Lecture du Coran & Esprit critique

On trouve dans le Coran quelques versets à propos des gens qui raisonnent ou réfléchissent, notamment pour prouver l’existence d’Allah :

Coran, sourate 16, verset 12 : « Pour vous, Il [ndlr Allah] a assujetti la nuit, le jour, le soleil et la lune. Et les étoiles lui sont soumises. Voilà bien là des preuves pour les gens qui raisonnent. »

Coran, sourate 30, verset 21 : « Parmi ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous vous reposiez auprès d’elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour les gens qui réfléchissent. »

En revanche, le Coran ne semble guère favoriser l’exercice de la raison comme outil d’exercice de l’esprit critique individuel :

Coran, sourate 2, verset 170 . « Lorsqu’on leur dit : « Conformez-vous à ce qu’Allah a révélé », ils répondent : « Non, nous suivons la coutume de nos pères. » Et si leurs pères ne comprenaient rien ? Et s’ils ne se trouvaient pas sur la voie droite ? »

Coran, sourate 3, verset 60 : « La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas au nombre des sceptiques. »

Coran, sourate 3, verset 61 : « À ceux qui te contredisent, maintenant que tu es bien informé, tu n’as qu’à dire : « Venez, appelons nos fils et les vôtres, nos femmes et les vôtres, nous-mêmes et vous-mêmes, puis proférons une exécration réciproque en appelant la malédiction d’Allah sur les menteurs. » »

Coran, sourate 5, verset 101 : « Ô les croyants! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous causeraient du mal. Si vous posez des questions à leur sujet, au moment où le Coran est révélé, elles vous seront néanmoins divulguées mais Allah effacera votre faute à ce propos. Allah pardonne et est miséricordieux. »

Coran, sourate 5, verset 102 : « Un peuple avant vous avait posé des questions pareilles puis, devint pour cette raison mécréant. »

Coran, sourate 33, verset 35 : « Soumis et soumises à Allah, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, (…) : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »

Coran, sourate 33, verset 36 : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à son messager est dans un égarement évident. »

La jurisprudence chaféite précise :

Section a4.2 : « (…) il est approprié pour chacun de croire dans tout ce qui a été apporté par le messager d’Allah et d’y associer une absolue conviction, libre de tout doute. »

Section r14.1 : « Le prophète a dit : « Quiconque parle du Livre d’Allah à partir de son opinion personnelle est dans l’erreur. » »

Pour Malek Chebel, le constat est simple :

–  « À l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, le « talib », on demande surtout une capacité d’assimilation passive des textes et de la tradition, sans aucun recul. »

–  « Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

–  « C’est pourquoi j’apporte du crédit à ceux qui soutiennent que les musulmans d’aujourd’hui n’ont qu’une aptitude limitée à l’autocritique. (…) L’école coranique où l’on égrène à longueur de journées des sourates et des versets, sans les comprendre et sans les relier à un contexte historique, est, de ce point de vue, la caricature de l’apprentissage mécanique. Sortir de cette méthode répétitive est en soi considéré comme un début explicite d’indiscipline, et parfois de vaine spéculation. »

Exemple d’abrogation : Les non-musulmans

La Tradition reconnaît l’abrogation des versets :

Coran, sourate 2, verset 62 : « Ceux qui croient, les Juifs, les Nazaréens, et les Sabéens, quiconque d’entre eux a cru en Allah, au Jour dernier et accompli de bonnes œuvres, seront récompensés par le Seigneur ; ils n’éprouveront aucune crainte et ne seront pas affligés. »

Coran, sourate 4, verset 162 : « (…) Ceux d’entre eux qui sont enracinés dans la connaissance, ainsi que les croyants, qui croient ce qui t’a été révélé et à ce qui a été révélé avant toi, ceux qui accomplissent la salat, paient la zakat et croient en Allah et au Jour dernier, ceux-là Nous leur donnerons une énorme récompense. »

Coran, sourate 5, verset 69 : « Ceux qui ont cru, les Juifs, les Sabéens, et les Chrétiens, ceux qui croient en Allah, au Jour dernier et qui accomplissent les bonnes œuvres, n’éprouveront pas de crainte et ne seront pas affligés. »

…par le verset :

Coran, sourate 3, verset 85 : « Quiconque recherche une religion autre que l’islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants. »

Pour le principe de l’abrogation, voir : Abrogation

Exemple d’abrogation : Les Gens du Livre : des communautés à combattre

L’ouvrage « Le Coran en islam » (al-qu’ran fi al’islam), écrit par le grand théologien de l’islam du XXème siècle, Muhammad Hussein Tabâtabâ’î, indique que le verset reçu au début de la prédication de Mahomet, c’est-à-dire au début de la période médinoise, prônant de vivre en paix avec les Gens du Livre (Ahl al-Kitâb), c’est-à-dire essentiellement les juifs et les chrétiens…

Coran, sourate 2, verset 109 : « Beaucoup de gens du Livre, après que la vérité s’est manifestée à eux, aimeraient par jalousie pouvoir vous rendre mécréants alors que vous avez la foi. Pardonnez et oubliez jusqu’à ce qu’Allah vienne avec Son jugement. Allah est puissant en toute chose ! »

…a été abrogé par le verset ultérieur sur la « guerre », datant de la fin de la période médinoise, c’est-à-dire peu de temps avant la mort de Mahomet, qui a mis fin aux relations pacifiques :

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, ceux qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui, parmi les gens du Livre, ne professent pas la religion de la vérité. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés. »

La jurisprudence malikite confirme cette évolution logique et tout à fait claire en reprenant des propos de Mahomet maudissant les juifs et les chrétiens et interdisant leur présence sur la terre sainte de l’islam, tels que :

« Isma’il ibn Hakim a rapporté qu’Omar ibn Abdul Aziz disait : « Les dernières paroles dites par l’envoyé de Dieu (lors de sa maladie) étaient : « Que Dieu maudisse les juifs et les chrétiens qui ont fait des tombeaux de leurs prophètes des lieux pour prier. Deux religions n’existeront jamais sur la terre des Arabes. » »

« Section : L’exclusion des juifs de Médine. Ibn Chihab a rapporté que l’envoyé de Dieu a dit : « Deux religions ne peuvent jamais exister ensemble dans la presqu’île arabe. » » [ndlr en d’autres termes, l’islam étant la religion de la péninsule arabique, aucune présence d’une autre religion ne doit être tolérée]

Pour le principe de l’abrogation, voir : Abrogation

Exemple d’abrogation : Les versets sataniques

Le Coran est la parole d’Allah mais Allah peut changer son message (cf. article abrogation) et dans certains cas, ce n’est pas Allah qui parle mais Satan. C’est du moins l’explication donnée notamment dans le cas des « versets sataniques » rendus célèbres par l’affaire Rushdie et qui correspondent à un passage précis du Coran. En effet, Mahomet y invoque des divinités autres qu’Allah, les « sublimes déesses » de La Mecque, afin d’essayer de se concilier dans les premiers temps les Arabes polythéistes de La Mecque qui auraient très mal vu le rejet de leurs idoles tribales traditionnelles.

Cette invocation constitue une forme de polythéisme totalement contraire au strict monothéisme prêché par Mahomet, et sur laquelle Mahomet va naturellement être obligé de revenir. Pour expliquer ce revirement, les musulmans disent que c’est Satan qui a parlé par la bouche de Mahomet, dans cet ouvrage pourtant parfait que constitue le Coran.

Coran, sourate 53, verset 19 :  « Avez-vous considéré al-Lat et al-Uzza,
Coran, sourate 53, verset 20 : et Manat, cette troisième autre ?
Coran, sourate 53, verset 20 bis : Ce sont les sublimes déesses
Coran, sourate 53, verset 20 ter : et leur intercession est certes souhaitée.
Coran, sourate 53, verset 21 : Avez-vous le Mâle, et Lui, la Femelle ?
Coran, sourate 53, verset 22 : Cela, alors, serait un partage inique. »

Les versets 20 bis et 20 ter sont originaux et authentiques mais sont généralement absents des versions habituelles du Coran. À ce propos, Malek Chebel indique : « La Tradition rapporte que lors d’un office public, le prophète aurait récité un verset abrogé, et donc interdit. Grâce au démon qui l’aurait posé sur la langue du prophète, ce verset se serait glissé entre le verset 20 et le verset 21 de la sourate 53 du Coran. Aussi est-il appelé verset satanique. (…) Au lieu de dire « avez-vous vu Al-Lat et Al-Uzza et l’autre, Manat, la 3ème idole ? », Mohammed a dit : « avez-vous considéré Al-Lat, Al-Uzza et Manat, cette autre troisième ? Ce sont de sublimes déesses et leur intercession est certes souhaitée ». Ce qui pose évidemment le problème de l’unicité divine. Car si Dieu a des rivales qui partagent sa dimension sublime, c’est qu’il n’est plus seul et qu’on peut adorer d’autres dieux que lui. Evidemment, le prophète s’étant rétracté aussitôt, l’expression est tombé en désuétude, au point que de nombreux traducteurs du Coran n’en font pas état. »

Ainsi, le revirement doctrinal de Mahomet figure au verset suivant :

Coran, sourate 53, verset 23 : « Ce ne sont que des noms dont vous les avez nommées, vous et vos pères. Allah ne fit descendre, avec elles, aucune probation. Vous ne suivez que votre conjecture et ce que désirent vos âmes alors que certes, à vos pères, est venue la direction du Seigneur. »

Pour expliquer cette intervention assez surprenante mais commode de Satan dans la bouche de Mahomet, le Coran invoque le fait que tous les prophètes ont connu cette mésaventure :

Coran, sourate 22, verset 52 : « Nous n’avons envoyé, avant toi, ni messager ni prophète sans que le démon intervienne dans ses désirs. Mais Allah abroge ce que lance le démon. Allah confirme ensuite ses versets. Allah sait et est sage. »

Ce n’est pourtant pas le cas de Jésus. Car si Satan a tenté le Christ, cette tentation étant explicitement décrite dans les Évangiles, jamais Satan n’a parlé par la bouche du Christ (même si les scribes pharisiens l’ont accusé d’expulser les démons par Beelzéboul cf. Marc 3, 22).

Au-delà de cette intervention opportune qui dédouane Mahomet de son revirement, on peut s’interroger d’une part sur le sens théologique à accorder à une telle intervention, d’autre part à son étendue : car qu’est-ce qui justifie que cette intervention se limite aux seuls versets sataniques et pas à d’autres versets du Coran ?

Mahomet était-il illettré ?

Le terme « ummî » est employé dans le Coran pour qualifier Mahomet. Selon certains, ce terme veut dire « illettré », l’illettrisme de Mahomet étant considéré comme une preuve indubitable de l’origine divine du Coran, car aucun homme illettré n’aurait pu l’écrire.

Position de M. Abdurrahman Badawî (traducteur de la Sîra) :

Pour M. Badawî, ce mot signifiait que le message de Mahomet était destiné à toutes les nations, le sens d' »illettré » étant apparu beaucoup plus tardivement de façon peu claire.

« Nous croyons que l’adjectif « ummî » est un adjectif relatif formé de « umam » au pluriel (« nations »). Comme l’exige la morphologie, pour former un adjectif relatif d’un nom pluriel, il faut le réduire au singulier.  (…) Donc, selon nous, « ummî » vient de « umam » au pluriel par le biais du singulier « ummah » ; il veut dire : international, valable ou destiné à toutes les nations. Donc le prophète « ummî » est le prophète envoyé et destiné à toutes les nations, le prophète international pour ainsi dire. (…) Il serait intéressant de poursuivre l’histoire de l’épithète « ummî », son emploi chez les poètes et les prosateurs durant au moins les cinq premiers siècles de l’hégire. On verra alors à quel moment elle a eu le sens d' »illettré ». »

Extrait de la Sîra :

« L’année où Dieu voulut honorer Mahomet et lui attribuer sa mission prophétique, à l’âge de quarante ans, au mois de ramadân, l’Envoyé de Dieu sortit pour sa retraite à Hirâ, comme il avait coutume de le faire. Il était accompagné de sa famille. La nuit même où Dieu lui fit l’honneur de sa mission, l’ange Gibrîl vint le voir. L’Envoyé de Dieu racontait : tandis que je dormais, Gibrîl se présenta à moi, tenant un étui en feutre brodé contenant un livre.
–  Lis, m’ordonna-t-il.
–  Lire quoi ? demandai-je.
Il appliqua alors l’étui sur mon visage, m’empêchant de respirer à tel point que je crus en mourir. Au risque de m’étouffer, Gibrîl ne cessa de m’ordonner de lire. Je demandai, excédé :
–  Enfin, lire quoi ?
–  Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis… Car ton Seigneur est le Très-généreux qui a instruit l’homme au moyen du calame et lui a enseigné ce qu’il ignorait.
Je lus. Gibrîl se tut et s’en alla loin de moi. »

 

Le principe de l’abrogation dans le Coran

Le Coran étant la parole d’Allah est censé être un livre parfait :

Coran, sourate 41, verset 42 : « L’erreur ne s’y[ndlr le Coran] glisse nulle part : c’est une révélation émanant d’un Seigneur sage, digne de louanges. »

En réalité, beaucoup de contradictions évidentes apparaissent. Celles-ci disparaissent par utilisation du principe de l’abrogation selon lequel Allah change son message comme bon lui semble :

Coran, sourate 2, verset 106 : « Si Nous [ndlr Allah] abrogeons un verset ou que Nous le faisons oublier, Nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah est omnipotent ? »

Coran, sourate 16, verset 101 : « Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait ce qu’Il révèle – ils disent : « Tu n’es qu’un faussaire ». Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. »

S’il existe certains cas d’abrogation reconnus par la Tradition, il n’existe malheureusement pas de liste complète des versets abrogés, si bien qu’aucune version du Coran expurgée des versets abrogés n’est disponible. Selon le passage considéré, la signification du message peut donc être considérablement modifiée.

Voir des exemples d’abrogation : Gens du Livre ; Non-musulmans

Lecture du Coran : Clarté & Obscurité

Le Coran, texte réputé parfait et absolument clair, indique pourtant qu’il existe deux types de versets voulus par Allah :
–  les versets absolument clairs, sans équivoque (moukhamat) ;
–  les versets obscurs, c’est-à-dire beaucoup plus difficiles à interpréter (moutachabihat), équivoques, dont seul Allah connaîtrait la véritable signification.

Coran, sourate 3, verset 7 : « C’est Allah qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclinaison vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d’intelligence se le rappellent.  »

 

Religion « d’amour et de paix » & Violence : quelques faits

Comment une religion « d’amour et de paix » peut-elle susciter autant de ces actes ?

  • Août  2015 : attentat déjoué d’Ayoub el-Khazzani dans le TGV (cf. article Hani Ramadan)
  • Juin 2015 : attentat en Isère commis par Yassin Salhi (un mort décapité)
  • Juin 2015 : 38 touristes européens tués en Tunisie (Sousse)
  • Février 2015 : exécution de 21 coptes en Libye : message de l’État Islamique à l’attention du monde chrétien (cf article Libye).
  • Janvier 2015 : de nombreuses églises incendiées au Niger dans le cadre des manifestations anti-Charlie Hebdo, preuve d’une absence totale de réflexion de la part des groupes musulmans concernés puisque les chrétiens ne sont pour rien dans cette affaire (violence aveugle dont on voit malheureusement qu’elle se réactive rapidement contre les ennemis jugés « naturels » de l’islam ), les journalistes de Charlie Hebdo vomissant toute forme de religion, qu’il s’agisse de l’islam, du judaïsme ou du christianisme.
  • 8 janvier 2015 : attentat contre le journal Charlie Hebdo (12 morts), meurtre d’une femme policier et de quatre personnes juives.
  • Décembre 2014 : Condamnation à mort pour apostasie de Mohamed Cheikh Ould Mohamed en Mauritanie
  • 4 novembre 2014 : un couple de jeunes chrétiens pakistanais, accusés de blasphème contre le Coran, a été battu à mort puis leurs corps ont été brûlés dans le four à briques où ils travaillaient.
  • Octobre 2014 : la Haute Cour de Lahore (Pakistan) confirme la condamnation à mort d’Asia Bibi, chrétienne et mère de 5 enfants, prononcée en 2010 suite à l’accusation blasphème à l’égard de Mahomet portée contre elle par des femmes musulmanes de son village ; il ne lui reste plus aujourd’hui comme recours que la Cour Suprême du Pakistan.
  • Octobre 2014 : double attentat au Canada
  • Septembre 2014 : 800 policiers sont mis à contribution à Sydney et Brisbane en Australie pour arrêter une quinzaine d’islamistes qui projetaient de perpétrer des meurtres spectaculaires sur des civils.
  • Été 2014 : Mise en place de patrouilles islamiques à Wuppertal en Allemagne (interdites rapidement par les autorités allemandes).
  • Mai 2014 : tuerie au Musée juif de Belgique (4 morts)
  • Leila Hatami, comédienne iranienne et membre du jury du 67ème Festival de Cannes, rappelée à la bienséance par les autorités islamiques d’Iran pour avoir fait la bise à Gilles Jacob (cf. article Contact avec les hommes).
  • Raif Badawi, fondateur d’un site internet de discussion sur la religion, en prison depuis 2012 en Arabie Saoudite pour « la production, la préparation, la diffusion et le stockage de contenus qui sapent l’ordre public, les valeurs religieuses, la décence publique et l’intimité. » Il a été condamné en septembre 2014 à 10 ans en prison, 1.000 coups de fouet (par tranche de 50 tous les vendredis), en plus d’une interdiction de quitter le pays pendant 10 ans après la fin de sa peine ;
  • Meria Yahia Ibrahim, de père musulman et de mère chrétienne, élevée dans la religion chrétienne depuis l’âge de 5 ans, condamnée à mort pour apostasie au Soudan, mais libérée sous la pression internationale en juillet 2014 ;
  • 2014 : création de l’État Islamique d’Irak avec son cortège d’atrocités (comme la conversion forcée ou la mort pour les non-musulmans, notamment des dizaines de milliers de chrétiens et yézidis, entraînant la fuite et la spoliation de leurs biens sur une terre occupée bien avant la naissance de l’islam) ;
  • 2013 (août) : destruction partielle ou totale d’une soixantaine d’Églises coptes en Égypte (pratique de destruction sporadique dans ce pays depuis des décennies) ;
  • La revendication du jihad par le Hezbollah au Liban, le Hamas en Palestine, Al Qaida, les Talibans en Afghanistan, le Groupe islamique armé en Algérie (devenu AQMI, Al Qaida au Maghreb islamique depuis 2007) ;
  • La pratique des crimes d’honneur (notamment en Syrie, Turquie, Pakistan, Bangladesh, Jordanie), très rarement condamnée par les musulmans. Ainsi, Farzana Parveen, jeune pakistanaise musulmane de 25 ans enceinte, battue à mort à coups de brique le 27 mai 2014 à l’entrée du tribunal de Lahore par une trentaine de membres de sa famille décidés à venger leur honneur, celle-ci ayant décidé d’épouser un homme contre l’avis de sa famille.
  • Depuis 2012 : les multiples méfaits du mouvement islamiste Boko Haram au Nigéria, comme l’enlèvement de deux cents jeunes filles majoritairement chrétiennes destinées à être converties, mariées de force ou réduites en esclavage ;
  • 2012 : Mohammed Merah, français d’origine algérienne, tue 7 personnes dont 3 enfants ;
  • 2012 jusqu’à aujourd’hui : recrutement et endoctrinement de jeunes européens (plusieurs centaines), dont beaucoup de Belges et de Français, pour aller faire le jihad en Syrie ;
  • 2005/2006 puis 2013 : affaire des caricatures danoises reprises dans Charlie Hebdo ; manifestations et émeutes dans de nombreux pays à travers le monde (ex. incendie de l’ambassade danoise de Beyrouth et invasion du quartier chrétien de Beyrouth par des foules en colère) ;
  • 2012 : Manifestations violentes suite à la diffusion de la bande-annonce du film « l’innocence des musulmans » ;
  • 2005 : attentats islamistes de Londres : 56 morts ;
  • 2004 : assassinat de Theo Van Gogh (criblé de balles puis égorgé) par un jeune musulman hollandais d’origine marocaine, peu de temps après la sortie d’un court-métrage dénonçant la soumission des femmes dans l’islam ;
  • 2004 : attentats islamistes en Espagne : 191 morts, 1.800 blessés ;
  • 2002 : prise d’otage à Moscou par un commando tchétchène (mort de 67 otages) ;
  • 2002 : Amina Lawal, mère de famille de 31 ans, condamnée au nom de la chari’a (remise en vigueur en 2000 au Nigéria) à la mort par lapidation par un tribunal islamique du Nigéria pour avoir eu un enfant plus de 9 mois après son divorce, donc hors mariage (sous la pression internationale, la condamnation fut toutefois annulée en septembre 2003).
  • 2001 : 16 chrétiens tués à Bahawalpur (Pakistan) dans l’église Saint-Dominique pendant l’office par plusieurs hommes armés ;
  • 2001 : destruction des Bouddhas de Bamiyan par les Talibans en Afghanistan, la chari’a étant appliquée avec ses multiples atteintes aux droits de l’homme et son impact sur la condition de la femme ;
  • 2001 : attentats du 11 septembre (2.970 morts) provoqués par des terroristes islamistes principalement originaires d’Arabie Saoudite ;
  • Années 2000 : le groupe islamiste Shabab terrorise la Somalie (toujours d’actualité) ;
  • 1997 : mort d’une soixante de touristes à Louxor ;
  • 1996 : assassinat de 7 moines de Tibhérine ;
  • 1995 : attentats de Paris

 

Les châtiments corporels : adultère et lapidation

L’adultère est puni très sévèrement en islam.

Coran, sourate 4, verset 15 : « Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d’entre vous. S’ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu’à ce que la mort les rappelle ou qu’Allah en décide autrement. »

La lapidation ne figure pas explicitement dans le Coran mais de nombreux autres éléments de la Tradition attestent sans conteste la validité de cette peine.

Rémi Brague précise : « Selon le hadith, Mahomet se glorifie de maintenir dans toute sa rigueur la lapidation biblique des femmes adultères, alors que les juifs l’avaient depuis longtemps abandonnée dans la pratique. Or le Coran tel que nous l’avons ne parle que de flagellation. Il a donc fallu inventer un « verset de la lapidation », verset purement virtuel qui n’aurait pas été intégré au recueil écrit des révélations. »

La Sîra de Mahomet indique :

–  « Mahomet a dit : « Ô Unais ! Va voir la femme de cet homme et si elle confesse l’adultère, alors lapide-la à mort. » »

–  « Mahomet a dit : « Quand un homme célibataire commet l’adultère avec une femme célibataire, ils recevront cent coups de fouet et seront bannis un an. S’ils sont mariés, ils recevront cent coups de fouet et seront lapidés à mort. » »

–  Section « Ils [ndlr des juifs] se réfèrent à l’Envoyé d’Allah au sujet de la lapidation » : « Ils allèrent à l’Envoyé d’Allah et lui dirent : « ô Muhammad ! Voici un homme marié qui a commis l’adultère avec une femme mariée. Prononcez une sentence sur leur cas, car nous te prenons pour juge dans leur cas. » (…) L’Envoyé d’Allah sortit de la Maison de Midrâs et ordonna de les lapider devant la porte de sa mosquée dans le quartier des Banû Ghanm b. Mâlik b. al-Najjâr (…) Lorsque le juif sentit les pierres, et il alla à sa compagne et la protégea pour lui éviter les coups de pierres, jusqu’à ce qu’ils fussent tués ensemble. L’Envoyé d’Allah dit : « C’est donc moi qui ai ressuscité le jugement de Dieu [ndlr Mahomet remit en vigueur la lapidation que les juifs avaient abandonnée] et son Écriture et qui l’ait pratiqué ». »

–  « Lors du pèlerinage d’adieu, Mahomet dit : « L’enfant appartient au lit et la femme adultère doit être lapidée. » »

–  « Dans le pavillon de Banû Sâ’idah, juste après la mort de Mahomet, Omar déclara : « Parmi les versets que Dieu révéla à Mahomet est le verset de la lapidation. Nous l’avons bien lu et assimilé. L’Envoyé d’Allah a lapidé, et nous autres après lui avons lapidé. Je crains qu’après un long temps, un des hommes dise : par Dieu, nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre de Dieu, et par-là les gens s’égareraient en abandonnant une obligation que Dieu a révélée. La lapidation, dans le Livre de Dieu, est un droit imposé à celui qui commet l’adultère, qu’il soit homme ou femme, s’il est marié et s’il y a une preuve probante ou s’il y a conception ou confession. » »

La Tradition (at-Tirmidhî) rapporte : « Umar bin al-Khattab rapporta : « Le messager d’Allah a lapidé, Abu Bakr a lapidé, et j’ai lapidé. Si je ne détestais pas faire un rajout dans le Livre d’Allah, je l’aurais fait dans le Mus’haf. Car, je crains que plus tard viennent des gens qui, ne le trouvant pas dans le Livre d’Allah, n’y croient plus. » »

Pour la jurisprudence malikite, se reporter à l’article dédié (lapidation malikite).

Les châtiments corporels : vol et amputation

L’islam punit le vol par l’amputation : ce point de doctrine est très clair et n’est pas remis en cause par les communautés musulmanes en Europe.

Coran, sourate 5, verset 38 : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez-leur la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est puissant et sage. »

La Tradition (Bukhari) rapporte : « Le Prophète a dit : la main du voleur doit être coupée si le vol excède un quart de dinar. »

La jurisprudence chaféite indique :

Section p21.1 « Dieu a dit : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est Puissant et Sage. » » (Coran, sourate 5, verset 38).

Section p21.2 « Le prophète a dit :
(1) « Dieu maudit le voleur dont la main est coupée pour avoir volé une corde. »
(2) « Si Fatima, la fille de Mahomet, volait, je lui couperais la main. » »

Section o14.1 « La main droite est amputée, que la personne soit musulmane ou un non-musulman de l’État Islamique, quand cette personne a :
(d) volé au moins pour une valeur d’un quart de dinar (soit 1,058 grammes d’or) ;
(f) dès lors qu’il ne peut pas y avoir de confusion possible sur le fait qu’il s’agissait effectivement d’un vol et non pour une autre raison.
Si la personne vole une seconde fois, son pied gauche est amputé ; s’il s’agit d’une troisième fois, alors sa main gauche est amputée ; et s’il vole encore, alors son pied droit. S’il vole une cinquième fois, il est battu. S’il n’a pas de main droite lors du premier vol, alors son pied gauche est amputé. S’il a une main droite mais la perd avant d’avoir été puni par un acte de Dieu, rien n’est amputé. »

En pratique, ces peines ne sont pas toujours appliquées de façon systématique dans le monde musulman (tout dépend de la chari’a ou de la loi locale), quoique la non-application de ces peines contrevienne au Coran. Elles le sont dans la plupart des pays dits « orthodoxes » (ex. péninsule arabique, Afghanistan, Afrique noire) mais a priori pas dans les pays d’Afrique du nord, où le vol est néanmoins puni très fortement (jusqu’à la réclusion à perpétuité).

L’amputation est couramment pratiquée en Arabie Saoudite : interview d’Abdallah Bin Sa’id Al-Bishi, un des bourreaux actuellement en exercice.

Abdallah Bin Sa’id Al-Bishi

 Arabie Saoudite Amputation

La jurisprudence malikite reprend les éléments suivants :

–  « Abdullah ibn Omar a rapporté que l’envoyé de Dieu a ordonné la coupure de la main pour le vol d’un bouclier dont le prix est de trois dirhams. »

–  « Un voleur interrogé, et avouant son acte, Aïcha, la femme du Prophète ordonne de lui couper la main et dit : « On coupe la main du voleur, au cas où le prix de l’objet volé est d’un quart de dinar ou plus. » »

–  « Mâlik a dit : « Ce que je préfère, c’est que la main soit coupée, au cas où l’objet volé est du prix de trois dirhams, même si le prix de change en subit une augmentation ou une diminution. De ce fait, l’envoyé de Dieu avait ordonné que la main soit coupée au cas où le bouclier est d’un prix de trois dirhams. Quant à Osman ibn Affan, il l’a aussi exigé pour un cédrat dont le prix est de trois dirhams. C’est ce que j’ai entendu de mieux à ce sujet. » »

–  « Mâlik a dit : « On coupe la main du voleur pour un objet qu’il a volé même s’il ne l’a pas utilisé et qu’il a été remis à son propriétaire. Ainsi, le voleur avait l’intention de le garder. » »

Arabie Saoudite Chatiments