L’obsession de la différenciation ou pourquoi les musulmans ne veulent pas « s’intégrer » dans les sociétés occidentales : l’origine du communautarisme

Pour l’islam, les musulmans sont supérieurs aux non-musulmans dans la mesure où ils constituent la meilleure communauté. Cette prétention figure explicitement dans le Coran, sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes (…) ».

Aussi, il importe aux musulmans de se différencier en permanence des non-musulmans, et bien entendu en priorité dans l’espace public. Cette obsession prend de nombreuses formes, et notamment pour tout ce qui touche à l’aspect extérieur

  • Un exemple pratique : le rasage de la barbe

Yusuf Qaradawi écrit : « On rapporte que les gens du Livre (juifs et chrétiens) s’abstiennent de teindre leurs cheveux blancs pensant que le fait de s’embellir est incompatible avec l’adoration et la piété. C’est le cas des moines et des pratiquants de l’ascétisme qui poussent la religion à l’excès. Mais, le Messager de Dieu a interdit d’imiter ces gens et de suivre leur voie afin que les musulmans aient toujours leur personnalité distincte et indépendante dans le fond et dans l’apparence. Al-Boukhari a rapporté ce hadith de Abou Houraira : « Le Messager de Dieu a dit : « Les juifs et les chrétiens ne se teignent pas les cheveux ; aussi, faites le contraire ! » Mais ce n’est qu’un simple conseil et non une obligation. Ainsi, certains ont teint leurs cheveux, tels que Abou Bakr et Omar, et d’autres s’en sont abstenus, tels qu’Obaiy Ibn Ka’b et Anas. »

Yusuf Qaradawi indique également : « Dans le recueil d’al-Boukhari et d’après Ibn Omar, le Prophète a dit : « Faites le contraire des associateurs. Laissez pousser vos barbes en abondance et tailler vos moustaches ». Ainsi, l’exemption des barbes de tout rasage veut dire qu’on les laisse pousser en abondance. Dans une autre version, cela veut dire les laisser pousser librement et les garder. Le hadith en donna la raison : faire le contraire de ce que font les associateurs. Le Messager n’a ordonné de faire le contraire de ce qu’ils font que pour élever les musulmans dans l’indépendance de la personnalité, dans l’originalité, dans l’esprit et l’apparence, et dans l’extérieur et l’intérieur. En outre, le fait de se raser la barbe constitue une rébellion contre la saine nature et une tentative d’imiter les femmes, car la barbe est une preuve de virilité et l’une de ses marques distinctives. »

Yusuf Qaradawi conclut : « Ainsi nous voyons qu’on a donné trois avis différents sur le rasage de la barbe : les uns affirment son interdiction et c’est qu’a dit Ibn Taymiyya. Les autres disent que c’est une chose réprouvée. C’est l’avis rapporté dans « Al-Fath » émis uniquement par Ayad. Les autres enfin affirment la permission de le faire et c’est l’avis des savants contemporains. Le jugement le plus sensé et le plus juste serait la réprobation de cet acte, car l’ordre de laisser pousser la barbe n’indique pas une obligation absolue, même s’il donne comme raison le devoir d’être différent des mécréants. »

Si le rasage de la barbe n’est donc pas une obligation stricte validée par toutes les écoles juridiques musulmanes, on constate aisément que cela est une pratique répandue chez les musulmans qui veulent afficher leur foi et leur identité, souvent en opposition avec la culture ambiante pour ce qui est des musulmans vivant dans les pays occidentaux.

  • Une raison plus profonde que superficielle ou « pourquoi le communautarisme »

On pourrait penser que cette volonté de se différencier est simplement une susceptibilité mal placée, mais il n’en est rien. Cette attitude recouvre en réalité une visée religieuse beaucoup plus profonde, qui est d’ailleurs tout à fait logique pour une communauté qui prétend être la meilleure de toutes et qui n’a donc rien à apprendre fondamentalement des autres.

En effet, Yusuf Qaradawi écrit : « Nous disons : C’est plutôt la grande majorité des musulmans qui s’est mise à se raser la barbe, par imitation de ses ennemis et des colonisateurs de son pays, chrétiens et juifs. C’est ainsi que le vaincu se passionne toujours d’imiter son vainqueur. Elle oublie alors l’ordre que lui a donné le Messager de Dieu qui consiste à faire le contraire de ce que font les mécréants et d’interdire de les imiter. « Celui, en effet, qui imite un peuple, lui appartient » (hadith rapporté par Abou Dawoud d’après Ibn Omar). »

Yusuf Qaradawi rappelle par ailleurs que « Ibn Taymiyya a affirmé à juste titre que le fait d’être différent des mécréants est une obligation visée par le Législateur : « L’imitation des autres extérieurement aboutit à les aimer et à accepter leur protection intérieurement. De même que l’amour intérieur aboutit à l’imitation extérieure. C’est une vérité dont témoignent les sens et l’expérience. » » C’est le syndrome de Stockholm.

Comment dans ces conditions les musulmans peuvent-ils s’intégrer aux sociétés occidentales puisqu’ils n’ont en réalité aucunement l’intention d’en partager réellement les valeurs ? Le seul modèle à suivre est le modèle musulman. Si l’on va jusqu’au bout du raisonnement, l’idée même d’acquiescer dans une discussion à une idée émise par des non-musulmans est à rejeter pour le musulman car c’est commencer à admettre que le non-musulman peut avoir raison et donc, vérité de La Palice, que le musulman peut avoir tort, alors qu’il appartient à la meilleure communauté.

De la même façon, il ne peut pas y avoir de lien entre un musulman et un non-musulman autre que superficiel ; tout début d’amitié est déjà perçu comme une « contamination » par de mauvaises valeurs (cf. lien avec les mécréants). Cette imperméabilité rend l’échange impossible. Mais comment les musulmans peuvent-ils comprendre quoi que ce soit des valeurs chrétiennes occidentales sans avoir jamais lu un seul Évangile ?

Bref, la vision musulmane de la société est une vision fondamentalement communautariste, incompatible avec le vivre-ensemble que nous sert pourtant aujourd’hui la propagandastaffel des élites bien-pensantes qui contrôlent aujourd’hui une part non négligeable des grands medias français : presse, édition, et surtout télévision. D’ailleurs, il suffit d’ouvrir les yeux pour constater que le communautarisme est le principe d’organisation fondamental des pays musulmans, chaque communauté religieuse devant être régie selon ses règles propres.

L’immense Jean de La Fontaine est un voleur

Pour cet imam, Jean de La Fontaine n’est qu’un plagieur, qui a « volé et retapé » (si tout le monde pouvait retaper de la sorte…) des fables d’un recueil arabe : « Kalila wa Dimna » de Ibn Al Muqaffa.

Havre de savoir Occidentaux

Havre de savoir Occidentaux La Fontaine

Les fables « Kalila wa Dimna » sont à la base une traduction en arabe d’un recueil Indo-Persan beaucoup plus ancien, le Pañchatantra. D’autres fables d’origine arabes semblent avoir été ajoutées et certaines fables indiennes retirées ; ce qui peut rendre difficile une analyse précise de la généalogie de cet héritage.

Mais le problème en réalité n’est pas là : c’est l’honnêteté même de cet immense auteur qui est mise directement en cause sans motif, et par un amalgame – surpassant même les amalgames pratiqués de nos jours par l’intelligentsia bien-pensante française – qui emporte avec lui toute la civilisation occidentale, qui est ainsi vouée aux gémonies.

Or, au cas particulier, Jean de La Fontaine n’a pas du tout caché s’être inspiré de certaines sources pour le choix de ses sujets, principalement Ésope, comme il le mentionne clairement dans la préface de son premier recueil :

 « À Monseigneur le Dauphin,

S’il y a quelque chose d’ingénieux dans la république des Lettres, on peut dire que c’est la manière dont Ésope a débité sa morale. Il serait véritablement à souhaiter que d’autres mains que les miennes y eussent ajouté les ornements de la poésie, puisque le plus sage des Anciens a jugé qu’ils n’y étaient pas inutiles. J’ose, Monseigneur, vous en présenter quelques essais. C’est un entretien convenable à vos premières années. Vous êtes en un âge où l’amusement et les jeux sont permis aux princes ; mais en même temps vous devez donner quelques-unes de vos pensées à des réflexions sérieuses. Tout cela se rencontre aux fables que nous devons à Ésope. L’apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilités servent d’enveloppe à des vérités importantes. »

Quant à sa dette vis-à-vis des fables d’origine indienne, La Fontaine ne s’en est jamais caché non plus comme en témoigne l’avertissement à son second recueil :

« Voici un second recueil de fables que je présente au public. J’ai jugé à propos de donner à la plupart de celles-ci un air et un tour un peu différent de celui que j’ai donné aux premières, tant à cause de la différence des sujets, que pour remplir de plus de variété mon ouvrage. Les traits familiers que j’ai semés avec assez d’abondance dans les deux autres parties convenaient bien mieux aux inventions d’Ésope qu’à ces dernières, où j’en use plus sobrement pour ne pas tomber en des répétitions ; car le nombre de ces traits n’est pas infini. Il a donc fallu que j’aie cherché d’autres enrichissements, et étendu davantage les circonstances de ces récits, qui d’ailleurs me semblaient me le demander de la sorte : pour peu que le lecteur y prenne garde, il le reconnaîtra lui-même ; ainsi je ne tiens pas qu’il soit nécessaire d’en étaler ici les raisons, non plus que de dire où j’ai puisé ces derniers sujets. Seulement je dirai, par reconnaissance, que j’en dois la plus grande partie à Pilpay [1], sage indien. Son livre a été traduit en toutes les langues. Les gens du pays le croient fort ancien et original à l’égard d’Ésope, si ce n’est Ésope lui-même sous le nom du sage Locman [2]. Quelques autres m’ont fourni des sujets assez heureux. Enfin j’ai tâché de mettre en ces deux dernières parties toute la diversité dont j’étais capable. »

[1] Pilpay est généralement l’auteur auquel on attribue l’œuvre en Europe à l’époque de La Fontaine bien que son existence ne soit pas avérée. Le nom de Pilpay est dérivé de Bidpaï, qui se trouve dans la version arabe, mais non dans l’original indien.

[2] Personnage imaginaire sous le nom duquel avait été mise la traduction arabe des fables d’Ésope.

En plus de cette préface, La Fontaine, fait référence par trois fois à ce Pilpay dans : La Souris Métamorphosée en Fille ; Le Milan, le Roi et le Chasseur ; Le Corbeau, La Gazelle, la Tortue et le Roi. C’est dire que cette reconnaissance est claire et assumée ! Si La Fontaine avait pensé être redevable (en fonction des connaissances de l’époque) de façon notable d’un auteur arabo-musulman, pourquoi l’aurait-il caché ? La talent littéraire de La Fontaine est surtout dans le génie de sa langue.

Faire dédaigneusement et avec autant de suffisance aussi peu de cas du génie littéraire et poétique de La Fontaine en dit long sur la frustration intense de ce petit monsieur mais aussi de certains autres, envieux d’une contribution immense à l’humanité dont ils sont tout à fait incapables. Pour supporter cette frustration, c’est malheureusement une tendance assez commune chez ces musulmans de vouloir sans aucune objectivité tenter de rendre la civilisation occidentale redevable à l’islam de tout ce qu’elle a pu produire jusqu’à aujourd’hui, de façon tellement partisane qu’elle en devient totalement ridicule. Quand on prétend dresser un bilan, il faut le faire avec un minimum de bonne foi.

Malheureusement, il semble que pour calmer la frustration d’une contribution assez modeste à la civilisation mondiale depuis plusieurs siècles, et ainsi « excuser » le monde musulman, les théories, livres et vidéos (il suffit d’aller sur internet) qui pratiquent un révisionnisme historique pro-musulman qui ferait pâlir d’envie les Faurisson & Co  abondent, en lieu et place d’une analyse critique et raisonnée des échanges intra-civilisationnels extrêmement divers qui ont toujours marqué l’histoire.

Rappelons à ce propos ce qu’écrit Malek Chebel : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

Quant à Tareq Oubrou, le jugement semble encore plus général : « Le déclin de toute une civilisation [nldr musulmane] qui a raté, dès la fin du Moyen Âge, le train de la modernité. »

Le racisme anti-blanc et anti-français : le rejet de la société française

Alain Finkielkraut indiquait déjà en 2012 l’existence d’un racisme anti-blanc d’origine musulmane, c’est-à-dire essentiellement anti-blanc (chrétien ou juif) occidental, manifestation claire du rejet des valeurs occidentales.

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Comment culpabiliser la société française

Si certains auteurs musulmans peuvent être extrêmement critiques au regard de l’islam et de sa contribution au monde moderne, une des constantes de la culture musulmane est le rejet viscéral de la critique par l’Occident.

En France, cela prend notamment la forme d’un anathème qui frappe toute personnalité jugée trop critique et de façon plus générale toute critique issue de la société française, renvoyée à la culpabilité ontologique de son époque coloniale, fardeau de l’homme blanc qui excuse tout pour la suite des temps.

Ainsi, pour Tariq Ramadan : « Il y a la couverture médiatique, ce que l’on présente, cette façon finalement de présenter encore les musulmans français, français de confession musulmane, selon deux catégories : soit vous êtes modéré, soit vous êtes un radical ou vous êtes un fondamentaliste. Ça c’est l’ancienne typologie coloniale c’est-à-dire quand on arrivait dans un pays il y avait les « bons » et les « pas bons » : les « bons », c’est ceux qui nous résistaient pas, et les « pas bons » ils nous résistaient. Cette attitude de la binarité de l’autre est une attitude d’abord paternaliste, coloniale, et surtout, elle est pas acceptable. L’islam est aussi complexe que l’est le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme. »

La colonisation constitue par son caractère innommable une référence culpabilisante d’une extrême efficacité pour interdire tout débat critique. Cela étant, dans le cas ci-dessus, cette référence est intéressante car elle est utilisée par Tariq Ramadan pour expliquer la dichotomie entre les bons et les mauvais musulmans, dichotomie commode en réalité plutôt inventée par la classe politique française (et les musulmans modérés) pour éviter d’aborder au fond la question de la doctrine de l’islam et sa compatibilité réelle avec les valeurs des sociétés occidentales.

Mais, dans l’art d’interdire tout débat, une palme particulière doit sans doute être décernée à Edwy Plenel, qui semble être devenu dans ce domaine le factotum de Tariq Ramadan, et dont la science de l’amalgame intellectuel est poussée jusqu’à la plus extrême perversité en vue d’empêcher toute analyse critique sérieuse de la question musulmane. En effet, lisons Edwy Plenel et commentons :

–  « En défense de toutes celles et de tous ceux qu’ici même, la vulgate dominante assimile et assigne à une religion, elle-même identifiée à un intégrisme obscurantiste, tout comme, hier, d’autres humains furent essentialisés, caricaturés et calomniés, dans un brouet idéologique d’ignorance et de défiance qui fit le lit des persécutions. L’enjeu n’est pas seulement de solidarité mais de fidélité. À notre histoire, à notre mémoire, à notre héritage. Pour les musulmans donc, comme on l’écrirait pour les juifs, pour les noirs, ou pour les roms, mais aussi pour les minorités et pour les opprimés. Ou, tout simplement, pour la France. »

Commentaire : Edwy Plenel ne semble pas supporter la différence ni surtout la différenciation. Or la richesse du monde se nourrit de la reconnaissance pleine et entière d’une diversité assumée et de celle de l’essence des valeurs qu’on représente. Une partie de la pseudo intelligentsia française n’accepte que la médiocrité de l’uniformité, car l’existence de toute forme de différenciation, et donc d’infériorité ou de supériorité au regard de certains critères, est vécue par ces esprits tourmentés comme une injustice, la possibilité de porter un jugement – ce qu’ils ont en horreur –. Or chacun sait que « Tout esprit n’est pas composé d’une étoffe qui se trouve taillée à faire un philosophe ». Edwy Plenel veut tuer les préjugés en nous plongeant dans le bain curatif de l’ignorance : en d’autres termes, ne nous interrogeons surtout pas sur ce qui fait l’essence de l’islam et nous nous en porterons bien mieux… Or c’est la lumière qui révèle la vérité, pas l’obscurité et l’amalgame.

–  « C’est une école de barbarie, ici même, comme l’avait dit avec force, dès 1950 Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme : Tout connaisseur de ce texte célèbre en aura entendu l’écho dans l’intervention de Serge Letchimy, tant on y trouve déjà l’affirmation du lien entre crimes coloniaux et crimes hitlériens : le « formidable » choc en retour, selon Césaire, de cette corruption fatale que fut le colonialisme et qui a fait le lit de la barbarie nazie, sur ce fumier commun de la hiérarchie des humanités et de leurs civilisations. »

Commentaire : Encore la lancinante ritournelle de la colonisation dont l’ombre est prête à resurgir à tout moment pour obscurcir et entraver le débat, avec en prime, cerise sur le gâteau (bavarois ?), la douce menace de la muse nazie qui plane nécessairement au-dessus des esprits trop critiques : difficile de faire plus abject. Pourtant l’islam n’érige-t-il pas en principe tout à fait clair – avec mise en pratique quotidienne dans les pays musulmans – l’inégalité et la hiérarchie des communautés humaines (cf. article supériorité) ?

–  « Être musulman, l’exprimer ou le revendiquer, n’est donc pas plus incompatible en soi avec des idéaux de progrès ou d’émancipation que ne l’était l’affirmation par les ouvriers ou les étudiants de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et de la Jeunesse Étudiante Chrétienne de leur identité chrétienne, alors qu’ils rejoignaient les combats syndicaux et politiques du prolétariat ou de la jeunesse. »

Commentaire : Qu’est-ce que cette pétition de principe sur les idéaux musulmans, d’ailleurs absolument pas démontrée ni documentée, a-t-elle à voir avec l’identité chrétienne ? C’est un rapprochement pour le moins étonnant tant les valeurs défendues sont différentes.

–  « Le racisme est une monstrueuse poupée gigogne qui, une fois libérée, n’épargne aucune cible. Or c’est par le détour de sa banalisation envers les musulmans, sous couvert d’un rejet de leur religion, qu’il s’est de nouveau installé à demeure, redevenu admissible. Tolérable, respectable et fréquentable. L’actuelle extension du domaine de la haine dont nous sommes les témoins atterrés a pour ressort cette diffusion bienséante d’un racisme antimusulman, qui occupe la place laissée vacante par la réprobation, heureusement mais tardivement conquise, qui frappe l’antisémitisme. »

Commentaire : Où est la réflexion sur les valeurs de l’islam ? Elle est inexistante. Mais si vous critiquez l’islam, c’est que vous êtes raciste. Dans les régimes totalitaires qu’ont tant vantés il n’y a pas si longtemps certains de nos (pseudo-)intellectuels, dans tout homme il y avait un « petit-bourgeois » qui sommeillait… Avec des arguments aussi imbéciles, il n’y a plus qu’une chose à dire : Ite missa est ! Amen.

Islam et culture française

Le Conseil européen des fatwas a émis des recommandations d’un grand intérêt pour comprendre les valeurs des musulmans et leur rapport aux valeurs de la société française. Voici une recommandation fondamentale sur laquelle nous allons revenir point par point :

Le Conseil européen des fatwas « recommande à nos frères musulmans le respect de ce qui est prescrit par le Livre et la Sunna, et le consensus des théologiens de l’islam, en matière de respect des dispositions du pacte d’al-amân (sécurité) et des conditions de résidence et de citoyenneté dans les pays européens dans lesquels ils vivent – le Conseil insistant particulièrement sur ledit respect. Les obligations les plus importantes sont :

–  de considérer intangibles les vies des non-musulmans, leurs biens, leur honneur en vertu du pacte qui leur a permis d’entrer dans le pays, et sans lequel il ne leur aurait pas été permis d’y entrer ni continuer à y séjourner. Dieu le très-haut a dit : « Soyez fidèles à vos engagements car, en vérité, il vous en sera demandé compte. » (sourate 17, verset 34) ;

–  de respecter les lois du pays d’accueil qui les protège et leur permet de bénéficier de toutes les garanties d’une vie digne ; 

–  de s’éloigner de toutes sortes de gains illicites, parmi lesquels les démarches faites par certains musulmans pour l’obtention d’aide sociale alors qu’ils exercent une activité salariée ou disposent d’un commerce ;

–  de déployer tous les efforts nécessaires afin d’assurer aux nouvelles générations – garçons et filles – une éducation musulmane moderne, et ce à travers la création d’écoles, de centres d’éducation et de loisirs en vue de les prémunir contre la délinquance. »

Cette recommandation appelle les commentaires suivants :

1) Le respect de la vie des non-musulmans

C’est pour le moins une recommandation stupéfiante dans le monde d’aujourd’hui mais qui est nécessaire car ce respect ne semble visiblement par aller de soi dans la culture musulmane. Cette recommandation se comprend dans la mesure où l’islam établit une hiérarchie naturelle des communautés humaines, – la communauté musulmane étant supérieure à toutes les autres communautés – (cf. article Supériorité musulmane), et où Mahomet lui-même a notamment, une fois le jihad déclaré, prôné et mis en oeuvre l’extermination des juifs, appelé à l’assassinat des chrétiens en tant que polythéistes, ceux-ci n’ayant la vie sauve que dans le cadre du statut de seconde classe de dhimmi, sous réserve de payer, après s’être humiliés, un impôt spécifique destiné à financer la communauté musulmane (cf. article Dhimmitude). Dans les pays musulmans aujourd’hui, il n’y a d’ailleurs pas d’égalité aujourd’hui entre musulmans et non-musulmans.

Mais le plus étonnant encore est que ce respect est dû non pas en raison de principes universels de dignité humaine mais uniquement en raison du respect des engagements pris vis-à-vis des non-musulmans, cet engagement de respect étant considéré comme la contrepartie de l’hospitalité des non-musulmans (le respect des engagements étant très important dans la culture tribale de l’Arabie de Mahomet).

2) Le respect des lois du pays d’accueil

Il est louable que la recommandation soit de respecter ces lois. Reste que ce respect semble conditionné par l’idée de protection et de garantie d’une vie digne : qui est juge du fait de considérer que les lois sont respectables ?

Par exemple, nombreux sont les musulmans français qui considèrent que la loi sur la burqa dans l’espace public ou les règles sur le port du voile dans la fonction publique empiètent sur la liberté religieuse : ces musulmans ne sont-ils donc pas en droit de se considérer comme libérés de leur obligation de respect des lois de la France ?

3) Le renoncement aux gains illicites, notamment résultant de l’aide sociale indue

Il est intéressant de constater que le Conseil européen des fatwas éprouve le besoin de rappeler da façon absolument claire et formelle le caractère illicite du vol de l’argent public via les aides sociales indues. On peut légitimement penser que c’est l’ampleur de cette pratique et son caractère normal dans l’esprit des musulmans qui justifient ce rappel.

4) Assurer une éducation musulmane en vue de prémunir contre la délinquance

Il n’est pas choquant que les musulmans souhaitent pour leurs enfants une éducation musulmane, sous réserve que la compatibilité de cet enseignement avec les valeurs de la République française soit démontrée, ce qui est loin d’être le cas.

Quant à la délinquance, faut-il considérer que les musulmans dans un pays non-musulman y sont plus particulièrement sujets, sans doute en raison des contrariétés qu’impose une société française du fait des nombreuses valeurs culturelles difficilement compatibles avec les valeurs de l’islam ? En tous cas, ce questionnement est assez cohérent avec le constat fait par Tareq Oubrou sur ce sujet (cf. article Prison).

Il est vrai par ailleurs que ce penchant est facilité de façon plus générale par le caractère de plus en plus permissif de la société française, où la notion d’autorité est en pleine dissolution avec la bénédiction de nos politiciens, et où il fait de moins en moins bon être victime de nos jours, surtout quand on a le mauvais goût de se défendre.

Aussi, à partir du moment où votre culture vous place de façon innée au-dessus des valeurs de la société de mécréants dans laquelle vous vivez, la tentation est grande de passer outre aux lois de cette République qui n’ont, dans ce cadre, plus aucune valeur et auxquelles aucun respect n’est attaché.

Prison & Délinquance

Pour Tareq Oubrou, la sur-représentation musulmane dans les prisons pose la question de la responsabilité de la société française. En effet, pour lui, « Les dysfonctionnements qui conduisent un individu à l’échec et l’amènent à développer un sentiment de frustration sont à rechercher aussi bien dans la communauté musulmane que dans la société française. Ce n’est malheureusement pas un hasard si nos prisons sont majoritairement peuplées de jeunes musulmans. (…) De 40 à 50% de la population carcérale, et jusqu’à 70% en région parisienne, à Lille, Lyon et Marseille. »

La sur-représentation musulmane évoquée par Tareq Oubrou semble cohérente avec les avis de recherche publiés par la police nationale sur le site du ministère de l’intérieur. Ci-joint la liste des avis de recherche au 28 juin 2015 :  Avis de recherche

Tareq Oubrou va même jusqu’à considérer que la société française est directement responsable puisqu’elle produit de l’exclusion à grande échelle : « Tous les ingrédients d’un éventuel dérapage étaient réunis chez cet individu [ndlr Mohammed Mehra] : fragilité psychologique, milieu familial déstructuré… Dans ce sens, Mohammed Merah était le produit d’une société qui fabrique de l’exclusion à grande échelle. »

Si Tareq Oubrou considère ainsi que c’est la société française qui est responsable en envoyant finalement des victimes (musulmanes) en prison, il serait intéressant d’analyser pourquoi les autres communautés d’origine immigrée (italiens, portugais, polonais, vietnamiens, chinois,…) ne sur-pleuplent pas particulièrement les prisons et pourquoi elles n’utilisent pas elles aussi l’argument de la victimisation (voir également l’article Victimisation) pour se dédouaner de leur responsabilité.

Qu’est-ce qu’être français ?

On entend parfois des jeunes revendiquer leur identité de Français seulement parce qu’ils sont nés en France, quand bien même ils en rejettent en pratique l’histoire et les valeurs. Est-ce bien là la question ?

La question ici n’est pas une question légale de droit de la nationalité. Il s’agit pas de savoir si on est né en France mais de savoir si l’on se sent porteur des valeurs et de l’héritage du pays dans lequel on vit. Ceci s’applique à tous : musulmans et non-musulmans.

Renan disait : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. »

À cet égard, entendre les représentants de la communauté musulmane française revendiquer avec de plus en plus d’insistance une meilleure visibilité en France mais aussi la construction de plus en plus de mosquées au seul motif finalement que l’islam n’est plus une religion importée mais la religion de personnes nées en France est assez surprenant et inquiétant. La question n’est pas en effet de savoir si l’islam est devenu une valeur française par la seule naissance sur le territoire français : c’est un raisonnement absurde. Et à appliquer ce principe, aurait-il fallu reconnaître le statut de valeurs pleinement européennes au fascisme, au nazisme, au communisme,… ?

La question, qui se pose d’ailleurs dans les mêmes termes à toutes les spiritualités, idéologies, confréries, sectes, mouvements de toutes natures, est de savoir si ces spiritualités (etc.) sont non seulement compatibles avec les valeurs culturelles et sociales fondamentales de la société française mais si elles sont en outre en mesure d’en assurer la défense et même la promotion (se reporter notamment à la page « CREDO« ).

Aussi, c’est une véritable question de fond qui se pose aux musulmans de France et d’Europe et qui est loin d’être triviale, ce que laisse effectivement entendre Tariq Ramadan qui écrit : « À cela [ndlr la perception de la laïcité et de la sécularisation comme un processus de désislamisation] s’ajoute une confusion de taille entre le donné culturel et la référence religieuse : pour beaucoup, être et rester musulman signifiait être musulman comme ils l’avaient été au Maroc, en Algérie, en Egypte, au Liban, au Pakistan ou en Turquie. Il s’agissait donc d’abord d’être un musulman marocain, algérien, égyptien, libanais, pakistanais ou turc en Occident, et non pas un musulman en Occident, et encore moins un musulman occidental. Pour beaucoup, notamment parmi les Arabes, les Turcs et les Africains, il ne pouvait être question de prendre la nationalité du pays d’accueil puisqu’un jour, ils retourneraient « chez eux ». Certains savants musulmans (‘ulamâ) confirmaient ces appréhensions en affirmant que la résidence en Occident n’était permise qu’en cas de nécessité, qu’il s’agissait là d’une tolérance légale (rukhsa) et qu’il était exclu de rester dans des pays où il était permis de boire de l’alcool et où la morale réligieuse n’était guère respectée. »

Que peut-on dire aujourd’hui de la contribution des musulmans français à la promotion et au développement des valeurs et du patrimoine culturel du pays dans lequel ils vivent ?