La soi-disant défense de la France chrétienne par les politiques

Les revendications des musulmans visant à consolider l’institutionnalisation de la présence musulmane en France sont de plus en plus fréquentes et insistantes, et parfois sans limites si on en juge par la demande de Dalil Boubakeur de transformer les églises vides en mosquées (juin 2015). Il ne s’agit d’ailleurs pas ici d’une idée improvisée mais de la reprise d’une proposition écrite faite par M. Boubakeur. Pour la réciproque dans les pays musulmans, il faut sans doute faire appel à Georges Lucas.

Boubakeur Elkabach 150615 Eglises

Boubakeur Elkabach 150615 Eglises

Cette proposition s’appuie notamment sur l’idée inouïe – amalgame doctrinal parfaitement volontaire – que les juifs, les chrétiens et les musulmans auraient le même Dieu. Faut-il simplement rappeler qu’au regard de la doctrine islamique, les chrétiens commettent le plus grand péché qui soit, c’est-à-dire l’associationnisme du fait du dogme chrétien de la sainte Trinité, un des mystères fondateurs du christianisme ? Que les musulmans nient totalement la nature divine du Christ ? Que les juifs et les chrétiens ne sont que des citoyens de seconde zone (« dhimmis ») dans la doctrine musulmane ?

Mais face à une telle proposition, d’une violence incroyable, quel homme politique français aura le courage de remonter à la doctrine musulmane même pour remettre les pendules à l’heure ? Tous les hommes et femmes politiques français refusent l’obstacle et se réfugient derrière le paravent de la dichotomie islam modéré / islamisme radical, sans d’ailleurs savoir précisément de quoi ils parlent en terme de doctrine. Et si certains ont mieux compris la problématique, nul doute que le poids des urnes achète et achètera toujours leur conscience.

En effet, côté socialiste, François Hollande n’a-t-il pas depuis longtemps baissé pavillon devant l’islam, une bonne illustration étant le discours sur le soldat musulman (cf. soldat musulman) ? En outre, il n’est pas sûr que ses convictions morale soient suffisamment affirmées pour porter haut les valeurs chrétiennes de la France.

Hollande

Hollande

 Pour Emmanuel Todd (« Qui est Charlie ? »), « François Hollande, fis d’un médecin catholique d’extrême-droite et d’une assistance sociale catholique de gauche, est une parfaite incarnation de ce catholicisme zombie. (…) Le président de la République est un homme débonnaire, insignifiant, « normal » selon sa propre terminologie. Les socialistes, eux, sont modérés en toute chose. (…) L’incapacité de décider ne vient pas, à l’Élysée, ainsi qu’on le suggère parfois, du radical-socialisme. Elle a une origine culturelle collective, mais n’est en fait que l’une des virtualités de la subculture catholique, magnifiquement transmise à François Hollande, catholique zombie archétypal [1]. Comme tant d’autres avant lui, né poussière, il redeviendra poussière. (…) Il nous reste à comprendre comment des préférences inégalitaires et différentialistes de faible intensité peuvent aboutir, sur un mode collectif, à une obstination d’une rare violence. »

[1] « Le catholicisme zombie est la force anthropologique et sociale née de la désagrégation finale de l’Église dans ses bastions traditionnels. »

L’obstination de la médiocrité est en effet une des caractéristiques majeures de ce quinquennat. L’analyse d’Emmanuel Todd, illustrée par l’euro, est de ce point de vue assez éclairante sur la capacité à s’enferrer dans des choix sans issue : « Entre 1992 et 1995, j’avais remarqué qu’il n’était pas impossible de démontrer à un européiste, dans une discussion face à face, l’absurdité du projet de monnaie unique, mais que la croyance en l’inévitabilité de l’euro était invulnérable au niveau collectif. La croyance, faible, était déjà portée par un groupe social suffisamment vaste pour que l’individu, un instant retourné, en revienne à sa croyance en même temps qu’à son milieu après la conversation. (…) François Ruffin a saisi la même chose, ou plutôt le même rien, dans une très belle réflexion sur une élue picarde du PS. Il nous raconte ainsi, dans Fakir, sa « rencontre avec le vide » : « Deux heures durant, à sa permanence, j’ai échangé avec ma députée socialiste, Pascale Boistard. Rarement j’ai réalisé un entretien aussi vide. Je l’ai donc oublié. Et pourtant, ai-je réfléchi, mon interview, dans sa nullité, par sa nullité, témoigne d’une maladie, collective, neuro-dégénérative,… « . L’échec de l’euro invite désormais à réfléchir sur la limite, au sens mathématique du terme, de l’agrégation collective des croyances faibles : au niveau des individus, la croyance en la monnaie unique tend vers zéro tandis qu’au niveau collectif des « élites », elle est toujours aussi solide. On peut sans doute formuler l’hypothèse d’une croyance collective qui se perpétuerait alors même qu’elle n’existerait plus qu’à l’état de trace, ou plus du tout, en tant que croyance individuelle. L’euro n’est qu’un cas particulier d’inertie systématique, de persistance d’un projet humain en l’absence de toute réflexion sur sa validité, tout simplement parce qu’un groupe existe, originellement porteur d’une croyance, et que les sorties individuelles de la croyance ne suffisent pas à l’éliminer. »

Cette logique implacable et imbécile, qui exclut le peuple puisqu’on fait bien entendu son bien contre son gré, n’est-elle pas en marche dans nombre de projets de société du gouvernement socialiste actuel, y compris celui de vouloir l’intégration sociale de force (pour le bien de leur hôte) de communautés, sans même avoir l’intelligence de se préoccuper des valeurs spirituelles et morales que ces communautés revendiquent importer sur le sol national (le mot « assimilation » étant par ailleurs bien entendu devenu totalement tabou) ? Et quand ce projet d’intégration mécanique des musulmans est porté par un ministre qui a par ailleurs déclaré son attachement éternel à la communauté juive et à Israël, on se p(r)end à s’étrangler.

Côté droite, que n’entend-on d’appels pieux et inspirés à la commémoration et à la défense des racines chrétiennes de la France, tous les Républicains notamment cherchant à s’accaparer dans la féroce compétition qui les unit cette noble cause et ce noble dessein ? Qu’en est-il en réalité ?

Alain Juppé a depuis longtemps abandonné la partie au sujet de la problématique de l’islam, sa formation au sein des « élites » françaises l’autorisant certainement à en dédaigner avec superbe la gravité (cf. Alain Juppé). De toutes façons, ses convictions spirituelles et morales semblent si peu ancrées (mariage pour tous, adoption par les couples homosexuels, abandon de la loi de 1905 dans le cas de l’islam,…) au regard de ses ambitions de pouvoir personnel que si d’aventure un peu de courage était nécessaire pour défendre les églises de France, il est probable qu’il détalerait comme le rat des villes. Droit dans ses bottes, mais dans des bottes de 7 lieux.

Des paroles Alain Juppe 141002

Des paroles Juppe 141002

Pour ce qui concerne Nicolas Sarkozy, il est probable qu’une trop grande habitude des calculs politiques et électoraux le fait trop louvoyer entre les convictions, au point de nous perdre, comme dans la récente affaire Morano qui s’est retournée contre lui. En effet, lâcher ses lieutenants en rase campagne parce qu’ils disent tout haut ce que beaucoup pensent tout bas n’est guère galant et n’honore guère la mémoire du général de Gaulle.

De Gaulle Race

Nicolas Sarkozy Race 120317

Nicolas Sarkozy Race 120317

Alain Finkielkraut 151021

Alain Finkielkraut 151021

Quant au Front National, peu de réflexion fondamentale sur l’islam à se mettre pour le moment (octobre 2015) sous la dent.

Les politiques clament partout que l’immigration française doit être choisie : bien peu nombreux sont les politiques qui ont le courage de dénoncer, afin de la renégocier, la Convention Européenne des Droits de l’Homme dont l’alinéa 1 de l’article 8 stipule que «  Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale », alinéa qui, entendu extensivement, retire de facto au gouvernement français la possibilité de s’opposer au regroupement familial. Mesdames et messieurs les politiques, où sont la cohérence et le courage ?

La question est de savoir ce que dit l’islam, puisque les musulmans en sont les porte-parole. Qui, dans ce débat doctrinal, donc va défendre réellement si nécessaire les valeurs spirituelles et humaines de l’Occident chrétien que tout un chacun pourtant brandit avec vigueur dans une sphère politique toute émoustillée à l’approche des élections ? A-t-on oublié le chant des armées du Rhin ? Malheureusement, le pire est à craindre. La France chrétienne mais déchristianisée aura le sort qu’elle mérite ; les bêlements n’ont jamais empêchés l’égorgement.

Le droit de frapper sa femme au salon de la femme musulmane (septembre 2015)

Réaction de Céline Pina, conseillère régionale en Ile-de-France, à l’occasion du salon de la femme musulmane (septembre 2015), au cours duquel le droit de frapper sa femme fut abordé (les références coraniques étant sur ce point très claires cf. article frapper sa femme dans le Coran). Elle fait notamment état du silence assourdissant de la classe politique française sur le sujet, qu’on peut certainement rattacher à une lâcheté profonde, voire viscérale.

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La culpabilisation coloniale conduit à l’humiliation religieuse

Comment comprendre les témoignages de reconnaissance pour faits de guerre à l’égard de la communauté musulmane présentés par les représentants de l’État français, qu’il s’agisse de la construction de la grande mosquée de Paris dans les années 1920 ou beaucoup plus récemment du discours du président de la République à l’occasion de l’inauguration du mémorial du soldat musulman en février 2014 ?

L’État français socialiste s’est exécuté en février 2014 devant une revendication de la communauté musulmane exprimée dans l’article 19 de la Convention citoyenne des musulmans de France de juin 2014 : « Les musulmans demandent la reconnaissance et le respect de la mémoire de leurs coreligionnaires tombés sur le champ d’honneur pour que la France soit libre et le demeure. »

À vrai dire, j’ignorais que la France eût une dette à l’égard de l’islam au titre de sa défense et de celle de la liberté. Si c’est le cas, elle en a certainement une à l’égard du judaïsme, et surtout du christianisme, puisque les chrétiens sont tombés par centaines de milliers et même millions (compte tenu du fait que la France est historiquement chrétienne) pour la défense de ce pays. Soyons sérieux car le sujet est grave : la France n’a aucune reconnaissance particulière à avoir à l’égard de l’islam : elle n’en a que vis-à-vis des individus qui se sont battus pour elle, quelle que soit leur origine.

Qui plus est, quel sens donner à cette demande de la communauté musulmane formulée dans la Convention de juin 2014 sachant le président de la République l’avait déjà satisfaite en février 2014 ? Ne fallait-il pas remplacer dans la Convention le terme « demandent » par « ont obtenu » pour être plus fidèle à la réalité ? Que signifie réellement le maintien de cette revendication dans cette Convention ? On pourrait être tenté de croire que la « Soumission » a déjà commencé si l’on veut être un brin provocateur.

L’État peut tenter de favoriser, c’est son rôle au travers du ministère de l’intérieur et des cultes, et c’est tout à fait souhaitable, la bonne entente entre communautés religieuses au travers de témoignages et d’échanges équilibrés vis-à-vis de chacune d’elles. Mais le fait-il dans ce cas précis à bon escient ? D’ailleurs, il me semble difficile de maintenir la neutralité qui s’impose dans l’exercice de la responsabilité politique si l’on proclame, comme le premier ministre, être « lié de façon éternelle à la communauté juive et à Israël ». (cf.  Manuel Valls)

Il est certain que des musulmans se sont effectivement battus auprès des Français dans les 150 dernières années, mais ils ne se sont pas battus aux côtés des chrétiens, des juifs, des agnostiques, des athées… mais aux côtés des Français, et ils ne se sont pas battus parce qu’ils étaient musulmans mais parce qu’ils appartenaient aux colonies françaises et, un certain nombre, de fait, étaient musulmans.

Le président de la République a déclaré en février 2014 : « S’en prendre à une mosquée (…), comme s’en prendre à une église, à une synagogue, à un temple, c’est s’attaquer à l’ensemble de la communauté nationale. » Eh bien non, c’est s’en prendre à des communautés spécifiques, respectivement les musulmans, les catholiques, les juifs et les protestants. C’est justement parce que, aux yeux de certains, ces communautés cristallisent symboliquement des problématiques bien spécifiques [1] (voire plusieurs à la fois) qu’ils s’en prennent à elles.

[1] En ce moment, plutôt : l’intégration pour les musulmans, l’opposition au mariage homosexuel pour les catholiques, et la politique d’Israël vis-à-vis des musulmans en Israël pour les juifs.

Mais que, de fait, s’en prenant à elles, ils ne respectent pas la loi française, n’a rien à voir avec une volonté de s’attaquer globalement à la nation française par une atteinte aux lois de la France, contrairement à ce que montrent à l’évidence les propos de jeunes de certaines banlieues, devenues des territoires hors droit et où la police n’ose parfois même plus aller, et qui manifestent sans ambiguïté leur rejet du modèle de société français dans son ensemble. Dans ce dernier cas, effectivement, on peut parler d’attaque de la communauté nationale.

Il semble d’ailleurs assez curieux de faire référence dans ce contexte au principe de respect des croyances de chacun, « inscrit depuis deux siècles dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen », dans la mesure où la plupart des pays musulmans n’adhèrent pas dans la forme ou dans les faits à cette déclaration et lui substituent d’autres principes issus d’autres déclarations .

Nos monuments aux morts portent la mention « morts pour la France » et non « chrétiens morts pour la France » ou « juifs morts pour la France ». Si la France peut se sentir redevable envers tous ceux qui se sont battus pour elle, en quoi l’islam (ou toute autre religion) a-t-il quelque rapport avec la défense de la France ? Témoigner une reconnaissance institutionnelle à une religion plutôt qu’aux individus, aux familles, qui ont souffert pour la France n’est-il pas maladroit, déplacé, voire choquant ?

Témoignons de la reconnaissance à ceux qui le méritent. Pour le reste, cessons cette repentance permanente dans laquelle la France se complaît depuis une trentaine d’années et voyons aussi tout ce que la France a apporté au monde et aux anciens pays colonisés. Il est temps que la France abandonne sa contrition masochiste, dans laquelle se délecte l’intelligentsia post soixante-huitarde, adepte de la déstructuration et au fond de la destruction des valeurs (destruction freudienne et enfantine provoquée par un vouloir totalitaire jouissif qui ne parvient pas à se maîtriser), et que la France retrouve un peu de fierté, sans pour autant tomber dans l’arrogance.

Discours memorial du soldat musulman

Yûsuf Al-Qaradâwî : sa vision des causes du terrorisme

Dans une lettre remise à François Hollande en février 2015, Yûsuf Al-Qaradâwî indique que « Sur  la question du terrorisme, il ne faut pas s’arrêter sur les effets et les conséquences, en négligeant les causes et les motivations qui alimentent ce terrorisme, à savoir, l’absence de l’égalité humaine, la provocation des sentiments religieux, la négligence du droit des palestiniens à la création d’un État. Il ne faut pas non plus fermer les yeux sur les crimes perpétrés par les israéliens contre les palestiniens, sur le soutien des régimes dictatoriaux dans le monde Arabe et musulman qui répandent le sang de leurs peuples et transgressent leur liberté, comme c’est le cas en Syrie et en Égypte. Il affirme que la résolution de ces problèmes contribuera à éradiquer le terrorisme à la racine au niveau mondial. »