Exemple d’abrogation : Les versets sataniques

Le Coran est la parole d’Allah mais Allah peut changer son message (cf. article abrogation) et dans certains cas, ce n’est pas Allah qui parle mais Satan. C’est du moins l’explication donnée notamment dans le cas des « versets sataniques » rendus célèbres par l’affaire Rushdie et qui correspondent à un passage précis du Coran. En effet, Mahomet y invoque des divinités autres qu’Allah, les « sublimes déesses » de La Mecque, afin d’essayer de se concilier dans les premiers temps les Arabes polythéistes de La Mecque qui auraient très mal vu le rejet de leurs idoles tribales traditionnelles.

Cette invocation constitue une forme de polythéisme totalement contraire au strict monothéisme prêché par Mahomet, et sur laquelle Mahomet va naturellement être obligé de revenir. Pour expliquer ce revirement, les musulmans disent que c’est Satan qui a parlé par la bouche de Mahomet, dans cet ouvrage pourtant parfait que constitue le Coran.

Coran, sourate 53, verset 19 :  « Avez-vous considéré al-Lat et al-Uzza,
Coran, sourate 53, verset 20 : et Manat, cette troisième autre ?
Coran, sourate 53, verset 20 bis : Ce sont les sublimes déesses
Coran, sourate 53, verset 20 ter : et leur intercession est certes souhaitée.
Coran, sourate 53, verset 21 : Avez-vous le Mâle, et Lui, la Femelle ?
Coran, sourate 53, verset 22 : Cela, alors, serait un partage inique. »

Les versets 20 bis et 20 ter sont originaux et authentiques mais sont généralement absents des versions habituelles du Coran. À ce propos, Malek Chebel indique : « La Tradition rapporte que lors d’un office public, le prophète aurait récité un verset abrogé, et donc interdit. Grâce au démon qui l’aurait posé sur la langue du prophète, ce verset se serait glissé entre le verset 20 et le verset 21 de la sourate 53 du Coran. Aussi est-il appelé verset satanique. (…) Au lieu de dire « avez-vous vu Al-Lat et Al-Uzza et l’autre, Manat, la 3ème idole ? », Mohammed a dit : « avez-vous considéré Al-Lat, Al-Uzza et Manat, cette autre troisième ? Ce sont de sublimes déesses et leur intercession est certes souhaitée ». Ce qui pose évidemment le problème de l’unicité divine. Car si Dieu a des rivales qui partagent sa dimension sublime, c’est qu’il n’est plus seul et qu’on peut adorer d’autres dieux que lui. Evidemment, le prophète s’étant rétracté aussitôt, l’expression est tombé en désuétude, au point que de nombreux traducteurs du Coran n’en font pas état. »

Ainsi, le revirement doctrinal de Mahomet figure au verset suivant :

Coran, sourate 53, verset 23 : « Ce ne sont que des noms dont vous les avez nommées, vous et vos pères. Allah ne fit descendre, avec elles, aucune probation. Vous ne suivez que votre conjecture et ce que désirent vos âmes alors que certes, à vos pères, est venue la direction du Seigneur. »

Pour expliquer cette intervention assez surprenante mais commode de Satan dans la bouche de Mahomet, le Coran invoque le fait que tous les prophètes ont connu cette mésaventure :

Coran, sourate 22, verset 52 : « Nous n’avons envoyé, avant toi, ni messager ni prophète sans que le démon intervienne dans ses désirs. Mais Allah abroge ce que lance le démon. Allah confirme ensuite ses versets. Allah sait et est sage. »

Ce n’est pourtant pas le cas de Jésus. Car si Satan a tenté le Christ, cette tentation étant explicitement décrite dans les Évangiles, jamais Satan n’a parlé par la bouche du Christ (même si les scribes pharisiens l’ont accusé d’expulser les démons par Beelzéboul cf. Marc 3, 22).

Au-delà de cette intervention opportune qui dédouane Mahomet de son revirement, on peut s’interroger d’une part sur le sens théologique à accorder à une telle intervention, d’autre part à son étendue : car qu’est-ce qui justifie que cette intervention se limite aux seuls versets sataniques et pas à d’autres versets du Coran ?

Mahomet était-il illettré ?

Le terme « ummî » est employé dans le Coran pour qualifier Mahomet. Selon certains, ce terme veut dire « illettré », l’illettrisme de Mahomet étant considéré comme une preuve indubitable de l’origine divine du Coran, car aucun homme illettré n’aurait pu l’écrire.

Position de M. Abdurrahman Badawî (traducteur de la Sîra) :

Pour M. Badawî, ce mot signifiait que le message de Mahomet était destiné à toutes les nations, le sens d' »illettré » étant apparu beaucoup plus tardivement de façon peu claire.

« Nous croyons que l’adjectif « ummî » est un adjectif relatif formé de « umam » au pluriel (« nations »). Comme l’exige la morphologie, pour former un adjectif relatif d’un nom pluriel, il faut le réduire au singulier.  (…) Donc, selon nous, « ummî » vient de « umam » au pluriel par le biais du singulier « ummah » ; il veut dire : international, valable ou destiné à toutes les nations. Donc le prophète « ummî » est le prophète envoyé et destiné à toutes les nations, le prophète international pour ainsi dire. (…) Il serait intéressant de poursuivre l’histoire de l’épithète « ummî », son emploi chez les poètes et les prosateurs durant au moins les cinq premiers siècles de l’hégire. On verra alors à quel moment elle a eu le sens d' »illettré ». »

Extrait de la Sîra :

« L’année où Dieu voulut honorer Mahomet et lui attribuer sa mission prophétique, à l’âge de quarante ans, au mois de ramadân, l’Envoyé de Dieu sortit pour sa retraite à Hirâ, comme il avait coutume de le faire. Il était accompagné de sa famille. La nuit même où Dieu lui fit l’honneur de sa mission, l’ange Gibrîl vint le voir. L’Envoyé de Dieu racontait : tandis que je dormais, Gibrîl se présenta à moi, tenant un étui en feutre brodé contenant un livre.
–  Lis, m’ordonna-t-il.
–  Lire quoi ? demandai-je.
Il appliqua alors l’étui sur mon visage, m’empêchant de respirer à tel point que je crus en mourir. Au risque de m’étouffer, Gibrîl ne cessa de m’ordonner de lire. Je demandai, excédé :
–  Enfin, lire quoi ?
–  Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis… Car ton Seigneur est le Très-généreux qui a instruit l’homme au moyen du calame et lui a enseigné ce qu’il ignorait.
Je lus. Gibrîl se tut et s’en alla loin de moi. »

 

Le principe de l’abrogation dans le Coran

Le Coran étant la parole d’Allah est censé être un livre parfait :

Coran, sourate 41, verset 42 : « L’erreur ne s’y[ndlr le Coran] glisse nulle part : c’est une révélation émanant d’un Seigneur sage, digne de louanges. »

En réalité, beaucoup de contradictions évidentes apparaissent. Celles-ci disparaissent par utilisation du principe de l’abrogation selon lequel Allah change son message comme bon lui semble :

Coran, sourate 2, verset 106 : « Si Nous [ndlr Allah] abrogeons un verset ou que Nous le faisons oublier, Nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah est omnipotent ? »

Coran, sourate 16, verset 101 : « Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait ce qu’Il révèle – ils disent : « Tu n’es qu’un faussaire ». Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. »

S’il existe certains cas d’abrogation reconnus par la Tradition, il n’existe malheureusement pas de liste complète des versets abrogés, si bien qu’aucune version du Coran expurgée des versets abrogés n’est disponible. Selon le passage considéré, la signification du message peut donc être considérablement modifiée.

Voir des exemples d’abrogation : Gens du Livre ; Non-musulmans

Lecture du Coran : Clarté & Obscurité

Le Coran, texte réputé parfait et absolument clair, indique pourtant qu’il existe deux types de versets voulus par Allah :
–  les versets absolument clairs, sans équivoque (moukhamat) ;
–  les versets obscurs, c’est-à-dire beaucoup plus difficiles à interpréter (moutachabihat), équivoques, dont seul Allah connaîtrait la véritable signification.

Coran, sourate 3, verset 7 : « C’est Allah qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclinaison vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d’intelligence se le rappellent.  »

 

Religion « d’amour et de paix » & Violence : quelques faits

Comment une religion « d’amour et de paix » peut-elle susciter autant de ces actes ?

  • Août  2015 : attentat déjoué d’Ayoub el-Khazzani dans le TGV (cf. article Hani Ramadan)
  • Juin 2015 : attentat en Isère commis par Yassin Salhi (un mort décapité)
  • Juin 2015 : 38 touristes européens tués en Tunisie (Sousse)
  • Février 2015 : exécution de 21 coptes en Libye : message de l’État Islamique à l’attention du monde chrétien (cf article Libye).
  • Janvier 2015 : de nombreuses églises incendiées au Niger dans le cadre des manifestations anti-Charlie Hebdo, preuve d’une absence totale de réflexion de la part des groupes musulmans concernés puisque les chrétiens ne sont pour rien dans cette affaire (violence aveugle dont on voit malheureusement qu’elle se réactive rapidement contre les ennemis jugés « naturels » de l’islam ), les journalistes de Charlie Hebdo vomissant toute forme de religion, qu’il s’agisse de l’islam, du judaïsme ou du christianisme.
  • 8 janvier 2015 : attentat contre le journal Charlie Hebdo (12 morts), meurtre d’une femme policier et de quatre personnes juives.
  • Décembre 2014 : Condamnation à mort pour apostasie de Mohamed Cheikh Ould Mohamed en Mauritanie
  • 4 novembre 2014 : un couple de jeunes chrétiens pakistanais, accusés de blasphème contre le Coran, a été battu à mort puis leurs corps ont été brûlés dans le four à briques où ils travaillaient.
  • Octobre 2014 : la Haute Cour de Lahore (Pakistan) confirme la condamnation à mort d’Asia Bibi, chrétienne et mère de 5 enfants, prononcée en 2010 suite à l’accusation blasphème à l’égard de Mahomet portée contre elle par des femmes musulmanes de son village ; il ne lui reste plus aujourd’hui comme recours que la Cour Suprême du Pakistan.
  • Octobre 2014 : double attentat au Canada
  • Septembre 2014 : 800 policiers sont mis à contribution à Sydney et Brisbane en Australie pour arrêter une quinzaine d’islamistes qui projetaient de perpétrer des meurtres spectaculaires sur des civils.
  • Été 2014 : Mise en place de patrouilles islamiques à Wuppertal en Allemagne (interdites rapidement par les autorités allemandes).
  • Mai 2014 : tuerie au Musée juif de Belgique (4 morts)
  • Leila Hatami, comédienne iranienne et membre du jury du 67ème Festival de Cannes, rappelée à la bienséance par les autorités islamiques d’Iran pour avoir fait la bise à Gilles Jacob (cf. article Contact avec les hommes).
  • Raif Badawi, fondateur d’un site internet de discussion sur la religion, en prison depuis 2012 en Arabie Saoudite pour « la production, la préparation, la diffusion et le stockage de contenus qui sapent l’ordre public, les valeurs religieuses, la décence publique et l’intimité. » Il a été condamné en septembre 2014 à 10 ans en prison, 1.000 coups de fouet (par tranche de 50 tous les vendredis), en plus d’une interdiction de quitter le pays pendant 10 ans après la fin de sa peine ;
  • Meria Yahia Ibrahim, de père musulman et de mère chrétienne, élevée dans la religion chrétienne depuis l’âge de 5 ans, condamnée à mort pour apostasie au Soudan, mais libérée sous la pression internationale en juillet 2014 ;
  • 2014 : création de l’État Islamique d’Irak avec son cortège d’atrocités (comme la conversion forcée ou la mort pour les non-musulmans, notamment des dizaines de milliers de chrétiens et yézidis, entraînant la fuite et la spoliation de leurs biens sur une terre occupée bien avant la naissance de l’islam) ;
  • 2013 (août) : destruction partielle ou totale d’une soixantaine d’Églises coptes en Égypte (pratique de destruction sporadique dans ce pays depuis des décennies) ;
  • La revendication du jihad par le Hezbollah au Liban, le Hamas en Palestine, Al Qaida, les Talibans en Afghanistan, le Groupe islamique armé en Algérie (devenu AQMI, Al Qaida au Maghreb islamique depuis 2007) ;
  • La pratique des crimes d’honneur (notamment en Syrie, Turquie, Pakistan, Bangladesh, Jordanie), très rarement condamnée par les musulmans. Ainsi, Farzana Parveen, jeune pakistanaise musulmane de 25 ans enceinte, battue à mort à coups de brique le 27 mai 2014 à l’entrée du tribunal de Lahore par une trentaine de membres de sa famille décidés à venger leur honneur, celle-ci ayant décidé d’épouser un homme contre l’avis de sa famille.
  • Depuis 2012 : les multiples méfaits du mouvement islamiste Boko Haram au Nigéria, comme l’enlèvement de deux cents jeunes filles majoritairement chrétiennes destinées à être converties, mariées de force ou réduites en esclavage ;
  • 2012 : Mohammed Merah, français d’origine algérienne, tue 7 personnes dont 3 enfants ;
  • 2012 jusqu’à aujourd’hui : recrutement et endoctrinement de jeunes européens (plusieurs centaines), dont beaucoup de Belges et de Français, pour aller faire le jihad en Syrie ;
  • 2005/2006 puis 2013 : affaire des caricatures danoises reprises dans Charlie Hebdo ; manifestations et émeutes dans de nombreux pays à travers le monde (ex. incendie de l’ambassade danoise de Beyrouth et invasion du quartier chrétien de Beyrouth par des foules en colère) ;
  • 2012 : Manifestations violentes suite à la diffusion de la bande-annonce du film « l’innocence des musulmans » ;
  • 2005 : attentats islamistes de Londres : 56 morts ;
  • 2004 : assassinat de Theo Van Gogh (criblé de balles puis égorgé) par un jeune musulman hollandais d’origine marocaine, peu de temps après la sortie d’un court-métrage dénonçant la soumission des femmes dans l’islam ;
  • 2004 : attentats islamistes en Espagne : 191 morts, 1.800 blessés ;
  • 2002 : prise d’otage à Moscou par un commando tchétchène (mort de 67 otages) ;
  • 2002 : Amina Lawal, mère de famille de 31 ans, condamnée au nom de la chari’a (remise en vigueur en 2000 au Nigéria) à la mort par lapidation par un tribunal islamique du Nigéria pour avoir eu un enfant plus de 9 mois après son divorce, donc hors mariage (sous la pression internationale, la condamnation fut toutefois annulée en septembre 2003).
  • 2001 : 16 chrétiens tués à Bahawalpur (Pakistan) dans l’église Saint-Dominique pendant l’office par plusieurs hommes armés ;
  • 2001 : destruction des Bouddhas de Bamiyan par les Talibans en Afghanistan, la chari’a étant appliquée avec ses multiples atteintes aux droits de l’homme et son impact sur la condition de la femme ;
  • 2001 : attentats du 11 septembre (2.970 morts) provoqués par des terroristes islamistes principalement originaires d’Arabie Saoudite ;
  • Années 2000 : le groupe islamiste Shabab terrorise la Somalie (toujours d’actualité) ;
  • 1997 : mort d’une soixante de touristes à Louxor ;
  • 1996 : assassinat de 7 moines de Tibhérine ;
  • 1995 : attentats de Paris

 

Les châtiments corporels : adultère et lapidation

L’adultère est puni très sévèrement en islam.

Coran, sourate 4, verset 15 : « Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d’entre vous. S’ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu’à ce que la mort les rappelle ou qu’Allah en décide autrement. »

La lapidation ne figure pas explicitement dans le Coran mais de nombreux autres éléments de la Tradition attestent sans conteste la validité de cette peine.

Rémi Brague précise : « Selon le hadith, Mahomet se glorifie de maintenir dans toute sa rigueur la lapidation biblique des femmes adultères, alors que les juifs l’avaient depuis longtemps abandonnée dans la pratique. Or le Coran tel que nous l’avons ne parle que de flagellation. Il a donc fallu inventer un « verset de la lapidation », verset purement virtuel qui n’aurait pas été intégré au recueil écrit des révélations. »

La Sîra de Mahomet indique :

–  « Mahomet a dit : « Ô Unais ! Va voir la femme de cet homme et si elle confesse l’adultère, alors lapide-la à mort. » »

–  « Mahomet a dit : « Quand un homme célibataire commet l’adultère avec une femme célibataire, ils recevront cent coups de fouet et seront bannis un an. S’ils sont mariés, ils recevront cent coups de fouet et seront lapidés à mort. » »

–  Section « Ils [ndlr des juifs] se réfèrent à l’Envoyé d’Allah au sujet de la lapidation » : « Ils allèrent à l’Envoyé d’Allah et lui dirent : « ô Muhammad ! Voici un homme marié qui a commis l’adultère avec une femme mariée. Prononcez une sentence sur leur cas, car nous te prenons pour juge dans leur cas. » (…) L’Envoyé d’Allah sortit de la Maison de Midrâs et ordonna de les lapider devant la porte de sa mosquée dans le quartier des Banû Ghanm b. Mâlik b. al-Najjâr (…) Lorsque le juif sentit les pierres, et il alla à sa compagne et la protégea pour lui éviter les coups de pierres, jusqu’à ce qu’ils fussent tués ensemble. L’Envoyé d’Allah dit : « C’est donc moi qui ai ressuscité le jugement de Dieu [ndlr Mahomet remit en vigueur la lapidation que les juifs avaient abandonnée] et son Écriture et qui l’ait pratiqué ». »

–  « Lors du pèlerinage d’adieu, Mahomet dit : « L’enfant appartient au lit et la femme adultère doit être lapidée. » »

–  « Dans le pavillon de Banû Sâ’idah, juste après la mort de Mahomet, Omar déclara : « Parmi les versets que Dieu révéla à Mahomet est le verset de la lapidation. Nous l’avons bien lu et assimilé. L’Envoyé d’Allah a lapidé, et nous autres après lui avons lapidé. Je crains qu’après un long temps, un des hommes dise : par Dieu, nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre de Dieu, et par-là les gens s’égareraient en abandonnant une obligation que Dieu a révélée. La lapidation, dans le Livre de Dieu, est un droit imposé à celui qui commet l’adultère, qu’il soit homme ou femme, s’il est marié et s’il y a une preuve probante ou s’il y a conception ou confession. » »

La Tradition (at-Tirmidhî) rapporte : « Umar bin al-Khattab rapporta : « Le messager d’Allah a lapidé, Abu Bakr a lapidé, et j’ai lapidé. Si je ne détestais pas faire un rajout dans le Livre d’Allah, je l’aurais fait dans le Mus’haf. Car, je crains que plus tard viennent des gens qui, ne le trouvant pas dans le Livre d’Allah, n’y croient plus. » »

Pour la jurisprudence malikite, se reporter à l’article dédié (lapidation malikite).

Les châtiments corporels : vol et amputation

L’islam punit le vol par l’amputation : ce point de doctrine est très clair et n’est pas remis en cause par les communautés musulmanes en Europe.

Coran, sourate 5, verset 38 : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez-leur la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est puissant et sage. »

La Tradition (Bukhari) rapporte : « Le Prophète a dit : la main du voleur doit être coupée si le vol excède un quart de dinar. »

La jurisprudence chaféite indique :

Section p21.1 « Dieu a dit : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est Puissant et Sage. » » (Coran, sourate 5, verset 38).

Section p21.2 « Le prophète a dit :
(1) « Dieu maudit le voleur dont la main est coupée pour avoir volé une corde. »
(2) « Si Fatima, la fille de Mahomet, volait, je lui couperais la main. » »

Section o14.1 « La main droite est amputée, que la personne soit musulmane ou un non-musulman de l’État Islamique, quand cette personne a :
(d) volé au moins pour une valeur d’un quart de dinar (soit 1,058 grammes d’or) ;
(f) dès lors qu’il ne peut pas y avoir de confusion possible sur le fait qu’il s’agissait effectivement d’un vol et non pour une autre raison.
Si la personne vole une seconde fois, son pied gauche est amputé ; s’il s’agit d’une troisième fois, alors sa main gauche est amputée ; et s’il vole encore, alors son pied droit. S’il vole une cinquième fois, il est battu. S’il n’a pas de main droite lors du premier vol, alors son pied gauche est amputé. S’il a une main droite mais la perd avant d’avoir été puni par un acte de Dieu, rien n’est amputé. »

En pratique, ces peines ne sont pas toujours appliquées de façon systématique dans le monde musulman (tout dépend de la chari’a ou de la loi locale), quoique la non-application de ces peines contrevienne au Coran. Elles le sont dans la plupart des pays dits « orthodoxes » (ex. péninsule arabique, Afghanistan, Afrique noire) mais a priori pas dans les pays d’Afrique du nord, où le vol est néanmoins puni très fortement (jusqu’à la réclusion à perpétuité).

L’amputation est couramment pratiquée en Arabie Saoudite : interview d’Abdallah Bin Sa’id Al-Bishi, un des bourreaux actuellement en exercice.

Abdallah Bin Sa’id Al-Bishi

 Arabie Saoudite Amputation

La jurisprudence malikite reprend les éléments suivants :

–  « Abdullah ibn Omar a rapporté que l’envoyé de Dieu a ordonné la coupure de la main pour le vol d’un bouclier dont le prix est de trois dirhams. »

–  « Un voleur interrogé, et avouant son acte, Aïcha, la femme du Prophète ordonne de lui couper la main et dit : « On coupe la main du voleur, au cas où le prix de l’objet volé est d’un quart de dinar ou plus. » »

–  « Mâlik a dit : « Ce que je préfère, c’est que la main soit coupée, au cas où l’objet volé est du prix de trois dirhams, même si le prix de change en subit une augmentation ou une diminution. De ce fait, l’envoyé de Dieu avait ordonné que la main soit coupée au cas où le bouclier est d’un prix de trois dirhams. Quant à Osman ibn Affan, il l’a aussi exigé pour un cédrat dont le prix est de trois dirhams. C’est ce que j’ai entendu de mieux à ce sujet. » »

–  « Mâlik a dit : « On coupe la main du voleur pour un objet qu’il a volé même s’il ne l’a pas utilisé et qu’il a été remis à son propriétaire. Ainsi, le voleur avait l’intention de le garder. » »

Arabie Saoudite Chatiments

Islam et modernité

Tariq Ramadan analyse le rapport douloureux de la société musulmane à la modernité.

Conférence au Maroc

Tariq Ramadan Maroc Modernite

Tariq Ramadan écrit par ailleurs : « Les sociétés majoritairement musulmanes sont le plus souvent à la traîne sur le plan économique, elles ne présentent la plupart du temps aucune garantie démocratique et, quand elles sont riches, elles ne contribuent à aucun progrès intellectuel et/ou scientifique. Tout se passe comme si le monde musulman, se percevant comme dominé, n’avait pas les moyens de ses prétentions. L’expérience de l’exil économique va ajouter à ce sentiment présent, mais diffus, la dimension concrète des tensions et des contradictions. La peur de perdre sa religion et sa culture au cœur des sociétés occidentales provoque des attitudes naturelles de repli et d’isolement. »

Malek Chebel indique : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

De son côté, Tareq Oubrou juge seulement « un peu exagéré » la déclaration de l’éditorialiste italien d’origine égyptienne Magdi Allam, récemment converti de l’islam au catholicisme : « Le problème des réformateurs de l’islam, c’est qu’on ne les trouve que dans deux endroits : les universités françaises et les cimetières du monde musulman. »

Les musulmans sont-ils supérieurs aux non-musulmans ?

Tariq Ramadan analyse le sentiment de supériorité des musulmans vis-à-vis des non-musulmans, et au sein même de la communauté musulmane.

Conférence au Maroc

 Tariq Ramadan Maroc Superiorite

Cette revendication à la supériorité des musulmans en tant que communauté  (Oumma) solidaire  s’inscrit clairement dans la doctrine du Coran :

Coran, sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux ; il y en a parmi eux qui croient mais la plupart sont des pervers. »

Coran, sourate 3, verset 139 : « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. »

Cette supériorité s’accompagne naturellement d’un fort communautarisme qui sépare la communauté musulmane aux communautés des non-musulmans.

Coran, sourate 3, verset 103 : « Et tenez-vous fermement tous ensemble à la corde d’Allah et ne soyez pas divisés ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous lorsque vous étiez divisés : c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. »

Coran, sourate 3, verset 104 : « Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdise le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront. »

Coran, sourate 8, verset 73 : « Les incrédules sont alliés les uns des autres. Si vous n’assistez pas les croyants non encore émigrés, il y aura tentation d’abjurer sur terre et grand désordre. »

Cette supériorité de la communauté musulmane s’accompagne d’une solidarité religieuse, qui transcende tout nationalisme, comme le rappelle un propos de Mahomet tenu peu de temps avant sa mort figurant dans la Sîra : « Musulmans, apprenez que tout musulman est le frère d’un musulman et que tous les musulmans sont des frères. »

Ce sentiment communautaire et cette supériorité sont des constantes de la culture musulmane : un mécréant ou un représentant des Gens du Livre ne peut pas valoir un musulman. Dans n’importe quel pays musulman aujourd’hui, un non-musulman n’a pas les mêmes droits qu’un musulman. L’histoire de l’islam et la jurisprudence islamique en donnent des preuves abondantes.

Le préambule de la Déclaration des droits de l’homme islamique de 1990 affirme : « (…) le rôle civilisateur et historique de l’Oumma islamique, dont Dieu a fait la meilleure Communauté ; qui a légué à l’humanité une civilisation universelle et équilibrée, conciliant la vie ici-bas et l’Au-delà, la science et la foi ; une communauté dont on attend aujourd’hui qu’elle éclaire la voie de l’humanité, tiraillée entre tant de courants de pensées et d’idéologies antagonistes, et apporte des solutions aux problèmes chroniques de la civilisation matérialiste ; » 

L’article 2 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui stipule « Chaque citoyen musulman se doit de respecter la citoyenneté telle qu’elle est établie par les lois françaises de la République. Celle-ci reconnait la diversité et la pluralité de la société, ne faisant aucune distinction entre les croyants ou non. Elle prône la solidarité, l’égalité et la tolérance. » est un déni de la réalité vécue aujourd’hui dans les pays musulmans et qui a pour objectif de faire accroire l’idée rassurante que la conception musulmane de la société est sans danger pour la laïcité et la démocratie française.

D’ailleurs, dans un contexte français marqué par une évidente difficulté à s’intégrer normalement (comme beaucoup d’européens l’ont fait – italiens, portugais, polonais,…- ou d’indiens ou d’asiatiques – dont on entend guère parler  et qui ne peuplent guère les prisons -), l’hyper sensibilité de la communauté musulmane sur ce sujet est évidente et aboutit à des sous-entendus nauséeux et des revendications inquiétantes, comme en témoigne officiellement la Convention citoyenne des musulmans de France qui stipule dans son article 2 : « Les musulmans sont en droit de revendiquer que leur citoyenneté ne puisse être assimilée à une citoyenneté de seconde zone ou de faire l’objet d’une quelconque remise en cause. Le musulman est d’abord un citoyen. Il affirme ou non, ensuite, son appartenance religieuse. » Car qui a jamais parlé à l’égard des musulmans de citoyenneté de seconde zone ? Quel curieux procès d’intention. Est-ce l’État français qui a créé ces zones de non droit où la police n’ose même plus entrer ? La doctrine est têtue : force est de reconnaître que, malheureusement, la doctrine musulmane privilégie de façon évidente l’appartenance à la religion et se moque bien de la citoyenneté vis-à-vis de tel ou tel pays.

Les Gens du Livre : justification doctrinale de la nécessaire soumission et humiliation

Le Coran demande aux musulmans de combattre tous les non-musulmans, y compris par les armes (jihad ou « combat dans la voie d’Allah »). Les Gens du Livre (c’est-à-dire les juifs, les chrétiens et les zoroastriens) sont toutefois un peu mieux lotis que les autres non-musulmans en raison du fait que les Gens du Livre possèdent un Livre – même s’ils sont accusés d’en avoir vicié le sens -, alors que tous les autres non-musulmans n’en ont pas.

Coran, sourate 3, verset 19 : « La religion, aux yeux d’Allah, c’est l’islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité, qu’après avoir reçu la science. Quiconque ne croit pas aux signes d’Allah, Allah est prompt à lui demander des comptes ! »

Aussi les Gens du Livre peuvent avoir la vie sauve sous réserve de se soumettre aux musulmans en payant un impôt spécifique (la capitation ou « jizya« ) et d’accepter l’autorité musulmane (avec toutes les règles juridiques, civiles,… afférentes). Cette tolérance et ses conditions d’application restent néanmoins très variables. Cette soumission, une fois acceptée par les musulmans, permet aux Gens du Livre de bénéficier d’une certaine forme de protection eu égard au sort réservé à tous les autres non-musulmans, qui sont sans droits. Le terme de « dhimmi » veut ainsi dire « protégé ».

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. »

Cette organisation religieuse et sociale est un principe très clair en islam. La jurisprudence chaféite indique :

Section o9.8 « Le calife fait la guerre aux juifs, aux chrétiens et aux zoroastriens après les avoir invités à se convertir à la foi et à la pratique islamiques, et, cas de refus, après les avoir invité à entrer dans l’ordre social islamique en payant l’impôt des non-musulmans, la jizya (…) en accord avec ce qu’Allah a dit : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. » (…). »

Section o9.9 « Le calife combat tous les autres peuples jusqu’à ce qu’ils se convertissent à l’islam, car ils n’ont pas de Livre, ne sont pas honorés à ce titre et ne sont pas autorisés à s’établir en payant la jizya (…). »

La jurisprudence malikite indique pour sa part : « Mâlik a dit : « Il est de la Sunnah de ne pas imposer l’impôt aux femmes des gens du Livre ni à leurs enfants. Il est obligatoire pour les hommes pubères. (…) L’aumône [ndlr zakat] n’a été en principe demandée aux musulmans que dans le but de les purifier pour qu’ils la donnent aux pauvres. Et cette capitation [ndlr jizya] a été imposée aux gens du Livre pour les humilier ».

Le commentateur contemporain de la jurisprudence malikite, le cheikh Muhammad Diakho, tente de circonstancier le sens de cette humiliation imposée aux Gens du Livre : « Cette volonté d’humilier les gens du Livre avait effectivement ses raisons d’être dans le temps historique et l’espace géographique qui s’explique aisément par les antagonismes qui accompagnaient la naissance d’une nouvelle religion. Si donc, comme dit l’imam Mâlik, cette « volonté d’humilier » était le but recherché (‘Illatu-l-kuhm), et si le temps et l’espace le justifient, il n’est pas nécessaire de comprendre de cette prescription qu’elle soit universelle, valable pour tout temps et espace. Dans les nouvelles conditions de cohabitation entre les diverses communautés religieuses dans les pays musulmans où les valeurs du respect mutuel, de l’entente et de la fraternité humaine sont fortement suggérées, rien n’est plus bénéfique à l’islam et aux musulmans que de circonstancier une certaine compréhension conflictuelle des textes scripturaires. »

La grande difficulté avec cette volonté d’atténuation du souci de la religion d’amour et de paix d’humilier les non-musulmans est qu’on ne voit pas bien sur quelle base doctrinale elle repose (même si on comprend bien l’objectif qui est de rendre acceptable l’islam par les non-musulmans) : le comportement de Mahomet qui demandait à ce que soient humiliés les Gens du Livre n’était-il pas exemplaire ?