Quelle signification au burkini, pratique absurde ?

Le port de vêtements amples cachant leur corps de la femme n’est pas un signe de pudeur de la femme en islam mais une façon pour elle de ne pas exciter l’instinct sexuel de mâles ravalés au rang d’animaux supposés incapables de maîtriser leur libido ; c’est aussi la raison pour laquelle ce type de tenue n’est pas imposé aux hommes (les femmes étant supposées avoir une libido moins incontrôlable). Le voile, signe de reconnaissance de la musulmane, permet ainsi d’« éviter d’être offensée ».

Sourate 24, verset 31. Dis aux croyantes de baisser leur regard, d’être chastes, de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines. Qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leur mari, ou à leur père, ou au père de leur mari, ou à leurs fils, ou aux fils de leur mari, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. (…)

Sourate 33, verset 59. Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs voiles : c’est pour elles le meilleur moyen d’être reconnues et d’éviter d’être offensées. Allah pardonne et est miséricordieux.

L’utilisation du burkini pour la baignade moule le corps des femmes rendant cette tenue indécente au regard des critères islamiques rappelés par Yusuf Qaradawi (dans Le licite et l’illicite en islam) : « L’islam a interdit à la femme le port de tout vêtement moulant le corps ou laissant transparaître ce qu’il couvre. C’est par exemple ce qui définit les diverses parties du corps et particulièrement celles qui tentes les hommes tels que la poitrine, la taille, les fesses et autres. »

L’utilisation du burkini n’a en réalité pour objet que l’exacerbation du communautarisme musulman dans une opposition virulente à tout ce qui représente l’Occident, avec un objectif politique de prétendue stigmatisation des musulmans destiné à être instrumentalisé pour continuer à saper la légitimité de l’idée de laïcité, incompatible par nature avec l’islam.

Pourquoi le C.F.C.M. est une voie sans issue pour faire évoluer l’islam de France

On sait que les derniers gouvernements français ont « investi » fortement depuis une quinzaine d’années sur le Conseil Français du Culte Musulman pour essayer de faire de cette organisation un partenaire susceptible d’aider à traiter la question de la non-assimilation de fait en France de la population d’origine maghrébine se manifestant notamment par un rejet violent des valeurs occidentales. Chacun peut constater, d’une part, que cela n’a donné aucun résultat et que le C.F.C.M. se révèle incapable de produire un argumentaire doctrinal opposable à celui des salafistes – et notamment à celui, très fourni, de l’État Islamique – ; d’autre part, que le gouvernement français persiste dans son erreur. Pourquoi ?

On peut penser à quelques raisons très simples :

  • Le C.F.C.M. exclut lui-même de son objet social l’encadrement et l’interprétation de la doctrine de l’islam

Vouloir faire intervenir le C.F.C.M. dans les questions de doctrine, pour notamment former un rempart contre la propagande de l’État Islamique, ne fait pas partie de l’objet social du C.F.C.M., comme l’a rappelé de façon très claire son vice-président Chems-Eddine Hafiz en mars 2015 :

CFCM 150303

CFCM 150303 Objet social

L’objet du C.F.C.M., comme le précise d’ailleurs son intitulé, est la gestion des lieux de culte, et rien d’autre.

  • Quand bien même le C.F.C.M. le voudrait, celui-ci n’aurait aucune légitimité à intervenir dans les questions doctrinales au sein de l’islam sunnite

Il n’existe pas dans l’islam sunnite (qui correspond à celui pratiqué par la population d’origine maghrébine présente sur le territoire français) d’autorité fixant le cadre doctrinal de l’islam. Bien entendu, certaines questions conduisent à un large consensus au sein du monde musulman mais aucune autorité n’a le pouvoir d’imposer quoi que ce soit en ce domaine, même la prestigieuse université d’Al-Azhar. N’importe quel imam français peut donc proposer sa lecture des textes sacrés musulmans et le C.F.C.M. n’y peut rien.

  • Le gouvernement français continue à instrumentaliser le C.F.C.M. pour tenter d’empêcher que la question culturelle liée à l’immigration maghrébine ne lui explose à la figure

En l’absence d’autre interlocuteur, le gouvernement français n’a d’autre solution, pour tenter de gérer – avec l’inefficacité qu’on voit – les conséquences culturelles inexorables d’une immigration musulmane incontrôlée, que d’exciper une organisation censée représentée les musulmans de France (ce que le C.F.C.M. n’est pas, beaucoup de musulmans ne le reconnaissant pas) pour lui faire dire ce dont il a besoin dans le cadre d’un donnant-donnant qui soumet l’État français à des revendications musulmanes de plus en plus pressantes. Dépassé par la situation, l’État français espère un miracle : que la situation s’améliore d’elle-même avec le temps…

En effet, les politiques français, qui refusent d’admettre leur légèreté et leur responsabilité dans la gestion désastreuse depuis 40 ans de l’immigration musulmane maghrébine (l’immigration d’Europe posant des questions d’une ampleur sans commune mesure avec celle du Maghreb), ont choisi de fuir la question culturelle et de civilisation fondamentale que cette évolution soulève pour tenter de rassurer les Français par des messages unidirectionnels à visée volontaire apaisante et une censure systématique dans les grands médias des voix critiques et donc discordantes à l’égard de l’islam (à l’exception de 4 ou 5 personnalités ayant déjà pignon sur rue et qu’il reste difficile de bâillonner complètement).

  • Conclusion : la situation ne peut que se détériorer aux dépens de ce qui constitue l’identité française

La gestion incohérente de cette situation par les différentes tendances au pouvoir en France va conduire à une dégradation inexorable de la situation se traduisant par une remise en cause de plus en plus claire et massive – notamment pour des raisons démographiques – de ce qui constitue l’âme de l’identité française.

Le gouvernement français ayant décidé d’abandonner les Français à leur triste sort – ceux-ci semblant d’ailleurs incapables de prendre en main la défense de leurs valeurs –, tout ceci nous mène droit à une libanisation dont le signe précurseur évident est l’explosion des revendications communautaires et leur extension à des domaines de la société de plus en plus larges : foulard islamique et burqa (non sanctionnée par la police malgré la loi), prière en entreprise et aménagement des temps de travail (cf. ramadan), jours fériés musulmans, financement des mosquées, repas halal dans les cantines (et généralisation de fait de la vente de viande halal à tous les consommateurs pour des raisons industrielles dans les supermarchés ou grandes chaînes de restauration), pression sur la vente de certains produits (charcuterie, alcool, etc.) dans certains quartiers, conditions d’exercice du sport à l’école, remise en cause de la mixité dans de nombreuses situations, constitution d’un parti politique musulman, pressions de plus en plus fortes pour empêcher la critique de la religion musulmane, enkystement religieux dans certaines communes de France qui deviennent des zones de non-droit, reconnaissance en France de mariages en terre musulmane avec des très jeunes femmes, etc.

L’islam de Michel Onfray et d’Alain Juppé : même combat ?

Tout le monde a en mémoire la façon dont Michel Onfray a rappelé à l’ordre et à ses responsabilités Alain Juppé sur le plateau de Canal Plus en mars 2015 à propos du Coran, Alain Juppé, ancien premier ministre, « confessant » qu’il n’avait pas lu le Coran tout en ayant bien entendu un avis éclairé sur la question musulmane. Pire même, Alain Juppé (ancien élève des plus grandes écoles françaises) déclarait lors d’une interview donnée au Parisien en août 2015 que la lecture du Coran lui paraissait « difficile » et qu’« une vague connaissance du Coran était suffisante ».

À l’opposé, il est incontestable que Michel Onfray s’est penché sérieusement sur la lecture textes sacrés musulmans. Toutefois, et pour une raison inexplicable, celui-ci semble finir par rejoindre très curieusement la conclusion d’Alain Juppé sur la compatibilité « espérée » de l’islam avec les valeurs de la France.

Je vous propose d’expliquer cette incongruité à la double occasion de la publication récente du livre de Michel Onfray « Penser l’islam » et de l’interview d’Alain Juppé dans « Vie politique » sur TF1 le dimanche 12 juin 2016.

  • Alain Juppé et l’islam : une analyse absurde fondée sur l’ignorance

Alain Juppé a évoqué dimanche sur TF1 « deux attitudes possibles » sur l’islam : « Si on considère que l’islam est par construction incompatible, insoluble dans la République, c’est la guerre civile » ou « il peut y avoir aujourd’hui, il doit y avoir, une lecture du Coran et une pratique de la religion qui soient compatibles avec les lois de la République et avec tous nos principes y compris l’égalité entre les hommes et les femmes. » : propos absolument stupéfiant !

En effet, on voit par cette alternative qu’à aucun moment Alain Juppé ne se soucie de la nature profonde de l’islam et du modèle de société qu’il prône, ce qui est compréhensible au demeurant puisque Alain Juppé parle d’un sujet qu’il reconnaît ignorer. Alain Juppé se contente donc de faire de la casuistique théorique qu’il aurait pu appliquer à n’importe quelle religion ou spiritualité, voire idéologie (nazisme, fascisme, stalinisme,…). Chemin faisant, il remet en cause l’intérêt même de la recherche de la vérité, ce qui n’est guère un signe de probité intellectuelle pour un candidat à la plus haute fonction.

Alain Juppé ne sait en réalité que promettre « la guerre civile » aux Français qui s’opposeraient au modèle de société prôné par l’islam : vu sous cet angle, les Français n’auraient donc pas le choix et devraient se plier au diktat d’un modèle de société et de valeurs ardemment défendu par son ami l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou.

Alain Juppé exclut ainsi une troisième possibilité pourtant très simple, mais nécessitant un certain courage, consistant à ouvrir sans tabou avec les musulmans vivant en France, qui ignorent pour la plupart leurs propres textes sacrés (Coran, mais aussi hadiths et biographie de Mahomet), un vrai débat sur la valeur du modèle islamique comparé aux autres modèles et sa contribution au monde moderne (dans tous les domaines : sciences, arts, industrie, services, etc.) ; bref, un débat sur l’utilité du modèle musulman dès lors qu’il prétend être autre chose qu’un modèle spirituel et comportemental privé. Car pourquoi la société française devrait-elle accepter de changer de modèle si c’est pour régresser ?

Le projet socio-religieux d’Alain Juppé pour la France se résume donc, s’il devient chef de l’État, au développement progressif mais inéluctable du communautarisme – qu’il espère sans heurts, étant confit dans un œcuménisme naïf –, alors même que l’évidence saute aux yeux : aucun pays occidental (et a fortiori musulman) n’a jamais démontré la capacité de l’islam à s’intégrer harmonieusement dans un autre système de valeurs, et ceci pour une raison élémentaire : l’islam est viscéralement – voire agressivement – communautariste. Si Alain Juppé avait lu le Coran, il le saurait :

Sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. (…)

Sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

Sourate 22, verset 78. Combattez pour Allah comme il le mérite. C’est Lui qui vous a choisis et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés autrefois « Musulmans » [« soumis »] et dans ce Livre [le Coran], afin que le messager soit témoin contre vous et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les hommes. (…)

Comme le reconnaît avec beaucoup plus de lucidité Malek Chebel dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran : « Article « Amitié avec les incrédules » : Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

  • La théorie erronée du « prélèvement » de Michel Onfray

Si Michel Onfray a effectivement lu les textes musulmans, la lecture de ses ouvrages donne une impression de schizophrénie du fait du refus obstiné, et à vrai dire incompréhensible, d’une logique qui paraît pourtant simple et évidente au profit de sa théorie du « prélèvement » développée dans son ouvrage « Penser l’islam », et qui figurait déjà dans son « Traité d’athéologie ».

Contrairement à Alain Juppé, Michel Onfray est parfaitement conscient du caractère agressif et violent de l’islam de Mahomet en dépit des dénégations de nombre d’islamologues occidentaux : « Précisons d’abord que dire qu’il y a dans le Coran des sourates qui invitent à la guerre, au massacre des infidèles, à l’égorgement, puis rappeler Mahomet lui-même fut un chef de guerre qui allait personnellement au combat en y tenant son rôle, ne devrait pas être considéré comme islamophobe. Sauf à refuser que le Coran soit le Coran et que le Prophète ait eu la vie qu’il ait eue ! Un grand nombre de sourates légitiment les actions violentes au nom de l’islam. » Et de citer de nombreuses « sourates [ou versets] (….) qui (…) rendent possible un islam de guerre, d’intolérance et de haine » : « « Exterminez les incrédules jusqu’au dernier » (C8/7), ou sur ces propos extraits de la Sîra : « Tout juif qui vous tombe sous la main, tuez-le » (C2/58-60), « Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez » (C17/58) ». Ou encore : « l’islam de guerre, d’intolérance et de massacre qui se réclame des antisémites ou destinées à justifier le massacre des infidèles (VIII.7, VIII.12, VIII.17, VIII.39, etc.) ».

Mais Michel Onfray semble contrebalancer cette violence qui se déploie largement dans le Coran par des versets, très peu nombreux, invitant apparemment à la paix. En réalité, ce sont toujours les deux mêmes qui sont cités, y compris par Michel Onfray : « « Pas de contrainte en matière de religion » (sourate 2, verset 256), ou bien encore : « Celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes » (sourate 5, verset 32) ». Il est d’ailleurs intéressant de noter que Michel Onfray cite à nouveau le même verset 256 de la sourate 2 un peu plus loin dans son livre « Penser l’islam » en le présentant cette fois comme l’unique verset de paix du Coran : « L’islam de paix, de tolérance et d’amour qui s’appuie sur la fameuse et unique [mot mis en évidence par l’auteur] sourate [en réalité verset] « Pas de contrainte en matière de religion » ».

Quant à la phrase introductive des sourates invoquant un dieu miséricordieux, Michel Onfray fait lui-même la constatation suivante : « Hormis de rares exceptions, toutes les sourates du Coran s’ouvrent en invoquant la miséricorde divine : « Au nom de Dieu, celui qui fait la miséricorde, le Miséricordieux ». Or la miséricorde, si j’en crois mon dictionnaire Littré, renvoie à la pitié qu’on a : « Sentiment par lequel la misère d’autrui touche notre cœur », dit-il. Comment Dieu peut-il alors tant vouloir, et à longueur de page du livre saint, la mort des infidèles, le châtiment des incroyants, la mutilation des adversaires, la guerre et la vendetta, le trépas des apostats ? Les vertus de la miséricorde sont le pardon, l’indulgence, la douceur, la longanimité, la magnanimité, la bonté, la clémence, la tolérance, la compréhension ! Or on cherche en vain, chez ce Dieu miséricordieux, les moments où on le voit pratiquer ces vertus. »

Michel Onfray se contente donc de constater les multiples contradictions apparentes du Coran pour en tirer la conclusion erronée que, comme l’on trouve ce qu’on veut dans le Coran, le Coran peut être vu comme une source de paix ou de guerre selon ce qu’on vient y chercher, y « prélever » : « D’autres [sourates], moins nombreuses, mais elles existent aussi, invitent à l’amour, à la miséricorde, au refus de la contrainte. On peut se réclamer des unes ou des autres. On obtiendra dès lors deux façons d’être musulman. Deux façons contradictoires même. »

Ainsi, selon lui, tout le monde a raison : « La contradiction est dans le texte : ceux qui professent un islam des lumières ont raison, il se trouve dans le Coran ; mais ceux qui professent un islam belliciste et conquérant ont également raison, car il se trouve aussi dans le Coran. Tout est affaire de prélèvement. Quiconque voudra la paix a priori aura des sourates pour lui donner raison ; mais quiconque voudra la guerre a priori disposera aussi d’autres sourates qui lui donneront raison. (…) Non, je ne dis pas qu’il y a deux Coran mais, relisez-moi, que dans un même Coran, il existe des textes très hétérogènes dont les uns disent certaines choses et d’autres des choses contraires à ce qui a été dit quelques versets avant. Je vous renvoie à mes citations de sourates pacifiques et de sourates belliqueuses, de sourates tolérantes et de sourates intolérantes. Je vous donne les références des sourates et des versets. Que faites-vous de ces contradictions ? Et que faites-vous des sourates intolérantes et belliqueuses ? Prétendez-vous que je les ai inventées ? Qu’elles ont été mal traduites ? Voire, je connais l’argument, il m’a déjà été souvent servi, qu’elles ont été traduites et éditées, voire inventées, par des traducteurs et des éditeurs sionistes ? Je vous le redis, le Coran porte de quoi justifier le meilleur et le pire, lisez-le ou relisez-le attentivement. »

Ou encore « Tout musulman qui se contenterait d’honorer ces versets qui ouvrent le livre, sans aller plus loin que cette phrase qui dit de Dieu qu’il est miséricordieux, ne pourrait jamais toucher un seul cheveu de son prochain. En revanche, tout musulman qui irait chercher dans le texte de quoi justifier colère et vindicte, vengeance et châtiment, revanche et punition, y trouverait aussi de quoi justifier ses faits et gestes. Dès lors, c’est le prélèvement qui fait la différence : celui qui s’appuie sur les versets de paix et de tolérance ne vivra pas (et ne fera pas vivre…) le même islam que celui qui fondera son action sur les versets qui justifient le sang versé. C’est quand l’islam devient politique que le problème se pose : si un pays effectue les prélèvements dans l’islam de paix, il n’aura pas la même histoire que celui qui voudra l’islam de guerre. » Et « C’est tout le problème du prélèvement. Comme il existe dans le Coran une sourate qui dit une chose et une autre qui dit son contraire, on ne peut tenir ensemble, sauf sophistique dans l’esprit d’Averroès, des choses contradictoires ».

Cette conclusion est erronée pour trois raisons :

1) les deux versets mentionnés ci-dessus ne sont pas probants

D’une part, le verset « Nulle contrainte en religion » a été abrogé par l’ouverture de la phase du jihad contre les infidèles, qui n’a jamais été doctrinalement stoppée.

D’autre part, le verset « Celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes » est la simple reprise de la Tradition juive (tuer un homme c’est tuer sa descendance) dans le contexte biblique de l’assassinat d’Abel par Caïn dans la Torah (Genèse 4), premier meurtre de l’histoire du monde. Dans la Torah, Yahvé établit ensuite une protection à l’égard de Caïn afin qu’il ne soit pas puni par le reste de l’humanité (le premier venu) pour cette faute personnelle, ce qui était une façon de rompre le cycle de la violence personnelle déclenché par Caïn et sans doute aussi de dire à l’humanité qu’il ne fallait plus tuer.

Or il faut donner la version complète du verset 32 de la sourate 5 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos messagers sont venus à eux avec les preuves mais, par la suite, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la terre. », c’est-à-dire : « par la suite [c’est-à-dire après la révélation divine], les hommes se sont [re]mis à commettre des excès sur la terre », le verset constate que les hommes n’ont pas respecté le commandement de Yahvé. C’est la raison pour laquelle la patience de Dieu semble avoir atteint ses limites, ce qui se traduit dans les versets suivants au temps de Mahomet :

Sourate 5, versets 33 & 34 : « La rétribution de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez qu’alors, Allah pardonne et est miséricordieux. »

Quel amour et quelle miséricorde y a-t-il dans ce verset ?

2) Dire du Coran qu’il dit tout et son contraire revient à en anéantir l’intérêt et la valeur

Un texte qui dirait tout et son contraire n’a aucune valeur. Il est donc étonnant que Michel Onfray s’en tienne à l’absurdité de ce constat sans chercher à la dépasser : « Mais au nom de quoi pouvez-vous, vous, simple créature humaine, décider de ce qui, dans un livre dicté par Dieu au Prophète, doit être conservé et doit être rejeté ? Pensez-vous que les hommes peuvent prélever dans un texte dicté par Dieu ce qui les arrange et écartez ce qui les gêne ? Car que ferez-vous de celui qui vous dira que les sourates homophobes le gênent et qu’il faut défendre les droits des homosexuels malgré la sourate qui les condamne ? Et de celui qui vous dira que les sourates antisémites sont à écarter ? De même que les sourates misogynes ? Le Coran n’est pas un supermarché dans lequel on prélève ce qui nous arrange. (…) Je vous rappelle cette sourate : « Voici le livre, il ne renferme aucun doute » (II). »

3) La cohérence du Coran est facilement restaurée par la prise en compte de la nature fondamentalement politique de l’idéologie de Mahomet et du principe de l’abrogation

Michel Onfray n’ignore pas l’existence de versets abrogés et abrogeants mais ne s’y réfère pas dans son dernier ouvrage. Il les dédaigne dans son « Traité d’athéologie » en les qualifiant de « finasserie ». Pourtant, le principe de l’abrogation est clairement exprimé dans le Coran et a toute son importance :

Sourate 2, verset 106. Si Nous abrogeons un verset ou que Nous le faisons oublier, Nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah peut tout ?

Sourate 13, verset 39. Allah efface ou confirme ce qu’Il veut. L’Écriture primordiale est auprès de Lui.

Sourate 16, verset 101. Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait ce qu’Il révèle – ils disent : « Tu n’es qu’un faussaire ». Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.

Comment en effet comprendre le passage d’une prédication pacifique (pour simplifier à La Mecque) mais infructueuse à une prédication guerrière et violente (pour simplifier à Médine) ? Il suffit de lire la biographie de Mahomet pour prendre conscience que la seconde a tout simplement abrogé la première, Mahomet ayant changé de discours politique en raison des échecs qu’il rencontrait. Il n’y a donc pas de contradiction dans le message coranique final qui est à retenir et qui est chronologiquement le dernier (Médine) et le plus intolérant.

En revanche, la cécité de Michel Onfray sur cette question est assez inexplicable.

  • Conclusion

Alain Juppé et Michel Onfray arrivent donc à la même conclusion, « qu’il peut exister un islam compatible avec les valeurs françaises », par deux voies très différentes mais tout aussi hasardeuses. En réalité, l’islam de France « modéré » ne parvient, tant bien que mal, et avec de plus en plus de mal d’ailleurs, à respecter les valeurs françaises que parce qu’il n’applique pas et ne copie pas l’islam pratiqué par le Prophète qui est pourtant le modèle à suivre ; c’est donc en quelque sorte un islam d’apostats comme le fait remarquer l’État Islamique.

Ce vernis de pratique religieuse fait ainsi croire à la population française par ignorance que le vrai islam est cet islam qui a abandonné le modèle prophétique, modèle beaucoup plus rigoureux et auquel reviennent en réalité tous les fondamentalistes lorsqu’ils se penchent sérieusement sur leurs textes sacrés. L’islam de Mahomet est d’ailleurs l’islam pratiqué (hors la question du jihad) par la plupart des pays du Golfe : inégalité homme-femme, polygamie, absence de laïcité, inégalité des droits des musulmans et non-musulmans, châtiment corporels, etc.

Pourquoi les islamologues occidentaux préfèrent-ils discourir sur l’islam plutôt que citer les textes sacrés musulmans ?

  • Lire le Coran : un texte bien peu dans l’« esprit classique » français

La lecture du Coran soulève pour tout simple lecteur bien intentionné de nombreuses difficultés : absence d’ordre et de logique générale (fil directeur) des versets rassemblés dans des sourates classées grosso modo par ordre de longueur, éparpillement des sujets entre les sourates, existence de versets obscurs (dont la possibilité d’existence est reconnue par le Coran lui-même), nombreuses répétitions, reprise avec transformation – voire déformation – de passages de la Bible, etc.

Bref, le Coran ne ressemble guère à un texte dont le contenu et la forme correspondraient au canon du classicisme littéraire français qu’on nous enseigne à l’école, magnifié par Boileau dans son Art poétique : « Il est certains esprits dont les sombres pensées sont d’un nuage épais toujours embarrassées ; le jour de la raison ne le saurait percer. Avant donc que d’écrire apprenez à penser. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, l’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. »

  • L’abrogation

En outre, le texte est lui-même contradictoire en plusieurs points, et notamment en ce qui concerne la question fondamentale du rapport des musulmans aux non-musulmans, avec notamment la transition chronologique bien connue d’une phase de relative tolérance des autres croyances vers une phase de jihad, combat dans le chemin d’Allah, combat destiné à imposer par les armes la religion musulmane aux non-musulmans.

Ces contradictions claires qui correspondent à des revirements dans le message coranique s’expliquent tout à fait naturellement, le recours au divin étant au demeurant tout à fait inutile, par les changements de la stratégie politique de Mahomet dans sa conquête du pouvoir (ce qui ne l’empêchait pas par ailleurs de penser qu’il était « inspiré », au point d’ailleurs que ses contemporains Quraychites pensaient qu’il était possédé par les djinns). La lecture de sa biographie originale (Sîra d’Ibn Hîcham du IXème siècle) ne laisse guère de doute sur le sujet (cf. la multitude de batailles commandées ou commanditées par Mahomet et dont la liste est précisément fournie par la Sîra).

  • Transformer le sens du message coranique par la « contextualisation » et l’« interprétation »

Si le principe de l’abrogation rend de facto la doctrine musulmane beaucoup plus claire, logique et cohérente, celle-ci devient du même coup inacceptable pour les sociétés occidentales puisque les valeurs de l’islam finalement prônées par Mahomet dans la deuxième partie de sa prédication, et qui abrogent autant que nécessaire son discours précédent, sont à l’opposé des valeurs occidentales : inégalité de l’homme et de la femme, polygamie, statut social de la femme, inégalité des musulmans et des non-musulmans, jihad (combat armé), non-respect de la laïcité et application de la loi religieuse (chari’a), châtiments corporels, etc.

Les islamologues musulmans occidentaux, dont l’objectif est l’implantation durable de l’islam en Occident, – voire son « institutionnalisation » selon les propres termes de Tariq Ramadan –, ont donc une fâcheuse tendance à dénaturer le sens de la démarche politique en réalité très simple de Mahomet pour la faire paraître comme inoffensive et sans conséquence pour l’Occident d’aujourd’hui, au grand dam des imams des pays musulmans orthodoxes, en particulier au Moyen-Orient.

Aussi procèdent-ils de façon à « contextualiser » et « interpréter » tout ce qui peut être reproché à l’islam par l’Occident, c’est-à-dire à essayer de démontrer que tout ceci n’est que le fruit d’un contexte historique lié à une période ancienne et que tout ce qui a pu se passer ne doit pas être considéré comme intégralement applicable aujourd’hui car il faut interpréter en fonction de nouvelles circonstances.

Tout cela me semble aboutir à deux impasses :

1) La négation du caractère agressif de l’islam de Mahomet

La simple lecture de la biographie de Mahomet écrite et reconnue par les musulmans eux-mêmes comme authentique (la Sîra) ne laisse absolument aucun doute sur le caractère offensif du jihad déclenché par Mahomet. Encore une fois : LISEZ LA BIOGRAPHIE DE MAHOMET !

Pourtant, bon nombre d’islamologues n’ont de cesse de prétendre que Mahomet n’a fait que se défendre et que tout cela n’était que de la légitime défense : toute une mythologie a été construite autour de cet argumentaire, dont on voit mal d’ailleurs comment elle peut expliquer la fulgurante conquête par les armées musulmanes de tout le pourtour de la Méditerranée en un siècle et demi. En outre, si Mahomet avait été porteur d’un véritable message de paix et d’amour, on peut remarquer qu’il avait déjà des modèles immenses avant lui dont il aurait pu s’inspirer : Bouddha et Jésus-Christ.

Cette mythologie de la légitime défense trouve son expression initiale dans les « persécutions » dont auraient été victimes Mahomet et ses partisans : le lecteur peut consulter les articles déjà consacrés à cette question sur ce site, fondés uniquement sur la simple lecture de la biographie de Mahomet (cf. Persécutions).

Sans s’étendre sur cette question, il est intéressant de mentionner la synthèse faite dans le livre « Dictionnaire du Coran » (Éditions « Bouquins » chez Robert Laffont), livre rédigé sous l’égide de Mohammad Ali Amir-Moezzi, et présenté par l’émission « Islam » diffusée sur France 2 le dimanche 1er mai 2016 comme « un ouvrage faisant autorité » :

Dictionnaire du Coran

France 2 Islam 160501 Dictionnaire du Coran

Cette synthèse est en effet fidèle à ce qu’on peut lire dans la Sîra, reflétant beaucoup moins de prétendues horribles « persécutions » (dont l’ampleur et la violence supposées semblent sans rapport avec les pressions psychologiques et physiques décrites dans la Sîra, les musulmans n’ayant d’ailleurs pas été chassés de La Mecque mais ayant décidé de la quitter pour s’installer à Yathrib) que la nature fondamentalement « politique » de la démarche de Mahomet (la religion étant un « prétexte ») :

« Il semble que la mention des divinités du polythéisme arabe soit l’une des principales raisons de l’opposition des Arabes à la prédication de Mahomet. C’est du moins ce que nous confirment certaines sources, notamment le témoignage de Hishâm Ibn Urwa, qui cite la lettre écrite par son père Urwa Ibn al-Zubayr à l’attention du calife omeyyade Abd-al-Malik Ibn Marwân, et transmise par Tabarî, historien du XIIème siècle, dans ses Annales. D’après cette lettre, l’opposition des Quraychites se manifesta à cause de l’évocation des idoles par Mahomet. Ce sont les Quraychites de la ville de Tâ’if qui exprimèrent, en premier, leur hostilité au message du Prophète et incitèrent la population à le rejeter à son tour. Suite à cette hostilité, certaines chercheurs évoquent une tentative faite par Mahomet de regagner la confiance des notables de sa tribu en accordant une place à leurs divinités ; c’est l’épisode des versets dits sataniques que, selon la Tradition, Satan aurait mis dans la bouche de Mahomet comme signe d’acceptation de ces divinités préislamiques. Rien ne nous permet de dire si l’épisode des versets sataniques a une réalité historique, car les sources qui l’évoquent sont plutôt tardives. S’il y eut tentative de rapprochement, elle n’a pas abouti, puisque le Coran, notamment dans la sourate 109 où Mahomet répond aux polythéistes en opposant radicalement sa foi à la leur, refuse catégoriquement tout compromis. Un autre thème opposait Mahomet aux notables de sa tribu : la doctrine de la résurrection, absente dans le polythéisme arabe, et à laquelle le Coran fait référence, en soulignant que pour les incrédules elle n’est que de la pure magie (sourate 37, versets 14 à 17). (…) Quoi qu’il en soit, l’aggravation de la situation des musulmans modestes, due à l’impossibilité d’un compromis, poussa le Prophète à leur demander de partir en Abyssinie (Éthiopie), où le roi chrétien Najâshi (ou Négus) les accueillit très favorablement, tandis que Mahomet lui-même et ceux qui étaient protégés, grâce à leur rang social et à leurs clans, demeurèrent à La Mecque. Ce fut la première émigration. En 619, deux événements majeurs changèrent la situation de Mahomet à La Mecque : la mort d’Abû Tâlib, son oncle et chef du clan de Hâshim, puis celle de Khadîja, sa femme fortunée, qui le soutenait sur tous les plans. Le remplacement d’Abû Tâlib par son frère Abû Lahab rendit la situation encore plus difficile, ce dernier se montrant radicalement opposé aux activités religieuses de Mahomet. C’est dans ce contexte que Mahomet se rendit à Ta’îf en espérant y trouver un soutien, mais il se heurta au refus radical de la population. Entre 620 et 622, Mahomet rencontra, durant la période du pèlerinage et à trois reprises, les gens de deux tribus rivales de la ville de Yathrib (la future Medina), les Aws et les Khazraj, qui acceptèrent sa religion et l’invitèrent à s’installer dans leur ville afin d’y rétablir la paix. Les musulmans quittèrent La Mecque et la fin de l’été 622 par petits groupes, sauf deux personnes qui y restèrent à la demande de Mahomet : Abû Bakr, qui fit ultérieurement le voyage avec lui, et Alî, son cousin, qui partit le dernier. »

2) La négation du caractère intemporel du message de Mahomet

Au-delà même de la question de la légitime défense, qui est loin de tahrir toutes les sources de conflits de valeurs entre l’islam et l’Occident, les érudits musulmans vivant en Occident essaient de neutraliser ces oppositions culturelles radicales par toutes sortes de raisonnements sophistiqués et de dialectiques aboutissant in fine à transformer le message originel et le type de société prôné par Mahomet, ce qui revient à dénaturer le message prophétique et à en nier le caractère intemporel.

Marie-Thérèse Urvoy fait ainsi remarquer que « le trait principal de l’« islam des lumières » consiste en un usage intensif du vocabulaire et des thèmes des disciplines modernes (sémantique, sémiotique, herméneutique,…) pour parler de l’islam. On transformera ainsi la discipline traditionnelle des « circonstances de la révélation » (« asbâb al-nuzûl ») en « contextualisation ». On garde le fond ancien, mais dans une forme moderne, susceptible d’être entendue par l’Occidental et de le séduire puisque issue de son mode d’expression. Ce qui a en outre l’avantage de suggérer que les disciplines islamiques traditionnelles étaient, en fin de compte, très en avance sur notre temps et que le monde moderne n’a rien à leur apporter. » Dans ce type de discours intellectualisant et pervers, le maître est sans conteste Tariq Ramadan.

Les exemples sont multiples. N’en citons que trois, qui paraissent tout à fait flagrants et probants (outre la question du jihad…) :

–  Comment prétendre à l’égalité homme-femme alors que le Coran stipule précisément le contraire (prééminence de l’homme sur la femme, possibilité pour le mari de battre ses femmes lorsqu’il craint leur désobéissance, polygamie,..) ?

–  Comment prétendre à l’égalité humaine universelle alors que le Coran stipule précisément le contraire puisque la communauté musulmane est « la meilleure communauté » issue des hommes et que dans aucun pays musulman l’égalité des droits des musulmans et des non-musulmans n’est respectée ?

–  Comment prétendre que la liberté de conscience et la liberté religieuse existe en islam alors que l’apostasie est interdite et sévèrement condamnée – y compris en France par le C.F.C.M. – (ou encore que le mariage des musulmanes avec des non-musulmans est interdit, ce qui pose un sérieux problème puisque le mariage civil n’existe pas en terre d’islam) ?

  • Le projet musulman de Mahomet pour le monde

En réalité, le message de Mahomet n’a en soi rien de choquant : il s’agit en effet d’une simple théocratie dictatoriale qui ne laisse place à rien d’autre et qui assume totalement sa vocation expansionniste et eschatologique (puisqu’il s’agit de l’ultime message envoyé par Dieu). Mais au lieu de le reconnaître (comme le reconnaissent sans complexe les musulmans orthodoxes des pays du Golfe), les musulmans occidentaux se réfugient pour la plupart dans le déni ou le mensonge pour tenter de dissimuler (par la taqiya) à leurs pays d’accueil la nature véritable de l’islam de Mahomet, et donc du modèle qu’ils se donnent en principe eux-mêmes à suivre. Ceci aboutit nécessairement à leur propre apostasie puisque cela remet en cause le caractère intemporel et universel du message de Mahomet, ce que leur reproche avec logique l’État Islamique (le C.F.C.M. étant encore jusqu’à aujourd’hui incapable de lui répondre).

L’islam semble d’ailleurs la seule religion à remettre ainsi en cause le caractère intemporel et universel de son message contrairement notamment au bouddhisme et au christianisme, où l’« interprétation » touche la signification précise de certains concepts mais sans que cela conduise à remettre quoi que ce soit en cause quant à l’applicabilité immédiate et à l’intemporalité du message délivré (même si celui-ci peut résulter d’une « histoire » comme dans le christianisme avec sa filiation juive). Ainsi, tout bon chrétien devrait s’efforcer de se conformer aux Évangiles sans tergiverser, de même que tout bon musulman doit suivre en tout l’exemple de Mahomet.

D’ailleurs, la démarche musulmane orthodoxe, souvent qualifiée péjorativement de « salafiste » ou « islamiste », manifeste une cohérence beaucoup plus honnête et plus respectable au regard de la doctrine du Prophète que les basses manœuvres idéologiques de certains islamologues occidentaux. Convaincu d’avoir raison, comme toute religion, l’islam orthodoxe en effet va jusqu’au bout de son propos doctrinal et de son modèle de société en les assumant pleinement. Sous beaucoup d’aspects, la diversité des sociétés musulmanes évoquée pour prouver la complexité de l’islam et dénigrer les « interprétations » (littérales) trop simples ne semble que refléter la diversité des déviances au regard de l’islam prôné par Mahomet.

On peut remarquer à cet égard qu’il n’en va guère de même des chrétiens catholiques qui, par la voix de leurs papes (à l’exception de Benoît XVI), ont depuis longtemps abandonné l’affirmation de la valeur inestimable de leur religion au bénéfice du souci obsessionnel de n’entretenir avec l’islam (mais aussi avec le judaïsme) qu’un rapport « apaisé », ce qui les conduit nécessairement à la soumission et à l’abandon du caractère fondamentalement apostolique du christianisme. L’Église catholique semble avoir honte de son christianisme et a versé dans un œcuménisme béat qui la rapproche de l’indifférentisme et du modernisme – dénoncés pourtant par Pie XI dans l’encyclique « Mortalium animos » (§ 17) – « dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n’est pas absolue mais relative, c’est-à-dire qu’elle s’adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu’elle n’est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu’elle est de nature à s’accommoder à la vie des hommes ». Dans ce contexte, au lieu d’être combattu par les chrétiens comme une profonde erreur, l’islam est reconnu et accepté comme une voie comme une autre (ou presque) d’accès à Dieu.

  • Conclusion : il faut refuser résolument toute discussion sur l’islam qui ne soit pas fondée sur les textes musulmans originaux, et il convient d’ailleurs de les faire connaître au plus grand nombre possible parmi les non-musulmans (voire les musulmans eux-mêmes…)

Pour éviter de tomber de Charybde (la contextualisation) en Scylla (l’interprétation) dans tout débat sur l’islam, ce qui aboutit inévitablement à la plus grande confusion, une seule recommandation : LISEZ LES TEXTES MUSULMANS (Coran, hadiths, Sîra) ! C’est le seul moyen de se sortir du guêpier où entraînent à coup sûr les joutes des intellectuels (islamologues, philosophes, sociologues, etc.) dont l’existence universitaire et médiatique ne semble devoir son salut qu’à leur refus obstiné de la simplicité et à la production d’une complexité imaginaire qu’ils créent et qu’ils prétendent être les seuls à pouvoir démêler, justifiant ainsi leur gagne-pain. Tous les débats d’« érudits » auto-proclamés éloignent ainsi souvent sans retour des rivages du bon sens.

Le domaine religieux, comme le domaine philosophique, est en effet souvent infesté par des esprits supérieurs et donneurs de leçons qui considèrent avec condescendance les réflexions nées hors de ces cercles de cooptation de l’intelligentsia, car le peuple raisonne nécessairement mal. Aussi la lecture des textes musulmans originaux est un outil précieux pour faire tomber les masques, et les voiles.

Si la France choisit de devenir petit à petit un pays majoritairement musulman, pourquoi pas. Mais assurons-nous que la population française est parfaitement éclairée pour en décider, en ayant une vision précise et lucide de la nature réelle de l’islam et du projet de société auquel il correspond. Commençons donc par expliquer l’islam sans tabou, partout où c’est possible, et sans oublier de citer les textes sacrés musulmans eux-mêmes : nous verrons alors si la France souhaite devenir musulmane.

Pourquoi l’enjeu de l’enseignement de l’arabe à l’école semble tant préoccuper Najat Vallaud-Belkacem

Les récents échanges à l’Assemblée Nationale entre Najat Vallaud-Belkacem et la députée LR Annie Genevard (séance de questions au gouvernement du 25 mai 2016) relatifs à l’enseignement de l’arabe à l’école sont intéressants à analyser car ils ont une portée et une signification implicites qu’il ne faut pas négliger.

Assemblee Nationale 160525

Assemblee nationale 160525 Belkacem Genevard

  • Le cadre du débat

Annie Genevard conteste la politique du gouvernement en matière de langues en évoquant les efforts faits au profit des « langues communautaires » dans le cadre des Enseignements de Langue et de Culture d’Origine (ELCO) et au détriment du français, qualifiée selon elle par le gouvernement de « langage parmi d’autres », le débat portant en réalité sur la langue arabe.

La circulaire n° 2016-058 du 13 avril 2016 relative à la rentrée 2016-2017 et publiée au Bulletin officiel de l’Éducation Nationale indique que « La maîtrise des langages, et notamment de la langue française, y [le cycle 2] constitue l’objet d’apprentissage central, dans tous les enseignements. » Cette formulation ne correspond pas exactement à celle de la députée LR de « langage parmi d’autres » mais c’est effectivement bien la même idée, raison pour laquelle Najat Vallaud-Belkacem n’a pas contesté ce point dans sa réponse.

Les ELCO visent à la scolarisation des enfants des travailleurs migrants dans le cadre d’une directive européenne de 1977 qui dispose que « Les États membres prennent, conformément à leurs situations nationales et à leurs systèmes juridiques, et en coopération avec les États d’origine, les mesures appropriées en vue de promouvoir, en coordination avec l’enseignement normal, un enseignement de la langue maternelle et de la culture du pays d’origine en faveur des enfants ». Les ELCO concernent neuf pays (l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie) et leur objectif était initialement de préparer, dans le cadre d’accords bilatéraux avec les pays d’origine, le retour des immigrés venus travailler sur le sol français.

Le retour dans les « pays d’origine » n’ayant plus lieu, la logique aurait voulu qu’on supprimât purement et simplement les ELCO. Or ceux-ci existent toujours et sont utilisés par le gouvernement actuel comme un moyen d’étendre la diffusion de nouvelles langues, et en particulier de l’arabe, avec un objectif de généralisation en 2018 de l’expérimentation qui entrera en vigueur à la rentrée prochaine.

Sans rentrer dans la polémique sur l’intention du gouvernement (alors même que celui-ci a déjà porté un coup sévère au grec et au latin qui sont au fondement des racines culturelles européennes et françaises), attardons-nous sur la spécificité de la langue arabe qui rend le débat si sensible.

  • La langue est un moyen d’accès à une culture

Toute langue est un moyen d’accès à une culture donnée et son enseignement n’a rien en soi de problématique. La question qui se pose plutôt à l’Éducation Nationale est la priorisation de moyens financiers nécessairement limités.

La première urgence est bien évidemment l’enseignement de la langue française, dont Najat Vallaud-Belkacem ne semble pas particulièrement éprise puisque sa circulaire place cette langue au même rang que les autres (« notamment »), ce qu’elle ne cherche d’ailleurs pas à contester dans sa réponse à l’Assemblée Nationale. Cette réponse interpelle quant à sa place dans le gouvernement car comment un ministre peut-il représenter dignement un pays dont la langue – base de la culture – lui est à ce point indifférente (elle, qui, par ailleurs, avait refusé il y a quelques mois de condamner sur un plateau de télévision les propos ouvertement islamistes d’un de ses coreligionnaires) ?

Un autre critère de choix important est, dans l’environnement concurrentiel international qui est le nôtre, le potentiel commercial de la langue : on peut toujours mettre le chinois au même rang que l’arabe comme le fait Najat Vallaud-Belkacem dans sa réponse mais cela paraît pour le moins saugrenu sous cet angle : il paraît nettement plus urgent de renforcer par un dispositif étoffé les connaissances en chinois de nos concitoyens pour faciliter par exemple l’accueil de multitudes de touristes chinois ou le tissage d’un réseau relationnel étoffé dans avec l’empire du milieu, que de promouvoir l’enseignement de la langue arabe dont on ne voit pas bien comparativement le potentiel économique. Dans les pays du Moyen-Orient arabe, les affaires se traitent essentiellement en anglais et depuis longtemps, par des élites en outre le plus souvent éduquées en anglais (localement ou par le passage par les universités anglo-saxonnes). Et pour ce qui est du tourisme arabe en France, il ne représente un enjeu significatif que dans quelques palaces parisiens.

Quant au dernier critère, également fondamental, le critère culturel (littérature, poésie, histoire, etc.), on ne peut pas l’aborder sans faire un rappel élémentaire sur la spécificité de la langue arabe.

  • La langue arabe n’est pas une langue comme une autre : c’est la langue d’Allah

On veut bien entendre Najat Vallaud-Belkacem dans sa réponse lorsqu’elle ne fait aucune différence entre les différentes langues, avec l’optique implicite consistant à niveler leur intérêt respectif et qui évite tout discours différenciant et comportant un jugement, mais cela ne paraît pas très raisonnable, surtout d’ailleurs vis-à-vis du français, compte tenu de l’immensité du patrimoine culturel – et entre autres choses littéraire – de notre pays.

Car la langue arabe n’est clairement pas une langue comme une autre, comme le revendiquent d’ailleurs haut et fort les musulmans : c’est la langue d’Allah et la langue de la révélation, le Coran.

Sourate 12, verset 2. Nous avons fait descendre un Coran en langue arabe ; peut-être raisonnerez-vous.

Sourate 13, verset 37. Ainsi avons-Nous fait descendre une sagesse [le Coran] en arabe. (…)

Sourate 16, verset 103. (…) Mais la langue de celui auquel ils pensent est une langue barbare [non arabe] alors que celle-ci [celle du Coran] est une langue arabe claire.

Sourate 19, verset 97. Nous avons rendu le Coran facile à comprendre en ta langue [l’arabe], afin que tu annonces la bonne nouvelle aux hommes qui craignent Allah, et que tu avertisses un peuple hostile.

Sourate 26, verset 195. C’[le Coran] est une révélation en une langue arabe claire.

Sourate 26, verset 198. Si Nous l’avions fait descendre sur un non-Arabe,

Sourate 26, verset 199. et que celui-ci le leur eut récité, ils n’y auraient pas cru.

Sourate 41, verset 44. Si Nous avions fait un Coran en une langue autre que l’arabe, ils auraient dit : « Pourquoi ses versets n’ont-ils pas été exposés clairement ? Pourquoi un Coran non-arabe alors que nous parlons arabe ? » (…)

Sourate 42, verset 7. Ainsi, Nous t’avons révélé un Coran arabe afin tu avertisses la Mère des cités [la Mecque] (…).

Sourate 43, verset 3. Nous avons fait un Coran arabe (…).

Sourate 46, verset 12. Avant lui [le Coran], le Livre de Moïse a été donné comme guide et comme miséricorde. Celui-ci [le Coran] est un livre confirmant les précédents, en langue arabe, (…).

À ce titre, pour les musulmans, l’arabe est nécessairement la langue la plus noble de toutes. Ce qui vaut d’ailleurs à de nombreux islamologues de gratifier leurs auditeurs de citations en arabe avant de les traduire en français, démarche dont on ne voit pas trop bien l’intérêt, sauf pour tenter d’« en imposer » par un côté savant et un peu pédant, ou surtout pour mettre à distance les non-arabisants en niant implicitement par ce moyen la légitimité de leur compréhension et de leurs critiques ; à ce petit jeu, l’imam Mohamed Bajrafil apparaît d’ailleurs comme un des champions (allez le voir sur internet, c’est assez drôle).

C’est un peu comme si chaque chrétien pour parler de la culture chrétienne éprouvait le besoin de citer d’abord les Évangiles en grec – voire des paroles du Christ en araméen – avant d’en restituer le sens par une traduction dans la langue courante. Le christianisme n’a heureusement jamais eu cette prétention ridicule, quoiqu’il ait partir eu maille à partir avec l’emploi du latin comme langue liturgique afin notamment de conserver un certain caractère sacré aux choses de la religion.

Le grotesque de la revendication musulmane au statut de langue divine apparaît d’autant plus clairement que, d’une part, on voit mal quel sens donner à la démarche d’un dieu (Allah) qui ne voudrait s’adresser aux hommes que dans une langue qu’une toute petite partie du monde comprend, ce qui revient à se couper de son public cible puisque l’islam prétend être une religion universelle (la partie du monde musulman qui comprend l’arabe classique étant très réduite) ; d’autre part, par le fait que l’emploi de l’arabe est une simple contrainte historique qui résulte du contexte géographique dans lequel la prédication de Mahomet s’est déroulée, et qui a conduit à l’émergence et à la fixation d’une langue dans une population pratiquant divers dialectes au sein de la péninsule arabique.

Sur le fond, il est d’ailleurs extrêmement curieux qu’une religion prétende être inintelligible autrement que dans une langue donnée : c’est prouver son incapacité à délivrer un message et des concepts clairs à l’esprit humain, puisqu’ils seraient prétendument intraduisibles. D’ailleurs, la revendication à l’inimitabilité du Coran laisse de ce point de vue assez perplexe. Comme le faisait remarquer il y a quelques semaines l’émission « Islam » diffusée par la communauté musulmane le dimanche matin à la télévision sur France 2, il existe environ 120 traductions différentes du Coran en français aujourd’hui : ce nombre énorme pousse naturellement à s’interroger sur la clarté du texte (alors même que le Coran ne semble guère manipuler de notions théologiques complexes qui justifieraient une telle prolixité).

À ce propos, Marie-Thérèse Urvoy fait remarquer qu’il faudrait préférer le terme « pure » au terme « claire » dans les traductions à propos de la langue arabe (cf. les versets précédemment cités issus de traductions courantes) « car le langage du Coran est loin d’être clair ; à preuve la masse énorme de commentaires philologiques qui ont été élaborés à son sujet. Il faut plutôt voir dans cette phrase une réponse à la récrimination des contemporains de Muhammad se plaignant que les Arabes, contrairement aux juifs et aux chrétiens, n’aient pas été gratifiés d’une révélation propre ».

Pour Michel Cuypers et Geneviève Gobillot, « On ne connaît plus avec certitude le sens qu’avaient bien des termes utilisés par le Coran, dans le milieu où il est apparu. La polysémie de nombreux termes arabes laisse également le traducteur perplexe : le recours aux commentaires anciens, qui alignent tous les sens possibles, ne fait le plus souvent qu’accroître son embarras. » La consultation de la traduction de Régis Blachère (1950), qui reste une référence par sa fidélité à la lettre du texte arabe, fait apparaître dans la traduction de nombreux points d’interrogation (?) ou de passages implicites ou manquants (entre crochets).

Même la simple lecture ou récitation du Coran a longtemps recouvré des formes différentes selon Michel Cuypers et Geneviève Gobillot : « Même à l’intérieur du texte reçu, l’uniformité de lecture n’était pas absolue du fait de la déficience de l’écriture, à l’époque : par exemple, des phonèmes aussi différents que b, t, th, n, y étaient écrits avec une même lettre. L’absence de signes pour les voyelles courtes permettait des différences grammaticales et donc de sens, par exemple entre les formes active ou passive des verbes. Il y avait en conséquence des traditions de « lectures » (qirâ’at) différentes du Coran qui s’instaurèrent localement, dans plusieurs villes. Progressivement, des lectures majoritaires s’imposèrent qui, au Xème siècle, furent limitées à sept, puis à dix et enfin à quatorze. Trois conditions étaient nécessaires pour qu’une lecture soit autorisée : 1) qu’elle s’appuie sur les traditions remontant au Prophète ; 2) qu’elle corresponde à la forme de la langue arabe dans laquelle le Coran a été révélé ; 3) qu’elle corresponde à l’écriture du codex uthmanien. (…) Au XVème siècle, les Ottomans adoptèrent la lecture dite « de Hafs » qui, dès lors, se répandit dans tout l’empire. Seules à ses franges en demeurèrent quelques autres. En 1923, sur ordre du roi Fouad, fut imprimée au Caire une version officielle de la lecture des Hafs, laquelle constitue aujourd’hui le texte de référence quasi universel. Parmi les autres, seule celle dite « de Warsh » était imprimée : elle subsiste en Afrique de l’ouest et du nord-ouest. »

Bref, la complexité de la question linguistique coranique, même pour des arabisants chevronnés, n’est pas une divine surprise mais quelque chose de tout à fait bien connu. On est loin de l’évidence d’un message prétendument divin, parfaitement clair et explicite (ce manque d’évidence ayant fait les choux gras du soufisme, mais c’est une autre histoire).

  • Comment éviter le caractère communautariste de l’enseignement de l’arabe dans le contexte français actuel

Si la France avait « digéré » l’immigration musulmane – ou si elle soulevait beaucoup moins de problèmes (comme l’immigration asiatique par exemple) –, la question de l’enseignement de l’arabe se poserait sans doute dans des conditions très différentes, sous un angle purement culturel (littérature, poésie, etc.) et non politique et identitaire : or tel n’est clairement pas le cas aujourd’hui. Il suffit de se promener dans certaines banlieues ou certains quartiers pour le constater.

Ce n’est en réalité guère surprenant car ce qui caractérise fondamentalement le monde musulman, c’est son communautarisme radical. Il suffit de lire le Coran (tâche qui paraît néanmoins insurmontable à certains hommes politiques, comme Alain Juppé) pour constater que le communautarisme est un des fondements de l’islam :

Sourate 3, verset 110. Vous [musulmans] formez la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes : vous ordonnez le convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les gens du Livre [les juifs et les chrétiens] croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux, certains croient, mais la plupart d’entre eux sont des pervers.

Sourate 3, verset 139. Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais musulmans.

Sourate 21, verset 92. Cette communauté qui est la vôtre [la communauté musulmane] est une communauté unique. Je [Allah] suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc.

Le Coran recommande également l’émigration plutôt que de vivre en territoire de guerre (dar-al-harb), à l’image de l’émigration de Mahomet vers Yathrib : « Les anges enlèveront leurs âmes de ceux qui se sont faits du tort à eux-mêmes en disant : « En quel état étiez-vous ? » – Nous étions faibles sur terre, dirent-ils. Alors les anges diront : « La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer [en terre musulmane] ? ». Voilà bien ceux dont le refuge sera la Géhenne. Quelle mauvaise destination ! À l’exception de ceux qui sont faibles et incapables parmi les hommes, femmes et enfants, qui ne sont pas guidés sur la bonne voie. À ceux-là, il se peut qu’Allah accorde Son pardon. (…) » (sourate 4, versets 97 à 99)

Mais en réalité le communautarisme dépasse de loin la seule question de l’émigration et touche tous les aspects de la vie sociale, jusqu’à même interdire les liens avec les mécréants, comme l’indique Malek Chebel dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran : « Article « Amitié avec les incrédules » : Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

La conséquence tout à fait logique et naturelle est qu’aucun pays musulman aujourd’hui n’offre un modèle social égalitaire sans distinction aucune de la religion : un non-musulman ne peut par définition pas avoir les mêmes droit qu’un musulman en terre d’islam. Les minorités vivant dans les pays musulmans connaissent les conséquences détestables de ce type d’idéologie inégalitaire, dont on ne sait jamais jusqu’où elle peut aller : souvenons-nous du génocide arménien (un million et demi de morts), certes de moindre ampleur que la désolation provoquée par l’idéologie également inégalitaire de la race aryenne, mais tout de même.

Le communautarisme musulman est un secret de polichinelle bien encapsulé dans la technique du double discours consistant à enrober ce communautarisme dans une logique de « contribution » qui serait bénéfique à l’Occident (mais on ne voit jamais sous quel angle) : le maître de cette dialectique est sans conteste Tariq Ramadan.

En effet, le maintien de ce communautarisme, pour des motifs apparemment respectables, est la clef de voûte de la stratégie à long terme visant à l’islamisation de la France souhaitée par Tariq Ramadan : « Il ne s’agit pas pour nous, pour donner l’impression que nous nous intégrons à l’ordre de la rationalité, de relativiser les principes universels de l’islam. Ce qui est en jeu, à notre avis, c’est de savoir comment l’universel islamique accepte et respecte le pluralisme et la conviction d’autrui. L’esprit postmoderniste voudrait insensiblement nous mener à confondre la seconde proposition avec la première. Nous nous y refusons : c’est au nom de l’universalité même de mes principes que ma conscience est sommée de respecter la diversité et le relatif et c’est pourquoi, même en Occident (surtout en Occident), il ne s’agit pas de penser l’ordre de notre présence en terme de « minorité ». Ce qui semble est un moment de notre réflexion : « la minorité musulmane », « le droit et la jurisprudence des minorités » (fiqh al-aqaliyyat), devra, à notre sens, être repensé. »

En effet, il ne s’agit à aucun moment pour Tariq Ramadan de laisser penser que les musulmans vont accepter de se fondre dans la culture française comme l’ont globalement fait les dernières vagues récentes d’immigrés, le fait de se fondre ne signifiant pas d’ailleurs perdre son identité mais s’en approprier une autre en teintant (et pas autre chose) celle du pays d’accueil d’une nouvelle diversité. Alors que les immigrés pouvaient se faire une fierté de s’intégrer à la société française autrefois (parfois jusqu’à aller à refuser d’apprendre à leurs enfants la langue de leurs parents), l’ordre est aujourd’hui renversé : c’est la minorité qui dicte comment le pays d’accueil doit la recevoir et les efforts qu’elle doit faire pour la « respecter ».

Ce que veut Tariq Ramadan, comme il l’explique clairement dans une conférence à Lausanne en l’appelant de ses vœux, c’est « l’institutionnalisation de la présence musulmane en Occident », c’est-à-dire, dans la novlangue ramadienne, l’islamisation. Cette position était déjà bien expliquée dans le bulletin d’information n°10 de novembre 1999 de « Présence musulmane » (fondée par Tariq Ramadan) : « Il ne s’agit plus aujourd’hui, pour les musulmans, de parler de simple intégration mais bien de participation et de contribution. Les millions d’Européens musulmans doivent prendre la mesure de leurs nouveaux défis. La question n’est plus de savoir comment les 2,5 millions de citoyens musulmans en France vont trouver une place ou comment ils vont s’intégrer au paysage de leur pays. Désormais, ce qui doit leur importer, c’est la nature de leur engagement dans leur société pour promouvoir l’État de droit, le pluralisme […] et faire de son identité musulmane et sa spiritualité une richesse pour les sociétés européennes. Sur ce plan, le concept d’intégration est dépassé. »

Et ce n’est pas sans raison que Tariq Ramadan rappelle à l’attention de la communauté musulmane dans un de ses ouvrages que « Le prophète a dit : « Rassemblez-vous, car le loup ne s’en prend qu’aux brebis qui s’isolent » (hadith rapporté par Ahmad et Abu Dawud). »

Malheureusement, si Tariq Ramadan est pourtant très clair, le problème, avec les occidentaux – surtout les intellectuels, qui ne supportent pas de s’en tenir à l’évidence du simple bon sens et cherchent constamment une complexité à la hauteur de leur prodigieuse intelligence, surtout quand elle est gauche et veule –, est qu’ils ont des yeux mais ne voient pas et ont des oreilles mais n’entendent pas. Qui avait pris au sérieux Mein Kampf ?

  • Najat Vallaud-Belkacem, une ministre qui pratique la taqiya ?

Alors que l’urgence du pays est aux réformes structurelles que son économie attend, à la résorption du chômage, etc., il est étonnant de voir un gouvernement et un ministre utiliser des chemins détournés pour favoriser des identités minoritaires, et notamment arabe, au détriment de l’identité majoritaire, française.

Il semble que Najat Vallaud-Belkacem, sous couvert de répondre à un besoin qui serait commun à l’ensemble des enseignements linguistiques (mais lequel ? quel élément nouveau est-il apparu ?), satisfasse en réalité tout simplement la demande identitaire insistante de sa communauté religieuse, dont la dernière formulation en date est le discours d’Anouar Kbichech, président du Conseil Français du Culte Musulman, prononcé en mars 2016 en clôture de la session de l’Instance de Dialogue instaurée en collaboration avec le gouvernement français.

Dans ce discours, Anouar Kbibech dit en effet : « Concernant l’apprentissage de la langue arabe et de la religion en dehors de l’école, il devient nécessaire d’élaborer un Programme éducatif d’apprentissage de l’arabe et de la religion commun et partagé. » [NB : le « en dehors de l’école » ne s’applique qu’à l’apprentissage de la religion, sinon il aurait fallu écrire « concernant l’apprentissage, en dehors de l’école, de la langue arabe et de la religion,… », quoique la suite en fasse douter, puisque si l’apprentissage de la religion a lieu en dehors de l’école, l’État n’est plus concerné par un quelconque programme éducatif d’apprentissage.]

CQFD ?

Pourquoi l’aveuglement occidental est la plus grande force de l’islam : illustration avec la « Déclaration de Marrakech » (3ème partie)

Dans ce troisième et dernier article relatif à la déclaration de Marrakech, je vous propose d’analyser la section finalement la plus importante, à savoir les conclusions du Collège des oulémas concernant les actions à mener pour améliorer les droits des minorités non-musulmanes dans les pays musulmans. Cette section a pour titre : « De la mise au point conceptuelle et l’exposé des fondements méthodologiques de la position canonique concernant les droits des minorités ».

Declaration de Marrakech 27 Janvier 2016

  • La reconnaissance de la condition difficile des minorités non-musulmanes en terre d’islam

Avant d’en venir aux explications et aux solutions proposées, il est d’abord fondamental de saluer le constat fait par le Collège des oulémas qui reconnaît de façon claire et non ambiguë – ce qui est exceptionnel de la part d’autorités religieuses musulmanes –, la condition difficile des minorités non-musulmanes en terre d’islam.

Le constat dressé par le Collège des oulémas apparaît en effet assez accablant si on formule de façon directe ce qui est expliqué « en creux », puisque le sort de ces minorités peut être caractérisé par (en fonction naturellement des situations, le constat n’étant probablement pas uniforme) :

– L’absence de citoyenneté égalitaire entre musulmans et non-musulmans

Le Collège invite en effet « Les politiciens et les décideurs à prendre les mesures constitutionnelles, politiques et juridiques nécessaires pour donner corps à la citoyenneté contractuelle et appuyer les formules et les initiatives visant à raffermir les liens d’entente et de coexistence entre les communautés religieuses vivant en terre d’islam ».

– La privation de droits

Le Collège conclut sa Déclaration, conclusion particulièrement forte qui sonne comme un rappel à l’ordre par cette phrase limpide : « Les participants déclarent qu’il n’est pas autorisé d’instrumentaliser la religion aux fins de priver les minorités religieuses de leur droits dans les pays musulmans. »

– Une culture musulmane qui semble avoir un certain penchant à l’extrémisme et l’agressivité

Le Collège fait le constat de l’existence en terre d’islam d’une « culture en crise qui, outre l’incitation à l’extrémisme et à l’agressivité, alimente les guerres et les dissensions et sape l’unité des sociétés ».

  • La « position canonique »

Je passerai rapidement sur l’explicitation de la « position canonique » figurant dans la déclaration dans la mesure où la formulation de certaines assertions semble assez complexe et peu explicite, comme par exemple :

– « La nécessité (…) de privilégier l’approche globale qui relie les textes canoniques les uns aux autres sans pour autant négliger les parties dont se compose le corpus dans sa globalité. »

– « Mettre en évidence le lien entre les commandements et les interdits d’une part et le système des intérêts et des risques de dégât »

Mais il est intéressant de noter deux points :

– « Il est indéniable que les dispositions changent selon les époques »

Cette assertion soulève une question essentielle de la doctrine musulmane puisque l’islam est une religion qui prétend avoir formulé le dernier message de Dieu pour les hommes, ce qui conduit à conclure a priori qu’il s’agit là d’un message définitif. En conséquence, comment un message définitif peut-il être dépendant d’un contexte ? Cette question a conduit à d’innombrables commentaires depuis des siècles de la part des religieux musulmans sans que le monde musulman soit pour autant capable encore aujourd’hui de s’accorder sur une position unique.

– « Les parties habilitées à pratiquer l’ijtihad doivent tenir compte du contexte »

Au-delà de la question du contexte déjà soulevée, cette assertion introduit l’idée que l’ijtihad [lecture/interprétation] n’est légitime que s’il provient de sources (musulmanes) habilitées : donc les autres sources ne le sont pas. Se pose alors la question de savoir quelle autorité est légitime à légitimer les avis religieux émis au sein de la communauté musulmane : il n’y a pas aujourd’hui de réponse à cette question.

  • La reconnaissance du contexte de luttes et de guerres qui a marqué l’islam

La déclaration reconnaît également avec lucidité que les minorités non-musulmanes ont eu à souffrir de l’islam en raison de « pratiques historiques dominées essentiellement par le paradigme des luttes et des guerres ».

Que l’islam ait été une religion qui s’est répandue dans le monde par la guerre et non pas seulement par la conviction des cœurs est une réalité historique qui ne fait aucun doute. Certains intellectuels musulmans le reconnaissent (ex. Malek Chebel : « « L’islam est une religion de conquêtes. Ce que l’on a appelé l’expansion de l’islam se révèle être une œuvre intimement liée à la nature même de la prédication. » et Tareq Oubrou qui évoque la « logique d’empire ») mais ils sont relativement isolés. Aussi, le fait que la Déclaration prenne acte également de ce constat doit être salué.

  • Les propositions pour améliorer la condition des minorités non-musulmanes en terre d’islam

Les propositions du Collège mettent en évidence certaines actions positives qui, effectivement, contribueraient à améliorer à terme les conditions de vie des minorités non-musulmanes :

– « Réaliser des révisions courageuses et responsables des manuels scolaires», la vision de l’histoire enseignée dans le monde musulman ayant certainement une difficulté à ne pas être influencée par le tropisme religieux ;

– Recommander aux oulémas et penseurs musulmans de « s’investir dans la démarche visant à ancrer le principe de citoyenneté, qui englobe toutes les appartenances, en procédant à une bonne appréciation et à une révision judicieuse du patrimoine du fiqh et des pratiques historiques, et en assimilant les mutations qui se sont opérées dans le monde », la citoyenneté – qui contient nécessairement le principe d’égalité – n’étant semble-t-il pas une notion naturelle au sein des sociétés musulmanes ;

– Œuvrer pour la prise en compte des droits des minorités en terre d’islam en poussant « les intellectuels, les créateurs et les composantes de la société civile à favoriser l’émergence d’un large courant social faisant justice aux minorités religieuses dans les sociétés musulmanes et suscitant une prise de conscience quant aux droits de ces minorités» alors que la culture musulmane y semble par nature peu favorable puis le Collège précise qu’il convient « d’œuvrer sur les plans intellectuel, culturel, éducatif et médiatique pour préparer un terrain propice à l’éclosion de ce courant social » ;

– Valoriser le vivre ensemble dans un contexte marqué encore aujourd’hui par « les traumatismes mémoriels nés de la focalisation sélective mutuelle sur des faits particuliers et l’occultation des siècles de vie commune sur une même terre», « la revivification du patrimoine commun », la mise en place de « passerelles de la confiance, loin des tentations d’excommunication et de violence. » Cela étant, quand on sait que la Turquie continue toujours à refuser de reconnaître le génocide arménien, on peut penser qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

  • Pourquoi alors l’aveuglement occidental reste-t-il malgré tout encore une des grandes forces de l’islam aujourd’hui ?

On ne peut trouver que positif qu’une prise de conscience de la condition difficile des minorités non-musulmanes en terre d’islam se fasse jour dans le monde musulman, et surtout soit rendue publique au travers de la Déclaration de Marrakech qui ose enfin, avec un certain courage, dire certaines vérités dérangeantes sur la relation de la culture musulmane aux valeurs universelles largement adoptés dans les sociétés occidentales.

En revanche, on ne peut que regretter que l‘aveuglement des sociétés occidentales, en particulier la France, conduise encore aujourd’hui à nier l’existence d’une réalité culturelle musulmane très différente de la culture occidentale – toutes les cultures étant dans une vision utopiste censées partager les mêmes valeurs humaines fondamentales – et empêche ainsi toute discussion de fond sur cette question, la critique de l’islam en occident étant le plus souvent taxée d’islamophobie.

Cet aveuglement irresponsable et coupable ne profite finalement qu’à la frange la plus dangereuse de l’islam, celle qui sait ce qu’était réellement l’islam de Mahomet et qui veut le rétablir, frange qui prospère idéologiquement à l’abri de la critique radicale de certains pans entiers de la doctrine musulmane qui serait nécessaire, critique muselée en Occident par une intelligentsia bien-pensante et imbue d’elle-même mais incompétente. Ainsi, en l’absence d’une critique doctrinale fondamentale, la question se trouve réduite en Occident à une problématique économique, sociologique et psychiatrique, preuve d’une incompréhension manifeste.

Mais si la conclusion de la Déclaration de Marrakech paraît tout à fait claire, « Il n’est pas autorisé d’instrumentaliser la religion aux fins de priver les minorités religieuses de leur droits dans les pays musulmans », il reste néanmoins très inquiétant d’y lire l’invitation faite à la « communauté internationale d’édicter des lois criminalisant les offenses aux religions, les atteintes aux valeurs sacrées et tous les discours d’incitation à la haine et au racisme. » Cette demande pressante – dont on peut d’ailleurs se demander dans quelle mesure elle ne conditionnerait pas dans l’esprit de certains oulémas les avancées vis-à-vis des minorités non-musulmanes –, semble malheureusement la preuve que le combat idéologique contre certaines tentations liberticides est encore loin d’être gagné, l’idée que le blasphème pourrait être constitutif d’un délit étant totalement inacceptable dans les pays occidentaux, laïcs, et particulièrement en France.

À propos de mon intervention du 4 mai 2016 sur Radio Courtoisie

À la suite de mon intervention sur Radio Courtoisie, une des rares radios françaises où il est encore possible de s’exprimer totalement librement hors des contraintes politiques, sociales, religieuses ou commerciales, un auditeur m’a envoyé le message suivant :

« Bonjour, j’ai écouté votre intervention sur  radio courtoisie du 4 mai 2016. Je voudrais vous féliciter pour l’attention que vous portez à dire qu’il faut lire les textes, pour se faire une propre opinion de l’islam. Cela est vrai et cependant, vous avez dit beaucoup d’erreurs sur l’islam, je pense que cela est fait inconsciemment de votre part. C’est pourquoi je vous invite à  continuer votre recherche. Je pense pouvoir vous aider sur des références en théologie, même si vous avez dit qu’il n’y avait pas de théologie digne de ce nom en islam : ceci est faux,  je peux vous le démontrer en vous donnant  des références en toute modestie de ma part. Merci d’avoir pris le temps de lire mon message. Et surtout (La science avant la parole et les actes). »

Cette réaction me conduit à revenir sur quelques-uns de mes propos afin de les préciser encore plus si nécessaire et d’éviter peut-être certaines ambiguïtés, précisions qui peuvent intéresser un cercle plus large que mon seul commentateur. Voici donc la réponse que je lui ai envoyée :

Bonjour.

Je vous remercie beaucoup de votre commentaire.

Pour revenir sur la question de la théologie, j’ai simplement tenté de dire qu’il ne faut pas que les occidentaux, généralement (au moins inconsciemment) imprégnés de doctrine chrétienne s’imaginent que les mêmes notions et valeurs qui leur paraissent naturelles sont transposables en islam. Mon propos est simplement de dire que les bases initiales de l’islam me paraissent d’une simplicité sensiblement plus grande et d’un caractère plus pratique (faire ses prières, l’aumône, payer l’impôt, témoigner à propos de Dieu et Mahomet, faire ses ablutions,…) que, par exemple, les questions « métaphysiques » auxquelles se heurtent immédiatement les chrétiens dans leur foi avec, entre autres, la Sainte Trinité et l’incarnation, la crucifixion de Dieu, le péché originel et l’immaculée conception, la bonté de Dieu et ses attributs, la grâce etc.. Cela étant, c’est une perception personnelle qui de toutes les façons n’est pas d’une importance considérable : le seul point qu’il me paraît important de souligner est que, dans leur perception de l’islam, les occidentaux qui n’ont pas fait l’effort de se plonger dans les textes musulmans transposent sans même y penser un cadre de référence intellectuel, spirituel et moral fondamentalement inadapté pour appréhender réellement la nature de l’islam.

Par ailleurs, s’agissant de l’absence de théologie, je citais précisément Tariq Ramadan (tout en partageant assez largement son opinion). Voilà ce qu’il écrit : « Il n’y a pas de « théologie islamique ». Comparer les discussions, souvent marginales, qui ont eu cours entre les savants musulmans (essentiellement à partir du Xème siècle) avec les réflexions fondamentales qui ont donné naissance à la « théologie chrétienne » est infondé et, dans les faits, une erreur. Certes, certains débats ont été vifs et l’on a, à travers l’histoire et les écoles musulmanes, discuté du sens et de la portée des noms de Dieu, de ses attributs, du statut de la révélation, mais l’horizon de ces controverses – contrairement à l’histoire de la dogmatique catholique par exemple – est resté circonscrit et n’a jamais été jusqu’à remettre en cause trois principes fondamentaux : l’unicité absolue du créateur, son impossible représentation et la véracité de sa parole révélée dans le coran. Une authentique « théologie » aurait d’abord, et surtout, discuté de ces trois principes. Or une étude attentive de l’histoire des débats entre les écoles montre que les disputes se sont élaborées en aval de ces trois principes qui, au cœur de la conception musulmane, fonde ce qu’on nomme le « tawhid ». »

J’ai bien insisté sur le fait que cela n’excluait pas du tout qu’il y ait eu une construction intellectuelle en islam tout à fait riche sur cette base mais chacun sait que l’esprit humain peut produire à partir de rien des cathédrales intellectuelles subtiles et complexes, qui peuvent se révéler finalement sans grande valeur : la complexité d’un système ne prouve absolument rien quant à sa justesse. Cela s’applique tout autant à la religion qu’à la philosophie.

À vrai dire, je ne souhaite pas ouvrir un débat sur les richesses respectives des théologies monothéistes qui a un intérêt intellectuel, culturel et historique certain, mais sans doute au final limité face à la mort : chaque système a sa vision de la vie et de l’au-delà mais personne ne sait ce qu’est la vérité. Tout le monde ne peut pas avoir raison, donc il y en a forcément qui ont tort dirait monsieur de La Palice (si ce n’est toutes les religions). Chaque religion a son système dogmatique qui exclut les autres, ce qui limite (voire anéantit) l’idée même de dialogue inter-religieux, si ce n’est pour savoir ce que dit « l’autre ». De ce point de vue, l’islam à mon sens interdit d’ailleurs par principe tout véritable dialogue avec l’autre puisque ce système auto-référentiel se réapproprie judaïsme et christianisme en les déformant à sa guise, accusant juifs et chrétiens d’être des « falsificateurs », et en prétendant être une parole définitive et parfaite : dans ce contexte, pourquoi aller chercher quoi que ce soit hors du Coran ? Il est donc normal, si la méconnaissance des musulmans de leurs propres textes sacrés est déjà grande, que leur ignorance des autres religions et spiritualités soit abyssale.

Tout ceci ne veut pas dire néanmoins que les pensées des religions ne soient pas intéressantes et ne puissent pas contribuer à une réflexion morale pour une humanité qui anéantit consciencieusement depuis quelques siècles toute idée de transcendance (avec ou sans Dieu d’ailleurs). Sans transcendance, qu’est-ce qui peut arrêter l’égoïsme humain (shoah des enfants à naître, eugénisme, racisme, guerres, avidité provoquant la pauvreté des 4/5èmes de l’humanité,…) ? A priori rien. Hitler, Staline, Mao, Kim Jong Un ou d’autres avaient-ils (a-t-il) des problèmes de conscience à opprimer ou à exterminer des millions de personnes ? Pas sûr.

Et Mahomet, apôtre d’une religion d’amour et de paix, à quoi pensait-il quand il a par exemple exterminé les juifs Banû Quraydha à Médine (ceux-ci, plusieurs centaines, se faisant couper la gorge par petits groupes), qu’il faisait nommément assassiner tel ou tel, ou qu’il vendait des femmes captives sur les marchés pour se procurer des chevaux et des armes (autant de pratiques de l’État Islamique copiées sur le modèle prophétique et que l’État Islamique renvoie à la face de l’islam dit « modéré ») ?

On peut avoir des opinions différentes mais il ne faut pas franchir la ligne jaune et tenter d’imposer sa religion par la force et la guerre. Or aujourd’hui, l’islam continue à TUER au nom de l’islam du Prophète, et le monde musulman me semble incapable de formuler une doctrine claire, notamment sur l’attitude à avoir vis-à-vis des non-musulmans de façon générale ou des minorités religieuses en terre d’islam (la déclaration de Marrakech par exemple me semble dresser un constat assez accablant dont le monde musulman n’est pas sorti).

Ne pensez-vous pas qu’il faudrait déjà commencer en islam par la liberté de conscience et donc la liberté d’apostasier qui, comme vous le savez, est refusée aux musulmans dans le monde entier, y compris en France (et punie de mort par Mahomet) ?

Je suis bien entendu tout à fait preneur des réflexions ou références précises que vous voudrez bien me communiquer et qui me permettraient de corriger les erreurs que je peux commettre (reconnaissant bien volontiers ne pas être infaillible). Je publierai naturellement sur le site nos échanges en toute transparence car l’objectif poursuivi étant la recherche de la vérité, ces échanges peuvent intéresser tous les lecteurs.

Bien cordialement

Jean Lafontaine

Islam : l’Instance de dialogue démunie face à la radicalisation

Voici un intéressant article du Figaro revenant sur les difficultés extrêmes de l’islam de France et du gouvernement à affronter la question centrale de la violence en islam.

Article de Jean-Marie Guénois (Le Figaro, 22 mars 2016)

(Le texte de l’article est en italique, mon commentaire précédé de la mention : « COMMENTAIRE »)

Cette édition, menée par Bernard Cazeneuve, n’a pas apporté de solutions concrètes.

Une « instance de dialogue » discute beaucoup. C’est sa force mais aussi sa limite. Ainsi de la seconde édition, lundi 21 mars, de l’Instance de dialogue avec l’islam de France organisée par le ministère de l’Intérieur et intro­duite, le matin, par le premier ministre, Manuel Valls, en présence de nombreuses personnalités musulmanes, et consacrée – après une première, inaugurale, le 15 juin 2015 – à « la prévention de la ­radicalisation ». Mais devant un problème aussi complexe touchant des jeunes –  et échappant notoirement à toutes les fédérations musulmanes constituées -, peu de propositions concrètes ont été ­annoncées.

Sinon le fait que Bernard Cazeneuve ait assuré un renforcement de l’action des 196 aumôniers agréés de prison. Ils pourraient voir leur système d’indemnisation revu à la hausse par le ministère de la Justice. Autre nouveauté, la recommandation d’associer des experts religieux, pour enrichir le travail des 101 « cellules préfectorales de suivi et d’accompagnement des personnes radicalisées ». Cela se pratique dans un respect scrupuleux de la laïcité, assure le ministre, car « ce n’est pas à l’État de dire ce qu’est le bon islam ».

Suivi dans les prisons 

Il a cependant estimé « souhaitable » que les préfectures, comme les conseils régionaux du culte musulman et les associations qui sont au plus près du terrain, croisent davantage leurs compétences pour réussir à convaincre les 1.855 jeunes Français de confession musulmane actuellement suivis par ces cellules de ne pas succomber à la violence.

Nettement plus floues ont été les orientations prises pour contrer le « discours » radical qui s’installe dans les esprits et pouvant faire basculer « d’un jour à l’autre » un jeune dans la violence islamique, via notamment, « les réseaux sociaux ». Floues parce que personne ne voit comment les contrecarrer de façon efficace. Pas même le Conseil français du culte musulman qui a toutefois transmis au gouvernement un livre blanc à cet effet. Floues au point que beaucoup d’intervenants musulmans, même s’ils se divisent à ce sujet, réclament la création d’une instance doctrinale de l’islam de France. Quant au gouvernement, il a fini par évoluer sur le sujet. Bernard Cazeneuve semble avoir rompu avec la ligne refusant tout « amalgame » entre violence et islam. Elle fut pourtant encore prônée le matin par Manuel Valls, pour qui l’islam n’entretient pas « une violence qui lui serait propre ».

COMMENTAIRE : Tant que l’islam de France et le gouvernement français continueront à pratiquer le déni de réalité systématique sur les liens innés entre l’islam et la violence, rien n’est possible. L’incompétence gouvernementale et la peur des représentants de l’islam de France d’une désislamisation de leurs ouailles sont des alliés objectifs dans le maintien de l’obscurité qui entoure la doctrine musulmane dont on clame d’autant plus fort qu’il s’agit d’une religion d’amour et de paix que les attentats se succèdent : une véritable tragédie à la Dorian Gray. Qu’est-ce que la radicalisation ? Pour le savoir, encore faudrait-il savoir ce qu’est l’islam « normal » ? Avez-vous jamais vu une définition de l’islam « normal », et en référence à quoi ? Cela n’existe pas.

COMMENTAIRE : Quant à l’idée d’une instance doctrinale de l’islam de France, qui va oser la défendre et prétendre abandonner dans le monde sunnite le principe du consensus (ijma) pour fixer une doctrine qui ne peut qu’être universelle et donc s’imposer au monde entier ? Encore faudrait-il déjà commencer par lire les textes musulmans authentiques : or, il suffit de lire les ouvrages disponibles dans le commerce pour constater l’absence flagrante de référence à ces textes. Pourquoi ? Bonne question…

Triplement des extrémistes 

C’est cette ligne qui avait pourtant exclu – cinq mois seulement après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher – la thématique de la radicalisation du menu de la première réunion de cette instance le 15 juin 2015… « À l’évidence, a donc reconnu Bernard Cazeneuve, lundi, la dimension religieuse de la radicalisation, si elle n’est pas le seul facteur de ce phénomène, constitue l’idéologie, le cadre de la mobilisation proposée aux djihadistes à travers une lecture littéraliste et dévoyée de la religion, transformée en idéologie totalitaire. Cette idéologie prône le combat contre les non-musulmans mais aussi contre les musulmans eux-mêmes qualifiés de “faux musulmans” quand ils n’adhèrent pas à ce dogmatisme de la haine ». Il y a eu, depuis, les 130 morts du Bataclan et du Stade de France… Mais il y a aussi des chiffres terribles évoqués par Cazeneuve lui-même sur le pouvoir d’attraction de ce « dogmatisme de la haine ». Entre 2014 et aujourd’hui, leur nombre a triplé : 555 jeunes étaient séduits par cette perspective, ils sont désormais 1 855. Deux cents étaient partis combattre sur place, ils sont actuellement 606… 

COMMENTAIRE : Alors que c’est précisément ce qu’on nous apprend à l’école, lire simplement ce qui est écrit et s’attacher au sens littéral du texte, dans le cas de l’islam, il ne faut surtout pas le faire nous dit-on, parce que la lecture littérale est une lecture dévoyée ! Pourquoi ? Mystère. Pourtant jamais aucune injonction de ce type n’a été émise en ce qui concerne la lecture des textes juifs, chrétiens, bouddhistes, etc. sans parler de toute la littérature française (à l’exception bien sûr des poètes – et encore –, des surréalistes, etc.) et étrangère. Qu’ont donc les textes musulmans de si particulier ? Eh bien, la meilleure façon de le savoir, c’est de les lire ! Et sans doute alors vous comprendrez de vous-même. Surtout si vous avez l’intelligence et la curiosité de lire la biographie originelle du grand Mahomet (celle d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham cf. biographie).

La réponse de l’islam de France aux attentats du 13 novembre 2015 : un texte important passé inaperçu

À l’heure (22 mars 2016) où certaines victimes et les proches des attentats du 13 novembre 2015, commis au nom de l’islam et d’une ampleur sans précédent, viennent d’être reçus à l’Élysée, et que de nouveaux attentats viennent d’être perpétrés en Belgique, il est intéressant de relire le prêche rédigé par le Conseil Français du Culte Musulman et envoyé à toutes les mosquées de France afin d’être lu le vendredi 20 novembre 2015 dans les mosquées.

CFCM preche novembre 2015

http://www.lecfcm.fr/?page_id=4014

Car on pouvait s’attendre à une réaction d’une extrême fermeté de la part des représentants de l’islam de France, et surtout à une véritable condamnation doctrinale très argumentée de ces actes, l’islam ayant à l’évidence un sérieux problème de crédibilité dans ce domaine, ce que l’émission « l’islam » diffusée le dimanche matin du 22 novembre 2015 sur France 2 a reconnu, non sans quelques difficultés.

Prenons donc le temps de relire et de commenter ce prêche afin d’examiner s’il apporte de la lumière sur la question de la violence en islam, au-delà des condamnations de politesse convenues et habituelles émises en ces circonstances.

  • « Nous avons tous suivi avec horreur et désolation la vague d’attentats meurtriers qui ont ébranlé notre pays, le vendredi 13 novembre dernier. En tant que citoyens français de confession musulmane, nous sommes tous concernés par ce drame. D’une part, parce qu’à l’instar de tous les citoyens français, nous sommes des cibles potentielles de ce genre de tueries aveugles. D’autre part, parce que ces actes criminels ont été perpétrés par des enfants de France qui se prévalent de l’islam et qui se considèrent comme des martyrs engagés dans une entreprise djihadiste. Il est évident que l’ensemble des musulmans de France dénonce sans équivoque ces attentats tragiques et se démarque de l’idéologie qui nourrit les auteurs de ces actes inqualifiables. »

Il est intéressant de noter que le début de cette déclaration, au-delà de la condamnation, 1) n’adresse aucun message de compassion ou de solidarité aux victimes (le terme « victime » n’apparaît d’ailleurs pas dans le texte) ; 2) mentionne comme premier sujet de préoccupation le fait que de pareils attentats puissent surtout toucher également des musulmans.

  • « Il est légitime de se demander si – en tant que musulmans – nous devions, encore une fois, nous justifier devant nos compatriotes, comme si nous étions des « présumés coupables ». »

Il est assez étonnant qu’après de tels actes, revendiqués au nom de l’islam, le C.F.C.M. se demande, en ce début de déclaration, si « la communauté musulmane doit, encore une fois, se justifier ». L’absence de message de compassion à l’égard des victimes est déjà très choquant, alors comment ne pas être encore plus choqué par cette victimisation à l’envers de la part d’un islam de France qui ne souffre pas dans sa chair, tout en étant le représentant vivant et le promoteur d’une religion qui partout dans le monde suscite des attentats barbares ? À lire ce texte, il semblerait que c’est l’islam la véritable victime et non les 130 personnes qui sont mortes, les centaines qui ont été blessées, celles qui resteront handicapées à vie, ainsi que tous leurs proches. Si la communauté musulmane semble en « avoir assez » de se justifier, le monde occidental en a sans doute « lui aussi assez » de subir ces attentats au nom de l’islam.

  • Mais devant les amalgames et les confusions qui risquent de nous faire subir une nouvelle vague de stigmatisations et d’actes islamophobes, (…) »

Le C.F.C.M. semble renouer par ce texte avec la tendance fondamentale et instinctive à la victimisation dans la culture musulmane que dénonce et condamne largement Tariq Ramadan dans ses conférences.

  • « (…) nous ne devons jamais nous lasser de dire et redire haut et fort que l’islam authentique est à des années lumière de l’idéologie de haine de ces criminels terroristes. Nous ne devons jamais nous lasser de réaffirmer notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme, qui sont la négation même des valeurs de Paix et de Fraternité que porte l’Islam. »

Il s’agit ici d’une déclaration d’intention qui doit être étayée par des arguments solides dans la mesure où les faits lui donnent tort, l’islam étant à l’évidence depuis des décennies la seule religion qui suscite des actes aussi odieux. Comment alors concilier la terrible violence dont le monde entier est témoin avec la revendication au titre de religion « d’amour et de paix » ?

  • « Ces groupuscules terroristes qui ont semé la terreur dans le monde ne sont que l’incarnation actuelle d’une idéologie ancestrale d’un groupe de dissidents qui ont combattu les compagnons du Prophète. Il s’agit des « khawarij » des temps modernes. »

La référence faite par le C.F.C.M. aux Khawarij ou Kharidjites, selon une orthographe plus habituelle en français, est particulièrement surprenante, voire stupéfiante, car elle fait partie des éléments de langage mêmes de l’État Islamique.

Les Kharidjites sont entrés en dissidence lors d’un conflit entre Ali et Mu’awiya au VIIème siècle en raison d’un arbitrage accepté par Ali dans le contexte de la bataille de Siffin (657). Les Kharidjites se sont désolidarisés du reste de la communauté musulmane et ont d’ailleurs fini par assassiner Ali, le 4ème calife.

Or l’État Islamique fait lui-même référence nommément aux Khawarij, qu’il considère être historiquement des « égarés », afin de condamner d’autres types de comportement au sein du monde musulman, notamment celui consistant à toujours reporter au lendemain la mise en œuvre de l’islam de Mahomet, c’est-à-dire une forme d’attente ou « irjâ ».

L’État Islamique écrit en effet un mois avant les attentats de novembre 2015 : « L’irjâ est une réaction à l’égarement des Khawârij. Les Mourji’a ont essayé de s’éloigner des Khawarij sans adopter la Sunna ; en faisant cela, ils ont inventé leur propre secte. (…) Les Mourji’a ripostèrent à l’innovation des Khawarij (…) par leur propre innovation. Ils prétendirent que l’abandon de toutes les obligations et la réalisation de tous les péchés n’affecte pas la foi même si quelqu’un abandonne totalement les piliers de l’islam.»

Il est donc pour le moins étonnant que le C.F.C.M. reprenne à son compte une référence utilisée explicitement par l’État Islamique, chose qu’il ne pouvait ignorer.

  • « Le Prophète n’a pas manqué dans une prophétie de décrire le profil de ces radicaux lorsqu’il dit : « Sortira à la fin du temps de jeunes gens, aux ambitions sottes, ils lisent le Coran et ne dépassera pas leur gosiers, ils disent la meilleure des paroles, ils sortiront de la religion comme la flèche sort de sa cible. » (Hadîth authentique Rapporté par Attirmidhî). »

Il s’agit effectivement du hadith authentique n°2188 d’at-Tirmidhi (livre 33, hadith 31). Sa formulation en français par le C.F.C.M. laisse quelque peu à désirer. Une traduction sans doute plus correcte et plus compréhensible du texte arabe est : « À la fin des temps viendra un peuple jeune, avec des esprits dérangés, récitant un Coran qui ne dépassera pas leurs gorges, prononçant des paroles [hadiths] de la meilleure des créatures [Mahomet], traversant la religion comme la flèche traverse sa cible. »

Or il est intéressant de remarquer que pour attaquer l’État Islamique, le C.F.C.M. a recours à un hadith faisant explicitement référence à la fin des temps : ce qui semble valider le contexte historique du combat de l’État Islamique et donc lui donner raison ! Ironie de la situation !

Mais surtout cette description peut s’appliquer à n’importe quel groupe de musulmans fanatisés ; c’est d’ailleurs une parole apocalyptique banale et prétendument visionnaire. Si le C.F.C.M. souhaite l’appliquer à l’État Islamique, encore faut-il qu’il démontre par de vrais arguments doctrinaux que tel est bien le cas.

  • « Si ces organisations ont malheureusement réussi parfois à embrigader et à recruter des jeunes de différents horizons pour servir leur projet chaotique, c’est parce qu’ils ont – entre autres – instrumentalisé des Textes religieux après leur avoir attribué une interprétation dévoyée. »

C’est une opinion respectable mais qui, là encore, doit être étayée par des exemples précis fondés sur les textes sacrés musulmans.

  • « Le contexte géopolitique bien difficile par lequel passe le Monde, la fragilité sociale et psychologique de certains jeunes et les nouveaux moyens de communication sont les fertilisants d’un terreau qui a donné vie à cette gangrène des temps modernes. »

Cette remarque sociologique banale n’explique pas la spécificité musulmane car de nombreux juifs, chrétiens, athées, etc. connaissent également de grandes difficultés personnelles sans pour autant aller abattre dans la rue les gens à coup de Kalachnikovs. Cette gangrène est bien une problématique spécifique de l’islam ; ce n’est pas un hasard, et il convient d’en comprendre les raisons profondes pour la combattre.

  • « Sur le plan Religieux, les Musulmans doivent assumer leur responsabilité : En effet, pour éviter ce genre de dérives, les Textes scripturaires doivent être appréhendés et expliqués par des Référents religieux connus et reconnus, doués de Science et de Sagesse. »

Le C.F.C.M. évoque ici la question cruciale de l’interprétation en islam. En effet, le Coran n’est pas aussi clair qu’il le prétend puisque, selon certains, il faut « interpréter » des textes dont la simplicité pourtant étonne ; et pour cela, il faut faire confiance à d’autres, aux « référents ». Or Personne ne songerait à interdire à un chrétien de lire les Évangiles, et au-delà de quelques nuances théologiques, tout chrétien peut se faire une bonne opinion, sans guère de contradictions, de ce que prêche le Christ pour la vie de tous les jours. Il en va en revanche tout autrement pour l’islam car le texte est parfois confus (ce que le Coran lui-même reconnaît cf. paragraphe suivant du prêche), les contradictions nombreuses et certaines (résolues seulement par le principe de l’abrogation).

  • «  Le Coran lui-même l’annonce : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à des interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets équivoques cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation dévoyée. Alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: «Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur !» Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. » Sourate 3 (Âli Ilrân), v. 7. »

Le C.F.C.M. tente d’appliquer ce verset bien connu à l’État Islamique : pour quelle raison ? En réalité, ce verset est très général et les textes cités en référence par l’État Islamique sont très loin de correspondre à des textes équivoques ou obscurs, bien au contraire. Il est d’ailleurs surprenant que, pour la défense de l’islam, le C.F.C.M. ait recours à un verset qui met précisément l’accent sur le caractère peu clair, parfois obscur, du Coran, qui est pourtant censé être un livre parfaitement clair et explicite (justifiant ainsi sa supériorité par rapport à la Torah ou aux Évangiles). En effet, le Coran dit :

Sourate 16, verset 89 : « (…) Nous avons fait descendre le Livre sur toi [ndlr Mahomet], comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu’un guide, une grâce et une annonce aux musulmans. »

Sourate 34, verset 3 : « (…) Rien n’existe de plus petit ni de plus grand, qui ne soit inscrit dans un Livre explicite. »

Sourate 37, verset 117 : « Et Nous leur avons donné le Livre parfaitement clair »

Sourate 43, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

Sourate 44, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

  • « Allah proclame aussi : « …Demandez donc aux érudits du Livre, si vous ne savez pas. » Sourate 21 (Al Anbiyâ’), v. 7. »

Pour qui a déjà lu les textes de l’État Islamique, on reste perplexe. Le niveau de l’analyse doctrinale de l’État Islamique dépasse a priori d’assez loin ce que peut produire l’islam de France : les références textuelles précises sont extrêmement nombreuses, les raisonnements doctrinaux étayés au regard de la pratique du Prophète, alors que la littérature musulmane disponible dans le commerce en France est généralement d’une pauvreté doctrinale affligeante. (Ce commentaire, focalisé sur la seule question de l’authenticité doctrinale, ne constitue bien entendu en aucune façon un cautionnement quelconque des faits et gestes de l’État Islamique)

  • « Ces organisations se basent assez souvent sur des récits parlant des signes avant-coureurs de la fin du monde pour esquisser un scénario futuriste dans lequel elles s’attribuent le rôle des sauveurs de l’Islam et de l’Humanité. Elles vivent ainsi dans un monde imaginaire parallèle qui convoite les esprits fragiles. Ces récits sont pour certains, classés comme faibles par les spécialistes des Sciences du Hadith. Pour d’autres, ces récits sont très loin de la réalité actuelle du Monde. »

Le C.F.C.M. fait preuve d’incohérence en recourant à l’argument tiré d’une prétendue folie eschatologique après avoir lui-même cité précédemment pour soutenir son argumentation le hadith d’at-Tirmidhi commençant par « sortira à la fin du temps… ».

Quant à l’affirmation que les hadiths mentionnés par l’État Islamique sont « faibles » en terme d’authenticité, c’est une affirmation gratuite qui n’est absolument pas démontrée. Or l’authenticité par exemple des hadiths, nombreux, de Bukhari et de Muslim cités par l’État Islamique ne fait guère de doute.

  • « Concernant la caractérisation de ces groupuscules, on ne peut qu’être interpellé par un récit qui, bien que sa chaîne de transmission soit faible, donne une description révélatrice de la réalité de ces imposteurs. Al Hâfidh Na’îm Ibnou Hammâd, un des maîtres d’Alboukhârî, rapporte que ´Alî Ibn Abî Tâlib dit : « Quand vous verrez des drapeaux noirs, ne bougez pas de votre place, ne déplacez pas vos mains ni vos pieds. Après, apparaîtra une communauté d’immatures, à qui on n’accorde aucune importance. Leurs cœurs sont comme des morceaux de métal. Ils se présentent comme les représentants de l’Etat. Ils n’acceptent ni discussion ni alliance. Ils appellent à la vérité, mais ne sont pas eux-mêmes des gens de vérité. Leurs prénoms sont des prénoms d’emprunt et leur noms se rapportent à des villages (ou des villes). Leurs cheveux sont longs et lâchés comme ceux des femmes. Ils sont proches les uns des autres, jusqu’au moment où naîtra des conflits internes parmi eux. Ensuite, Allah donnera la vérité à qui Il voudra ». »

Là encore, le C.F.C.M. est incohérent, puisqu’après avoir critiqué ce qui serait la faiblesse de l’État Islamique quant à la qualité des hadiths, il fait explicitement référence à un hadith dont il reconnaît lui-même qu’il est « faible », c’est-à-dire qu’il appartient à la catégorie la moins fiable des hadiths.

En outre, nul doute que le monde musulman a connu dans ses 1.400 ans d’histoire d’autres groupuscules musulmans de ce type. Quant à la référence introductive aux drapeaux noirs – le drapeau de l’État Islamique étant noir –, il faut rappeler que le Prophète lui-même en faisait usage comme en atteste sa biographie dans ce texte consacré à la bataille de Badr : « L’envoyé de Dieu confia le drapeau, qui était blanc, à Muç’ib ibn Abd ad-Dâr. Devant le Prophète flottaient deux bannières noires, l’une appelée l’Aigle, portée par Ali, et l’autre entre les mains des Ançar, portée par Sa’d ibn Mu’âdh. Les chameaux de l’armée du Prophète étaient au nombre de soixante-dix, trois hommes sur chaque chameau. »

  • « Les Savants (Ouléma) musulmans sont unanimes pour dire que le Jihad se décline en plusieurs catégories dont les plus notables sont : le Jihad contre soi-même à travers l’éducation, l’épuration de l’âme ; le Jihad par la pensée à travers l’effort intellectuel de manière à servirles intérêts de l’humanité ; le Jihad par l’écriture, à travers la publication d’ouvrages utiles, la réalisation d’articles éclairants et contrant les fausses accusations à l’encontre de l’Islam et des musulmans ; le Jihad par l’argent, à travers la dépense généreuse en faveur du bien et la contribution au développement socio-économique. L’Islam n’autorise le Jihad par les armes qu’en cas d’extrême nécessité, en cas de légitime défense lorsque les musulmans sont attaqués par leurs ennemis et que toutes les voies pacifiques échouent.  »

Cette thèse est une reprise dans l’article 9 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui indique : « Contrairement à une idée répandue, le mot « Jihâd » signifie notamment la lutte et l’effort sur soi-même, en accomplissant le bien. Cette action a surtout une dimension spirituelle, consistant à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. Dans le Coran, ce mot est employé sous ses différentes formes à 33 reprises. »

Cette assertion, répétée à satiété dans les médias (ce qui fait d’ailleurs à s’y tenir qu’on ne peut plus comprendre les racines violentes de l’islam), s’accorde très mal avec l’histoire de Mahomet. La lecture de la Sîra montre clairement que le jihad correspond à un tournant dénué d’ambiguïté dans la prédication de Mahomet, tournant nécessaire à l’extension de la zone d’influence musulmane, et ceci dans un contexte très différent de celui de la légitime défense et d’une recherche de spiritualité intérieure : plusieurs centaines de pages décrivent les batailles, razzias, exécutions, etc. Naturellement, ces éléments ont été transcrits et se retrouvent dans les versets du Coran. Nier cette réalité qui ressort clairement de la biographie du Prophète revient à rendre incompréhensibles toute l’action de Mahomet et une bonne partie des versets du Coran.

La notion de jihad intérieur semble en réalité être apparue bien après la mort de Mahomet et la vague expansionniste musulmane des VIIème et VIIIème siècles en Europe et au Moyen Orient (qui n’avait pas grand-chose de défensif) : dans un empire musulman dont les frontières avaient commencé à se stabiliser, le développement de l’islam, qui s’exprimait auparavant essentiellement par les armes, s’est poursuivi au travers de l’exploration de voies de recherche plus spirituelles, sans pour autant rendre caduque la voie guerrière. Il fallait, d’une certaine façon, « digérer » les conquêtes. Ainsi, petit à petit, cette notion d’intériorité s’est développée, principalement avec un grand théologien et philosophe, Ibn Qâyyim al-Jawziyyah, qui a vécu dans la première moitié du XIVème siècle et qui a conceptualisé différents types de jihad personnel ou intérieur.

  • « l’Islam accorde une place considérable à la sacralité de la vie : Les Versets coraniques et les Hâdîth authentiques sont sans équivoque quant au bannissement de tout acte qui attente à la vie des innocents. Allah dit : « …quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. » Sourate 5 (Al Mâidah), v. 32. »

Le C.F.C.M. ment par omission en omettant volontairement les très nombreux versets appelant à la guerre contre les non-musulmans. Or ils sont vraiment nombreux ! En voici quelques-uns à titre d’exemple, tout à fait explicites :

Sourate 4, verset 91 : « Vous en trouverez d’autres [ndlr incrédules], qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance des leurs. Toutes les fois qu’on les pousse vers l’idolâtrie, ils y retombent en masse. S’ils ne se tiennent pas à l’écart de vous, ne se rendent pas à votre merci et ne déposent pas les armes, alors saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Sur ceux-là, Nous vous donnons tout pouvoir. »

Sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Sourate 8, verset 39 : « Combattez-les [les incrédules] jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. (…) »

Sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés. »

Sourate 47, verset 35 : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix quand vous êtes les plus forts. Allah est avec vous : Il ne vous privera pas du mérite de vos œuvres. »

Il serait facile de continuer. Quant au verset 32 de la sourate 5 cité par le C.F.CM., il s’agit de la conclusion de la reprise (par les versets précédents 25 à 31) de la Torah (Genèse 4) avec l’histoire de deux fils d’Adam, Caïn et Abel, et le meurtre d’Abel par Caïn, premier meurtre de l’histoire du monde. Dans la Torah, Yahvé établit ensuite une protection à l’égard de Caïn afin qu’il ne soit pas puni par le reste de l’humanité (le premier venu) pour cette faute personnelle, ce qui était une façon de rompre le cycle de la violence personnelle déclenché par Caïn et sans doute aussi de dire à l’humanité qu’il ne fallait plus tuer.

Genèse 4, 13 à 15 : « Alors Caïn dit à Yahvé : « Ma peine est trop lourde à porter. Vois ! Tu me bannis aujourd’hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera ! » Yahvé lui répondit : « Aussi bien, si quelqu’un tue Caïn, on le vengera sept fois » et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point. »

On comprend mieux alors la version complétée du verset 32 de la sourate 5, et pourquoi le Coran mentionne dans ce verset de façon un peu inattendue les enfants d’Israël seulement et non tous les hommes, les musulmans ne descendant pas d’Israël (initialement Jacob, seul enfant légitime) mais d’Ismaël. La descente de ce verset s’applique aux temps bibliques, avant Mahomet :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes (…) »

Le Coran ne fait que reprendre un principe du judaïsme énoncé dans le Talmud de Babylone (Sanhédrin 37a) : « Celui qui sauve une vie sauve un monde entier ». En effet, pour les juifs, ce n’est pas seulement la vie de celui qui est tué qui est prise mais aussi celui de toute sa descendance (« un monde entier »), car dans la mentalité juive, un homme n’est pas complet s’il ne se marie et a des enfants conformément au commandement de Yahvé (Genèse 1, 28) :  « Dieu les bénit et leur dit : «  Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la (…) » » .

Enfin, si l’on veut être complet jusqu’au bout, il faut inclure la dernière phrase de ce verset, systématiquement omis, et dont le sens paraît pourtant tout à fait fondamental :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos messagers sont venus à eux avec les preuves mais, par la suite, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la terre. »

En effet, par la dernière phrase : « par la suite [c’est-à-dire après la révélation divine], les hommes se sont [re]mis à commettre des excès sur la terre », le verset constate que les hommes n’ont pas respecté le commandement de Yahvé. C’est la raison pour laquelle la patience de Dieu semble avoir atteint ses limites, ce qui se traduit dans les versets suivants au temps de Mahomet :

Sourate 5, versets 33 & 34 : « La rétribution de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez qu’alors, Allah pardonne et est miséricordieux. »

En d’autres termes, les hommes étant retombés dans le péché en allant à l’encontre des commandements de Dieu, que ce soit par la guerre contre le messager d’Allah, Mahomet, ou par le fait de prêcher autre chose que la religion du Dieu unique, leur récompense est d’être « tués, crucifiés ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays ».

Il est regrettable que les explications simples fournies ci-dessus soient systématiquement occultées par les représentants de l’islam de France car elle permettraient à tous de beaucoup mieux comprendre la véritable portée de ce verset, tout à fait limitée et historique, et l’absence en réalité de contradiction entre ce verset et le jihad guerrier offensif déclenché pour la suite des temps par Mahomet.

  • « Il ne suffit pas à une personne de se proclamer « moudjahid » pour qu’elle le soit. Il ne suffit-il à un groupuscule de se déclarer « état islamique » pour qu’il le soit. »

Enfin, le C.F.C.M. conclut encore de façon assez incohérente puisqu’après avoir rejeté toute responsabilité en matière de violence au nom de l’islam, il rend honneur à la notion de « moudjahid », c’est-à-dire « combattant [armé] », en restreignant dans son propos cet honneur à une élite.

  • « Appel Solennel : – Nous, Musulmans de France, réaffirmons notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme qui sont la négation même des valeurs de paix et de fraternité que porte l’Islam. – Nous, Musulmans de France, sommes des citoyens français à part entière, faisant partie intégrante de la Nation, et solidaires de l’ensemble de la communauté nationale. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre attachement indéfectible au pacte républicain qui nous unis tous. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre adhésion totale aux valeurs de la République. Les Musulmans de France élèvent leurs Prières vers Dieu, le Très Clément et le Très Miséricordieux, pour qu’Il préserve et qu’Il bénisse la France ! Les Musulmans de France formulent tous leurs Vœux de Paix, de Sécurité et de Prospérité pour leur Patrie, la France. AMINE. »

Ce prêche se termine donc sans aucun mot pour les victimes et leurs proches.

En revanche, il se conclut par une déclaration politique qui, entre autres, insiste sur le fait que « les musulmans de France sont des citoyens à part entière », sujet qui n’a a priori aucun rapport avec les attentats (personne ne dénie aux Français qui violent, tuent, etc. le fait qu’ils soient à la base des citoyens Français). Il s’agit donc en réalité d’un prêche politique qui utilise les attentats comme vecteur de communication pour marteler de nouveau en filigrane le message que les musulmans de France seraient stigmatisés du fait de leur confession religieuse.

Si des chrétiens extrémistes avaient perpétré les mêmes attentats au nom du christianisme, nul doute que le message du pape et sa repentance au nom de tous les chrétiens (quand bien même il n’en serait aucunement responsable) auraient été bien différents.

L’inavouable réalité engendre deux monstres : le déni de réalité et le mensonge

L’excellente émission « Arrêt sur images » vient de nous fournir encore (janvier 2016) une nouvelle excellente illustration de l’incapacité à reconnaître des faits – voire la capacité à les nier – de la part de représentants de la gauche « intellectuelle », qui se pense seule porteuse des idéaux de progrès.

À l’occasion d’un débat tout à fait intéressant sur le rôle de la sociologie s’est naturellement posée la question de la nature des méfaits massifs (agressions sexuelles, viols) commis lors de la nuit de la Saint Sylvestre par des migrants ou des immigrés en Allemagne (notamment à Cologne), débat plus général qui concerne également d’autres situations dans d’autres pays (ex. Suède).

On sait avec quelles difficultés ont fini par filtrer les informations relatives à ces événements. Nul doute que si les réseaux sociaux n’existaient pas, les gouvernements réussiraient à étouffer ces affaires embarrassantes et qui contredisent tous les messages gouvernementaux dont les Européens sont bombardés. Bien entendu, il convient d’être attentif aux résultats des enquêtes mais il est certain que le caractère massif et récent de ce type d’agressions coïncide curieusement dans le temps et l’espace avec la présence nouvelle de populations d’origine étrangère à l’échelle de valeurs, à l’évidence, très différente.

Comme il s’agissait pour les intervenants invités sur le plateau d’éviter à tout prix, non pas même la stigmatisation des migrants et des immigrés, mais tout simplement leur simple évocation – l’homme étant sans doute naturellement bon et perverti par la société comme nous l’a enseigné le néfaste Rousseau –, ceux-ci ont oscillé entre le déni de réalité pur et simple, et l’absurdité d’incompétence. Voici quelques extraits vidéo pour en juger :

 Arret sur images 160115

 

Arret sur images 160115 Cologne 1    Arret sur images 160115 Cologne 2

Analysons la position de chaque invité :

  • Claire Serre-Combe, présidente et porte-parole d’« Osez le féminisme »

« Il faut contextualiser » : propos vide de sens.

« La fachosphère a monté une polémique sur l’accueil des migrants, etc. » : sans doute aurait-il fallu des meurtres ?

« Marine Le Pen se trompe complètement en associant les agressions de Cologne aux Syriens car les chiffres démontrent, de prime abord, que les principaux agresseurs seraient issus du Maghreb » : cette dame ne sait visiblement pas de quoi elle parle puisque Daniel Schneidermann et Justine lui fournissent des éléments factuels complètement opposés.

« Les syriens qui sont le problème pointé » : propos absurde qui ne laisse pas de faire réagir Daniel Schneidermann : Syriens, maghrébins ou autres immigrés : « qu’est-ce que ça change ? » Réponse : « La solution au problème n’est pas la même et cela évite toute récupération raciste » : qu’est-ce que cela veut dire ?

« C’est le discours du Front National de taper sur les immigrés » : ce n’est pas le sujet : il s’agit de savoir si, oui ou non, les agressions massives ont été commises par des migrants ou autres immigrés, quelles que soient les opinions politiques qu’on peut avoir.

« Les violences faites aux femmes se déroulent tous les jours… » : tentative pitoyable de déplacer le sujet sur un autre terrain. Daniel Schneidermann est tellement stupéfait par cette tentative d’évitement qu’il revient à la charge.

« Un système de domination masculine » : merveilleux ! Il n’y a plus de problème de migrants et d’immigrés mais seulement une question sociologique qui touche toute la gent masculine.

Cette dame compare ensuite les événements de Cologne avec ce qui se passerait – selon elle – régulièrement à Bayonne : là, Daniel Schneidermann (pourtant ancien du Monde) n’en croit pas ses oreilles, et démontre avec Justine par des éléments absolument précis l’inanité du propos tenu par cette intervenante. Il en éberlué : « Nous ne sommes pas du tout dans le même phénomène, me semble-t-il [prononcé avec insistance] »

Reste la pure mauvaise foi : l’ampleur des événements de Cologne ne serait dû qu’au fait d’une dénonciation plus massive par les femmes des agressions qu’à l’habitude. Le problème n’est que celui, général, de « la violence faite aux femmes ».

La persévérance de Daniel Schneidermann (« j’insiste ») nous fait enfin toucher le but : la jeune femme s’enferme dans un déni de réalité, jusqu’à finalement révéler le motif caché de cette résistance : « Vous voulez m’entraîner sur le terrain de la nationalité des agresseurs ? », ce qui, en l’occurrence est un propos parfaitement détestable et une attitude malhonnête, comme si Daniel Schneidermann lui tendait un piège.

  • Geoffroy de Lagasnerie, sociologue

Cela démarre plutôt bien que ce jeune homme reconnaît la « tendance dans la gauche critique ou dans la gauche radicale à dire : ah ! mais c’est pareil dans la bourgeoisie, c’est pareil chez les blancs, et donc à pas vouloir aborder la spécificité du type de violence que peuvent exercer ces populations. Mais être de gauche, c’est aussi affronter la réalité ». « Il faut penser une spécificité de ce qui s’est passé en Allemagne ».

Le problème, c’est que ce jeune sociologue, qui ne connaît visiblement absolument rien à l’islam et aux règles touchant à la sexualité dans l’islam (ex. interdit de la fornication), s’embarque dans des explications toutes aussi plus fumeuses et hilarantes les unes que les autres car « il faut désexualiser ce qui s’est passé ». La violence sexuelle s’expliquerait ainsi :

« Ils n’ont pas de logement pour avoir un rapport sexuel » ; « ils n’ont pas d’argent pour draguer, aller au café et faire une rencontre, s’habiller, se laver ».

L’absurdité de ces propos fait réagir Justine (Arrêt sur Images) qui cite le cas de la place Tahrir (Égypte) où les agresseurs étaient dans leur ville et donc chez eux. Ce qui arrache à ce jeune sociologue ce pathétique commentaire : « la frustration sexuelle en Égypte, c’est un des problèmes majeurs de toute façon… » : oh ! Grandeur de la sociologie !

  • Alain Bertho, anthropologue

On se demande à quoi ont servi à cet anthropologue toutes ses années d’étude pour en arriver à des analyses aussi inexistantes. Certes on ne sait pas grand-chose et des vérifications s’imposent mais quand on a aucune piste d’analyse à proposer, il vaut mieux se taire plutôt que d’égrener les brèves de comptoir : « Il y a une spécificité : notre problème, c’est qu’on ne la connaît pas ». « Nous n’arrivons pas à identifier le phénomène ». « Dans une situation historique, on a une montée générale de la violence »

Et à propos du rapprochement entre Cologne et la place Tahrir : « on est dans des situations collectives, dans une situation générale de tension et de violence [bafouillement] non pas ethnique, mais je dirais de violence entre des populations différentes, et ça c’est à l’échelle du monde. » : toujours cette obsession de ne pas vouloir appeler un chat un chat.

  • Conclusion

La sociologie est visiblement de gauche, c’est-à-dire de ceux qui pensent comme il faut. Contre la mauvaise pensée, issue d’une réalité qui ne devrait pas être ce qu’elle est, tous les moyens sont bons : il ne semble y avoir aucune limite à la mauvaise foi.