Muawiya, un chef bien plus pragmatique que musulman

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Le premier nom de dirigeant arabe attesté sur les pièces de monnaie, inscriptions et documents, et dans les chroniques contemporaines, est celui de Muawiya, fondateur de la dynastie Umayyade (661-750). Que nous disent alors ces sources à propos de son règne ? Pour commencer, comme le dit un témoin : « Il refusa de se rendre au siège de Muhammad », c’est-à-dire à Médine, la résidence des dirigeants arabes avant lui, et préféra installer sa capitale à Damas, où il dirigeait les opérations militaires depuis vingt ans. À l’évidence, il considérait qu’il n’était pas possible de gouverner un si vaste empire dans un endroit si reculé. Cette décision semble éminemment pragmatique, mais elle fut controversée dans la mesure où c’était à Médine que Muhammad avait établi sa communauté. Une des promesses d’Abdallah ibn al-Zubayr, principal adversaire des Umayyades dans les années 680, était de redonner à La Mecque et Médine une place centrale dans l’Empire arabe, et cet engagement ralliait beaucoup de monde à sa cause. Il est possible, cependant, que la décision de Muawiya n’ait pas relevé uniquement de considérations pratiques. Il considérait peut-être, de fait, que son pouvoir inaugurait une nouvelle ère, et son fils Yazid, lui, décida même, au début de son règne, d’inscrire sur des pièces de monnaie, non pas l’ère de la hijra initiée par l’émigration de Muhammad à Médine et devenue standard à cette époque, mais « année 1 de Yazid ». Cette démarche s’inscrit dans la tradition des anciens rois du Proche et du Moyen-Orient, et suggère qu’il ne se percevait pas comme un simple remplaçant de Muhammad. Deuxièmement, Muawiya fut soucieux d’établir le contrôle du gouvernement central sur les vastes territoires de l’est de la Syrie, afin qu’ils ne constituent pas une gêne pour les Umayyades et n’entraînent pas, à terme, la chute de la dynastie. (…) Troisièmement, Muawiya pratique une politique de laisser-aller envers les peuples conquis – « il permit à chacun de vivre à sa façon », note un contemporain – et chercha à les convaincre qu’il n’était pas hostile à leurs religions. Ainsi, reconnaissant la foi chrétienne de la majorité de ses nouveaux sujets, il prit la décision de faire en sorte qu’un certain nombre de chefs arabes lui prêtent allégeance à Jérusalem, où « il monta au Golgotha pour prier ; il se rendit également à Gethsémani et redescendit ensuite pour prier dans la tombe de la sainte Marie ». En outre, Muawiya s’efforça de se rallier l’élite arabe chrétienne de Syrie, qui avait une précieuse expérience de l’administration. Nombre d’entre eux entrèrent à son service comme conseillers et administrateurs, comme la famille Mansur à Damas. Des poètes chrétiens venaient aussi régulièrement à la cour, et un certain nombre des partisans tribaux de Muawiya étaient eux-mêmes chrétiens. Lui-même épousa Maysun, fille d’un puissant chef chrétien de la tribu des Kalb ; c’est de leur union que naquit le futur calife Yazid. Ce dernier épousa pour sa part deux femmes nobles de la tribu des Ghassanides, dont l’une était prétendument la fille du dernier roi chrétien de ce clan. Muawiya s’efforça bien de mettre en œuvre quelques mesures pro-musulmanes, en particulier le retrait du symbole de la croix sur les monnaies et l’incorporation de l’église de saint Jean-Baptiste à la grande mosquée de Damas, mais il recula apparemment face aux protestations des chrétiens. »

Le caractère détestable de l’égorgement : nouveau rappel de l’Europe

L’égorgement est une pratique immonde et répugnante car elle consiste précisément à tuer un animal en le laissant agoniser au préalable en pleine conscience pendant de longs instants. Par un avis rendu ce mardi 26 février, la Cour de justice de l’Union Européenne a rappelé cette évidence, avec des mots naturellement plus nuancés sur la forme mais très clairs sur le fond : une victoire contre l’obscurantisme religieux qui continue à infecter la planète. Encore une excellente raison de NE PLUS MANGER QUE BIO !

Cour de justice de l’Union européenne. COMMUNIQUE DE PRESSE n° 15/19. Luxembourg, le 26 février 2019. Arrêt dans l’affaire C-497/17 Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA)/Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Bionoor, Ecocert France, Institut national de l’origine et de la qualité (INAO)

https://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2019-02/cp190015fr.pdf

Le logo de production biologique européen ne peut être apposé sur les viandes issues de l’abattage rituel sans étourdissement préalable

Une telle pratique d’abattage ne respecte pas les normes les plus élevées de bien-être animal

En 2012, l’association française Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) a soumis au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation (France) une demande visant à faire interdire la mention « agriculture biologique » (AB) sur des publicités et emballages de steaks hachés de bœuf certifiés « halal » issus d’animaux abattus sans étourdissement préalable.

L’organisme certificateur concerné, Ecocert, a implicitement rejeté la demande de l’OABA et le tribunal compétent n’a pas fait droit à la requête de l’OABA.

La Cour administrative d’appel de Versailles (France), saisie du litige, demande à la Cour de justice si les règles applicables du droit de l’Union résultant, notamment, du règlement relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques et de son règlement d’application, ainsi que du règlement sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort, doivent être interprétées comme autorisant ou interdisant la « délivrance du label européen AB » à des produits issus d’animaux ayant fait l’objet d’un abattage rituel sans étourdissement.

La Cour constate que le législateur de l’Union souligne à plusieurs reprises dans les règlements en cause sa volonté d’assurer un niveau élevé de bien-être animal dans le cadre de ce mode de production, lequel se caractérise donc par l’observation de normes renforcées en matière de bien- être animal dans tous les lieux et à tous les stades de cette production où il est possible d’améliorer encore davantage ce bien-être, y compris lors de l’abattage.

La Cour rappelle que des études scientifiques ont établi que l’étourdissement constitue la technique qui porte le moins atteinte au bien-être animal au moment de l’abattage.

La Cour relève ensuite que la pratique de l’abattage rituel, dans le cadre duquel l’animal peut être mis à mort sans étourdissement préalable, qui est autorisée à titre dérogatoire dans l’Union et uniquement afin d’assurer le respect de la liberté de religion, n’est pas de nature à atténuer toute douleur, détresse ou souffrance de l’animal aussi efficacement qu’un abattage précédé d’un étourdissement. L’étourdissement est, en effet, nécessaire pour provoquer chez l’animal un état d’inconscience et de perte de sensibilité de nature à réduire considérablement ses souffrances.

La Cour souligne à cet égard que, si l’abattage sans étourdissement préalable nécessite une incision précise de la gorge à l’aide d’un couteau tranchant pour limiter autant que possible les souffrances de l’animal, l’emploi d’une telle technique ne permet cependant pas de réduire au minimum les souffrances de l’animal.

La Cour conclut donc que les méthodes particulières d’abattage prescrites par des rites religieux, qui sont réalisées sans étourdissement préalable, n’équivalent pas, en termes de garantie d’un niveau élevé de bien-être de l’animal au moment de sa mise à mort, à la méthode d’abattage avec étourdissement préalable, en principe imposée par le droit de l’Union.

La Cour souligne enfin que l’objectif des règles de l’Union relatives à l’étiquetage biologique est de « préserver et justifier la confiance des consommateurs dans les produits étiquetés en tant que produits biologiques » et constate qu’il est important de veiller à ce que les consommateurs aient l’assurance que les produits porteurs du logo de production biologique de l’Union européenne, qui est celui visé en réalité par la juridiction de renvoi, ont effectivement été obtenus dans le respect des normes les plus élevées, notamment en matière de bien-être animal.

La Cour estime, par conséquent, que les règles du droit de l’Union n’autorisent pas l’apposition du logo de production biologique de l’Union européenne sur des produits issus d’animaux ayant fait l’objet d’un abattage rituel sans étourdissement préalable.

RAPPEL : Le renvoi préjudiciel permet aux juridictions des États membres, dans le cadre d’un litige dont elles sont saisies, d’interroger la Cour sur l’interprétation du droit de l’Union ou sur la validité d’un acte de l’Union. La Cour ne tranche pas le litige national. Il appartient à la juridiction nationale de résoudre l’affaire conformément à la décision de la Cour. Cette décision lie, de la même manière, les autres juridictions nationales qui seraient saisies d’un problème similaire.

La tolérance en islam : une chimère

La religion devrait être une affaire strictement personnelle mais ce n’est pas le cas dans l’islam qui est une religion communautariste qui ignore dans sa version orthodoxe la tolérance : en témoigne cette mésaventure récente d’une députée musulmane au Liban. Preuve aussi que le dieu des chrétiens et celui des musulmans n’ont au fond rien à faire ensemble, en dépit des tentatives de récupération par l’islam de la tradition monothéiste.

Rappelons que selon les règles de l’islam orthodoxe, l’apostasie est punie de mort. Loin s’en faut que cette mésaventure ne concerne que la question de la séparation du politique et du religieux, comme veulent le croire ceux qui recherchent l’apaisement au prix de la vérité.

Article de L’Orient Le Jour du 5 janvier 2019

https://www.lorientlejour.com/article/1151133/la-subordination-du-politique-au-religieux-au-coeur-de-laffaire-roula-jaroudi.html

La subordination du politique au religieux au cœur de l’affaire Roula Jaroudi

C’est une première absolue. Accusée dans les réseaux sociaux d’avoir renié sa foi pour s’être avancée, au cours d’une messe, vers le prêtre qui distribuait la communion, la députée musulmane sunnite de Beyrouth, Roula Tabch Jaroudi (courant du Futur), a été contrainte par Dar el-Fatwa de « s’excuser » et de faire à nouveau allégeance à l’islam.

« C’est grave : le fondamentalisme sur les réseaux sociaux a prouvé sa capacité à influer sur les choix politiques ; c’est nouveau au Liban », a jugé hier le P. Fadi Daou, président de la Fondation Adyan, commentant pour l’OLJ l’affaire Roula Tabch Jaroudi. En outre, le P. Daou est inquiet du fait que la logique sectaire « a eu raison d’une ligne politique connue par sa modération et son attachement au vivre-ensemble, en impliquant Dar el-Fatwa dans l’affaire aussi. » « Pour un pays régi par un Etat de nature civile, cette subordination du politique au religieux est sans précédent, et contraire à l’esprit du Liban », explique encore le P. Daou. Le fondateur d’Adyan juge les réactions à cette affaire trop « identitaires ». « Il faut éviter l’amalgame. C’est passer à côté de la question fondamentale que d’en faire un problème de rapports entre chrétiens et musulmans ; le problème véritable n’est pas personnel, mais public, c’est celui du rapport qui doit s’établir entre les domaines civil et religieux. C’est un problème au niveau citoyen », insiste-t-il.

Sammak : J’ai honte !

« J’ai honte ! À quoi sommes-nous réduits ! » a affirmé de son côté hier à L’OLJ Mohammad Sammak, coprésident du Comité national pour le dialogue islamo-chrétien. « C’était un geste de piété dû sans doute au manque d’expérience ; on en a fait toute une histoire. Mais on ne corrige pas une erreur par une autre. Nous assistons tous à des messes et avons tous accepté le pluralisme religieux », a enchaîné M. Sammak. « Et dire qu’après cela, nous voulons faire du Liban un centre international pour le dialogue entre les cultures et les religions ! » a-t-il renchéri.

Dans les milieux sunnites modérés, on juge « inquisitoriale » la démarche de Dar el-Fatwa. Et de laisser entendre qu’il existe une cassure au sein de l’instance sunnite, partagée entre une aile modérée et une aile fondamentaliste incarnée par cheikh Amine Kurdi. 

Prenant les devants à ce sujet, un communiqué de Dar el-Fatwa sur cette affaire a précisé que la démarche auprès de la parlementaire l’avait été « conformément aux directives du mufti ».

L’affaire remonte au mardi 1er janvier 2019 quand, au cours d’une messe célébrée dans le centre d’Antélias de la congrégation Mission de Vie, la députée, mal informée des différents moments liturgiques d’une messe, s’était avancée vers le prêtre qui officiait, le P. Wissam Maalouf, pendant que ce dernier distribuait la communion. Elle avait eu droit à un sourire attendri du prêtre, qui s’est contenté de poser le ciboire sur sa tête.

L’office était destiné à marquer la Journée mondiale de la paix instaurée par le pape Jean-Paul II en 1986, et était célébré en présence du ministre Melhem Riachi et des députés Ibrahim Kanaan, Michel Moawad, Farid Boustany et Hagop Terzian.

L’opinion choquée

L’allégeance à l’islam imposé de nouveau à la parlementaire a choqué d’autant plus qu’elle avait dû se rétracter par rapport à un premier communiqué, publié mercredi, dans lequel elle avait assuré que « les rites et le respect des coutumes d’autrui ne modifient pas la foi intime et ne transforment par le musulman en renégat ».

Intimidée par la cabale soulevée, la députée s’était rendue jeudi à Dar el-Fatwa où, après avoir été instruite et chapitrée par le secrétaire général de l’instance, le cheikh Amine Kurdi, elle avait été conduite à adhérer à nouveau à l’islam, comme si elle avait apostasié. « Ce que j’ai fait n’était pas prémédité. Je me suis excusée auprès de Dieu », avait-elle indiqué dans un communiqué de circonstance.

Cette rétractation a déplu et suscité de vives réactions. Ainsi, le directeur du Centre catholique d’information, le P. Abdo Bou Kasm, a repris la députée, l’accusant de ne pas avoir résisté à « la tentation de la surenchère ». La députée aurait dû « présenter ses excuses à sa religion, pas à Dieu », a affirmé le prêtre. « Nous ne sommes pas des athées, la religion chrétienne est la religion de Dieu », a-t-il ajouté.

Symptomatique également est la réaction de la journaliste de télévision Dima Sadek, qui a affirmé dans un tweet qu’elle s’apprêtait à se solidariser avec la députée, avant d’être « choquée » par son message d’excuses. « Comment peut-on s’excuser d’avoir pénétré dans une maison de Dieu, s’est indignée la présentatrice vedette de la LBCI, alors même que le Coran classe les chrétiens parmi les gens du Livre ? »

Les quatre premiers califes, prétendument « bien guidés », absents de l’histoire ?

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Si nous pouvons discerner l’existence d’une structure de commandement pour la mise en œuvre des premières conquêtes, nous n’avons quasiment aucune information contemporaine concernant les califes de Médine (632-660). Peut-être est-ce dû au millier de kilomètres de montagnes, de steppes et de déserts séparant Médine de villes comme Damas et Bassorah, ou bien aux turbulences de ces années-là, qui pouvaient perturber les voies de communication habituelles. Quelle qu’en soit la raison, les auteurs contemporains des quatre premiers califes – Abu Bakr (632-634), Umar (634-644), Uthman (644-656) et Ali (656-660) – n’ont quasiment rien écrit à leur sujet, et leurs noms n’apparaissent ni sur des pièces de monnaie, ni sur des inscriptions, ni sur des documents. Ce n’est qu’avec le cinquième calife, Muawiya (661-680), que l’on relève les premières preuves de fonctionnement d’un gouvernement arabe : son nom apparaît de fait sur tous les documents officiels de l’État. Posté à Damas en tant que gouverneur de Syrie pendant 20 ans (640-660), Muawiya avait travaillé avec les administrateurs provinciaux locaux et était donc beaucoup mieux placé que ses prédécesseurs – établis dans la lointaine Médine – pour commencer la construction d’un État centralisé, indispensable pour que les conquêtes puissent constituer un héritage durable. Cette politique le rendit cependant impopulaire car de nombreux groupes n’apprécièrent pas beaucoup de devoir renoncer ne fût-ce qu’à une partie de leur butin et de leur autonomie au profit d’un organisme central. »

Blasphème contre Mahomet : se battre pour la liberté d’expression

La conférencière autrichienne condamnée pour avoir « dénigré » Mahomet demande le renvoi de l’affaire à la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme.

Peut-être vous souvenez-vous de la décision E. S. contre Autriche de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui, le 25 octobre dernier, avait choqué de nombreuses personnes ? La Cour de Strasbourg avait alors, contre toute attente, validé la condamnation d’une conférencière autrichienne pour avoir « dénigré » Mahomet en assimilant son union avec la jeune Aïcha à de la « pédophilie ».

La Cour a donné à ce jugement la qualité « d’affaire phare », c’est-à-dire de référence éclairant sa jurisprudence future. Cette affaire vient de connaître un nouveau développement. La requérante, Mme Elisabeth Sabaditsch-Wolff, a demandé à la Cour européenne de bien vouloir rejuger l’affaire en Grande Chambre, c’est-à-dire devant la formation la plus solennelle de cette Cour. Fait rare, elle est soutenue dans cette démarche par plus de 50 000 signataires d’une pétition pour le droit de critiquer l’islam en Europe :
https://eclj.org/free-speech/coe/defend-the-right-to-criticise-islam-in-europe?lng=fr

Il s’agit là d’une procédure exceptionnelle qui n’est acceptée que dans 5% des cas, lorsque la Cour estime qu’est en jeu « une question grave relative à l’interprétation ou à l’application de la Convention [européenne des droits de l’homme] ou de ses Protocoles, ou encore une question grave de caractère général ». Or, c’est clairement le cas dans l’affaire E.S. c. Autriche. La décision quant au renvoi sera prise prochainement. Il faut espérer que la Cour l’acceptera, car plusieurs motifs graves plaident en ce sens.

Rappel des faits

En 2013, la Cour suprême d’Autriche a condamné une femme pour s’être interrogée publiquement en ces termes : « un homme de cinquante-six ans avec une fille de six ans (…) De quoi s’agit-il, si ce n’est de pédophilie ? ». La conférencière, rappelant des faits historiques avérés, s’exprimait devant une trentaine de personne lors d’un séminaire intitulé « Connaissance élémentaire de l’islam ». Elle souhaitait notamment alerter sur la pratique du mariage des filles prépubères dans la culture musulmane, suivant l’exemple de Mahomet qui a épousé Aïcha âgée de six ans puis consommé ce mariage lorsqu’elle a atteint 9 ans. Elle a été dénoncée par un journaliste présent dans la salle, puis condamnée sur le fondement d’une disposition pénale interdisant en substance le blasphème.

Elle s’est alors tournée vers la CEDH qui, à la surprise générale, a accepté l’argumentation des juridictions autrichiennes et validé cette condamnation par un jugement adopté à l’unanimité le 25 octobre 2018. Les sept juges européens ont alors estimé que cette femme n’a pas tant cherché à informer objectivement le public qu’à « démontrer que Mahomet n’est pas digne d’être vénéré ». À l’appui de cette condamnation, la Cour a considéré qu’insinuer que Mahomet était « pédophile » serait une « généralisation sans base factuelle »au motif qu’il a poursuivi sa relation avec Aïcha des années durant et épousé d’autres femmes plus âgées.

Selon la Cour, ces propos étaient de « nature à susciter une indignation justifiée » des musulmans et constituent « une violation malveillante de l’esprit de tolérance à la base de la société démocratique » susceptibles « d’attiser les préjugés » et « de mettre en danger la paix religieuse ». Ces propos pouvaient donc être condamnés pour incitation à l’intolérance religieuse. Dit simplement, la conférencière a été condamnée pour des propos jugés islamophobes.

L’ECLJ avait récemment organisé un séminairee sur la jurisprudence récente de la Cour européenne relative à la liberté d’expression en matière religieuse. Un avocat s’y est notamment exprimé pour le renvoi en Grande Chambre de cette affaire E.S. c. Autriche. Vous pouvez retrouver sur cette page son intervention vidéo (Anglais) ainsi que les autres interventions. 

La fausse « tolérance », cocktail de soumission et de tribut, outil de conquête de l’islam

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Les Arabes n’utilisaient pas uniquement la force militaire pour atteindre leurs objectifs. Ils faisaient aussi un usage intensif d’accords garantissant la vie, les biens et les coutumes en échange de la soumission et du paiement d’un tribut.

(…)

L’idée ancienne – et toujours présente aujourd’hui dans la littérature savante – selon laquelle la population autochtone aurait accueilli les conquérants à bras ouverts, est fausse. Ce n’est que rétrospectivement et avec l’intention de s’attirer les bonnes grâces des autorités musulmanes que des auteurs chrétiens donneront une évaluation positive des invasions arabes. Il est cependant vrai que les chrétiens anti-chalcédoniens avaient subi des persécutions de la part des autorités chalcédoniennes à la fin du VIème et au début du VIIème siècle, et il est probable que cela ait incité des éléments des communautés anti-chalcédoniennes de Syrie et d’Égypte à faire des compromis avec le pouvoir quand la période initiale de combats et de pillages fut terminée et qu’il fut devenu clair que les Arabes les laisseraient pratiquer leur propre foi en paix tant qu’ils paieraient un tribut. »

Quelques questions sur l’islam : version néerlandaise

La version néerlandaise des 20 questions essentielles sur l’islam est maintenant disponible. Je remercie chaleureusement les personnes qui m’ont aidé à la réaliser.

N’hésitez pas à la diffuser : la connaissance doit profiter à tous.

La conquête musulmane : phénomène fortuit, fruit d’une coalition hétéroclite

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« À mesure que les conquêtes progressaient et que de nouvelles victoires étaient remportées, de nombreux groupes qui n’étaient ni arabes ni musulmans cherchèrent à rejoindre les conquérants. (…) Les historiens musulmans ont tendance à dire que ces collaborateurs non arabes et non musulmans se sont convertis après avoir changé de camp. (…) Cependant, nous apprenons aussi à l’occasion que la conversion n’était ni immédiate ni nécessaire : dans un texte de 680, le moine Jean de Fenek note qu’il y avait « beaucoup de chrétiens, dont certains étaient des hérétiques et d’autres étaient des nôtres » dans les armées musulmanes, et une source musulmane indique de manière explicite que les soldats du Daylam avaient combattu aux côtés des musulmans « sans avoir adopté l’islam ». »

(…)

« Ce schéma correspond à ce que nous apprennent les récits contemporains des premières étapes des conquêtes arabes. De petites incursions aléatoires couronnées de succès ont rapidement entraîné le ralliement de nombreux hommes des tribus arabes. Dans cette perspective, la coalition de Muhammad n’a été que l’un des nombreux groupes qui profitaient du désordre provoqué par le conflit byzantino-perse, même si l’organisation supérieure et l’engagement idéologique ont aidé Muhammad et les siens à devenir le groupe dominant. On reconnaîtra ici une conception accidentelle de l’histoire, faite de réponses humaines faillibles à des événements aléatoires. Cette conception n’a cependant pas beaucoup d’adeptes. En général, on propose un éventail de facteurs d’attraction et de rejet, et pour la conquête arabe, les facteurs les plus populaires sont l’accès facile aux butins en raison de la faiblesse des empires byzantin et perse (du côté attraction), et l’appauvrissement économique et environnemental de l’Arabie (du côté rejet). »

Les conquêtes arabes sans l’islam

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« À la lecture des sources contemporaines consultées, la coalition arabe de Muhammad n’était, dans les années 620 et au début des années 630, que l’un des nombreux groupes arabes qui essayaient de tirer profit du relâchement provoqué par l’obsession des empires perse et byzantin à se faire la guerre. Aux marges de ces empires, les incursions étaient déjà endémiques dans les années 620, et il est probable que certains opportunistes aient tenté de s’enrichir en profitant de la situation politique chaotique encore après le début des conquêtes arabes musulmanes, à la fin des années 630. (…) En bref, s’il existe suffisamment permettant d’infirmer la version « officielle » des historiens musulmans du IXème siècle et d’affirmer que les conquêtes arabes n’ont pas été uniquement le fait de Muhammad, il demeure très difficile de connaître les objectifs et identités des autres chefs ayant mené des expéditions dès avant, et pendant celles menées par les troupes de la coalition formée par les partisans de Muhammad. Il est clair que les conquêtes arabes auraient eu lieu sans Muhammad et sans l’islam mais, comme je vais tenter de le montrer, elles n’auraient sans doute pas engendré une nouvelle civilisation. Réciproquement, l’islam ne se serait probablement pas répandu si loin, et certainement pas si vite, sans les conquêtes arabes, dont le succès persuada les Arabes qu’ils étaient favorisés par Dieu. »

Indécence et provocation musulmane au cœur de la France chrétienne

L »islam est une religion expansionniste et violente de part la nature même de sa doctrine. Si la série d’attentats musulmans qu’a subis l’Europe s’est pour le moment à peu près interrompue (hors attentats empêchés préventivement), il n’en va pas de même de l’action des musulmans sur le terrain pour démontrer que l’Europe est devenue dorénavant une terre musulmane. En témoigne cette photo prise le samedi 26 janvier dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre (personnage légèrement flou pour éviter la reconnaissance) :

Un musulman avait effectivement choisi par provocation et expression de la soumission chrétienne de faire sa prière dans une basilique, sous l’œil attentif et méprisant de sa femme qui montait la garde (à droite mais non visible sur cette photo). Pour ceux qui douteraient encore du caractère conquérant de l’islam de France.