La paix dans le Coran

Si les paroles violentes et les références à la guerre (jihad) sont très fréquentes dans le Coran, peut-on dire qu’elles seraient « compensées » par des paroles invitant à la paix et à la bienveillance avec les infidèles ?

Malek Chebel indique : « La notion de paix (salam) apparaît 18 fois dans le Coran. » Analysons donc si ces mentions appellent à la bienveillance vis-à-vis des non-musulmans en classant ces versets par catégories :

  • Versets destinés aux musulmans eux-mêmes :

Sourate 2, verset 208 : « Ô vous qui croyez ! Entrez tous dans la paix ; ne suivez pas les pas du démon car il est votre ennemi déclaré »

Sourate 4, verset 86 : « Quand on vous [ndlr musulmans] salue courtoisement [par un signe de paix], saluez d’une façon encore plus polie ou bien rendez simplement le salut. »

Sourate 6, verset 127 : « Le séjour de la paix leur [ndlr aux musulmans] est destiné au près de leur Seigneur en récompense de leurs actions [sur terre]. »

Sourate 10, verset 25 : « Allah appelle à la demeure de la paix et guide qui Il veut vers un droit chemin. »

Sourate 59, verset 23 : « C’est Lui, Allah. Nulle divinité autre que Lui. Il est le roi, le saint, la paix, celui qui témoigne de sa propre véridicité. (…) »

Sourate 97, verset 5 : « Elle [ndlr la nuit du décret] est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube. »

  • Versets relatifs aux prophètes précédents :

Sourate 11, verset 48 : « Il fut dit : « Ô Noé, débarque avec la paix que Nous te donnons et des bénédictions sur toi et sur les communautés [issues] de ceux qui sont avec toi. (…) » »

Sourate 11, verset 69 : « Nos émissaires apportèrent à Abraham la bonne nouvelle en disant : « Paix ! ». Il dit : « Paix ! » et il ne tarda pas à apporter un veau rôti. »

Sourate 19, verset 15 : « Que la paix soit sur lui [ndlr Jean le Baptiste] le jour où il naquit, le jour où il mourra, et le jour où il sera ressuscité ! »

Sourate 19, verset 33 : « Et que la paix soit sur moi [ndlr Jésus] le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. »

Sourate 19, verset 47 : « « Paix sur toi », dit Abraham. « J’implorerai mon Seigneur de te pardonner car Il a m’a toujours comblé de Ses bienfaits. » »

Sourate 21, verset 69 : « Nous dîmes : « Ô feu, sois, pour Abraham, fraîcheur et paix ». »

Sourate 37, verset 79 : « Paix sur Noé dans tout l’univers ! »

Sourate 37, verset 109 : « Paix sur Abraham ».

Sourate 37, verset 120 : « Paix sur Moïse et Aaron ».

Sourate 37, verset 130 : « Paix sur Élie et ses adeptes ».

Sourate 37, verset 181 : « Paix sur les Messagers ».

  • Dans la relation aux non-musulmans (infidèles et mécréants) :

Sourate 8, verset 61 : « Et s’ils [ndlr les non-musulmans] inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) et place ta confiance en Allah, car c’est Lui qui entend et sait. »

CONCLUSION

Sur les 18 versets ci-dessus, un seul, le dernier, semble pacifique à l’égard des non-musulmans. Sur cette base, on ne peut donc guère soutenir que le Coran regorgerait de versets inclinant à la paix et à la bienveillance envers les non-musulmans.

Et ce d’autant moins qu’Abdurrahmân Badawî, traducteur de l’intégralité de la biographie de Mahomet, précise dans sa traduction que ce verset 61 de la sourate 8 veut dire : « s’ils t’invitent à faire la paix sur la base de leur conversion à l’islam, alors fais la paix avec eux sous cette condition. » Il ajoute à ce propos en note de bas de page : « Cette explication est très importante : ce n’est pas la paix à tout prix, ou sans aucun prix, qu’il faut conclure avec l’ennemi. Voilà un avertissement solennel à tous ceux qui, aujourd’hui, jouent avec le sens de ce verset ! » Voilà qui change singulièrement le sens de ce verset !

On est donc très, très, très loin du caractère pacifique des Évangiles ou du bouddhisme. Dans ces conditions, est-il légitime d’appeler l’islam « religion d’amour et de paix ? »

Allah : un dieu bon ?

Le dieu des musulmans, Allah, est-il un dieu bon et qui prêche la bonté vis-à-vis des non-musulmans notamment ? Si on lit le Coran, rien n’est moins sûr, c’est le moins que l’on puisse dire.

Le Conseil européen des fatwas rappelle que « La promesse de l’Enfer liée à tout mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »

La question pour les musulmans est alors d’essayer de concilier la simple lecture de ce texte avec l’idée de religion d’amour et de paix : c’est un exercice qui semble particulièrement difficile et périlleux.

À titre d’exemple, voici l’explication donnée par le professeur Ali Benmakhlouf lors de l’émission de France 2 « Islam » de mars 2015 consacrée à « l’amour et la miséricorde en islam ». Chacun pourra juger de la pertinence de l’argumentaire.

Allah est-il bon

Allah est-il bon

Présentateur : « Quelle est votre réaction ? Tout particulièrement, il y a des passages qui parlent des « dieux vengeurs », « il faut occire les infidèles », « l’enfer est réservé aux mécréants », et d’un autre côté, il y a la bonté, la mansuétude et la miséricorde divine. »

Professeur Ali Benmakhlouf : « Plus que jamais, l’analyse doit s’inviter dans les textes. Plus que jamais, plus que jamais. Vous savez, on ne s’en sortira que par la connaissance. Si on prend les mots comme des images détachées, et que psychologiquement on les fasse fonctionner comme des fantasmes et des obsessions, on n’y arrivera pas. Vous avez dit un mot très important, « dieu vengeur« . Quand vous mettez « dieu vengeur », à côté de tous les attributs infinis de Dieu, vous vous rendez compte que cela ne tient pas. Alors vous allez me dire « oui mais quand même c’est l’expression qui est utilisée ». Il y a la dévotion, il y a la bigoterie. La dévotion, précisément, c’est le respect de la piété, de gens qui se rapportent à un dieu, clément. Tout ce que vous avez montré dans le premier sujet : miséricordieux. Il y a la manière de ramener Dieu sur terre, au niveau d’une psychologie basse, d’un coup pour coup. Et là, les gens sont en quelque sorte comme rassurés, eh bien ils disent « ben Dieu est comme nous », mais c’est la plus grosse bigoterie : le minimum de dévotion, la plus grande superstition, et on est loin de la religion. Et vous allez me dire « pourtant, c’est dans le texte ». Oui, mais le texte est un texte imagé, par paraboles, par analogies, un récit qui donne l’ébauche d’une culture, qui donne en quelque sorte, comme par avance, ce qu’une culture peut dire d’elle-même. Mais si précisément après, vous vous attachez à ce récit et que vous en faites une norme, là vous intervenez par bigoterie. Je ne pense pas qu’aucun des versets du Coran soit une norme humaine, et que quand l’homme rapporte un verset à une norme humaine, eh bien il est dans la bigoterie et non dans la dévotion. »

Présentateur : « Est-ce que vous auriez un exemple à nous donner de ce qui pourrait être pris au pied de la lettre et qui relèverait de la bigoterie, ou ce qui aurait pu être suivi par acte de piété et de dévotion ? »

Professeur Ali Benmakhlouf : « Si je vais à la mosquée pour que les autres voient que je vais à la mosquée, et pas parce que je prie pour moi-même et pour Dieu, eh bien c’est un acte de bigoterie et pas de dévotion. Si je donne l’aumône, pour que d’autres voient que je donne l’aumône, c’est de la bigoterie et pas de la dévotion. »

Présentateur : « Alors que donne ta main droite ce qu’ignore ta main gauche ».

Professeur Ali Benmakhlouf : « Voilà, c’est-à-dire que les actions sont selon les intentions et à chacun selon son intention. Eh bien, si vous allez avec une intention de véritablement vous adresser à Dieu et de l’invoquer précisément, vous ne l’invoquez pas pour que quelque chose s’améliore dans votre vie, vous l’invoquez pour l’invoquer. Et c’est dans l’invocation que quelque chose s’améliorera de votre vie. Votre comportement de croyant, c’est en lui-même que se trouve la justification de votre foi. »

L’éthique musulmane : Aujourd’hui

Tariq Ramadan évoque en ces termes la dimension de l’éthique musulmane : « La méditation, de cœur, sur l’origine, le sens et les objectifs supérieurs des textes et des contextes de même que la formulation, en conscience, des limites éthiques à l’action humaine dans l’univers et vis-à-vis des hommes : ce sont ces attitudes qui fondent la dimension “islamique“ de l’approche scientifique et des choix éthiques. Il ne s’agit pas d’“islamiser superficiellement les sciences est les savoirs“, mais bien, essentiellement et profondément, d’établir une conscience islamique des finalités et une éthique islamique relative aux comportements humains et à l’usage qualitatif des savoirs. »

De façon moins philosophique, plus pratique et plus simple, l’ouvrage d’éthique recommandé aujourd’hui par la communauté musulmane à tous les musulmans de France dans l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin consacrée en mars 2015 à « L’amour et la miséricorde en islam » est l’ouvrage de Mohammad al-Ghazzali intitulé « L’éthique du musulman ».

Ethique du musulmanEthique du musulman

L’ouvrage présente un certain nombre de réflexions sur des thèmes « classiques » : véracité, fidélité, sincérité, force, patience, etc.

Mais ce livre, présenté donc comme la référence éthique contemporaine pour les musulmans de France, interpelle fortement pour plusieurs raisons :

1) Les valeurs morales défendues par son auteur

Mohammad Al-Ghazali, théologien d’Al-Azhar, proche des Frères Musulmans, a en effet défendu devant la justice égyptienne, lors du procès relatif à l’assassinat de Farag Foda, (professeur égyptien, activiste des droits de l’homme), qu’il n’était pas condamnable mais même souhaitable de tuer un apostat. Sa déclaration fut la suivante : « Le meurtre de Farag Foda était en réalité la mise en œuvre de la punition d’un apostat que l’imam [ndlr la plus haute autorité musulmane d’Égypte] avait échoué à mettre en œuvre. » En effet, Farag Foda a été assassiné en juin 1992 par les musulmans sunnites du groupe Al-Gama’a al-Islamiyya, après avoir été accusé de blasphème par un groupe de théologiens d’Al-Azhar, dont Mohammad Al-Ghazali.

Que les représentants musulmans français recommandent donc un auteur explicitement favorable à l’assassinat des apostats pose une vraie question sur les valeurs des musulmans de France. D’autant que cet auteur considère que cette peine, pratiquée historiquement est toujours à l’ordre du jour aujourd’hui puisqu’il écrit dans l’Éthique de façon très claire : « Les enseignements de l’islam forment un tout indissociable et qu’on doit obligatoirement les appliquer en tout lieu et tout temps. »

2) La défense des châtiments corporels en tant qu’expression de la miséricorde divine

Mohammad Al-Ghazali défend par ailleurs vigoureusement les châtiments corporels. En effet, voici ce qu’il écrit spécifiquement dans l’Éthique sur les peines dites légales (al-houdoud), plus connues en Occident par le terme de « châtiments corporels » : « S’il s’avère à l’examen de l’état de cet individu que sa fitra [ndlr nature originelle] est pervertie, qu’il est devenu une source d’agression et de danger pour le milieu qui l’a hébergé et abrité, et qu’à sa bienveillance et ses soins il a répondu par la provocation et le trouble de la sécurité collective, alors ce milieu n’encourt aucun reproche en mettant fin à l’agression de l’un de ses membres et en brisant l’arme par laquelle il nuit à autrui. Le Coran a qualifié le vol, pour lequel on coupe la main, de vol injuste générateur de corruption en ajoutant au sujet du voleur puni : « Dieu reviendra sûrement à celui qui reviendra vers Lui après sa faute, et qui s’amendera. Dieu est Celui qui pardonne. Il est miséricordieux » (sourate La Table servie, verset 39). Donc la peine légale prescrite par l’islam est une prévention en faveur de la communauté juste et réformatrice contre l’agressivité d’un de ses membres, qui répond à son équité par l’injustice et à son réformisme par la corruption. (…) C’est pourquoi il n’y a aucune raison à fustiger les peines légales prescrites par l’islam, et admises déjà auparavant par la Thora, car elles sont considérées comme une prescription des Lois des religions célestes en général. »

Mohammad Al-Ghazali écrit également : « La miséricorde n’est pas une affection aveugle sans entendement, ni une pitié qui ignore la justice et l’ordre. Non. C’est un sentiment qui respect tous ces droits. Le spectacle du supplicié avec son corps suspendu dans l’air et ses yeux grands ouverts qui recherchent la lumière et demandent secours est un spectacle qui inspire la pitié. Pourtant, si l’on exauce ce sentiment éclair et qu’on libère le tueur, la terre sera remplie de désordre. C’est dire que la vraie miséricorde consiste ici à réprimer ce sentiment : « Il y a pour vous, une vie, dans le talion. Ô vous, les hommes doués d’intelligence ! Peut-être craindrez-vous Dieu ! » (sourate 2, verset 179) ». Pour lui donc, la pitié est un mauvais sentiment et il convient de le réprimer.

3) La conception de la miséricorde dans le contexte de la dichotomie musulmans/infidèles

En vérité, la miséricorde ne concerne que les musulmans entre eux. Mohammad Al-Ghazali écrit : « Dieu a décrit la société du musulman comme une société soudée par les liens d’affection que les uns vouent aux autres : « Ils seront humbles à l’égard des croyants ; fiers à l’égard des mécréants » (sourate la Table servie, verset 54), ils « sont sévères avec les impies, bons et compatissants entre eux [ndlr entre musulmans] » (sourate la victoire, verset 29). »

D’ailleurs le Conseil européen des fatwas écrit de nos jours : « La promesse de l’Enfer liée à tout mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. » 

Que reste-t-il alors de la miséricorde ? Mohammad Al-Ghazali écrit : « Tu te demanderas peut-être : Que signifie cette dureté évoquée dans le contexte d’un discours sur la miséricorde ? En vérité l’islam recommande la miséricorde générale sans excepter un homme, une bête ou un seul oiseau. Les textes cités précédemment attestent ce caractère global de la miséricorde. Mais, il y a des humains et des animaux qui constituent une source de danger et de frayeur pour autrui. Aussi, l’intérêt général de tout le groupe implique de juguler leur mal et de circonscrire leur nuisibilité. Or, la dureté peut être une forme de miséricorde envers eux tout en étant un moyen de corriger leur déficience. » En d’autres termes, la sévérité envers ceux qui nuisent à l’islam est un moyen de corriger leur nature et de les remettre dans le droit chemin et aboutit au vieux dicton : « L’enfer est pavé de bonnes intentions. »

Enfin pour terminer, revenons sur la conception de l’humain dans la religion d’amour et de paix. Mohammad Al-Ghazali écrit : « L’islam est un message de bien, de paix et de bonté pour tous les humains. Dieu n’a-t-il pas dit à son prophète : « Nous t’avons seulement envoyé comme une miséricorde pour les mondes. » (sourate les prophètes, verset 107). En plus, toutes les sourates du noble Coran s’ouvrent par : « Au nom de Dieu, le tout-miséricordieux, le très-miséricordieux. » Mais les chacals humains veulent absolument barrer la route à la miséricorde diffusée [ndlr l’islam], et placer des obstacles devant elle pour empêcher les hommes d’accéder à ses sources et les faire périr loin dans les vallées de l’angoisse et de l’ignorance. Il a fallu donc lever ces obstacles et être sévère avec leurs auteurs. Le jour où ils cesseront leur défi, cette miséricorde générale les englobera à leur tour. C’est dire que cette déficience ne comporte pas de déficience en elle-même. Toute la déficience se trouve chez celui qui s’est privé de miséricorde. Ne vois-tu pas que la miséricorde de Dieu embrasse toute chose ! Pourtant aucun associateur ou ingrat ne l’obtiendra. »

CONCLUSION

Que faut-il donc penser des valeurs éthiques et sociétales prêchées par les musulmans dits « modérés » en France quand on voit qu’ils recommandent comme livre de chevet en matière d’éthique un ouvrage qui dissocie absolument les musulmans des non-musulmans, valide totalement les châtiments corporels, fustige la pitié (valeur hautement chrétienne), cherche à débarrasser le monde de toutes les natures perverties et de tous les « chacals humains » ? Tout cela est-il bien compatible avec les valeurs humaines occidentales et françaises en particulier ?

La prière

La jurisprudence malikite précise de nombreux aspects pratiques concernant la prière. Pour en mesurer la diversité, voici quelques exemples :

«  Ali ibn Abdul Rahman al Muawi a rapporté : Abdullah ibn Omar m’a vu me distraire avec des galets alors que je priais. Ma prière achevée, il m’interdit de faire une chose pareille et me dit : « Fais ce que faisais l’envoyé de Dieu. » Je lui demandai : « Que faisait l’envoyé de Dieu ? » Il répondit : « Quand il s’asseyait au cours de la prière, il mettait sa main droite sur sa cuisse droite en joignant tous ses doigts sauf l’index, qu’il gardait tout droit, et sa main gauche sur sa cuisse gauche. » »

« Abdullah ibn Omar a rapporté que l’envoyé de Dieu a dit : « La prière en commun surpasse de 27 fois celle qui est fait individuellement. » »

« Abû Hurayra a rapporté que l’envoyé de Dieu a dit : « La prière en commun est de 25 fois plus méritante que celle fait individuellement. » »

«  Abbad ibn Tamim a rapporté qu’il a entendu Abdullah ibn Zayd al-Mazini dire : « L’envoyé de Dieu se rendit au lieu de la prière pour faire la prière consacrée à la demande de pluie, en changeant la disposition de son vêtement, en s’orientant vers la qiblah. » »

« Abu Ayub al-Ançair, le compagnon de l’envoyé de Dieu était en Égypte et dit : Par Dieu, je ne sais pas quoi faire de ces cabinets de toilette, bien que l’envoyé de Dieu ait dit : « Quand l’un de vous satisfait un besoin naturel, que sa face ne soit pas orientée vers la qiblah, et qu’il ne lui tourne pas le dos. » »

Les ablutions

Un bon exemple de l’énorme place prise par les rituels (cf. article loi & règles) dans la vie quotidienne du musulman est constituée par les règles touchant à la pureté rituelle et aux ablutions.

Dans l’ouvrage al-Muwatta, qui est la synthèse pratique de l’enseignement islamique du rite mâlikite, le livre 2 de 27 pages leur est entièrement consacré. Les prescriptions abordent de nombreux aspects pratiques de cette purification purement symbolique : l’image ci-dessous reprend à titre d’illustration les différentes sections de ce livre :

Pureté rituelle

Pour mesurer la diversité de points abordés dans le rite malikite, voici quelques exemples  :

« Abû Hurayra a rapporté que l’envoyé de Dieu a dit : « Celui qui fait ses ablutions, qu’il fasse entrer l’eau dans ses narines puis qu’il la rejette. Celui qui veut s’essuyer, qu’il utilise un nombre impair de pierres. » »

« Mâlik a rapporté d’après Zayd ibn Aslam, au sujet de l’interprétation de ce verset : « Ô vous les croyants ! Lorsque vous vous levez pour faire la prière, lavez vos visages alors et vos mains jusqu’aux coudes et passez vos mains humides sur vos têtes, et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. » »

« Bursa Bent Çafwan m’a fait savoir qu’elle a entendu l’envoyé de Dieu dire : « Lorsque l’un de vous touche sa verge, qu’il fasse ses ablutions. » »

« Abdullah ibn Omar disait souvent : « Un baiser qu’un homme fait à sa femme ou le fait de la palper constituent un attouchement. Celui qui embrasse sa femme ou qui la palpe avec sa main droite doit faire ses ablutions. » »

«  Aïcha, la mère des croyants, a rapporté : « Lorsque l’envoyé de Dieu voulait faire une lotion à la suite d’une impureté rituelle due à des rapports charnels, il commençait par se laver les mains, puis il faisait ses ablutions comme pour faire la prière, ensuite il plongeait ses doigts dans l’eau et les faisait passer dans ses cheveux, puis versait de l’eau sur sa tête, trois fois de suite, en puisant l’eau avec les pames, enfin il répandait de l’eau sur tout son corps. » »

« On fit savoir à Mâlik qu’on demanda à Aïcha au sujet de la lotion de la femme à la suite de rapports charnels ; elle répondit : « Qu’elle verse trois poignées d’eau sur sa tête, puis qu’elle se lave la chevelure. » »

«  Mahmud ibn Zubayd al-Ançarî a demandé à Zayd ibn Thâbet au sujet de l’homme qui a eu un rapport charnel avec sa femme, puis qui a arrêté l’acte sans éjaculer ce qu’il doit faire dans ce cas. Zayd lui répondit : « Qu’il fasse une lotion. » Mahmud répliqua : « Mais Ubay ibn Ka’b ne trouve pas que la lotion est d’obligation. » Zayd rétorqua : « Ubay ibn Ka’b avait changé d’avis avant de mourir. » »

« Abdullah ibn Omar disait : « Une fois que l’organe génital mâle pénètre dans l’organe génital femelle, la lotion devient un devoir obligatoire. » »

Loi & Règles : quelle place pour l’amour et la bienveillance ?

Dans la loi musulmane, la place du jugement personnel est réduite à la portion congrue : il ne s’agit pas pour le musulman de déterminer ce qui lui paraît bien ou mal pour définir comment agir mais il s’agit pour lui d’appliquer les règles édictées par Allah, même si elles peuvent lui paraître incompréhensibles, inefficaces ou aberrantes. Aussi la réflexion personnelle sur la nature du bien et du mal autrement qu’en référence à ces commandements est-elle très faible, voire quasiment inexistante.

Malek Chebel indique : « Il est très probable que la dualité bien/mal a accompagné l’épopée humaine depuis le début. Le Coran n’entre pas dans de telles spéculations, mais la personnalité du bon croyant est très distincte – tout en étant parfaitement ciselée – de celle du mauvais croyant. »

Pour Rémi Brague : « Rien n’échappe à la loi, observe Ghazali. (…) La loi est le seul et unique fondement de l’obligation. Ce n’est que par la loi (shar’) qu’on peut savoir qu’une chose est bonne ou mauvaise. Elle seule permet de distinguer entre justice et violence. »

Aussi la place des règles pratiques de vie et les rituels tiennent une place considérable dans la religion musulmane et dans la pratique quotidienne du musulman ; et bien évidemment en tout premier lieu les 5 prières par jour.

Dans l’émission de France 2 « Islam » consacrée en février 2015 à la chari’a, la jeune femme interviewée dans le reportage indique : « Malheureusement l’ignorance est répandue, c’est un fléau pour nous les musulmans, et tout musulman se doit d’apprendre sa religion. La chari’a pour moi c’est notre manière de pratiquer au quotidien, c’est-à-dire qu’on fait une prière, on a une manière de prier. Voilà, c’est la chari’a qui nous apprend à prier. On fait nos ablutions, il y a une manière de faire nos ablutions, donc c’est la charia qui nous enseigne comment faire nos ablutions. »

Tareq Oubrou de son côté s’interroge : « Je me demande ce qu’il reste de foi authentique en Arabie Saoudite ou au Pakistan. Les autorités religieuses y sont tributaires d’un environnement culturel et politique marqué par deux siècles d’idéologie wahhabite, notamment en Arabie Saoudite. Cela les conduit à entériner des pratiques moyenâgeuses, perçues comme barbares par le reste du monde, et qui n’ont rien à voir avec la religion dont j’essaie de vivre et de témoigner : conversions forcées, persécutions des minorités, lapidations, crimes d’honneur,…Ajoutez à cela des décennies de frustration et de rancœur à l’égard de l’Occident, sur fond de manipulation politique, d’analphabétisme et de grande pauvreté, et vous obtenez un cocktail des plus explosifs. » 

Tout homme naît musulman : le non-musulman est donc par essence un renégat

Pour l’islam, la religion naturelle de l’homme à sa naissance, sa religion innée, ne peut être que l’islam.

Rémi Brague écrit : « L’islam suppose que l’homme naît d’emblée musulman. L’européen, marqué par le christianisme, pense spontanément avec Descartes que « nous sommes hommes avant que d’être chrétiens ». Pour l’islam, c’est presque le contraire. Un passage du Coran [(sourate 7, verset 172)] rapporte que tout le genre humain fut miraculeusement tiré des reins d’Adam et interrogé par Dieu : Ne suis-je pas votre Seigneur ? L’humanité répondit par un oui unanime. »

L’Éthique du musulman confirme : « L’islam se qualifie lui-même comme religion de la fitra (conception originelle) »

Tariq Ramadan ne dit guère autre chose : « L’histoire de la création, telle qu’elle est narrée dans le Coran, est singulière. Tout commence, pourrait-on dire, par un témoignage est un pacte. En effet la révélation nous informe qu’aux premiers temps la création l’Unique a réuni l’ensemble des êtres humains et il les a fait témoigner : « Et quand nous prîmes des reins d’Adam sa descendance et nous la fîmes témoigner : « Ne suis-je pas votre seigneur ? » Ils répondirent : « Certes oui, nous en témoignons ! » Et ce afin que vous ne disiez pas au jour du jugement dernier : « Nous ne savions pas ! » Ce témoignage originel est d’une importance fondamentale dans l’élaboration de la conception islamique de l’homme. On apprend donc qu’il existe dans le cœur et la conscience de chaque individu, essentiellement, profondément, une intuition et une reconnaissance de la présence du transcendant. De la même façon que le soleil, les nuages, les vents, les oiseaux et tous les animaux expriment, nous l’avons vu, leur naturelle soumission, l’être humain a en lui une aspiration presque instinctive vers une dimension qui est « au-delà ». C’est l’idée de la fitra qui a suscité de nombreux commentaires exégétiques, mystiques ou philosophiques, tant elle est centrale dans la conception islamique de l’être humain, de la foi et du sacré. On la trouve mentionnée dans le verset suivant : « Acquitte-toi des obligations de la religion en vrai croyant et selon la nature (l’aspiration naturelle) que Dieu a donné aux hommes, en les créant. Il n’y a pas de changement dans la création de Dieu. Voici la religion immuable mais la plupart des gens ne savent pas » et confirmée par une tradition prophétique : « Tout nouveau-né naît selon la fitra, ce sont ses parents qui en font un juif chrétien ou un zoroastrien » (hadith rapporté par Bukhari et Muslim). Ainsi, ce « témoignage originel » a imprimé dans le cœur de chacun une marque qui est un souvenir, une étincelle, une quête de la transcendance dans un sens très proche de l’intuition de Mircea Eliade lorsqu’il affirme que le religieux participe de la structure de la conscience humaine. Cette attestation des premiers temps, par laquelle les êtres humains ont reconnu le créateur, façonne leur relation avec Dieu : ils sont liés par une sorte de pacte originel auquel leur conscience devra s’efforcer de rester fidèle. Il n’existe pas de péché originel dans l’islam : chaque être naît innocent et devient ensuite responsable de sa fidélité au pacte : celui qui ne croit pas, l’infidèle (kafir), est celui qui n’est plus fidèle au pacte originel, dont la mémoire est assoupie et le regard voilé. Dans la notion de kufr, en arabe, il y a bien l’idée d’un voilement qui provoque le fait de nier la vérité. »

Rémi Brague en tire les conséquences quant à l’apostasie  : « L’homme n’a pas besoin que ses parents le fassent musulman : l’homme naît musulman, ce sont ses parents qui en font un adepte des autres religions. De la sorte, selon le droit islamique, un enfant trouvé est réputé musulman jusqu’à preuve du contraire. Une conséquence capitale de ce fait est que toute position religieuse autre que l’islam n’est pas seulement une erreur mais, objectivement, une apostasie. Partant, le non-musulman, dans la mesure où il ne fait pas usage de la raison qui devrait lui faire connaître Dieu et lui faire comprendre l’intérêt qu’il a à se soumettre à lui, ne se distingue pas fondamentalement des animaux. »

Le non-musulman est ainsi coupable par essence aux yeux du musulman. En effet, il n’est pas responsable d’avoir fait un mauvais choix à partir d’une situation « neutre », mais d’agir de façon bien pire : en dégradant volontairement sa nature originelle par le rejet quotidien du Dieu musulman, Allah. Bref, tout ce qu’il faut pour justifier et alimenter un rejet viscéral des non-musulmans par les musulmans.

 

Comment culpabiliser la société française

Si certains auteurs musulmans peuvent être extrêmement critiques au regard de l’islam et de sa contribution au monde moderne, une des constantes de la culture musulmane est le rejet viscéral de la critique par l’Occident.

En France, cela prend notamment la forme d’un anathème qui frappe toute personnalité jugée trop critique et de façon plus générale toute critique issue de la société française, renvoyée à la culpabilité ontologique de son époque coloniale, fardeau de l’homme blanc qui excuse tout pour la suite des temps.

Ainsi, pour Tariq Ramadan : « Il y a la couverture médiatique, ce que l’on présente, cette façon finalement de présenter encore les musulmans français, français de confession musulmane, selon deux catégories : soit vous êtes modéré, soit vous êtes un radical ou vous êtes un fondamentaliste. Ça c’est l’ancienne typologie coloniale c’est-à-dire quand on arrivait dans un pays il y avait les « bons » et les « pas bons » : les « bons », c’est ceux qui nous résistaient pas, et les « pas bons » ils nous résistaient. Cette attitude de la binarité de l’autre est une attitude d’abord paternaliste, coloniale, et surtout, elle est pas acceptable. L’islam est aussi complexe que l’est le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme. »

La colonisation constitue par son caractère innommable une référence culpabilisante d’une extrême efficacité pour interdire tout débat critique. Cela étant, dans le cas ci-dessus, cette référence est intéressante car elle est utilisée par Tariq Ramadan pour expliquer la dichotomie entre les bons et les mauvais musulmans, dichotomie commode en réalité plutôt inventée par la classe politique française (et les musulmans modérés) pour éviter d’aborder au fond la question de la doctrine de l’islam et sa compatibilité réelle avec les valeurs des sociétés occidentales.

Mais, dans l’art d’interdire tout débat, une palme particulière doit sans doute être décernée à Edwy Plenel, qui semble être devenu dans ce domaine le factotum de Tariq Ramadan, et dont la science de l’amalgame intellectuel est poussée jusqu’à la plus extrême perversité en vue d’empêcher toute analyse critique sérieuse de la question musulmane. En effet, lisons Edwy Plenel et commentons :

–  « En défense de toutes celles et de tous ceux qu’ici même, la vulgate dominante assimile et assigne à une religion, elle-même identifiée à un intégrisme obscurantiste, tout comme, hier, d’autres humains furent essentialisés, caricaturés et calomniés, dans un brouet idéologique d’ignorance et de défiance qui fit le lit des persécutions. L’enjeu n’est pas seulement de solidarité mais de fidélité. À notre histoire, à notre mémoire, à notre héritage. Pour les musulmans donc, comme on l’écrirait pour les juifs, pour les noirs, ou pour les roms, mais aussi pour les minorités et pour les opprimés. Ou, tout simplement, pour la France. »

Commentaire : Edwy Plenel ne semble pas supporter la différence ni surtout la différenciation. Or la richesse du monde se nourrit de la reconnaissance pleine et entière d’une diversité assumée et de celle de l’essence des valeurs qu’on représente. Une partie de la pseudo intelligentsia française n’accepte que la médiocrité de l’uniformité, car l’existence de toute forme de différenciation, et donc d’infériorité ou de supériorité au regard de certains critères, est vécue par ces esprits tourmentés comme une injustice, la possibilité de porter un jugement – ce qu’ils ont en horreur –. Or chacun sait que « Tout esprit n’est pas composé d’une étoffe qui se trouve taillée à faire un philosophe ». Edwy Plenel veut tuer les préjugés en nous plongeant dans le bain curatif de l’ignorance : en d’autres termes, ne nous interrogeons surtout pas sur ce qui fait l’essence de l’islam et nous nous en porterons bien mieux… Or c’est la lumière qui révèle la vérité, pas l’obscurité et l’amalgame.

–  « C’est une école de barbarie, ici même, comme l’avait dit avec force, dès 1950 Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme : Tout connaisseur de ce texte célèbre en aura entendu l’écho dans l’intervention de Serge Letchimy, tant on y trouve déjà l’affirmation du lien entre crimes coloniaux et crimes hitlériens : le « formidable » choc en retour, selon Césaire, de cette corruption fatale que fut le colonialisme et qui a fait le lit de la barbarie nazie, sur ce fumier commun de la hiérarchie des humanités et de leurs civilisations. »

Commentaire : Encore la lancinante ritournelle de la colonisation dont l’ombre est prête à resurgir à tout moment pour obscurcir et entraver le débat, avec en prime, cerise sur le gâteau (bavarois ?), la douce menace de la muse nazie qui plane nécessairement au-dessus des esprits trop critiques : difficile de faire plus abject. Pourtant l’islam n’érige-t-il pas en principe tout à fait clair – avec mise en pratique quotidienne dans les pays musulmans – l’inégalité et la hiérarchie des communautés humaines (cf. article supériorité) ?

–  « Être musulman, l’exprimer ou le revendiquer, n’est donc pas plus incompatible en soi avec des idéaux de progrès ou d’émancipation que ne l’était l’affirmation par les ouvriers ou les étudiants de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et de la Jeunesse Étudiante Chrétienne de leur identité chrétienne, alors qu’ils rejoignaient les combats syndicaux et politiques du prolétariat ou de la jeunesse. »

Commentaire : Qu’est-ce que cette pétition de principe sur les idéaux musulmans, d’ailleurs absolument pas démontrée ni documentée, a-t-elle à voir avec l’identité chrétienne ? C’est un rapprochement pour le moins étonnant tant les valeurs défendues sont différentes.

–  « Le racisme est une monstrueuse poupée gigogne qui, une fois libérée, n’épargne aucune cible. Or c’est par le détour de sa banalisation envers les musulmans, sous couvert d’un rejet de leur religion, qu’il s’est de nouveau installé à demeure, redevenu admissible. Tolérable, respectable et fréquentable. L’actuelle extension du domaine de la haine dont nous sommes les témoins atterrés a pour ressort cette diffusion bienséante d’un racisme antimusulman, qui occupe la place laissée vacante par la réprobation, heureusement mais tardivement conquise, qui frappe l’antisémitisme. »

Commentaire : Où est la réflexion sur les valeurs de l’islam ? Elle est inexistante. Mais si vous critiquez l’islam, c’est que vous êtes raciste. Dans les régimes totalitaires qu’ont tant vantés il n’y a pas si longtemps certains de nos (pseudo-)intellectuels, dans tout homme il y avait un « petit-bourgeois » qui sommeillait… Avec des arguments aussi imbéciles, il n’y a plus qu’une chose à dire : Ite missa est ! Amen.

Interprétation : l’exemple du jihad

Dans une émission de France 2 du dimanche matin de mars 2015, le présentateur pose la question suivante au professeur Ali Benmakhlouf : « On a quelques relayeurs d’opinion qui parlent du suicide français, qui nous parlent du tiers du Coran qui serait violent. À supposer que l’approche quantifiée, quantitative, soit pertinente, sur les 6.237 versets coraniques, lesquels seraient de facture martiale et qui seraient belligènes ? »

La réponse du professeur Ali Benmakhlouf est la suivante : « Alors effectivement il y a une sourate qui a troublé beaucoup d’islamologues (…), la sourate 9 du « repentir », qui dit « tuez les associationnistes etc. » [cf. article jihad]. Mais ce sont des versets, je le dis, qui ne sont pas des normes pour les hommes. Autrement dit, vous les entendez, mais comment vous les entendez ? Vous les entendez comme un récit où vous vous rapportez et ce n’est certainement pas une injonction pour descendre dans la rue et tuer des gens. Je rappelle que le crime est une désobéissance civile ; ce n’est pas une question de croyance ou d’incroyance. Et plus que jamais on doit le rapporter.»

Obéissance & Éducation

Selon le Conseil européen des fatwas« La promesse de l’Enfer liée à toute mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »

Pour Malek Chebel :

–  « L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

–  « La charte des salafistes va jusqu’à abolir toute connaissance autre que celle véhiculée par le Coran. »

–  « Ce phénomène de dénigrement de la science en général et des sciences humaines en particulier ne concerne pas un seul pays ou une seule tranche de population ; il est tellement général que l’on se demande par quel miracle le lien social et la continuité des savoirs se sont maintenus. »

« À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le talib, on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. » 

Pour Tareq Oubrou, le niveau tout à fait insuffisant des imams ne peut de toute façon pas permettre d’assurer une instruction religieuse de bon niveau :

–  « Amateurisme et dilettantisme [ndlr des imams] est trop souvent la règle. »

–  « Les communautés préfèrent s’offrir un imam du bled – célibataire de préférence – qui ne leur coûte pas cher et ne fera pas de vagues. »

–  « Pour qui veut lutter contre l’obscurantisme qui frappe aujourd’hui le monde musulman, la France n’est pas forcément un endroit de tout repos. (…) Tout discours élaboré sur Dieu, l’interprétation du Coran ou la nécessité d’adapter sa pratique à un environnement sécularisé s’apparente pour la plupart des musulmans, en particulier les jeunes littéralistes, à un blasphème. »