Fête de l’Aïd al-Adha : la fête du mensonge pour l’islam de France

Les musulmans ont fêté début septembre 2017 la fête de l’Aïd al-Adha, la plus importante des fêtes musulmanes, consistant notamment à sacrifier rituellement un mouton, égorgé vivant, en commémoration du sacrifice d’Abraham.

Il est intéressant de revenir sur les fondements religieux de ce rituel.

  • Le sacrifice d’Isaac par Abraham dans la Genèse

Les textes juifs, auxquels se réfèrent en principe l’islam, sont très clairs sur la nature de l’épisode dit du « sacrifice d’Abraham » : Yahvé (Dieu) demande à Abraham de sacrifier son fils unique, Isaac, pour éprouver sa foi :

« Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. » Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » » (Genèse 22, 2 à 12 )

Il n’y a donc aucune ambiguïté sur l’identité du fils d’Abraham devant faire l’objet de ce sacrifice : il s’agit d’Isaac, ancêtre du peuple juif.

  • Rappel : Ismaël, enfant illégitime, naît avant Isaac, enfant légitime

Néanmoins, pour bien comprendre cette histoire, il faut revenir sur l’histoire d’Abraham [Abram]. Celui-ci s’est marié à Sarah [Saraï], mais celle-ci tarde à lui donner un enfant. Pour amoindrir la peine d’Abraham, Yahvé accepte donc dans un premier temps que sa servante Agar lui donne un enfant de « substitution » en la personne d’Ismaël (Genèse 16, 1 à 4) :

« La femme d’Abram, Saraï, ne lui avait pas donné d’enfant. Mais elle avait une servante égyptienne, nommée Agar, Saraï dit à Abram : « Vois, je te prie : Yahvé n’a pas permis que j’enfante. Va donc vers ma servante. Peut-être obtiendrai-je par elle des enfants. » Et Abram écouta la voix de Saraï. Ainsi, au bout de dix ans qu’Abram résidait au pays de Canaan, sa femme Saraï prit Agar l’égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à son mari, Abram. Celui-ci alla vers Agar, qui devint enceinte. (…) »

La grossesse de cette servante déclenche la jalousie de la femme d’Abraham qui la chasse, avec l’accord de Yahvé :

« (…) Lorsqu’elle [Agar] se vit enceinte, sa maîtresse ne compta plus à ses yeux. Alors Saraï dit à Abram : « Tu es responsable de l’injure qui m’est faite ! J’ai mis ma servante entre tes bras et, depuis qu’elle s’est vue enceinte, je ne compte plus à ses yeux. Que Yahvé juge entre moi et toi ! » Abram dit à Saraï : « Eh bien, ta servante est entre tes mains, fais-lui comme il te semblera bon. » Saraï la maltraita tellement que l’autre s’enfuit de devant elle. L’Ange de Yahvé la rencontra près d’une certaine source au désert, la source qui est sur le chemin de Shur. Il dit : « Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je fuis devant ma maîtresse Saraï. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Retourne chez ta maîtresse et sois-lui soumise. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Je multiplierai beaucoup ta descendance, tellement qu’on ne pourra pas la compter. » L’Ange de Yahvé lui dit : « Tu es enceinte et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom d’Ismaël, car Yahvé a entendu ta détresse. Celui-là sera un onagre d’homme, sa main contre tous, la main de tous contre lui, il s’établira à la face de tous ses frères. » (Genèse 16, 4 à 12)

Le terme d’« onagre » (âne sauvage) renvoie au caractère indépendant et vagabond : « Qui a lâché l’onagre en liberté, délié la corde de l’âne sauvage ? » (Job 39, 5) ou « Tels les onagres du désert, ils sortent à leur travail, cherchant dès l’aube une proie, et le soir, du pain pour leurs petits. » (Job 24, 5)

Néanmoins, Yahvé finit par accorder à Abraham le bienfait de la naissance d’un fils de sa femme Sarah, et établit une alliance unique avec Abraham et sa descendance passant par Isaac :

« Lorsqu’Abram eut atteint 99 ans, Yahvé lui apparut et lui dit : « Je suis El Shaddaï, marche en ma présence et sois parfait. J’institue mon alliance entre moi et toi, et je t’accroîtrai extrêmement. » Et Abram tomba la face contre terre. Dieu lui parla ainsi : « Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d’une multitude de nations. Et l’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d’une multitude de nations. Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi. À toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu. » (Genèse 17, 1 à 8)

En dépit de l’âge avancé de Sarah (90 ans), Dieu lui accorde ce fils, Isaac, par lequel seul passe cette alliance, même si Ismaël n’est pas pour autant totalement délaissé par Yahvé, bien qu’il soit avec sa mère rejeté par Abraham de son foyer :

« Mais Dieu reprit : « Non, mais ta femme Sara te donnera un fils, tu l’appelleras Isaac, j’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance perpétuelle, pour être son Dieu et celui de sa race après lui. En faveur d’Ismaël aussi, je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison. » (Genèse 17, 19 à 21)

« Or Sara aperçut le fils né à Abraham de l’égyptienne Agar, qui jouait avec son fils Isaac, et elle dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils, il ne faut pas que le fils de cette servante hérite avec mon fils Isaac. » Cette parole déplut beaucoup à Abraham, à propos de son fils, mais Dieu lui dit : « Ne te chagrine pas à cause du petit et de ta servante, tout ce que Sara te demande, accorde-le, car c’est par Isaac qu’une descendance perpétuera ton nom, mais du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta race. » Abraham se leva tôt, il prit du pain et une outre d’eau qu’il donna à Agar, et il mit l’enfant sur son épaule, puis il la renvoya. Elle s’en fut errer au désert de Bersabée. Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle jeta l’enfant sous un buisson et elle alla s’asseoir vis-à-vis, loin comme une portée d’arc. Elle se disait en effet : « Je ne veux pas voir mourir l’enfant ! » Elle s’assit vis-à-vis et elle se mit à crier et à pleurer. Dieu entendit les cris du petit et l’Ange de Dieu appela du ciel Agar et lui dit : « Qu’as-tu, Agar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu les cris du petit, là où il était. Debout ! Soulève le petit et tiens-le ferme, car j’en ferai une grande nation. » Dieu dessilla les yeux d’Agar et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l’outre et fit boire le petit. Dieu fut avec lui, il grandit et demeura au désert, et il devint un tireur d’arc. Il demeura au désert de Parân et sa mère lui choisit une femme du pays d’Égypte. » (Genèse 21, 9 à 21)

Isaac est le seul fils légitime (et non pas biologique) d’Abraham et c’est la raison pour laquelle le texte biblique précise dans l’épisode du sacrifice « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac » alors même qu’Ismaël est vivant et plus âgé qu’Isaac.

  • La falsification musulmane

La reprise par l’islam des récits des prophètes antérieurs, dont celui – fondamental – d’Abraham, pose naturellement un problème car les musulmans arabes descendent selon la Tradition non pas d’Isaac (les descendants d’Isaac étant le peuple juif) mais d’Ismaël, fils d’une servante d’Abraham, sorte de bâtard illégitime au regard du statut de fils légitime d’Isaac, seul transmetteur de l’alliance avec Dieu.

Cette infériorité d’Ismaël par rapport à Isaac au regard de Dieu pouvant apparaître insupportable à l’islam, Tayeb Chouiref, intervenant de l’émission « Islam » diffusée le 3 septembre 2017, indique que la tradition musulmane prétendrait, en dépit de la limpidité du texte juif, que le sacrifice d’Abraham concernerait non pas Isaac mais Ismaël  : « Lorsque le Coran évoque le sacrifice d’Abraham, il ne précise pas le nom de l’enfant : est-ce que c’était Ismaël ? Est-ce que c’était Isaac ? On sait qu’Abraham a eu deux enfants : Ismaël et puis ensuite un second enfant Isaac. Ce n’est pas précisé dans le Coran. La tradition musulmane – en particulier les hadiths, les paroles du Prophète – penche plutôt pour Ismaël, qui est l’ancêtre des Arabes. »

Fete Aid 170903 Extrait 2

Ce mensonge, fondé sur une falsification, fonderait donc ainsi la fête de l’Aïd al-Adha, jusqu’à faire croire aux fidèles musulmans – qui, dans leur immense majorité n’ont jamais ouvert une Bible et donc ignorent l’existence d’Isaac  qu’Ismaël serait l’enfant biologique unique d’Abraham.

C’est ce qui semble en effet ressortir du sermon professé par l’imam à la Grande Mosquée de Paris le 2 septembre 2017 à l’occasion de cette fête : « Regardez la réponse du fils, quand tu inculques les vraies valeurs à ton enfant, quand tu l’éduques comme il doit être éduqué : Ismaël dit à son papa… »

Fete Aid 170903 Extrait 3

  • Conclusion

La plus grande fête musulmane est fondée en France sur un mensonge effarant, consistant dans une falsification de l’histoire biblique visant à donner aux musulmans la primauté sur les juifs, ce qui d’ailleurs n’est pas sans entretenir le ressentiment de l’islam vis-à-vis du judaïsme car l’islam revendique la préséance de l’Oumma musulmane sur toutes les autres communautés : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. » (Coran, sourate 3, verset 110) et « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. » (Coran, sourate 3, verset 139).

Si ce mensonge est présenté dans cette émission de l’islam de France comme une vérité générale en islam, on peut néanmoins s’interroger sur le fait de savoir si ce point de vue est effectivement et unanimement partagé en islam compte tenu de la clarté du texte biblique, qui ne laisse aucun doute s’instaurer.

Commémoration de la décapitation du Père Hamel : la nausée

La commémoration de la décapitation du Père Hamel est l’occasion d’un déferlement de bien-pensance et de politiquement correct qui soulève le cœur jusqu’à la nausée.

Face à des médias souvent partisans et pratiquant la désinformation, il est utile, au-delà de l’horreur de l’acte, de rappeler quelques faits, tous vérifiables, car les faits sont têtus :

  • Les chrétiens et les musulmans n’ont pas le même dieu : en effet, les conceptions chrétiennes et musulmanes de Dieu sont incompatibles. Il suffit de comparer les Évangiles et le Coran pour le constater. Le Coran contient entre autres une multitude d’invectives violentes et agressives vis-à-vis des juifs et des chrétiens, incompatibles avec la notion d’amour universel défendu dans le christianisme (et le bouddhisme avec la notion de compassion)
  • Au regard de l’islam, les chrétiens sont d’abominables mécréants : le choix du terme « abominable » est-il excessif ? Non, puisque pour l’islam les chrétiens sont coupables du pire des péchés, celui d’« associationnisme », c’est-à-dire le fait d’associer à Dieu, l’unique, d’autres dieux par la voie de la Sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). Jésus-Christ n’est d’ailleurs pas reconnu en islam comme incarnation de Dieu (concept crucial dans le christianisme) mais comme un simple prophète humain comme l’était Mahomet. L’islam a réinventé un Jésus (« Issa ») qui ne correspond en rien au Jésus des chrétiens.
  • D’un point de vue doctrinal, les chrétiens n’échappent à un sort potentiellement mortel en terre d’islam que par leur éligibilité au statut de « dhimmi » (comme pour les juifs), statut humiliant et de rang inférieur à celui des musulmans. Si ce statut appliqué pendant des siècles en terre d’islam a fini par être tardivement aboli par l’empire Ottoman et uniquement sous la pression occidentale, il imprègne profondément la mentalité musulmane car le Coran proclame ouvertement la supériorité définitive de la communauté musulmane sur toutes les autres.
  • L’islam a comme modèle, Mahomet, qui a massacré une bonne partie des juifs de Médine (cf. les Banû Quraydha, exécutés « jusqu’à leur extermination totale » selon les termes mêmes de la biographie d’Ibn Hichâm, incontestée dans le monde musulman), remis au goût du jour la lapidation, eu des relations sexuelles avec la petite Aïcha à ses 9 ans (chose qui pourrait être relativement sans importance si ce fait relaté par l’historiographie musulmane elle-même ne permettait encore aujourd’hui de justifier le mariage – nécessairement forcé – des petites filles), condamné à mort les apostats, pratiqué l’esclavage, conduit ou commandé de multiples batailles, ordonné des assassinats. Jésus-Christ n’a pas grand-chose à voir avec cette conception musulmane de la « miséricorde divine ».
  • La liberté de conscience, au sens de liberté de changer de religion, n’existe pas en islam. Il suffit par exemple juste de rappeler que le Conseil Français du Culte Musulman refuse encore officiellement aujourd’hui d’inscrire au nombre des droits des musulmans en France celui de changer de religion (c’est-à-dire d’abandonner l’islam). Qui en parle ?

On pourrait citer encore beaucoup d’autres incompatibilités fondamentales entre le christianisme et l’islam (ex. polygamie, statut de la femme, notion de « témoignage » musulman cf. – la « shahada » – comparé à la notion de « croyance » chrétienne).  Il n’est donc guère étonnant de constater que l’islam de France est toujours incapable aujourd’hui de produire un contre-argumentaire au discours des fondamentalistes musulmans (ex. État Islamique, Al Qaida) car ceux-ci s’appuient avec beaucoup de précision sur la vie de Mahomet – donc sans pouvoir être réfutés – qu’ils s’appliquent à imiter fidèlement notamment au travers du jihad.

La croyance chrétienne dans le pardon et la réconciliation universelle ne doit pas conduire à la naïveté et au mensonge par omission, car le christianisme est normalement épris de vérité. Le Christ ne dit-il pas en effet : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jean 18, 23)

La liesse de cette communion universelle contre un « islamisme » dont personne n’est même capable de donner une définition (ce qui est bien commode : renvoyer les problèmes vers un concept qui n’existe pas évite de nommer son ennemi) occulte tous ces faits et constitue par ailleurs une insulte aux souffrances des chrétiens du Moyen-Orient, car c’est nier les conditions terribles dans lesquelles ils vivent en terre d’islam et qui peuvent aller jusqu’aux persécutions.

C’est aussi une façon désastreuse d’empêcher la nécessaire refondation de l’islam, car si le débat n’est pas posé et est au contraire nié dans l’œuf, aucune réflexion de fond ne peut bien entendu émerger.

L’inégalité homme-femme en islam : un bel exemple de takiya, par Najat Belkacem

L’égalité homme-femme en islam est une farce qui a offert à Najat Belkacem l’occasion de donner une magistrale leçon de « takiya ». Interrogée par Jean-Pierre Elkabbach sur cette question à l’occasion de la polémique sur le burkini à l’été 2016, Najat Belkacem (alors ministre) a nié avec brio, mais grâce aussi à l’absence de réaction de Jean-Pierre Elkabbach, que cette question ne concernât que l’islam – aucun élément tangible n’étant fourni à l’appui de la thèse mettant en cause les autres religions –. Il est tout à fait intéressant de la voir détourner avec une parfaite mauvaise foi le débat vers des considérations générales sur l’égalité homme-femme dans la société civile sans aucun rapport avec le judaïsme ou le christianisme.

Elkabbach Belkacem 160825

À l’approche de l’été, qui va offrir de nouvelles occasions d’affirmation du communautarisme musulman sur les plages, cela est instructif.

La question financière dans la naissance de l’islam

Si l’accueil de l’islam par les tribus arabes de La Mecque fut mauvais, au point que Mahomet dut décider de partir pour Médine avec ses quelques dizaines de partisans (sans avoir été persécutés, quoique cette légende tenace soit entretenue pour expliquer ensuite la violence barbare de Mahomet), il apparaît, selon la biographie de Mahomet d’Ibn Hîcham, incontestée en islam, que ceci a été dû essentiellement à des questions autres que religieuses, notamment de pouvoir et financières.

Mahomet proposait en effet une copie du judaïsme sans grande nouveauté théologique mais qui dérangeait évidemment par son monothéisme strict le culte des idoles de la Ka’ba qui faisait l’objet d’un commerce fructueux dont bénéficiaient les Quraychites. Ces préoccupations bien terre à terre sont assez éloignées de grands débats spirituels ou religieux. Il est rare de voir rappeler ce point de façon aussi claire à la télévision (émission de France 2 « Vivre l’islam » de décembre 2016).

France 2 Islam 161218 Tawhid 1 Extrait 1

Cela étant, Mahomet est loin d’avoir été lui aussi indifférent aux questions financières puisqu’il pratiqua la razzia et établit des règles stables de partage du butin qu’on retrouve d’ailleurs explicitement dans le Coran (sourate 8).

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (20) La violence dans les Évangiles : la parabole de la paix et du glaive

  • Problématique

Les Évangiles ne contiennent pas d’incitation à la violence, bien au contraire : il suffit simplement de les lire pour s’en rendre compte. Souvenons-nous par exemple de ces paroles (Matthieu 26, 51&52) : « Et voilà qu’un des compagnons de Jésus, portant la main à son glaive, le dégaina, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille. Alors Jésus lui dit : « Rengaine ton glaive ; car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. » »

Qu’il y ait eu par ailleurs de la violence dans l’histoire du christianisme est vrai, mais il s’agit d’une déviance fondamentale par rapport à la doctrine de Jésus qui est une démarche non-violente. C’est ce que rappelle clairement un intervenant dans l’émission « Judaïsme » de France 2 du 19 février 2017 :

France 2 Judaisme 170219 Violence chretienne

Néanmoins, les représentants de l’islam persistent à affirmer que les Évangiles contiendraient les ferments d’une violence qui aurait trouvé à s’exprimer dans le cours de l’histoire. L’objectif de cette démarche est évident : tenter de combler l’abîme doctrinal qui sépare les Évangiles du Coran en matière de violence, Mahomet ayant été sans conteste un homme de guerre sanguinaire, notamment vis-à-vis des juifs de Médine, qu’il a combattus férocement.

  • La lecture de Tareq Oubrou

Pour Tareq Oubrou, il suffit de lire : « Il y a dans les Évangiles d’autres passages plus violents encore (…) : « Ne croyez pas que je vous aie apporté la paix sur la terre, je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée » (Matthieu 10,34)). »

En d’autres termes, alors que même que Jésus s’est laissé crucifier, Tareq Oubrou persiste à affirmer que Jésus était un homme violent qui avait véritablement des intentions guerrières.

  • La parabole du glaive

Le problème est que le texte ne peut pas être compris si on le tronque ainsi. Le texte, dans sa version complète, donne lui-même l’explication du sens de cette parabole dans Matthieu (10, 34 à 40) : « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa famille. Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. »

Il est clair que ce que demande Jésus, c’est de choisir de le suivre et de reconnaître la vérité qu’il apporte, ou au contraire de ne pas le faire. L’image du glaive veut dire qu’on ne peut pas être entre les deux : on est forcément d’un côté ou de l’autre du tranchant de la lame. Car la doctrine de Jésus va trancher entre deux attitudes et ainsi séparer deux camps : ceux qui décident de le suivre ; ceux qui s’y refusent. Cela n’a évidemment absolument rien à voir avec un quelconque appel à la guerre.

Mais Jésus sait que ce choix qu’il contraint l’homme à faire, en réalité celui du bien ou celui du mal, va troubler profondément les hommes, les diviser, y compris au sein des familles, et rompre la paix hypocrite qui leur permet dans leur cœur de vivre de façon « confortable », ainsi que Luc (12, 51 à 53) l’indique : « Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien la division. Désormais en effet, dans une maison de cinq personnes, on sera divisé, trois contre deux et deux contre trois : on sera divisé, père contre fils et fils contre père, mère contre sa fille et fille contre sa mère, belle-mère contre sa bru et bru contre sa belle-mère. »

  • Conclusion

Alors même que Tareq Oubrou explique avec force passages qu’il faut « contextualiser » et « interpréter » la violence indiscutable de Mahomet, il essaie de faire de Jésus un prophète lui aussi de guerre, en contradiction la plus formelle avec l’histoire du Christ et les textes évangéliques qu’il ne prend même pas la peine de lire littéralement et correctement. C’est assez effarant.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (14) Le musulman a le droit de frapper sa femme désobéissante, ou « Mahomet contre Allah ? »

  •  Problématique

S’il est bien une des dispositions illustrant les facettes archaïques de l’islam, c’est bien le droit donné par le Coran au musulman de frapper sa femme. Rappelons de quoi il s’agit :

Sourate 4, verset 34. (…). Quant à celles [de vos femmes] dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous de leur lit et frappez-les. Si elles reviennent à l’obéissance, ne leur cherchez plus querelle. Allah est auguste et grand !

Ce texte, particulièrement simple et clair, reflète tout simplement les mœurs du temps, comme il l’a fait plus généralement pour le statut de la femme (polygamie, répudiation, héritage, obligations sexuelles dans la vie de couple, etc.). Souvenons-nous que les femmes n’étaient guère considérées dans l’Arabie du VIIème siècle – ce qui n’empêchait pas certaines, comme Khadija, la 1ère femme de Mahomet, de sortir du lot – et que les petites filles étaient parfois enterrées vivantes à la naissance (Mahomet s’étant néanmoins opposé à cette abominable pratique).

Le Coran ne conditionne ce verset à aucun autre. Sans aller jusqu’à interdire au mari de frapper sa femme, ce qu’il n’a pas fait, le Coran aurait pu du moins ne pas se prononcer sur la question en laissant l’homme au prise avec sa conscience pour répondre à cette question éthique dont la solution est évidente dès lors qu’on considère que l’homme et la femme sont également dignes. Mais il s’avère que c’est le contraire qu’il prône : le Coran légifère et autorise en effet formellement par ce verset le musulman à frapper sa femme en cas de besoin.

Évidemment, il devient assez difficile dans ces conditions d’expliquer que l’islam est une religion compatible avec le statut de la femme dans le monde occidental. Voyons donc comment Tareq Oubrou tente de renverser la vapeur.

  • Pas de remise en cause de l’authenticité de ce verset

La première chose à remarquer est que Tareq Oubrou fait preuve de réalisme et ne tente pas de contester l’authenticité de ce verset car c’est absolument impossible. De même, il ne mentionne pas un hypothétique problème de traduction car ce texte est très clair en arabe si l’on en juge par les traductions figurant dans les différentes versions du Coran. Ainsi, pour la punition, on trouve par exemple : « frappez-les » chez Denise Masson ; « frappez-les » chez Régis Blachère ; « frappez-les » dans le Coran assabile ; « battez-les » chez André Chouraqui ; « battez-les » chez Kasimirski ; « battez-les » chez Hamidullah.

  • L’argument habituel : la contextualisation

En revanche, Tareq Oubrou a recours à l’argument habituel de la contextualisation au regard des mœurs du VIIème siècle : « Le verset 4 de la sourate 34 se réfère à une situation et s’adresse à un public spécifique qu’il convient de préciser, toute exégèse sérieuse consistant à chercher à comprendre le texte d’abord dans son univers originel. »

Comme toujours, on reste perplexe face à l’argument de la contextualisation, sachant qu’il s’agit prétendument de la parole d’Allah délivrée au dernier des prophètes.

Tareq Oubrou poursuit : « En premier lieu, il cible les Mecquois et non les Médinois, lesquels, de par leur culture, étaient dociles à l’égard de leurs femmes comme l’explique Omar, deuxième calife, qui était un Mecquois. »

D’où Tareq Oubrou tient-il que ce texte ne s’adresse qu’aux Mecquois ? Quoiqu’il en soit,  ce verset n’ayant fait l’objet d’aucune abrogation ultérieure, il est par conséquent valable pour tous les hommes ; il est universel.

Quant aux textes auxquels Tareq Oubrou fait référence sans le dire précisément et qui feraient état des différences de mœurs entre Mecquois et Médinois vis-à-vis de leurs femmes, il serait intéressant d’en prendre connaissance ; mais de toutes les façons, ils ne changeraient rien au fond du problème.

  • Mahomet est en désaccord avec Allah !

Tareq Oubrou prétend que Mahomet n’a jamais frappé une de ses multiples femmes (rappelons qu’il en a eu jusqu’à neuf en même temps, soit bien plus que les quatre autorisées par lui-même dans le Coran) : « Le Prophète, qui est pour tout musulman un exemple à suivre, n’a jamais levé sa main sur l’une de ses épouses. (Muslim n°2328) »

En réalité, personne n’en sait rien, y compris Aïcha, car il aurait fallu être avec lui à chaque instant, même quand il copulait. Si Mahomet a frappé une de ses femmes dans le secret de son foyer, en étant seul avec elle, qui peut le savoir si elle n’en a pas fait état ? Ce qui est sûr, que le fait ait eu lieu ou pas, c’est qu’il n’a pas été rapporté. Cet argument n’est donc pas rigoureux et ne prouve rien.

Ce qui est beaucoup plus important est ce que Mahomet recommande à ses partisans. Tareq Oubrou écrit : « Le Prophète a prononcé des paroles plus fermes qui dénoncent cette violence et considèrent que l’homme violent à l’égard de sa femme n’est ni noble ni digne de respect. »

Il est vrai que si les coups font partie de la panoplie à la disposition du mari, un mari intelligent évitera d’en faire usage car la force ne réduit pas l’inimitié mais au contraire la fait généralement croître (hormis dans le cas du moins de certains plaisirs dont les mœurs modernes semblent parfois friandes).

Yusuf Qaradawi apporte les précisions suivantes : « L’imam al-Hafiz Ibn Hajar a dit : « Il y a dans ces paroles du Prophète « Jamais les meilleurs d’entre vous ne frappent leurs femmes » une preuve qu’il est globalement permis de les frapper pour les corriger, si le mari voit chez elle quelque chose qu’il n’aime pas dans sa façon d’accomplir son devoir d’obéissance envers lui. S’il se contente de la menacer ou de lui faire des remontrances, cela est préférable toutes les fois qu’on peut atteindre son but par la suggestion sans recourir aux actes, car cela détériore la bonne entente qui doit régner dans la vie conjugale. Maintenant, s’il s’agit d’une affaire où il y a désobéissance envers Dieu, il doit la frapper. »

Tareq Oubrou ajoute par ailleurs : « Un autre hadith (ce hadith interdit au mari de fouetter sa femme comme il fouetterait son esclave pour venir ensuite coucher avec elle le soir) bannit cette violence sans réserve ni hésitation, ce qui indique qu’il y a bien eu une intention de l’interdire radicalement. »

Il s’agit en effet du hadith (Bukhari) suivant : « Abdallah Ibn Zama rapporte que le Prophète a dit : « Qu’aucun de vous ne fouette sa femme comme on fouette un esclave alors qu’à la fin du jour il coïtera (peut-être) avec elle ». » C’est un propos de bon sens : le fait de battre sa femme l’indisposera probablement plus, voire la rendra inapte à la copulation. Mais difficile d’y voir une interdiction de la violence « sans réserve ni hésitation ». Ce qui est banni est la violence excessive qui rendrait la femme inapte à satisfaire l’ardeur sexuelle de son mari comme la Tradition musulmane lui en fait l’obligation morale.

Alors qu’il était si simple et si facile pour Mahomet d’interdire clairement de frapper sa femme, il a en réalité entériné moralement et juridiquement ce droit – sans l’encadrer de façon précise – parce qu’il ne pouvait contrevenir aux mœurs de l’époque sans prendre un énorme risque politique : celui de se mettre à dos de futurs potentiels partisans.

On comprend alors mieux des hadiths parfois cités comme (Ibn Majah) : « Ash’ath bin Qais a dit : « J’étais l’hôte d’Omar une nuit et, dans le milieu de la nuit, il alla vers sa femme et la battit ; je les séparai. Quand je retournai me coucher, il me dit : « Ô Ash’ath, apprends de moi quelque chose que j’ai entendu du messager d’Allah : « Un homme ne devrait pas être interrogé sur la raison pour laquelle il bat sa femme. »  » » (Ibn Majah, cela étant hadith « hasan » et non « sahih ») ; ou encore (Abu Dawud) : « « Omar ibn al-Khattab a dit : « Le prophète a dit : « On ne demandera pas à un homme pourquoi il bat sa femme » » ».

Vouloir démontrer que Mahomet était opposé par principe au fait de battre sa femme est 1) une absurdité, puisqu’il a dit le contraire dans le Coran ; 2) ou un blasphème, puisque c’est dire que Mahomet s’opposait en réalité à la volonté d’Allah inscrite dans le Coran.

  • Comment frapper sa femme ?

Comme le droit coranique de battre sa femme est indubitable, Tareq Oubrou tente ensuite de minimiser l’horreur de la chose à partir de la Tradition : « Le geste physique, lui-même relativisé et atténué par des hadiths qui parlent d’expression maîtrisée de la colère, doit être avant tout symbolique et ne doit pas faire mal. (Muslim n°1218) » Que veut dire avec les mœurs du VIIème siècle en Arabie « une expression maîtrisée de la colère » ?

Quant au hadith 1218 de Muslim, contrairement à ce que dit Tareq Oubrou, il ne dit pas que la punition doit être « symbolique » mais il dit que les femmes ne doivent pas être battues trop sévèrement et que l’homme doit leur donner à manger et les vêtir. Ce hadith fait référence au pèlerinage d’adieu de Mahomet (peu avant sa mort) dans des termes similaires à ceux qu’on retrouve dans la biographie de Mahomet (Sîra d’Ibn Hîcham) : « Musulmans, vos épouses ne doivent point commettre d’action gravement honteuse. Si elles le font, Dieu vous donne l’autorisation de les mettre en quarantaine et de les battre, sans trop d’excès. Si elles renoncent à leurs mauvaises actions, elles auront le droit à la nourriture et au vêtement selon l’usage. »

Sur ce point délicat, les imams sont venus ensuite tenter de préciser ce qui paraissait convenable. Yusuf Qaradawi résume : « Il n’est pas permis à l’homme de frapper sa femme au visage car cela est une humiliation à la dignité humaine et c’est aussi un danger pour cette partie du corps qui regroupe les principaux traits de beauté du corps. S’il est permis au musulman, en cas de nécessité, de corriger sa femme lorsqu’elle se montre fière et rebelle, il ne lui est pas permis de la frapper durement, surtout au visage ou aux endroits vitaux. » La signification de « durement » est laissé à l’appréciation de chacun, en fonction de son tempérament : c’est dire que l’éventail est assez large…

La jurisprudence malikite, jurisprudence de référence des Maghrébins – rappelons-le –, indique les modalités du dédommagement payé à la femme en cas de blessure : « Mâlik a rapporté qu’il a entendu dire Ibn Chihab dire : « Il est de la Sunna qu’un homme causant une blessure à sa femme lui paie la diya [indemnité] correspondante à cette blessure, sans qu’il soit soumis à la peine prescrite. » Mâlik a dit aussi : « Or, il n’en est de tel qu’au cas où cette blessure est involontairement causée par l’homme qui a frappé sa femme avec un fouet et lui a crevé un œil par exemple. » » : ce qui laisse entendre que l’homme qui fouette sa femme n’est pas une situation exceptionnelle. Dont acte.

  • Conclusion

L’argumentaire de Tareq Oubrou a au moins une qualité : celle d’être divertissant. Il patauge dans les contradictions et les incohérences de façon assez pathétique au point qu’on se demande jusqu’où cela peut aller.

Tariq Ramadan de son côté est pris dans le même réseau de contradictions mais il a au moins l’intelligence d’en prendre acte pour tenter de les dépasser sans trop tergiverser puisqu’il écrit : « 1) Oui, il existe des textes (un verset, donc des traditions prophétiques) qui se réfèrent au fait de frapper son épouse ; je les cite puisque ce sont les textes que les musulmans lisent et citent. 2) Voici quelles sont les interprétations qui ont été proposées, des plus littéralistes – qui justifient le fait de frapper son épouse au nom de Coran – aux plus réformistes – qui lisent ce verset à la lumière du message global, et qui contextualisent le verset et les traditions prophétiques en tenant également compte de leur chronologie. 3) À la lumière de ces interprétations et en considérant l’exemple du prophète qui n’a jamais frappé une femme, j’affirme que la violence conjugale est contraire aux enseignements islamiques et que l’on doit condamner ces agissements. »

Quoique cette conclusion au regard des enseignements islamiques soit loin d’être juste, on ne peut que s’accorder avec Tariq Ramadan que la violence conjugale est odieuse et moralement condamnable, en particulier au regard des valeurs occidentales. Il n’en demeure pas moins, de quelque façon qu’on tourne le problème, que l’islam reste incontestablement une religion qui autorise par son texte le plus sacré un homme à frapper sa femme s’il craint sa désobéissance : la miséricorde d’Allah est décidément bien mystérieuse !

La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (4) La violence est intrinsèque à l’homme

  • Problématique

La violence des fondements de l’islam étant incontournable, Mahomet en ayant fait un usage fréquent – voire systématique – pour se débarrasser de ses ennemis, les islamologues s’épuisent à tenter de la justifier afin de résoudre la contradiction soulevée avec la prétention de l’islam à être une religion d’amour et de paix. Les arguments tombant les uns après les autres, vient alors celui, pseudo-psychanalytique, du caractère inéluctable de la violence en toute chose humaine.

  • Argument : la violence est innée à la chose humaine

Ainsi, selon un islamologue présent sur le plateau de France 2 : « Toute fondation passe par la violence » ; « La violence au fondement, elle est là, elle est présente » ; « La violence au fondement, elle existe toujours ».

France 2 Islam 161204 Islam & Violence 1 Extrait 6

Il est assez étonnant de voir cet islamologue ne faire aucune distinction entre le politique et le religieux dans son analyse : cela étant, Mahomet ayant fait de la politique en s’appuyant sur un prétexte religieux, on comprend mieux pourquoi. En politique internationale, s’agissant le plus souvent de lutte de pouvoirs à des fins de domination, la violence est effectivement souvent de mise. Mais pourquoi considérer qu’il en est de même avec la religion ?

Quant au propos : « Il faut distinguer entre l’islam et les musulmans. Ce sont deux ordres de réalité très différents. », il est absolument stupéfiant. En gros : l’islam est une religion d’amour et de paix et n’est pas responsable de tous les actes de violence que les musulmans commettent en son nom, alors même qu’ils revendiquent eux-mêmes mettre en application les textes sacrés de l’islam !

  • Argument : au regard de la violence religieuse, l’islam n’est pas un cas particulier

Laissons déjà de côté le bouddhisme, religion dont la doctrine pacifique par excellence fait déjà mentir ceux qui prétendent que la violence serait consubstantielle à la religion, et concentrons-nous sur les deux autres religions monothéistes.

Au-delà du caractère conjoncturel de la violence (« La violence est toujours conjoncturelle et relationnelle »), ce qui ne veut pas dire grand-chose, l’intervenant affirme : « Il n’y a pas de spécificité islamique en matière de violence ou de toute autre chose. Cette violence est contenue également dans les textes fondateurs du judaïsme comme du christianisme. »

France 2 Islam 161204 Islam & Violence 1 Extrait 7

S’il y a une violence dans l’Ancien Testament liée aux fondements du judaïsme, il s’agit soit d’une violence historique, soit d’une violence symbolique. Depuis 2000 ans, on n’a guère vu de juifs faire la guerre à d’autres peuples en brandissant la Torah ! Alors que le terrorisme musulman se déploie encore aujourd’hui au nom d’« Allah Akbar ».

Quant au propos sur le christianisme, c’est tout simplement un MENSONGE. Les fondements du christianisme ne contiennent aucune violence, bien au contraire : le Christ n’a jamais édifié une armée ; il a refusé qu’on le défende ; il s’est laissé crucifier. Jamais aucune violence n’est prônée sur terre et la violence de certaines paraboles figurant l’au-delà ou le jugement dernier est purement symbolique. Que les chrétiens se soient ensuite dans le cours de l’histoire éloignés de la doctrine pacifique du Christ jusqu’à parfois faire le contraire est une déviance politique qui n’a aucune justification dans les Évangiles.

Il faut donc le marteler : il y a bien une spécificité musulmane dans le rapport à la violence, violence qui s’étale dans une multitude de versets du Coran, de hadiths et de passages de la biographie de Mahomet. La violence et le terrorisme musulman que nous connaissons aujourd’hui ne sont pas un hasard.

  • Conclusion

La violence en islam ne serait pas une spécificité ? Magnifique illustration du pur déni de réalité.

Cette affirmation est tellement mensongère qu’un des intervenants constate implicitement avec embarras qu’il est bien incapable d’expliquer la violence musulmane sans remettre en cause la doctrine même de l’islam puisque toutes les explications qui tentent d’exonérer la doctrine ne donnent rien. Comme il dit : « Il faut interroger les causes »… Sans compter que l’omniprésence de la violence au sein même du monde musulman entre communautés qui se haïssent parfois depuis des siècles est la preuve flagrante de la présence de la violence dans les racines mêmes de l’islam.

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La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (2) Mahomet était schizophrène

  • Problématique

La présence irréfutable de la violence dans la conquête du pouvoir par Mahomet est d’une évidence telle dans les textes sacrés de l’islam que le déni de réalité, possible face à un interlocuteur ignorant, devient intenable face à quelqu’un qui a pris la peine de lire ces textes. Face à ce constat, les islamologues musulmans ont développé une théorie invraisemblable et dont l’absurdité ne semble même plus les étonner eux-mêmes, que j’appelle la théorie du Mahomet schizophrène.

  • Argument : Mahomet était schizophrène

Selon cette théorie, Mahomet serait en réalité composé de deux personnes, sorte de docteur Jekyll et mister Hyde, conception qui a le grand avantage d’autoriser la dichotomie de la responsabilité morale : le Mahomet « gentil », apôtre de paix, et le Mahomet « violent », chef de guerre sanguinaire d’une fédération de tribus arabes. Ainsi, seul le Mahomet « gentil » serait le vrai Mahomet, le Mahomet « violent » n’étant que la conséquence de la nécessité d’être le chef d’un État naissant. Cette thèse récurrente est bien résumée dans l’émission France 2 Islam du 4 décembre 2016 :

France 2 Islam 161204 Islam et Violence 1 Extrait 2

Ainsi, l’intervenant dit : « Je distingue entre le prophète qui inspirait, qui va parler au nom de Dieu, à partir de Dieu – ça, c’est une chose – et celui qui va être un chef, un fondateur d’une cité et qui va se heurter à des ennemis et qui va les combattre. » Il faut bien comprendre que cet argument est totalement absurde : c’est comme si on disait qu’Hitler était un brave homme et que seule une malheureuse obsession – dont il ne serait pas responsable – l’a conduit à exterminer quelques millions de personnes ; car, remarquons-le bien, tout autant que Mahomet, Hitler pensait être guidé par une influence divine.

Or il faut bien comprendre que cet argument, qui va notamment venir alimenter toute la thèse de la « contextualisation », est absolument FONDAMENTAL pour la survie de l’idéologie musulmane, car c’est le seul rempart, face à la clarté des textes musulmans, qui empêche la déconstruction inéluctable de l’islam. Sans cet argument, les contradictions aveuglantes entre la prétention à la spiritualité (d’amour et de paix) et les faits « historiques » violents (tels que les textes musulmans eux-mêmes les relatent) font voler en éclat la prétention de l’islam à se hisser du rang d’idéologie de pouvoir guerrière comme l’histoire en a beaucoup connu à celui de véritable spiritualité.

Alors, effectivement, la contradiction qui vient immédiatement en tête est celle liée aux exemples de Bouddha, Jésus ou Gandhi : eux ont toujours prêché la non-violence. Pourquoi eux l’ont fait et pas Mahomet ? Réponse stupéfiante de l’intervenant, mais représentative de l’argumentaire traditionnel de l’islam quand il est acculé dans sa propre impasse : ce n’est pas le même cas ! : « Alors bien sûr il existe aussi des prophètes qui sont seulement des prophètes, et que des prophètes, et là, ils n’ont que le maniement de la parole. Mais là nous sommes dans un cas où il y a à la fois le prophète et le législateur etc. Et donc ces deux fonctions, ce sont des fonctions qui vont se mêler et donner lieu en effet à des moments de violence qu’il faut reconnaître et qu’il faut contextualiser. »

  • Conclusion

En réalité, il faut bien comprendre que dans la bouche de l’islam, « contextualiser » veut dire « excuser la violence » via une rationalisation qui transforme la violence (indubitable) en nécessité.

Pourtant, la solution à tout cet imbroglio est beaucoup plus simple : Mahomet, qui était probablement un « illuminé » (Le Robert : « esprit chimérique qui ne doute pas de ses inspirations »), a conquis le pouvoir par la guerre sous couvert de spiritualité en copiant la religion juive (car il est bien difficile de distinguer ce que l’islam apporte de réellement nouveau au judaïsme d’un point de vue religieux).

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (10) Le Coran créé ou incréé : un débat profond, mais qui paraît tout aussi incompréhensible et byzantin que celui de l’abrogation

  • Problématique

Si le contenu de la « théologie » musulmane semble pauvre au point que Tariq Ramadan va jusqu’à écrire « Il n’y a pas de « théologie islamique ». Comparer les discussions, souvent marginales, qui ont eu cours entre les savants musulmans (essentiellement à partir du Xème siècle) avec les réflexions fondamentales qui ont donné naissance à la « théologie chrétienne » est infondé et, dans les faits, une erreur », il est néanmoins un débat doctrinal qui a marqué l’histoire de l’islam, à savoir le fait de déterminer si le Coran est un texte créé ou incréé.

La nature de cette question peut laisser perplexe les esprits raisonnables : il s’agit en effet, semble-t-il, de déterminer si le texte du Coran faisant l’objet de la révélation a existé de tout temps auprès d’Allah (préservé sur une tablette), ou s’il a été créé à l’occasion de la révélation. À première vue, cette question est assez peu compréhensible : à supposer que « incréé » veuille dire « éternel depuis le commencement des temps » (s’il y a eu un commencement…), qu’est-ce que cela changerait par rapport à une création intervenue à une époque historiquement datée puisque, dans les deux cas, c’est la volonté d’Allah qui s’exprime ? Or on n’imagine pas qu’Allah change d’avis comme les hommes, ces créatures versatiles. Et puis on peut se demander alors qui a écrit le texte du Coran sur la tablette.

Pourtant, les grands esprits musulmans ont beaucoup glosé sur cette question, rejoignant en cela les plus grandes extravagances des casuistes juifs ou chrétiens, mais avec des conséquences intéressantes en matière de signification du texte coranique même si le raisonnement peut paraître assez alambiqué et surréaliste.

  • Perspective historique

La question créé/incréé a en effet divisé l’islam dans les premiers siècles après la mort de Mahomet en deux courants opposés, le mutazilisme et l’asharisme, qui se sont déchirés sur les principes d’interprétation du texte coranique.

L’analyse de Michel Onfray est la suivante : « Tout commence avec un problème qui a donné lieu, dans la philosophie musulmane, à d’abondants débats : le Coran a-t-il été créé (thèse mutazilite) ou incréé (thèse asharite) ? Tout découle de la réponse qu’on donne à cette question. Si le Coran a été créé, il l’a été par des hommes qui, même inspirés par Dieu, ont pu se tromper car l’erreur est humaine. S’il ne l’a pas été, c’est qu’il est directement la parole de Dieu ; dès lors, il est vérité absolue et chaque virgule est volonté de Dieu. »

Cette analyse est erronée car dans tous les cas le statut de parole d’Allah n’est pas remis en cause et donc il ne peut pas y avoir d’erreur. La notion d’erreur est par nature impensable s’agissant de la parole d’Allah. Ce qui peut être discuté en revanche est la signification qu’en donnent les hommes en utilisant le seul outil dont ils se trouvent dotés : la raison.

Cuypers & Gobillot écrivent à ce propos : « Avec le mutazilisme, aux VIIIème-IXème siècles, fut franchi un pas important vers une approche critique du Coran, en faisant de la raison le critère ultime de vérité, en théologie comme en exégèse. Cette période fut agitée par un débat théologique crucial : le Coran est-il créé ou incréé ? Optant pour la première solution, les mutazilites libérèrent du même coup la réflexion rationnelle sur le Coran, notamment pour résoudre ses contradictions apparentes sur la prédestination et le libre arbitre, ainsi que les anthropomorphismes. Un court moment triomphant sous le calife al-Mamûn (mort en 833) et ses deux successeurs immédiats, al-Mutasim et al-Wathiq, qui l’imposèrent comme doctrine officielle, le mutazilisme se vit radicalement banni sous le calife al-Mutawakkil (mort en 861), en faveur de la doctrine dite de la Sunna. Ses idées survécurent cependant dans le chiisme imamite et dans le zaydisme, au Yémen, où l’on retrouva, dans les années 1950, nombre d’ouvrage mutazilites que l’on croyait disparus. Le bannissement du mutazilisme de l’enseignement officiel et sa progressive extinction dans l’islam sunnite représentent, aux yeux de beaucoup d’intellectuels musulmans d’aujourd’hui, une catastrophe culturelle aux conséquences incalculables. »

  • Le mutazilisme : pour aller plus loin dans la compréhension

Les lecteurs peuvent s’ils le souhaitent sauter cette section assez « technique » et relative à la nature du mutazilisme, analyse assez claire de ce courant religieux figurant dans le livre intéressant – mais qui a suscité de vives polémiques – de Sylvain Gougenheim « Aristote au mont saint Michel » (Éd. Seuil), consacrée aux racines grecques de l’Europe chrétienne.

« Le mouvement des « mu’tazila » apparaît au début du VIIème siècle de notre ère, sous les Umayyades et s’épanouit sous la califat d’Al-Mamûn, devenant même religion officielle en 827. Il le demeura sous ses deux successeurs (…). L’épisode mu’tazilite fut toutefois de courte durée. (…) Aux Xème et XIème siècles, le mu’tazilisme retrouva un second souffle, sous la protection des émirs chiites Bouyides. C’est alors que vécut et enseigna le dernier de leurs théologiens, Abd-al-Jabbar. (…)

Le terme de « mu’tazila » dérive du terme « it’azala » qui signifie « mettre côté, s’éloigner ». (…) Au fondement du mouvement mu’tazilite s’inscrit une revendication de stricte orthodoxie islamique. Leurs adversaires sunnites ont déformé le sens du terme en proclamant que la mu’tazila consistait à se séparer non du faux, mais de l’orthodoxie : les mu’tazilites passaient ainsi pour des hérétiques. (…)

Les mu’tazilites se revendiquaient comme de parfaits monothéistes : la croyance en l’unicité de Dieu est au cœur de leur démarche, ce qui les conduit à refuser toute ressemblance entre le divin et l’homme et, par conséquent, à les dissocier totalement. Ils acceptent donc l’idée de libre arbitre. L’homme est créateur, et ainsi, responsable de ses propres actes : tel l’a voulu Dieu. (…)

La position la plus radicale divine, celle des mu’tazilites, consistait à rejeter l’idée d’un Coran incréé. Cette croyance reposait pourtant sur les versets du Coran proclamant que, aux côtés d’Allah, trônait la « Mère du Livre », dont le contenu, révélé par l’archange Gabriel à Mahomet, fut mis par écrit dans le Coran. Les mu’tazilites y voyaient le risque du grave péché d’associationnisme : admettre l’existence de la Mère du Livre ne revenait-il pas à poser l’existence d’une deuxième Dieu ? (…) L’unicité absolue d’un Dieu purifié de toute association extérieure amène à refuser l’éternité au Coran, par crainte de donner à la parole de Dieu une éternité qui n’appartient qu’à ce dernier – on retrouve là un débat classique du « kâlam ». Le Coran est « la parole de Dieu et sa révélation ; il est engendré et créé ». Cette conception conduit aussi les mu’tazilites à dénier tout attribut à Allah, y compris les célèbres « quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu » qui leur paraissent autant de concessions à l’idolâtrie. 

Contrairement à ce qui est parfois affirmé, le mu’tazilisme ne semble guère avoir été influencé par la philosophie grecque. (…) Il apparaît au début du VIIIème siècle, donc avant les traductions effectuées par les Syriaques [traducteurs chrétiens d’Orient, le plus célèbre étant Hunayn Ibn Ishaq (803-873)]. (…) Ils accordent toutefois une place importante à la raison : cette faculté est à leurs yeux la seule qui permette à l’homme d’exercer son libre arbitre, de discerner le bien du mal et, finalement, de connaître Dieu. (…)

La raison apparaît au service de la révélation coranique, qui est révélation d’une vérité naturelle et intemporelle. Si la raison contredit le Coran, elle sort de la nature, du domaine du libre arbitre et de la responsabilité, elle quitte le monde de la morale ; elle devient déraisonnable, et s’autodétruit. Par conséquent la raison n’est elle-même qu’en étant fidèle à la révélation. (…)

On comprend donc que les mu’tazilites ne s’opposèrent pas au dogme d’un Coran incréé par réaction rationaliste, au sens occidental du terme, mais par piété. On se tromperait en voyant en eux des théologiens « thomistes » avant la lettre, des annonciateurs du rationalisme cartésien, voire des libres penseurs. Eux-mêmes se voulurent toujours parfaitement fidèles à la lettre du Coran. »

  • La position de bon sens de Tareq Oubrou

La position de Tareq Oubrou paraîtra de bon sens à un grand nombre de lecteurs raisonnables, mais paraîtra peut-être simpliste pour les experts de l’islam car elle fait fi de la complexité dogmatique de tous les débats antérieurs, à savoir : il n’y a probablement pas grand-chose de déterminant dans ce débat pour l’homme de la rue. Inutile de trop s’y attarder.

Tareq Oubrou écrit en effet : « Tous les théologiens admettent que le Coran vient de Dieu, abstraction faite des modalités métaphysiques de la révélation, qui diffèrent selon les doctrines. Aussi, historiquement, le fait d’adhérer au dogme du Coran incréé ou à celui du Coran créé n’a eu aucune incidence particulière sur l’interprétation qui en était faite. »

  • Le lien avec la question de l’abrogation

Si ce débat peut paraître ainsi fondamentalement assez abscons, il est intéressant de noter qu’il s’insère dans une problématique plus large sur l’intemporalité de la volonté divine, avec un lien direct touchant à une autre question également assez obscure soulevée par l’islam : la question de l’abrogation (puisque le Coran précise clairement qu’Allah peut abroger des versets pour les remplacer par d’autres). La grande question est alors en effet : Allah a-t-il changé d’avis ? Et si le Coran est incréé, faut-il en conclure que les contradictions du texte coranique – correspondant aux changements d’avis d’Allah – étaient prévues de toute éternité dans ce texte ? Délires insondables de la raison humaine…

Dans le dictionnaire encyclopédique du Coran publié sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi, on lit à propos de cette question vertigineuse : « La possibilité même de l’abrogation ne va pas sans poser un problème critique de nature théologique au sein de la doctrine la plus répandue en islam sunnite. Dans le cadre du mutazilisme, qui est une doctrine minoritaire, ce problème n’existe pas. Pour les mutazilites, le principe qui est au fondement de l’institution de la chari’a est « l’intérêt de la création » et, dans cette perspective, l’idée que les choses de la Loi révélée puissent fluctuer est naturelle. (…) Selon le courant théologique majoritaire en islam sunnite, l’ash’arisme, l’idée qu’un changement puisse affecter la loi révélée dans le Coran est immédiatement problématique parce que, dans cette perspective, ce dernier rend compte de la volonté divine en son ultime version et cette volonté est conçue comme souveraine – elle dit ce qu’est le bien et le mal en la version définitive de ces notions –, immuable et non inscrite dans le temps (le Coran, en islam, est considéré comme la dernière des révélations et clôt le cycle de la révélation). Ici, la volonté divine est difficilement conciliable avec les intérêts changeant de la création, ou, plus simplement, avec le changement en tant que tel. (…) Le changement, diront les savants sunnites, a été prévu par Dieu de toute éternité. Il a dès le départ prévu qu’il abrogerait tel de ses commandements à la faveur d’un autre. Cette explication toutefois est bâtarde et ne peut satisfaire personne. Des savants ash’arites, Ibn Barhân par exemple, ont clairement exprimé leur désarroi face à la question de l’abrogation : si le Coran est transhistorique, s’il est, comme Dieu, incréé, il est foncièrement impossible de se représenter qu’il soit changeant. »

Toutes ces questions ne peuvent pas avoir de réponse puisque tous les plus extravagants raisonnements philosophico-religieux sont possibles. Surtout, quel peut bien être l’intérêt de se poser de telles questions, aussi ésotériques ?

  • Conclusion

La réflexion autour de questions comme le créé/incréé ou l’abrogation sont à l’origine de disputes sur le caractère interprétable du Coran qui ont marqué durablement l’islam et ont abouti à des « clôtures dogmatiques » selon la terminologie de Mohammed Arkoun.

Ces discussions byzantines sont aujourd’hui à la source d’un immense paradoxe : au moment où certains musulmans voudraient relativiser le sens et la portée du Coran pour proposer un modèle de société moderne qui sorte le monde musulman de l’obscurantisme, une immense vague d’orthodoxie religieuse (financée par le pétrole) s’est emparée au XXème siècle et encore plus vigoureusement qu’auparavant de ce monde musulman, faisant du Coran un texte « intouchable » dont le caractère sacré interdit toute évolution, relativisation ou simple critique.

Toutes les incohérences, contradictions et anachronismes du Coran apparaissent ainsi de plus en plus au grand jour du fait notamment de la vulgarisation de la connaissance permise par la puissance des outils de communication modernes, mais outils qui sont également utilisés par d’autres pour raviver la flamme du fanatisme identitaire dans le cœur de tous ceux qui ne supportent pas les « affronts » faits à la sacralité des textes de l’islam, pourtant production humaine comme les autres, et auxquels ils cherchent à mettre un terme par la force et la violence.