Toute la mathématique vient des musulmans (arabes)

Dans le contexte de la revendication d’une contribution qui se veut colossale du monde arabo-musulman à la civilisation occidentale, figure en bonne place sur les étagères les mathématiques, et en particulier le cas du mathématicien arabe Al-Khwarizmi. La courte vidéo ci-dessous, qui traite plus généralement de la « latinisation » des noms arabes et de la dette du monde occidental vis-à-vis du monde arabo-musulman (cf. latinisation), mentionne précisément ce cas.

Havre de savoir Occidentaux Latinisation

Havre de savoir Occidentaux Latinisation

Revenons sur cette question.

Le centre des mathématiques dans l’antiquité était grec, notamment à Alexandrie à l’époque d’Euclide vers 300 avant JC. La ville a été ravagée plusieurs fois, et la dernière fois par les musulmans en 640/642 après JC ; la bibliothèque fut détruite ou abandonnée et livrée au pillage. Dans les siècles qui ont suivi, les Arabes ont traduit en arabe des œuvres grecques (notamment Euclide, Aristote, Platon, Archimède, Apollonius, Ptolémée) et l’arithmétique indienne, qui est à l’origine des chiffres dits « arabes ». En effet, les ancêtres des chiffres que nous connaissons aujourd’hui en Occident (et qui ont remplacé la notation romaine) sont des chiffres indiens (devanagari), créés au IIIème siècle av. J.-C. en Inde par Brahmagupta, un mathématicien indien, mais dont la transmission à l’Occident est intervenue via le monde arabe.

L’algèbre (de l’arabe al jabr) est un héritage de l’antiquité grecque et orientale. Il est notamment connu par un ouvrage écrit au IXème siècle par le mathématicien arabe Al-Khwarizmi, Kitab al-jabr w’al mûqabala (Livre sur la science de la transposition et de la réduction) dans lequel il s’intéresse à la résolution des équations quadratiques – c’est -à-dire du type : x2 + ax = b en notation moderne –, et qu’il résout à l’aide de figures géométriques. Le nom Al-Khwarizmi va donner le terme « algorithme ».

Tout cela figure clairement et de façon transparente dans des ouvrages de mathématiques spécialisées (ex. ici Hairer/Wanner, section mathématique de l’université de Genève, publié chez Scopos) que cet intervenant ne s’est malheureusement pas donné la peine de consulter, tout absorbé et préoccupé qu’il est par la défense de l’islam.

Algorithme 1

Mais la résolution d’équations de degré 3 pose vite des problèmes difficiles si l’on cherche qu’une solution géométrique.

Algorithme 2

Les progrès en algèbre vont être lents. Ce n’est que plusieurs siècles après que la science mathématique va connaitre une très forte accélération en Europe et principalement en Italie avec Léonard de Pise (dit Fibonacci) au XIIIème siècle, puis avec Nicolo Tartaglia et Scipione del Ferro (tous deux morts dans la première moitié du XVIème siècle), et qui résolurent semble-t-il les équations de degré 3 du type x3 + ax = b. Une solution sans démonstration fut a priori communiquée à Jérôme Cardan (Gerolamo Cardano) qui reconstitua le raisonnement et publia en 1545 sa solution dans son « Ars Magna » (intégrant des solutions à des équations du 4ème degré), ouvrage fondateur en mathématiques car abordant des questions plus générales et avec une approche beaucoup plus moderne.

Puis suivront François Viète et surtout Descartes, à qui l’on doit selon Joseph-Louis Lagrange, « l’application de l’algèbre à la géométrie, clef des plus grandes découvertes dans toutes les branches des mathématiques ». À partir de ce moment, la mathématique ne sera quasiment plus qu’européenne et occidentale (ou indienne) jusqu’au XXème siècle.

Aussi, vouloir extrapoler à partir de cet exemple emblématique, de façon en outre plus qu’approximative scientifiquement, une prétendue captation dissimulée de l’héritage arabo-musulman par l’Occident laisse perplexe. Au cas d’espèce, d’autant plus que si Al-Khwarizmi était arabe et musulman, cela n’établit aucun lien entre l’islam et le génie mathématique. S’il avait été juif ou chrétien, il aurait fait les mêmes raisonnements. De la même façon, il ne vient à personne l’idée saugrenue d’attribuer la paternité de l’immense mathématique occidentale à Moïse, au Christ ou aux apôtres : les mathématiques n’ont pas de religion

Ce type de démarche pseudo-scientifique et consternante, dont l’objectif est en réalité d’alimenter le ressentiment mêlé de frustration vis-à-vis de l’Occident, est du même acabit que le raisonnement consistant à attribuer à des parents le mérite du prix Nobel de littérature de leur enfant sous prétexte de lui avoir enseigné l’alphabet.

La « latinisation » des noms propres : encore une vilénie occidentale !

Une des vilénies occidentales alimentant abondamment le rejet de l’Occident dans l’enseignement musulman encore aujourd’hui en France est la « latinisation » des noms, selon le terme employé dans l’extrait vidéo ci-dessous, celle-ci étant naturellement présentée comme une volonté implicite mais manifeste d’effacement la « dette culturelle » considérable que l’Occident aurait vis-à-vis de l’islam. Voici un exemple de ce type de propagande diffusée par un site au demeurant apparemment sérieux :

Havre de savoir Occidentaux Latinisation

 Havre de savoir Occidentaux Latinisation

La première chose à noter est que l’intervenant ne vise pas en fait la « latinisation » des noms, pratique du Moyen Âge tardif et du début de la Renaissance consistant à donner une résonance latine aux noms propres, mais l’« occidentalisation » consistant à donner à un nom étranger une résonance plus usuelle ou compréhensible pour un occidental. La latinisation avait en effet pour objet de donner une version latine « savante » aux noms de certains intellectuels, scientifiques,… occidentaux, (par exemple : Huig de Groot à Hugo Grotius), ce qui ne concernait pas l’islam.

Quoi qu’il en soit, cette présentation paranoïaque de l’histoire illustre une nouvelle fois (cf. victimisation) le sentiment de victimisation pathétique auto-alimenté par les musulmans pour justifier leur rejet de l’Occident. Car si cette « occidentalisation » a pu avoir lieu, l’intervenant ne s’interroge à aucun moment :

–  ni sur le fait que cette transformation des noms propres a pu intervenir tout simplement pour des raisons simples et pratiques, en particulier avec des noms arabes dont la prononciation est particulièrement difficile pour un européen en raison de phonèmes inexistants, et dont l’écriture en arabe doit nécessairement être transcrite dans l’alphabet européen avec des phonèmes européens ;

–  ni sur le fait que cette transformation a touché une quantité innombrable d’autres noms propres non musulmans : personnages (Alcibiade/Alkibiades, Jules César/Caius Iulius Caesar, Mazarin/Mazarini, Le Bernin/Gian Lorenzo Bernini,…), villes du monde (Munich/München, Londres/London, Moscou/Москва, Pékin/Beijing, Florence/Firenze,…), noms de fromages (parmesan/parmigiano), etc.

Enfin, il est intéressant de noter la confusion permanente introduite entre le fait arabe et le fait musulman, notamment par l’emploi à tort et à travers du terme « arabo-musulman », comme si le caractère arabe était réductible à l’islam, ce qui n’est pas du tout le cas.

En outre, il est intéressant de noter que l’intervenant mentionne la transformation des noms arabes comme « preuve » des mauvaises intentions de l’Occident : n’aurait-il pas dû plutôt limiter sa démonstration aux seuls noms musulmans ? Car si tous les noms arabes étaient potentiellement concernés, ce qui est fort logique comme expliqué ci-dessus pour des raisons linguistiques, c’est donc que les noms musulmans n’étaient pas visés en tant que tels, n’est-il pas ?

 

« En tant que » ou le déni de réalité schizophrénique

À en croire certains musulmans « modérés », et contrairement même à ce que dit Tariq Ramadan sur la place du Jihad dans la prédication de Mahomet (cf. jihad), la religion musulmane ne saurait être en aucun cas à l’origine d’une guerre. La guerre ne serait qu’une question civile et de pouvoir sans rapport avec la question religieuse.

Prenons par exemple l’émission de France 2 de mars 2015 consacré à l’amour et à la miséricorde en islam.

France 2 La religion musulmane ne peut pas etre violente

France 2 La religion musulmane ne peut pas etre violente Mars 2015

Le journaliste interroge : « La révélation coranique s’articule aussi dans l’histoire et au moment où elle fait, si j’ose dire, irruption, dans un contexte. Il y avait des razzias, des hostilités, des guerres, des guerres intestines et inter-tribales. Est-ce que la révélation coranique va islamiser des vertus déjà existantes, ou elle accentue, ou elle insiste, ou elle apporte des éléments importants sur l’amour et la miséricorde ? »

La réponse du professeur Ali Benmakhlouf est la suivante : « Je pense qu’il est bon d’avoir une distinction que des philosophes, notamment al-Farabi, avaient mis en avant : il avait dit au Xème siècle : « Essayons toujours de dire “en tant que“ ». Donc “en tant que“ faisant une guerre, jamais la religion ne s’invite à la guerre. La guerre est faite par des hommes contre des hommes et les justifications ne peuvent pas être des justifications de croyance ou d’incroyance. Et donc même si on l’élargi au prophète lui-même, ce qu’avait fait Ali Abderazziq dans son ouvrage « l’islam et les fondements du pouvoir », il avait dit : « Le prophète en tant que messager de Dieu, il n’y a aucune contrainte ; le prophète en tant que législateur de la première cité, eh bien il y a de la contrainte mais civile », parce qu’il faut organiser la vie en commun, et donc les guerres, tout ceci, se rapporte à une activité de législation qui est une activité différente du message divin. Et si on arrive à faire cette différence, on a déjà une grande décrispation, je crois, de cette question. Et Ibn Khaldoun avait bien insisté en disant : « L’expansion de l’islam n’est pas du tout une question religieuse, c’est une question mondaine« , mondaine : l’expansion religieuse de l’islam n’est pas précisément religieuse, c’est une expansion purement humaine, civile, de certaines personnes, de certaines dynasties plus tard, et il n’y a aucune indication prophétique pour convertir les gens. »

Ce concept d’« en tant que » est abscons, mais bien commode pour dire ce qu’on veut. Cette façon d’essayer de distinguer deux facettes complètement distinctes d’une chose ou d’une personnalité est absurde ; un peu comme si, en égorgeant un infidèle avec un couteau, Mahomet lui disait : « tu sais, je suis un homme d’amour et de paix, et ce n’est pas moi qui t’égorge mais ma main ; ma main, ce n’est pas moi ».

Donc la religion ne pourrait jamais être le motif d’une guerre ? C’est une pétition de principe qui suit un raisonnement absolument incompréhensible et qui est contredite par l’histoire. Comme pour les 600 à 900 juifs Banû Quraydha égorgés par petits groupes par Mahomet et ses partisans sur le bord des fossés à Médine comme le mentionne clairement et sans ambiguïté la Sîra. Je ne suis pas sûr que tous ceux qui tombent aujourd’hui sous les coups de l’islam (décapitations, déplacements de populations, rapts et viols,…) au Moyen Orient ou en Afrique du nord goûtent la « décrispation » qu’appelle de ses vœux ce professeur. Quant à la tentative habituelle pour dédouaner l’islam de la conquête de tout le bassin de la méditerranée aux VIIème et VIIIème siècles, elle frise le ridicule.

La guerre et la religion sont bien entendu intimement liés dans le jihad sous sa forme militaire. Cela concerne au premier chef Mahomet, qui a commandé ce jihad ou y a participé activement (cf. jihad, faits), en dépit des dénégations obscures du professeur Ali Benmakhlouf : « En tant que messager de Dieu, Mahomet ne peut pas être instigateur d’un crime quelconque puisque nous avons commencé par toutes ces questions d’amour, de situation au milieu des autres, mais des autres au-delà des êtres humains, plantes, arbres qui se prosternent, comme vous le savez, comme dit la sourate. Donc en tant que messager de Dieu, Mahomet ne peut être jamais dans une imprécation quelconque. En tant qu’être humain, qui est pris dans la sauvegarde de lui-même et le combat avec les autres, il y a quelque chose mais qui n’est pas religieux, qui n’est pas religieux ».

Ceci n’est-il pas l’exemple même du déni total de réalité, contre le bon sens le plus évident ?

La lapidation : comment s’en sortir ?

S’il y a bien un sujet qui condamne définitivement tout projet universel de l’islam pour l’humanité, c’est bien la question des châtiments corporels, et en particulier celle de la lapidation.

Cette pratique, d’une cruauté inouïe – puisqu’il s’agit de faire souffrir un être humain en lui donnant la mort –, est parfaitement reconnue par les textes sacrés musulmans. Cela ne fait aucun doute dans toute la communauté musulmane depuis toujours.

La question est donc pour les musulmans : comment justifier, encore aujourd’hui, cette pratique ou simplement la possibilité d’une telle abomination si l’on veut se rendre acceptable aux yeux de l’Occident ?

En réalité, comme il est impossible de la défendre et que par ailleurs il est également impossible de renier les textes sacrés de l’islam, la technique dialectique va consister à tenter de démontrer que ces textes ne sont (quasiment) pas applicables. Même s’il ne faut pas leur jeter la pierre, reconnaissons que les tentatives désespérées de ceux qui tentent de mener à son terme un tel raisonnement sont vouées à l’échec.

Car de deux choses l’une :

–  soit le principe de la lapidation est admis – même dans des conditions très restrictives –, et alors l’islam est inacceptable ;

–  soit les conditions d’application ne sont pas seulement restrictives mais correspondent en réalité à une vraie interdiction, quel que soit le cas de figure : on se demande alors à quoi sert d’énoncer un principe s’il est inapplicable : autant l’abolir. Qu’attendent donc les musulmans pour le faire ? Même Tariq Ramadan s’y est brûlé les ailes (cf. moratoire).

Donc la position musulmane est incompréhensible. Les tentatives pathétiques de justification/excuse de la lapidation sont nombreuses sur internet. Prenons celle d’un prédicateur, le Sheikh Mufti Ismail Ibn Musa Menk, qui semble à première vue d’un niveau sensiblement supérieur à tous les galimatias habituellement diffusés :

La lapidation en islam

La Lapidation en Islam par Sheikh Mufti Ismail Ibn Musa Menk

Quels sont les principaux messages ?

Ce prédicateur reconnaît d’abord l’absolue authenticité en islam des textes et de la Tradition de la lapidation. Il n’y a aucun doute là-dessus. Ce prédicateur insiste même sur l’inutilité d’essayer de trouver une échappatoire doctrinale tant les textes sont clairs.

Ensuite, on constate que toute l’argumentation ne repose que sur une seule idée : les conditions drastiques autorisant la lapidation (4 témoins de haute qualité morale) sont « virtuellement impossibles » à remplir, de sorte que la lapidation ne peut être qu’exceptionnellement pratiquée et constitue en réalité une peine dissuasive. Selon ce prédicateur, cette punition n’aurait été appliquée dans l’histoire de l’islam que dans des cas rarissimes où il y eut confession : on se demande quand même bien alors qui irait de lui-même se confesser pour subir cette peine épouvantable, sauf à être complètement masochiste.

Au-delà du fait que ce prédicateur reconnaît le principe même de la lapidation – ce qui est déjà suffisant pour disqualifier l’islam définitivement –, ce raisonnement n’a en fait aucun sens car le principe même de la dissuasion est que le potentiel coupable doit savoir que la peine n’est pas théorique mais bien réelle et qu’elle a toutes les chances de s’appliquer à lui. Car pourquoi se préoccuper d’une peine qui serait inapplicable ? Elle ne dissuaderait en rien.

En réalité, les conditions drastiques mises à la condamnation à la lapidation sont simplement justifiées par le fait que, s’agissant d’une peine abominable, elle ne doit être prescrite seulement qu’à coup sûr : l’erreur ne doit pas être permise. Cela n’a donc rien à voir avec une prétendue volonté de rendre en pratique la peine inapplicable du fait de ces conditions : si telle avait été l’intention de Mahomet, il aurait tout simplement interdit la lapidation.

D’ailleurs il est important de rappeler que, au contraire, la Sira et la Tradition précisent bien que Mahomet et ses proches ont souhaité ressusciter une peine que les juifs avaient de leur côté abandonnée : c’est dire que l’intention de Mahomet et des musulmans n’était pas du tout d’abolir cette peine mais au contraire de la remettre à l’ordre du jour (cf. lapidation). La polémique sur l’absence du verset incriminé dans le Coran – compte tenu par ailleurs des multiples versions initiales du Coran – n’est finalement que de peu d’importance aujourd’hui puisque la Tradition musulmane est, comme le rappelle le prédicateur, parfaitement claire sur le sujet.

Tout cela justifie donc pleinement pourquoi la peine de la lapidation est encore pratiquée aujourd’hui dans certains pays du Golfe et explique l’incapacité totale du monde musulmane à abolir une bonne fois pour toute dans son principe sa peine qui fait honte à l’humanité.

Les chrétiens sont des menteurs !

En France, chacun sait que la critique de la culture musulmane provoque l’ire de toute une nuée d’organisations de défense de la diversité (MRAP, LICRA,…) qui ne manquent pas de poursuivre les infidèles en justice. Mais cela semble poser beaucoup moins de problèmes que des musulmans, de façon tout à fait consciente, conspuent les chrétiens, ces « menteurs », puisque leur religion est un « mensonge », et fassent à leur égard preuve d’un mépris qu’on peut juger assez ignominieux.

Dans cette veine, il est intéressant d’analyser la vidéo ci-dessous fournie très sérieusement par une organisation musulmane française diffusant en 2015 la bonne parole aux musulmans de France et prétendant à leur formation.

Le choix du thème, et de la photo qui l’illustre, est intéressant : « Comment réagissent les prêtres au mensonge du christianisme ? » (Que dirait-on si des chrétiens ou des juifs organisaient da façon institutionnelle la même mise en scène à propos de « mensonges de l’islam »…)

Havre de savoir Mensonges du christianisme 1

Havre de savoir Mensonges du christianisme 2

Analysons le discours, en synthèse :

« L’évêque de Clermont-Ferrand dit : « le christianisme, c’est une arnaque » »

Il serait intéressant de savoir à qui cet intervenant fait référence car l’archevêque de Clermont est depuis 1996 monseigneur Hippolyte Simon, et il ne figure pas dans la liste des interviewés pour la série « L’origine du christianisme » à laquelle il est fait référence (voir la liste des interviewés [1] ci-dessous).

Archeveque ClermontIl serait d’ailleurs assez étonnant d’entendre un évêque en exercice dire que sa religion « est une arnaque ».

[1] Liste des interviewés : Christian-Bernard Amphoux (CNRS) ; Pier Franco Beatrice (Université de Padoue) ; Pierre-Antoine Bernheim ; François Blanchetière (Université Marc Bloch de Strasbourg) ; François Bovon (Harvard Divinity School, Cambridge, Massachusetts) ; Paula Fredriksen (Université de Boston) ; Pierre Geoltrain (EPHE, Paris) ; Christian Grappe (Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg) ; Martin Hengel (Université de Tübingen) ; Moshe David Herr (Université hébraïque de Jérusalem) ; Simon Légasse (Université catholique de Toulouse) ; Jean-Pierre Lémonon (Faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon) ; Emmanuelle Main (Université hébraïque de Jérusalem) ; Daniel Marguerat (Faculté de théologie protestante de l’Université de Lausanne) ; Etienne Nodet (École biblique et archéologique française de Jérusalem) ; Enrico Norelli (Université libre de Genève) ; Serge Ruzer (Université hébraïque de Jérusalem) ; Daniel Schwartz (Université hébraïque de Jérusalem) ; Graham Stanton (Divinity college de l’Université de Cambridge) ; Ekkehard W. Stegeman (Séminaire théologique de l’Université de Bâle) ; Guy Stroumsa (Centre pour l’étude du christianisme à l’Université hébraïque de Jérusalem) ; David Trobisch (Séminaire théologique de Bangor, États-Unis) ; François Vouga (Kirchliche Hochschule Bethel, Faculté libre de théologie protestante de Bielefeld, Allemagne)

« C’est quoi cette religion où le prophète Jésus, il a été vendu par un des leurs, Judas, et les autres apôtres se sont enfuis, ils l’ont laissé, et après ils l’ont même dénigré,… »

En réalité, l’intervenant fait sans doute référence à des propos et un récit qu’il ne comprend pas, ou plutôt qui le dépassent : la faiblesse humaine, représentée notamment par le triple reniement de Pierre. C’est justement la grandeur du christianisme (comme on peut la retrouver également dans le bouddhisme) de reconnaître la faiblesse de l’homme et sa souffrance face à la peur et la difficulté d’assumer sa foi dans un doute que seule la mort dissipera définitivement. Ce triple reniement est un rappel grandiose de l’humilité de l’homme devant Dieu. Notons toutefois que Pierre mourut en martyr, ce qui prouve bien qu’il finit par assumer totalement sa foi.

Quant au propos consistant à présenter le coq, emblème de la France gauloise et qui annonce le matin et l’espérance d’une journée nouvelle, sous l’unique facette d’un Pierre symbolisé qui ne sait pas ce qu’il veut et qui change de direction comme une girouette, difficile de ne pas y voir un mépris et un dénigrement profonds.

« Le moindre mal qui touche l’islam, on le prend comme l’événement numéro un de l’information. (…) L’objectif c’est de trouver quelque chose qui dénigre le Coran. (…) Alors si jamais le livre même des musulmans souffre d’un manquement quelconque, on n’oserait pas laisser passer cela.  »

L’intervenant reprend l’antienne de la victimisation, manie largement dénoncée dans son propre camp (notamment par Tariq Ramadan cf. victimisation…).

« Ils trouveront rien ; non, ils vont trouver des choses qui vont tellement les frustrer qu’ils auront deux choses : soit mourir en déprime et en frustration, soit devenir musulman. Beaucoup ont choisi cette deuxième méthode. Parce que c’est la parole de Dieu : elle ne souffre d’aucun manquement, d’aucune lacune. »

C’est le mythe du Coran parfait, dont une simple lecture montre combien il diffère de la clarté classique des grands auteurs français (Voltaire, Boileau, Pascal,…) ou même de celle des Évangiles. Cette revendication irréfragable à la perfection (en dépit d’un texte qui admet lui-même des versets clairs et des versets « obscurs » ou « équivoques » cf. clarté et obscurité… ; en dépit de l’existence de versets abrogés cf. abrogation, etc…) est une conséquence du postulat selon lequel il s’agit de la parole de Dieu, par essence intouchable et claire.

Mais si le Coran est parfait, comment expliquer ses contradictions évidentes et le fait que depuis 1.400 ans certains sont toujours à tenter d’interpréter ce qu’il veut dire ? Si ce n’est par le fait que c’est un texte simplement d’origine humaine et qu’il a subi les vicissitudes historiques et politiques des temps de sa composition ?

À la question de l’auditoire « quelles sont les réactions des prêtres ? », l’intervenant cite en arabe le verset 14 de la sourate 27 : « Ils [ndlr les Égyptiens] les [ndlr les signes] nièrent injustement et orgueilleusement, alors qu’en eux- mêmes ils y croyaient avec certitude », verset qui se termine par « Regarde donc ce qu’il est advenu des corrupteurs ».

L’intervenant compare ainsi les prêtres chrétiens aux Égyptiens qui ont refusé de reconnaître les signes évidents des juifs (cf. Moïse devant pharaon) alors que les Égyptiens avaient bien pris conscience que les signes des juifs étaient vrais : en d’autres termes, les Égyptiens avaient endurci leur cœur contre toute raison devant les signes évidents produits par les juifs.

Ainsi, par cette référence, l’intervenant accuse donc de façon similaire les prêtres chrétiens de mensonge flagrant et d’endurcissement car ils refusent les signes manifestes de l’islam. N’ayant par ailleurs selon lui aucun argument contre l’islam, les prêtres chrétiens en seraient réduits à imposer leur dogmes incompréhensibles et irrationnels à leurs fidèles (cf. la sainte Trinité) alors même qu’ils sont convaincus que leur foi est fausse : en d’autres termes, ils sont accusés d’une profonde duplicité et leur responsabilité est inexcusable. C’est un point fondamental de la dialectique musulmane qui anéantit toute possibilité de discussion et critique constructive avec l’islam.

En effet, cette conclusion découle par nature du raisonnement musulman et ne souffre par essence aucune discussion : le Coran étant prétendument supérieur à tous les autres textes, aucun débat n’est possible. La discussion ne sert donc qu’à réaffirmer la véracité du Coran, quelle que soit l’extravagance du cheminement dialectique nécessaire pour y parvenir, et en dépit de toutes les insuffisances et incohérences (même aux yeux d’un athée) de ce texte issu d’une compilation historique aventureuse. Toute ouverture à la discussion n’est que de façade, c’est une ruse, une sorte de taqiya (cf. taqiya).

«  Deux plus deux dans les repères orthonormés font quatre. Vous allez voir le prêtre, il va vous dire cinq »

Pour un scientifique, la référence à la notion géométrique de repère orthonormé paraît pour le moins extravagante quand il s’agit de traiter d’un problème d’arithmétique, au point qu’on peut s’interroger sur la nature réelle des études scientifiques suivies par cette personne.

S’agissant de la Trinité, puisque c’est à cela qu’il est fait référence, il est vrai que, comparé à la conception chrétienne, la conception musulmane simple d’un Dieu d’une part, et de sa création d’autre part, ne sollicite pas avec la même intensité l’intelligence et la sensibilité personnelle au regard du sens de la création et de la vie. Les chrétiens n’ont d’ailleurs jamais nié que la question trinitaire ait soulevé de nombreux débats théologiques dans les premiers siècles de l’Église et que cela fait effectivement encore aujourd’hui partie des « mystères » de cette religion, au sujet desquels chacun est invité à s’interroger personnellement, pour lui donner un sens qui n’est pas toujours exprimable avec le langage mais qui peut parfois être ressenti de façon indicible.

Si l’intervenant avait quelques notions de relativité restreinte ou générale, et plus encore de physique quantique, sans doute trouverait-il dans la réalité expérimentée quotidiennement par les physiciens des phénomènes défiant tout autant, si ce n’est plus, la raison que le dogme de la sainte Trinité (qui peut au demeurant être envisagée de façon élémentaire comme 3 modes de relation entre l’homme et Dieu).

Aussi, plutôt que de s’interroger sur la nature de l’arbre (le christianisme), il faut parfois surtout observer les fruits qu’il produit, dans tous les domaines (théologie, peinture, musique, sculpture, œuvres humanitaires,…). Cet humble questionnement vaut pour l’islam.

« Vatican II il a inventé une chose très valable : c’est que c’est [ndlr le Nouveau Testament] la parole de l’homme, inspirée par Dieu. Ce qui est valable, c’est l’inspiration de Dieu. Ce qui est caduc, qui n’est pas valable, c’est la faute de l’homme. »

Les chrétiens n’ont jamais prétendu que le Nouveau Testament fût la parole de Dieu : c’est une incompréhension totale du texte originel et du sens du concile Vatican II (qui d’ailleurs n’a rien à voir avec le sujet abordé). Pour quelqu’un qui prétend avoir étudié 200 à 300 (excusez du peu !) livres sur la Bible (Ancien et Nouveau Testament), c’est tout simplement effarant.

Le Nouveau Testament ne regroupe depuis toujours que des témoignages (évangiles, épîtres ou lettres) des contemporains du Christ. C’est d’ailleurs pour cette raison précise qu’il existe 4 évangiles, c’est-à-dire 4 témoignages sur la vie de Jésus, chaque évangéliste restituant sa perception et son interprétation (en dépit du fait qu’ils aient pu s’influencer les uns les autres).

« Et en plus ils nous disent : la bible n’est pas un livre historique ; la bible n’a pas à être conforme avec les événements historiques ; la bible n’a pas à être conforme avec la science, parce que la bible, c’est un livre spirituel, c’est un livre religieux : on croit en cela sans même le comprendre. Même si cela heurte votre compréhension, c’est pas grave, c’est un message spirituel. Et la spiritualité pour la chrétienté, c’est un mystère. Tu n’as pas à comprendre. (…) Et circulez, y’a rien à voir. »

Il existe dans la Bible des éléments historiques et historiquement démontrés, et d’autres symboliques (ex. la création du monde…) ou dont on n’a pas de preuve historique. La Bible n’a jamais prétendu être un livre d’histoire : on se demande où l’intervenant est allé chercher cette idée saugrenue. La Bible contient parfois même des passages contradictoires comme la création symbolique de l’homme et de la femme dans la Genèse. Si les rédacteurs avaient voulu effacer des textes une incohérence aussi évidente, nul doute qu’ils l’auraient fait.

En revanche, la Bible prétend bien présenter un message spirituel puisqu’il s’agit d’un texte religieux.

Quant à l’inutilité de la compréhension perçue par l’intervenant, c’est un jugement qui n’engage que l’intervenant…

« Il [ndlr un musulman au XIXème siècle] a relevé devant les prêtres 1.200.000 erreurs dans la Bible »

L’ordre de grandeur de ce nombre astronomique n’a pas l’air de surprendre ce scientifique dont la conviction religieuse l’emporte probablement sur le bon sens. La Bible, Ancien et Nouveau Testament, comptant environ 1.800 pages dans l’édition de la « Bible de Jérusalem », cela correspondrait donc à environ 670 erreurs par page !! Et encore faudrait-il s’entendre sur le terme d’« erreur ». Est-il besoin de commenter plus avant ces propos ineptes ?….

«  Ils ont le choix : soit tu crois [ndlr sous-entendu : sans comprendre], soit tu te tais, soit tu te suicides ; il n’y a pas d’autre choix. »

On peut ne pas partager les croyances chrétiennes mais que dire de l’état d’esprit d’un intervenant dont la seule préoccupation est de vouer aux gémonies tout ce que représente le christianisme ?

« Il y a des problèmes avec l’authenticité de la Bible : les deux blocs : l’Ancien et le Nouveau Testament. Et ces problèmes, ce sont les non-musulmans, les chrétiens et les juifs qui les ont soulevés ».

La rédaction de l’Ancien Testament s’est échelonnée sur des siècles. Et comme pour le Nouveau Testament, il s’agit de textes rédigés il y a environ 2.000 ans et plus. L’origine et le sens des textes soulèvent des questions historico-religieuses parfois difficiles. Juifs et chrétiens sont tout à fait transparents sur la question : il est naturel que les spécialistes en discutent entre eux ouvertement. C’est même une preuve évidente d’ouverture et de bonne foi que de ne pas tenter de les occulter.

Cette transparence, qui nous (occidentaux habitués à la critique) paraît naturelle, peut étonner cet intervenant musulman, les musulmans étant habitués à la fiction d’un unique Coran alors que les recherches historiques montrent que de multiples versions ont existé initialement, les chiites se plaignant d’ailleurs de nombreuses suppressions faisant référence à Ali. Quant à la vie de Mahomet, elle a été rédigée plus de deux siècles après sa mort dans des conditions qui soulèvent de nombreuses questions.

Mais au-delà de toutes ces questions, pour certaines insolubles, n’est-ce pas la spiritualité qui en résulte au final aujourd’hui qui compte seule ?

« Bien sûr dans le Coran nous avons trace de cette falsification, de ces erreurs »

L’intervenant reprend la grande thèse de la « falsification », vitale pour l’islam – car elle permet de tordre les textes précédents (juifs et chrétiens) à sa guise pour aboutir au résultat souhaité –, et très bien décrite par Rémi Brague : « Les textes que le Coran confirme ne sont pas les textes réels qu’on peut lire dans la Bible juive ou chrétienne, mais bien, et exclusivement, des textes virtuels, introuvables. En effet, selon l’islam, les textes des Écritures antérieures ont été trafiqués par leurs porteurs. C’est la théorie de la « falsification« . Les textes ainsi défigurés ne méritent donc pas d’être crus, ni même lus, et encore moins associés au Coran. (…) La doctrine de la falsification se fonde sur les passages coraniques qui accusent certains groupes, en particulier parmi les juifs, d’avoir changé la parole reçue, de l’avoir remplacée par une autre, d’en avoir caché une partie, ou simplement de l’avoir oubliée. On ne sait pas trop quels juifs sont accusés de la sorte, s’il s’agit de contemporains de Mahomet ou de ceux d’une quelconque époque entre Moïse et ce dernier. On ne sait pas trop non plus en quoi consistait précisément l’accusation. (…) Le principe reste intangible : l’islam se reconnaît le droit de faire de son propre livre saint la mesure de l’authenticité matérielle de ceux qui l’ont précédé. Et ce seul fait suffit à retirer à ceux-ci leur valeur normative. »

D’ailleurs cette falsification touche tant les chrétiens que les juifs. Ainsi sur un autre sujet, Yusuf Qaradawi écrit : « Le musulman croit que l’origine des religions juive et chrétienne vient de Dieu, si l’on ne tient pas compte des falsifications qui les ont déformées. » Ou encore :  « La religion falsifiée des juifs a prétendu que le prêt à intérêt était interdit au juif quand il prêtait à son frère juif, tandis que pour le non-juif il n’y avait aucun mal à lui prêter avec intérêt. »

  • Conclusion

On peut naturellement être particulièrement sceptique sur la capacité de l’éducation nationale en France (ou en Europe) à enseigner de façon relativement objective le fait religieux musulman à l’école puisque toute critique ou mise en perspective, qui implique la notion de doute, est impossible en islam. Cette vidéo l’illustre magistralement.

Cette vidéo permet sans doute également d’avoir une meilleure compréhension de la raison pour laquelle les dénis de réalité les plus flagrants sont  fréquents dans la culture musulmane dès qu’il s’agit de parler de religion (sans parler de la question de la Shoah…).

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme

Le monde occidental a dépassé depuis longtemps le stade de l’absurdité consistant à vouloir plier les lois de l’univers physique aux lois de la religion. Il y a belle lurette que le Soleil tourne autour de la Terre. Pourtant, dans la prétention de l’islam à tout expliquer, ou à être à l’origine de tout, il peut arriver que les musulmans se réfèrent encore aujourd’hui à la religion, et donc aux avis des imams, sur des questions pourtant exclusivement scientifiques, au point de sombrer dans le ridicule (comme cela a pu d’ailleurs être le cas par le passé pour d’autres religions ou spiritualités).

Certains exemples sont tellement invraisemblables qu’on croirait à une caricature ou que les occidentaux qui les citent sont automatiquement vilipendés comme des conspirationnistes ne cherchant qu’à faire du tort à l’islam. Pourtant, ces exemples sont bien réels, comme le confirme Moncef Zenati :

Havre de savoir Asharisme

Havre de savoir Asharisme Extrait

Le commentaire de Moncef Zenati est tout à fait juste et intéressant : en effet, au-delà d’une ignorance abyssale, ce type de propos dénote surtout une incapacité à penser par soi-même de façon rationnelle et critique hors de la sphère du religieux. Le poids du religieux est tel que certains musulmans n’osent plus porter par eux-mêmes le moindre regard critique sur ce qui leur est dit ou enseigné (constatation faite par de nombreux penseurs musulmans, comme Tariq Ramadan cf. esprit critique).

Cette cécité intellectuelle invraisemblable ouvre la porte tout grand à l’obscurantisme et aux thèses complotistes de tous ordres, puisque tout est « retravaillé », régurgité, pour justifier une fin que la religion a auparavant écrite.   Et malheureusement il ne faut pas croire que cette tare ne touche que les populations les moins favorisées. Pour preuve cette élégante démonstration faite en 2015 par représentant d’Arabie Saoudite, Bandar Al-Khaybari, prédicateur saoudien affilié au Ministère des Affaires religieuses :

Bandar Al-Khaybari

Al Khaybari

Voici ce que dit ce prédicateur :

« Quelqu’un demande si la Terre tourne ou si elle reste sur place. Se meut-elle ou reste-t-elle immobile ? La vérité, décrite par nos érudits Imam Ibn Baz et Cheikh Saleh Al-Fawzan, est que la Terre est immobile et ne bouge pas. Cela correspond au texte coranique, et cela est logique. Le Coran contient de nombreuses preuves montrant que c’est le soleil qui tourne autour de la Terre. Une preuve basée sur la raison… Les Occidentaux présentent toutes sortes de théories, mais nous, les musulmans, avons aussi des théories et un cerveau. D’abord, supposons que nous allons d’ici à l’aéroport de Charjah et prenons un avion pour la Chine. Vous me suivez ? Concentrez-vous maintenant. Disons que c’est la Terre, et supposons qu’elle tourne… Si l’on prend un vol international de Charjah vers la Chine. Vous dites que la Terre tourne, n’est-ce pas ? Si l’avion s’arrêtait dans les airs, la Chine devrait venir à lui, n’est-ce pas ? Ai-je raison ou non ? Si la Terre tournait – la Chine devrait s’approcher de l’avion. A présent, supposons que la Terre tourne dans l’autre sens – l’avion n’atteindrait jamais la Chine, quelle que soit la durée de son vol. Puisque la Chine tourne aussi, il n’y arriverait jamais.

Deuxièmement, Allah a parlé de la maison céleste fréquentée par des anges.  La maison est située dans le septième ciel. Le prophète Mahomet a dit que si elle  tombait du ciel, elle tomberait sur la Ka’ba. Mais si la Terre tournait, elle ne tomberait pas sur la Ka’ba. Elle tomberait dans l’océan ou quelque part sur la terre ferme. Cela prouve que la Terre est immobile. Les Américains disent qu’ils ont atterri sur la Lune, mais ils ne l’ont jamais foulée du pied ni posé les yeux sur elle. Ils ont produit tout cela à Hollywood. Ils ont raconté qu’ils sont allés sur la Lune et nous les avons crus sur parole. »

Mais cela s’arrête-t-il aux questions scientifiques ? Eh bien, non, malheureusement. C’est un travers qui semble s’insinuer dans tous les types de comportement. L’enseignement prodigué par les imams, dans tous les domaines, n’est pas remis en cause. Le bon musulman se soumet à l’enseignement qu’il reçoit, car on lui enseigne généralement qu’il n’est pas légitime à oser la moindre question critique. Ainsi, le rappeur français Kery James nous explique dans l’échange qu’il eut il y a quelques années avec Taslima Nasreen qu’il se fie uniquement à l’enseignement qu’il a reçu :

Kery James et Taslima Nasreen

Islam Kery James et Taslima Nasreen

Face à une femme qui a dû fuir son pays son peine de mort car ayant critiqué puis apostasié l’islam, Kery James n’a d’autre réponse que les enseignements qu’il a reçus et dont on voit bien qu’il ne les a aucunement questionnés. L’absence totale de regard critique face à une situation vécue pourtant bien réelle va jusqu’au déni de réalité.

Kery James parle de « ce qu’il sait », de « ce qu’il a appris », de « ce qui est confirmé » : et que sait-il ? qui a confirmé quoi ? Bref, il ramène toute la discussion à son cas personnel sans se préoccuper un instant de ce qui se passe dans le monde ou autour de lui.

Puis il démontre son ignorance du Coran car ce que dit Taslima Nasreen à propos du Coran est tout à fait exact. Si le format de l’émission s’y était prêté et si Kery James lui avait laissé vraiment l’opportunité de répondre, elle aurait pu aisément fournir les références précises du Coran qu’il lui réclame (vous les trouverez sur ce site…). Mais en réalité Kery James ne peut pas entrer dans un dialogue critique avec Taslima Nasreen.

Comment est-il encore possible aujourd’hui de raisonner ainsi (si on peut encore appeler cela raisonner) ? Comment imaginer alors entamer le moindre dialogue critique et constructif dans ces conditions pour un éventuel vivre-ensemble ?

Lassana Bathily : un bel exemple d’instrumentalisation ?

Dans l’attente d’un compte-rendu policier officiel des faits, il apparaît que lors de la prise d’otage de l’Hyper Cacher, un jeune clandestin malien employé par le magasin eut la présence d’esprit de conduire certains des otages au sous-sol où ils se sont cachés, lui-même s’échappant par un monte-charge lui permettant de sortir du magasin et d’informer la police sur la configuration des lieux. Sans nier le courage de ce jeune malien, il est toutefois difficile d’en apprécier la portée réelle, qui semble cependant bien loin de l’acte de bravoure des militaires américains notamment qui ont réussi à mettre hors d’état de nuire un autre terroriste dans le TGV quelques mois après au péril de leur vie.

Bien entendu, ce fut pour le gouvernement une « divine surprise », car le jeune homme était musulman, occasion absolument idéale de glorifier la rhétorique de la dichotomie entre les bons musulmans et les islamistes, et d’éviter toute analyse critique un peu poussée de la question musulmane et de la responsabilité gouvernementale. Aussi ce jeune homme fut-il derechef porté aux nues par la République au cours d’une cérémonie d’une émouvante candeur. Il ne semble pas en revanche que l’otage juif Yohav Hattab, qui tenta de tuer le terroriste en saisissant une arme dans un très grand acte de courage, mais qui fut malheureusement abattu, ait connu la même médiatisation.

Au-delà de l’instrumentalisation de cet événement par le gouvernement, il est tout aussi inquiétant de visionner la restitution faite dans l’émission « Islam » de France 2 du dimanche matin diffusée en mars 2015 :

Lassana Bathily

France 2 Islam Amour & misericorde Mars 2015 Extrait

Il y est dit : « Récemment, Lassana Bathily, jeune malien musulman, et modèle de fraternité, a ému le monde entier en sauvant des vies lors d’une prise d’otages. » Et une personne interviewée dit « Tout le monde entier a salué son acte de bravoure et c’est à juste titre qu’il soit récompensé par rapport à ce qu’il a fait ».

Le reportage, au-delà de la présentation de ce jeune garçon comme un « modèle de fraternité », ce qui est peut-être un peu excessif (mais soit), élude surtout totalement et volontairement la question du terrorisme musulman : aucune référence n’est faite au fait qu’il s’agit d’un acte de terrorisme antisémite commis au nom de l’islam dans un magasin juif ! C’est inouï. Comment peut-on ensuite prétendre sérieusement et avec objectivité parler de l’islam ?

L’infériorité féminine dans la prière

La difficulté à penser le statut de la femme de façon égalitaire dans la culture musulmane se traduit à de nombreux niveaux, y compris au niveau de la prière. En pratique, la femme est souvent reléguée dans un rôle de second plan et invitée à rester chez elle.

Ainsi, le Statut indique qu’« il est permis à la femme de se rendre à la mosquée et de participer à la prière collective à condition d’être ni provocante, ni séductrice (par sa façon de s’habiller, de se parer et de se parfumer). (…) Toutefois, prier chez elles est préférable ». On voit bien que la présence de la femme à la mosquée est loin d’être un acquit dans la culture musulmane.

Selon le Statut, le Cheikh Mousâ Salîh Charaf indique en effet qu’« il est préférable et plus honorable pour la femme de prier chez elle. Il a été rapporté qu’Oumm Hâmid as-Sa’idiya s’est rendu chez le Prophète et lui a dit : « Ô envoyé de Dieu, j’aime faire la prière avec toi ». Il a répondu : « je le savais, mais prier dans ta maison est meilleur que prier dans la mosquée de ton clan et prier dans la mosquée de ton clan est meilleur que prier dans la mosquée collective ». »

Moncef Zenati reconnaît que l’avis instinctif dans la culture musulmane est bien que « la meilleure prière pour la femme, c’est chez elle ». Si, reprenant le hadith ci-dessus, il considère que rien ne s’oppose doctrinalement au fait de laisser les femmes venir à la mosquée, on ne voit pas qu’il les y incite particulièrement non plus. La nécessité d’inciter les femmes à venir à la mosquée ne semble guère s’imposer.

Havre de savoir Femmes et priere

Havre de savoir Femmes et priere Extrait

La récurrence de cette question résulte de l’ancrage de la conception inférieure de la femme dans la culture musulmane, y compris contemporaine. La question de la prière féminine a ainsi été évoqué en mars 2015 dans l’émission « Islam » du dimanche matin. À la question du journaliste : « Pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation ? Qu’est-ce qui explique que plus on s’éloigne du modèle prophétique, qui était celui d’une prière en commun, hommes et femmes, et on se retrouve avec une situation, un peu de relégation, ou de séparation ? », Larbi Kechat répond : « De manière générale, nous sommes, en tant qu’êtres humains, victimes de nos ignorances. L’ignorance, du point de vue sémantique, le mot « ignorance » a une parenté avec l’obscurité. D’où l’importance qui doit être donnée au premier devoir islamique, à savoir la lecture, la compréhension et l’application. L’évolution des sociétés humaines ont abouti à certaines pratiques qui, avec le temps, ont pris le pas sur certaines règles islamiques. »

France 2 Islam La priere au feminin Mars 2015

France 2 Islam La priere au feminin Mars 2015

On voit combien cette réponse est vide de contenu et confirme la très faible volonté au sein de la communauté musulmane contemporaine de changer la situation en faveur des femmes.

Face à un tel constat, au moins peut-on dire aux musulmanes que si elles veulent venir dans les églises ou les temples, elles seront certainement accueillies à bras ouverts.

Poitiers : pour l’honneur des musulmans !

Dans leur paranoïa victimaire (reconnue par les musulmans eux-mêmes cf. victimisation), certaines associations ou organisations musulmanes tentent au travers de l’enseignement aux masses musulmanes diffusé sur internet encore aujourd’hui en 2015 de dresser une vision complotiste de l’histoire, les occidentaux étant implicitement accusés de vouloir systématiquement dénigrer et abaisser les musulmans et leur contribution à la civilisation.

Le caractère assez détestable de cette démarche est qu’elle est naturellement à vocation globalisante, prétendant ériger en règle ou sentiment général une soi-disant « conclusion » sur les intentions nécessairement nuisibles de l’Occident vis-à-vis du monde musulman. Et ce d’autant plus que le public auquel cet enseignement est destiné n’a ni le bagage historique ni le recul suffisant pour porter un regard critique sur son contenu. C’est malheureusement un procédé bien connu que de parvenir à la conclusion que l’on souhaite à partir d’une interprétation alambiquée et orientée de l’histoire.

D’abord, il faut sans doute remarquer que s’il y a une zone où chacun est totalement libre d’étudier l’histoire, d’en proposer une interprétation personnelle sans tabou, c’est bien l’Occident, car la critique y est libre, contrairement au monde musulman. D’ailleurs, dans les derniers siècles, les noms des grands historiens musulmans qui auraient marqué la recherche historique mondiale ne viennent pas immédiatement à l’esprit.

Imaginez-vous un instant qu’un historien musulman se permette de faire une analyse critico-historique sans concession des réels éléments factuels dont l’histoire dispose pour retracer l’existence de Mahomet et faire la part entre le réel historique et l’imaginaire symbolique ? C’est juste impensable pour un musulman. Pourtant, il y a beaucoup de choses à dire et nous y reviendrons dans d’autres articles.

Un exemple frappant est donné par la bataille de Poitiers en 732, pour laquelle une organisation musulmane a organisé en 2014 un séminaire spécial destiné à éradiquer ce « mythe ».

Havre de savoir Poitiers Seminaire

Au demeurant, le fait est bien connu par les historiens : en 732, l’émir de Cordoue Abd al-Rahman traversa les Pyrénées pour aller piller et saccager Bordeaux. Puis il se dirigea vers Tours pour y piller l’abbaye Saint-Martin dont on disait qu’elle recelait des trésors. Sur le chemin, il incendia à Poitiers l’église Saint-Hilaire. Une coalition sous la direction de Charles Martel, incluant des Alamans, des guerriers de Germanie, stoppa quelque part avant Poitiers les musulmans. L’émir fut tué dans les combats. Quoique les musulmans ne fussent pas vaincus, ils avaient perdu leur chef et ils finirent par déserter leur camp dans la nuit.

L’historien musulman explique que si les musulmans se sont retirés, c’est en raison de querelles intestines : certes. Il n’y sans doute pas eu de grandes batailles ayant engagé des troupes nombreuses même si elles étaient présentes. Mais Abd al-Rahman fut bien tué. Aussi, conclure que Charles Martel n’a pas arrêté les musulmans ne paraît pas faire corps avec une démarche intellectuelle rigoureuse, et semble beaucoup plus dénoter en réalité un souci de sauvegarder ou de redorer l’honneur des musulmans et de leur armée.

Havre de savoir Poitiers 1

Havre de Savoir Poitiers 1

Il faut rappeler que les raids musulmans se poursuivirent notamment dans la région de Narbonne et ce n’est qu’à la fin du VIIIème siècle que les musulmans furent définitivement repoussés au-delà des Pyrénées.

La bataille de Poitiers a pu faire l’objet d’une instrumentalisation à certaines époques de l’histoire pour renforcer l’opposition de l’Europe chrétienne aux musulmans. Mais aujourd’hui, et depuis de nombreuses années déjà, ces faits sont bien connus des historiens et restitués comme tels.

Que la bataille de Poitiers prenne dans l’imaginaire des Français une place symbolique est vrai et naturel : comme Marignan en 1515 (combien de Français sont capables de dire ce qui s’y est passé ?). Cela fait partie des dates « mythiques » de l’identité française, sachant par ailleurs que l’enseignement de cette période intervient dans les petites classes pour des raisons chronologiques et qu’il est difficile d’entrer dans de grands détails avec de jeunes enfants.

Mais ce qui est le plus intéressant, est que le musulman, persuadé que l’occidental lui en veut, va par tous les moyens tenter de se conforter dans l’idée que l’intention perverse de l’occidental est manifeste, car on lui a menti, comme le montre cet extrait (NB : la totalité de l’émission est disponible sur internet pour ceux qui le souhaitent) :

Havre de savoir Poitiers 2

Havre de savoir Poitiers 2

Au-delà de la paranoïa musulmane qui semble caractérisée cette vidéo, rappelons juste ce qui est dit dans un ouvrage culte d’histoire, et que beaucoup de Français des anciennes générations ont lu et étudié : le « Malet & Isaac ». Dans la version Marabout de 1980, un chapitre est consacré aux Mérovingiens sous le titre « La Gaule sous les Mérovingiens – Recul de la civilisation » : on voit déjà que le regard porté sur la civilisation gauloise de l’époque est assez critique, il y a déjà plus de 30 ans !

Les sections 2, 3 et 4 sont intitulées respectivement « Manque d’unité de la Gaule Mérovingienne / Brutalité des mœurs et anarchie / Recul de la civilisation ». Si les historiens français de l’Occident chrétien avait voulu magnifier la culture gauloise face à la culture musulmane, sans doute s’y seraient-ils pris différemment ! Enfin, pour ce qui est de la bataille de Poitiers, il y est dit que Charles Martel « arrêta » les Arabes à Poitiers – ce qui est exact, (c’est une vérité de La Palice, puisque s’il n’avait pas été là, ils ne se seraient pas arrêtés…) –, aucune précision particulière n’étant donnée quant à la nature des combats.

Comment alors entamer un dialogue critique avec une personne qui, avant même le début d’un échange, est persuadée que vous voulez lui nuire, et qui ne va chercher dans tous les éléments évoqués, complétés de ses connaissances souvent limitées, que le moyen de conforter sa conviction initiale ? C’est une gageure.

Tikrit

Voici quelques extraits (les propos sont parfois un peu synthétisés et ne sont retenus que des passages intéressants d’un point de vue doctrinal) des vidéos de l’État Islamique tournées à l’occasion de la prise de Tikrit en juin 2014 qui explicitent l’action militaire de cette organisation en fonction de considérations religieuses précises mise en avant pour la défense des sunnites : accusation d’hérésie et de taqiya vis-à-vis des chiites et assimilés, citations du Coran appelant au jihad et à l’extermination des infidèles, renvoi à plusieurs événements de la vie de Mahomet (bataille de Badr, extermination des juifs Banû Quraydha, conquête de La Mecque, batailles suivant la prise de La Mecque).

Etat islamique Tikrit

Ces actions violentes ne résultent donc pas d’une « folie barbare » (cf. barbarie) mais de la mise en œuvre sans merci d’une idéologie religieuse guerrière s’appuyant sur le Coran et la vie du prophète Mahomet (éléments dont l’authenticité historique n’est pas contestée par l’ensemble du monde musulman). L’exécution massive dans des fossés creusés des ennemis de l’islam renvoie d’ailleurs explicitement aux exécutions perpétrées par Mahomet à Médine.

Etat islamique Tikrit 1

Voix du commentateur dans l’extrait 1 : « Dans ce mois de Ramadan, Allah a donné la victoire à ses partisans dans la province de Salaheddine sur les fils des mages païens. Les Moujahidoun les ont vaincus et leurs fortifications ne leur ont servi à rien car elles se sont écroulées devant les attaques des Moujahidoun. Maintenant est venu le combat. Nous ne combattons pas pour la terre mais pour le retour du califat et de la chari’a d’Allah. Nous combattons pour étendre à toute la terre ce qu’Allah a voulu. Nous ne dialoguons, négocions qu’avec canons et fusils. Nous ne faisons pas de compromis. Seule la force compte. Nous serons ou ne serons pas. Les entrailles de la terre nous seraient préférables à sa surface si nous l’abandonnions aux mécréants qui la gouvernent avec leur « association » et leurs croyances fausses. Le temps du combat est là. Nous sommes confiants dans la victoire d’Allah et sûrs que l’ennemi sera vaincu. Nous ne cesserons le combat que lorsque nous prierons à Rome, si Allah le veut, car Allah ne renie pas ses promesses. »

Etat islamique Tikrit 2

Voix du commentateur dans l’extrait 2 : « Quant à leurs blindés, ils sont à présent réduits à des morceaux éparpillés de métal rouillé. Les Moujahidoun ont poursuivi leur avance et leur conquête des casernes hérétiques. Et après les exécutions, il ne restait plus aux hérétiques qu’à se rendre. Les Moujahidoun ont resserré leur étau et fait prisonnier dans Speicher des centaines du troupeau des hérétiques, ces troupeaux qui étaient des bêtes féroces contre les sunnites. Dans les prisons, elles étaient sans pitié, comme des hyènes. Dans les mains des Moujahidin, elles sont comme des loques soumises qui se plaignent et pleurent. Elles priaient Ali, Fatima, Hassan et Hussein. Mais lorsqu’elles virent qu’il n’y avait pas de réponse de la part des gens de la maison du prophète, elles commencèrent à protester de leur amitié à l’égard des croyants. [Un hérétique supplie et fait référence à Gabriel et Aïcha] Tout cela ne leur apporte rien. Les Moujahidoun les ont tués groupe après groupe. Ils ont arrêté le complot et détruit les rêves hérétiques de rétablissement de l’empire perse. L’État islamique, par la grâce d’Allah, a été le rempart de la Nation. »

Un combattant : « C’est le jour des Banû Quraydha. Et ce n’est encore rien. » Puis il récite des versets du Coran : « Tuez-les où que vous les rencontriez…».

Cet extrait illustre la haine féroce qui oppose les sunnites et les chiites (qui se réfèrent à Ali et à ses fils) qui ne sont pas considérés comme des musulmans par les sunnites. La référence explicite à l’extermination par Mahomet des juifs Banû Quraydha (cf. Banû Quraydha) dans la bouche de ce simple combattant, ainsi que les versets du Coran constituent, qu’on le veuille ou non, une assise doctrinale solide pour l’action de tous ces combattants car leur authenticité historique n’est niée par aucun musulman (cf. doctrine du jihad).

Etat islamique Tikrit 3

Représentant de l’État Islamique dans l’extrait 3 : « Ramadan : de grandes choses y sont arrivées : le Coran, Badr la grande que le prophète a menée et qu’Allah a appelé le Jour du Discernement, la conquête de La Mecque qu’Allah a livrée au prophète. Après la chute de La Mecque, Mahomet a envoyé ses combattants dans les régions voisines pour purifier la terre de la souillure des associationnistes. »

Là encore, les références aux sources musulmanes authentiques sont claires et véridiques.

Le Coran célèbre la bataille de Badr dans la 3ème sourate (versets 121 à 127) : « Lorsqu’un matin, tu [ndlr Mahomet] quittas ta famille, pour assigner aux croyants les postes de combat. Allah entend et il sait. Quand deux de vos groupes songèrent à fléchir ! Alors qu’Allah est leur allié à tous deux ! Car, c’est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance. Allah vous a donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez Allah donc. Afin que vous soyez reconnaissants ! Allah vous a bien donné la victoire lorsque tu disais aux croyants : « Ne vous suffit-il pas que votre Seigneur vous fasse descendre en aide trois milliers d’Anges ? » Mais oui ! Si vous êtes endurants et pieux, et que les ennemis vous assaillent immédiatement, votre Seigneur vous enverra en renfort cinq mille anges marqués distinctement. Et Allah ne le fit que pour vous annoncer une bonne nouvelle, et pour que vos cœurs s’en rassurent. La victoire ne peut venir que d’Allah, le puissant, le sage, pour anéantir une partie des mécréants ou pour les humilier par la défaite et qu’ils en retournent donc déçus. »

La conquête de La Mecque par Mahomet en janvier 630 fut une conquête militaire racontée par la Sîra : Mahomet marcha sur La Mecque avec dix mille hommes. Mahomet n’avait donné l’ordre que de combattre ceux qui les combattraient. Mahomet avait vu juste quant à l’affaiblissement des Quraychites : la ville se rendit sans combattre. Mahomet donna toutefois l’ordre d’exécuter huit personnes (hommes et femmes) nommément désignées, quand bien même ils auraient trouvé refuge sous les voiles de la Ka’ba : trois hommes qui avaient apostasié l’islam ; deux esclaves chanteuses qui chantaient des satires à propos de Mahomet ; deux opposants ; une domestique qui nuisait à Mahomet. Quatre furent effectivement capturées et tuées.

La Sîra relate de nombreuses batailles commandées ou menées par Mahomet après la conquête de La Mecque. Ainsi la bataille d’Hunayn contre les Hawâzin où Mahomet partit en guerre à la tête de douze mille hommes et où il vainquit avec l’aide des anges. Le Coran y fait référence par les versets 25 et 26 de la sourate 9 : « Allah vous a déjà secourus en maints endroits. Rappelez-vous le jour de Hunayn, quand vous étiez fiers de votre grand nombre et que cela ne vous a servi à rien. La terre, malgré son étendue vous parut bien étroite et vous avez tourné le dos en fuyards. Puis, Allah fit descendre sa quiétude sur son messager et sur les croyants. Il fit descendre des troupes d’anges que vous ne voyiez pas et châtia ceux qui étaient incrédules. Telle est la rétribution des incrédules. »

Etat islamique Tikrit 4

Voix du commentateur, le cheikh Abou Mohammad Al Adnani, dans l’extrait 4 : « Arrêtez l’attaque des ténèbres et tranchez la tête du serpent hérétique. Sachez que la prochaine étape sera celle du choc avec les hérétiques maudits. Ce n’est pas une guerre confessionnelle car une confession est une partie d’un tout. Or les hérétiques n’ont aucun lien avec l’islam. [Commentaire écrit en bandeau : ils appellent un autre qu’Allah : ô Ali ! ô Ali !] Ô sunnites, ne leur faites jamais confiance car ils sont traîtres en puissance. »

Cet extrait reprend la thématique du sort qui attend tous les musulmans considérés en réalité comme hérétiques ou comme traîtres en puissance (notion intéressante qui correspond à l’idée d’une défense légitime par anticipation).

Etat islamique Tikrit 5

Discours du représentant de l’État Islamique dans l’extrait 5 : « Regardez-les abjurer leur religion par peur de l’État Islamique. Oui, nous vous tuons car vous invoquez un autre qu’Allah. Nous faisons exploser vos têtes parce que vous utilisez la taqiya [ndlr cf. taqiya] avec nous, sans résultat. »