Le jihad « intérieur »

Les partisans de cette thèse à vocation rassurante consistant à limiter le jihad à l' »effort intérieur » remontent notamment à la racine de jihad est JHD qui exprime l’idée « d’effort vers », dans le chemin de la foi et de combat du mal, pour tenter de démontrer que la signification première du terme jihad est celle de combat intérieur et spirituel du croyant qu’il doit mener continuellement pour rester dans la voie de Dieu.

Cette thèse est reprise dans l’article 9 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui passe sous silence le jihad armé et indique : « Contrairement à une idée répandue, le mot « Jihâd » signifie notamment la lutte et l’effort sur soi-même, en accomplissant le bien. Cette action a surtout une dimension spirituelle, consistant à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. Dans le Coran, ce mot est employé sous ses différentes formes à 33 reprises. »

Le jihad intérieur a en réalité pris une certaine consistance bien après la mort de Mahomet et la vague expansionniste musulmane des VIIème et VIIIème siècles en Europe et au Moyen Orient (qui n’avait pas grand-chose de défensif) : dans un empire musulman dont les frontières avaient commencé à se stabiliser, le développement de l’islam, qui s’exprimait auparavant essentiellement par les armes, s’est poursuivi au travers de l’exploration de voies de recherche plus spirituelles, sans pour autant rendre caduque la voie guerrière. Il fallait, d’une certaine façon, « digérer » les conquêtes.

Ainsi, petit à petit, cette notion d’intériorité s’est développée, notamment avec un grand théologien et philosophe, Ibn Qâyyim al-Jawziyyah, qui a vécu dans la première moitié du XIVème siècle et qui a conceptualisé différents types de jihad personnel ou intérieur.

Jihad : Les faits relatés par la Sîra

Le jihad (combat armé dans la voie d’Allah) étant l’exact opposé d’une religion d’amour et de paix, cette question crée une grande crispation quand elle est posée aux théologiens musulmans (du moins en Occident). Avant de voir quelles réponses ces personnes apportent, il est bon de revenir aux faits tels qu’ils sont précisément relatés par la Sîra, reconnue par tous les musulmans.

L’omniprésence de la guerre à compter de la déclaration du jihad (période médinoise de 622 à 632) pourra étonner certains lecteurs : le mieux est sans doute d’aller consulter la Sîra pour se faire soi-même une idée de la chose. De la date du début de la préparation du jihad à la conquête de La Mecque, ce qui représente 500 pages dans la Sîra complète de M. Badawî, on dénombre environ 450 pages consacrées à la description de la guerre (batailles, expéditions, alliances, traitements de captifs, répartition du butin, meurtres divers,…). La consultation de la table des matières de la Sîra conduit à identifier sur cette période plus de 25 sections relatives à la guerre (avec les mots bataille, campagne, razzia, conquête,…), ainsi que quatorze sections relatives à des meurtres. Voici à titre d’exemple deux pages du sommaire de la Sîra de M. Badawî :

Extrait Sommaire Badawi

Ce jihad peut d’ailleurs rappeler, comme on le verra dans certaines situations, les pratiques des anciens temps bibliques consistant à tuer les mâles et à s’approprier le reste (femmes, enfants, biens) en butin (cf. Deutéronome 20, 10-14). À cet égard, la Sîra indique que c’est précisément ce que signifie le verset :

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

On ne peut que recommander la lecture elle-même de la Sîra, dans la version courte (Atallah) ou in extenso (Badawî). Pour une vision synthétique quoique détaillée, vous pouvez vous reporter à l’ouvrage « L’islam de France (et d’Europe) : un message de paix ? » figurant dans la page « Objectif du site ». Voici son sommaire à titre d’illustration pour la partie de l’ouvrage consacré au jihad :

Extrait Sommaire Islam de France

Mahomet pouvait conduire lui-même le jihad et se battre sur le champ de bataille, ou bien envoyer ses troupes. La participation active de Mahomet dans certains combats ne fait aucun doute. La Sîra indique par exemple qu’un jour Mahomet rentra chez lui et donna à sa fille Fatima son épée en lui disant : « Lave le sang qui s’y trouve, ma fille. En effet, elle m’a bien servi aujourd’hui. »

On peut noter que ce jihad mené par Mahomet, caractérisé par des événements très différents (victoires, défaites, trêves), n’a pas correspondu à une extension progressive constante et linéaire de l’islam, mais semble avoir subi les aléas classiques du développement historique avec des événements favorables et défavorables.

La fatwa contre Salman Rushdie

Les fatwas sont des décisions, souvent émises à titre individuel et en général non contraignantes, émises par des experts dont la légitimité en matière de droit jurisprudentiel religieux (fiqh) est reconnue. La grande majorité des fatwas portent sur des situations privées soumises à des religieux pour obtenir un avis, un arbitrage. Les fatwas à vocation universelle sont plus rares. Les fatwas manifestent de façon générale l’intervention du religieux dans tous les domaines de la vie, ce qui est la négation même du principe de laïcité.

Certaines fatwas peuvent avoir une valeur exécutoire vis-à-vis de la communauté musulmane, en particulier en Iran où des fatwas à valeur exécutoire peuvent être rendues par l’ayatollah (chef suprême des chiites). Mais il en existe également dans le monde sunnite, même si le caractère exécutoire est parfois plus complexe à cerner (cf. en cas d’apostasie).

Dans son ouvrage, « Les versets sataniques », publié en 1988, Salman Rushdie fit référence aux 3 divinités mentionnées dans le Coran (cf. versets sataniques) pour alimenter une réflexion créatrice en matière littéraire. L’ayatollah Khomeiny émit alors la fatwa de mort suivante 1989 : « Au nom de Dieu le Tout-Puissant. Il n’y a qu’un Dieu à qui nous retournerons tous. Je veux informer tous les musulmans que l’auteur du livre intitulé « les versets sataniques », qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l’islam, au Prophète et au Coran, aussi bien que ceux qui l’ont publié ou connaissent son contenu ont été condamnés à mort. J’appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement où qu’ils se trouvent, afin que nul n’insulte les saintetés islamiques. Celui qui sera tué sur son chemin sera considéré comme un martyr. C’est la volonté de Dieu. De plus, quiconque approchera l’auteur du livre, sans avoir le pouvoir de l’exécuter, devra le traduire devant le peuple afin qu’il soit puni pour ses actions. Que Dieu vous bénisse tous. »

Quelle que soit la pertinence religieuse de cette référence au regard du projet littéraire de Salman Rushdie, on peut noter que cette fatwa, jamais abolie, demandait à tous les musulmans d’assassiner l’écrivain, cet assassinat étant récompensé par une somme de 21.500 US$.

Cat Stevens
Cat Stevens, converti à l’islam, approuve la condamnation à mort de Salman Rushdie

 Cat Stevens Yusuf Islam

En septembre 2012, cette somme a été portée à 3.300.000 US$ par l’imam Hassan Sanei et sa fondation religieuse iranienne du 15 Khordad au motif que l’écrivain a entretenu par cette publication et son absence de repentir depuis un climat général hostile à l’islam, voire une conspiration anti-islam, notamment illustré par la production de films attaquant cette religion, comme l’« innocence des musulmans ».

Mahomet : un simple messager d’Allah

Mahomet n’est pas l’auteur de l’Écriture sainte : Mahomet est un simple mortel que Dieu a désigné pour répéter sa parole. Lire le Coran c’est savoir ce que Dieu dit : Mahomet n’émet aucun avis, recommandation, ordre de son propre chef. Il n’est pas « inspiré » : Il ne fait que transmettre le message d’Allah.

Coran, sourate 5, verset 99 : « Il n’incombe au messager que de transmettre le message. (…) »

Coran, sourate 13, verset 40 : « (…) ton devoir est seulement la communication du message, et le compte final sera à Nous. »

Coran, sourate 26, versets 192 à 195 :  « Ce Coran, c’est le Seigneur des mondes qui l’a fait descendre, et l’esprit fidèle est descendu avec lui sur ton cœur, pour que tu sois au nombre des avertisseurs, en une langue arabe claire. »

Coran, sourate 42, verset 48 : « (…) tu n’es chargé que de transmettre le message. (…) »

Coran, sourate 46, verset 9 : « Dis : « Je ne suis pas un innovateur parmi les messagers ; et je ne sais pas ce que l’on fera de moi, ni de vous. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé. Je ne suis qu’un avertisseur clair ». »

Coran, sourate 53, versets 2 à 5 : « Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas été induit en erreur et il ne parle pas sous l’effet de la passion ; C’est seulement une révélation que lui a enseignée un ange redoutable, fort et doué de sagacité (…) »

Coran, sourate 62, verset 2 & 3« C’est Lui [ndlr Allah] qui a envoyé aux infidèles [ndlr polythéistes arabes] un messager des leurs qui leur communique Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, alors qu’ils étaient auparavant dans un égarement évident, ainsi qu’à d’autres parmi ceux qui ne les ont pas encore rejoints. C’est Lui le puissant, le sage. »

Soumission & Obéissance à Allah et à son messager

Les mots arabes dérivent d’une racine composée de 3 lettres, voire 4, d’une grande richesse de sens et qui peut être à l’origine de multiples significations, déjà en arabe. Ainsi, le mot « islam » a pour racine SLM de laquelle dérive de multiples sens, comme : obéissance, soumission, abandon.

Si le contexte peut apporter des précisions sur la nuance à retenir, il reste que l’obéissance est une qualité essentielle du musulman, quoiqu’en disent beaucoup d’islamologues qui tentent de valoriser l’autonomie intellectuelle du musulman dans un monde occidental où cette autonomie est acquise depuis longtemps.

Mais à qui le musulman doit-il obéir ?

  • L’obéissance due à Allah

Cette obéissance est naturellement d’abord due à Dieu.

Coran, sourate 2, verset 229 : « (…) Voilà les ordres d’Allah. Ne les transgressez donc pas. Ceux qui transgressent les ordres d’Allah sont des injustes. »

Coran, sourate 3, verset 64 : « – Dis : « Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah ». Puis, s’ils tournent le dos, dites : « Soyez témoins que nous, nous sommes soumis ». »

Coran, sourate 24, verset 51 : « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et voilà ceux qui réussissent. »

Coran, sourate 33, verset 35 : « Soumis et soumises à Allah, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, (…) : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »

Coran, sourate 33, verset 36 : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à son messager est dans un égarement évident. »

Coran, sourate 5, versets 101&102 : « Ô les croyants ! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous causeraient du mal. Si vous posez des questions à leur sujet, au moment où le Coran est révélé, elles vous seront néanmoins divulguées mais Allah effacera votre faute à ce propos. Allah pardonne et est miséricordieux. Un peuple avant vous avait posé des questions pareilles puis, devint pour cette raison mécréant. »

La récompense de cette soumission, cette obéissance complète à Allah est bien sûr la victoire dur l’ennemi : Hadith (Bukhari) : « D’après Abdallah Ibn Umar, le Prophète, lorsqu’il revenait d’expédition, prononçait à trois reprises le takbir [ndlr Allah u akbar : « Dieu est le plus grand »] et disait a dit : « Nous revenons si Dieu le veut, nous repentant, adorant, chantant ses louanges, nous prosternant devant notre Seigneur. Dieu a tenu Sa promesse, a aidé Son serviteur et mis à Lui seul en fuite les Coalisés ». »

Pour Yusuf Qaradawi : « La promesse de l’Enfer liée à toute mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »

Dans un autre contexte (les interdits), Yusuf Qaradawi rappelle : « Il n’est pas nécessaire pour le musulman de connaître en détail quel est le mal pour lequel Dieu a interdit telle chose. Il se peut que lui échappe ce qui apparaît à d’autres. Il se peut que ce mal ne soit pas découvert à telle époque et qu’il devienne apparent plus tard. Le musulman doit toujours dire : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». »

Tariq Ramadan raccroche cette soumission à une analyse philosophico-spirituelle particulièrement sophistiquée : « La reconnaissance que l’on a affaire à deux révélations [ndlr le livre révélé – le Coran –, et le livre de l’univers], qui proviennent d’un créateur unique (at-tawhid), et que celui-ci attend de nous que nous le reconnaissions, que nous ayons foi en lui et que nous essayions de rester fidèles à ses enseignements établit, par l’essence de cette approche, le contenu de l’objectif premier que nous [ndlr Tariq Ramadan] essayons d’identifier ici. Or, l’idée d’être dans une sorte de dette (dayn) de reconnaissance, de remerciement et de fidélité vis-à-vis de l’Unique est le sens étymologique et profond du concept de “din“ et qui provient de la même racine verbale. Cette dette exige d’essayer de vivre la foi en essayant de rester fidèle à la conception établie par les deux révélations concernant la vie et la mort (din), et ce en suivant la voie (ash-shari’a). Ainsi, il ne s’agit pas seulement de protéger les piliers de la foi ou le rituel mais d’établir une approche holistique qui établisse, à partir de la reconnaissance du “tawhid“, que l’élaboration éthique – dans sa totalité et à tous les niveaux, du rapport avec la nature à la pratique médicale – a pour fonction naturelle et première de rester fidèle à cette reconnaissance existentielle de dette (dayn din) et d’agir en conséquence et en cohérence. »

Il apparaît que ce sentiment de dette vis-à-vis du créateur ne se traduit pas seulement par une humble soumission dans un climat bienveillant et empli de compassion, mais aussi par une soumission imposée par la crainte inspirée par Allah.

Ainsi Malek Chebel indique : « Seul Dieu (étant le Ghafur, « celui qui est enclin au pardon ») est en mesure de pardonner les fautes à celui qui, ayant péché, accepte de s’incliner et de revenir à la raison. Ce pardon est toutefois soumis au fait que le repentant écoute de nouveau avec ferveur et assiduité les enseignements de la tradition et se comporte avec l’humilité qui sied aux repentants. Le Coran développe l’idée de la « crainte de Dieu » à travers une centaine de versets. »

  • L’obéissance due à Mahomet

Mais cette obéissance est due à un niveau quasiment égal au Prophète Mahomet, bien que celui-ci ne soit qu’un messager.

Coran, sourate 3, verset 50« (…) Craignez Allah et obéissez-moi. »

Coran, sourate 8, verset 1« Ils t’interrogent au sujet du butin. Dis : « Le butin est à Allah et à son messager. » Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à son messager, si vous êtes croyants. »

Coran, sourate 24, verset 54 : « Obéissez à Dieu ! Obéissez au Prophète ! (…) »

Hadith (Bukhari, Muslim) : « D’après Abû Hurayra, le Prophète a dit : « Quiconque m’obéit, obéit à Allah ; et quiconque me désobéit, désobéit à Allah. Quiconque obéit à l’émir, obéit à moi ; et quiconque lui désobéit, désobéit à moi ». »

Hadith (Bukhari) : « Salama a dit : « Après avoir rendu allégeance au Prophète, je me retirai à l’ombre de l’arbre. Lorsque la foule des musulmans se fut éclaircie, le Prophète me dit : – Eh bien ! Ibn al-Akwa, est-ce que tu ne me prêtes pas serment ? – Je l’ai déjà fait, ô Envoyé de Dieu, lui répondis-je. – Alors prête-moi serment encore, reprit-il. Je lui prêtai donc serment une deuxième fois. » Un des rapporteurs dit : « Je demandai à Salama quel serment il prêtèrent ce jour-là. Il me répondit : le serment de combattre jusqu’à la mort ». »

Hadith (Bukhari) : « Abû Hurayra rapporte que le Prophète a dit : « Laissez-moi tranquille tant que je vous laisse tranquilles. Ceux qui vous ont précédés ont péri à cause de leurs questions à leurs prophètes et des disputes avec eux. Lorsque je vous interdis quelque chose, abstenez-vous en ; lorsque je vous ordonne quelque chose, faites-le autant que vous le pourrez ». »

Rémi Brague rappelle que « Le hadith fonde la rigueur de l’obéissance sur le fait que résister à Mahomet c’est résister à Dieu lui-même : « Quiconque est rebelle à Muhammad est rebelle à Dieu » (Bukhari). »

Par cet impératif requérant de lui obéir, on peut penser que Mahomet s’est auto-sacralisé afin d’assurer son pouvoir politique (ce qui était bien sûr de nature à déplaire fortement aux tribus arabes de l’époque et explique leur opposition naturelle). Cette sacralisation ne s’éteint pas avec la mort du Prophète mais perdure pour la suite des temps et est à mettre en rapport avec le caractère « intouchable » de Mahomet au yeux des musulmans, dont on voit les effets dès lors que quiconque s’avise d’émettre la moindre critique à l’égard du Prophète. Mahomet est nécessairement exemplaire.

Naturellement, toute désobéissance à Allah ou à son messager a de terribles conséquences. L’Éthique rappelle par exemple : « Puis les musulmans avaient reçu au cours de la bataille de Ouhoud [ndlr Uhud] une gifle douloureuse qui leur fit perdre soixante-dix de leurs hommes valeureux et les renvoya à Médine avec l’amertume de la défaite et la réjouissance des mécréants de leur malheur. Pourquoi cela, alors que leur croyance en Dieu et leur défense de la vérité les préparaient à une victoire éclatante ? Parce qu’ils se sont querellés, se sont divisés et ont désobéi à l’ordre de Dieu et de son prophète. »

  • Conclusion : une cinquième colonne d’agents dormants en Europe ?

Cette conception de l’obéissance pose un vrai problème lorsqu’elle est s’insère, comme c’est le cas en islam, dans une culture marquée par plusieurs autres caractéristiques :

–  les notions de dar-al-islam et dar-al-harb (cf. territoires) qui maintiennent toujours en filigrane le prosélytisme d’une religion dont la vocation est de conquérir le monde, en employant les armes si nécessaire lorsque le rapport de force devient favorable.

–  l’interdiction de prendre pour allié ou ami tout non-musulman (cf. amitié), car toute amitié est déjà un début de partage et de reconnaissance de valeurs non-musulmanes. Le non-musulman ne peut avoir qu’une seule position sociale : être soumis au musulman.

–  l’absence d’autorité spirituelle dans le monde sunnite qui introduit un flou considérable sur la réalité de ce qu’est l’islam et est un instrument extrêmement puissant pour introduire de la confusion dans tous les débats sur la réelle responsabilité de la communauté musulmane au regard de la violence générée par la religion dont elle est le porte-drapeau.

Ainsi, les Occidentaux européens, tenaillés par la bonne conscience chrétienne molle qui les imprègne  – cumulée en outre parfois à leur mauvaise conscience d’anciens colonisateurs ou exterminateurs, dans une société dont les valeurs sont par ailleurs en pleine décomposition –, sont bien incapables dans leur utopie humaniste de mesurer réellement le danger qui les guette.

En France, l’« élite » semble convaincue que la laïcité revancharde viendra à bout de l’islam : funeste et dangereuse prétention.

Sans doute les Européens feraient-ils bien de réfléchir à la condition imposée aux minorités non-musulmanes dans les pays musulmans et au sort que ces minorités connaissent, même après des décennies de vie communautaire plus ou moins chaotique,  lorsque l’islam retrouve sa vigueur d’antan.

Le caractère obligatoire du jihad

Le jihad contre les non-musulmans a un caractère obligatoire pour les musulmans (les croyants), comme en attestent de nombreux versets du Coran :

Coran, sourate 2, verset 216 : « Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. »

Coran, sourate 4, verset 71 : « Ô les croyants ! Prenez vos précautions et partez en expédition par détachements ou en masse. »

Coran, sourate 4, versets 72 & 73 : « Parmi vous, il y aura certes quelqu’un qui tardera à aller au combat et qui, si un malheur vous atteint, dira : « Certes, Allah m’a fait une faveur en ce que je ne me suis pas trouvé en leur compagnie » ; et si une grâce qui vous atteint de la part d’Allah, il se mettra, certes, à dire, comme s’il n’y avait aucune affection entre vous et lui : « Quel dommage! Si j’avais été avec eux, j’aurais alors acquis un gain énorme ». »

Coran, sourate 4, verset 75 : « Et qu’avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : « Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de ta part un allié, et assigne-nous de ta part un secoureur ». »

Coran, sourate 4, verset 76 : « Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tagut. Eh bien, combattez les alliés du diable, car la ruse du diable est, certes, faible. »

Coran, sourate 4, verset 77 : « N’as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit : « Abstenez-vous de combattre, accomplissez la salat et acquittez la zakat ! » Puis lorsque le combat leur fut prescrit, voilà qu’une partie d’entre eux se mit à craindre les gens comme on craint Allah, ou même d’une crainte plus forte encore, et à dire : « Ô notre Seigneur! Pourquoi nous as-tu prescrit le combat ? Pourquoi n’as-tu pas reporté cela à un peu plus tard ? » Dis : « La jouissance d’ici-bas est éphémère, mais la vie future est meilleure pour quiconque est pieux. » Et on ne vous lésera pas fût-ce d’un brin de noyau de datte. »

Coran, sourate 4, versets 95 & 96 : « Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux – sauf ceux qui ont quelque infirmité – et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d’Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d’excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense ; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense, des grades de supériorité de sa part ainsi qu’un pardon et une miséricorde. Allah est pardonneur et miséricordieux. »

Coran, sourate 9, verset 24 : « Dis : « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu’Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d’Allah, alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers ». »

Coran, sourate 9, verset 38 : « Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous ? Lorsque l’on vous a dit : « Élancez-vous dans le sentier d’Allah » ; vous vous êtes appesantis sur la terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l’au-delà ? Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de chose, comparée à l’au-delà ! »

Coran, sourate 9, verset 39 : « Si vous ne vous lancez pas au combat, Il vous châtiera d’un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. Vous ne Lui nuirez en rien. Et Allah est omnipotent. »

Personne ne doit empêcher ou dissuader quelqu’un de partir au combat :

Coran, sourate 9, verset 156 : « Ô les croyants ! Ne soyez pas comme ces mécréants qui dirent à propos de leurs frères partis en voyage ou pour combattre : « S’ils étaient chez nous, ils ne seraient pas morts, et ils n’auraient pas été tués. » Allah en fit un sujet de regret dans leurs cœurs. C’est Allah qui donne la vie et la mort. Et Allah observe bien ce que vous faites. »

La jurisprudence chaféite indique :

Section o9.1 : « Le jihad est une obligation de la communauté. Quand un nombre suffisant de personnes le font pour parvenir au succès, ce n’est plus obligatoire pour les autres (le prophète a dit : « Celui qui fournit l’équipement au soldat du jihad a lui-même fait le jihad » et Allah a dit : « Ceux des croyants qui ne sont pas blessés et sont en retrait ne sont pas égaux à ceux qui combattent dans le chemin d’Allah avec leur propriété et leur vie. » « Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense » (sourate 4, verset 95). Si aucun de ceux concernés ne fait le jihad, alors tous ceux qui savent que le jihad est obligatoire et auraient la possibilité d’y participer sont coupables de péché. (…) »

Section p11.1 : « Dieu a dit : « Quiconque, ce jour-là, leur tourne le dos, à moins que ce soit par tactique de combat ou pour rallier un autre groupe, celui-là encourt la colère d’Allah et son refuge sera l’Enfer. » (sourate 8, verset 16). »

Jihad : la justification doctrinale par le Coran

Au terme d’une prédication infructueuse de 12 années (610-622) à La Mecque, Mahomet entra une fois installé à Médine dans une phase offensive et armée de propagation de sa religion par le jihad, combat dans le sentier/la voie d’Allah. De nombreux versets du Coran font explicitement référence à ce combat armé :

Coran, sourate 2, verset 190 : « Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne soyez pas transgresseurs. Allah n’aime pas les transgresseurs ! »

Coran, sourate 2, verset 191 :  « Tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés. La persécution des croyants est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »

Coran, sourate 2, verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion soit entièrement à Allah seul. (…) »

Coran, sourate 2, verset 216 : « Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. »

Coran, sourate 2, verset 218 : « Certes, ceux qui ont cru, ont émigré et ont combattu dans le sentier d’Allah, ceux-là espèrent la miséricorde d’Allah. Allah est celui qui pardonne, le miséricordieux. »

Coran, sourate 4, verset 84 : « Combats donc dans le sentier d’Allah. Tu n’es responsable que de toi-même. Encourage les croyants. Allah arrêtera peut-être la violence des mécréants. Allah est plus redoutable qu’eux et plus sévère en châtiment. »

Coran, sourate 4, verset 89 : « Ils [ndlr les hypocrites] aimeraient vous voir mécréants, comme ils le sont eux-mêmes, afin que vous soyez égaux ! Ne prenez pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. S’ils tournent le dos, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. (…) »

Coran, sourate 4, verset 91 : « Vous en trouverez d’autres qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu. Toutes les fois qu’on les pousse vers l’association, ils y retombent en masse. Par conséquent, s’ils ne restent pas neutres à votre égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains de vous combattre, alors saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, Nous vous avons donné autorité manifeste. »

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 8, verset 39 : « Combattez-les [ndlr les incrédules] jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. (…) »

Coran, sourate 8, verset 65 : « Ô Prophète, incite les croyants au combat. S’il se trouve parmi vous vingt endurants, ils vaincront deux cents ; et s’il s’en trouve cent, ils vaincront mille mécréants, car ce sont vraiment des gens qui ne comprennent pas. »

Coran, sourate 61, verset 4 : « Allah aime ceux qui combattent dans son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcé. »

La Tradition rapporte le propos de Mahomet : « Je suis venu avec l’épée. Le jihad est engagé jusqu’au jour où la dernière poignée des hommes de ma nation sera appelée à combattre l’antéchrist. »

La jurisprudence chaféite précise :

Section o9.0 « Jihad signifie « guerre contre les non-musulmans », et est étymologiquement dérivé du mot « mujahada » signifiant « guerre pour établir la religion ». (…) La base scripturale pour le jihad, selon le consensus des lettrés, sont des versets tels que :
(1) « Le combat vous a été prescrit » (C2/216);
(2) « Tuez-les où que vous les trouviez » (C4/89);
(3) « Combattez les associateurs sans exception » (C9/36) ; et des hadiths tels que celui relaté par Bukhari et Muslim selon lequel le prophète a dit : « Il m’a été ordonné de combattre les peuples jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager, qu’ils prient et qu’ils paient la zakat. S’ils acceptent, ils sauvent leur sang et leurs biens, à l’exception des droits que l’islam a sur eux. Et leur dernier jugement est avec Allah ». Et selon le hadith rapporté par Muslim, : « Aller le matin ou le soir pour combattre dans le chemin d’Allah est mieux que de posséder le monde entier et tout ce qu’il contient. » »

Le partage du butin

La question du partage du butin était habituelle au sein des tribus d’Arabie et pouvait conduire à rivalités et des divergences au sein des tribus. Il fallait donc que Mahomet clarifie les choses au sein de ses troupes.

Comme l’indique Malek Chebel, « Pour une religion qui se construisait à partir de maigres ressources, il était obligatoire que la question du butin et des acquis soit traitée dès le début. C’est exactement ce que fait le Coran en rappelant les éléments d’appréciation de ces gains, leur distribution et la liste des personnes prioritaires qui en bénéficient. »

La sourate du Coran n°8 portant le titre « le butin » (Al-Anfal) contient des dispositions précises sur le partage du butin :

Coran, sourate 8, verset 1 :  « Ils t’interrogent au sujet du butin. Dis : « Le butin est à Allah et à son messager. » Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à son messager, si vous êtes croyants. »

Coran, sourate 8, verset 41 : « Sachez que, de tout butin que vous avez pris, le cinquième appartient à Allah, au messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs, si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons révélé à notre serviteur, le jour où l’on discerna entre les hommes justes et les incrédules (…). »

Ces versets du Coran sont le reflet de certains événements décrits précisément par la Sîra, notamment le partage du butin de Khaybar et celui résultant de l’extermination des juifs Banû Quraydha (voir Extermination des Banû Quraydha).

Partage du butin de Khaybar : « La répartition du butin de Khaybar se fit de la façon suivante : le cinquième appartenait à Dieu ; il revenait au Prophète, à sa famille, à ses proches et servait à nourrir les orphelins, les pauvres et les épouses du Prophète. Les quatre autres cinquièmes étaient répartis entre les musulmans. Quant au butin de Fadak, il revint tout entier au Prophète, parce que Dieu avait semé la terreur dans le cœur de ses habitants, lorsqu’ils apprirent le sort réservé aux juifs de Khaybar. »

Partage du butin des Banû Quraydha : « Le Prophète fit ensuite le partage des femmes, des enfants et des biens des Banû Quraydha entre les musulmans. Avant tout partage, il prit pour lui le cinquième du butin, puis il établit les règles de la répartition : deux actions pour un cheval, une action pour son cavalier, une action pour le fantassin. Les cavaliers ayant pris part à l’extermination des Banû Quraydha étaient au nombre de trente-six. C’était le premier butin auquel s’appliquait cette règle du cinquième pour le Prophète et de la répartition par actions des quatre cinquièmes. Ce principe fut adopté par la suite pour le partage du butin après toutes les expéditions et les conquêtes. »

Le caractère licite du butin

Mahomet et ses partisans ont pratiqué dans le cadre de leurs expéditions ou de leurs guerres la coutume de la razzia qui visait à se procurer, des biens, des vivres et des femmes. Le pillage est en effet une pratique courante des musulmans avec Mahomet. Cette question est clairement abordée dans le Coran, notamment dans la sourate n°48 « La victoire » (Al-Fath) :

Coran, sourate 48, verset 15 : « Ceux qui sont restés en arrière diront, quand vous vous dirigerez vers le butin pour vous en emparer ; « Laissez-nous vous suivre ». (…) »

Coran, sourate 48, versets 18 & 19 : « Allah (…) les a récompensés par une prompte victoire ainsi que par un abondant butin. Allah est puissant et sage. »

Coran, sourate 48, versets 20 & 21 : « Allah vous a promis un abondant butin dont vous vous emparerez, et Il a hâté pour vous la victoire et détourné de vous les mains des gens, afin que tout cela soit un signe pour les croyants et qu’Il vous guide dans un droit chemin il vous a promis un autre butin que vous n’étiez pas capables de remporter et qu’Allah a embrassé en sa puissance, car Allah est omnipotent. »

La validité de l’appropriation du butin par un prophète, inhabituelle, résulte notamment des versets suivants :

Coran, sourate 8, verset 68 : « Si une prescription d’Allah n’était pas déjà intervenue, un énorme châtiment vous aurait touché à cause de la rançon que vous avez prise. »

Coran, sourate 8, verset 69 : « Mangez donc ce qui, dans le butin, est licite et bon. Craignez Allah, car Allah celui qui pardonne, le miséricordieux. »

Il est intéressant de noter que c’est à l’occasion d’une razzia qu’eut lieu la fameuse bataille de Poitiers en 732. L’émir de Cordoue Abd al-Rahman traversa les Pyrénées pour aller piller et saccager Bordeaux. Puis il se dirigea vers Tours pour y piller l’abbaye Saint-Martin dont on disait qu’elle recelait des trésors. Sur le chemin, il incendia à Poitiers l’église Saint-Hilaire. Une coalition sous la direction de Charles Martel, incluant des Alamans, des guerriers de Germanie, stoppa quelque part avant Poitiers les musulmans. L’émir fut tué dans les combats. Les raids musulmans se poursuivirent notamment dans la région de Narbonne et ce n’est qu’à la fin du VIIIème siècle que les musulmans furent définitivement repoussés au-delà des Pyrénées.

Loi & Justice

Dans le Coran, comme largement dans les anciens temps bibliques, il n’y a pas des hommes « bons » mais des hommes « justes ». Est « juste » celui qui vit conformément à Loi divine et se comporte envers ses semblables selon cette Loi. L’« injuste » (kufr/kâfir[1]) est celui qui ne tient pas compte de la Loi divine.

Coran, sourate 1, verset 6 : « Guide-nous dans le droit chemin, »

Coran, sourate 2, verset 229 : « (…) Voilà les ordres d’Allah. Ne les transgressez donc pas. Ceux qui transgressent les ordres d’Allah sont des injustes. »

[1] Les dallun étant par ailleurs les égarés en général.

Pour Rémi Brague (ouvrage « La Loi de Dieu ») : « Rien n’échappe à la loi, observe Ghazali. (…) La loi est le seul et unique fondement de l’obligation. Ce n’est que par la loi (shar’) qu’on peut savoir qu’une chose est bonne ou mauvaise. Elle seule permet de distinguer entre justice et violence. »

Pour le musulman, il convient de respecter les règles édictées par Allah et dont la transcription sur Terre est codifiée dans la chari’a. La chari’a détermine dans un endroit donné toutes les règles que doit suivre le musulman. En l’absence de hiérarchie religieuse au sein du monde sunnite, largement majoritaire, la chari’a dépend de l’autorité religieuse locale de la région considérée dans chaque pays.

Le Conseil européen des fatwas et de la recherche précise (2002) que la désobéissance conduit à l’enfer : « La promesse de l’Enfer liée à tout mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »