Islam et dissidence : pourquoi la pensée dissidente est aujourd’hui inefficace en France

Alors qu’une censure intellectuelle évidente s’est installée en France, les publications ou vidéos musulmanes dites « islamistes » (très faciles à trouver sur internet) questionnent avec acuité la nature profonde de l’islam. Ce questionnement légitime ne dépasse guère jusqu’ici le cercle étroit des « spécialistes » et on voit bien que le monde politique et médiatique ne souhaite aucunement sa diffusion à l’ensemble de la population.

Alors que certains propos– à faire se dresser les cheveux sur la tête (en particulier concernant les femmes ou les homosexuels) – d’organisations ou personnalités musulmanes sont rendus publics sans ce que cela soulève d’émotion de la part des défenseurs auto-proclamés des droits de l’homme, les critiques de l’islam bénéficient d’un traitement de faveur de la part des pourfendeurs de la mal-pensance qui manient avec art l’arme accusatrice d’« incitation à la haine raciale ou religieuse » pour couper les têtes de l’hydre de la contestation, avec l’objectif permanent de faire assimiler par la justice française la critique de l’islam à la critique des musulmans en tant que personnes, ce qui est pourtant très différent. Cette indignation sélective ne laisse pas de surprendre.

Mais la critique de toute philosophie, religion, ou idéologie – comme l’est l’islam – reste libre en France, la France résistant encore à l’instauration d’un délit de blasphème en dépit des pressions constantes exercées par certaines organisations musulmanes.

Face à l’apathie et l’inconscience d’une frange non négligeable de la population française (2 millions de Français devant « Touche pas à mon poste » tous les soirs…), les courants dissidents, plus au fait de ces questions (meilleure connaissance des textes religieux, connaissance de faits d’actualité volontairement ignorés ou minimisés par les grands médias : qu’on se souvienne de l’affaire du 1er de l’an à Cologne,…), résistent tant bien que mal à la dictature de la pensée unique, à la stigmatisation dont ils font l’objet de la part des médias et des politiques, aux multiples actions en justice qui leur sont régulièrement intentées du fait d’un discours contraire à la vulgate officielle.

Mais, face à l’hystérie unilatérale, répressive et sectaire de certaines organisations et à l’impossibilité par ailleurs de pouvoir s’exprimer librement dans les grands médias, certains courants dissidents peuvent s’emporter dans leur expression et ainsi prêter le flanc à des sanctions qui ne relèvent pas nécessairement du complot judiciaire ou d’une manœuvre politique si les attendus du jugement reflètent effectivement de façon relativement objective la nature réelle des propos. Ils tombent alors dans le piège de la révolte.

Sans connaître le fond du dossier, il est probable que ce soit le cas avec la condamnation par la justice française le mercredi 6 avril 2016 du directeur de la publication du site Riposte laïque à une amende de 8.000 euros pour provocation à la haine envers les musulmans suite à une « diatribe violente » contre les musulmans publiée en octobre dernier. Intitulé « Et si l’islam était le culte de la perversion sexuelle et morale ? », le texte avait été signalé au parquet par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que « sous couvert d’expliquer les faits qu’il dénonce par la supposée déviance morale de l’islam, l’auteur impute ensuite aux musulmans, de manière explicite, sans aucune réserve et sans distinction entre eux, une perversion morale et des comportements abjects ». Pour les juges, le texte procède à une « stigmatisation généralisée et systématisée des musulmans », en évoquant « leurs supposées ‘pratiques zoophiles, pédophiles, incestueuses et nécrophiles, voire démoniaques’ ». Loin de se livrer à une critique de l’islam, son auteur « s’adonne à une diatribe violente contre les musulmans, auxquels il prête des perversions inhérentes à leur seule appartenance religieuse », ont estimé les juges. Selon eux, « les propos poursuivis ont amplement excédé les limites admises à la liberté d’expression ». [Ce jugement soulevait par ailleurs une question intéressante de compétence juridique relative au lieu d’implantation du site et à la recevabilité de la plainte en France.]

Au-delà de ce cas particulier, que constate-t-on ? Il semble se constituer un décalage grandissant entre une population, qui s’exprime de façon sincère mais souvent désordonnée, sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) ainsi que sur les sites de la dissidence, et un monde politique et journalistique qui entend visiblement maintenir sa mainmise sur les médias, au mépris du premier des droits de l’homme, celui de la liberté d’opinion et d’expression.

S’ils résistent, les courants de la dissidence n’ont probablement pas encore aujourd’hui la structure nécessaire pour crever le plafond de verre de la censure et atteindre ainsi véritablement le grand public. L’émiettement et parfois la rivalité de ces courants portés par des personnalités fortes mais souvent farouchement indépendantes est un frein puissant qui les empêche d’atteindre la masse critique nécessaire pour leur permettre de franchir les obstacles qu’on dresse face à eux. Et l’expression dissidente devient parfois un but en soi, une psychanalyse individuelle ou collective, dénuée de tout impact politique ; elle rate son objectif.

Or l’outrance, la révolte, la polémique stérile, écartent de l’objectif qui doit rester l’analyse des faits et la critique documentaire qui, sur le long terme, sont des méthodes beaucoup plus sûres pour faire tomber le mur de la stigmatisation politique et permettre d’approcher la vérité.

S’agissant de l’islam, le discours dissident semble souffrir d’une affectivité et d’une émotivité qui restreignent sa lucidité et l’empêchent de bien séparer la question de la religion musulmane de la question des personnes en tant que telles. Nombre de musulmans sont musulmans parce que tout simplement nés dans la culture musulmane, sans avoir nécessairement fait le moindre choix conscient ou formulé le moindre engagement personnel. Or il est aisé de constater que la grande majorité des musulmans d’Europe n’a qu’une connaissance rudimentaire de l’islam. Ceux-ci sont les porteurs et les défenseurs naturels d’une religion dont ils ignorent très souvent les textes sacrés. Mais en l’absence d’une riche histoire philosophique, littéraire, scientifique, artistique, etc., depuis des siècles, leur identité s’est construite sur l’islam qui a ainsi acquis un rôle de structurant identitaire, alors que la religion a perdu pour l’essentiel ce rôle dans les pays occidentaux. Mettre en cause l’islam, simplement en le critiquant, est ainsi ressenti, à tort, comme une attaque mettant en cause la personne.

Avant d’aborder les questions tribales, sociologiques, géopolitiques, militaires, etc., de la question musulmane, il est donc absolument essentiel de traiter la question centrale de l’islam en tant que religion, en la déconnectant de tout aspect personnel. Car c’est bien l’islam en tant qu’idéologie religieuse qu’il faut décortiquer pour sortir de la confusion extrême où nous sommes plongés et qui autorise tous les discours, jusqu’aux plus absurdes et aux dénis de réalité les plus évidents. Car le constat est d’une simplicité biblique :

L’ISLAM TUE : IL FAUT COMPRENDRE POURQUOI.

La première tâche de la pensée dissidente, dont la vocation naturelle est de sortir des sentiers battus, est d’expliquer inlassablement en quoi consiste l’islam, quelle est sa doctrine authentique : pas à partir des opinions des uns ou des autres, qui parfois abusent de l’argument d’autorité et de leur suffisance pour imposer leur point de vue, mais à partir des textes sacrés musulmans eux-mêmes – que tous les musulmans reconnaissent – puisque tout le monde peut les lire en français et que cette lecture ne demande pas en réalité de compétences très pointues. Car il faut combattre farouchement l’idée que le sens des textes religieux musulmans ne serait accessible qu’à des érudits. La lecture du Coran, de la biographie de Mahomet et des hadiths est vraiment tout à fait abordable (même si elle est un peu austère) dans la mesure où la complexité de la pensée spirituelle est très faible (au profit de règles à respecter) : essayez, et vous verrez !

Malheureusement, beaucoup refusent de faire l’effort de se documenter et s’arrêtent à des jugements hâtifs et des oppositions irrationnelles et viscérales qui sont nécessairement perçues de façon négative et rejetées par des opposants dont les avis contraires sont tout aussi irrationnels et viscéraux ! Pour déconstruire rationnellement un discours, ou au contraire en montrer le bien-fondé, il faut d’abord connaître les textes fondamentaux qui le sous-tendent : certains ne se sont-ils pas mordus les doigts de n’avoir pas fait cet effort dans la première moitié du XXème siècle ?

La lecture des textes sacrés musulmans est la seule façon de se faire une idée juste et précise de ce qu’a été la véritable vie de Mahomet (et pas celle fantasmée par de nombreux biographes partisans) ainsi que sa pratique de la religion, et de dépasser ainsi le niveau actuel lamentable de la propagande et des dénis de réalité dont nous sommes abreuvés.

Cette connaissance est la condition sine qua non autorisant de demander à chacun de se positionner clairement et en conscience sur un choix de valeurs et de modèle de société (place de la femme, égalité des communautés humaines, liberté religieuse, laïcité, etc.) pour déterminer si, oui ou non, nous partageons les mêmes valeurs humaines et avons vocation, ou non, à vivre ensemble.

Libye et victimisation : une mise au point intéressante sur les errements français

L’excellente émission « Arrêt sur images » nous a gratifié fin mars 2016 d’un échange intéressant et plein de bon sens à propos des errements français en Libye et de l’instrumentalisation médiatico-politique de la victimisation.

ASI 160331 Libye et victimisation

ASI 160331 Libye et victimisation

Lutter contre la « radicalisation islamiste » : un leurre bien occidental ?

Alors que l’ « Instance de dialogue » mise en place par le gouvernement avec les représentants de l’islam de France constatait en tout début de semaine dernière (21 mars) sa très grande difficulté à lutter efficacement contre la radicalisation chez les jeunes musulmans français, les attentats de Bruxelles ont été tout au long de la semaine de nouveau l’occasion d’un déferlement de généralités dans les médias, laissant de côté la doctrine, l’émission « Des Paroles et Des Actes » s’étant illustrée dans ce domaine avec une conclusion assez insipide et surtout inutile d’un psychiatre, car c’était, encore une fois, replacer la problématique de la radicalisation sur le seul terrain de la psychologie/psychiatrie. Malheureusement, la faible diversité des intervenants dans les grands médias (télévision ou radio) laisse peu de chance à l’expression des opinions non conformistes, politiquement incorrectes, mais probablement plus justes.

Il est symptomatique que les seuls motifs avancés ad libitum pour expliquer cette « radicalisation » soient tous de nature sociologique, économique, psychologique, etc., et jamais religieuse. Si des juifs, des chrétiens, des bouddhistes, des agnostiques, des athées,… souffrent aussi en France de difficultés scolaires, économiques, psychologiques, sentimentales, etc., on n’en voit pas qui sortent tuer des gens dans les rues ou commettre des attentats-suicide au nom de leur religion ou spiritualité. C’est donc bien qu’il y a une spécificité de l’islam en matière de violence.

Force est de constater que ces jeunes musulmans qui commettent ces attentats au mépris de leur vie sont loin d’être tous des « paumés » ou des personnes psychologiquement dérangées. Bien sûr, certains peuvent être instrumentalisés à partir d’un terreau fragile, mais beaucoup de situations ne semblent pas relever de ce contexte. Dans une récente émission d’« Arrêt sur images », un reportage montrait un combattant de l’État Islamique en Syrie qui faisait le choix, après concertation avec les autres membres de son groupe, de sacrifier sa vie pour déloger des ennemis d’une position jusque-là imprenable. Il était calme et le reportage le montrait ayant une conversation a priori normale avec sa femme quelques minutes avant son départ. De la même façon, la vidéo de l’État Islamique relative aux attentats du 13 novembre montre les interviews des combattants morts dans les attentats : c’est surtout leur résolution calme qui impressionne, y compris lorsqu’ils pratiquent des décapitations.

Face à cette détermination sans faille et maîtrisée, les politiques sont désemparés car beaucoup d’occidentaux ont perdu le sens du religieux. La glorification de l’athéisme et l’écroulement de la morale qu’il provoque sapent depuis bien des années le respect et la compréhension du spirituel dans l’homme. Les personnes vraiment croyantes ne sont plus vues que comme des représentants d’une espèce en voie d’extinction, des « curiosités » qu’on observe avec amusement, comme les hommes du mythe platonicien de la caverne. Aller jusqu’au bout de son engagement religieux ou spirituel serait la marque de personnes « dépassées », appartenant à une époque révolue, n’ayant rien compris puisqu’elles sont par définition en dehors de la réalité consumériste et jouissive de notre temps. À cette aune, un moine régulier qui s’enferme pour des années entre les murs d’une abbaye à prier pour un monde qu’il ne voit pas est-il plus fou qu’un combattant musulman qui veut mourir en martyr, assuré qu’il est d’être reçu au paradis ?

Poser le problème de la « radicalisation » musulmane, c’est en réalité poser le problème de l’identité profonde de l’islam. Que dit l’islam ? En réalité, la grande majorité des musulmans semble l’ignorer (comme le confirmait un reportage présenté dans l’émission de France 2 du dimanche matin consacrée à l’islam de France en février 2015 : « L’ignorance est un fléau chez les musulmans » disait une jeune musulmane interviewée).  Aussi, l’invitation pressante de l’État Islamique incitant les musulmans d’Europe (et du monde) à revenir à leurs textes authentiques, à « apprendre leur religion », n’est donc pas fortuite.

Pourquoi les réponses de l’islam de France sont-elles si faibles à ce sujet ? C’est sans doute que la lecture de la biographie originelle de Mahomet du IXème siècle (Sîra d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham), reconnue comme authentique par tous les musulmans, conduit à constater une proximité troublante entre l’islam de Mahomet, à compter de son installation à Médine, et celui de l’État Islamique. Cette biographie regorge en effet d’expéditions, de razzias, meurtres, viols, tortures, etc. dans le cadre du jihad que Mahomet a instauré contre tous les non-musulmans. Ce jihad est offensif et la légitime défense si souvent évoquée en occident apparaît bien « mythique ».

En effet, l’omniprésence de la guerre à compter de la déclaration du jihad ne fait guère de doute : de la date du début de la préparation du jihad à la conquête de La Mecque, ce qui représente 500 pages dans la Sîra traduite par Abdurrahmân Badawî (Éd. Albouraq), on dénombre environ 450 pages consacrées à la description de la guerre (batailles, expéditions, alliances, traitements de captifs, répartition du butin, meurtres divers,…). La consultation de la table des matières du second volume de cette biographie conduit à identifier sur cette période plus de vingt-cinq sections relatives à la guerre (avec les mots bataille, campagne, razzia, conquête,…), ainsi que quatorze sections relatives à des meurtres. Souvenons-nous d’ailleurs simplement que Mahomet a exterminé les juifs Banû Quraydha à Médine : entre 600 et 900 prisonniers juifs égorgés par petits groupes, « jusqu’à leur extermination totale », dit la Sîra ; et tout cela en dépit du fameux « Nulle contrainte en religion » (qui a en réalité été abrogé par Mahomet avec l’ouverture du jihad).

Cette perception n’est guère contradictoire avec la lecture du Coran, dont les versets appelant à tuer les infidèles, les pourchasser, etc., sont nombreux, de même que les multiples versets glorifiant le martyre dans le « combat dans la voie d’Allah » (le jihad), dont j’ai déjà eu l’occasion dans un autre article sur « la licéité de l’attentat-suicide » de donner de nombreux exemples sur le site d’Atlantico.

Terminons enfin par les hadiths du Prophète qui semblent également cohérents avec cet ensemble. Par exemple en ce qui concerne la lutte contre les juifs (hadith de Muslim faisant partie du recueil authentique, qu’on retrouve de façon similaire mais un peu plus courte chez Bukhari) : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’un des arbres des juifs ». »

Que Mahomet ait été historiquement un homme politique qui a usé sans scrupule de la guerre pour parvenir à ses fins ne devrait pas en soi être problématique si l’islam pouvait laisser dormir cet exemple dans les coffres de l’histoire et ne conserver de sa doctrine que les aspects pacifiques et miséricordieux (l’islam ayant déjà été bien précédé par les conceptions bouddhistes et chrétiennes qui donnent à l’amour du prochain et à la compassion une place centrale, la violence étant totalement absente du Nouveau Testament – est-il besoin de le rappeler –). Cette évolution serait profitable à tous et faciliterait grandement le vivre ensemble.

Mais vouloir faire évoluer l’islam dans ce sens, ce que certains penseurs musulmans « éclairés » réclament aujourd’hui au péril de leur vie, semble impossible sans remettre en cause l’islam dans sa totalité puisque Mahomet constitue un modèle a qui force de loi universelle pour la suite des temps, toute critique de sa personne étant d’ailleurs susceptible de constituer un délit de blasphème puni de mort dans l’islam.

Aussi, la question de la « radicalisation » n’est pas celle qui nous est présentée : c’est d’abord fondamentalement une question religieuse, et non sociologique ou psychologique ; vouloir prétendre le contraindre est une erreur de diagnostic manifeste, un véritable aveuglement. D’ailleurs, si tous les recruteurs et les recrutés de l’État Islamique étaient des gens « perdus », désemparés, la lutte serait sans doute beaucoup plus facile et leur engagement ne se prolongerait sans doute pas sur des années. La cohérence doctrinale de la vision dite « islamiste » est justement un des éléments pouvant fasciner des esprits en quête d’absolu, à la recherche d’une vraie identité spirituelle et non pas d’une religiosité confortable se rassasiant de quelques prières quotidiennes et de quelques ablutions.

Si être musulman aujourd’hui c’est continuer à suivre du mieux possible l’exemple du Prophète (ce qui est régulièrement rappelé dans toutes les conférences musulmanes qui se tiennent en France), prendre conscience de la nature de l’islam professé et pratiqué par Mahomet (telle qu’il ressort des textes musulmans authentiques eux-mêmes) semble problématique, au moins à la première lecture : on peut certes prétendre interpréter, mais la clarté de ces textes pose un vrai problème. La question devient donc : Mahomet était-il « radicalisé » ? Est-ce un exemple à suivre ?

Georges Malbrunot, dans une conférence donnée à Neuilly-sur-Seine le soir du 22 mars dernier sur le thème de l’État Islamique, à la question (deux fois formulée) sur les motifs strictement religieux conduisant les jeunes Européens à partir en Syrie, répondait : « l’islam, ce n’est pas cela [celui de l’État Islamique] », incantation pieusement formulée. Ce propos, malheureusement soutenu par aucun argumentaire doctrinal, semblait refléter un tabou impossible à lever : envisager que certains aspects de la doctrine de l’État Islamique puissent effectivement refléter le véritable islam des origines. Dans le même temps pourtant, Georges Malbrunot concédait qu’une proportion très significative (30% ou plus) des sunnites de certains pays du Golfe affichaient en leur for intérieur une certaine sympathie pour la vision doctrinale de l’islam professée par l’État Islamique.

En France, l’accès aux médias semble limité à un petit groupe d’islamologues ayant pignon sur rue médiatique et dont le discours économico-sociologico-psychologique semble tourner en boucle en dépit du peu de réponses concrètes qu’il apporte. Quant aux autres commentateurs, journalistes détenant les clefs du pouvoir médiatique, leur ignorance de la doctrine musulmane est flagrante – d’ailleurs il ne la cite jamais –, ce qui ne les empêche toutefois pas d’asséner leurs opinions avec la plus grande force. Ainsi, les questions difficiles sont évacuées, comme l’a déjà souligné à plusieurs reprises Alain Finkielkraut (mais aussi d’autres), au prétexte de ne pas favoriser la « stigmatisation » (et donc l’islamophobie).

Or la question n’est pas de stigmatiser les musulmans, qui n’ont aucune raison d’avoir à la naissance un plus mauvais fonds humain que les autres hommes. Car il faut mettre fin aux procédés condamnables de certaines officines dont l’activité principale semble consister, dans un amalgame odieux, à tenter de faire taire (et si possible condamner par la justice) toute analyse libre et critique des religions, et notamment de l’islam, au prétexte que ce sont les personnes qui sont attaquées ! Eh bien, non ! Humainement, un musulman n’a pas plus de raison d’être meilleur ou pire qu’un juif, un chrétien, un bouddhiste, un athée, un communiste, un scientologue… : donc pourquoi l’attaquer ? La question n’est vraiment pas là. La question est d’analyser de quelle façon les idéologies, les religions, peuvent transformer les hommes, jusqu’à parfois en faire des monstres, et d’essayer de comprendre dans quelle mesure ce processus de transformation a été délibéré et conscient de la part de l’individu concerné, car c’est aussi une clef essentielle dans la lutte contre ces dérives.

La première tâche est donc d’éduquer chaque personne dans sa religion et de lui faire prendre pleinement conscience des textes qui sont à la source de sa croyance. Or, s’agissant de l’islam, on peut légitimement s’interroger sur le degré de connaissance qu’ont les musulmans de leurs propres textes sacrés étant donné la puissance des dénis, des occultations ou des censures qu’on constate tous les jours dans ce domaine.

La question, qui ne doit supporter aucune entrave, est, sur la base des textes originaux, de rechercher la réalité du message, quelle qu’elle soit, même si elle est douloureuse. Or force est de reconnaître que de nombreux thèmes posent problème dans la doctrine musulmane (inégalité des communautés humaines et communautarisme, inégalité homme-femme et droit de battre sa femme, châtiments corporels, laïcité, jihad contre les infidèles, martyre au combat, etc.).

Malheureusement, en France, le politiquement correct semble difficile à dépasser, alors même que la parole peut être beaucoup plus libre dans certains pays où on s’y attendrait peut-être moins (lire par exemple l’interview du philosophe musulman libanais Ali Harb publiée le 13 mars 2016 dans le quotidien libanais « L’Orient Le Jour » intitulée : « L’islam ne peut pas être réformé ») (reforme). En matière de religion, les médias français semblent déserter le champ de la simplicité, de la raison, du simple bon sens. Et la lecture littérale, qu’on nous apprend à l’école et que tout le monde applique naturellement dans sa vie de tous les jours, semble perdre soudainement, lorsqu’il s’agit de l’islam, sa pertinence et sa vertu (sans que quiconque soit capable d’expliquer pourquoi), et être entachée d’un irrémédiable et épouvantable vice. De quoi a-t-on peur ?

BHL : un dandy irresponsable qui se prend pour un prophète ?

Si certains parlent de la folie religieuse des hommes de l’État Islamique, le passage de Bernard-Henri-Lévy sur le plateau d’On N’est Pas Couché le 13 février 2016 semble être une autre démonstration mémorable du délire auquel peuvent conduire les religions mal digérées.

BHL ONPC 160213

Visiblement, BHL résiste difficilement à la tentation de se prendre pour un prophète et à « aller au contact de la bête, dans la gueule du loup » comme Jonas, investi qu’il se sent d’une mission divine : « Être juif c’est être une espèce d’escorte silencieuse et secrète pour les autres peuples et les autres nations » ; bref, le peuple élu. Pourtant, on peut s’interroger sur la profondeur du judaïsme de ce personnage, lui qui se dit « juif laïc », déchiffrant à peine l’hébreu, n’accomplissant pas les gestes de la prière et de la consommation juive de nourriture.

BHL ONPC 160213 La responsabilite du judaisme

Au point que Léa Salamé finit par lui demander sur un ton qui n’est pas celui de la plaisanterie : « C’est Dieu qui vous a commandé d’aller en Libye ? », question à laquelle BHL répond : « C’est la conception que je me fais de moi-même (…) ».

BHL est fasciné par le récit de Jonas qu’il emporte parfois dans ses voyages : « Cette histoire est folle. Aller voir le pire des peuples pour tenter de le sauver. » Cette histoire est à la mesure de sa prétention immense : « À quoi cela servirait, franchement, d’avoir lu quelques livres, d’être un peu conscient de ça, l’esprit du judaïsme, et de son nom si on en faisait pas usage concrètement ? »

BHL ONPC 160213 Jonas

BHL ne regrette rien du chaos épouvantable créé par l’intervention en Libye. Il a jeté des dés et peu importe le résultat puisque celui-ci est dans la main de Dieu : « Le cœur des hommes est dans la main des rois et la main des rois est dans la main de Dieu ». Et Laurent Ruquier remarque avec bon sens que c’est le principe du : « On agit et on réfléchit après ».

Effectivement, BHL est fier d’être acteur de l’histoire, d’allumer la mèche qui va déclencher le mouvement de l’histoire, même si on ne sait pas où elle va, avec des accès hégéliens qui font froid dans le dos : « L’histoire s’est remise en marche. L’histoire, c’est chaotique. L’histoire, c’est des avancées et des reculs, c’est des surprises, c’est des emballements. » Des milliers de mort ? Ce n’est pas grave. C’est à ce prix que l’histoire avance. Vers quoi ? On ne sait pas bien. « Tous les peuples ont une passe possible vers la liberté, qu’il n’y a pas de région du monde qui ne soit pas destinée un jour à quelque chose qui pourrait ressembler à de la démocratie. »

Fasciné par celui qui semble être son modèle, l’anglais Disraëli, « le plus flamboyant de ces dandys », et qui avait surtout la reconnaissance du monde politique et le pouvoir, BHLBien au chaud et à son aise dans les mondanités parisiennes, ne choisit pourtant pas de prendre courageusement les armes pour assumer ses valeurs mais préfère se faire photographier bien habillé, dans une pose à dormir debout, ou plutôt à se faire tuer debout, auprès de combattants kurdes avec son éternelle chemise (ou son tee-shirt blanc) qui laisse voir une peau bien bronzée et une coiffure impeccable.

BHL Kurdes

Persuadé d’être spirituellement au-dessus du peuple vulgaire, peut-être même d’être inspiré par Dieu, BHL sombre dans un antisémitisme existentiel dont il a visiblement besoin pour « être », comme le petit enfant qui se construit contre l’autorité de son père : « Le sacre des juifs pour mieux les abattre », « L’obscure affaire du sang contaminé » assimilée à un « crime rituel », « L’affaire DSK : un complot antisémite ou peu s’en faut ». Rien ne désarçonne ce nouveau Don Quichotte, même pas le bon sens de Laurent Ruquier qui fait remarquer que l’affaire du sang contaminé n’a guère porté préjudice à la carrière de Laurent Fabius et que Dominique Strauss-Kahn a été protégé pendant des années pour les soucis que lui causaient ce qu’il avait entre les jambes.

BHL ONPC 160213 Antisemistisme

Alors, monsieur BHL, si je puis me permettre, quand on est malade de la tête, on se fait soigner. On ne joue pas aux apprentis-sorciers avec le sort des peuples et la vie de milliers de personnes quand, pour une raison encore obscure, on a tant soit peu eu l’oreille d’un plus petit que soi.

BHL et ses valeurs

Bernard-Henri Lévy ayant une aura médiatique certaine, il est intéressant de noter quelques aspects des valeurs profondes qui l’animent.

2013 (Biliothèque Médicis)

BHL Soeur 130623

BHL Soeur 130623

À propos de la conversion de sa sœur, Véronique, au christianisme : « C’est une toute petit sœur (…) tout de même majeure (…). Moi, je suis juif et très profondément juif. (…) Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’en faisant cela, elle rompt une chaîne de transmission, peut-être, elle contribue à la rompre. (…) »

2016 (On n’est pas couché)

BHL ONPC 160213 Valeurs

BHL ONPC 160213 Valeurs

Laurent Ruquier en lisant un extrait du livre de BHL : « BHL rappelle qu’il déchiffre lui-même à peine l’hébreu, qu’il n’accomplit pas les gestes de la prière et de la consommation juive de la nourriture. » Laurent Ruquier ajoute : « Vous êtes de surcroît un juif laïc, c’est bien de le rappeler ». BHL confirme.

BHL aurait-il un problème d’identité ?

Cologne et Suède : de la difficulté de nommer l’islam en politique

3 singesL’échange ayant eu lieu lors d’une émission de « 28 minutes » en janvier 2016 quelques jours après l’affaire de Cologne (mais qui revient aussi sur les événements de Suède) est une démonstration assez claire de :

  1. La difficulté à nommer l’islam comme ingrédient fondamental de ces actes abjects ;
  2. La difficulté à entreprendre une analyse fondamentale du rapport de l’islam à la femme, car jamais le texte même du Coran n’est cité (pourtant il est clair) ;
  3. La volonté politique en Europe d’étouffer autant que possible tout questionnement de fond sur cette question pour rester dans le cadre utopique d’une humanité généreuse et en raison de calculs politiques qui abaissent l’idée même de ce que peut être la vie politique.

 

28 minutes janvier 2016 Cologne

28 minutes janvier 2016 Cologne 1   28 minutes janvier 2016 Cologne 2

La censure : elle semble bien présente même sur les chaînes de télévision soit-disant indépendantes !! Belle leçon.

Une jeune journaliste se fait censurer en direct place de la République parce qu’elle ose répéter tout simplement ce que lui ont dit des familles endeuillées par les attentats du 13 novembre, « familles qui ne sentaient pas concernées par cet hommage… ».

 Censure BFMTV 160110

Censure BFMTV 160110

Peut-il y avoir un doute sur la réalité de cette censure ? Le son est très audible quoique prétexte la journaliste au siège (a-t-elle des problèmes d’audition ?), l’image bonne. La coupure intervient curieusement à un moment bien précis après un propos « dérangeant ». La vidéo a été retirée très rapidement d’internet.

Y a-t-il une autre explication qui trouverait sa justification dans la présentation complète de cette séquence ? C’est possible. Nous attendons avec impatience que BFMTV éclaircisse ce mystère.

Mein Kampf et le Coran : même combat ?

À l’heure (janvier 2016) où Mein Kampf vient de tomber dans le domaine public et où les éditions Fayard s’apprête à éditer une nouvelle traduction critique commentée, la première depuis celle de 1934, les débats vont bon train dans les médias pour savoir si cela est une bonne idée et si cela ne devrait pas être empêché, voire interdit. Pourtant, il ne fait aucun doute que l’intérêt historique de cet ouvrage pour la compréhension du phénomène nazi et de l’évolution de sa doctrine est évident.

Il ne fait également aucun doute que la teneur antisémite profonde de cet ouvrage est tout à fait détestable et qu’il ne s’agit donc ici pour les personnes impliquées dans ce projet que de faire œuvre d’historiens et non, en quelque façon que ce soit, de propagandiste.

  • Les appels aux meurtres dans le Coran

Mais il est très curieux que tous les beaux esprits qui s’effraient aujourd’hui de la réédition de cet ouvrage n’élargissent pas le débat à d’autres ouvrages qui appellent à la haine, au premier rang desquels figure le Coran, et les hadiths de Mahomet : ces ouvrages vont d’ailleurs beaucoup plus loin en appelant ouvertement à la violence et au meurtre (de non-musulmans), de façon parfaitement explicite et indiscutable. Il est trop long dans le cadre de cet article de mentionner tous les passages qui appellent à la violence ou aux meurtres des non-musulmans, tellement ils sont nombreux. En voici quelques-uns relatifs au meurtre (en mettant même de côté le cas des apostats qui méritent bien entendu la mort cf. apostasie en islam) :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les [ndlr les incrédules], où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés [1]. (…)» 

[1] Mahomet a décidé de quitter La Mecque : il n’a pas été chassé. Avec les persécutions à La Mecque (cf. persécution), c’est un mythe fondateur et fondamental de l’islam sur lequel repose toute la théorie de la légitime défense pour excuser le jihad.

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

Coran, sourate 9, verset 111 : « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) »

Hadith (Bukhari 2925) : Mahomet a dit : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : Ô adorateur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

Ainsi, le Coran et la Tradition musulmane ne choquent pas les beaux esprits parisiens alors qu’il y a plusieurs millions de musulmans en France qui reconnaissent tout à fait ces textes comme leurs et que des attentats ont lieu en France avec des dizaines de morts au nom de cette religion ! Interdire Mein Kampf et autoriser le Coran : n’y aurait-il pas deux poids, deux mesures ?

  • De la dictature de la bien-pensance

D’abord, nous touchons là certainement à la stupidité des lois et des raisonnements dont l’objectif est de bâillonner la liberté d’expression. Non pas que toutes les opinions soient défendables ou respectables, mais comme l’a rappelé avec grande intelligence l’avocat Marc Bonnant, la liberté d’expression n’a pas de limite, elle doit pouvoir aller jusqu’à l’abject car « les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit. » (cf. Bonnant)

Mais surtout, cette démarche intellectuelle se comprend tout à fait lorsque l’on se rappelle que le socialisme a toujours prétendu (comme le national-socialisme et le fascisme qui en sont issus) savoir ce qui est bon pour le peuple, quitte à le lui imposer même s’il n’est pas d’accord. Dans ce contexte, l’anéantissement la pensée individuelle petite-bourgeoise mais libre a toujours été une obsession de la dictature de la pensée de gauche. Ce n’est pas un hasard si le socialisme a un lien naturel avec la dictature.

En effet, souvenons-nous que « le socialisme est une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers au moyen d’une organisation concertée » (Le Petit Robert). Mais qui définit l’intérêt général ? Que se passe-t-il quand une classe politique investie par le peuple le trahit outrageusement, sans aucun respect, et va contre sa volonté, en refusant en outre de le consulter même lorsqu’il s’agit de la remise en cause de ses racines profondes et historiques ?

Dans le contexte de la réédition de Mein Kampf, un bon exemple est donné par l’intervention d’Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche, sur le plateau d’Arrêt sur Images le 17 décembre 2015. Ce représentant emblématique de la bien-pensance totalitaire justifie in fine, après avoir tourné autour du pot et s’être défendu d’être démangé par la tentation de la censure (pieux mensonge immédiatement avoué…), la nécessité de ré-interroger l’intérêt d’une censure qu’il souhaiterait en réalité voir s’appliquer à cette réédition.

Et quel est l’argument ? Le peuple vote mal ! En effet, Alexis Corbière semble effrayé par la masse des électeurs ayant voté pour le Front National ou Debout la France ! aux élections régionales de 2015 : magnifique aveu que l’on pourrait résumer ainsi : « Amis, vous votez mal : il faut donc que nous chargions de la sainte tâche de redresser votre conscience » !

Mein Kampf et la censure 151217

Mein Kampf et la censure 151217 1      Mein Kampf et la censure 151217 2

Verbatim : « Il doit y avoir un point de vue civique : où est l’intérêt général ? où est l’intérêt général ? Je le dis : moi, je suis pour que les historiens puissent travailler mais il est autre de chose qui est de considérer, dans la période qui vient, avec les résultats des dernières élections régionales, je le dis clairement : est-ce qu’il est neutre aujourd’hui qu’on dise : ah ben oui cela doit circuler ? Des ouvrages dans lesquels il y a des formulations d’une xénophobie et d’un antisémitisme violent et toujours actuel hélas. »

  • Conclusion

Et après on voudrait que les Français, dont on se moque sans vergogne à tour de bras, auxquels on prétend dicter ce qu’ils doivent penser, aient encore de la considération pour leur classe politique et journalistique ?

Bataclan : les services secrets français ont laissé faire…

13 novembre 2015 :

Bataclan 151113

La Carillon 151113

Rappelons-nous qu’en janvier 2015, Tariq Ramadan était intervenu pour évoquer son « questionnement » au sujet des attentats de Charlie et sur le rôle des services secrets français qui auraient « laissé faire », propos quand même ahurissant :

Tariq Ramadan Salut les terriens janvier 2015

Tariq Ramadan Complot janvier 2015

Va-t-il nous faire la surprise d’une nouvelle saillie drolatique sur les terribles attentats du 13 novembre ? Tariq Ramadan va-t-il de nouveau aller expliquer aux familles des 129 morts et de la multitude de blessés que tout cela, c’est la faute des autorités françaises ?

Suspense…

Et qu’en pensent la LICRA, le MRAP et autre officines de la bien-pensance unilatérale  ?

Lassana Bathily : un bel exemple d’instrumentalisation ?

Dans l’attente d’un compte-rendu policier officiel des faits, il apparaît que lors de la prise d’otage de l’Hyper Cacher, un jeune clandestin malien employé par le magasin eut la présence d’esprit de conduire certains des otages au sous-sol où ils se sont cachés, lui-même s’échappant par un monte-charge lui permettant de sortir du magasin et d’informer la police sur la configuration des lieux. Sans nier le courage de ce jeune malien, il est toutefois difficile d’en apprécier la portée réelle, qui semble cependant bien loin de l’acte de bravoure des militaires américains notamment qui ont réussi à mettre hors d’état de nuire un autre terroriste dans le TGV quelques mois après au péril de leur vie.

Bien entendu, ce fut pour le gouvernement une « divine surprise », car le jeune homme était musulman, occasion absolument idéale de glorifier la rhétorique de la dichotomie entre les bons musulmans et les islamistes, et d’éviter toute analyse critique un peu poussée de la question musulmane et de la responsabilité gouvernementale. Aussi ce jeune homme fut-il derechef porté aux nues par la République au cours d’une cérémonie d’une émouvante candeur. Il ne semble pas en revanche que l’otage juif Yohav Hattab, qui tenta de tuer le terroriste en saisissant une arme dans un très grand acte de courage, mais qui fut malheureusement abattu, ait connu la même médiatisation.

Au-delà de l’instrumentalisation de cet événement par le gouvernement, il est tout aussi inquiétant de visionner la restitution faite dans l’émission « Islam » de France 2 du dimanche matin diffusée en mars 2015 :

Lassana Bathily

France 2 Islam Amour & misericorde Mars 2015 Extrait

Il y est dit : « Récemment, Lassana Bathily, jeune malien musulman, et modèle de fraternité, a ému le monde entier en sauvant des vies lors d’une prise d’otages. » Et une personne interviewée dit « Tout le monde entier a salué son acte de bravoure et c’est à juste titre qu’il soit récompensé par rapport à ce qu’il a fait ».

Le reportage, au-delà de la présentation de ce jeune garçon comme un « modèle de fraternité », ce qui est peut-être un peu excessif (mais soit), élude surtout totalement et volontairement la question du terrorisme musulman : aucune référence n’est faite au fait qu’il s’agit d’un acte de terrorisme antisémite commis au nom de l’islam dans un magasin juif ! C’est inouï. Comment peut-on ensuite prétendre sérieusement et avec objectivité parler de l’islam ?