Blasphème & Auto-censure : symptômes du péril qui menace les sociétés occidentales

Le délit de blasphème est un délit qui empoisonne la vie dans les pays musulmans, des non-musulmans mais parfois aussi des musulmans eux-mêmes.

Parmi les multiples faits qui émaillent l’actualité, souvenons-nous en novembre 2014 du couple de jeunes chrétiens pakistanais [1], accusés de blasphème contre le Coran, battus à mort puis brûlés dans le four à briques où ils travaillaient.

Chretiens pakistanais[1] Les chrétiens représentent 3 millions d’habitants sur les 190 millions que compte le Pakistan ; c’est une population pauvre, qui ne peut occuper que des emplois subalternes et est fréquemment persécutée. S’agissant de la loi sur le blasphème, si elle est facilement utilisée contre les chrétiens, il faut noter qu’elle peut également être utilisée contre d’autres minorités, voire par les musulmans eux-mêmes entre groupes rivaux.

Malek Chebel rappelle à cet égard : « Le blasphème (tajdif) en islam est double : le fait d’associer un autre dieu à Allah [ndlr ce que font par définition les chrétiens dans l’interprétation musulmane] et, coextensif, le fait d’alimenter une telle éventualité, soit par écrit, soit par oral. Dans le Coran, le mot « blasphème » est plus induit qu’employé explicitement. (…) Ceux qui blasphèment sont donc essentiellement ceux qui méconnaissent l’entité divine et ses attributs. (…) Plus tard, le blasphème s’est également étendu à l’entité prophétique [ndlr Mahomet], au sens où la moindre récusation de celle-ci rejaillit sur tout l’islam, et en particulier sur le Coran, la parole de Dieu, et sur Allah lui-même. »

Les musulmans font régulièrement pression pour que le délit de blasphème soit instauré en France. Ainsi, Yûsuf Al-Qaradâwî, dans une lettre remise à François Hollande en janvier 2015, a appelé la France et les États européens à promulguer des lois protégeant le sacré. En effet, il est illogique selon lui que les lois interdisent l’outrage des individus et se taisent au sujet de l’outrage des Prophètes. Il estime que le législateur français qui a pu promulguer une loi incriminant l’antisémitisme a le pouvoir de promulguer une loi incriminant l’outrage des religions, des Prophètes et du sacré.

Le délit de blasphème n’existe pas dans les pays occidentaux (heureusement !), puisque la critique de la religion est libre, mais il faut noter que l’instillation permanente de l’idée qu’il serait nécessaire de prendre en compte la sensibilité de l’interlocuteur, notamment ses croyances religieuses, dans l’expression de la propre pensée conduit à l’auto-censure et participe d’une culture culpabilisante érigeant le discours vu comme blasphémateur en comportement coupable.

Ce raisonnement est d’une prodigieuse perversité, car, sous des dehors d’une remarquable humanité et d’un grand respect, il conduit tout droit la liberté d’expression au bûcher ou aux fours crématoires.

Un des plus grands ordonnateurs de cette détestable marche funèbre est Tariq Ramadan :

Ramadan BonnantRamadan Bonnant et la liberte d’expression

En effet, ayons toujours à l’esprit ces terribles paroles de Tariq Ramadan : « Quand on vit ensemble, dans une démocratie, dans un cadre légal, il ne s’agit pas simplement de savoir ce que la loi permet, il s’agit aussi de savoir ce que les sensibilités reçoivent. Et quand on est dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, à partir d’un certain moment, – la liberté d’expression est un droit incontestable –, son usage doit faire l’effet ou doit être le produit d’une approche raisonnable ».

Et aussi : « La liberté d’expression ne se mesure pas simplement à ce que la loi vous donne à dire mais à ce que l’atmosphère internationale vous demande de considérer. »

La position de Tareq Oubrou est heureusement très différente et on ne peut que la louer, même si elle n’est pas totalement explicite, mais pourra-t-il longtemps résister ? « La liberté est un acquis non négociable de nos sociétés. C’est une valeur cardinale des démocraties qui a vocation à être universalisée et non pas modulée en fonction des circonstances. Il y va de notre liberté tout court. La meilleure réponse à un écrit, un dessin ou un film que l’on juge offensant pour ses propres convictions, c’est encore l’indifférence. Manifester dans la rue ou menacer de déposer plainte, comme l’ont fait les principales fédérations musulmanes dans notre pays, c’est faire de la publicité pour des œuvres qui ne le méritent pas. »

Malheureusement Tareq Oubrou note aussi : « Pour qui veut lutter contre l’obscurantisme qui frappe aujourd’hui le monde musulman, la France n’est pas forcément un endroit de tout repos. (…) Tout discours élaboré sur Dieu, l’interprétation du Coran ou la nécessité d’adapter sa pratique à un environnement sécularisé s’apparente pour la plupart des musulmans, en particulier les jeunes littéralistes, à un blasphème. »

Face à cette terrible menace, il n’y aura jamais qu’une parole, dont l’histoire porte déjà les stigmates : LA LIBERTÉ OU LA MORT !

 

Alcool : un bienfait interdit sur cette terre au musulman soumis

La consommation d’alcool est formellement interdite dans l’islam (directement ou dans les plats). Toutefois, cette interdiction ne touche que la vie terrestre car l’alcool récompense les bons musulmans au paradis, dans un renversement des valeurs, une volte-face, que l’on a du mal à comprendre.

Coran, Sourate 2, verset 219 : « Ils t’interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : « Dans les deux il y a pour les hommes un grand péché et une utilité, mais dans les deux, le péché est plus grand que l’utilité ». (…) »

Coran, Sourate 5, verset 90 « Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, une œuvre du démon. Évitez-les ; peut-être serez-vous heureux. »

Coran, Sourate 5, verset 91« Par le vin et le jeu de hasard, le diable veut susciter parmi vous l’inimité et la haine, et vous détourner de l’invocation d’Allah et de la prière. Allez-vous donc cesser ? »

La jurisprudence chaféite indique :

Section p14.1 « Dieu a dit :
(1) « Ils t’interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : « Dans les deux il y a un grand péché » (sourate 2, verset 219).
(2) « Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du diable. Écartez-vous en, afin que vous réussissiez. » (sourate 5, verset 90) »

Section p14.2 « Le prophète a dit :
(1) « Fouette quiconque boit du vin. S’il boit encore, fouette-le encore. S’il boit encore, fouette-le encore. S’il boit une quatrième fois, tue-le. » (La mise en application de ce hadith est devenue ultérieurement caduque car le prophète s’est vu présenté un homme ivre pour la 4ème fois et ne l’a pas tué, montrant ainsi que l’exécution avait été remplacée, mais ce hadith montre bien que le fait de boire est une faute énorme).
(2) « Dieu maudit le vin, et quiconque boit du vin, sert du vin, le vend, l’achète (…) »
(3) « Quiconque boit du vin dans ce monde sera interdit dans le prochain. » »

Section o16.1 « Toute boisson qui enivre lorsque prise en grande quantité est illicite à la fois en petite et en grande quantité, que ce soit du vin, du jus de raison ou quoi que ce soit d’autre. »

Section  o16.3 « Le châtiment pour le fait de boire est d’être fustigé 40 fois avec les mains, avec des sandales ou des bouts de vêtements. On peut également utiliser un fouet, mais si l’offensant meurt, une indemnité est due. (…) »

Le Conseil européen des fatwas confirme : « Il n’est pas permis au musulman de vendre d’alcool ni les aliments et boissons déclarés illicites, même s’il ne profite pas de leurs revenus et que les bénéfices sont redistribués aux pauvres. »

Pourtant, le Coran évoque le vin comme une boisson de félicité offerte aux bienheureux au paradis. Malek Chebel confirme à cet égard que : « L’interdiction du vin est pourtant ambiguë, car le Coran en fait un bien paradisiaque que seuls les bons croyants obtiennent dans l’au-delà. »

Coran, sourate 16, verset 67 : « Des fruits des palmiers et des vignes, vous retirez une boisson enivrante et un aliment excellent. Il y a vraiment là un signe pour un peuple qui raisonne. »

Coran, sourate 47, verset 15 : « Voici la description du paradis qui a été promis à ceux qui craignent Dieu : il y aura là des ruisseaux d’une eau incorruptible, des ruisseaux d’un lait au goût inaltérable et des ruisseaux de vin délicieux à boire ainsi que des ruisseaux d’un miel purifié. (…) »

Coran, sourate 83, versets 25 & 26 : « On leur [ndrl aux bienheureux] sert à boire un vin pur, cacheté, ayant le goût de musc. (…) »

Il est assez difficile de comprendre religieusement le sens de cette contradiction, sauf à dire que le vin n’est pas une boisson fondamentalement mauvaise mais au contraire un nectar réservé uniquement aux bienheureux dans le paradis, et donc un pur interdit dans ce monde-ci car les hommes ne l’ont pas encore mérité.

Certains auteurs musulmans font état du fait que les versets favorables au vin auraient été abrogés par les autres. Il est difficile de comprendre le sens de cette abrogation s’agissant d’une question qui ne soulève pas de difficulté conceptuelle particulière qui aurait pu nécessiter une explicitation en plusieurs phases.

D’un point de vue strictement historique, une hypothèse rationnelle est que, la consommation du vin étant bien ancrée dans l’Arabie préislamique, Mahomet n’a tout simplement pas voulu s’opposer de front à certains modes de vie par crainte de s’aliéner une partie de son futur public, alors qu’il avait besoin de ralliements à sa cause, question qui ne se posait plus dans les mêmes termes une fois ses partisans devenus plus nombreux.

En tous cas, on peut regretter que l’interdit touchant l’alcool prive la communauté musulmane d’une porte d’accès à une part fondamentale du patrimoine culturel français, auquel elle ne peut évidemment pas contribuer, la tradition viticole française faisant sa renommée dans le monde entier depuis des siècles.

Apprendre aux enfants à égorger

L’égorgement paraît être une partie intégrante de la culture musulmane comme en témoignage cette fête filmée par de nombreuses mamans musulmanes, fières de leur progéniture.

Enfant EgorgementApprendre a egorger

Les enfants ont-ils vraiment besoin d’être vaccinés à la violence, banalisée, par l’égorgement simulé, mais avec ô combien de réalisme (avec le sang versé représenté par un liquide rouge), d’un agneau, dans une ambiance festive désinhibante ? N’est-ce pas clairement une façon d’intégrer profondément la violence dans la culture des petits musulmans et musulmanes ?

Aujourd’hui, c’est un agneau. Mais demain ? L’enfant ne risque-t-il pas de passer avec indifférence à un « mauvais musulman » (ex. apostat), à un juif, à un chrétien, un yézidi, à un homosexuel, etc., bref à tous les « ennemis de l’islam » ? La différence psychologique est-elle si grande que cela, puisqu’il s’agit dans tous les cas de rendre grâce à Dieu par un rite sacrificiel venu des temps les plus reculés ? Qui égorge une grenouille égorge un bœuf ?

Decapitation EnfantDecapitation par un enfant

Mahomet a égorgé plusieurs centaines de juifs Banû Quraydha (cf. article Banû Quraydha), après avoir fait creuser un fossé exprès à Médine pour jeter leurs corps. Peut-on précéder de la sorte sans que cette épouvantable violence ait jamais été instillée par l’éducation ?

La femme doit se soumettre sexuellement à son mari

L’imam Mehdi Kabir explique le comportement de la femme vertueuse et son obligation de se soumettre sexuellement à son mari :

Mehdi KabirMehdi Kabir Mari et femme

Cette présentation peut paraître tout à fait choquante mais elle est pourtant parfaitement orthodoxe au regard de la doctrine musulmane. En effet, l’homme ayant prééminence sur la femme, celle-ci est tenue de satisfaire les besoins sexuels naturels de son mari.

Coran, sourate 2, verset 223 : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ comme vous le voulez et œuvrez pour vous-mêmes à l’avance. Craignez Allah. Sachez que vous le rencontrerez. Toi [ndlr Mahomet] fais gracieuse annonce aux croyants ! »

Ainsi, le Statut de la femme musulmane indique :

« L’islam a pris considération le fait que le mari, par nature et par coutume, est demandeur et la femme demandée, et qu’il est plus attiré par les rapports sexuels et moins patient, contrairement à ce que prétendent certains, qui pensent que le désir de la femme serait plus fort que celui de l’homme.

a) Pour cela, l’islam a exhorté l’épouse à répondre à son mari ; s’il l’invite dans son lit, elle ne doit pas se dérober. Comme il est précisé dans le hadith: « Si le mari invite la femme dans son lit, qu’elle vienne, même si elle et aux fourneaux » (rapporté par at-Thirmidhî).

b) L’islam l’a prévenue de ne pas refuser sans raison, car si ce dernier passe la nuit mécontent d’elle, alors qu’il a un excès de désir sexuel, il sera peut-être poussé à commettre un péché, ou à y penser, ou au moins, à s’énerver et à se quereller avec elle : « Si le mari invite la femme dans son lit, qu’elle refuse de venir et qu’il passe la nuit mécontent d’elle, les anges la maudissent jusqu’au matin » (unanimité sur le hadith).

Ceci au cas où elle n’a pas d’excuse valable comme la maladie, la fatigue, ou un empêchement légal ou autre chose. (…) Qyas ibn Talq rapporte, d’après son père, que le messager d’Allah a dit : « La femme ne doit pas se refuser à son mari même si elle est sur le dos de sa monture (dit à deux reprises) ». »

La jurisprudence chaféite donne un certain nombre de précisions relatives à la vie de couple, qui confirment la contrainte sexuelle qui pèse sur les femmes :

Section m5.1 « Il est obligatoire pour la femme d’accepter immédiatement d’avoir des relations sexuelles avec son mari quand :
(a) celui-ci lui demande ;
(b) qu’ils sont à la maison (« maison » signifiant l’endroit où l’homme réside présentement, même s’il est loué);
(c) et que la femme peut physiquement l’endurer. »

Section m5.2 « Le mari devrait faire l’amour à sa femme tous les 4 jours, comme il est équitable puisque l’homme peut avoir jusqu’à 4 femmes, et le mari devrait attendre cette durée pour le faire, bien que qu’il puisse faire l’amour plus ou moins selon les besoins de sa femme afin que celle-ci puisse rester chaste et ne soit plus en demande, puisqu’il est obligatoire pour le mari de permettre à sa femme de rester chaste. »

Section m5.3 « La première fois où ils dorment ensemble, il est recommandé à l’homme d’empoigner la chevelure de sa femme et de supplier Allah pour qu’il augmente ses bienfaits (baraka) (comme en disant « Puisse Allah bénir chacun de nous comme partenaire »). »

Section m5.4 « Le mari possède tous les droits pour jouir de la personne de sa femme (des pieds à la tête, la sodomie étant toutefois absolument contraire à la loi) dès lors que ce qu’il fait ne la blesse pas physiquement. Il est autorisé à l’emmener avec lui quand il voyage. »

Section m10.5 « Un mari avec plusieurs épouses n’est pas obligé de passer toutes ses nuits avec elles à tour de rôle mais peut s’éloigner d’elles sans péché. (…). À chaque fois qu’il passe la nuit avec une de ses femmes, il doit passer une nuit avec chacune des autres, leur donnant à toutes un temps égal (…) Lorsqu’il passe la nuit avec une femme, le mari n’est pas obligé d’avoir des rapports sexuels, bien qu’il soit recommandé d’avoir des rapports sexuels (et de partager tous les plaisirs du mariage) avec toutes les femmes sur une base égale. »

Section m10.7 « Il est autorisé qu’une des femmes donne son tour à une autre femme, si le mari est d’accord. Si une de femmes passe son tour, le mari peut alors choisir qui il veut. Si la femme décide ensuite de reprendre son tour, elle reprend sa place dans l’ordre initial. »

La Libye : porte ouverte d’émigration africaine vers l’Europe

Le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011 a été décidé en dépit du risque tout à fait connu de rupture de la digue protectrice que représentait la Libye en matière d’émigration en Europe, ainsi que cela a été rappelé dans une conférence de presse tenue en mars 2011, quelques semaines avant la chute du régime libyen :

Kadhafi mars 2011Kadhafi mars 2011

 

Recep Tayyip Erdogan et l’islamisation

Recep Tayyip Erdogan, actuel (2015) président de la République turque, favorable à la réislamisation de la Turquie, déclarait en février 2008 lors de son voyage en Allemagne, que l’assimilation de la culture de la communauté musulmane turque d’Allemagne (plus de 2 millions de personnes) à la culture occidentale était un « crime contre l’humanité ».

Ce type de jugement n’est-il pas cohérent avec la volonté de ne pas aider l’Europe à lutter contre le terrorisme musulman comme en témoignait le juge Trévidic en octobre 2014 puisque celui-ci rappelait l’absence de coopération de la Turquie sur ce sujet en 15 ans (2000-2014) ?

Trevidic octobre 2015

Turquie Trevidic octobre 2014

Recep Tayyip Erdogan semble beaucoup plus préoccupé par son obsession d’unité du territoire turc, conduisant à l’indifférence ou au mépris de certains populations comme les arméniens, dont le génocide pourtant avéré et tout à fait reconnu au niveau international est encore aujourd’hui nié par la Turquie, ou les kurdes, empêchés pendant longtemps de porter assistance à leurs frères de Syrie pourchassés par l’État islamique.

Mustapha Kemal & L’islam

Pour Mustapha Kemal, fondateur de la Turquie moderne, l’islam est un obstacle au progrès.

Mustapha Kemal

L’histoire retient de nombreux propos développant ce thème, parmi lesquels :

–  « Depuis plus de cinq cents ans, […] les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la Constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’islam, cette théologie absurde d’un Bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies. »

–  « Vous venez me parler des avantages que nous a valu notre conversion à l’Islam, et moi je vous dis : regardez ce qu’elle nous a coûté ! »

–  « La République turque ne veut pas demeurer le pays des cheiks et des derviches, des confraternités et des couvents. Comme ordre, il n’y en a qu’un seul de vrai et de raisonnable — celui de la civilisation. »

La « persécution » des musulmans à La Mecque : un pieux et immense mensonge

Certaines biographies contemporaines de Mahomet et la plupart des commentateurs musulmans font état d’« horribles persécutions » commises dès l’époque de La Mecque à l’égard des musulmans pour mettre en avant les qualités de Mahomet dans une telle situation et surtout ensuite la légitimité à se défendre par l’épée, si nécessaire avec grande violence. Or, à lire la Sîra, une telle interprétation est une lecture erronée des faits par rapport aux images auxquelles certains termes renvoient dans l’imaginaire contemporain. Faisons le point.

  • L’utilisation indélicate et à dessein d’un terme tout à fait connoté et trompeur

Que sous-entend le terme « persécution » ? La « persécution » est un « traitement injuste et cruel infligé avec acharnement » (Le Petit Robert).

En outre, il y a un oppresseur (ou plusieurs), de nombreuses victimes et un terrible châtiment pour elles (prison, sévices corporels, déplacement de population, exécutions, travaux forcés,…). Par exemple, quand les Romains ont persécuté les chrétiens, il les crucifiaient par milliers (comme sur la voie Appia) et leur infligeaient ainsi des souffrances atroces qui s’achevaient avec leur mort.

S’agit-il de cela lorsqu’on parle de Mahomet de ses partisans ? On en est très loin.

  • Qu’a essayé de faire Mahomet à La Mecque ? Par sa prédication, Mahomet a en réalité « harcelé » les Quraychites

L’organisation de l’Arabie du VIIème siècle était structurée autour de tribus farouchement indépendantes qui concluaient entre elles au gré des circonstances des pactes d’alliance. Ces tribus polythéistes vénéraient des dieux ou des idoles et le centre religieux principal était à La Mecque : y était notamment vénéré le dieu Hubal, dieu de la Lune, dieu le plus important de La Mecque.

Mahomet, en prêchant une nouvelle religion, monothéiste, se proposait de casser l’organisation tribale, sociale et religieuse traditionnelle des tribus Quraychites, ce qu’elle ne pouvait voir que d’un mauvais œil ; et ce d’autant plus que Mahomet prétendait en même temps en devenir le chef puisqu’il fallait lui obéir.

Aussi, pourquoi croire cet individu qui se prétendait inspiré par Dieu plutôt qu’un autre illuminé, d’autant qu’il a toujours refusé de donner des signes de son élection par la réalisation de miracles ? Il n’y avait en effet aucune raison. Seule la sagesse de la religion qu’il prêchait aurait dû lui permettre de conquérir les cœurs : de ce point de vue-là, Mahomet a complètement échoué à La Mecque au regard de ses ambitions au terme d’une prédication de 12 ans (610-622).

  • Quelle a été la réaction première des Quraychites ? De supporter les insultes de Mahomet et de proposer une conciliation !

Par un curieux renversement des faits, certains prétendent que ce sont les Quraychites qui ont harcelé, dénigré et insulté Mahomet, alors que c’est exactement l’inverse qui s’est produit au départ. Cela se comprend très bien puisque Mahomet a cherché à imposer sa nouvelle religion en décrédibilisant, insultant les anciennes coutumes et religions.

La Sîra est très claire sur le sujet : « Ils [ndlr les Quraychites] envoyèrent lui [ndlr Mahomet] dirent : « Les notables de ton peuple se sont réunis en vue de parler avec toi ; viens donc à eux. » L’envoyé d’Allah vint à eux rapidement pensant qu’ils avaient formé une opinion concernant ce qu’il leur avait dit ; en effet, ils tenaient absolument à leur bonheur, à ce qu’ils suivraient le droit chemin, et leur égarement lui faisait de la peine. Il s’assit avec eux. Alors ils lui dirent : « Ô Muhammad ! Nous t’avons envoyé chercher afin de parler avec toi. Par Dieu, nous ne connaissons pas quelqu’un qui avait introduit dans son peuple quelque chose de pareil à ce que tu viens d’introduire dans ton peuple ; tu as insulté les ancêtres, dénigré la religion, injurié les dieux, traité nos croyances de stupides, mis la discorde dans notre société, et il ne reste aucun mal que tu n’avais pas apporté entre nous et toi. Si, par cette affaire, tu veux obtenir de l’argent, nous amasserons pour toi de notre argent de quoi te rendre le plus riche parmi nous. Si par elle tu aspires à l’honneur parmi nous, nous te ferons notre seigneur. Si par-là tu veux devenir un roi, nous te ferons notre roi. Si celui qui vient à toi est un djinn que tu vois s’emparer de toi – ils appelaient le djinn – compagnon (ra’iyy), ce qui est probable, nous dépenserons de notre argent les frais du médecin jusqu’à ce que tu en sois guéri ; ou nous serons dégagés de tout reproche au sujet de ce que nous ferons avec toi. »

Donc, il s’avère que :

–  Les Quraychites ont été insultés par Mahomet au travers du dénigrement de leur religion, de l’accusation de stupidité, etc. ;

–  L’attitude de Mahomet constituait pour eux un affront inouï jamais vu de mémoire d’homme dans cette société tribale, qui aurait dû entraîner la mort immédiate de l’agresseur Mahomet ;

–  En dépit de la violence inouïe de cet affront, les Quraychites ont fait preuve d’une grande clémence et patience (pendant plusieurs années) compte tenu de l’appartenance de Mahomet à un des clans les plus respectés de La Mecque et ont essayé de trouver un terrain d’entente, jusqu’à lui proposer de devenir très riche et même de devenir leur seigneur, dès lors qu’il ne persistait pas à remettre en cause l’organisation sociale et tribale traditionnelle ;

–  Les Quraychites ont pu naturellement penser que Mahomet était probablement atteint de folie par l’entremise d’un djinn et se sont proposés de le soigner ;

–  Mahomet a refusé la conciliation qui lui était proposée et n’a pas réussi à les convaincre par la seule force de son discours (ou des signes quelconques).

En conséquence de quoi, on voit que les Quraychites étaient dans une situation de légitime défense vis-à-vis de l’agresseur, Mahomet, et étaient parfaitement légitimes à en finir avec lui.

  • Les Quraychites se défendent contre Mahomet et ses partisans

Les Quraychites auraient pu facilement s’en prendre à Mahomet, le responsable de l’agression, mais ils ne l’ont pas fait compte tenu des liens qu’il avait avec les clans respectés de La Mecque. Mahomet ne semble pas avoir lui-même été inquiété pendant au moins les 10 premières années de sa prédication à La Mecque, qui en a compté 12 ; il était certes raillé et moqué, mais il n’avait pas à craindre pour sa sécurité physique (cf article ).

Aussi les Quraychites se sont-ils défendus en luttant contre les quelques partisans de Mahomet pour faire pression sur eux et les amener à renier cette nouvelle religion. Évidemment, à l’époque on « faisait pression » de façon un peu moins policée qu’aujourd’hui : les mœurs étaient plus brutales. La violence faisait partie des mœurs tribales de l’Arabie. Les différends entre tribus et les razzias étaient fréquents. Rappelons aussi qu’il arrivait assez souvent que les filles soient enterrées vivantes à la naissance comme le rappelle le Coran. Les mœurs de l’époque n’étaient pas particulièrement douces ! « Lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde l’envahit. Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la terre ? Combien est détestable leur jugement ! » (Coran, sourate 16, verset 58)

Le traitement infligé par les Quraychites à certains de ceux qui avaient embrassé l’islam et qui étaient les plus faibles (c’est-à-dire n’étaient pas sous la protection d’une tribu suffisamment puissante) pouvait être dur, sans pour autant être irréversible puisque l’objectif était de leur faire renier leur religion et pas de les tuer.

Une section de 4 pages de la Sîra est notamment consacrée aux pressions faites par les Quraychites sur les partisans de Mahomet et intitulée : « La persécution infligée par les polythéistes aux faibles qui ont embrassé l’islam ». Il s’agissait essentiellement de faire pression, notamment sur les plus faibles, pour les faire revenir à leurs anciennes croyances, par des coups, la privation de nourriture et d’eau, ou l’exposition au soleil. L’objectif était de les amener à renier leur conversion à l’islam, notamment en les faisant jurer par leurs anciennes idoles comme al-Zat et al-Uzza, ou en les obligeant à dire qu’un scarabée qui passait était leur dieu pour déconsidérer la croyance en l’islam.

La Sîra mentionne deux cas individuels : celui de Bîlal (un esclave, donc sans droit, dont le sort n’est donc pas représentatif – au demeurant, Abû Bakr le sortit des griffes des Quraychites en l’échangeant simplement contre un esclave noir plus fort et plus résistant que lui –) et celui d’Ammar ibn Yâsir.

La Sîra indique qu’Ammar ibn Yâsir, son père et sa mère étaient harcelés par les Banû Makhzûm qui les exposaient sur le sable brûlant de La Mecque. La mère mourut : la Sîra indique que la mère fut tuée, sans autre précision, mais, compte tenu des circonstances, il semble vraisemblable qu’elle mourut de son exposition prolongée au soleil. Il est intéressant de noter que Mahomet connaissait la situation de cette famille mais ne rechercha pas particulièrement à les protéger. La Sîra indique en effet que lorsque Mahomet passait à côté d’eux alors qu’ils étaient exposés, il leur disait : « Patience, famille Yâsir ! Le paradis vous est promis. »

La mort de la mère d’Ammar semble un cas isolé. Les Quraychites ne cherchaient pas à provoquer des violences graves et handicapantes, voire la mort, mais à obtenir l’apostasie des partisans de Mahomet, vraisemblablement pour déconsidérer encore plus la nouvelle religion qu’il prétendait leur imposer.

Il ne faut donc pas nier l’hostilité déclenchée, mais à juste titre, par Mahomet chez les Quraychites et certaines violences qu’ont pu connaître certains partisans de Mahomet, en particulier les plus faibles et ceux qui n’étaient pas affiliés à un clan suffisamment fort. Mais il était légitime que les Quraychites se défendissent contre l’agression qu’ils subissaient.

En outre, on peut penser que la Sîra, rédigée par un musulman du point de vue des musulmans, aurait certainement développé la description des persécutions commises sur les musulmans si leur ampleur l’avait justifié. Si les musulmans avaient par exemple subi un massacre de l’ampleur de celui, mentionné par la Sîra, des 20.000 chrétiens massacrés à Najrân (sud de la péninsule arabique) par les juifs conduits par Dû Nawas, il est probable que la Sîra n’aurait pas manqué de longuement le relater. Or rien de tel.

D’ailleurs, notons que Mahomet, ne pouvant pas placer sous la protection de son clan tous ses partisans, conseilla aux plus faibles et qui ne bénéficiaient pas de protection particulière d’émigrer en Éthiopie auprès du roi chrétien, le Négus, ce que fit un groupe de 83 musulmans. 33 revinrent d’ailleurs à La Mecque après quelque temps : si les partisans de Mahomet étaient réellement persécutés et craignaient vraiment pour leur vie, seraient-ils revenus ? Et Mahomet lui-même n’a jamais été violenté.

  • La fuite à Médine (l’hégire, 622)

Au bout de douze années, il est assez normal que les Quraychites en aient eu un peu assez et aient fini par se dire que cet individu, Mahomet, pouvait peut-être devenir finalement un réel danger politique pour eux avec ses prétentions à les commander (la religion n’ayant finalement pas grand-chose à faire dans l’histoire). Qu’ils aient songé au bout du compte à s’en débarrasser physiquement, c’est fort possible et même assez normal. D’autant que dans l’Arabie tribale du VIIème siècle, cela ne soulevait pas de grandes questions morales vu les mœurs de l’époque. Mais si Mahomet avait été aussi en danger que cela, nul doute qu’il aurait fui bien plus tôt et surtout sans faire partir fuir tous ses partisans avant de fuir lui-même.

  • Mahomet a été chassé injustement de La Mecque

Cet argument qui revient ad libitum dans la littérature musulmane (y compris dans le Coran), ne correspond donc pas à ce qu’on lit dans la Sîra. C’est un mensonge nécessaire à la justification du jihad.

Mahomet n’a pas été chassé : Mahomet a poussé à bout la patience des Quraychites en continuant à prêcher sa religion alors que celle-ci était infructueuse après 12 ans de prêche. Son entêtement l’a alors effectivement probablement mis en danger et il a donc décidé de fuir La Mecque pour s’établir à Médine.

Si Mahomet ne s’était pas entêté à vouloir imposer sa nouvelle religion aux Quraychites, en changeant au passage toute l’organisation tribale des tribus de La Mecque par ce nouveau rapport de pouvoir politique et religieux, il aurait pu continuer à vivre à La Mecque sans craindre aucunement pour sa vie : il n’a donc pas été « chassé » de La Mecque : il n’y a aucune injustice dans ce départ contrairement à ce que laisse entendre la littérature musulmane.

Cette situation est semblable à celle d’un fils qui vous dirait tous les jours pendant des années que vous devez changer vos croyances, votre mode de vie, que vous devez maintenant lui obéir parce qu’il a eu une illumination divine : n’y a-t-il pas un moment où vous perdriez patience ? Ne seriez-vous pas tenté, devenu excédé, par une bonne gifle pour lui remettre les idées en place ou de lui dire d’aller vivre aux crochets de quelqu’un d’autre s’il n’est pas content ? Et si votre fils dans cette situation décidait de prendre la poudre d’escampette, diriez-vous que vous l’avez « chassé » et qu’il est une victime ? Quand quelqu’un, de son propre fait, se met dans cette sorte de situation qui le conduit un jour au l’autre à partir de lui-même, est-il « chassé » (ou « banni ») ?

Ou imaginez que toutes les semaines pendant 12 ans vous ayez un témoin de Jéhovah qui vienne à votre porte vous expliquer que vous devez vous convertir à la religion qu’il prêche et que vous allez devoir lui obéir : comment réagiriez-vous ?

  • Conclusion

Il n’y a donc eu :

–  ni traitement injuste, puisque la légitime défense des Quraychites est avérée ;

–  ni traitement cruel, puisqu’il n’y avait pas de cruauté en tant que telle mais seulement des pressions physiques pour faire apostasier ;

–  ni acharnement, les pressions sur les convertis cessant dès le retour à la religion antérieure.

Aussi, le terme de « persécution », tout à fait inapproprié, devrait être remplacé par celui de « harcèlement » moral et physique, et notamment s’agissant de Mahomet de « harcèlement moral » car les Quraychites n’ont pas manqué de critiquer vigoureusement ses prétentions et sa « mission », voire de le tourner en ridicule, lui qui se croyait envoyé par Dieu (jusqu’à penser qu’il fallait le faire soigner).

  • Comment réagir face au révisionnisme musulman ?

La première chose à faire pour se faire votre propre idée est d’aller lire vous-même la biographie authentique de Mahomet. Le texte me semble clair sur l’étendue et la nature du harcèlement (justifié) subi par Mahomet et ses partisans. Cela vous permettra de vous constituer un argumentaire étayé et solide.

Malheureusement, cette question de la légitime défense originelle étant absolument cruciale pour l’islam – au risque de l’effondrement –, le débat rationnel et critique est généralement impossible, sauf avec quelques esprits éclairés et rares qui ne renient pas les faits et acceptent de « tourner la page » pour tenter de dégager de l’islam des messages de spiritualité non-violente pour la suite des temps (cf. article révisionnisme).

Aussi, si vous rencontrez des musulmans qui soutiennent cette théorie des horribles persécutions, inutile de discuter : demandez-leur les références précises des textes qui les décrivent dans la biographie de Mahomet (et n’oubliez pas de me les communiquer !). Peut-être cette lecture doit-elle être remise en cause, mais je ne vois pas sur quelle base.

Mauritanie : condamnation à mort pour apostasie après blasphème

Mauritanie : un homme condamné à mort pour blasphème envers l’Islam

Le Parisien | 25 Déc. 2014, 19h36

http://www.leparisien.fr/international/mauritanie-un-homme-condamne-a-mort-pour-blaspheme-envers-l-islam-25-12-2014-4400049.php

Cela faisait presque trente ans que cela n’était pas arrivé. La première condamnation à mort pour apostasie de l’histoire de la Mauritanie depuis son indépendance en 1960 a été prononcée mercredi soir à Nouadhibou (nord-ouest) à l’encontre d’un Mauritanien, musulman, inculpé après un écrit considéré comme blasphématoire.

L’accusé, Mohamed Cheikh Ould Mohamed, détenu depuis le 2 janvier, avait plaidé non coupable mardi à l’ouverture de son procès, le premier du genre dans ce pays de près de 4 millions d’habitants.

La Mauritanie est une République islamique où la charia (loi islamique) est en vigueur mais dont les sentences extrêmes comme les peines de mort et de flagellations ne sont plus appliquées depuis environ trois décennies.

Ces dernières années, d’après des constatations et des médias locaux, plusieurs accusés, jugés notamment pour assassinat ou faits de terrorisme, ont été condamnés à la peine de mort dans le pays, où cette décision a été exécutée pour la dernière fois en 1987, selon Amnesty International.

Le procès de Mohamed Cheikh Ould Mohamed – également identifié par certains médias locaux comme Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir – s’était ouvert mardi devant la Cour criminelle de Nouadhibou, à environ 480 km au nord de Nouakchott, la capitale.

Lorsque la Cour l’a déclaré coupable d’apostasie et condamné à mort tard mercredi soir, le prévenu, proche de la trentaine, s’est évanoui. Il a été ranimé puis reconduit en prison, a affirmé une source judiciaire contactée depuis Nouakchott. L’apostasie en islam est le rejet de la religion islamique par un musulman, par le fait de renier sa foi publiquement, insulter Dieu ou les prophètes de l’islam, professer des dogmes hétérodoxes.

A l’audience inaugurale, un juge avait rappelé à l’accusé qu’il a été inculpé d’apostasie « pour avoir parlé avec légèreté du prophète Mahomet » dans un article publié brièvement sur des sites internet mauritaniens et dans lequel il contestait des décisions prises par le prophète Mahomet et ses compagnons durant les guerres saintes, selon la même source judiciaire.

« un ordre social inique hérité»


Dans son article controversé, le jeune homme accusait la société mauritanienne de perpétuer un « ordre social inique hérité » de cette époque. Des organisations islamiques locales soutiennent que c’est la première fois qu’un texte critique de l’islam et du prophète est publié en Mauritanie.

L’énoncé du verdict a été suivi de bruyantes scènes de joie dans la salle d’audience du tribunal et à travers la ville de Nouadhibou avec des rassemblements ponctués de concerts de klaxon d’habitants à moto ou en voiture, a ajouté cette source ayant requis l’anonymat. Aucune indication n’était disponible dans l’immédiat sur un éventuel recours. « C’est l’affaire d’un criminel qui a reçu le sort qu’il mérite », a même estimé jeudi à Nouakchott Jemil Ould Mansour, président du parti islamiste modéré Tewassoul, première force de l’opposition parlementaire en Mauritanie.

Le repentir de l’accusé n’a pas fait changer d’avis la cour

Devant la cour, Mohamed Cheikh Ould Mohamed avait expliqué que « son intention n’était pas de porter atteinte au prophète, (…) mais de défendre une couche de la population mal considérée et maltraitée, les forgerons », les « maalemines », dont il est issu, a encore indiqué la source judiciaire.

D’après ses propos rapportés par la même source, l’accusé a affirmé devant la cour : « Si on peut comprendre (à travers mon texte) ce pour quoi je suis inculpé, je le nie complètement et m’en repens ouvertement. » Mercredi soir, les deux avocats commis d’office pour la défense ont insisté sur son repentir et estimé que cela devrait être pris en compte en sa faveur.

Plus tôt dans la journée, le procureur de la République de Nouadhibou avait requis la peine de mort à son encontre. Une demande suivie par la cour, soulignant que le prévenu tombait sous le coup d’un article du code pénal mauritanien prévoyant la peine de mort pour « tout musulman, homme ou femme, ayant renoncé à l’islam, explicitement ou à travers des actes ou paroles en tenant lieu », d’après la source judiciaire.

En février, l’avocat Mohameden Ould Icheddou, qui avait été sollicité par la famille de l’accusé, avait annoncé qu’il renonçait à le défendre après des manifestations hostiles contre le prévenu ainsi que lui-même et ses proches.

 Plusieurs manifestations de colère avaient eu lieu à Nouadhibou et à Nouakchott, certains protestataires allant jusqu’à réclamer la mise à mort du jeune homme, qualifié de « blasphémateur ».

Le 10 janvier 2014, des milliers de manifestants avaient convergé vers le palais présidentiel, où le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz les avait exhortés au calme en promettant de « prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre l’islam et son prophète ».

« La justice s’est saisie de cette affaire et elle fera son travail mais soyez certains que l’islam est au-dessus de tout, de la démocratie et de la liberté », avait-il déclaré.