Islam et modernité

Tariq Ramadan analyse le rapport douloureux de la société musulmane à la modernité.

Conférence au Maroc

Tariq Ramadan Maroc Modernite

Tariq Ramadan écrit par ailleurs : « Les sociétés majoritairement musulmanes sont le plus souvent à la traîne sur le plan économique, elles ne présentent la plupart du temps aucune garantie démocratique et, quand elles sont riches, elles ne contribuent à aucun progrès intellectuel et/ou scientifique. Tout se passe comme si le monde musulman, se percevant comme dominé, n’avait pas les moyens de ses prétentions. L’expérience de l’exil économique va ajouter à ce sentiment présent, mais diffus, la dimension concrète des tensions et des contradictions. La peur de perdre sa religion et sa culture au cœur des sociétés occidentales provoque des attitudes naturelles de repli et d’isolement. »

Malek Chebel indique : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

De son côté, Tareq Oubrou juge seulement « un peu exagéré » la déclaration de l’éditorialiste italien d’origine égyptienne Magdi Allam, récemment converti de l’islam au catholicisme : « Le problème des réformateurs de l’islam, c’est qu’on ne les trouve que dans deux endroits : les universités françaises et les cimetières du monde musulman. »

Les musulmans sont-ils supérieurs aux non-musulmans ?

Tariq Ramadan analyse le sentiment de supériorité des musulmans vis-à-vis des non-musulmans, et au sein même de la communauté musulmane.

Conférence au Maroc

 Tariq Ramadan Maroc Superiorite

Cette revendication à la supériorité des musulmans en tant que communauté  (Oumma) solidaire  s’inscrit clairement dans la doctrine du Coran :

Coran, sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux ; il y en a parmi eux qui croient mais la plupart sont des pervers. »

Coran, sourate 3, verset 139 : « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. »

Cette supériorité s’accompagne naturellement d’un fort communautarisme qui sépare la communauté musulmane aux communautés des non-musulmans.

Coran, sourate 3, verset 103 : « Et tenez-vous fermement tous ensemble à la corde d’Allah et ne soyez pas divisés ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous lorsque vous étiez divisés : c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. »

Coran, sourate 3, verset 104 : « Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdise le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront. »

Coran, sourate 8, verset 73 : « Les incrédules sont alliés les uns des autres. Si vous n’assistez pas les croyants non encore émigrés, il y aura tentation d’abjurer sur terre et grand désordre. »

Cette supériorité de la communauté musulmane s’accompagne d’une solidarité religieuse, qui transcende tout nationalisme, comme le rappelle un propos de Mahomet tenu peu de temps avant sa mort figurant dans la Sîra : « Musulmans, apprenez que tout musulman est le frère d’un musulman et que tous les musulmans sont des frères. »

Ce sentiment communautaire et cette supériorité sont des constantes de la culture musulmane : un mécréant ou un représentant des Gens du Livre ne peut pas valoir un musulman. Dans n’importe quel pays musulman aujourd’hui, un non-musulman n’a pas les mêmes droits qu’un musulman. L’histoire de l’islam et la jurisprudence islamique en donnent des preuves abondantes.

Le préambule de la Déclaration des droits de l’homme islamique de 1990 affirme : « (…) le rôle civilisateur et historique de l’Oumma islamique, dont Dieu a fait la meilleure Communauté ; qui a légué à l’humanité une civilisation universelle et équilibrée, conciliant la vie ici-bas et l’Au-delà, la science et la foi ; une communauté dont on attend aujourd’hui qu’elle éclaire la voie de l’humanité, tiraillée entre tant de courants de pensées et d’idéologies antagonistes, et apporte des solutions aux problèmes chroniques de la civilisation matérialiste ; » 

L’article 2 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui stipule « Chaque citoyen musulman se doit de respecter la citoyenneté telle qu’elle est établie par les lois françaises de la République. Celle-ci reconnait la diversité et la pluralité de la société, ne faisant aucune distinction entre les croyants ou non. Elle prône la solidarité, l’égalité et la tolérance. » est un déni de la réalité vécue aujourd’hui dans les pays musulmans et qui a pour objectif de faire accroire l’idée rassurante que la conception musulmane de la société est sans danger pour la laïcité et la démocratie française.

D’ailleurs, dans un contexte français marqué par une évidente difficulté à s’intégrer normalement (comme beaucoup d’européens l’ont fait – italiens, portugais, polonais,…- ou d’indiens ou d’asiatiques – dont on entend guère parler  et qui ne peuplent guère les prisons -), l’hyper sensibilité de la communauté musulmane sur ce sujet est évidente et aboutit à des sous-entendus nauséeux et des revendications inquiétantes, comme en témoigne officiellement la Convention citoyenne des musulmans de France qui stipule dans son article 2 : « Les musulmans sont en droit de revendiquer que leur citoyenneté ne puisse être assimilée à une citoyenneté de seconde zone ou de faire l’objet d’une quelconque remise en cause. Le musulman est d’abord un citoyen. Il affirme ou non, ensuite, son appartenance religieuse. » Car qui a jamais parlé à l’égard des musulmans de citoyenneté de seconde zone ? Quel curieux procès d’intention. Est-ce l’État français qui a créé ces zones de non droit où la police n’ose même plus entrer ? La doctrine est têtue : force est de reconnaître que, malheureusement, la doctrine musulmane privilégie de façon évidente l’appartenance à la religion et se moque bien de la citoyenneté vis-à-vis de tel ou tel pays.

Les Gens du Livre : justification doctrinale de la nécessaire soumission et humiliation

Le Coran demande aux musulmans de combattre tous les non-musulmans, y compris par les armes (jihad ou « combat dans la voie d’Allah »). Les Gens du Livre (c’est-à-dire les juifs, les chrétiens et les zoroastriens) sont toutefois un peu mieux lotis que les autres non-musulmans en raison du fait que les Gens du Livre possèdent un Livre – même s’ils sont accusés d’en avoir vicié le sens -, alors que tous les autres non-musulmans n’en ont pas.

Coran, sourate 3, verset 19 : « La religion, aux yeux d’Allah, c’est l’islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité, qu’après avoir reçu la science. Quiconque ne croit pas aux signes d’Allah, Allah est prompt à lui demander des comptes ! »

Aussi les Gens du Livre peuvent avoir la vie sauve sous réserve de se soumettre aux musulmans en payant un impôt spécifique (la capitation ou « jizya« ) et d’accepter l’autorité musulmane (avec toutes les règles juridiques, civiles,… afférentes). Cette tolérance et ses conditions d’application restent néanmoins très variables. Cette soumission, une fois acceptée par les musulmans, permet aux Gens du Livre de bénéficier d’une certaine forme de protection eu égard au sort réservé à tous les autres non-musulmans, qui sont sans droits. Le terme de « dhimmi » veut ainsi dire « protégé ».

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. »

Cette organisation religieuse et sociale est un principe très clair en islam. La jurisprudence chaféite indique :

Section o9.8 « Le calife fait la guerre aux juifs, aux chrétiens et aux zoroastriens après les avoir invités à se convertir à la foi et à la pratique islamiques, et, cas de refus, après les avoir invité à entrer dans l’ordre social islamique en payant l’impôt des non-musulmans, la jizya (…) en accord avec ce qu’Allah a dit : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. » (…). »

Section o9.9 « Le calife combat tous les autres peuples jusqu’à ce qu’ils se convertissent à l’islam, car ils n’ont pas de Livre, ne sont pas honorés à ce titre et ne sont pas autorisés à s’établir en payant la jizya (…). »

La jurisprudence malikite indique pour sa part : « Mâlik a dit : « Il est de la Sunnah de ne pas imposer l’impôt aux femmes des gens du Livre ni à leurs enfants. Il est obligatoire pour les hommes pubères. (…) L’aumône [ndlr zakat] n’a été en principe demandée aux musulmans que dans le but de les purifier pour qu’ils la donnent aux pauvres. Et cette capitation [ndlr jizya] a été imposée aux gens du Livre pour les humilier ».

Le commentateur contemporain de la jurisprudence malikite, le cheikh Muhammad Diakho, tente de circonstancier le sens de cette humiliation imposée aux Gens du Livre : « Cette volonté d’humilier les gens du Livre avait effectivement ses raisons d’être dans le temps historique et l’espace géographique qui s’explique aisément par les antagonismes qui accompagnaient la naissance d’une nouvelle religion. Si donc, comme dit l’imam Mâlik, cette « volonté d’humilier » était le but recherché (‘Illatu-l-kuhm), et si le temps et l’espace le justifient, il n’est pas nécessaire de comprendre de cette prescription qu’elle soit universelle, valable pour tout temps et espace. Dans les nouvelles conditions de cohabitation entre les diverses communautés religieuses dans les pays musulmans où les valeurs du respect mutuel, de l’entente et de la fraternité humaine sont fortement suggérées, rien n’est plus bénéfique à l’islam et aux musulmans que de circonstancier une certaine compréhension conflictuelle des textes scripturaires. »

La grande difficulté avec cette volonté d’atténuation du souci de la religion d’amour et de paix d’humilier les non-musulmans est qu’on ne voit pas bien sur quelle base doctrinale elle repose (même si on comprend bien l’objectif qui est de rendre acceptable l’islam par les non-musulmans) : le comportement de Mahomet qui demandait à ce que soient humiliés les Gens du Livre n’était-il pas exemplaire ?

L’État islamique et les chrétiens

Message adressé par l’État Islamique aux chrétiens du monde avant l’égorgement de 21 chrétiens coptes sur les plages de Libye en février 2015 (pour la justification doctrinale au regard du Coran, se reporter à l’article Condamnation des chrétiens) :

Execution Coptes

« Gloire à Dieu le fort et le puissant, et prière et paix sur celui qui a envoyé la miséricorde au monde par l’épée. Ô gens, vous nous avez déjà vus sur les collines de Syrie et dans la plaine de Dabiq.

Nous tranchons des têtes tant qu’elles portent l’illusion de la croix et qu’elles boivent la haine de l’islam et des musulmans. Et aujourd’hui, au sud de Rome, dans la terre musulmane de Lybie, nous envoyons un nouveau message.

Ô croisés, votre paix dépend de notre bonne volonté. Tant que vous nous combattez jusqu’au bout, nous vous combattrons jusqu’au bout, jusqu’à ce que la guerre accomplisse son but, et que le Christ (Issa) revienne – paix soit sur lui –. Il cassera la croix, il tuera le porc et il mettra la jizya sur tous.

Et cette mer dans laquelle vous avez fait disparaître le corps du Cheikh Oussama Ben Laden – que Dieu l’accueille dans son séjour –, nous jurons par Dieu de le racheter par votre sang et nous conquerrons Rome si Dieu le veut, promesse de notre prophète – prière et paix soient sur lui –. »

La condamnation du polythéisme et donc du christianisme par l’islam

  • Le christianisme : une religion fondamentalement condamnée par l’islam

Le christianisme est la faute la plus grave aux yeux des musulmans puisqu’ils considèrent que les chrétiens donnent des associés à Dieu par la Sainte Trinité, les musulmans ayant leur propre interprétation du christianisme contrairement au dogme professé par les chrétiens eux-mêmes.

La condamnation totale de ce qui est ainsi interprété comme un polythéisme (ou associationnisme : shirk) par l’islam s’appliquait également originellement aux arabes polythéistes de La Mecque (et qui étaient, eux, réellement polythéistes), dont les dieux et idoles étaient vénérés à la Ka’ba.

Il ne peut donc en aucun cas y avoir de rapprochement possible entre le christianisme et l’islam. L’islam est par nature un ennemi inné du christianisme qui ne peut être accepté qu’à une condition : la soumission à l’islam au travers du statut de dhimmi (cf. dhimmi).

Coran, sourate 3, verset 78 : « Et il y a parmi eux certains qui roulent leur langues en lisant le Livre pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu’il n’est point du Livre ; et ils disent : « Ceci vient d’Allah », alors qu’il ne vient pas d’Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah. »

Coran, sourate 4, verset 48 : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne un quelconque associé. Il pardonne à qui Il veut des péchés moins graves. Mais celui qui donne à Allah un quelconque associé commet un énorme péché. »

Coran, sourate 4, verset 116 : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne un quelconque associé. Il pardonne à qui Il veut des péchés moins graves. Mais celui qui donne à Allah un quelconque associé est dans un égarement profond. »

Coran, sourate 4, verset 171 : « Ô gens du Livre, n’exagérez pas dans votre religion et ne dites d’Allah que la vérité. Le messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un messager d’Allah, sa parole qu’il envoya à Marie, un souffle de vie émanant de Lui. Croyez donc en Allah et en ses messagers. Et ne dites pas « Trois ». Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah est unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah suffit comme protecteur. »

Coran, sourate 5, verset 72 : « Ceux qui disent : « En vérité, Allah c’est le messie, fils de Marie » sont des mécréants. Alors que le messie a dit : « Ô enfants d’Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur ». Quiconque associe à Allah d’autres divinités, Allah lui interdit le Paradis ; son refuge sera le Feu. Pour les injustes, pas de secoureurs ! »

Coran, sourate 5, verset 73 : « Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : « En vérité, Allah est le troisième de trois. » Alors qu’il n’y a de divinité qu’Une Divinité Unique ! Et s’ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d’entre eux. »

Coran, sourate 9, verset 31 : « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d’Allah, alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils [Lui] associent. »

Coran, sourate 31, verset 13 : « Luqman dit à son fils en l’exhortant : « Ô mon fils, ne donne pas d’associé à Allah, car l’association est vraiment une injustice énorme ». »

Coran, sourate 61, verset 9 : « C’est Lui [ndlr Allah] qui a envoyé son messager avec la Direction et la religion de vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs. »

  • Toutes les formes de polythéisme, dont le christianisme, doivent être combattus sans relâche

Toute forme de polythéisme, christianisme compris (sauf application du statut de dhimmi), doit être implacablement combattue :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés. La persécution des croyants [ndlr les musulmans] est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »

Coran, sourate 2, verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion soit entièrement à Allah seul. (…) »

Coran, sourate 2, verset 217. « (…) Ceux qui vous combattent [ndlr les polythéistes] ne cesseront de vous combattre jusqu’à, s’ils peuvent, vous détourner de votre religion. Ceux parmi vous qui abjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront leurs actions dans la vie immédiate et la vie future : ceux-là seront les gens du feu ; ils y demeureront éternellement. »

Coran, sourate 6, verset 107 : « Si Allah voulait, ils ne seraient point associateurs ! Mais Nous ne t'[ndlr Mahomet]avons pas désigné comme gardien pour eux ; tu n’es pas leur protecteur. »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 9, verset 28 : « Ô vous qui croyez ! Les associateurs ne sont qu’impureté : qu’ils ne s’approchent plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci. Et si vous redoutez une pénurie, Allah vous enrichira, s’Il veut, par sa grâce. Allah sait tout et est sage. »

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés. »

Coran, sourate 9, verset 113 : « Il n’appartient ni au Prophète ni aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu’ils savent que ce seront des hôtes de la Fournaise. »

Coran, sourate 48, verset 6 : « Il [ndlr Allah] tourmentera les hypocrites, hommes et femmes, et les associateurs et les associatrices, qui pensent du mal d’Allah. Qu’un mauvais sort tombe sur eux. Allah est courroucé contre eux, les a maudits et leur a préparé l’enfer. Quelle détestable destination ! »

Coran, sourate 98, verset 6 : « Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les associateurs iront dans le feu de l’enfer, pour y demeurer éternellement. Ceux-là sont le pire de l’humanité. »

  • Conclusion

On ne voit donc pas bien comment à partir de ces textes sacrés, reconnus et acceptés par tous les musulmans, bâtir en France un vivre ensemble puisque la doctrine musulmane rejette de façon viscérale le christianisme.

La condamnation des juifs dans l’islam

La condamnation doctrinale des juifs est très présente dans le Coran, les juifs étant accusés d’avoir perverti ou falsifié le message de Dieu. À compter du moment où Mahomet eut perdu l’espoir de convertir les juifs de Médine, elle fut accompagné par des appels à la violence dépourvus d’ambiguïté (se reporter également à l’article sur l’Extermination des Banu Quraydha).

Coran sourate 2, verset 75 : « Comment pouvez-vous espérer, musulmans, que de pareils gens [ndlr les juifs] partageront votre foi, alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole d’Allah, la falsifia sciemment ? »

Coran, sourate 4, verset 155 :  « Nous les avons maudits car ils ont rompu l’alliance, car ils ont été incrédules aux signes d’Allah, car ils ont tué injustement des prophètes, et parce qu’ils ont dit : « Nos cœurs sont incirconcis ». Non ! Allah a scellé leurs cœurs à cause de leur incrédulité ; rares sont donc ceux qui croient. »

Coran, sourate 5, verset 63 : « Pourquoi les rabbins et les docteurs de la Loi ne les empêchent-ils pas de tenir des propos mensongers et de manger des gains illicites ? Que leurs actions sont donc mauvaises ! »

Coran, sourate 5, verset 64 : « Les Juifs disent : « La main d’Allah est fermée ! » Que leurs propres mains soient fermées et qu’ils soient maudits à cause de leurs paroles. Au contraire, ses deux mains sont largement ouvertes et Allah distribue ses dons comme Il veut. Certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur fait beaucoup croître en eux la rébellion et l’incrédulité. Nous avons suscité parmi eux l’inimitié et la haine jusqu’au jour de la résurrection. Chaque fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Allah l’éteint. Ils s’efforcent de semer le désordre sur la terre, alors qu’Allah n’aime pas les semeurs de désordre. »

Coran, sourate 62, verset 5 : « Ceux qui ont été chargés de la Torah mais qui ne l’ont pas appliquée sont pareils à l’âne qui porte des livres. Quel détestable exemple que celui de ces gens qui traitent de mensonges les versets d’Allah. Allah ne guide pas les gens injustes. »

La Sîra rapporte l’événement suivant : « Mahomet avait dit : « Tuez tout homme juif dont vous vous emparez. » Alors, Muhayyisah ibn Masûd sauta sur Ibn Sunaynah, un commerçant juif qui le fréquentait, faisait du commerce avec lui et le tua. Huwaysah ibn Masûd n’était pas encore musulman et était plus âgé que Muhayyisah. Quand Muhyyisah tua Ibn Sunaynah, Huwaysah se mit à battre Muhayyisab en disant : « ô ennemi de Dieu ! L’as-tu tué ? Peut-être y a-t-il de la graisse dans son ventre qui vienne de son argent ! » Alors Muhayyisah répondit : « Je jure par Dieu que celui qui m’a ordonné de le tuer est quelqu’un qui, s’il m’ordonne de te tuer, je te couperai le cou ». Cette phrase fut la cause de la conversion de Huwaysah à l’islam. En effet, Huwaysah lui dit : « Ah ! Si donc Muhammad t’ordonne de me tuer, tu me tueras ? ! » Muhayyisah répondit : « Oui, certes. Je jure par Dieu que si Muhammad m’ordonne de couper ton cou, je le ferai. » Alors Huwaysah dit : « Une religion qui te rend ainsi est quelque chose d’extraordinaire ! » Et Huwaysah a (aussitôt) embrassé l’islam. »

Pour l’islam, les juifs sont responsables de leur sort car comme le rappelle Jacqueline Chabbi : « Si les juifs médinois ne croyaient pas en Mahomet, c’est qu’avec une obstination coupable, ils avaient trahi leur propre cause. La divinité avait pourtant tenté de les remettre à plusieurs reprises sur le bon chemin. »

Rien d’étonnant donc à ce que la Tradition authentique (Bukhari) rapporte le propos suivant de Mahomet : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

La condition de la femme en islam aujourd’hui

Tariq Ramadan analyse la condition très difficile de la femme dans les sociétés et la culture musulmanes :

Conférence au Maroc

Tariq Ramadan Femmes

Conférence à Lausanne

Tariq Ramadan Lausanne Education des femmes

Tariq Ramadan est également assez critique lorsqu’il écrit : « Je l’ai dit et répété : l’islam n’a pas de problème avec les femmes, mais il apparaît clairement que les musulmans ont effectivement de sérieux problèmes avec elles, et il faut en chercher, de l’intérieur, les raisons et parfois les (discutables) justifications. »

Pour Tariq Ramadan : « Le discours sur les femmes a été très influencé par les cultures patriarcales et on en est arrivé à justifier des pratiques culturelles qui n’étaient pas « islamiques ». L’excision des femmes, les mariages forcés, les crimes d’honneur, par exemple, ne sont pas islamiques, même si certains savants ont essayé de les justifier religieusement. Ce travail critique est loin d’être abouti et il importe de sensibiliser les musulmans et leurs concitoyens sur ces confusions qui mènent à des trahisons. »

Tariq Ramadan poursuit : « La plupart des commentaires, des analyses et des développements se concentrent prioritairement et presqu’exclusivement sur les différents rôles et fonctions des femmes dans les cellules familiales et sociales. Il n’existe pas de réflexion approfondie, structurée et dialectique sur la femme en tant qu’être, sur l’être féminin, son rapport au sens, à la pratique religieuse et sa relation avec le corps social dans son ensemble. » Et aussi : « Vivre et faire vivre un couple dans l’amour et le temps en se réalise pas à coups de rappels religieux prescriptifs, de « fatawa », de listes d’obligations et de droits. Or, malheureusement, le discours islamique sur le mariage se réduit pour l’essentiel à cela et les hommes s’en servent bien souvent. »

Tariq Ramadan écrit également : « Il ne faut pas non plus minimiser la dimension psychologique dans le débat concernant les femmes. La relation avec l’Occident est complexe : avant, pendant, puis après les colonisations, la question de la femme a été centrale dans les relations de pouvoir et les débats politiques, théologiques et culturels. Cela a nourri dans la psyché musulmane contemporaine une sorte de réaction réflexe : moins le discours est occidental à propos des femmes, plus il est perçu comme islamique et, inversement, plus il est islamique, plus il se devrait d’être restrictif et s’opposer à la permissivité occidentale dont la finalité serait de laminer les fondements de la religion et de la morale. »

Il est toutefois plus étonnant de voir Tariq Ramadan écrire : « On doit bousculer les choses pour que les femmes trouvent leur juste place, mais elles doivent aussi se mobiliser : elles n’obtiendront rien si, de leur côté, elles cultivent une attitude de victimes. » 

Le Statut de la femme musulmane indique de son côté : « Aujourd’hui, le statut de la femme dans l’islam reste encore incompris et ignoré par une grande partie d’hommes musulmans qui abusent de leur autorité masculine et de musulmanes auxquelles on n’a pas donné la possibilité de s’instruire ou qui se sont contentées de juger par ce qu’elles voyaient comme traditions. L’image que donnent les musulmans, en particulier au monde occidental, reste tronquée car elle ne repose que sur l’apparence d’une religion souvent mélangée à des traditions régionales. Au VIème siècle, le statut donné à la femme par l’islam fut une révolution psychologique, sociale, économique et politique. Aujourd’hui, ce statut reste un but à atteindre, après que les musulmans sont entrés dans une longue léthargie qui a bloqué leur sens du raisonnement : droit à l’instruction à des niveaux égalant ceux des hommes, droit au divorce, droit au travail, droit à la vie politique et sociale du pays. »

Esprit critique & Victimisation dans la culture musulmane

Tariq Ramadan analyse la difficulté des musulmans à entendre les critiques qu’on peut leur adresser et leur tendance à se poser en victimes (conférence donnée au Maroc).

Tariq Ramadn MarocTariq Ramadan Maroc Victimisation

Tariq Ramadan écrit également :

–  « L’absence de débat critique et serein est à notre sens l’un des maux qui rongent la pensée musulmane contemporaine. »

–  « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine »

–  « Depuis longtemps les musulmans ne savent plus se mettre d’accord intellectuellement pour quelque chose (une idée, un projet ou un engagement) : ils ne se rapprochent émotionnellement les uns des autres et offrent parfois un front apparemment que lorsqu’il s’agit de se mobiliser contre un potentiel ennemi, une provocation ou une attaque. Loin du dialogue critique, l’union est effectivement émotive, souvent excessive, ponctuelle et éphémère. Certains “ulama“ et musulmans y voient une force de la Oumma islamique alors qu’au-delà de l’effet de l’image, on est en présence de l’expression d’une fragilité et d’une faiblesse à nulle autre pareilles. Les manifestations populaires, si excessives dans le monde musulman, contre les caricatures danoises ou les propos du pape Benoît XVI en Allemagne disent davantage sur des sociétés où le débat critique est absent, où la société civile est muselée (et parfois habilement instrumentalisée pour jeter son dévolu sur l’étranger, sur l’Occident), où le formalisme hypocrite est institutionnalisé que sur l’objet spécifique de la colère. »

–  « Le tableau ne serait pas complet si l’on oubliait le jeu joué par certains gouvernements arabes. Ces derniers ont également très peur de toutes les voix qui, installées en Occident, peuvent faire la critique de la dictature, du manque de démocratie, de l’absence des sociétés civiles, de la torture et de l’oppression des populations. Des États comme l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la Syrie, la Tunisie ou l’Algérie (et tant d’autres), n’ont de cesse d’intervenir par des voies directement politiques ou diplomatiques pour jeter le discrédit sur les savants, les intellectuels ou les leaders musulmans qui les critiquent. »

–  « Il faut terminer cette liste non exhaustive de déficits avec un dernier écueil très souvent, trop souvent, rencontré dans les communautés musulmanes d’Occident. Qui cherche à évaluer les modes d’adhésion des musulmans aux discours qui leur sont proposés se rendra à l’évidence que l’émotivité est le principal canal d’attraction. Des discours qui touchent le cœur, qui s’appuient sur une unité supposée de la communauté, qui relatent une histoire de la civilisation islamique souvent idéalisée, qui enfin « prouvent » la grandeur de l’islam par une critique en règle de l’Occident… et voilà les intelligences et les émotions emportées pour une heure ou davantage. L’essentiel est sauvé : la vérité est de notre côté, la faute dans l’autre camp. Le déficit d’autocritique est tous les jours patent et dans l’esprit de beaucoup de musulmans il demeure que « critiquer un musulman, c’est critiquer l’islam », ou encore, presque plus gravement, « faire le jeu de l’ennemi, de l’Occident ». »

Pour Malek Chebel, le constat est également très sévère :

–  « L’attitude du croyant musulman vis-à-vis du corpus coranique a toujours été empreinte d’exaltation et de respect, ce qui l’empêche d’affronter les nouvelles idées. »

–  « Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

–  « L’une des caractéristiques actuelles de la pensée en islam est d’être univoque. Mais lorsqu’on dit « univoque », il faut entendre le mot au sens immédiat du terme et non pas de manière métaphorique ou distanciée. Très distinctement, l’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia. »

–  « Pour les autorités religieuses, il ne peut pas y avoir de liberté en dehors du dogme lui-même, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de liberté du tout, hormis évidemment celle qui consiste à suivre la voie telle qu’elle a été tracée depuis des lustres. »

Le diagnostic de Malek Chebel va d’ailleurs plus loin puisqu’il écrit : « Je suis frappé par l’emprise phénoménale que les religieux ont sur la société, et plus particulièrement sur les couches sociales démunies. Du reste l’étau de fer dans lequel se trouve la société arabe, perse ou indonésienne, n’est pas prêt de se desserrer, car la corporation des religieux a compris depuis longtemps que l’élévation du niveau de vie et surtout l’acquisition de connaissances rationnelles – les deux fers de lance du progrès humain – sont deux des facteurs qui limitent son influence. »

Tareq Oubrou considère de son côté que « Les musulmans ne sont jamais invités à se remettre en question [ndlr lors de la prière du vendredi à la mosquée]. L’islam leur est présenté comme LA solution universelle. »

C’est d’ailleurs ce que laisse entendre l’Éthique du musulman qui stipule : « Le croyant véritable n’accorde aucun intérêt à ce qui n’a pas de fondement certain dans la religion de Dieu. Évidemment, il va rencontrer, en raison de son audace face aux coutumes et aux habitudes, gêne et contrainte. Toutefois, il ne doit craindre, pour Dieu, le reproche de quiconque. Il doit poursuivre son but sans se préoccuper de la dureté des critiques et des invectives blessantes. »

La décapitation : un mode d’exécution validé doctrinalement en islam

La décapitation ne constitue pas un acte « barbare » au regard des valeurs musulmanes puisque :

1 ) C’est un mode d’exécution pratiqué par Mahomet lui-même et par ses partisans, comme en atteste sa biographie (se reporter à l’article décapitation). De ce point de vue, l’État Islamique a donc simplement remis cette pratique au goût du jour pour être le plus conforme possible à la pratique du Prophète.

2) La décapitation est une pratique parfaitement validée dans certains pays musulmans d’aujourd’hui au travers de la chari’a, notamment en Arabie Saoudite, terre sainte de l’islam, où elle est régulièrement mise en œuvre par les autorités (voir exemple de vidéo ci-dessous), généralement de façon publique.

 

Execution Arabie Saoudite 2015

Execution Leila Bassem 2015

La décapitation : une pratique de Mahomet, mise en scène par l’État Islamique avec des moyens modernes

Décapitation au couteau de chrétiens coptes par Daech sur les rives de Libye (février 2015)

La décapitation, validée et pratiquée par Mahomet – qui ne peut donc pas être considérée pour cette raison comme « barbare », sauf à considérer que Mahomet lui-même était un « barbare » -, a été reprise par Daech qui lui a donné une publicité d’envergure à l’échelle de ce que permettent les moyens modernes de communication.

Les extraits qui suivent de la Sîra illustrent quelques exemples de décapitation :

Retour de la bataille de Badr : « Après Badr, le Prophète regroupa les prisonniers et les emmena avec lui à Médine. À son arrivée à Rawhâ, les musulmans qui n’avaient pas pris part à la bataille sortirent à sa rencontre pour le féliciter, avec ses compagnons, de la victoire que Dieu leur avait procurée. (…) Le Prophète ordonna de tuer Uqba ibn Abû Mu’ît. Uqba lui demanda :
–  Muhammad, qui va nourrir mes petits-enfants ?
–  Le feu, répondit-il.
Ali lui trancha la tête. Le Prophète poursuivit son chemin et parvint à Médine un jour avant les prisonniers. »

Condamnation de Habbâr : « Le Prophète, ayant appris l’inconduite de Habbâr, lui envoya quelques-uns de ses compagnons : « Si vous mettez la main sur ce Habbâr ibn al-Aswad, leur dit-il, brûlez-le sur un bûcher ». Le lendemain, se ravisant, le Prophète leur envoya dire : « Je vous avais ordonné de brûler Habbâr. Puis j’ai pensé que le supplice du feu, Dieu seul pouvait l’ordonner. Si vous arrivez à le saisir, tranchez-lui simplement la tête. » »

Extermination des juifs Banû Quraydha à Médine : se reporter à l’article dédié à ce sujet (Banû Quraydha) : « Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Exécution du juif Huayy ibn Akhtab : « On fit donc venir Huayy ibn Akhtab devant le Prophète. Il avait les mains ligotées autour du cou et portait un manteau d’un rose éclatant, qu’il avait, pour ôter à ses geôliers toute envie de vol, tailladé de toutes parts :
–  Je ne regrette absolument pas, dit-il au Prophète, d’avoir été ton ennemi, mais, je le constate, quiconque abandonne Dieu, Dieu l’abandonne.
Et s’adressant à l’assistance :
–  Nous acceptons l’ordre de Dieu. C’est une tuerie que Dieu a décidé d’inscrire dans le destin du peuple d’Israël.
Puis il s’assit et le Prophète lui trancha la tête. »

Torture et exécution de Kinânah : « L’Envoyé d’Allah ordonna de creuser la ruine. On en extraya une partie du trésor des juifs. Il demanda à Kinânah où se trouvait le reste. Mais Kinânah refusa de l’indiquer. L’Envoyé d’Allah ordonna à al-Zubayr bin al-‘Awwâm de le torturer jusqu’à ce qu’on extraie ce qu’il y a chez lui. Al-Zubayr se mit à faire brûler, par un briquet, sa poitrine, jusqu’à ce que Kinânah fût sur le point de mourir. Puis l’Envoyé d’Allah l’a livré à Muhammad bin Maslamah. Celui-ci lui coupa son cou en vengeance de son frère Mahmûd bin Maslamah. »