La décapitation : un mode d’exécution validé doctrinalement en islam

La décapitation ne constitue pas un acte « barbare » au regard des valeurs musulmanes puisque :

1 ) C’est un mode d’exécution pratiqué par Mahomet lui-même et par ses partisans, comme en atteste sa biographie (se reporter à l’article décapitation). De ce point de vue, l’État Islamique a donc simplement remis cette pratique au goût du jour pour être le plus conforme possible à la pratique du Prophète.

2) La décapitation est une pratique parfaitement validée dans certains pays musulmans d’aujourd’hui au travers de la chari’a, notamment en Arabie Saoudite, terre sainte de l’islam, où elle est régulièrement mise en œuvre par les autorités (voir exemple de vidéo ci-dessous), généralement de façon publique.

 

Execution Arabie Saoudite 2015

Execution Leila Bassem 2015

La décapitation : une pratique de Mahomet, mise en scène par l’État Islamique avec des moyens modernes

Décapitation au couteau de chrétiens coptes par Daech sur les rives de Libye (février 2015)

La décapitation, validée et pratiquée par Mahomet – qui ne peut donc pas être considérée pour cette raison comme « barbare », sauf à considérer que Mahomet lui-même était un « barbare » -, a été reprise par Daech qui lui a donné une publicité d’envergure à l’échelle de ce que permettent les moyens modernes de communication.

Les extraits qui suivent de la Sîra illustrent quelques exemples de décapitation :

Retour de la bataille de Badr : « Après Badr, le Prophète regroupa les prisonniers et les emmena avec lui à Médine. À son arrivée à Rawhâ, les musulmans qui n’avaient pas pris part à la bataille sortirent à sa rencontre pour le féliciter, avec ses compagnons, de la victoire que Dieu leur avait procurée. (…) Le Prophète ordonna de tuer Uqba ibn Abû Mu’ît. Uqba lui demanda :
–  Muhammad, qui va nourrir mes petits-enfants ?
–  Le feu, répondit-il.
Ali lui trancha la tête. Le Prophète poursuivit son chemin et parvint à Médine un jour avant les prisonniers. »

Condamnation de Habbâr : « Le Prophète, ayant appris l’inconduite de Habbâr, lui envoya quelques-uns de ses compagnons : « Si vous mettez la main sur ce Habbâr ibn al-Aswad, leur dit-il, brûlez-le sur un bûcher ». Le lendemain, se ravisant, le Prophète leur envoya dire : « Je vous avais ordonné de brûler Habbâr. Puis j’ai pensé que le supplice du feu, Dieu seul pouvait l’ordonner. Si vous arrivez à le saisir, tranchez-lui simplement la tête. » »

Extermination des juifs Banû Quraydha à Médine : se reporter à l’article dédié à ce sujet (Banû Quraydha) : « Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Exécution du juif Huayy ibn Akhtab : « On fit donc venir Huayy ibn Akhtab devant le Prophète. Il avait les mains ligotées autour du cou et portait un manteau d’un rose éclatant, qu’il avait, pour ôter à ses geôliers toute envie de vol, tailladé de toutes parts :
–  Je ne regrette absolument pas, dit-il au Prophète, d’avoir été ton ennemi, mais, je le constate, quiconque abandonne Dieu, Dieu l’abandonne.
Et s’adressant à l’assistance :
–  Nous acceptons l’ordre de Dieu. C’est une tuerie que Dieu a décidé d’inscrire dans le destin du peuple d’Israël.
Puis il s’assit et le Prophète lui trancha la tête. »

Torture et exécution de Kinânah : « L’Envoyé d’Allah ordonna de creuser la ruine. On en extraya une partie du trésor des juifs. Il demanda à Kinânah où se trouvait le reste. Mais Kinânah refusa de l’indiquer. L’Envoyé d’Allah ordonna à al-Zubayr bin al-‘Awwâm de le torturer jusqu’à ce qu’on extraie ce qu’il y a chez lui. Al-Zubayr se mit à faire brûler, par un briquet, sa poitrine, jusqu’à ce que Kinânah fût sur le point de mourir. Puis l’Envoyé d’Allah l’a livré à Muhammad bin Maslamah. Celui-ci lui coupa son cou en vengeance de son frère Mahmûd bin Maslamah. »

 

 

Bibliographie

Biographie de Mahomet reconnue par tous les musulmans, traduction en français de l’original arabe d’Ibn Ishâq/Ibn Hichâm (VIIIème/IXème siècles) :

Outre une synthèse de la doctrine de l’islam, vous trouverez un résumé (néanmoins assez détaillé) de la biographie de Mahomet dans mon ouvrage :

Pour comprendre par ailleurs à quels textes sacrés de l’islam les mouvements fondamentalistes comme l’État Islamique se réfèrent :

 

L’extermination des juifs Banû Quraydha par Mahomet

Les Banû (« fils de ») Quraydha était la plus grande des tribus juives de Médine. Elle fut exterminée par Mahomet comme le relate précisément la Sîra :

« Le même jour, à midi, Gibrîl vint voir le Prophète. L’ange, coiffé d’un turban de soie, était sur une mule dont le bât était couvert de brocart :
–  Envoyé de Dieu, demanda Gibrîl, tu as donc déposé les armes ?
–  Les anges ne l’ont pas encore fait. Dieu t’ordonne, Muhammad, d’aller combattre le clan juif des Banû Quraydha. Moi-même j’y vais de ce pas et j’ai l’intention de faire trembler la terre sous leurs pieds.
(…)
S’approchant des fortins, le Prophète cria aux Quraydha : « Frères de singes, vous n’avez pas encore connu, je le vois, l’humiliation et la vengeance de Dieu. Vous allez la connaître !
(…)
Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banû Quraydha, et même les jeunes, à partir de l’âge où ils avaient les poils de la puberté.
Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d’aujourd’hui [ndlr époque d’Ibn Hichâm], et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés.
Parmi eux, il y avait Huyayy ibn Akhtab, l’ennemi de Dieu, et ka’b ibn Asad, le chef des Quraydha. Ils étaient six à sept cents hommes. On dit même huit cents et même neuf cents. Pendant qu’ils étaient amenés sur la place par petits groupes, certains juifs demandèrent à Ka’b, le chef de leur clan :
–  Que va-t-on faire de nous ?
–  Est-ce que cette fois vous n’allez pas finir par comprendre ? Ne voyez-vous pas que le crieur qui fait l’appel ne bronche pas et que ceux qui sont partis ne reviennent pas ? C’est évidemment la tête tranchée !
Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Le porc : la doctrine musulmane et ses conséquences

Les musulmans et le porc par l’imam Mehdi Kabir

Imam Mehdi Kabir

Imam Mehdi Kabir 130405 Porc Villetaneuse

Ce prêche renvoie au Coran même :

Sourate 2, verset 168 : « Ô gens! Mangez ce qui est licite et bon parmi ce qui est sur la terre. Ne suivez point les pas du démon ; il est pour vous un ennemi déclaré. »

Sourate 5, verset 3 : « Vous sont interdits la bête morte, le sang, la chair de porc [1], ce sur qui a été consacré à un autre qu’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’un fauve a dévorée – sauf celle que vous égorgée avant qu’elle ne soit morte –. (…) »

Le Coran ne fait que reprendre l’interdit juif, cet interdit n’ayant d’ailleurs aucune justification médicale avéré et ne trouvant aucune explication certaine dans l’histoire du peuple juif.

[1] Lévitique 11, 7 : « Vous tiendrez pour impur le porc parce que tout en ayant le sabot fourchu, fendu en deux ongles, il ne rumine pas. »

On a vraiment du mal à voir ce qui peut valoir à cet animal, que Dieu a pourtant choisi de créer, un tel statut abhorré. Au moins peut-il se consoler d’échapper, contrairement aux bovins et ovins, au triste sort de l’égorgement dont on a du mal à penser qu’il est là pour réduire la souffrance des animaux (cf. article Souffrance & Halal).

Mais si la chair de porc est interdite, la gélatine de porc est autorisée comme l’indique cet exposé :

Havre de savoir Gelatine de porc

Havre de savoir Gelatine de porc 1         Havre de savoir Gelatine de porc 2

À vrai dire, la nature pour le moins fantaisiste et renversante des considérations théologico-chimiques contenues dans cet exposé risque de surprendre plus d’un scientifique…

 Cochon

La polygamie dans le Coran

La polygamie est clairement autorisée par le Coran, jusqu’à 4 femmes en même temps :

Sourate 4, verset 3 : « Épousez, comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes. Mais, si vous craignez de n’être pas équitable, alors une seule, ou des concubines [ndlr ou esclaves de guerre]. Cela afin de ne pas faire d’injustice ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille. »

La polygamie est donc parfaitement autorisée par le Coran mais un autre verset, dont l’interprétation fait couler beaucoup d’encre, indique que le mari doit subvenir aux besoins de sa famille et doit assurer un traitement égal à ses différentes femmes. La polygamie est donc encadrée par une notion d’équité mais qui reste assez floue :

Sourate 4 verset 129 : « Vous ne pourrez pas être équitable entre vos femmes, même si vous le désirez. Ne soyez pas trop partiaux au point de laisser l’une d’entre elles comme en suspens. Si vous établissez la concorde et si vous êtes pieux, Allah pardonne et est miséricordieux. »

Si le Coran précise que le mari doit être équitable envers ses femmes, on peut aussi émettre l’hypothèse que, plutôt que par charité, c’est du fait de la nécessité de bien séparer le statut de la femme de celui de la concubine. En effet, donner des droits à la femme vis-à-vis de son mari (en premier lieu le mahr) la distingue clairement de la concubine qui n’en a aucun vis-à-vis de son maître et est totalement soumise à son bon vouloir.

Pour certains, il est impossible d’être équitable de façon rigoureuse avec plusieurs femmes, y compris sexuellement, et par conséquent aucun homme ne doit pas avoir plus d’une épouse. Ainsi pour Tareq Oubrou, « Les conditions drastiques constituent une forme d’interdiction de la polygamie qui ne dit pas explicitement son nom. »

Toutefois c’est une interprétation dont on ne voit pas bien quel but elle poursuit, puisque de toute façon elle n’ôte rien à la licéité de la polygamie telle qu’autorisée formellement par le Coran, si ce n’est un objectif de rapprochement avec les sociétés occidentales pour donner une vision plus acceptable de l’islam ?

L’inégalité homme-femme : la justification doctrinale

Imam Nader Abou Anas (Bobigny)

Nader Abou Anas 2014 Bobigny La femme

La supériorité de l’homme sur la femme est inscrite dans le Coran :

Coran, sourate 2, verset 228 : « Quant à vos femmes, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prééminence sur elles. Allah est puissant et sage. »

Coran, sourate 4, verset 34 : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et à cause des dépenses qu’ils font pour elles sur leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. »

Le Statut de la femme musulmane  confirme l’infériorité naturelle de la femme en précisant que « le musulman doit se montrer patient quand il voit de la part de son épouse un comportement qui ne lui plaît pas. Il doit reconnaître sa faiblesse en tant que femme et en tant qu’être humain. »

De son côté, Yusuf Qaradawi écrit : « Chacun des deux époux a des devoirs envers l’autre, qu’il doit respecter et il ne lui convient pas de les transgresser. Ce sont des devoirs identiques, sauf pour ce que la nature a donné en particulier à l’homme comme le dit le Dieu exalté : « Les femmes ont des droits équivalents à leurs devoirs. Les hommes leurs sont supérieurs d’un degré » (Coran, sourate 2, verset 228). Ce degré représente l’entretien et la direction que doit assumer l’homme, ainsi que son rôle de responsable. »

La jurisprudence malikite illustre cette inégalité dans certaines questions d’indemnisation d’un préjudice : « Yahya ben Sa’id a rapporté que Sa’id ibn al-Mussayb disait : « Le prix du sang [ndlr les réparations] de la femme est du tiers de celui d’un homme, mais la diya [ndlr prix du sang] est la même s’il s’agit d’un doigt amputé ou une dent cassée. » »

Cette supériorité et cette autorité du mari vis-à-vis de sa femme se traduit à plusieurs niveaux qu’il est intéressant de détailler, notamment : le droit de faire usage d’une certaine violence (cf. article droit de battre) ; le droit de sortie (f. article droit de sortie) ; le droit de répudiation (cf. répudiation).