L’obsession de la différenciation ou pourquoi les musulmans ne veulent pas « s’intégrer » dans les sociétés occidentales : l’origine du communautarisme

Pour l’islam, les musulmans sont supérieurs aux non-musulmans dans la mesure où ils constituent la meilleure communauté. Cette prétention figure explicitement dans le Coran, sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes (…) ».

Aussi, il importe aux musulmans de se différencier en permanence des non-musulmans, et bien entendu en priorité dans l’espace public. Cette obsession prend de nombreuses formes, et notamment pour tout ce qui touche à l’aspect extérieur

  • Un exemple pratique : le rasage de la barbe

Yusuf Qaradawi écrit : « On rapporte que les gens du Livre (juifs et chrétiens) s’abstiennent de teindre leurs cheveux blancs pensant que le fait de s’embellir est incompatible avec l’adoration et la piété. C’est le cas des moines et des pratiquants de l’ascétisme qui poussent la religion à l’excès. Mais, le Messager de Dieu a interdit d’imiter ces gens et de suivre leur voie afin que les musulmans aient toujours leur personnalité distincte et indépendante dans le fond et dans l’apparence. Al-Boukhari a rapporté ce hadith de Abou Houraira : « Le Messager de Dieu a dit : « Les juifs et les chrétiens ne se teignent pas les cheveux ; aussi, faites le contraire ! » Mais ce n’est qu’un simple conseil et non une obligation. Ainsi, certains ont teint leurs cheveux, tels que Abou Bakr et Omar, et d’autres s’en sont abstenus, tels qu’Obaiy Ibn Ka’b et Anas. »

Yusuf Qaradawi indique également : « Dans le recueil d’al-Boukhari et d’après Ibn Omar, le Prophète a dit : « Faites le contraire des associateurs. Laissez pousser vos barbes en abondance et tailler vos moustaches ». Ainsi, l’exemption des barbes de tout rasage veut dire qu’on les laisse pousser en abondance. Dans une autre version, cela veut dire les laisser pousser librement et les garder. Le hadith en donna la raison : faire le contraire de ce que font les associateurs. Le Messager n’a ordonné de faire le contraire de ce qu’ils font que pour élever les musulmans dans l’indépendance de la personnalité, dans l’originalité, dans l’esprit et l’apparence, et dans l’extérieur et l’intérieur. En outre, le fait de se raser la barbe constitue une rébellion contre la saine nature et une tentative d’imiter les femmes, car la barbe est une preuve de virilité et l’une de ses marques distinctives. »

Yusuf Qaradawi conclut : « Ainsi nous voyons qu’on a donné trois avis différents sur le rasage de la barbe : les uns affirment son interdiction et c’est qu’a dit Ibn Taymiyya. Les autres disent que c’est une chose réprouvée. C’est l’avis rapporté dans « Al-Fath » émis uniquement par Ayad. Les autres enfin affirment la permission de le faire et c’est l’avis des savants contemporains. Le jugement le plus sensé et le plus juste serait la réprobation de cet acte, car l’ordre de laisser pousser la barbe n’indique pas une obligation absolue, même s’il donne comme raison le devoir d’être différent des mécréants. »

Si le rasage de la barbe n’est donc pas une obligation stricte validée par toutes les écoles juridiques musulmanes, on constate aisément que cela est une pratique répandue chez les musulmans qui veulent afficher leur foi et leur identité, souvent en opposition avec la culture ambiante pour ce qui est des musulmans vivant dans les pays occidentaux.

  • Une raison plus profonde que superficielle ou « pourquoi le communautarisme »

On pourrait penser que cette volonté de se différencier est simplement une susceptibilité mal placée, mais il n’en est rien. Cette attitude recouvre en réalité une visée religieuse beaucoup plus profonde, qui est d’ailleurs tout à fait logique pour une communauté qui prétend être la meilleure de toutes et qui n’a donc rien à apprendre fondamentalement des autres.

En effet, Yusuf Qaradawi écrit : « Nous disons : C’est plutôt la grande majorité des musulmans qui s’est mise à se raser la barbe, par imitation de ses ennemis et des colonisateurs de son pays, chrétiens et juifs. C’est ainsi que le vaincu se passionne toujours d’imiter son vainqueur. Elle oublie alors l’ordre que lui a donné le Messager de Dieu qui consiste à faire le contraire de ce que font les mécréants et d’interdire de les imiter. « Celui, en effet, qui imite un peuple, lui appartient » (hadith rapporté par Abou Dawoud d’après Ibn Omar). »

Yusuf Qaradawi rappelle par ailleurs que « Ibn Taymiyya a affirmé à juste titre que le fait d’être différent des mécréants est une obligation visée par le Législateur : « L’imitation des autres extérieurement aboutit à les aimer et à accepter leur protection intérieurement. De même que l’amour intérieur aboutit à l’imitation extérieure. C’est une vérité dont témoignent les sens et l’expérience. » » C’est le syndrome de Stockholm.

Comment dans ces conditions les musulmans peuvent-ils s’intégrer aux sociétés occidentales puisqu’ils n’ont en réalité aucunement l’intention d’en partager réellement les valeurs ? Le seul modèle à suivre est le modèle musulman. Si l’on va jusqu’au bout du raisonnement, l’idée même d’acquiescer dans une discussion à une idée émise par des non-musulmans est à rejeter pour le musulman car c’est commencer à admettre que le non-musulman peut avoir raison et donc, vérité de La Palice, que le musulman peut avoir tort, alors qu’il appartient à la meilleure communauté.

De la même façon, il ne peut pas y avoir de lien entre un musulman et un non-musulman autre que superficiel ; tout début d’amitié est déjà perçu comme une « contamination » par de mauvaises valeurs (cf. lien avec les mécréants). Cette imperméabilité rend l’échange impossible. Mais comment les musulmans peuvent-ils comprendre quoi que ce soit des valeurs chrétiennes occidentales sans avoir jamais lu un seul Évangile ?

Bref, la vision musulmane de la société est une vision fondamentalement communautariste, incompatible avec le vivre-ensemble que nous sert pourtant aujourd’hui la propagandastaffel des élites bien-pensantes qui contrôlent aujourd’hui une part non négligeable des grands medias français : presse, édition, et surtout télévision. D’ailleurs, il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que le communautarisme est le principe d’organisation fondamental des pays musulmans, chaque communauté religieuse devant être régie selon ses règles propres.

Mahomet, l’omniscient, n’aimait pas les chiens

Comme les cochons, il y a d’autres animaux qui n’ont guère la cote en islam : il s’agit des chiens.

Yusuf Qaradawi rappelle que : « Parmi ce que le Prophète a interdit, il y a la détention inutile de chiens dans les maisons. (…) On rapporte ces paroles du Prophète : « Gabriel est venu me dire : « Je suis venu vers toi hier et le fait qu’il y avait sur la porte des images et qu’il y avait dans la maison un rideau portant des dessins, m’a seulement empêché d’entrer chez toi. Il y a avait aussi dans la maison un chien. Ordonne donc de couper la tête des images pour qu’elles aient l’apparence d’arbres et de faire du rideau deux oreillers qu’on piétine. Ordonne aussi de faire sortir le chien » ». (hadith rapporté par Abou Dawoud, an-Nassa’i, at-Tirmidhi et Abou Hiban). »

Yusuf Qaradawi indique également : « Dans ce hadith unanimement reconnu authentique, le Messager de Dieu a dit : « Celui qui acquiert un chien autre qu’un chien de chasse ou un chien pour la garde des champs et des troupeaux diminue chaque jour sa part de récompense pour ses bonne œuvres ». » 

Yusuf Qaradawi fait référence aux parasites du chien, tout animal ayant des parasites, y compris l’homme : « Nous citons (…) ce pertinent article scientifique écrit par un savant allemand et un spécialiste en la matière, dans une revue allemande (Kosinos) [1], où il montre clairement les dangers menaçant ceux qui détiennent des chiens ou qui sont en contact avec eux. En voici un extrait : « La passion grandissante des gens pour la possession de chiens ces dernières années nous oblige à attirer l’attention de l’opinion publique sur les dangers qui en découlent. D’autant plus qu’on ne se contente plus de les détenir chez soi, mais on va jusqu’à jouer avec eux, les embrasser, leur permettre de lécher les mains des petits et des grands. On va même jusqu’à les laisser lécher des restes dans les ustensiles destinés à garder les aliments et les boissons des gens. Bien que toutes ces habitudes soient des défauts rejetés par les bonnes manières et réprouvés par la bonne éducation, d’autant plus qu’elles ne s’accordent pas avec les règles d’hygiène et de propreté, nous nous abstenons pourtant de les traiter sous ce point de vue, car ce serait sortir du sujet de cet article scientifique et nous laissons à l’éducation morale et au perfectionnement de la personne humaine le soin de leur donner leur appréciation. Du point de vue médical – et c’est ce qui nous importe dans cette étude – les dangers qui menacent la santé, et même la vie de l’homme, du fait de détenir des chiens et de jouer avec eux, ne sont nullement négligeables. Plusieurs personnes payèrent cher leur irréflexion puisque le taenia des chiens a été la cause de maladies chroniques et récalcitrantes, ces maladies ont souvent cause la mort de ceux qui les contractaient. Ce ver est l’un des parasites en forme de ruban qu’on appelle le taenia du chien. (…) On vient dernièrement de prouver que le corps humain sécrète, dans des situations pareilles, des anticorps capables de tuer ces parasites et de neutraliser leurs toxines. Ce qui est malheureusement regrettable, c’est que le cas où ces parasites meurent, sans laisser de traces et sans provoquer de dégâts, sont rares par rapport aux autres. Ajoutons que la chimiothérapie s’est montrée complètement inefficace. Tant que la personne infectée ne recourt pas aux armes de la chirurgie, aucune autre thérapie ne peut la sauver de la mort ». »

[1] Le terme « Kosinos » n’est pas référencé sur Google (y compris google.de) aujourd’hui (novembre 2015)

Oui, tout animal, le chien mais aussi l’homme, peuvent avoir des parasites naturels. Mais faire une fixation sur le taenia est pathologique. Si le chien constituait un vrai danger de façon générale pour les hommes, il y a belle lurette qu’il aurait été éradiqué. M. Qaradawi aurait pu en revanche mentionner la rage, danger autrement plus grand, mais il ne l’a curieusement pas fait (cette maladie pouvant être mortelle, notamment dans des pays ou régions ne disposant pas des infrastructures médicales suffisantes). Bref, tout cela n’est guère convainquant et scientifiquement peu pertinent.

Mais il y a surtout deux choses à noter, beaucoup plus intéressantes :

1) L’obsession de la différenciation, si ce n’est de l’opposition, vis-à-vis de l’Occident

En effet, le paragraphe ci-dessus est précédé des quelques lignes suivantes : « Nous pouvons bien sûr trouver dans notre pays des gens qui aiment passionnément l’Occident, qui prétendent avoir une tendresse compatissante, des sentiments humains élevés et de l’affection pour tout être vivant, et qui reprochent à l’islam de mettre les gens en garde contre le chien, cette bête confiante, fidèle et loyale ! Nous citons pour ces gens [ndlr en lieu et place de (…)] ce pertinent article scientifique écrit etc. »

2) La prétention à l’omniscience de Mahomet

Yusuf Qaradawi écrit : « En conclusion, vous avez bien vu comment Mohammad a interdit de fréquenter les chiens et a mis en garde contre leur habitude de mettre leur langue dans les récipients destinés aux aliments et aux boissons, comment il a aussi mis en garde contre leur détention sans nécessité, comment les directives de Mohammad, l’Arabe illettré [cf. Mahomet illettré ?], s’accordent pleinement avec les plus récentes découvertes de la science contemporaine de la médecine moderne. Pour ce qui nous concerne, nous ne pouvons que répéter ce qu’a dit le Coran au sujet de Mohammad : « Il ne prononce rien sous l’effet de la passion. Ce n’est en fait qu’une révélation inspirée » (sourate 53, versets 3 & 4) »

Notons d’abord que l’affirmation scientifique énoncée dans le paragraphe ci-dessus est parfaitement discutable. Des recherches scientifiques notamment anglo-saxonnes sont d’ailleurs menées aujourd’hui pour voir dans quelle mesure le chien pourrait être une sorte de probiotique pour l’homme qui aiderait à la construction de colonies de bactéries saines dans l’hôte humain.

Mais surtout l’exemple du chien est en réalité une façon d’illustrer la prétention invraisemblable et démente des musulmans à l’omniscience de Mahomet, énoncée par le Coran (cf. ci-dessus), façon de pensée qui conduit droit à la dictature religieuse puisque la raison n’a plus aucune prise : la révélation venant d’Allah, il ne peut y avoir aucune erreur. Il ne s’agit donc plus que de tordre la réalité scientifique pour la rendre cohérente avec le Coran !! De la part d’un esprit très cultivé du XXème siècle, c’est stupéfiant. Pourquoi aller alors s’étonner ensuite que certains musulmans doutent encore que la Terre tourne autour du Soleil (cf. soleil) ?

Belle et Sébastien : au secours !! Ils sont devenus fous !

Toute la mathématique vient des musulmans (arabes)

Dans le contexte de la revendication d’une contribution qui se veut colossale du monde arabo-musulman à la civilisation occidentale, figure en bonne place sur les étagères les mathématiques, et en particulier le cas du mathématicien arabe Al-Khwarizmi. La courte vidéo ci-dessous, qui traite plus généralement de la « latinisation » des noms arabes et de la dette du monde occidental vis-à-vis du monde arabo-musulman (cf. latinisation), mentionne précisément ce cas.

Havre de savoir Occidentaux Latinisation

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Revenons sur cette question.

Le centre des mathématiques dans l’antiquité était grec, notamment à Alexandrie à l’époque d’Euclide vers 300 avant JC. La ville a été ravagée plusieurs fois, et la dernière fois par les musulmans en 640/642 après JC ; la bibliothèque fut détruite ou abandonnée et livrée au pillage. Dans les siècles qui ont suivi, les Arabes ont traduit en arabe des œuvres grecques (notamment Euclide, Aristote, Platon, Archimède, Apollonius, Ptolémée) et l’arithmétique indienne, qui est à l’origine des chiffres dits « arabes ». En effet, les ancêtres des chiffres que nous connaissons aujourd’hui en Occident (et qui ont remplacé la notation romaine) sont des chiffres indiens (devanagari), créés au IIIème siècle av. J.-C. en Inde par Brahmagupta, un mathématicien indien, mais dont la transmission à l’Occident est intervenue via le monde arabe.

L’algèbre (de l’arabe al jabr) est un héritage de l’antiquité grecque et orientale. Il est notamment connu par un ouvrage écrit au IXème siècle par le mathématicien arabe Al-Khwarizmi, Kitab al-jabr w’al mûqabala (Livre sur la science de la transposition et de la réduction) dans lequel il s’intéresse à la résolution des équations quadratiques – c’est -à-dire du type : x2 + ax = b en notation moderne –, et qu’il résout à l’aide de figures géométriques. Le nom Al-Khwarizmi va donner le terme « algorithme ».

Tout cela figure clairement et de façon transparente dans des ouvrages de mathématiques spécialisées (ex. ici Hairer/Wanner, section mathématique de l’université de Genève, publié chez Scopos) que cet intervenant ne s’est malheureusement pas donné la peine de consulter, tout absorbé et préoccupé qu’il est par la défense de l’islam.

Algorithme 1

Mais la résolution d’équations de degré 3 pose vite des problèmes difficiles si l’on cherche qu’une solution géométrique.

Algorithme 2

Les progrès en algèbre vont être lents. Ce n’est que plusieurs siècles après que la science mathématique va connaitre une très forte accélération en Europe et principalement en Italie avec Léonard de Pise (dit Fibonacci) au XIIIème siècle, puis avec Nicolo Tartaglia et Scipione del Ferro (tous deux morts dans la première moitié du XVIème siècle), et qui résolurent semble-t-il les équations de degré 3 du type x3 + ax = b. Une solution sans démonstration fut a priori communiquée à Jérôme Cardan (Gerolamo Cardano) qui reconstitua le raisonnement et publia en 1545 sa solution dans son « Ars Magna » (intégrant des solutions à des équations du 4ème degré), ouvrage fondateur en mathématiques car abordant des questions plus générales et avec une approche beaucoup plus moderne.

Puis suivront François Viète et surtout Descartes, à qui l’on doit selon Joseph-Louis Lagrange, « l’application de l’algèbre à la géométrie, clef des plus grandes découvertes dans toutes les branches des mathématiques ». À partir de ce moment, la mathématique ne sera quasiment plus qu’européenne et occidentale (ou indienne) jusqu’au XXème siècle.

Aussi, vouloir extrapoler à partir de cet exemple emblématique, de façon en outre plus qu’approximative scientifiquement, une prétendue captation dissimulée de l’héritage arabo-musulman par l’Occident laisse perplexe. Au cas d’espèce, d’autant plus que si Al-Khwarizmi était arabe et musulman, cela n’établit aucun lien entre l’islam et le génie mathématique. S’il avait été juif ou chrétien, il aurait fait les mêmes raisonnements. De la même façon, il ne vient à personne l’idée saugrenue d’attribuer la paternité de l’immense mathématique occidentale à Moïse, au Christ ou aux apôtres : les mathématiques n’ont pas de religion

Ce type de démarche pseudo-scientifique et consternante, dont l’objectif est en réalité d’alimenter le ressentiment mêlé de frustration vis-à-vis de l’Occident, est du même acabit que le raisonnement consistant à attribuer à des parents le mérite du prix Nobel de littérature de leur enfant sous prétexte de lui avoir enseigné l’alphabet.

La « latinisation » des noms propres : encore une vilénie occidentale !

Une des vilénies occidentales alimentant abondamment le rejet de l’Occident dans l’enseignement musulman encore aujourd’hui en France est la « latinisation » des noms, selon le terme employé dans l’extrait vidéo ci-dessous, celle-ci étant naturellement présentée comme une volonté implicite mais manifeste d’effacement la « dette culturelle » considérable que l’Occident aurait vis-à-vis de l’islam. Voici un exemple de ce type de propagande diffusée par un site au demeurant apparemment sérieux :

Havre de savoir Occidentaux Latinisation

 Havre de savoir Occidentaux Latinisation

La première chose à noter est que l’intervenant ne vise pas en fait la « latinisation » des noms, pratique du Moyen Âge tardif et du début de la Renaissance consistant à donner une résonance latine aux noms propres, mais l’« occidentalisation » consistant à donner à un nom étranger une résonance plus usuelle ou compréhensible pour un occidental. La latinisation avait en effet pour objet de donner une version latine « savante » aux noms de certains intellectuels, scientifiques,… occidentaux, (par exemple : Huig de Groot à Hugo Grotius), ce qui ne concernait pas l’islam.

Quoi qu’il en soit, cette présentation paranoïaque de l’histoire illustre une nouvelle fois (cf. victimisation) le sentiment de victimisation pathétique auto-alimenté par les musulmans pour justifier leur rejet de l’Occident. Car si cette « occidentalisation » a pu avoir lieu, l’intervenant ne s’interroge à aucun moment :

–  ni sur le fait que cette transformation des noms propres a pu intervenir tout simplement pour des raisons simples et pratiques, en particulier avec des noms arabes dont la prononciation est particulièrement difficile pour un européen en raison de phonèmes inexistants, et dont l’écriture en arabe doit nécessairement être transcrite dans l’alphabet européen avec des phonèmes européens ;

–  ni sur le fait que cette transformation a touché une quantité innombrable d’autres noms propres non musulmans : personnages (Alcibiade/Alkibiades, Jules César/Caius Iulius Caesar, Mazarin/Mazarini, Le Bernin/Gian Lorenzo Bernini,…), villes du monde (Munich/München, Londres/London, Moscou/Москва, Pékin/Beijing, Florence/Firenze,…), noms de fromages (parmesan/parmigiano), etc.

Enfin, il est intéressant de noter la confusion permanente introduite entre le fait arabe et le fait musulman, notamment par l’emploi à tort et à travers du terme « arabo-musulman », comme si le caractère arabe était réductible à l’islam, ce qui n’est pas du tout le cas.

En outre, il est intéressant de noter que l’intervenant mentionne la transformation des noms arabes comme « preuve » des mauvaises intentions de l’Occident : n’aurait-il pas dû plutôt limiter sa démonstration aux seuls noms musulmans ? Car si tous les noms arabes étaient potentiellement concernés, ce qui est fort logique comme expliqué ci-dessus pour des raisons linguistiques, c’est donc que les noms musulmans n’étaient pas visés en tant que tels, n’est-il pas ?

 

Poitiers : pour l’honneur des musulmans !

Dans leur paranoïa victimaire (reconnue par les musulmans eux-mêmes cf. victimisation), certaines associations ou organisations musulmanes tentent au travers de l’enseignement aux masses musulmanes diffusé sur internet encore aujourd’hui en 2015 de dresser une vision complotiste de l’histoire, les occidentaux étant implicitement accusés de vouloir systématiquement dénigrer et abaisser les musulmans et leur contribution à la civilisation.

Le caractère assez détestable de cette démarche est qu’elle est naturellement à vocation globalisante, prétendant ériger en règle ou sentiment général une soi-disant « conclusion » sur les intentions nécessairement nuisibles de l’Occident vis-à-vis du monde musulman. Et ce d’autant plus que le public auquel cet enseignement est destiné n’a ni le bagage historique ni le recul suffisant pour porter un regard critique sur son contenu. C’est malheureusement un procédé bien connu que de parvenir à la conclusion que l’on souhaite à partir d’une interprétation alambiquée et orientée de l’histoire.

D’abord, il faut sans doute remarquer que s’il y a une zone où chacun est totalement libre d’étudier l’histoire, d’en proposer une interprétation personnelle sans tabou, c’est bien l’Occident, car la critique y est libre, contrairement au monde musulman. D’ailleurs, dans les derniers siècles, les noms des grands historiens musulmans qui auraient marqué la recherche historique mondiale ne viennent pas immédiatement à l’esprit.

Imaginez-vous un instant qu’un historien musulman se permette de faire une analyse critico-historique sans concession des réels éléments factuels dont l’histoire dispose pour retracer l’existence de Mahomet et faire la part entre le réel historique et l’imaginaire symbolique ? C’est juste impensable pour un musulman. Pourtant, il y a beaucoup de choses à dire et nous y reviendrons dans d’autres articles.

Un exemple frappant est donné par la bataille de Poitiers en 732, pour laquelle une organisation musulmane a organisé en 2014 un séminaire spécial destiné à éradiquer ce « mythe ».

Havre de savoir Poitiers Seminaire

Au demeurant, le fait est bien connu par les historiens : en 732, l’émir de Cordoue Abd al-Rahman traversa les Pyrénées pour aller piller et saccager Bordeaux. Puis il se dirigea vers Tours pour y piller l’abbaye Saint-Martin dont on disait qu’elle recelait des trésors. Sur le chemin, il incendia à Poitiers l’église Saint-Hilaire. Une coalition sous la direction de Charles Martel, incluant des Alamans, des guerriers de Germanie, stoppa quelque part avant Poitiers les musulmans. L’émir fut tué dans les combats. Quoique les musulmans ne fussent pas vaincus, ils avaient perdu leur chef et ils finirent par déserter leur camp dans la nuit.

L’historien musulman explique que si les musulmans se sont retirés, c’est en raison de querelles intestines : certes. Il n’y sans doute pas eu de grandes batailles ayant engagé des troupes nombreuses même si elles étaient présentes. Mais Abd al-Rahman fut bien tué. Aussi, conclure que Charles Martel n’a pas arrêté les musulmans ne paraît pas faire corps avec une démarche intellectuelle rigoureuse, et semble beaucoup plus dénoter en réalité un souci de sauvegarder ou de redorer l’honneur des musulmans et de leur armée.

Havre de savoir Poitiers 1

Havre de Savoir Poitiers 1

Il faut rappeler que les raids musulmans se poursuivirent notamment dans la région de Narbonne et ce n’est qu’à la fin du VIIIème siècle que les musulmans furent définitivement repoussés au-delà des Pyrénées.

La bataille de Poitiers a pu faire l’objet d’une instrumentalisation à certaines époques de l’histoire pour renforcer l’opposition de l’Europe chrétienne aux musulmans. Mais aujourd’hui, et depuis de nombreuses années déjà, ces faits sont bien connus des historiens et restitués comme tels.

Que la bataille de Poitiers prenne dans l’imaginaire des Français une place symbolique est vrai et naturel : comme Marignan en 1515 (combien de Français sont capables de dire ce qui s’y est passé ?). Cela fait partie des dates « mythiques » de l’identité française, sachant par ailleurs que l’enseignement de cette période intervient dans les petites classes pour des raisons chronologiques et qu’il est difficile d’entrer dans de grands détails avec de jeunes enfants.

Mais ce qui est le plus intéressant, est que le musulman, persuadé que l’occidental lui en veut, va par tous les moyens tenter de se conforter dans l’idée que l’intention perverse de l’occidental est manifeste, car on lui a menti, comme le montre cet extrait (NB : la totalité de l’émission est disponible sur internet pour ceux qui le souhaitent) :

Havre de savoir Poitiers 2

Havre de savoir Poitiers 2

Au-delà de la paranoïa musulmane qui semble caractérisée cette vidéo, rappelons juste ce qui est dit dans un ouvrage culte d’histoire, et que beaucoup de Français des anciennes générations ont lu et étudié : le « Malet & Isaac ». Dans la version Marabout de 1980, un chapitre est consacré aux Mérovingiens sous le titre « La Gaule sous les Mérovingiens – Recul de la civilisation » : on voit déjà que le regard porté sur la civilisation gauloise de l’époque est assez critique, il y a déjà plus de 30 ans !

Les sections 2, 3 et 4 sont intitulées respectivement « Manque d’unité de la Gaule Mérovingienne / Brutalité des mœurs et anarchie / Recul de la civilisation ». Si les historiens français de l’Occident chrétien avait voulu magnifier la culture gauloise face à la culture musulmane, sans doute s’y seraient-ils pris différemment ! Enfin, pour ce qui est de la bataille de Poitiers, il y est dit que Charles Martel « arrêta » les Arabes à Poitiers – ce qui est exact, (c’est une vérité de La Palice, puisque s’il n’avait pas été là, ils ne se seraient pas arrêtés…) –, aucune précision particulière n’étant donnée quant à la nature des combats.

Comment alors entamer un dialogue critique avec une personne qui, avant même le début d’un échange, est persuadée que vous voulez lui nuire, et qui ne va chercher dans tous les éléments évoqués, complétés de ses connaissances souvent limitées, que le moyen de conforter sa conviction initiale ? C’est une gageure.

Chassez le naturel, il revient au galop ?

Les sociétés où l’islam est majoritaire ne prévoient pas et n’organisent pas l’égalité des droits entre les individus quelle que soit leur appartenance religieuse. En l’absence effective de laïcité, le non-musulman doit toujours se plier aux règles musulmanes, ses propres droits étant fortement réduits (ex. boire de l’alcool, pratique religieuse, accès à certains postes,…).

On nous dit que cette oppression (puisque c’est le nom approprié) des non-musulmans ne concerne que les pays musulmans et non les sociétés occidentales. Est-ce si sûr ? Il est à craindre en effet que ceci ne résulte pas d’une question de principe religieux mais soit le simple résultat d’un rapport de force : que se passera-t-il quand les musulmans représenteront une proportion plus significative des populations des sociétés occidentales ? Jusqu’où nous conduira le droit de vote communautaire, voire la simple pression de la rue, incontrôlable dans des sociétés occidentales empêtrées dans la camisole des droits individuels au point qu’on ne peut même plus se défendre chez soi contre un voleur ?

C’est ce que laisse présager les comportements de certains groupes de migrants, totalement indifférents aux lois de leur pays d’accueil, et qui comptent semble-t-il bien faire régner dans le pays qui a eu la générosité de les accepter leur loi. Alain Finkielkraut relate ainsi ces craintes (octobre 2015).

Alain Finkielkraut ONPC 151013

Alain Finkielkraut ONPC 151003 Charia

Alain Finkielkraut cite Max Klingberg, qui travaille depuis 15 ans pour la Société internationale des droits de l’homme, et qui a déclaré à l’hebdomadaire Die Zeit : « La situation va empirer, prévient-il. Les agressions sont le plus souvent le fait des Pakistanais et des Afghans, ils sont encore plus islamistes que les Syriens. Il faut arrêter de croire que tous les réfugiés sont des défenseurs des droits de l’homme. Parmi ceux qui arrivent, une portion non négligeable a des croyances d’une intensité équivalente à celle des frères musulmans. »

Le magazine Causeur relate par ailleurs les propos du pasteur luthérien de l’église de la Trinité de Berlin-Steglitz (sud de Berlin) Gottfried Martens qui témoigne de la situation très précaire des chrétiens dans l’édition dominicale du quotidien berlinois Die Welt du 17 septembre : « Les musulmans très croyants répandent dans les foyers l’idée suivante : là où nous sommes règne la charia. Ceux qui souffrent le plus sont les musulmans convertis au christianisme : ceux-là ont 100% de chance d’être agressés ».

Pour Causeur, « la situation n’est pas récente : l’hebdomadaire Die Zeit s’est lui aussi fait l’écho d’agressions et d’une ambiance délétère dans les foyers de réfugiés dès juillet 2014. Voilà plus d’un an, donc, que les autorités allemandes sont conscientes des dangers qui menacent les réfugiés chrétiens. « Il y a une ambiance d’intimidation et d’hostilité envers les chrétiens », explique le prêtre maronite de Francfort Gaby Magea. L’accès aux cuisines communes est restreint pour les chrétiens, traités de « porcs » par certains musulmans, et leurs enfants sont agressés. La solution proposée par les autorités locales ? Une ségrégation des réfugiés selon leur religion, y compris entre musulmans chiites et sunnites, qui ont importé pour certains leurs conflits sur le sol allemand. Outre-Rhin, des voix s’y opposent, au nom justement de l’asile, et prônent la distribution d’une charte fondamentale des valeurs allemandes, telles que l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté d’opinion ou de religion. »

Causeur mentionne également : « Les foyers sont désormais devenus des lieux de violence religieuse, et l’Allemagne ne peut plus l’ignorer. A Suhl, en Thuringe (centre du pays), une cinquantaine de demandeurs d’asile sunnites ont organisé ce que le mensuel bavarois Bayern Kurier (édité par le parti conservateur CSU) décrit comme « une chasse à l’homme » contre un Afghan qui avait déchiré des pages du Coran. Dix-sept personnes, donc six policiers, ont été blessées dans l’émeute qu’ils ont provoquée. L’hebdomadaire de gauche Der Spiegel, qui a consacré à cette émeute un article sur son site web, n’a pour sa part pas indiqué la raison de cette flambée de violence. »

Ces faits (et d’autres) demandent à être vérifiés et appréciés mais sont également évoqués dans la presse étrangère, la presse française ne s’étendant guère sur un sujet qui remet en cause le tabou du vivre-ensemble voulu par le gouvernement français. Difficile toutefois de n’être pas inquiet à l’idée que l’Europe est tout simplement en train d’importer massivement l’islam orthodoxe (et non l’islamisme) sur son sol.

L’immense Jean de La Fontaine est un voleur

Pour cet imam, Jean de La Fontaine n’est qu’un plagieur, qui a « volé et retapé » (si tout le monde pouvait retaper de la sorte…) des fables d’un recueil arabe : « Kalila wa Dimna » de Ibn Al Muqaffa.

Havre de savoir Occidentaux

Havre de savoir Occidentaux La Fontaine

Les fables « Kalila wa Dimna » sont à la base une traduction en arabe d’un recueil Indo-Persan beaucoup plus ancien, le Pañchatantra. D’autres fables d’origine arabes semblent avoir été ajoutées et certaines fables indiennes retirées ; ce qui peut rendre difficile une analyse précise de la généalogie de cet héritage.

Mais le problème en réalité n’est pas là : c’est l’honnêteté même de cet immense auteur qui est mise directement en cause sans motif, et par un amalgame – surpassant même les amalgames pratiqués de nos jours par l’intelligentsia bien-pensante française – qui emporte avec lui toute la civilisation occidentale, qui est ainsi vouée aux gémonies.

Or, au cas particulier, Jean de La Fontaine n’a pas du tout caché s’être inspiré de certaines sources pour le choix de ses sujets, principalement Ésope, comme il le mentionne clairement dans la préface de son premier recueil :

 « À Monseigneur le Dauphin,

S’il y a quelque chose d’ingénieux dans la république des Lettres, on peut dire que c’est la manière dont Ésope a débité sa morale. Il serait véritablement à souhaiter que d’autres mains que les miennes y eussent ajouté les ornements de la poésie, puisque le plus sage des Anciens a jugé qu’ils n’y étaient pas inutiles. J’ose, Monseigneur, vous en présenter quelques essais. C’est un entretien convenable à vos premières années. Vous êtes en un âge où l’amusement et les jeux sont permis aux princes ; mais en même temps vous devez donner quelques-unes de vos pensées à des réflexions sérieuses. Tout cela se rencontre aux fables que nous devons à Ésope. L’apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilités servent d’enveloppe à des vérités importantes. »

Quant à sa dette vis-à-vis des fables d’origine indienne, La Fontaine ne s’en est jamais caché non plus comme en témoigne l’avertissement à son second recueil :

« Voici un second recueil de fables que je présente au public. J’ai jugé à propos de donner à la plupart de celles-ci un air et un tour un peu différent de celui que j’ai donné aux premières, tant à cause de la différence des sujets, que pour remplir de plus de variété mon ouvrage. Les traits familiers que j’ai semés avec assez d’abondance dans les deux autres parties convenaient bien mieux aux inventions d’Ésope qu’à ces dernières, où j’en use plus sobrement pour ne pas tomber en des répétitions ; car le nombre de ces traits n’est pas infini. Il a donc fallu que j’aie cherché d’autres enrichissements, et étendu davantage les circonstances de ces récits, qui d’ailleurs me semblaient me le demander de la sorte : pour peu que le lecteur y prenne garde, il le reconnaîtra lui-même ; ainsi je ne tiens pas qu’il soit nécessaire d’en étaler ici les raisons, non plus que de dire où j’ai puisé ces derniers sujets. Seulement je dirai, par reconnaissance, que j’en dois la plus grande partie à Pilpay [1], sage indien. Son livre a été traduit en toutes les langues. Les gens du pays le croient fort ancien et original à l’égard d’Ésope, si ce n’est Ésope lui-même sous le nom du sage Locman [2]. Quelques autres m’ont fourni des sujets assez heureux. Enfin j’ai tâché de mettre en ces deux dernières parties toute la diversité dont j’étais capable. »

[1] Pilpay est généralement l’auteur auquel on attribue l’œuvre en Europe à l’époque de La Fontaine bien que son existence ne soit pas avérée. Le nom de Pilpay est dérivé de Bidpaï, qui se trouve dans la version arabe, mais non dans l’original indien.

[2] Personnage imaginaire sous le nom duquel avait été mise la traduction arabe des fables d’Ésope.

En plus de cette préface, La Fontaine, fait référence par trois fois à ce Pilpay dans : La Souris Métamorphosée en Fille ; Le Milan, le Roi et le Chasseur ; Le Corbeau, La Gazelle, la Tortue et le Roi. C’est dire que cette reconnaissance est claire et assumée ! Si La Fontaine avait pensé être redevable (en fonction des connaissances de l’époque) de façon notable d’un auteur arabo-musulman, pourquoi l’aurait-il caché ? La talent littéraire de La Fontaine est surtout dans le génie de sa langue.

Faire dédaigneusement et avec autant de suffisance aussi peu de cas du génie littéraire et poétique de La Fontaine en dit long sur la frustration intense de ce petit monsieur mais aussi de certains autres, envieux d’une contribution immense à l’humanité dont ils sont tout à fait incapables. Pour supporter cette frustration, c’est malheureusement une tendance assez commune chez ces musulmans de vouloir sans aucune objectivité tenter de rendre la civilisation occidentale redevable à l’islam de tout ce qu’elle a pu produire jusqu’à aujourd’hui, de façon tellement partisane qu’elle en devient totalement ridicule. Quand on prétend dresser un bilan, il faut le faire avec un minimum de bonne foi.

Malheureusement, il semble que pour calmer la frustration d’une contribution assez modeste à la civilisation mondiale depuis plusieurs siècles, et ainsi « excuser » le monde musulman, les théories, livres et vidéos (il suffit d’aller sur internet) qui pratiquent un révisionnisme historique pro-musulman qui ferait pâlir d’envie les Faurisson & Co  abondent, en lieu et place d’une analyse critique et raisonnée des échanges intra-civilisationnels extrêmement divers qui ont toujours marqué l’histoire.

Rappelons à ce propos ce qu’écrit Malek Chebel : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

Quant à Tareq Oubrou, le jugement semble encore plus général : « Le déclin de toute une civilisation [nldr musulmane] qui a raté, dès la fin du Moyen Âge, le train de la modernité. »

Le tabou de la fornication

La sexualité hors mariage est totalement prohibée dans la culture musulmane. Hommes et femmes doivent donc arriver vierges au mariage, d’où l’importance de la question de la virginité des filles pour les musulmans, beaucoup plus facile à contrôler naturellement que celle des hommes.

Malek Chebel indique : « L’islam interdit scrupuleusement aux hommes et aux femmes de se livrer à une vie sexuelle hors mariage (appelé fû’cha, « débauche »), de recourir à la prostitution ou au concubinage. Or, pour préserver la « chasteté » de l’époux, il n’est plus qu’une seule alternative, celle qui consiste à épouser une jeune femme, au lieu de rechercher le sexe pour lui-même en dehors de son foyer. »

Moncef Zenati confirme dans cette vidéo consacrée aux relations sexuelles hors mariage des jeunes (le « copinage ») cet interdit absolu en islam, et en détaille les raisons :

Havre de savoir Copinage

Havre de savoir Copinage Extrait

Moncef Zenati laisse notamment entendre que la fornication ne peut en aucun être même tolérée car celle-ci n’est que très exceptionnellement le prélude à un mariage. En outre, ces relations sont destructrices de la cellule familiale puisqu’elles permettent les comparaisons et introduisent donc l’idée qu’un meilleur sort ou avenir est possible.

Moncef Zenati reprend l’idée classique selon laquelle « Naturellement l’homme est plus réceptif au désir charnel ». Cette idée présentée comme une constatation  objective est détestable à plusieurs titres :

–  par la sous-estimation de la force et de la valeur de la sexualité féminine, qui peut s’exprimer de façon sensiblement moins extravertie que dans le cas de l’homme (mais est en réalité tout aussi intense et riche), ce qui conduit rapidement à assimiler toute femme ayant une sexualité un peu trop présente ou ressentie comme « visible » à une prostituée (le terme n’est bien entendu pas employé mais il est clairement dans l’esprit du discours) ;

–  par une forme de négation implicite de l’importance de la sexualité féminine, celle-ci étant vue comme essentiellement liée à l’outil de reproduction que la femme représente et non comme un mode d’épanouissement personnel, dans la droite ligne d’une vision qui relègue la femme au simple rôle de mère de famille ;

–  et surtout par la conséquence odieuse qui en est tirée, consistant à rendre d’une certaine façon la femme directement responsable du désœuvrement sexuel de la société, car c’est à elle qu’échoit la responsabilité de maîtriser les assauts des mâles en rut. C’est elle « qui a la clef pour dire non » : si elle n’ose pas refuser fermement (tout le monde n’a pas la force de caractère pour résister à un assaut vigoureux et répété), c’est donc qu’elle dit « oui » ou même qu’elle incite à avoir des relations sexuelles. Comme le souligne Moncef Zenati : le Coran fait porter la responsabilité de la débauche d’abord sur la fornicatrice.

Cette vision musulmane déplorable de la sexualité contribue puissamment à l’asservissement des femmes, maintenues dans un rôle où la personnalité s’efface derrière la fonction, celle de génitrice, et offre une bonne occasion aux hommes de se déresponsabiliser (« l’homme est aussi responsable, sauf que… ») et de rendre excusable le viol de toutes celles qui apparaîtront comme des femmes aux mœurs trop légères, et donc à des prostituées.

Enfin, ce prêche continue à valoriser le rôle inacceptable de nos jours de la famille de la jeune femme, particulièrement les parents, qui doivent implicitement autoriser le mariage, mais aussi des frères qui ont un droit de regard invraisemblable sur le comportement et les relations de leurs sœurs. Ces comportements semblent encore malheureusement extrêmement ancrés dans la culture musulmane qui, de ce point de vue, constitue une régression évidente et insupportable au regard des droits acquis par les femmes dans les sociétés occidentales.

Pire, ce tabou dépasse même la véritable sexualité et va jusqu’à inclure le simple toucher corporel, y compris a priori le simple fait de serrer la main d’une femme (dès lors qu’elle pourrait être licite en tant qu’épouse, c’est-à-dire qu’elle n’est pas mahram). Bref, on se demande si la femme, ce n’est pas Satan.

Havre de savoir Toucher une femmeHavre de savoir Toucher une femme

Cet interdit général qui jette l’opprobre sur toute forme, même bénigne, de contact corporel entraîne à coup sûr une frustration intense chez les hommes musulmans, en particulier les jeunes. Il ne faut donc pas s’étonner ensuite que cette rigidité morale extrême puisse conduire à certains débordements jugés ainsi compréhensibles, excusables (femmes habillées de façon trop suggestive et pourchassées dans les rues, viols – parfois collectifs –), dans les pays musulmans (comme certains faits divers ou enquêtes en témoignent) mais maintenant aussi parfois en France aujourd’hui.

En effet, peut-on négliger dans la perception ou le comportement de certains jeunes musulmans vis-à-vis de jeunes femmes non-musulmanes occidentales, en particulier chrétiennes et blanches, le poids du Coran qui accorde par exemple des droits exorbitants au musulman sur les femmes non-musulmanes à l’occasion des conquêtes, femmes qui deviennent esclaves une fois capturées ? Il est facile de trouver de tels exemples dans la Sira, jusqu’à Mahomet lui-même qui a donné l’exemple. C’est d’ailleurs dans doute la raison pour laquelle les hommes de l’État islamique ne se privent pas de violer religieusement les femmes non-musulmanes de tous bords qu’ils capturent. Ils exercent les droits que leur confère le Coran qui rend ces femmes « licites » (moubah).

Le caractère intemporel du modèle coranique

Les principes énoncés par le Coran (et de façon plus générale la Tradition) sont intemporels : ils sont valables jusqu’à la fin des temps. Seules les modalités d’application peuvent faire l’objet de variations lorsque seuls les principes généraux ont été définis.

Il ne faut donc pas tomber dans le travers des orientalistes occidentaux ou de certains musulmans qui ont contextualisé historiquement le texte sacré afin de pouvoir justifier l’adaptation de la doctrine coranique au monde moderne, et son caractère plus acceptable pour les sociétés occidentales.

Havre de savoir Plaire a l'occidentHavre de savoir Plaire a l’occident Extrait

Pas de lien avec les mécréants

Face aux musulmans, les non-musulmans, et en particulier les pays occidentaux aux racines chrétiennes, sont considérés comme des ennemis naturels qui cherchent à briser l’unité de la communauté musulmane (l’Oumma). Le Coran interdit aux musulmans de se lier aux non-musulmans :

Coran, sourate 3, verset 28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. (…) »

En effet, tout lien (amical ou d’affection) entre un musulman et un incroyant peut être considéré comme prohibé doctrinalement puisque cela correspond à une certaine forme de compassion pour ses idées, inacceptable doctrinalement pour l’islam. Tout « lien » ne peut donc être que superficiel et temporaire, et ce d’autant plus dans les sociétés occidentales où les rapports de force en présence ne permettent pas l’établissement de la loi islamique et imposent en conséquence aux musulmans d’adapter leur comportement.

Ainsi, Malek Chebel écrit : « Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

Le lien n’est autorisé que dans une vision protectrice, au cas où le musulman a quelque chose à redouter du non-musulman : « à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux ». Dans ce cas, le musulman est autorisé à adapter son comportement autant que de besoin, et de recourir au mensonge si nécessaire si on considère qu’une telle situation est assimilable à un état de guerre larvé.

La jurisprudence chaféite précise :

Section r8.1 « Du mensonge : Les textes du Coran et de la Tradition indiquant qu’il est contraire à la loi de mentir sont à la fois nombreux et se prouvent les uns les autres, le mensonge étant parmi les péchés les plus laids et les fautes les plus écœurantes. Compte tenu du consensus des érudits de la communauté (Oumma) sur cette interdiction et l’unanimité qui résulte des textes, il n’est pas besoin de donner des exemples, notre seule préoccupation ici étant d’expliquer les exceptions à ce qui est considéré comme mentir et d’informer sur les détails. »

Section r8.2 « Le mensonge autorisé : Le Prophète a dit : « Celui qui règle des différents entre personnes en amenant un bien ou dit des choses louables n’est pas un menteur. » Ceci est largement mentionné à la fois par Bukhari et Muslim, les hadiths de Muslim indiquant que Umm Kulthum (une des filles de Mahomet) a dit : « Je n’ai pas entendu Mahomet autoriser le mensonge, sauf pour trois choses : la guerre, le règlement de différends, et entre mari et femme. » Ceci constitue une mention explicite selon laquelle le mensonge est parfois autorisé pour atteindre un objectif donné, les érudits ayant établis des critères des natures de mensonges autorisés par la Loi. »

Lorsque Mahomet envoya son émissaire pour semer la zizanie entre les Quraychites, les Ghatafân et les Banû Quraydha lors de la bataille du fossé, la Sîra rapporte que Mahomet dit à son émissaire : « Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. La guerre est une ruse. » Ce propos n’a rien de choquant : cela correspond simplement au pragmatisme militaire d’un chef de guerre qui subordonne les moyens à la fin qu’il vise.

L’Éthique du musulman précise de son côté : « L’actuelle offensive de la croisade, doublée d’une offensive sioniste qui lui est étroitement liée, n’a pu parvenir à déstabiliser l’État islamique et à piller ses richesses qu’après avoir préparé le terrain en divisant en sectes dissolues et insignifiantes et en mini-États hostiles entre eux où les conflits s’allument et s’aggravent sans raison. Car, il ne faut pas oublier que la politique de l’Occident, pour occuper l’Orient et le dominer, reste basée sur la règle suivante : diviser pour régner. Or l’islam accorde un soin particulier à la sauvegarde de sa communauté et à la préservation de son entité. »