Le caractère obligatoire du jihad

Le jihad contre les non-musulmans a un caractère obligatoire pour les musulmans (les croyants), comme en attestent de nombreux versets du Coran :

Coran, sourate 2, verset 216 : « Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. »

Coran, sourate 4, verset 71 : « Ô les croyants ! Prenez vos précautions et partez en expédition par détachements ou en masse. »

Coran, sourate 4, versets 72 & 73 : « Parmi vous, il y aura certes quelqu’un qui tardera à aller au combat et qui, si un malheur vous atteint, dira : « Certes, Allah m’a fait une faveur en ce que je ne me suis pas trouvé en leur compagnie » ; et si une grâce qui vous atteint de la part d’Allah, il se mettra, certes, à dire, comme s’il n’y avait aucune affection entre vous et lui : « Quel dommage! Si j’avais été avec eux, j’aurais alors acquis un gain énorme ». »

Coran, sourate 4, verset 75 : « Et qu’avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : « Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de ta part un allié, et assigne-nous de ta part un secoureur ». »

Coran, sourate 4, verset 76 : « Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Tagut. Eh bien, combattez les alliés du diable, car la ruse du diable est, certes, faible. »

Coran, sourate 4, verset 77 : « N’as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit : « Abstenez-vous de combattre, accomplissez la salat et acquittez la zakat ! » Puis lorsque le combat leur fut prescrit, voilà qu’une partie d’entre eux se mit à craindre les gens comme on craint Allah, ou même d’une crainte plus forte encore, et à dire : « Ô notre Seigneur! Pourquoi nous as-tu prescrit le combat ? Pourquoi n’as-tu pas reporté cela à un peu plus tard ? » Dis : « La jouissance d’ici-bas est éphémère, mais la vie future est meilleure pour quiconque est pieux. » Et on ne vous lésera pas fût-ce d’un brin de noyau de datte. »

Coran, sourate 4, versets 95 & 96 : « Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux – sauf ceux qui ont quelque infirmité – et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d’Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d’excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense ; et Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense, des grades de supériorité de sa part ainsi qu’un pardon et une miséricorde. Allah est pardonneur et miséricordieux. »

Coran, sourate 9, verset 24 : « Dis : « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu’Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d’Allah, alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers ». »

Coran, sourate 9, verset 38 : « Ô vous qui croyez ! Qu’avez-vous ? Lorsque l’on vous a dit : « Élancez-vous dans le sentier d’Allah » ; vous vous êtes appesantis sur la terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l’au-delà ? Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de chose, comparée à l’au-delà ! »

Coran, sourate 9, verset 39 : « Si vous ne vous lancez pas au combat, Il vous châtiera d’un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. Vous ne Lui nuirez en rien. Et Allah est omnipotent. »

Personne ne doit empêcher ou dissuader quelqu’un de partir au combat :

Coran, sourate 9, verset 156 : « Ô les croyants ! Ne soyez pas comme ces mécréants qui dirent à propos de leurs frères partis en voyage ou pour combattre : « S’ils étaient chez nous, ils ne seraient pas morts, et ils n’auraient pas été tués. » Allah en fit un sujet de regret dans leurs cœurs. C’est Allah qui donne la vie et la mort. Et Allah observe bien ce que vous faites. »

La jurisprudence chaféite indique :

Section o9.1 : « Le jihad est une obligation de la communauté. Quand un nombre suffisant de personnes le font pour parvenir au succès, ce n’est plus obligatoire pour les autres (le prophète a dit : « Celui qui fournit l’équipement au soldat du jihad a lui-même fait le jihad » et Allah a dit : « Ceux des croyants qui ne sont pas blessés et sont en retrait ne sont pas égaux à ceux qui combattent dans le chemin d’Allah avec leur propriété et leur vie. » « Allah a mis les combattants au-dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense » (sourate 4, verset 95). Si aucun de ceux concernés ne fait le jihad, alors tous ceux qui savent que le jihad est obligatoire et auraient la possibilité d’y participer sont coupables de péché. (…) »

Section p11.1 : « Dieu a dit : « Quiconque, ce jour-là, leur tourne le dos, à moins que ce soit par tactique de combat ou pour rallier un autre groupe, celui-là encourt la colère d’Allah et son refuge sera l’Enfer. » (sourate 8, verset 16). »

Jihad : la justification doctrinale par le Coran

Au terme d’une prédication infructueuse de 12 années (610-622) à La Mecque, Mahomet entra une fois installé à Médine dans une phase offensive et armée de propagation de sa religion par le jihad, combat dans le sentier/la voie d’Allah. De nombreux versets du Coran font explicitement référence à ce combat armé :

Coran, sourate 2, verset 190 : « Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne soyez pas transgresseurs. Allah n’aime pas les transgresseurs ! »

Coran, sourate 2, verset 191 :  « Tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés. La persécution des croyants est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »

Coran, sourate 2, verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion soit entièrement à Allah seul. (…) »

Coran, sourate 2, verset 216 : « Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. »

Coran, sourate 2, verset 218 : « Certes, ceux qui ont cru, ont émigré et ont combattu dans le sentier d’Allah, ceux-là espèrent la miséricorde d’Allah. Allah est celui qui pardonne, le miséricordieux. »

Coran, sourate 4, verset 84 : « Combats donc dans le sentier d’Allah. Tu n’es responsable que de toi-même. Encourage les croyants. Allah arrêtera peut-être la violence des mécréants. Allah est plus redoutable qu’eux et plus sévère en châtiment. »

Coran, sourate 4, verset 89 : « Ils [ndlr les hypocrites] aimeraient vous voir mécréants, comme ils le sont eux-mêmes, afin que vous soyez égaux ! Ne prenez pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. S’ils tournent le dos, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. (…) »

Coran, sourate 4, verset 91 : « Vous en trouverez d’autres qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu. Toutes les fois qu’on les pousse vers l’association, ils y retombent en masse. Par conséquent, s’ils ne restent pas neutres à votre égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains de vous combattre, alors saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, Nous vous avons donné autorité manifeste. »

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 8, verset 39 : « Combattez-les [ndlr les incrédules] jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. (…) »

Coran, sourate 8, verset 65 : « Ô Prophète, incite les croyants au combat. S’il se trouve parmi vous vingt endurants, ils vaincront deux cents ; et s’il s’en trouve cent, ils vaincront mille mécréants, car ce sont vraiment des gens qui ne comprennent pas. »

Coran, sourate 61, verset 4 : « Allah aime ceux qui combattent dans son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcé. »

La Tradition rapporte le propos de Mahomet : « Je suis venu avec l’épée. Le jihad est engagé jusqu’au jour où la dernière poignée des hommes de ma nation sera appelée à combattre l’antéchrist. »

La jurisprudence chaféite précise :

Section o9.0 « Jihad signifie « guerre contre les non-musulmans », et est étymologiquement dérivé du mot « mujahada » signifiant « guerre pour établir la religion ». (…) La base scripturale pour le jihad, selon le consensus des lettrés, sont des versets tels que :
(1) « Le combat vous a été prescrit » (C2/216);
(2) « Tuez-les où que vous les trouviez » (C4/89);
(3) « Combattez les associateurs sans exception » (C9/36) ; et des hadiths tels que celui relaté par Bukhari et Muslim selon lequel le prophète a dit : « Il m’a été ordonné de combattre les peuples jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a d’autre dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager, qu’ils prient et qu’ils paient la zakat. S’ils acceptent, ils sauvent leur sang et leurs biens, à l’exception des droits que l’islam a sur eux. Et leur dernier jugement est avec Allah ». Et selon le hadith rapporté par Muslim, : « Aller le matin ou le soir pour combattre dans le chemin d’Allah est mieux que de posséder le monde entier et tout ce qu’il contient. » »

Le partage du butin

La question du partage du butin était habituelle au sein des tribus d’Arabie et pouvait conduire à rivalités et des divergences au sein des tribus. Il fallait donc que Mahomet clarifie les choses au sein de ses troupes.

Comme l’indique Malek Chebel, « Pour une religion qui se construisait à partir de maigres ressources, il était obligatoire que la question du butin et des acquis soit traitée dès le début. C’est exactement ce que fait le Coran en rappelant les éléments d’appréciation de ces gains, leur distribution et la liste des personnes prioritaires qui en bénéficient. »

La sourate du Coran n°8 portant le titre « le butin » (Al-Anfal) contient des dispositions précises sur le partage du butin :

Coran, sourate 8, verset 1 :  « Ils t’interrogent au sujet du butin. Dis : « Le butin est à Allah et à son messager. » Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à son messager, si vous êtes croyants. »

Coran, sourate 8, verset 41 : « Sachez que, de tout butin que vous avez pris, le cinquième appartient à Allah, au messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs, si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons révélé à notre serviteur, le jour où l’on discerna entre les hommes justes et les incrédules (…). »

Ces versets du Coran sont le reflet de certains événements décrits précisément par la Sîra, notamment le partage du butin de Khaybar et celui résultant de l’extermination des juifs Banû Quraydha (voir Extermination des Banû Quraydha).

Partage du butin de Khaybar : « La répartition du butin de Khaybar se fit de la façon suivante : le cinquième appartenait à Dieu ; il revenait au Prophète, à sa famille, à ses proches et servait à nourrir les orphelins, les pauvres et les épouses du Prophète. Les quatre autres cinquièmes étaient répartis entre les musulmans. Quant au butin de Fadak, il revint tout entier au Prophète, parce que Dieu avait semé la terreur dans le cœur de ses habitants, lorsqu’ils apprirent le sort réservé aux juifs de Khaybar. »

Partage du butin des Banû Quraydha : « Le Prophète fit ensuite le partage des femmes, des enfants et des biens des Banû Quraydha entre les musulmans. Avant tout partage, il prit pour lui le cinquième du butin, puis il établit les règles de la répartition : deux actions pour un cheval, une action pour son cavalier, une action pour le fantassin. Les cavaliers ayant pris part à l’extermination des Banû Quraydha étaient au nombre de trente-six. C’était le premier butin auquel s’appliquait cette règle du cinquième pour le Prophète et de la répartition par actions des quatre cinquièmes. Ce principe fut adopté par la suite pour le partage du butin après toutes les expéditions et les conquêtes. »

Le caractère licite du butin

Mahomet et ses partisans ont pratiqué dans le cadre de leurs expéditions ou de leurs guerres la coutume de la razzia qui visait à se procurer, des biens, des vivres et des femmes. Le pillage est en effet une pratique courante des musulmans avec Mahomet. Cette question est clairement abordée dans le Coran, notamment dans la sourate n°48 « La victoire » (Al-Fath) :

Coran, sourate 48, verset 15 : « Ceux qui sont restés en arrière diront, quand vous vous dirigerez vers le butin pour vous en emparer ; « Laissez-nous vous suivre ». (…) »

Coran, sourate 48, versets 18 & 19 : « Allah (…) les a récompensés par une prompte victoire ainsi que par un abondant butin. Allah est puissant et sage. »

Coran, sourate 48, versets 20 & 21 : « Allah vous a promis un abondant butin dont vous vous emparerez, et Il a hâté pour vous la victoire et détourné de vous les mains des gens, afin que tout cela soit un signe pour les croyants et qu’Il vous guide dans un droit chemin il vous a promis un autre butin que vous n’étiez pas capables de remporter et qu’Allah a embrassé en sa puissance, car Allah est omnipotent. »

La validité de l’appropriation du butin par un prophète, inhabituelle, résulte notamment des versets suivants :

Coran, sourate 8, verset 68 : « Si une prescription d’Allah n’était pas déjà intervenue, un énorme châtiment vous aurait touché à cause de la rançon que vous avez prise. »

Coran, sourate 8, verset 69 : « Mangez donc ce qui, dans le butin, est licite et bon. Craignez Allah, car Allah celui qui pardonne, le miséricordieux. »

Il est intéressant de noter que c’est à l’occasion d’une razzia qu’eut lieu la fameuse bataille de Poitiers en 732. L’émir de Cordoue Abd al-Rahman traversa les Pyrénées pour aller piller et saccager Bordeaux. Puis il se dirigea vers Tours pour y piller l’abbaye Saint-Martin dont on disait qu’elle recelait des trésors. Sur le chemin, il incendia à Poitiers l’église Saint-Hilaire. Une coalition sous la direction de Charles Martel, incluant des Alamans, des guerriers de Germanie, stoppa quelque part avant Poitiers les musulmans. L’émir fut tué dans les combats. Les raids musulmans se poursuivirent notamment dans la région de Narbonne et ce n’est qu’à la fin du VIIIème siècle que les musulmans furent définitivement repoussés au-delà des Pyrénées.