L’État islamique descend-il de Mahomet ?

Article : « Délégitimer l’État islamique sur des fondements islamiques : Des savants musulmans critiquent Abou Bakr Al-Bagdhadi »

Par Ella Landau-Tasseron (ELT), professeur honoraire du département des études islamiques et moyen-orientales de l’université hébraïque de Jérusalem. Ses domaines de recherche sont l’histoire islamique, le système tribal arabe, les institutions politiques islamiques, les hadiths, l’historiographie islamique et le djihad.

On trouvera ci-dessous un résumé de l’article d’Ella Landau-Tasseron. L’article intégral est disponible à cette adresse : http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/8873.htm

Remarque liminaire de l’auteur du site : Au vu de cet article très complet, dont de nombreux aspects sont déjà documentés sur ce site, on comprend pourquoi les musulmans « modérés » sont bien en peine de démontrer que la doctrine de l’État islamique ne correspond pas à la nature profonde de l’islam puisque l’État islamique ne fait que ressusciter les pratiques de Mahomet, qui est un modèle pour tous les musulmans.

« Le 19 septembre 2014, un groupe de 126 savants musulmans ont adressé une lettre ouverte au dirigeant de l’État islamique, Abou Bakr al-Bagdhadi, dans laquelle ils critiquent sévèrement la politique et les actions de l’État islamique, qu’ils qualifient de déviations par rapport à l’islam, religion de miséricorde. Pour justifier leur position, ils citent parfois les mêmes textes que ceux employés par l’État islamique, en leur donnant leur propre interprétation. Il convient de mentionner que cette lettre n’a suscité aucun débat dans le monde musulman.

Je [ndlr ELT] présente ci-dessous, point par point, les critiques émises par ces savants, avec une courte analyse de chaque point (indiquée par une astérisque).

1. Un musulman invoquant une autorité religieuse doit avoir une éducation formelle ; il doit appliquer correctement le Coran, les hadith et la théorie juridique, considérer tous les textes pertinents pour chaque question discutée et éviter toute lecture sélective. Les autorités religieuses de l’EI ne remplissent pas ces exigences.

ELT : Al-Baghdadi possède un doctorat en études juridiques islamiques (Sharia) de l’université de Bagdad. Cela fait certainement de lui une personne versée dans la Sharia. En outre, la lecture sélective des textes sacrés est inévitable, parce qu’ils renferment toujours des contradictions. Les critiques les lisent eux aussi de manière sélective, omettant ou s’écartant de textes qui ne correspondent pas à leur argumentation.

2. Une autorité religieuse doit posséder la maîtrise de l’arabe. L’État islamique se présente comme la réalisation de la promesse d’Allah dans le Coran 24:55 : “Allah a promis à ceux qui croient et accomplissent des bonnes oeuvres qu’Il les établira comme successeurs (la-yastakhlifannahum) [de ceux qui les ont précédés] sur la terre…” L’État islamique soutient que le mot la-yastakhlifannahum, dérivé de la même racine que le mot khilafa, fait référence au Califat d’Al-Bagdhadi. Cette interprétation dénote une ignorance de l’arabe, car elle déforme le sens véritable du verset.

ELT : Ce verset a toujours été interprété comme relatant la victoire et les conquêtes du Prophète et du premier califat au septième siècle. L’État islamique, imitant le modèle parfait [du Prophète], applique bien entendu le verset à lui-même. En vérité, le mot la-yastakhlifannahum ne fait pas littéralement référence à un califat, mais certains musulmans pré-modernes pensaient que c’était le cas. Cela signifie que l’État islamique n’a pas introduit de nouvelle interprétation mal fondée.

3. Il est interdit de simplifier à outrance la Sharia et d’ignorer les sciences et les experts islamiques reconnus.

ELT : Les critiques protestent ici contre la tendance actuelle à la “démocratisation de la connaissance religieuse”, en vertu de laquelle des musulmans autodidactes lisent les sources par eux-mêmes et parviennent parfois à des conclusions légales. Cette tendance est facilitée par Internet et son attrait est considérable.

4. L’indulgence est toujours préférable dans les questions religieuses. La propagation de l’islam s’est toujours faite par la prédication, et non par la coercition. Les actions de l’État islamique sont contraires à ce principe islamique.

ELT : Pour formuler cet argument, les critiques recourent à une pratique pour laquelle ils attaquent l’État islamique, à savoir sortir des versets de leur contexte ou se fonder sur des versets considérés comme abrogés. Il est également erroné de dire que l’islam s’est toujours propagé par la prédication uniquement. Tant l’histoire que les livres de droit musulman prouvent le contraire.

5. La Sharia ne doit pas être appliquée de manière rigide et littérale, comme le fait l’État islamique, mais de manière flexible, selon les circonstances du lieu et de l’époque.

ELT : De fait, les érudits musulmans ont toujours fait preuve d’ingéniosité pour adapter les lois de la Sharia aux réalités changeantes. A l’époque moderne, le débat sur le caractère adaptable s’est intensifié, car les musulmans font face à des problèmes résultant de l’affrontement entre les cultures et les valeurs islamiques et occidentales. L’État islamique représente une attitude ultra-puritaine qui, en partie au moins, constitue précisément une réponse à la modernité occidentale et occidentalisée. Les critiques adoptent une approche plus flexible.

6. Il est interdit de tuer des innocents, comme l’État islamique le fait souvent. Il doit exister un motif légal pour tuer.

ELT : L’exigence du “motif légal” est mentionnée dans le Coran mais sans précision ; aussi l’expression reste vague. Les musulmans pré-modernes ont débattu pour savoir si l’incroyance était un motif suffisant pour tuer, ou seulement l’incroyance combinée à l’agression. Les deux positions s’appuient sur des versets du Coran, et sur différentes interprétations et dires du Prophète.

7. L’État islamique tue des journalistes et des travailleurs humanitaires, lesquels sont comparables à des émissaires, qu’il est interdit de tuer.

ELT : Cette analogie faite par les critiques illustre la facilité d’application de normes traditionnelles indulgentes aux circonstances modernes, par déduction. Une autre analogie de la sorte est faite entre le visa moderne et l’aman pré-moderne, à savoir l’institution légale qui protégeait les visiteurs étrangers dans les pays musulmans et vice-versa, à condition qu’ils respectent les lois du pays d’accueil. Après le 11 septembre, de nombreux musulmans ont soutenu que les auteurs des attentats avaient des visas américains, comparables à l’aman donné aux musulmans dans les pays étrangers. En commettant un crime contre leurs hôtes américains, ces musulmans ont ainsi enfreint le droit musulman.

8. L’État islamique attaque des musulmans, alors que le djihad doit être défensif et mené contre des non musulmans uniquement. En outre, il doit être mené pour une cause légale, avec une intention juste, un but légal et un comportement légal. La cause doit résider dans une agression contre les musulmans, l’intention doit être de combattre dans le chemin d’Allah, l’objectif doit être de “faire triompher la parole d’Allah”, et le comportement approprié doit consister à tuer les combattants uniquement. L’État islamique s’est écarté de tous ces principes. L’objectif du djihad a été atteint lorsque la Péninsule arabique a été islamisée par le Prophète en 630-631 de l’ère chrétienne, de sorte que le djihad offensif est devenu obsolète. Les conquêtes islamiques postérieures au Prophète ne peuvent servir de modèle à l’État islamique car elles étaient purement défensives. L’exécution par le Prophète de prisonniers ne peut servir de modèle à l’État islamique, parce que les prisonniers en question étaient des criminels de guerre comme ceux jugés à Nuremberg. L’État islamique se trompe également en appelant chaque musulman à participer au djihad, parce que le djihad incombe à la communauté dans son ensemble, non à chaque musulman en tant qu’individu.

ELT : La plupart des termes et catégories utilisés ici par les critiques sont empruntés à la doctrine occidentale de la guerre juste. Toutefois, les règles du djihad ne sont pas entièrement compatibles avec cette doctrine. Contrairement à l’argument avancé par les critiques, le Coran, les hadith et l’islam pré-moderne ont prêché la guerre offensive. En fait, l’objectif légal islamique de “faire triompher la parole d’Allah” signifie instaurer le règne de l’islam par la conversion ou la soumission des non musulmans – soit par la prédication et la persuasion, soit par des moyens violents. Il y a ainsi une contradiction entre les deux affirmations des critiques (“le djihad est uniquement défensif” et “l’objectif du djihad est de faire triompher la parole d’Allah”). Pour résoudre cette contradiction, les critiques inventent une interprétation novatrice : l’objectif du djihad a déjà été atteint par le Prophète, disent-ils, de sorte que seul le djihad défensif est désormais autorisé. A ma connaissance, aucun savant musulman pré-moderne n’a offert une telle interprétation.

ELT : S’agissant de l’attitude appropriée dans la guerre, les premiers érudits musulmans ont fixé certaines règles, telle que celle de “ne pas tuer d’enfants”, mais celles-ci ont été plus tard annulées par des interprétations ingénieuses. De même, les règles coraniques concernant les prisonniers de guerre stipulaient qu’ils pouvaient être libérés contre rançon ou gratuitement. Des juristes musulmans ont complété ces règles sur le fondement des actions attribuées au Prophète, de sorte que les prisonniers puissent également être exécutés ou transformés en esclaves. Il semble que les règles primitives de conduite du djihad étaient plus compatibles avec les normes internationales actuelles que les réglementations classiques de la Sharia.

ELT : Les critiques ne tiennent pas compte de tous les versets du Coran et informations pertinentes pour la question du djihad (contredisant ainsi leur propre conseil adressé à Al-Baghdadi). En particulier, ils omettent de mentionner les interprétations traditionnelles du verset dit “du Sabre” et de nombreux autres versets et Hadith, qui enjoignent aux musulmans de combattre les Infidèles “dans le chemin d’Allah” indépendamment de la nécessité de se défendre.

ELT : En outre, les expressions cause légale, objectif juste et intention juste sont floues. Elles semblent être des moyens de restreindre la guerre offensive, mais ne sont pas nécessairement telles. Dans l’islam, il existe un précédent permettant de considérer comme des agresseurs tous les non musulmans qui refusent de se convertir, ce qui apporte ainsi un “motif légitime” aux attaques à leur encontre, même s’ils n’ont commis aucune agression effective contre les musulmans. L’objectif de faire triompher la parole d’Allah est “juste” en termes islamiques, mais il n’apporte aucune restriction à la guerre offensive. S’agissant de la conduite de la guerre, l’État islamique peut facilement trouver dans les sources islamiques des précédents ou des justifications pour la plupart de ses actes.

9. Il est interdit de qualifier d’autres musulmans « d’incroyants » (tafkir), comme le fait l’État islamique.

ELT : Qualifier d’autres musulmans « d’infidèles » ou « d’incroyants » a de graves conséquences, parce que selon l’islam, les apostats doivent être exécutés. Le consensus dans l’islam sunnite pré-moderne a toujours été de s’abstenir de prononcer des excommunications autant que possible. Depuis la moitié du vingtième siècle, les musulmans radicaux utilisent le tafkir comme un moyen pour légitimer la violence contre les gouvernements des pays musulmans, et contre d’autres musulmans en général.

10. L’État islamique persécute les chrétiens, bien qu’il existe une alliance entre eux et les musulmans depuis 1400 ans (la dhimma, qui signifie qu’ils payaient un impôt, respectaient certaines conditions et étaient protégés en contrepartie). En outre, le passage du Coran (9:29) : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés », s’applique uniquement à ceux parmi les Peuples du Livre (chrétiens, Juifs et Sabéens) qui sont des agresseurs. Les chrétiens d’origine arabe, qui étaient les alliés des musulmans, avaient un statut spécial, en vertu duquel ils ne devaient pas payer d’impôt humiliant mais plutôt un impôt non humiliant, équivalent à la zakat versée par les musulmans.

ELT : La dhimma a été  abolie par les Ottomans en 1856. Néanmoins, le prédécesseur de l’État islamique, « l’État islamique en Irak », a déclaré que le contrat de la dhimma était nul et non avenu en 2007, au motif que les dhimmis l’avaient enfreint. Un nouveau contrat de dhimma a été rédigé par l’EI en 2015. De ce fait, l’organisation propose en réalité aux chrétiens les trois mêmes options que celles traditionnellement proposée à la plupart des non-musulmans :  se convertir à l’islam, payer le tribut et devenir des sujets protégés-humiliés (dhimmis) ou mourir par l’épée. Par cette mesure, l’État islamique se fait l’égal du second Calife, Omar bin al-Khattab (d. 644), considéré comme l’initiateur du système de la dhimma.

ELT : S’agissant des arguments historiques concernant le statut spécial des Arabes chrétiens, ils ont quelque fondement. Les chrétiens de la péninsule Arabique faisaient partie de la société arabe musulmane, et n’ont apparemment subi aucune discrimination. Les Arabes chrétiens dans le Croissant fertile payaient le tribut, mais ils étaient traités avec plus d’indulgence que les chrétiens d’origine non arabe.

ELT : Je ne connais aucun fondement dans les sources islamiques à l’argument selon lequel le verset 9:29 du Coran ne s’appliquerait qu’à une guerre défensive contre des agresseurs chrétiens (ou juifs, etc.).

11. L’État islamique persécute violemment les Yazidis, mais ils appartiennent aux Peuples des écritures, comme les Zoroastriens, les Hindous, les bouddhistes et de nombreux autres. Tous ceux-ci ont été reconnus par les plus grands savants musulmans pré-modernes comme ayant droit au statut de protégés-humiliés, et les Yazidis doivent se voir accorder le même statut et ne pas être persécutés.

ELT : Le Coran n’a accordé le statut de protection qu’aux “Peuples des écritures”, identifiés comme étant les Juifs, les chrétiens et les Sabéens. Les autres idôlatres devaient se convertir ou mourir. Toutefois, les premiers savants musulmans ont considéré la plupart des non musulmans comme comparables aux peuples des Ecritures, et leur ont accordé le statut de protégé-humilié ; ceci est le fondement de la demande des critiques concernant les Yazidis. L’État islamique, toutefois, prétend que les Yazidis sont des idolâtres, sur le fondement de recherches menées par les savants de l’État islamique.

12. L’État islamique pratique l’esclavage, mais celui-ci est interdit. L’islam s’est toujours efforcé d’abolir l’esclavage, qui a en effet été interdit dans le monde entier sur le fondement d’un consensus universel incluant les musulmans.

ELT : Contrairement aux arguments des critiques, la Sharia ne s’est jamais efforcée d’abolir l’esclavage, mais seulement de le régulariser. Il était toutefois considéré comme vertueux de libérer les esclaves musulmans. L’esclavage a en effet été aboli, au moins théoriquement, par la communauté internationale, mais les membres de l’État islamique ne considèrent pas la communauté internationale comme un modèle. Ils considèrent qu’ils font revivre une coutume du Prophète, lorsqu’ils réduisent en esclavage les prisonniers de guerre et qu’ils prennent les filles esclaves pour concubines.

13. Il est interdit de contraindre quiconque de se convertir à l’islam. De nombreux versets du Coran expriment la tolérance envers les non musulmans. Il est également interdit de faire appliquer la Sharia dans le domaine public, car comme l’affirme le Coran (13:31, 26:4), Allah veut qu’il y ait des infidèles et des pécheurs sur terre.

ELT : Les érudits musulmans pré-modernes ont dû déterminer l’attitude du droit islamique envers les non musulmans, au vu des versets coraniques contradictoires tels que : « Pas de contrainte en religion… » (2:256) d’un côté, et l’injonction récurrente de combattre les non musulmans « jusqu’à ce que toute religion appartienne à Allah » (Coran 2:193, 8:39, 48:16) de l’autre. Les érudits musulmans pré-modernes ont considéré comme abrogés, ou autrement écartés, les versets exprimant la tolérance. L’injonction de mener le djihad était considérée comme contraignante et remplaçant tous les versets exprimant la tolérance. Nonobstant des divergences de détail, les érudits ont établi que certains groupes devaient être contraints à se convertir à l’islam ou mourir, tels que les idolâtres arabes, les apostats et les manichéens. Les autres ne devaient pas être contraints, mais devaient se rendre aux musulmans. Les critiques réfutent en fait le consensus pré-moderne, en rétablissant la validité des versets de tolérance.

ELT : L’application forcée de la Sharia dans la sphère publique n’est en aucune manière une innovation de l’État islamique. Dans les livres de Sharia pré-modernes, elle est considérée comme l’une des tâches essentielles du dirigeant musulman. La police religieuse (hisba) dans certains pays musulmans modernes et dans les territoires de l’EI perpétue cette tradition.

14. L’État islamique refuse aux femmes leurs droits, leur liberté de mouvement et leur droit d’étudier, de travailler et de s’habiller à leur goût. Les mariages forcés sont aussi pratiqués par l’État islamique. L’islam interdit tout cela.

ELT : La Sharia contient de nombreuses règles qui, selon les normes libérales modernes, sont discriminatoires envers les femmes. Toutefois, elles peuvent être interprétées et appliquées de différentes manières. Les critiques suggèrent des méthodes pour améliorer la condition sociale des femmes musulmanes, sans renoncer à la Sharia ni adopter un système juridique étranger.

15. L’État islamique tue des enfants et contraint d’autres enfants à prendre part aux combats et aux autres atrocités. L’islam interdit de telles pratiques.

ELT : Pour autant que je puisse dire, il n’existe en effet pas de précédents légaux islamiques ou d’informations concernant le Prophète pouvant justifier le traitement infligé par l’EI aux enfants.

16. L’État islamique applique des peines coraniques (hudud) sans suivre les procédures appropriées, qui garantissent la justice et la miséricorde.

ELT : Le Coran fixe des peines spécifiques pour certains crimes, tels que la lapidation publique en cas de rapports sexuels illicites et l’amputation de la main et/ou du pied en cas de vol. Le droit islamique pré-moderne fait généralement preuve d’une tendance bien ancrée à limiter l’application des hudud autant que possible, par des procédures complexes visant à établir la culpabilité et par la définition de circonstances atténuantes. Apparemment, un régime islamique naissant et controversé comme celui de l’État islamique pourrait tenter de faire preuve de ferveur islamique par l’application stricte des hudud.

17-18.  La torture et les mauvais traitements infligés par l’État islamique, tant aux vivants qu’aux morts, sont non-islamiques et portent atteinte à l’image de l’islam au sein des autres nations.

ELT : La Sharia n’enjoint pas la torture et les mauvais traitements ; parfois elle interdit de telles pratiques explicitement. Par exemple, des paroles prophétiques interdisent d’infliger de mauvais traitements aux morts et d’exécuter par le feu. L’État islamique a justifié cette dernière atrocité à titre de punition “mesure pour mesure” : le pilote jordanien a été exécuté par le feu parce qu’il avait brûlé des innocents en les bombardant.

19. Les membres de l’État islamique attribuent leurs conquêtes à Allah, lui faisant ainsi assumer la responsabilité des atrocités qu’ils commettent au cours de leurs conquêtes. Il est interdit d’impliquer qu’Allah serait responsable de ces actes mauvais.

ELT : Les critiques avancent ici un argument théologique novateur contre la perpétration d’atrocités.

20. L’État islamique détruit les tombes des prophètes et des Compagnons du Prophète ; mais il est permis, et même bénéfique, de visiter de telles tombes, et il est interdit de les détruire. Ceci est indiqué par le Coran et les hadith, et par le fait que les Compagnons ont enterré le Prophète et les deux premiers Califes près de la mosquée de Médine.

ELT : La question des pèlerinages sur les tombes sacrées a été vivement débattue parmi les musulmans pendant des siècles. Certains les ont considérés comme une violation du monothéisme. Les adversaires de ces coutumes comptaient, notamment, Ibn Taymiyya et Muhammad b. Abd al-Wahhab. L’État islamique n’est pas le premier mouvement islamique à s’opposer à la vénération des morts et au culte des tombes.

21. L’État islamique s’est rebellé contre les dirigeants légitimes, ce que la Sharia interdit. Un dirigeant légitime peut être déposé s’il devient un apostat ou qu’il empêche les musulmans de pratiquer l’islam. Toutefois, un dirigeant ne peut être déposé simplement parce qu’il est injuste, haï ou même pour avoir failli à appliquer la Sharia.

ELT : Apparemment, les critiques supposent qu’aucun dirigeant musulman n’est susceptible de renoncer ouvertement à l’islam ou d’interdire la Sharia ; par conséquent, aucune rébellion ne saurait être licite en droit islamique. Ils citent des versets coraniques pour soutenir que le défaut de juger selon la loi d’Allah fait de vous un pécheur, un délinquant et un incroyant (Coran 5:44-45, 47) – mais pas au point d’être rejeté en dehors du giron de l’islam. Cette attitude quiétiste s’est développée sous l’impact traumatisant des premières guerres civiles (fitan, 656-661, 680-692 AC) et est devenue un consensus sunnite. Les radicaux méprisent cette attitude et s’opposent aux gouvernements musulmans précisément parce qu’ils s’abstiennent de juger selon la loi d’Allah telle qu’ils l’entendent. Les radicaux citent précisément les mêmes versets que les critiques pour justifier leur conception révolutionnaire.

22. Il est interdit de déclarer un Califat sans le consensus de tous les musulmans, sous peine de déclencher des guerres intestines. Si l’EI considère les 1,5 milliard de musulmans qui vivent actuellement sur le globe comme étant croyants, alors al-Bagdhadi ne peut être Calife, parce qu’ils ne l’acceptent pas du tout. A l’inverse, si l’EI considère tous les musulmans, sauf ses partisans, comme des infidèles, alors le nombre de ses partisans est trop faible pour établir un Califat, parce qu’une communauté de croyants restreinte n’a pas besoin d’un Calife.

ELT : Les critiques expriment ici à nouveau l’attitude née du traumatisme historique de l’islam sunnite dû aux guerres intestines (fitna), et se font l’écho des théories qui interdisent l’opposition au gouvernement. L’argument selon lequel un petit nombre de musulmans n’a pas besoin d’un calife n’a pas de fondement dans les sources islamiques. De fait, l’histoire ancienne du Califat va dans le sens contraire, car le premier Calife avait été rejeté par la plupart des tribus arabes et même par certains des Compagnons du Prophète. La tradition a réglé ce problème en déclarant que tous les Compagnons s’étaient finalement rangés derrière le Calife, et en qualifiant les dissidents restants d’apostats (à savoir, de non musulmans).

23-24. Il est interdit d’abolir les frontières des États-nations, comme le fait l’État islamique. Il est aussi injuste d’appeler des étrangers à émigrer en Syrie et en Irak aux dépens de la population locale. Contrairement à la doctrine de l’État islamique, la migration a cessé d’être obligatoire ou d’être un acte islamique méritoire après la conquête de La Mecque, en 630.

ELT : Les Arabes et les musulmans n’ont pas rejeté le concept des États-nations, même si au Moyen-Orient, il était lié à l’effondrement du califat ottoman et avait été mis en œuvre de manière artificielle par les puissances impériales. Toutefois, le concept des États-nations n’avait pas de racine dans la Sharia. Pour les radicaux qui souhaitent imiter le modèle de l’islam originel, les États-nations sont un élément étranger qui doit être supprimé, et la migration vers le seul califat islamique authentique est actuellement la juste voie, tout comme elle l’était à l’époque du Prophète. Longtemps après cette époque, les érudits musulmans ont généralement jugé que les musulmans ne devaient pas vivre dans un pays où ils n’étaient pas libres de pratiquer leur religion. L’État islamique peut facilement prétendre que les restrictions imposées en Europe au port du voile, et au niveau sonore de l’appel à la prière (adhan), sont des restrictions imposées aux musulmans qui nécessitent leur migration vers un pays islamique authentique.

  • Conclusion

ELT : Les critiques sont horrifiés par les atrocités de l’État islamique et font de leur mieux pour délégitimer celui-ci. Ils ne mentionnent pas que l’État islamique édifie un état islamique qui fait revivre les institutions islamiques passées, telles que le contrat entre la communauté et le dirigeant (bay’a), la capture du butin de guerre, la taxe imposée aux chrétiens, les punitions coraniques pour des crimes spécifiques (hudud), les tribunaux de la Sharia et les tribunaux civils (mazalim), le choix offert aux polythéistes entre la conversion et la mort, et la possession d’esclaves. L’objectif de l’État islamique, faire régner la parole d’Allah (par la force si nécessaire), est directement emprunté au consensus sunnite pré-moderne. A l’époque moderne, la plupart des musulmans ne sont pas désireux de commettre des atrocités pour atteindre cet objectif. Toutefois, le contester explicitement ou le réfuter de manière convaincante est une tâche difficile, car CET OBJECTIF ET LE DJIHAD NÉCESSAIRE POUR Y PARVENIR SONT FONDÉS SUR LES TEXTES ESSENTIELS DE L’ISLAM. [ndlr souligné par l’auteur du site]

ELT : Tant l’État islamique que ses critiques se fondent sur les textes islamiques, parfois les mêmes textes exactement. La nature et le contenu de ces textes exigent une lecture sélective et autorisent des conclusions diverses, parfois contradictoires. »

Les femmes capturées par les musulmans peuvent être violées ou vendues

On sait que Mahomet et ses partisans conduisirent de nombreuses batailles, razzias, dont un des objectifs principaux étaient notamment de se procurer des biens et des femmes. Dans ce cas, les femmes captives deviennent esclaves et sont donc soumises au bon vouloir de leur maître qui peut les violer comme bon lui semble, sous réserve de respecter le délai imposé par Mahomet pour s’assurer de la pureté de la femme. Il n’y a d’ailleurs pas de raison a priori pour que Mahomet ait procédé différemment avec les femmes captives qu’il s’attribuait.

La Sîra précise en effet : « L’Envoyé d’Allah fit faire prisonnières [ndlr lors de la bataille de Khaybar] Saffiya bint Huyayy, elle était la femme de Kinana Ibn al-Rabi, ainsi que deux de ses cousines du côté paternel. L’Envoyé d’Allah choisit pour lui-même Saffiya. Dihyah Ibn Khalifa al-Kalbi avait auparavant demandé à l’Envoyé d’Allah de lui donner Saffiya, mais quand l’Envoyé d’Allah l’a choisie pour lui-même, il donna à Dihyah ses deux cousines. Les autres femmes captives furent distribuées aux autres musulmans. (…) Ibn Ishâq dit : Abdallah Ibn Abi Nujayh m’a rapporté sur l’autorité de Makhul que l’Envoyé d’Allah leur interdit ce jour-là quatre choses : 1) s’accoupler avec les femmes captives enceintes ; (…) L’Envoyé d’Allah a dit : « Il n’est pas licite à un homme qui croit en Dieu et en le Jour dernier d’arroser par son sperme le sperme d’autrui – c’est-à-dire de s’accoupler avec les femmes captives enceintes. Il n’est pas licite à un homme qui croit en Dieu et au Jour dernier de s’accoupler avec une femme captive [ndlr c’est-à-dire, concrètement, de la violer] avant de s’assurer qu’elle est en état de pureté. »  »

La jurisprudence chaféite confirme : « Quand un enfant ou une femme deviennent captifs, ils deviennent esclaves du fait de la capture, et le précédent mariage des femmes est immédiatement annulé. »

Bien sûr, en dehors du viol, il y a aussi la vente, également pratiquée par Mahomet comme l’indique la Sîra « Ibn Ishâq dit : Puis, l’Envoyé d’Allah fit le partage des biens des Banû Quraydha (cf. banû Quraydha), de leurs femmes et de leurs enfants entre les musulmans. En ce jour, il indiqua les parts pour les cavaliers et les parts pour ceux qui combattirent à pied. (…) Ce fut le premier butin où on fit le partage en parts et où on déduisit le cinquième. C’est d’après cette règle et ce qu’a fait l’Envoyé d’Allah que se faisait désormais le partage du butin dans les campagnes. Puis, l’Envoyé d’Allah envoya Sa’d Ibn Zayd al-Ansair, frère des Banû Abd al-Ashhal à Najd avec des femmes captives de Banû Quraydha pour les vendre et acheter en échange des chevaux et des armes. »

L’État islamique ne fait donc rien d’autre qu’appliquer la doctrine de Mahomet à l’issue de ses combats, doctrine parfaitement justifiée par la pratique du Prophète et de ses Compagnons.

Pourquoi l’État Islamique détruit les statues ? Parce que Mahomet le faisait, tout simplement !

Le monde occidental est horrifié devant la « barbarie » de l’État islamique qui détruit des œuvres d’art inestimables et exécute de sang froid certaines personnes en charge de ce patrimoine. En réalité, l’État islamique est logique et cohérent avec la doctrine musulmane puisqu’il procède comme l’a préconisé et l’a fait Mahomet, notamment lors de la prise de La Mecque.

Or « Mahomet n’est pas un barbare puisque celui qui sert de modèle à l’État islamique n’a jamais été qualifié de barbare par aucun dirigeant actuel du monde occidental » aurait dit monsieur de La Palice. Simplement, Mahomet avait un référentiel de valeurs différent du nôtre (occidental).

D’ailleurs, que ce soit dans le domaine artistique ou sur d’autres sujets, y compris pour le jihad, aucun dirigeant occidental, y compris MM. Hollande, Valls, Cazeneuve, Sarkozy, Chirac, Juppé,… n’a jamais tenté de mettre en cause la référence de Mahomet comme modèle à suivre par tous les jeunes musulmans. Il est donc logique que cette référence leur apparaisse parfaitement légitime et estimable puisqu’elle n’est jamais contestée, même en France.

  • La doctrine : Les anges n’entrent pas dans les maisons où il y a des statues

Yusuf Qaradawi indique : « L’islam interdit la présence de statues dans la maison islamique. Cela concerne toute figurine traitée avec considération. L’islam a fait de la présence de ces statues dans la maison une raison pour que les anges la fuient. Or, les anges sont une manifestation de la miséricorde de Dieu exalté et de sa satisfaction. Le Messager de Dieu a dit : « Les anges n’entrent pas dans une maison où il y a des statues (ou des images) » (hadith unanime). Les savants ont dit : « L’unique raison pour laquelle les anges n’entrent pas dans la maison où il y a des images, c’est que celui qui adopte ces images a ainsi imité les mécréants. Ceux-ci mettent en effet des images dans leurs maisons et les glorifient. Les anges détestent donc cela et n’entrent pas chez lui en signe de contestation. L’islam a interdit au musulman de fabriquer des statues, même s’il les destine au non-musulman. Le Prophète a dit en effet : « Parmi ceux qui auront les châtiments les plus sévères le jour de la Résurrection, il y a ceux qui font ces images ». Dans une autre version : « Ceux qui veulent créer comme Dieu » (hadith unanime). »

  • Ainsi Mahomet ordonne de détruire ou de défigurer les statues

Mahomet, apôtre d’un strict monothéisme, demandait donc naturellement de détruire ou défigurer les statues. Ainsi, Yusuf Qaradawi écrit : « On rapporte dans un hadith que Gabriel refusa d’entrer chez le Messager de Dieu car une statue se trouvait devant sa porte. Le lendemain il n’y entra pas non plus et lui dit : « Donne l’ordre de couper la tête à cette statue afin qu’elle prenne l’aspect d’un arbre ». Certains savants s’appuyèrent sur ce hadith pour dire que seules les statues entières sont interdites. Ainsi, quand la statue a perdu un organe vital, elle devient licite. Cependant, l’examen juste de la demande de Gabriel de couper la tête de la statue, afin qu’elle prenne l’aspect d’un arbre, nous montre que l’important n’est pas l’influence de l’organe sur la vie de la statue ou sur sa mort par son ablation, mais l’important est de la défigurer afin que son aspect n’incite plus à l’adorer après l’ablation de l’une de ses parties. Si nous examinons sérieusement le problème en toute impartialité, nous jugeons que les bustes qu’on dresse dans les places pour immortaliser certains rois et certains grands sont bien plus interdits que ces statuettes entières avec lesquelles on orne les maisons. »

La Sîra retrace ainsi la prise de La Mecque par Mahomet :

–  « Lorsqu’il arriva à la Maison Sacrée, Mahomet tourna autour d’elle sept fois, monté sur sa chamelle, touchant l’angle (al-rukhn) avec une canne qu’il tenait dans sa main. Quand il finit ce tournement autour d’al-Ka’bah, il appela Uthmân b. Talbach et prit de lui la clef de la Ka’bah. On la lui ouvrit. Il y entra et y trouva une colombe en bois. Il la brisa par sa main et la jeta. Puis il se mit debout à la porte d’al-Ka’bah, pendant que la foule de gens se réunissaient dans la Mosquée. »

–  « Ibn Hîcham dit : « Un savant m’a dit que l’Envoyé d’Allah entra dans la Maison (Sacrée) le jour de la conquête de Makkah. Il y vit des images des anges et d’autres personnes. Il vit Ibrahim peint, tenant en sa main des flèches avec lesquelles il pariait (ou tirait au sort). Alors il dit : « Que Dieu les maudisse ! Ils ont fait notre vieux (ancêtre) parier et tirer au sort avec des flèches ! Ibrahim, qu’avait-il à faire avec le pari par les flèches ! Puis il récita le verset : « Abraham ne fut ni juif ni chrétien mais fut hanîf et soumis (muslim) [à Allah] ; il ne fut point parmi les associateurs » (sourate 3, verset 67). Puis il ordonna de détruire toutes ces images. Ce qui fut fait. »

Yusuf Qaradawi confirme par d’autres sources la destruction des statues de la Ka’ba lors de la prise de La Mecque : « Ibn Abbas a raconté que lorsque le Messager de Dieu vit au moment de la conquête de La Mecque les idoles qui remplissaient le temple sacré de Dieu, il n’y entra pas jusqu’à ce qu’elles fussent toutes détruites sur son ordre (hadith rapporté par al-Boukhari). Il ne fait aucun doute que ces statues exprimaient l’idolâtrie des associateurs de La Mecque et leur ancien égarement. »

Yusuf Qaraqawi donne une autre illustration : « On rapporte qu’Ali Ibn Abi Talib a dit : « Le Messager de Dieu était dans un cortège funèbre. Il dit : « Qui d’entre vous veut bien aller à Médine et n’y laisser aucune statue sans la briser, aucune tombe sans la niveler à hauteur de sol, aucune image sans la barbouiller ? » Quelqu’un répondit : « Moi, ô Messager de Dieu ! » L’homme partit et les habitants de Médine eurent peur de s’y opposer : puis il dit à son retour : « Ô Messager de Dieu ! Je n’y ai laissé aucune statue sans la briser, aucune tombe sans la niveler à hauteur du sol, et aucune image sans la barbouiller ». Le Messager de Dieu dit alors : « Celui qui revient à l’une de ces pratiques aura renié ce qui a été descendu sur Mohammad » » (hadith rapporté par Ahmad) »

La destruction des statues du musée de Bagdad ou des bouddhas de Bamiyan n’a donc rien d’un acte barbare au regard de la doctrine musulmane : c’est l’application même de la doctrine de Mahomet, qui légitime les actes de l’État islamique et des autres groupes musulmans orthodoxes.

  • La signification profonde : préserver le monothéisme

Yusuf Qaradawi précise : « Parmi les raisons profondes de l’interdiction des statues (et ce n’est pas la seule comme certains le pensent), il y a la préservation du monothéisme et l’éloignement de tout ce qu’imitent les idolâtres dans leurs images et leurs idoles qu’ils fabriquent de leurs mains puis adorent et se recueillent devant elles. »

Dans le même esprit, Hani Ramadan indique de son côté que le monothéisme musulman réalisé comprend le fait de s’être débarrassé des statues car ce sont des entraves dans le chemin vers Dieu.

Havre de savoir Excellence

Havre de savoir Excellence Hani Ramadan Statues

  • Heureusement, les jouets sont néanmoins autorisés (merci Aïcha !)

La statue est autorisée si aucun attachement cultuel quelconque n’est susceptible d’y être associé. Il en va ainsi des jouets des enfants dans la mesure où un hadith authentique unanime confirme cette position.

En effet, Yusuf Qaradawi indique : « S’il y a là une catégorie de « statues » où l’intention de glorifier quelqu’un n’apparaît pas, où il n’y a pas de luxe et qui ne contient rien des choses interdites déjà citées, l’islam admet alors de bon cœur, et n’y voit aucun inconvénient. Entrent dans cette catégorie les jouets des enfants auxquels on donne la forme de poupées, de chats ou d’autres animaux. Ces figurines sont en effet privées de tout respect puisqu’elles servent de jouets et de distraction aux enfants. La mère des croyants, Aïcha, a dit : « Je jouais avec des poupées sous le toit du Messager de Dieu et je recevais mes amies qui se cachaient pour jouer par crainte du Messager de Dieu, mais ce dernier était content de les voir venir chez moi et partager mes jeux » (hadith unanime). Dans une autre version, le Prophète lui dit un jour : « Qu’est-ce que cela ? » Elle répondit : « Ce sont mes poupées ». Il dit : « Quel est donc celui-ci qui se tient au milieu d’elles ? » Elle répondit : « C’est un cheval ». Il dit : « Que porte-t-il ? ». Elle répondit : « Deux ailes ». Il dit : « Un cheval avec deux ailes ? ». Elle répondit : « N’as-tu pas entendu dire que Salomon, le fils de David, avait des chevaux ailés ? » Le Messager de Dieu se mit à rire à pleines dents (Abou Dawoud). Il s’agissait de figurines avec lesquelles jouaient les fillettes et les garçons. Notre dame Aïcha était encore toute jeune au début de son mariage avec le Messager de Dieu [ndlr 6 ans]. »

Grâce à Aïcha, les enfants sont donc autorisés à pouvoir jouer avec des figurines. Il est intéressant de noter que l’âge de la très jeune Aïcha, parfaitement cohérent avec le fait de jouer à la poupée, n’est absolument pas remis en cause dans ce cas de figure pour nier le fait que Mahomet ait eu des relations sexuelles avec une petite fille de 9 ans (il en avait environ 52…).

  • Conclusion

Mieux vaut ne pas laisser nos musées entre les mains des musulmans, cela risque de mal finir un jour, et d’autant plus lorsque ces musées sont à la gloire de l’art occidental