Dhimmi : le statut

C’est par le traité d’Omar que le statut de dhimmi est généralement connu. Ce statut serait apparu au VIIème siècle : en 637 après JC, le patriarche chrétien de Jérusalem livra la ville à l’armée musulmane d’Omar. Un traité, dit Traité d’Omar, fut alors signé avec ce calife afin de fixer les conditions dans les lesquelles les chrétiens et les juifs étaient autorisés à vivre en pays musulman. Ce traité assujettissait juifs et chrétiens à l’autorité musulmane, mais leur garantissait un traitement meilleur (d’où le terme de « protégé ») qu’aux autres ennemis de l’islam, par la reconnaissance de droits privés mais pas de droits politiques.

On trouve des traces du statut de protégé (dhimmi) à l’égard des Gens du Livre dans une lettre écrite par Mahomet aux rois de Himyar qui avaient abandonné le polythéisme et s’étaient ralliés à l’islam. Il est possible qu’elle ait inspiré le statut établi ultérieurement par Omar.

La Sîra rapporte les propos de Mahomet : « Si un juif ou un chrétien se convertit à l’islam, il compte parmi les croyants, avec les mêmes privilèges et les mêmes obligations qu’eux. Celui, en revanche, qui reste juif ou chrétien, on ne peut le contraindre à quitter sa religion. Mais, dans tous les cas, il doit payer un tribut d’un dinar, qu’il soit mâle ou femelle, qu’il soit libre ou esclave. En échange de ce tribut, il aura la protection de Dieu et de son Envoyé. Sinon, il sera considéré comme l’ennemi de Dieu et de son envoyé. »

L’application de ce statut a connu des variations importantes selon les époques et les sociétés musulmanes. On peut noter que les pays occidentaux ont imposé que le traité de Lausanne de 1923, réglant le sort de la Turquie suite à la première guerre mondiale et l’effondrement de l’empire ottoman, contînt une section spécifique (section III) intitulée : « Protection des minorités ». Le premier alinéa de l’article 38 de cette section stipulait : « Le gouvernement turc s’engage à accorder à tous les habitants de la Turquie pleine et entière protection de leur vie et de leur liberté, sans distinction de naissance, de nationalité, de langue, de race ou de religion ». Le premier alinéa de l’article 39 stipulait : « Les ressortissants turcs appartenant aux minorités non-musulmanes jouiront des mêmes droits civils et politiques que les musulmans. »

Le statut de dhimmi semble avoir disparu en tant que statut officiel dans le monde musulman aujourd’hui mais pas en revanche l’idée qui le sous-tend, bien vivace, c’est-à-dire la supériorité de la communauté musulmane sur toutes les autres communautés humaines (cf. Supériorité).

À lire la jurisprudence chaféite, on retrouve des principes qui font clairement échos à des règles appliquées de nos jours, notamment dans certains pays de la péninsule arabique. Cela questionne sérieusement la réciprocité des droits des musulmans dans les pays occidentaux au regard des restrictions de droits imposées aux non-musulmans dans ces pays.

Section o11.5 « Ces sujets non-musulmans [ndlr soumis au statut de dhimmi]  doivent respecter les règles islamiques qui ont trait à la sécurité et à l’indemnisation de la vie, de la réputation et de la propriété. En outre :
(1) Ils sont punis s’ils commettent l’adultère ou le vol, mais pas pour ivresse ;
(2) Ils doivent se distinguer des musulmans par l’habillement, en portant une large ceinture (zunnar) ;
(3) Ils ne sont pas salués par le « as-Salamu ‘alaykum » ;
(4) Ils doivent pas occuper la meilleure place dans les rues ;
(5) Ils ne peuvent pas construire des bâtiments aussi ou plus hauts que des bâtiments musulmans, mais s’ils acquièrent une haute maison [déjà construite], elle n’est pas rasée ;
(6) Il leur interdit d’afficher à la vue du public du vin ou du porc, de sonner les cloches des églises ou de porter des croix visibles, de réciter autrement qu’intérieurement la Torah ou l’Évangile, ou de défiler publiquement pour des funérailles ou de fêter publiquement des jours de fête ;
(7) Il leur est interdit de construire de nouvelles églises. »

Exemple d’abrogation : Les Gens du Livre : des communautés à combattre

L’ouvrage « Le Coran en islam » (al-qu’ran fi al’islam), écrit par le grand théologien de l’islam du XXème siècle, Muhammad Hussein Tabâtabâ’î, indique que le verset reçu au début de la prédication de Mahomet, c’est-à-dire au début de la période médinoise, prônant de vivre en paix avec les Gens du Livre (Ahl al-Kitâb), c’est-à-dire essentiellement les juifs et les chrétiens…

Coran, sourate 2, verset 109 : « Beaucoup de gens du Livre, après que la vérité s’est manifestée à eux, aimeraient par jalousie pouvoir vous rendre mécréants alors que vous avez la foi. Pardonnez et oubliez jusqu’à ce qu’Allah vienne avec Son jugement. Allah est puissant en toute chose ! »

…a été abrogé par le verset ultérieur sur la « guerre », datant de la fin de la période médinoise, c’est-à-dire peu de temps avant la mort de Mahomet, qui a mis fin aux relations pacifiques :

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, ceux qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui, parmi les gens du Livre, ne professent pas la religion de la vérité. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés. »

La jurisprudence malikite confirme cette évolution logique et tout à fait claire en reprenant des propos de Mahomet maudissant les juifs et les chrétiens et interdisant leur présence sur la terre sainte de l’islam, tels que :

« Isma’il ibn Hakim a rapporté qu’Omar ibn Abdul Aziz disait : « Les dernières paroles dites par l’envoyé de Dieu (lors de sa maladie) étaient : « Que Dieu maudisse les juifs et les chrétiens qui ont fait des tombeaux de leurs prophètes des lieux pour prier. Deux religions n’existeront jamais sur la terre des Arabes. » »

« Section : L’exclusion des juifs de Médine. Ibn Chihab a rapporté que l’envoyé de Dieu a dit : « Deux religions ne peuvent jamais exister ensemble dans la presqu’île arabe. » » [ndlr en d’autres termes, l’islam étant la religion de la péninsule arabique, aucune présence d’une autre religion ne doit être tolérée]

Pour le principe de l’abrogation, voir : Abrogation

Les Gens du Livre : justification doctrinale de la nécessaire soumission et humiliation

Le Coran demande aux musulmans de combattre tous les non-musulmans, y compris par les armes (jihad ou « combat dans la voie d’Allah »). Les Gens du Livre (c’est-à-dire les juifs, les chrétiens et les zoroastriens) sont toutefois un peu mieux lotis que les autres non-musulmans en raison du fait que les Gens du Livre possèdent un Livre – même s’ils sont accusés d’en avoir vicié le sens -, alors que tous les autres non-musulmans n’en ont pas.

Coran, sourate 3, verset 19 : « La religion, aux yeux d’Allah, c’est l’islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité, qu’après avoir reçu la science. Quiconque ne croit pas aux signes d’Allah, Allah est prompt à lui demander des comptes ! »

Aussi les Gens du Livre peuvent avoir la vie sauve sous réserve de se soumettre aux musulmans en payant un impôt spécifique (la capitation ou « jizya« ) et d’accepter l’autorité musulmane (avec toutes les règles juridiques, civiles,… afférentes). Cette tolérance et ses conditions d’application restent néanmoins très variables. Cette soumission, une fois acceptée par les musulmans, permet aux Gens du Livre de bénéficier d’une certaine forme de protection eu égard au sort réservé à tous les autres non-musulmans, qui sont sans droits. Le terme de « dhimmi » veut ainsi dire « protégé ».

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. »

Cette organisation religieuse et sociale est un principe très clair en islam. La jurisprudence chaféite indique :

Section o9.8 « Le calife fait la guerre aux juifs, aux chrétiens et aux zoroastriens après les avoir invités à se convertir à la foi et à la pratique islamiques, et, cas de refus, après les avoir invité à entrer dans l’ordre social islamique en payant l’impôt des non-musulmans, la jizya (…) en accord avec ce qu’Allah a dit : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. » (…). »

Section o9.9 « Le calife combat tous les autres peuples jusqu’à ce qu’ils se convertissent à l’islam, car ils n’ont pas de Livre, ne sont pas honorés à ce titre et ne sont pas autorisés à s’établir en payant la jizya (…). »

La jurisprudence malikite indique pour sa part : « Mâlik a dit : « Il est de la Sunnah de ne pas imposer l’impôt aux femmes des gens du Livre ni à leurs enfants. Il est obligatoire pour les hommes pubères. (…) L’aumône [ndlr zakat] n’a été en principe demandée aux musulmans que dans le but de les purifier pour qu’ils la donnent aux pauvres. Et cette capitation [ndlr jizya] a été imposée aux gens du Livre pour les humilier ».

Le commentateur contemporain de la jurisprudence malikite, le cheikh Muhammad Diakho, tente de circonstancier le sens de cette humiliation imposée aux Gens du Livre : « Cette volonté d’humilier les gens du Livre avait effectivement ses raisons d’être dans le temps historique et l’espace géographique qui s’explique aisément par les antagonismes qui accompagnaient la naissance d’une nouvelle religion. Si donc, comme dit l’imam Mâlik, cette « volonté d’humilier » était le but recherché (‘Illatu-l-kuhm), et si le temps et l’espace le justifient, il n’est pas nécessaire de comprendre de cette prescription qu’elle soit universelle, valable pour tout temps et espace. Dans les nouvelles conditions de cohabitation entre les diverses communautés religieuses dans les pays musulmans où les valeurs du respect mutuel, de l’entente et de la fraternité humaine sont fortement suggérées, rien n’est plus bénéfique à l’islam et aux musulmans que de circonstancier une certaine compréhension conflictuelle des textes scripturaires. »

La grande difficulté avec cette volonté d’atténuation du souci de la religion d’amour et de paix d’humilier les non-musulmans est qu’on ne voit pas bien sur quelle base doctrinale elle repose (même si on comprend bien l’objectif qui est de rendre acceptable l’islam par les non-musulmans) : le comportement de Mahomet qui demandait à ce que soient humiliés les Gens du Livre n’était-il pas exemplaire ?

L’État islamique et les chrétiens

Message adressé par l’État Islamique aux chrétiens du monde avant l’égorgement de 21 chrétiens coptes sur les plages de Libye en février 2015 (pour la justification doctrinale au regard du Coran, se reporter à l’article Condamnation des chrétiens) :

Execution Coptes

« Gloire à Dieu le fort et le puissant, et prière et paix sur celui qui a envoyé la miséricorde au monde par l’épée. Ô gens, vous nous avez déjà vus sur les collines de Syrie et dans la plaine de Dabiq.

Nous tranchons des têtes tant qu’elles portent l’illusion de la croix et qu’elles boivent la haine de l’islam et des musulmans. Et aujourd’hui, au sud de Rome, dans la terre musulmane de Lybie, nous envoyons un nouveau message.

Ô croisés, votre paix dépend de notre bonne volonté. Tant que vous nous combattez jusqu’au bout, nous vous combattrons jusqu’au bout, jusqu’à ce que la guerre accomplisse son but, et que le Christ (Issa) revienne – paix soit sur lui –. Il cassera la croix, il tuera le porc et il mettra la jizya sur tous.

Et cette mer dans laquelle vous avez fait disparaître le corps du Cheikh Oussama Ben Laden – que Dieu l’accueille dans son séjour –, nous jurons par Dieu de le racheter par votre sang et nous conquerrons Rome si Dieu le veut, promesse de notre prophète – prière et paix soient sur lui –. »

La condamnation du polythéisme et donc du christianisme par l’islam

  • Le christianisme : une religion fondamentalement condamnée par l’islam

Le christianisme est la faute la plus grave aux yeux des musulmans puisqu’ils considèrent que les chrétiens donnent des associés à Dieu par la Sainte Trinité, les musulmans ayant leur propre interprétation du christianisme contrairement au dogme professé par les chrétiens eux-mêmes.

La condamnation totale de ce qui est ainsi interprété comme un polythéisme (ou associationnisme : shirk) par l’islam s’appliquait également originellement aux arabes polythéistes de La Mecque (et qui étaient, eux, réellement polythéistes), dont les dieux et idoles étaient vénérés à la Ka’ba.

Il ne peut donc en aucun cas y avoir de rapprochement possible entre le christianisme et l’islam. L’islam est par nature un ennemi inné du christianisme qui ne peut être accepté qu’à une condition : la soumission à l’islam au travers du statut de dhimmi (cf. dhimmi).

Coran, sourate 3, verset 78 : « Et il y a parmi eux certains qui roulent leur langues en lisant le Livre pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu’il n’est point du Livre ; et ils disent : « Ceci vient d’Allah », alors qu’il ne vient pas d’Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah. »

Coran, sourate 4, verset 48 : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne un quelconque associé. Il pardonne à qui Il veut des péchés moins graves. Mais celui qui donne à Allah un quelconque associé commet un énorme péché. »

Coran, sourate 4, verset 116 : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne un quelconque associé. Il pardonne à qui Il veut des péchés moins graves. Mais celui qui donne à Allah un quelconque associé est dans un égarement profond. »

Coran, sourate 4, verset 171 : « Ô gens du Livre, n’exagérez pas dans votre religion et ne dites d’Allah que la vérité. Le messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un messager d’Allah, sa parole qu’il envoya à Marie, un souffle de vie émanant de Lui. Croyez donc en Allah et en ses messagers. Et ne dites pas « Trois ». Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah est unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah suffit comme protecteur. »

Coran, sourate 5, verset 72 : « Ceux qui disent : « En vérité, Allah c’est le messie, fils de Marie » sont des mécréants. Alors que le messie a dit : « Ô enfants d’Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur ». Quiconque associe à Allah d’autres divinités, Allah lui interdit le Paradis ; son refuge sera le Feu. Pour les injustes, pas de secoureurs ! »

Coran, sourate 5, verset 73 : « Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : « En vérité, Allah est le troisième de trois. » Alors qu’il n’y a de divinité qu’Une Divinité Unique ! Et s’ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d’entre eux. »

Coran, sourate 9, verset 31 : « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d’Allah, alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils [Lui] associent. »

Coran, sourate 31, verset 13 : « Luqman dit à son fils en l’exhortant : « Ô mon fils, ne donne pas d’associé à Allah, car l’association est vraiment une injustice énorme ». »

Coran, sourate 61, verset 9 : « C’est Lui [ndlr Allah] qui a envoyé son messager avec la Direction et la religion de vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs. »

  • Toutes les formes de polythéisme, dont le christianisme, doivent être combattus sans relâche

Toute forme de polythéisme, christianisme compris (sauf application du statut de dhimmi), doit être implacablement combattue :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés. La persécution des croyants [ndlr les musulmans] est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »

Coran, sourate 2, verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion soit entièrement à Allah seul. (…) »

Coran, sourate 2, verset 217. « (…) Ceux qui vous combattent [ndlr les polythéistes] ne cesseront de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion. Ceux parmi vous qui abjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront leurs actions dans la vie immédiate et la vie future : ceux-là seront les gens du feu ; ils y demeureront éternellement. »

Coran, sourate 6, verset 107 : « Si Allah voulait, ils ne seraient point associateurs ! Mais Nous ne t'[ndlr Mahomet]avons pas désigné comme gardien pour eux ; tu n’es pas leur protecteur. »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 9, verset 28 : « Ô vous qui croyez ! Les associateurs ne sont qu’impureté : qu’ils ne s’approchent plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci. Et si vous redoutez une pénurie, Allah vous enrichira, s’Il veut, par sa grâce. Allah sait tout et est sage. »

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés. »

Coran, sourate 9, verset 113 : « Il n’appartient ni au Prophète ni aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu’ils savent que ce seront des hôtes de la Fournaise. »

Coran, sourate 48, verset 6 : « Il [ndlr Allah] tourmentera les hypocrites, hommes et femmes, et les associateurs et les associatrices, qui pensent du mal d’Allah. Qu’un mauvais sort tombe sur eux. Allah est courroucé contre eux, les a maudits et leur a préparé l’enfer. Quelle détestable destination ! »

Coran, sourate 98, verset 6 : « Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les associateurs iront dans le feu de l’enfer, pour y demeurer éternellement. Ceux-là sont le pire de l’humanité. »

  • Conclusion

On ne voit donc pas bien comment à partir de ces textes sacrés, reconnus et acceptés par tous les musulmans, bâtir en France un vivre ensemble puisque la doctrine musulmane rejette de façon viscérale le christianisme.

La condamnation des juifs dans l’islam

La condamnation doctrinale des juifs est très présente dans le Coran, les juifs étant accusés d’avoir perverti ou falsifié le message de Dieu. À compter du moment où Mahomet eut perdu l’espoir de convertir les juifs de Médine, elle fut accompagné par des appels à la violence dépourvus d’ambiguïté (se reporter également à l’article sur l’Extermination des Banu Quraydha).

Coran sourate 2, verset 75 : « Comment pouvez-vous espérer, musulmans, que de pareils gens [ndlr les juifs] partageront votre foi, alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole d’Allah, la falsifia sciemment ? »

Coran, sourate 4, verset 155 :  « Nous les avons maudits car ils ont rompu l’alliance, car ils ont été incrédules aux signes d’Allah, car ils ont tué injustement des prophètes, et parce qu’ils ont dit : « Nos cœurs sont incirconcis ». Non ! Allah a scellé leurs cœurs à cause de leur incrédulité ; rares sont donc ceux qui croient. »

Coran, sourate 5, verset 63 : « Pourquoi les rabbins et les docteurs de la Loi ne les empêchent-ils pas de tenir des propos mensongers et de manger des gains illicites ? Que leurs actions sont donc mauvaises ! »

Coran, sourate 5, verset 64 : « Les Juifs disent : « La main d’Allah est fermée ! » Que leurs propres mains soient fermées et qu’ils soient maudits à cause de leurs paroles. Au contraire, ses deux mains sont largement ouvertes et Allah distribue ses dons comme Il veut. Certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur fait beaucoup croître en eux la rébellion et l’incrédulité. Nous avons suscité parmi eux l’inimitié et la haine jusqu’au jour de la résurrection. Chaque fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Allah l’éteint. Ils s’efforcent de semer le désordre sur la terre, alors qu’Allah n’aime pas les semeurs de désordre. »

Coran, sourate 62, verset 5 : « Ceux qui ont été chargés de la Torah mais qui ne l’ont pas appliquée sont pareils à l’âne qui porte des livres. Quel détestable exemple que celui de ces gens qui traitent de mensonges les versets d’Allah. Allah ne guide pas les gens injustes. »

La Sîra rapporte l’événement suivant : « Mahomet avait dit : « Tuez tout homme juif dont vous vous emparez. » Alors, Muhayyisah ibn Masûd sauta sur Ibn Sunaynah, un commerçant juif qui le fréquentait, faisait du commerce avec lui et le tua. Huwaysah ibn Masûd n’était pas encore musulman et était plus âgé que Muhayyisah. Quand Muhyyisah tua Ibn Sunaynah, Huwaysah se mit à battre Muhayyisab en disant : « ô ennemi de Dieu ! L’as-tu tué ? Peut-être y a-t-il de la graisse dans son ventre qui vienne de son argent ! » Alors Muhayyisah répondit : « Je jure par Dieu que celui qui m’a ordonné de le tuer est quelqu’un qui, s’il m’ordonne de te tuer, je te couperai le cou ». Cette phrase fut la cause de la conversion de Huwaysah à l’islam. En effet, Huwaysah lui dit : « Ah ! Si donc Muhammad t’ordonne de me tuer, tu me tueras ? ! » Muhayyisah répondit : « Oui, certes. Je jure par Dieu que si Muhammad m’ordonne de couper ton cou, je le ferai. » Alors Huwaysah dit : « Une religion qui te rend ainsi est quelque chose d’extraordinaire ! » Et Huwaysah a (aussitôt) embrassé l’islam. »

Pour l’islam, les juifs sont responsables de leur sort car comme le rappelle Jacqueline Chabbi : « Si les juifs médinois ne croyaient pas en Mahomet, c’est qu’avec une obstination coupable, ils avaient trahi leur propre cause. La divinité avait pourtant tenté de les remettre à plusieurs reprises sur le bon chemin. »

Rien d’étonnant donc à ce que la Tradition authentique (Bukhari) rapporte le propos suivant de Mahomet : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

L’extermination des juifs Banû Quraydha par Mahomet

Les Banû (« fils de ») Quraydha était la plus grande des tribus juives de Médine. Elle fut exterminée par Mahomet comme le relate précisément la Sîra :

« Le même jour, à midi, Gibrîl vint voir le Prophète. L’ange, coiffé d’un turban de soie, était sur une mule dont le bât était couvert de brocart :
–  Envoyé de Dieu, demanda Gibrîl, tu as donc déposé les armes ?
–  Les anges ne l’ont pas encore fait. Dieu t’ordonne, Muhammad, d’aller combattre le clan juif des Banû Quraydha. Moi-même j’y vais de ce pas et j’ai l’intention de faire trembler la terre sous leurs pieds.
(…)
S’approchant des fortins, le Prophète cria aux Quraydha : « Frères de singes, vous n’avez pas encore connu, je le vois, l’humiliation et la vengeance de Dieu. Vous allez la connaître !
(…)
Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banû Quraydha, et même les jeunes, à partir de l’âge où ils avaient les poils de la puberté.
Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d’aujourd’hui [ndlr époque d’Ibn Hichâm], et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés.
Parmi eux, il y avait Huyayy ibn Akhtab, l’ennemi de Dieu, et ka’b ibn Asad, le chef des Quraydha. Ils étaient six à sept cents hommes. On dit même huit cents et même neuf cents. Pendant qu’ils étaient amenés sur la place par petits groupes, certains juifs demandèrent à Ka’b, le chef de leur clan :
–  Que va-t-on faire de nous ?
–  Est-ce que cette fois vous n’allez pas finir par comprendre ? Ne voyez-vous pas que le crieur qui fait l’appel ne bronche pas et que ceux qui sont partis ne reviennent pas ? C’est évidemment la tête tranchée !
Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »