout musulman ne soit pas djihadiste, c’est une autre évidence, mais qui n’annule pas le fait que tous les djihadistes sont musulmans. Qui peut croire que ce soit par hasard ou simplement par erreur ?

C’est au contraire en faisant un travail d’élaboration critique, en essayant de penser ce qui, dans le christianisme ou le marxisme, a rendu l’Inquisition et le stalinisme possibles, que chrétiens et marxistes ont pu rompre, pour l’immense majorité d’entre eux, avec ces horreurs. C’est ce même travail d’élaboration critique qu’il faut demander aujourd’hui aux démocrates musulmans : qu’ils essaient de penser le rapport entre le djihadisme et l’islam, au lieu de le dénier perpétuellement, qu’ils analysent ce qui, dans l’islam et y compris dans le Coran, a rendu le djihadisme possible.

Certains intellectuels musulmans ont commencé à faire ce travail, non sans courage, et il faut les soutenir plutôt que les mettre dans le même sac que leurs adversaires. De même que l’Inquisition ou le stalinisme ne sauraient justifier qu’on juge le christianisme ou le marxisme incompatibles avec les valeurs de la République ou des Lumières, le djihadisme ne saurait pas davantage justifier qu’on condamne l’islam en bloc ni qu’on prétende l’exclure définitivement du champ républicain ou progressiste. C’est pourquoi la thèse du « choc des civilisations » me paraît pernicieuse. Ce qui m’interdit d’y adhérer, c’est ce fait incontestable qu’il existe des démocrates musulmans et des fascistes judéo-chrétiens. Vous ne serez pas surpris que je me sente plus proche des premiers que des seconds ! »

  • Commentaires

Le lien entre islam et jihadisme est effectivement une évidence. Les « démocrates musulmans » (notion qui mériterait grandement d’être précisée) n’arrivent effectivement pas à accoucher d’une réflexion fondamentale sur le sujet.

Quant à l’affirmation selon laquelle « le jihadisme ne saurait pas davantage justifier qu’on condamne l’islam en bloc », elle reste à démontrer dans la mesure où l’analyse des textes musulmans authentiques (qu’André Comte-Sponville reconnaît n’avoir pas faite) permet d’identifier une filiation évidente et essentielle entre l’islam et le jihadisme, et avec lequel l’islam n’arrive clairement pas à couper les ponts.

La France ne lutte contre l’État Islamique que quand ses intérêts économiques sont menacés ?

Le plateau d’« On n’est pas couché » a donné l’occasion fin janvier 2016 à Manuel Valls d’expliciter la politique étrangère de la France : la France ne défend le Mali contre la branche africaine de l’État Islamique que parce que ses intérêts dans les ressources d’uranium des pays voisins sont menacés.

Valls Mali ASI 160128

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Verbatim :

Manuel Valls : Des soldats se sont faits troués pour aller soutenir un pays où il n’y a pas un seul intérêt économique, pas un seul – vous connaissez le Mali ? – pas un seul, pour libérer ce pays qui était sous l’emprise des terroristes.

Jeremy Ferrari : Il n’y a pas un pays derrière qu’on protège ?

Manuel Valls : Nous protégeons le Sahel.

Jeremy Ferrari : Quand on attaque le Mali, il n’y a pas de pays derrière où on a des intérêts par contre ?

Manuel Valls : Si, il y en a un notamment, le Niger, et il y a un intérêt fondamental, c’est l’uranium, pour évidemment nos industries dans le nucléaire. Il n’y a aucune honte à le dire.

Cela ne ressemble guère à une lutte constante et déterminée contre le terrorisme de l’État Islamique en tant que tel.

Michel Houellebecq est un prophète ! Et Manuel Valls l’antéchrist !

Interviewé par la Radio Télévision Suisse en marge du forum de Davos, Manuel Valls a déclaré (19 janvier 2016) une chose inouïe qui en dit long sur sa vision délabrée de l’Europe et la soumission qu’il s’apprête à faire subir à la France : « L’Europe et la France doivent faire la démonstration que l’islam est compatible avec notre démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, et nos valeurs. »

 RTS Valls 160119

RTS Valls 160119

Oui, vous avez bien entendu : c’est à l’Europe et à la France de faire la démonstration, et non l’inverse, ce qui est quand même une évidence, c’est-à-dire à l’islam de faire la démonstration qu’il peut être compatible avec le modèle social et culturel français !

Outre le renversement des valeurs au profit de l’islam contre la France historiquement chrétienne, ce propos démontre la méconnaissance profonde par Manuel Valls de la doctrine de l’islam. L’égalité entre les hommes et les femmes en islam : où Manuel Valls a-t-il inventé cela ? L’incompatibilité de l’islam avec les valeurs de la France est irréductible. Sans doute Manuel Valls n’a jamais lu le Coran comme son collègue Alain Juppé (cf. lire le Coran).

Le pire est que cette parole n’est pas le fruit du hasard et une erreur de formulation excusable, car, vous le remarquerez, le journaliste ne lui pose pas la question. C’est Manuel Valls lui-même qui tient à placer explicitement ce message dans la conversation.

J’en conclus, face à cette éclatante vérité qui m’aveugle, que Michel Houellebecq est un prophète !

Mein Kampf et le Coran : même combat ?

À l’heure (janvier 2016) où Mein Kampf vient de tomber dans le domaine public et où les éditions Fayard s’apprête à éditer une nouvelle traduction critique commentée, la première depuis celle de 1934, les débats vont bon train dans les médias pour savoir si cela est une bonne idée et si cela ne devrait pas être empêché, voire interdit. Pourtant, il ne fait aucun doute que l’intérêt historique de cet ouvrage pour la compréhension du phénomène nazi et de l’évolution de sa doctrine est évident.

Il ne fait également aucun doute que la teneur antisémite profonde de cet ouvrage est tout à fait détestable et qu’il ne s’agit donc ici pour les personnes impliquées dans ce projet que de faire œuvre d’historiens et non, en quelque façon que ce soit, de propagandiste.

  • Les appels aux meurtres dans le Coran

Mais il est très curieux que tous les beaux esprits qui s’effraient aujourd’hui de la réédition de cet ouvrage n’élargissent pas le débat à d’autres ouvrages qui appellent à la haine, au premier rang desquels figure le Coran, et les hadiths de Mahomet : ces ouvrages vont d’ailleurs beaucoup plus loin en appelant ouvertement à la violence et au meurtre (de non-musulmans), de façon parfaitement explicite et indiscutable. Il est trop long dans le cadre de cet article de mentionner tous les passages qui appellent à la violence ou aux meurtres des non-musulmans, tellement ils sont nombreux. En voici quelques-uns relatifs au meurtre (en mettant même de côté le cas des apostats qui méritent bien entendu la mort cf. apostasie en islam) :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les [ndlr les incrédules], où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés [1]. (…)» 

[1] Mahomet a décidé de quitter La Mecque : il n’a pas été chassé. Avec les persécutions à La Mecque (cf. persécution), c’est un mythe fondateur et fondamental de l’islam sur lequel repose toute la théorie de la légitime défense pour excuser le jihad.

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

Coran, sourate 9, verset 111 : « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) »

Hadith (Bukhari 2925) : Mahomet a dit : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : Ô adorateur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

Ainsi, le Coran et la Tradition musulmane ne choquent pas les beaux esprits parisiens alors qu’il y a plusieurs millions de musulmans en France qui reconnaissent tout à fait ces textes comme leurs et que des attentats ont lieu en France avec des dizaines de morts au nom de cette religion ! Interdire Mein Kampf et autoriser le Coran : n’y aurait-il pas deux poids, deux mesures ?

  • De la dictature de la bien-pensance

D’abord, nous touchons là certainement à la stupidité des lois et des raisonnements dont l’objectif est de bâillonner la liberté d’expression. Non pas que toutes les opinions soient défendables ou respectables, mais comme l’a rappelé avec grande intelligence l’avocat Marc Bonnant, la liberté d’expression n’a pas de limite, elle doit pouvoir aller jusqu’à l’abject car « les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit. » (cf. Bonnant)

Mais surtout, cette démarche intellectuelle se comprend tout à fait lorsque l’on se rappelle que le socialisme a toujours prétendu (comme le national-socialisme et le fascisme qui en sont issus) savoir ce qui est bon pour le peuple, quitte à le lui imposer même s’il n’est pas d’accord. Dans ce contexte, l’anéantissement la pensée individuelle petite-bourgeoise mais libre a toujours été une obsession de la dictature de la pensée de gauche. Ce n’est pas un hasard si le socialisme a un lien naturel avec la dictature.

En effet, souvenons-nous que « le socialisme est une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers au moyen d’une organisation concertée » (Le Petit Robert). Mais qui définit l’intérêt général ? Que se passe-t-il quand une classe politique investie par le peuple le trahit outrageusement, sans aucun respect, et va contre sa volonté, en refusant en outre de le consulter même lorsqu’il s’agit de la remise en cause de ses racines profondes et historiques ?

Dans le contexte de la réédition de Mein Kampf, un bon exemple est donné par l’intervention d’Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche, sur le plateau d’Arrêt sur Images le 17 décembre 2015. Ce représentant emblématique de la bien-pensance totalitaire justifie in fine, après avoir tourné autour du pot et s’être défendu d’être démangé par la tentation de la censure (pieux mensonge immédiatement avoué…), la nécessité de ré-interroger l’intérêt d’une censure qu’il souhaiterait en réalité voir s’appliquer à cette réédition.

Et quel est l’argument ? Le peuple vote mal ! En effet, Alexis Corbière semble effrayé par la masse des électeurs ayant voté pour le Front National ou Debout la France ! aux élections régionales de 2015 : magnifique aveu que l’on pourrait résumer ainsi : « Amis, vous votez mal : il faut donc que nous chargions de la sainte tâche de redresser votre conscience » !

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Verbatim : « Il doit y avoir un point de vue civique : où est l’intérêt général ? où est l’intérêt général ? Je le dis : moi, je suis pour que les historiens puissent travailler mais il est autre de chose qui est de considérer, dans la période qui vient, avec les résultats des dernières élections régionales, je le dis clairement : est-ce qu’il est neutre aujourd’hui qu’on dise : ah ben oui cela doit circuler ? Des ouvrages dans lesquels il y a des formulations d’une xénophobie et d’un antisémitisme violent et toujours actuel hélas. »

  • Conclusion

Et après on voudrait que les Français, dont on se moque sans vergogne à tour de bras, auxquels on prétend dicter ce qu’ils doivent penser, aient encore de la considération pour leur classe politique et journalistique ?

Discours de Bernard Cazeneuve (15 juin 2015)

Il est intéressant d’analyser la position du gouvernement français, par la voie de son ministre de l’intérieur, sur la question musulmane. Voici quelques commentaires relatifs au discours prononcé le 15 juin 2015 par Bernard Cazeneuve, en clôture de la réunion de l’Instance de dialogue avec le culte musulman.

  • « La laïcité, ce n’est pas l’interdiction des repas de substitution dans les cantines scolaires. Cela, ce n’est pas la laïcité, c’est son instrumentalisation politique au détriment des seuls musulmans. »

La laïcité, c’est la neutralité de l’État en matière religieuse, et donc l’absence de soumission de l’État à des contraintes religieuses. La notion de « repas de substitution » doit être bannie : seule la diversité des repas doit être assurée afin que chacun y trouve son compte. Mais laisser planer le doute quant à l’obligation morale qu’auraient les établissements publics à fournir des repas halal dans les cantines scolaires est inacceptable.

D’ailleurs, pourquoi limiter la question au halal et ne pas intégrer la question du casher ? Dire que cela ne concerne que les seuls musulmans est erroné. Or les juifs ne posent a priori pas de problème majeur sur ces sujets.

  • « C’est au nom la laïcité que l’État doit garantir aux Français de confession musulmane le libre exercice de leur culte »

L’État garantit à tout individu l’exercice de ses droits, liés à la liberté religieuse ou pas. Quel rapport avec la laïcité ?

  • « En outre, le gouvernement a décidé de consacrer 9 millions d’euros sur les trois prochaines années au financement d’équipements de sécurité, comme des caméras de vidéo-protection, dans les mosquées où le besoin s’en fait sentir. »

S’il s’agit d’équipements sur la voie publique aux abords des mosquées par exemple, pourquoi pas. Mais s’il s’agit d’équiper aux frais du contribuable des établissements privés musulmans (mosquées ou autres), ce qui semble bien être le cas (dans les mosquées), c’est inacceptable.

  • « Dès l’an passé, j’ai donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes anti-musulmans, mais aussi racistes et antisémites, dont ils auraient connaissance. »

Et les actes anti-chrétiens ?

  • « Pour ma part, comme je l’ai déjà dit, je comprends que les musulmans soient exaspérées de devoir sans cesse expliquer qu’ils n’ont rien à voir avec les attentats perpétrés sur notre sol. »

Non. Les musulmans sont les représentants vivants d’une idéologie religieuse qui, objectivement, sème la terreur dans le monde. Les musulmans portent une responsabilité collective dans l’absence de dénonciation et de manifestation ferme et massive devant ces faits, même ceux qui se passent à l’étranger ou dans les pays musulmans (ex. absence de respect des droits de l’homme), ainsi que dans leur incapacité à purger leur doctrine de tous les ferments d’extrême violence, nombreux, qui y figurent avec une évidence criante.

D’ailleurs certains représentants de la communauté musulmane ne sont pas de l’avis du ministre et jugent bien qu’il y a effectivement des comptes à rendre aux non-musulmans quant à la violence que l’Occident et notamment la France subie depuis tant d’années (cf. reconnaissance).

  • « Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Non, cf. le point précédent. La majorité silencieuse est coupable de son silence, comme commencent à le reconnaître certains musulmans eux-mêmes (cf. reconnaissance). Quant à ce procès en culpabilisation, qu’il soit soutenu par un ministre de l’intérieur en exercice prouve, s’il en était encore besoin, que le politique tend à abaisser le débat public au lieu de l’élever.

  • « Enfin, il est connu que les préjugés naissent de l’ignorance. Je crois donc également à la nécessité de faciliter l’accès du grand public à une meilleure connaissance de l’Islam et de la civilisation arabo-musulmane. Le ministère de la culture va entreprendre un travail de recension des projets portés par les institutions culturelles et audiovisuelles – France Télévision, l’INA, l’Institut du monde arabe, le Louvre, pour n’en citer que quelques-unes – et qui répondent à cette ambition. Des crédits publics seront également engagés pour soutenir les projets de recherche dans le domaine de l’islamologie, de l’étude de l’Islam de France et de la connaissance du monde arabo-musulman. Leur affectation précise sera annoncée à la rentrée. Mais il appartient naturellement aux musulmans eux-mêmes d’être les acteurs de ce combat pour une meilleure connaissance de l’Islam comme religion et comme civilisation. Ce doit être, à mon sens, l’une des principales raisons d’être de la nouvelle Fondation de l’islam de France, qui aura bien entendu par ailleurs d’autres objectifs dans les domaines du culte, de l’éducation et de la solidarité. »

Il est surprenant que l’État français se transforme ainsi factuellement en propagandiste de l’islam : est-ce bien là le rôle d’un État laïc ? Si la communauté musulmane se sent frustrée par une méconnaissance de la contribution de l’islam au monde occidental, que ne se prend-elle en main elle-même pour promouvoir cet héritage ? N’est-elle pas la mieux située ? Pourquoi, depuis tant d’années que chacun est libre en France et en Europe (contrairement à ce qui se passe dans les pays musulmans) de mener toutes les recherches possibles et imaginables cette évidence de la contribution musulmane ne s’est-elle pas imposée ?

  • « L’exercice du culte, c’est également l’existence de lieux de cultes appropriés, en nombre suffisant pour permettre aux fidèles qui le souhaitent de se rendre à la prière. (…) Il existe aujourd’hui environ 2400 mosquées et salles de prières en France. (…) A cet égard, vous n’ignorez pas que la loi de 1905 impose à l’État une abstention rigoureuse, puisqu’elle prévoit que l’État ne subventionne aucun culte. La religion n’est plus en France, depuis plus d’un siècle, considéré comme un service public que l’État prendrait en charge. Son organisation et son financement relèvent exclusivement des fidèles, ce qui est aussi pour eux un gage d’indépendance et de liberté. Mais ce principe n’exclut pas, comme vous le savez également, que les collectivités locales puisse faciliter l’aboutissement de certains projets de construction : en mettant à disposition des terrains dans le cadre de baux emphytéotiques ; en garantissant des emprunts ; ou encore en contribuant au financement de la partie culturelle de projets immobiliers à caractère mixte. »

Le projet de l’État français socialiste semble être de continuer à développer l’islam en France au prix du contournement des textes pour aider et assurer, probablement en toute opacité, le développement d’une religion qui devrait se prendre elle-même en charge.

  • « J’appuie donc fortement le projet issu de l’atelier qui s’est réuni ce matin consistant à créer un groupe de travail rassemblant les responsables musulmans et ceux des autres cultes, l’Association des Maires de France, ainsi que les administrations concernées afin d’évaluer l’application de ces diverses règles. Cette initiative rejoint du reste l’une des propositions du rapport que le sénateur Hervé MAUREY a consacré au financement des lieux de cultes. »

Un appel à mots couverts au contournement de l’esprit de la loi, si ce n’est de sa lettre !

  • « Dans un contexte ou des prêcheurs de haine, très présents sur Internet, s’adressent à une jeunesse souvent ignorante des valeurs de l’Islam, il est important que des figures d’autorité morale et d’érudition soient à même de porter un autre message, conforme à un Islam de paix, un « islam de lumière » tel que l’a défini ce matin Dalil BOUBAKEUR. (…) Bien entendu, la formation théologique des imams ne regarde pas directement l’Etat. »

Quel en est le contenu ?  Le C.F.CM. refuse toujours d’inscrire dans les droits des musulmans de France le droit d’apostasier (cf. apostasie), droit fondamental de l’homme s’il en est. Sachant par ailleurs que l’islam est fondamentalement antinomique avec la laïcité, cela promet.

  • « Je sais que beaucoup de musulmans souhaiteraient voir l’État intervenir davantage dans l’organisation du commerce halal. L’abattage rituel ne s’oppose pas au principe de laïcité ; bien au contraire, il est l’une des composantes de la liberté de culte. »

Le halal contrevient à la dignité du monde animal au nom du respect de règles religieuses inutiles. Bernard Cazeneuve ignore que le halal n’est pas considéré comme une obligation incontournable du culte, comme en témoignent plusieurs islamologues bien connus (cf. halal).

  • « On le sait peu, ou plutôt on l’oublie trop souvent, mais c’est une vieille histoire que celle de la présence des musulmans en France. Une histoire qui remonte très loin dans le temps, jusqu’au Moyen Age, notamment dans les régions du sud de notre pays. Entre Bordeaux et Narbonne, dans l’ancienne Septimanie, mais aussi en Provence, des communautés musulmanes – certes minoritaires, mais qui n’en étaient pas pour autant négligeables – ont ainsi vécu jusqu’au XIIe siècle. Je crois que nous devons tous prendre enfin conscience de cette part de notre histoire commune, dont l’islam de France est aujourd’hui l’héritier. »

L’islam s’est effectivement hasardé dans une partie du territoire français et Charles Martel, puis quelques autres, ont chassé à l’époque les intrus. Quel bienfait a résulté de la présence musulmane en France ? Il est quand même étonnant de voir un ministre du gouvernement français tenter de valoriser par un recours à l’histoire le lien avec une religion dont on ne voit guère ce qu’elle a apporté à la France aujourd’hui, et qui au contraire est à l’origine d’un terrorisme manifeste depuis plusieurs décennies.

  • « Souvenons-nous de l’ancienneté de la belle mosquée de Saint-Denis de la Réunion et souvenons aussi des raisons qui ont présidé à l’édification, dans les années 1920, de la Grande Mosquée de Paris. Ce symbole magnifique au cœur de la capitale fut en effet alors conçu comme un témoignage de reconnaissance à l’égard des dizaines de milliers de soldats musulmans morts pour la France entre 1914 et 1918. Faut-il également rappeler le sacrifice des soldats musulmans qui participèrent, entre 1940 et 1945, au combat national contre le nazisme et à la Libération du territoire national ? Enfin, aurions-nous oublié combien fut décisive la part prise par les immigrés venus d’Afrique du Nord, puis d’Afrique noire, dans la reconstruction du pays après la guerre et dans son développement économique au cours des « Trente Glorieuses » ? Par le sang qu’ils ont versé, par leur labeur, par leurs talents, les Français de confession musulmane ont façonné et continuent à façonner la France – la France qui est notre bien commun. »

Ce témoignage de reconnaissance que constitue la Grande Mosquée de Paris n’est que le symbole de l’abaissement de la France devant une religion à qui les Français ne doivent rien. Ce n’est en réalité que la triste contrepartie d’une colonisation mal assumée. Ceux qui se sont battus pour la France doivent être remerciés, quelle que soit leur confession, car ce n’est pas une question de religion. En quoi cela justifie-t-il d’une façon quelconque une hypothétique dette de la France à l’égard de l’islam (cf. mosquée de Paris) ?

Discours de Bernard Cazeneuve à la mosquée de Cenon, Bordeaux (25 février 2015)

Il est intéressant d’analyser la position du gouvernement français, par la voie de son ministre de l’intérieur, sur la question musulmane. Voici quelques commentaires relatifs au discours prononcé le 25 février 2015 par Bernard Cazeneuve.

http://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Interventions-du-ministre/25.02.2015-Discours-de-M.-Bernard-Cazeneuve-a-la-mosquee-de-Cenon-Bordeaux

  • « La loi interdisant le port du voile intégral doit ainsi être appliquée avec fermeté. » 

Bernard Cazeneuve peut-il alors nous expliquer pourquoi cette loi n’est pas appliquée et, pire, pourquoi les policiers semblent avoir reçu des consignes pour ne pas l’appliquer ?

  • « Le président de la République a d’ores et déjà annoncé sa volonté de durcir la répression des actes et des menaces racistes,  antisémites et anti-musulmans. La prévention et la répression des actes anti-musulmans constitueront un axe majeur du plan d’action pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme que prépare actuellement le nouveau délégué interministériel (…). J’ai pour ma part donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes racistes, antisémites ou anti-musulmans dont ils auraient connaissance.  »

Et les actes anti-chrétiens ? Ils ne comptent pour rien ? Bernard Cazeneuve mentionne en fin de discours un rapide : «  Quant aux profanations de cimetières et de lieux de cultes, elles touchent toutes les confessions, et notamment la religion chrétienne, et sont, hélas, en nombre croissant. » Mais on voit bien que cela n’est vraiment pas dans ses priorités ni dans celles du gouvernement français.

  • « Je comprends que les musulmans trouvent injuste de devoir sans cesse rappeler qu’ils n’ont rien à voir avec de tels crimes. Chacun sait que l’immense majorité des Français de confession musulmane ont fermement et évidemment condamné les attentats perpétrés sur notre sol, ainsi que la volonté des terroristes d’invoquer la religion pour justifier leurs actes criminels. Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Pour quelle raison cette demande de justification paraît-elle aussi insupportable ? Les musulmans ne sont-ils pas les représentants vivants d’une idéologie religieuse qui, de façon objective, sème la terreur dans le monde depuis plusieurs décennies ? Les musulmans ne portent-ils pas une responsabilité collective dans l’absence de dénonciation et de manifestation ferme et massive devant ces faits, même ceux qui se passent à l’étranger ou dans les pays musulmans (ex. absence de respect des droits de l’homme), ainsi que dans leur incapacité à purger leur doctrine de tous les ferments d’extrême violence, nombreux, qui y figurent avec une évidence criante (cf. jihad) ? Vouloir ignorer cette réalité relève bien d’une coupable ignorance ou d’une malhonnêteté inacceptable : celle du personnel politique français depuis des années.

D’ailleurs plusieurs représentants de la communauté musulmane ne sont pas de l’avis du ministre et jugent bien qu’il y a effectivement aujourd’hui des comptes à rendre aux non-musulmans quant à la violence que l’Occident et notamment la France subie depuis tant d’années (cf. violence).

  • « La République laïque garantit à chaque Français la liberté de conscience, par là même la liberté de croire ou de ne pas croire » 

Bernard Cazeneuve semble oublier que le C.F.C.M., dont il vante par ailleurs les qualités et qu’il considère être « l’interlocuteur privilégié de l’État », refuse encore aujourd’hui d’inscrire dans la charte des droits du musulman le droit d’apostasier (cf. apostasie). Il est donc intéressant de noter que le gouvernement français choisit comme interlocuteur privilégié une organisation qui refuse la liberté de conscience.

  • « Ma conviction (…) est que l’enseignement privé confessionnel musulman doit pouvoir se développer dans le respect des principes républicains. »

Bernard Cazeneuve peut-il nous expliquer comment l’enseignement confessionnel musulman pourrait être compatible avec les principes républicains puisqu’il consiste à enseigner une doctrine qui prône ou autorise (entre autres) l’inégalité naturelle homme/femme, la répudiation, la polygamie, les châtiments corporels, l’absence de liberté de conscience, le communautarisme ?

  • « Il y a beaucoup à faire aussi pour aider à mieux faire connaître l’islam comme religion et comme civilisation par nos compatriotes, en partenariat avec les musées, les bibliothèques, les médias audiovisuels. (…) Des cours de langue arabe et de civilisation arabo-musulmane, ainsi que des cours de soutien scolaire, seraient proposés à tous. Le Gouvernement a également décidé de relancer les études sur l’islam de France et l’islamologie à l’Université. Cette relance s’appuiera sur un programme précis, que je piloterai conjointement avec la ministre de l’Education nationale. Il existe une grande tradition d’islamologie française, illustrée par exemple par les noms de Louis MASSIGNON, Maxime RODINSON et Jacques BERQUE, et que nous devons contribuer à faire renaître.»

Il est extrêmement surprenant que l’État français se transforme ainsi factuellement en propagandiste de l’islam : est-ce bien là le rôle d’un État laïc ? Si la communauté musulmane se sent frustrée par une méconnaissance de la contribution de l’islam au monde occidental, que ne se prend-elle en main elle-même pour promouvoir cet héritage ? N’est-elle pas la mieux située ? Pourquoi, depuis tant d’années que chacun est libre en France et en Europe (contrairement à ce qui se passe dans les pays musulmans) de mener toutes les recherches possibles et imaginables cette évidence de la contribution musulmane ne s’est-elle pas imposée avec une immense clarté ?

Les territoires perdus de la République

En février 2015 Christiane Taubira nous gratifiait de son incompréhension du phénomène terroriste musulman qui provoquait chez elle une « grande perplexité ».

 Taubira 150211

 

Taubira 150211

Il fallait « prendre le temps de parler » avec tous ces jeunes tentés par le jihad pour tenter de « comprendre leurs ressorts profonds » : autant dire, le niveau zéro de l’analyse.

Mais Christiane Taubira se sent plus à l’aise dans la couture : « recoudre le lien social, retravailler la cohésion nationale » : de bien belles expressions ma foi, et bien creuses face à une doctrine qu’elle ne comprend pas.

Y a-t-il eu du progrès depuis ? Le Bataclan a-t-il changé quelque chose ?

Je ne doute pas que les nombreuses personnes qui ont perdu un proche cette année ou en perdront demain seront touchées par la profondeur de cette analyse.

Ce dont on peut être au moins sûr, c’est que les territoires perdus de la République ne sont effectivement pas un mythe.