Polygamie : le mensonge de l’impossible équité

Pour défendre l’honneur des musulmans dans la controverse sur la polygamie qui les oppose au reste du monde, et pas seulement à l’Occident (sur lequel ils font une fixation), le sempiternel argument ressassé à longueur de temps est celui de la quasi-impossibilité de la polygamie compte tenu des conditions drastiques qui seraient mises par l’islam :

Coran, sourate 4, verset 3. (…) Épousez, comme il vous plaira, deux, trois ou quatre femmes. Mais, si vous craignez de n’être pas équitable, alors une seule, ou des concubines [ndlr ou esclaves de guerre]. (…)

Mais quelles sont donc ces conditions drastiques ?

Yusuf Qaradawi précise la notion d’équité : « Quant à la condition imposée par la polygamie, c’est la certitude du musulman de pouvoir être équitable entre ses épouses dans l’alimentation, la boisson, les vêtements, le logement, et le lit et le reste des dépenses d’entretien. »

Qu’y a-t-il donc de si difficile à partager équitablement des biens entre plusieurs femmes ? A priori rien : il suffit de faire la division. Comme dans une écurie : rien n’empêche de bien traiter tous ses chevaux et de leur donner la même ration d’avoine. Simplement, pour un même gâteau (les biens du mari), plus il y a de convives, plus les parts sont petites, voire chiches. L’argumentation est tout aussi pauvre et creuse dans le contexte de la réforme de la Moudawana au Maroc (cf. moudawana).

L’équité peut même facilement être appliquée sur la question du temps passé avec ses épouses. Ainsi Yusuf Qaradawi rappelle comment s’y prenait Mahomet : « Quand il envisageait de faire un voyage, il faisait un tirage au sort pour désigner laquelle de ses épouses allait l’accompagner (hadith unanime). Il n’agissait ainsi que pour ne pas blesser l’amour-propre de l’une d’entre elles et pour donner satisfaction à tout le monde. »

En réalité, le caractère équitable ne peut pas être assuré en matière affective – on a toujours une préférence – mais ce n’est justement pas demandé par Allah au croyant, puisqu’Allah sait que c’est impossible.

Ainsi Yusuf Qaradawi rappelle : « Le Prophète a dit : « Celui qui a deux épouses et qui penche vers l’une au détriment de l’autre, viendra le jour de la Résurrection traînant l’une de ses deux moitiés tombée ou penchée » (hadith rapporté par Abou Dawoud et al-Hakinm). Cette inclination du mari contre quoi ce hadith met en garde est la transgression des droits de l’autre dans la justice, et non le simple penchant du cœur. »

Et Yusuf Qaradawi poursuit : « Car cela entre en effet dans la justice qu’on ne peut réaliser et qui a fait l’objet du pardon de Dieu : « Vous ne pourrez jamais être équitables envers vos épouses même si vous vous y appliquez. Ne penchez pourtant pas entièrement (vers l’une d’elles) » (Coran, sourate 4, verset 129). C’est pourquoi le Messager de Dieu partageait équitablement et disait : « Seigneur ! Tel est mon partage selon les moyens dont je dispose. Ne me tiens pas rigueur dans ce que Tu détiens et que je ne détiens pas » (voir al-Sounan). Il faisait allusion au penchant du cœur et des sentiments en faveur de l’une de ses femmes et qu’il ne pouvait éviter. »

Conclusion : Où sont ces fameuses conditions drastiques qui réduisent la polygamie musulmane à un simple phantasme au lieu de ce qu’elle est : un droit parfaitement valide offert au musulman partout où il réside, y compris en Occident ?

Tariq Ramadan redonne toute sa place au Jihad

Bien que Tariq Ramadan semble prêcher la tolérance, le non-prosélytisme, le respect des lois occidentales, etc. dans de nombreuses circonstances (cf. Objectif en pays non musulman), Tariq Ramadan valide néanmoins fondamentalement le jihad dans le cadre d’une logique très éloignée du sens commun occidental. Cela ne ressemble-t-il pas à s’y méprendre à un double discours ?

Cette façon de voir les choses doit être étudiée avec attention car elle apporte une clef de lecture fondamentale de la vision musulmane de l’histoire, clef de lecture que les Occidentaux ont toute la peine du monde à saisir tant cette conception de la justice et de la paix leur est naturellement étrangère :

Havre de savoir Resistance a l'oppression

Havre de savoir Resistance a l’oppression

Verbatim : « Le Prophète immédiatement, immédiatement, va devoir apprendre une chose : ce n’est pas parce que vous appelez tous les êtres humains à la paix, que tous les êtres humains vont vous traiter de façon pacifique. Waraqa ibn Nawfal lui avait dit : « ton peuple va te rejeter ». Et ça c’est très important : dans l’éducation du Prophète, tu appelles au bien et tu vas trouver le mal. Tu appelles à la paix et tu vas trouver la guerre. Tu appelles à la fraternité : tu vas trouver le rejet. Tu appelles à la justice : tu vas trouver l’oppression. Et de cela, c’est une chose importante : si tu portes ce message de paix, tu as non seulement la responsabilité de porter ce message mais tu as la responsabilité de résister à l’oppression. Un homme de paix doit se préparer à certaines guerres. Un homme de paix doit se préparer à certaines guerres. Et le Prophète est tellement conscient de ça que quand il arrive à Médine et qu’il sait que ça va être la guerre, il dit à tous ceux qui le suivent : répandez la paix. Vous êtes des hommes de paix, mais il faut être prêt. Il faut être prêt. Et là aussi c’est une dimension de la résistance, c’est-à-dire tous ceux… comme ça été dans les… y’a des pays majoritairement musulmans et arabes qui ont eu des gens qui sont venus les former des Etats-Unis ou de l’Europe, ils disaient : dans les manuels scolaires, il faut enlever le mot « jihad ». Y’a pas à enlever le mot « jihad » : y’a à lui donner sa juste définition. Mais pas à l’enlever ! Attendez, on peut pas ! Y’a pas de compréhension de ce que je suis en train de dire sans le fait : les hommes de paix doivent savoir qu’il y a des oppresseurs, qu’il y a des gens qui tuent et qu’ils devront eux, avec la dignité de l’humanité, résister. La dignité de la France ça quand même été les résistants, pas simplement ceux qui se sont pliés devant le régime nazi. Non , c’est la résistance. À un moment donné, faut dire « non ». Eh bien tous les messagers ont dû à un moment donné dire « non ». Tous, tous, tous devant l’oppression des hommes. »

Écartons d’abord rapidement dans cet exposé la question du rejet par le peuple, qui est le grand classique du « prophète incompris » : Moïse, Jésus, Mahomet et tant d’autres. C’est d’ailleurs pratiquement un incontournable car quelle serait la valeur d’un message qui ne poserait aucun problème aux hommes qu’il s’agit de faire sortir des ténèbres ? Quel mérite aurait le prophète ? Bref, « appeler au bien et trouver le mal » est un message d’une banalité spirituelle consternante. Reste à savoir comment y faire face : Jésus s’est laissé crucifier. Que va décider Mahomet ? Mahomet va prendre une toute autre voie en exploitant la violence que cette prophétie auto-réalisatrice contient : car la lutte avec le mal étant inéluctable, la violence le devient aussi. Il ne reste plus qu’à justifier moralement la violence.

Ainsi, pour Tariq Ramadan, l’oppresseur est celui qui n’accepte pas le message que Mahomet tente de lui imposer et qui y résiste, si nécessaire par les armes. C’est une conception pour le moins singulière des concepts d’oppresseur et d’oppressé. Elle correspond toutefois parfaitement à la réalité historique puisque Mahomet a tenté sans succès de convaincre et convertir les Quraychites pendant 12 ans à La Mecque : il a donc décidé d’imposer sa religion par les armes à partir de Médine, un des premiers messages de paix consistant à chasser puis exterminer les juifs de Médine (entre 600 et 900 hommes) en les égorgeant sur le bord d’un fossé creusé exprès pour l’occasion (et en réduisant en esclavage leurs femmes et leurs enfants).

En effet, l’autre point intéressant de la dialectique musulmane est que Mahomet porte la parole d’Allah et que cette parole ne peut par définition qu’être LA parole de paix, l’UNIQUE : quiconque n’est pas de l’avis de Mahomet a nécessairement tort : c’est le principe même de la dictature. Donc tous ceux qui résistent à cette parole sont nécessairement des injustes avec lesquels la guerre est tôt ou tard inévitable puisque leur cœur est obscurci et endurci. « Un homme de paix doit se préparer à certaines guerres » (bis) dit Tariq Ramadan : conception inouïe de la notion même de paix. Il aurait été intéressant d’avoir l’avis de Bouddha ou du Mahatma Gandhi.

On constate ainsi que Tariq Ramadan inclut par nature la guerre, le jihad, dans la nature même de la prédication de Mahomet, celui-ci n’ayant pas l’intention de subir le sort du Christ, ce qu’il aurait néanmoins pu choisir s’il avait été véritablement un homme de paix. Tariq Ramadan insiste sur le fait qu’il ne convient en aucune façon « d’enlever le mot jihad » (au sens de combat armé) du discours musulman.

Dans cet autre passage, Tariq Ramadan explique que « La Mecque étant devenue la réalité de la répression par les gens qui refusent le message », il y a dans le départ de Mahomet à Médine « la sagesse du pacifique et en même temps la compréhension du stratège » : en d’autres termes, Mahomet sait parfaitement qu’il va devoir imposer sa religion par les armes, n’étant pas parvenu à convaincre les cœurs, et il a clairement planifié toute la période guerrière qui va suivre.

Havre de savoir Periode medinoise

Havre de savoir Periode medinoise

Verbatim : « Avant de partir, le Prophète planifie, il planifie parce qu’il faut qu’il quitte La Mecque. La Mecque est devenue la réalité de la répression par les gens qui refusent le message et donc il doit partir. Il a planifié avec… tout ce qui a été l’accueil des gens qui venaient de Médine pendant les différentes fois, pendant deux ans comme je vous l’ai dit. À un moment donné, il part et dans ce départ-là, il y a à la fois la sagesse du pacifique et en même temps la compréhension du stratège. »

Au passage, il est important de noter que Tariq Ramadan confirme que Mahomet a bien planifié de partir, c’est-à-dire qu’il a décidé et organisé (pendant deux ans) ce départ (ce qu’on lit d’ailleurs clairement dans la Sîra) : il n’a en aucun cas été chassé de La Mecque comme cela est rabâché en permanence pour faire croire à la thèse de la légitime défense.

C’est donc dans ce cadre intellectuel délirant de la guerre vue, par un retournement dialectique fulgurant, comme la nécessaire résistance à l’auto-défense des oppressés en réalité agressés, que le jihad se voit pleinement reconnu et justifié, reconnaissance et justification qui tranchent singulièrement avec les discours embarrassés et incompréhensibles des musulmans « modérés » qui tentent de trouver une issue acceptable pour les sociétés occidentales (et qui a au moins pour intérêt de nous épargner les fausses subtilités linguistiques habituelles au sujet de l’usage du mot de qital plutôt que de jihad et auxquelles il n’apparaît pas utile de faire référence ici). Au moins, pour une fois, le reconnaissance de la légitimité du jihad est claire !

Quant à la comparaison de Mahomet avec les résistants français contre le nazisme, elle ne manque pas d’audace, Mahomet ayant été l’Adolf Hitler des juifs de Médine, puisque l’objectif était bien de les exterminer jusqu’au dernier.

Sur cette base, quelle signification donner à un quelconque projet de vivre-ensemble ?

Comment les Quraychites se moquaient de Mahomet à La Mecque

Mahomet a tenté d’imposer aux Quraychites sa nouvelle religion à La Mecque. Si les réactions naturellement hostiles des Quraychites ont pu susciter certaines violences assez habituelles dans le contexte des mœurs de l’époque, leur gravité est bien inférieure à ce que chacun a en tête lorsqu’on utilise de nos jours et à dessein le terme de « persécutions » (cf. article persécutions à La Mecque).

Pour ce qui est de Mahomet lui-même, s’il a finalement fui de La Mecque au bout de 12 ans de prédication, on ne voit pas bien ce qu’il eut à subir lui-même, si ce n’est les railleries et les moqueries du clan des Quraychites auquel lui-même appartenait. Peut-être peut-on trouver ici une des raisons possibles de l’extrême sensibilité et susceptibilité des musulmans à toute critique de leur prophète compte tenu du souvenir pénible de cette époque de raillerie et de moquerie de leur prophète et de leur religion.

Lisons la Sira : section « La mort d’Abu Talib et de Khadija » [ndlr soit 10 ans après le début de la prédication de Mahomet et 2/3 ans avant l’hégire] :

« Ibn Ishâq dit : Les gens qui outrageaient l’envoyé d’Allah dans sa maison étaient : Abu Lahab, al-Hakam, Uqbah, Adyy, al-Thaqafi et Ibn al-Asda al-Hudali. Ils étaient ses voisins. Aucun d’eux n’a embrassé l’islam, à l’exception d’al-Hakam. D’après ce qu’on m’a rapporté, l’un d’eux jetait sur l’envoyé d’Allah l’utérus d’une brebis pendant qu’il priait, un autre lui jetait dans sa marmite une pierre quand on la lui servait. Par suite de cela, l’envoyé d’Allah était obligé de se protéger d’eux derrière un mur quand il priait. D’après ce que me rapporta Umar sur l’autorité d’Urwab, l’envoyé d’Allah avait coutume, quand on jetait sur lui cette saleté, de la mettre sur une perche et de se tenir debout devant sa porte et de dire : « Ô gens de Banû Abd Manâf ! Quel voisinage est-ce ? ! » Puis il la jetait dans la rue.

Ibn Ishâq dit : « Khadija et Abu Talib moururent la même année. » [ndlr en 619/620] Alors les catastrophes se succédèrent sur l’envoyé d’Allah par suite de la mort de Khadija – qui était son soutien fidèle pour l’islam et c’était à elle qu’il se plaignait –, et la mort de son oncle Abu Talib, qui lui offrit la protection dans sa mission, et l’aida contre son peuple. Cette double mort eut lieu 3 ans avant son émigration à al-Mâdinah. Lorsque Abu Talib mourut, Quraysh fit à l’envoyé d’Allah des outrages qu’ils ne pouvaient pas lui faire durant la vie d’Abu Talib à tel point qu’un insolent parmi les insolents qurayshites l’intercepta et jeta de la poussière sur sa tête.

Ibn Ishâq dit : Hisham ibn Urwah, sur l’autorité de son père, m’a dit : Lorsque cet insolent-là jeta cette poussière sur la tête de l’envoyé d’Allah, l’envoyé d’Allah entra dans sa maison et la poussière était sur sa tête. L’une de ses filles se mit à le nettoyer de la poussière en pleurant. L’envoyé d’Allah lui dit : « Ne pleure pas ma fille car Dieu protège ton père. » L’envoyé d’Allah disait : « Quraysh ne m’avait pas traité de la sorte jusqu’à la mort d’Abu Talib. » »

Jacqueline Chabbi complète : « La thématique de la moquerie est très fréquente dans le Coran de la période mekkoise [1]. La transmission ne pouvait aboutir puisque ses destinataires la rejetaient. Elle se trouvait dans une impasse. C’est pour cette raison que la révélation reflète, à La Mekke, une sorte d’emballement du discours. Celui-ci s’amplifie sans cesse. Il multiplie les récits tout autant que les redites. Les arguments se diversifient et se bousculent comme pour tenter de répondre désespérément à l’échec persistant de Mahomet auprès des hommes d’importance de la cité mekkoise, ses réceptionnaires désignés, les seuls qui auraient pu relayer son message auprès de la tribu tout entière. »

[1] Coran, sourate 52, verset 12 :  « ceux qui s’ébattent dans des discours frivoles » ; Coran, sourate 45, verset 9 :  « S’il a connaissance de quelques-uns de Nos versets, il les tourne en dérision » ; Coran, sourate 45, verset 35 :  « Cela parce que vous preniez en raillerie les versets d’Allah (…) » ; Coran, sourate 18, verset 56 :  « Et ceux qui ont mécru disputent avec de faux arguments, afin d’infirmer la vérité et prennent en raillerie Mes versets (le Coran) ainsi que ce (châtiment) dont on les a avertis ».

L’islam n’est qu’amour ?

À écouter cet imam, on se demande s’il a lu le Coran et les hadiths, tellement son discours utopique n’a pas grand chose à voir avec les textes sacrés de l’islam :

Havre de savoir Non musulmans

Havre de savoir Non musulmans

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés. La persécution des croyants est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. »

Coran, sourate 2, verset 93 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution et que la religion soit entièrement à Allah seul. (…) »

Coran, sourate 3, verset 78 : « Et il y a parmi eux certains qui roulent leur langues en lisant le Livre pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu’il n’est point du Livre ; et ils disent : « Ceci vient d’Allah », alors qu’il ne vient pas d’Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah. »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés. »

Coran, sourate 98, verset 6 : « Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les associateurs iront dans le feu de l’enfer, pour y demeurer éternellement. Ceux-là sont le pire de l’humanité. »

etc…

« Isma’il ibn Hakim a rapporté qu’Omar ibn Abdul Aziz disait : « Les dernières paroles dites par l’envoyé de Dieu (lors de sa maladie) étaient : « Que Dieu maudisse les juifs et les chrétiens qui ont fait des tombeaux de leurs prophètes des lieux pour prier. Deux religions n’existeront jamais sur la terre des Arabes. » »

etc…

Voir notamment les articles : Jihad MahometJihad CoranJihad obligatoireRévisionnisme, etc…

Le dialogue inter-religieux avec l’islam : une utopie

La vidéo ci-dessous postée en mars 2015 par une organisation musulmane ayant pignon sur rue, qui ne fait pas partie des cercles considérés comme « islamistes », et dont l’objectif est l’éducation des musulmans de France, semble illustrer l’impossibilité et l’inutilité de tout dialogue avec l’islam et les musulmans.

Havre de savoir Foi chretienne

Havre de savoir Foi chretienne Extrait 1

Havre de savoir Foi chretienne Extrait 2

En effet, si le discours initial, et qui revient en fin de vidéo, semble pétris de bons sentiments, puisqu’il insiste sur la nécessité indispensable pour toute religion de douter sincèrement de ses propres fondements, il est difficile de ne pas être saisi d’un profond malaise.

En effet, l’intervenant (ancien responsable de l’U.O.I.F.) utilise des expressions (« il y a des vérités qui ne sont pas supportables pour les chrétiens », « je vais travestir la vérité » – au demeurant bel exemple de moralité –, « je dois amener l’autre vers LA vérité », « l’évangile des chrétiens est une arnaque ») et des exemples (cf. adhésion à la théorie du complot au sujet du 11 septembre 2001, utilisation d’une situation grotesque pour dénigrer les occidentaux) qui exhalent d’assez immondes relents de mépris hautain vis-à-vis des non-musulmans, assuré qu’il est de la supériorité du musulman sur tout non-musulman.

Dans ce contexte, on ne peut s’empêcher de faire un lien avec la taqiya (cf. article Mensonge et dissimulation), pratique de dissimulation bien connue dans le monde musulman. Faire croire qu’on est capable sincèrement de douter de sa propre religion pour convaincre l’autre, n’est-ce pas un exemple même de taqiya ?

Aussi comment ne pas s’émouvoir qu’un tel discours, qui dénote une forme subtile de perversité, puisse faire l’objet d’un enseignement aux jeunes musulmans en France aujourd’hui dans l’indifférence des autorités représentant l’État français ?

La « persécution » des musulmans à La Mecque : un pieux et immense mensonge

Certaines biographies contemporaines de Mahomet et la plupart des commentateurs musulmans font état d’« horribles persécutions » commises dès l’époque de La Mecque à l’égard des musulmans pour mettre en avant les qualités de Mahomet dans une telle situation et surtout ensuite la légitimité à se défendre par l’épée, si nécessaire avec grande violence. Or, à lire la Sîra, une telle interprétation est une lecture erronée des faits par rapport aux images auxquelles certains termes renvoient dans l’imaginaire contemporain. Faisons le point.

  • L’utilisation indélicate et à dessein d’un terme tout à fait connoté et trompeur

Que sous-entend le terme « persécution » ? La « persécution » est un « traitement injuste et cruel infligé avec acharnement » (Le Petit Robert).

En outre, il y a un oppresseur (ou plusieurs), de nombreuses victimes et un terrible châtiment pour elles (prison, sévices corporels, déplacement de population, exécutions, travaux forcés,…). Par exemple, quand les Romains ont persécuté les chrétiens, il les crucifiaient par milliers (comme sur la voie Appia) et leur infligeaient ainsi des souffrances atroces qui s’achevaient avec leur mort.

S’agit-il de cela lorsqu’on parle de Mahomet de ses partisans ? On en est très loin.

  • Qu’a essayé de faire Mahomet à La Mecque ? Par sa prédication, Mahomet a en réalité « harcelé » les Quraychites

L’organisation de l’Arabie du VIIème siècle était structurée autour de tribus farouchement indépendantes qui concluaient entre elles au gré des circonstances des pactes d’alliance. Ces tribus polythéistes vénéraient des dieux ou des idoles et le centre religieux principal était à La Mecque : y était notamment vénéré le dieu Hubal, dieu de la Lune, dieu le plus important de La Mecque.

Mahomet, en prêchant une nouvelle religion, monothéiste, se proposait de casser l’organisation tribale, sociale et religieuse traditionnelle des tribus Quraychites, ce qu’elle ne pouvait voir que d’un mauvais œil ; et ce d’autant plus que Mahomet prétendait en même temps en devenir le chef puisqu’il fallait lui obéir.

Aussi, pourquoi croire cet individu qui se prétendait inspiré par Dieu plutôt qu’un autre illuminé, d’autant qu’il a toujours refusé de donner des signes de son élection par la réalisation de miracles ? Il n’y avait en effet aucune raison. Seule la sagesse de la religion qu’il prêchait aurait dû lui permettre de conquérir les cœurs : de ce point de vue-là, Mahomet a complètement échoué à La Mecque au regard de ses ambitions au terme d’une prédication de 12 ans (610-622).

  • Quelle a été la réaction première des Quraychites ? De supporter les insultes de Mahomet et de proposer une conciliation !

Par un curieux renversement des faits, certains prétendent que ce sont les Quraychites qui ont harcelé, dénigré et insulté Mahomet, alors que c’est exactement l’inverse qui s’est produit au départ. Cela se comprend très bien puisque Mahomet a cherché à imposer sa nouvelle religion en décrédibilisant, insultant les anciennes coutumes et religions.

La Sîra est très claire sur le sujet : « Ils [ndlr les Quraychites] envoyèrent lui [ndlr Mahomet] dirent : « Les notables de ton peuple se sont réunis en vue de parler avec toi ; viens donc à eux. » L’envoyé d’Allah vint à eux rapidement pensant qu’ils avaient formé une opinion concernant ce qu’il leur avait dit ; en effet, ils tenaient absolument à leur bonheur, à ce qu’ils suivraient le droit chemin, et leur égarement lui faisait de la peine. Il s’assit avec eux. Alors ils lui dirent : « Ô Muhammad ! Nous t’avons envoyé chercher afin de parler avec toi. Par Dieu, nous ne connaissons pas quelqu’un qui avait introduit dans son peuple quelque chose de pareil à ce que tu viens d’introduire dans ton peuple ; tu as insulté les ancêtres, dénigré la religion, injurié les dieux, traité nos croyances de stupides, mis la discorde dans notre société, et il ne reste aucun mal que tu n’avais pas apporté entre nous et toi. Si, par cette affaire, tu veux obtenir de l’argent, nous amasserons pour toi de notre argent de quoi te rendre le plus riche parmi nous. Si par elle tu aspires à l’honneur parmi nous, nous te ferons notre seigneur. Si par-là tu veux devenir un roi, nous te ferons notre roi. Si celui qui vient à toi est un djinn que tu vois s’emparer de toi – ils appelaient le djinn – compagnon (ra’iyy), ce qui est probable, nous dépenserons de notre argent les frais du médecin jusqu’à ce que tu en sois guéri ; ou nous serons dégagés de tout reproche au sujet de ce que nous ferons avec toi. »

Donc, il s’avère que :

–  Les Quraychites ont été insultés par Mahomet au travers du dénigrement de leur religion, de l’accusation de stupidité, etc. ;

–  L’attitude de Mahomet constituait pour eux un affront inouï jamais vu de mémoire d’homme dans cette société tribale, qui aurait dû entraîner la mort immédiate de l’agresseur Mahomet ;

–  En dépit de la violence inouïe de cet affront, les Quraychites ont fait preuve d’une grande clémence et patience (pendant plusieurs années) compte tenu de l’appartenance de Mahomet à un des clans les plus respectés de La Mecque et ont essayé de trouver un terrain d’entente, jusqu’à lui proposer de devenir très riche et même de devenir leur seigneur, dès lors qu’il ne persistait pas à remettre en cause l’organisation sociale et tribale traditionnelle ;

–  Les Quraychites ont pu naturellement penser que Mahomet était probablement atteint de folie par l’entremise d’un djinn et se sont proposés de le soigner ;

–  Mahomet a refusé la conciliation qui lui était proposée et n’a pas réussi à les convaincre par la seule force de son discours (ou des signes quelconques).

En conséquence de quoi, on voit que les Quraychites étaient dans une situation de légitime défense vis-à-vis de l’agresseur, Mahomet, et étaient parfaitement légitimes à en finir avec lui.

  • Les Quraychites se défendent contre Mahomet et ses partisans

Les Quraychites auraient pu facilement s’en prendre à Mahomet, le responsable de l’agression, mais ils ne l’ont pas fait compte tenu des liens qu’il avait avec les clans respectés de La Mecque. Mahomet ne semble pas avoir lui-même été inquiété pendant au moins les 10 premières années de sa prédication à La Mecque, qui en a compté 12 ; il était certes raillé et moqué, mais il n’avait pas à craindre pour sa sécurité physique (cf article ).

Aussi les Quraychites se sont-ils défendus en luttant contre les quelques partisans de Mahomet pour faire pression sur eux et les amener à renier cette nouvelle religion. Évidemment, à l’époque on « faisait pression » de façon un peu moins policée qu’aujourd’hui : les mœurs étaient plus brutales. La violence faisait partie des mœurs tribales de l’Arabie. Les différends entre tribus et les razzias étaient fréquents. Rappelons aussi qu’il arrivait assez souvent que les filles soient enterrées vivantes à la naissance comme le rappelle le Coran. Les mœurs de l’époque n’étaient pas particulièrement douces ! « Lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde l’envahit. Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la terre ? Combien est détestable leur jugement ! » (Coran, sourate 16, verset 58)

Le traitement infligé par les Quraychites à certains de ceux qui avaient embrassé l’islam et qui étaient les plus faibles (c’est-à-dire n’étaient pas sous la protection d’une tribu suffisamment puissante) pouvait être dur, sans pour autant être irréversible puisque l’objectif était de leur faire renier leur religion et pas de les tuer.

Une section de 4 pages de la Sîra est notamment consacrée aux pressions faites par les Quraychites sur les partisans de Mahomet et intitulée : « La persécution infligée par les polythéistes aux faibles qui ont embrassé l’islam ». Il s’agissait essentiellement de faire pression, notamment sur les plus faibles, pour les faire revenir à leurs anciennes croyances, par des coups, la privation de nourriture et d’eau, ou l’exposition au soleil. L’objectif était de les amener à renier leur conversion à l’islam, notamment en les faisant jurer par leurs anciennes idoles comme al-Zat et al-Uzza, ou en les obligeant à dire qu’un scarabée qui passait était leur dieu pour déconsidérer la croyance en l’islam.

La Sîra mentionne deux cas individuels : celui de Bîlal (un esclave, donc sans droit, dont le sort n’est donc pas représentatif – au demeurant, Abû Bakr le sortit des griffes des Quraychites en l’échangeant simplement contre un esclave noir plus fort et plus résistant que lui –) et celui d’Ammar ibn Yâsir.

La Sîra indique qu’Ammar ibn Yâsir, son père et sa mère étaient harcelés par les Banû Makhzûm qui les exposaient sur le sable brûlant de La Mecque. La mère mourut : la Sîra indique que la mère fut tuée, sans autre précision, mais, compte tenu des circonstances, il semble vraisemblable qu’elle mourut de son exposition prolongée au soleil. Il est intéressant de noter que Mahomet connaissait la situation de cette famille mais ne rechercha pas particulièrement à les protéger. La Sîra indique en effet que lorsque Mahomet passait à côté d’eux alors qu’ils étaient exposés, il leur disait : « Patience, famille Yâsir ! Le paradis vous est promis. »

La mort de la mère d’Ammar semble un cas isolé. Les Quraychites ne cherchaient pas à provoquer des violences graves et handicapantes, voire la mort, mais à obtenir l’apostasie des partisans de Mahomet, vraisemblablement pour déconsidérer encore plus la nouvelle religion qu’il prétendait leur imposer.

Il ne faut donc pas nier l’hostilité déclenchée, mais à juste titre, par Mahomet chez les Quraychites et certaines violences qu’ont pu connaître certains partisans de Mahomet, en particulier les plus faibles et ceux qui n’étaient pas affiliés à un clan suffisamment fort. Mais il était légitime que les Quraychites se défendissent contre l’agression qu’ils subissaient.

En outre, on peut penser que la Sîra, rédigée par un musulman du point de vue des musulmans, aurait certainement développé la description des persécutions commises sur les musulmans si leur ampleur l’avait justifié. Si les musulmans avaient par exemple subi un massacre de l’ampleur de celui, mentionné par la Sîra, des 20.000 chrétiens massacrés à Najrân (sud de la péninsule arabique) par les juifs conduits par Dû Nawas, il est probable que la Sîra n’aurait pas manqué de longuement le relater. Or rien de tel.

D’ailleurs, notons que Mahomet, ne pouvant pas placer sous la protection de son clan tous ses partisans, conseilla aux plus faibles et qui ne bénéficiaient pas de protection particulière d’émigrer en Éthiopie auprès du roi chrétien, le Négus, ce que fit un groupe de 83 musulmans. 33 revinrent d’ailleurs à La Mecque après quelque temps : si les partisans de Mahomet étaient réellement persécutés et craignaient vraiment pour leur vie, seraient-ils revenus ? Et Mahomet lui-même n’a jamais été violenté.

  • La fuite à Médine (l’hégire, 622)

Au bout de douze années, il est assez normal que les Quraychites en aient eu un peu assez et aient fini par se dire que cet individu, Mahomet, pouvait peut-être devenir finalement un réel danger politique pour eux avec ses prétentions à les commander (la religion n’ayant finalement pas grand-chose à faire dans l’histoire). Qu’ils aient songé au bout du compte à s’en débarrasser physiquement, c’est fort possible et même assez normal. D’autant que dans l’Arabie tribale du VIIème siècle, cela ne soulevait pas de grandes questions morales vu les mœurs de l’époque. Mais si Mahomet avait été aussi en danger que cela, nul doute qu’il aurait fui bien plus tôt et surtout sans faire partir fuir tous ses partisans avant de fuir lui-même.

  • Mahomet a été chassé injustement de La Mecque

Cet argument qui revient ad libitum dans la littérature musulmane (y compris dans le Coran), ne correspond donc pas à ce qu’on lit dans la Sîra. C’est un mensonge nécessaire à la justification du jihad.

Mahomet n’a pas été chassé : Mahomet a poussé à bout la patience des Quraychites en continuant à prêcher sa religion alors que celle-ci était infructueuse après 12 ans de prêche. Son entêtement l’a alors effectivement probablement mis en danger et il a donc décidé de fuir La Mecque pour s’établir à Médine.

Si Mahomet ne s’était pas entêté à vouloir imposer sa nouvelle religion aux Quraychites, en changeant au passage toute l’organisation tribale des tribus de La Mecque par ce nouveau rapport de pouvoir politique et religieux, il aurait pu continuer à vivre à La Mecque sans craindre aucunement pour sa vie : il n’a donc pas été « chassé » de La Mecque : il n’y a aucune injustice dans ce départ contrairement à ce que laisse entendre la littérature musulmane.

Cette situation est semblable à celle d’un fils qui vous dirait tous les jours pendant des années que vous devez changer vos croyances, votre mode de vie, que vous devez maintenant lui obéir parce qu’il a eu une illumination divine : n’y a-t-il pas un moment où vous perdriez patience ? Ne seriez-vous pas tenté, devenu excédé, par une bonne gifle pour lui remettre les idées en place ou de lui dire d’aller vivre aux crochets de quelqu’un d’autre s’il n’est pas content ? Et si votre fils dans cette situation décidait de prendre la poudre d’escampette, diriez-vous que vous l’avez « chassé » et qu’il est une victime ? Quand quelqu’un, de son propre fait, se met dans cette sorte de situation qui le conduit un jour au l’autre à partir de lui-même, est-il « chassé » (ou « banni ») ?

Ou imaginez que toutes les semaines pendant 12 ans vous ayez un témoin de Jéhovah qui vienne à votre porte vous expliquer que vous devez vous convertir à la religion qu’il prêche et que vous allez devoir lui obéir : comment réagiriez-vous ?

  • Conclusion

Il n’y a donc eu :

–  ni traitement injuste, puisque la légitime défense des Quraychites est avérée ;

–  ni traitement cruel, puisqu’il n’y avait pas de cruauté en tant que telle mais seulement des pressions physiques pour faire apostasier ;

–  ni acharnement, les pressions sur les convertis cessant dès le retour à la religion antérieure.

Aussi, le terme de « persécution », tout à fait inapproprié, devrait être remplacé par celui de « harcèlement » moral et physique, et notamment s’agissant de Mahomet de « harcèlement moral » car les Quraychites n’ont pas manqué de critiquer vigoureusement ses prétentions et sa « mission », voire de le tourner en ridicule, lui qui se croyait envoyé par Dieu (jusqu’à penser qu’il fallait le faire soigner).

  • Comment réagir face au révisionnisme musulman ?

La première chose à faire pour se faire votre propre idée est d’aller lire vous-même la biographie authentique de Mahomet. Le texte me semble clair sur l’étendue et la nature du harcèlement (justifié) subi par Mahomet et ses partisans. Cela vous permettra de vous constituer un argumentaire étayé et solide.

Malheureusement, cette question de la légitime défense originelle étant absolument cruciale pour l’islam – au risque de l’effondrement –, le débat rationnel et critique est généralement impossible, sauf avec quelques esprits éclairés et rares qui ne renient pas les faits et acceptent de « tourner la page » pour tenter de dégager de l’islam des messages de spiritualité non-violente pour la suite des temps (cf. article révisionnisme).

Aussi, si vous rencontrez des musulmans qui soutiennent cette théorie des horribles persécutions, inutile de discuter : demandez-leur les références précises des textes qui les décrivent dans la biographie de Mahomet (et n’oubliez pas de me les communiquer !). Peut-être cette lecture doit-elle être remise en cause, mais je ne vois pas sur quelle base.