Attentats de Bruxelles : le double discours de Tariq Ramadan continue à dessein d’entretenir la confusion

Article publié dans Atlantico le 8 avril 2016

Tariq Ramadan a publié une tribune sur le site de Politico à l’occasion des récents attentats de Bruxelles. Je vous propose d’en analyser quelques passages qui semblent importants. Le texte intégral est disponible à cette adresse : http://www.politico.eu/article/attentats-en-belgique-tariq-ramadan/

  • « Il importe de déceler les raisons de cette dérive de la violence extrémiste qui n’est pas seulement “folle,” “irrationnelle” et “barbare.” De tels propos, en plus de répandre la confusion terminologique, n’offrent aucune clarification politique aux termes de l’équation. Ils ajoutent de l’aveuglement à la réaction émotionnelle nourrie par la peur alors que nous avons besoin aujourd’hui de raison, de rationalisation, de propos raisonnés, fermes certes, mais nécessairement raisonnables. »

Tout à fait d’accord : cette dérive est sous certains aspects raisonnée, rationnelle et violente mais non « barbare » contrairement à la présentation qu’en fait le monde politique et médiatique. Il convient effectivement d’en analyser la nature profonde pour sortir de la confusion et de l’aveuglement.

  • « Comment expliquer cette violence extrémiste ? Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi sur tous les continents dans des lieux chargés de sens et de symboles ? La première raison est politique. On ne peut pas aujourd’hui vouloir déconnecter ces actions de la scène internationale avec la violence, la terreur et la mort qui se sont installés depuis si longtemps en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Lybie et plus largement en Afrique et en Asie. Les politiques européennes et américaines à l’étranger ne sont pas coupées du monde et ceux qui les ciblent le répètent à longueur de vidéos : “vous avez répandu la guerre et la mort dans nos pays, nous vous rendons la monnaie de votre pièce.” »

Il est assez curieux que Tariq Ramadan pose comme première raison la responsabilité du monde occidental, et en particulier des européens et des américains. Même si cela rentre en ligne de compte, on s’attendrait d’abord à un mea culpa au nom de l’islam dont le lien avec la violence religieuse s’exprime depuis de nombreuses années dans des contextes très variés. D’ailleurs, si cette violence religieuse peut s’appuyer sur des motivations politiques en fonction des théâtres d’opération, il n’en reste pas moins qu’elle est première et existe sans cela, puisque la doctrine même de l’islam prône le jihad, « combat dans la voie d’Allah », et promet le paradis à tous les « martyrs ».

Rappelons en outre que la violence entre les multiples courants du monde musulman, et au premier chef desquels les sunnites et les chiites, est une constante depuis 1.400 ans, pour des motifs religieux.

  • « La seconde raison est exprimée à demi mots dans les différents communiqués des cerveaux commanditant ces opérations : il s’agit de provoquer des fractures dans les sociétés occidentales entre les musulmans et tous les autres citoyens. Aux musulmans, il s’agit de faire comprendre et sentir qu’ils ne seront jamais le bienvenu dans les sociétés occidentales. Le but étant également que ces dernières nourrissent une peur de l’islam et des musulmans et qu’elles assimilent leur présence au danger et à la violence. »

Tariq Ramadan rejoint avec cette analyse beaucoup de « sociologues islamologues » français qui ont finalement l’audace de vouloir nous empêcher de réfléchir. D’après leur vision, nous ne serions que des marionnettes manipulées par l’État Islamique et on nous dit : « puisque vous êtes manipulés, vous devez faire le contraire de ce que prétend vous faire faire le manipulateur ». Et l’on nous demande donc d’exprimer une solidarité sans faille avec l’islam de France qui, bien entendu, n’a aucun rapport avec tout cela (si ce n’est la religion…).

Ce qui est renversant dans ce discours est qu’à aucun moment n’est abordée de façon précise la question du contenu du discours du « manipulateur » alors que l’idée de manipulation implique nécessairement l’idée de tromperie. Car c’est bien le fond du problème : le discours de l’État Islamique est-il, oui ou non, une traduction correcte de la doctrine musulmane ? Si cela devait être le cas, faudrait-il parler de manipulation ? Malheureusement, la question n’est jamais abordée sous cet angle.

Les lecteurs d’Atlantico qui seraient intéressés pourront sans doute trouver quelques informations intéressantes pour éclairer ce débat dans l’ouvrage « Les racines doctrinales de l’État Islamique » en cours de publication e-book aux éditions UPPR (2 tomes d’une quarantaine de pages chacun).

Par ailleurs, si des fractures dans les sociétés occidentales entre les musulmans et les autres citoyens existent bien, puisqu’on voit depuis longtemps fleurir un peu partout le communautarisme, elles n’ont visiblement pas attendu l’État Islamique pour apparaître. À lire les textes musulmans, on en déduit que l’islam est une religion fondamentalement communautariste. Le Coran est clair sur la supériorité de la communauté musulmane sur toutes les autres et la nécessité pour elle de ne pas se mélanger avec celles-ci. Par exemple :

Sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes (…). Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux ; il y en a parmi eux qui croient mais la plupart sont des pervers. »

Sourate 3, verset 139 : « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. »

Sourate 60, verset 1 : « Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mes ennemis et les vôtres, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. (…) »

Malek Chebel écrit avec clairvoyance dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran (article « Amitié avec les incrédules ») : « Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

Ce communautarisme va jusqu’au souci de ne pas ressembler au mécréant, de peur de devenir comme lui, comme le rappelle Yusuf Qaradawi dans Le licite et l’illicite en islam : « Ibn Taymiyya a affirmé à juste titre que le fait d’être différent des mécréants est une obligation visée par le Législateur : « L’imitation des autres extérieurement aboutit à les aimer et à accepter leur protection intérieurement. De même que l’amour intérieur aboutit à l’imitation extérieure. C’est une vérité dont témoignent les sens et l’expérience ». »

Il n’existe pas aujourd’hui de pays, musulman (par définition) ou non, où la présence de l’islam ne se traduise pas par le communautarisme.

  • « Dans les faits, il ne s’agit pas à proprement parler d’une “radicalisation religieuse” puisque que les jeunes qui intègrent ces réseaux ont quelques semaines à six mois de pratique dans leur grande majorité. Le basculement est subi et il ne s’agit pas d’une progression de la pratique religieuse vers la violence et la terreur : certains de ces jeunes sont encore dans la délinquance, la boisson, la drogue et la vie des boites de nuit au moment même où ils organisent les attentats. »

Sur quelles données s’appuie l’affirmation selon laquelle les personnes radicalisées auraient dans leur grande majorité tout au plus 6 mois de pratique de l’islam, que ce soit parmi celles qui sont musulmanes de culture ou parmi les récent(e)s converti(e)s ? Un certain nombre de kamikazés ont fréquenté les milieux salafistes depuis plusieurs années. D’autres ont eu le temps de parfaire pendant des mois leur formation au Moyen Orient comme on a pu le retracer a posteriori à travers leurs multiples déplacements.

Si des jeunes basculent dans l’action violente, quels éléments permettent de dire que ce basculement est nécessairement subi, c’est-à-dire la résultante d’une manipulation ? N’a-t-on pas entendu la veuve d’un des kamikazés du Bataclan (Samy Amimour) faire part de la fierté d’avoir été l’épouse d’un combattant du jihad mort en martyr au combat ? Faut-il parler de manipulation dès lors que quelqu’un adhère à des idées qu’on ne partage pas ?

Si certains jeunes sont dans la délinquance, il est évident que cet état prédispose plus naturellement à l’action qu’une réflexion religieuse purement intellectuelle ; c’est tout à fait logique. Il en est de même dans des périodes troubles (insurrection, luttes communautaires, révolutions,…) : il est plus facile à ceux qui ont l’habitude de se battre et d’agir de prendre les armes.

Quant au fait que certains jeunes « soient encore dans la boisson, la drogue et la vie des boîtes de nuit au moment même où ils organisent des attentats », c’est précisément ce que l’État Islamique leur demande : passer inaperçus, se fondre dans la masse, donner l’impression de partager ce contre quoi en réalité ils se battent. Il est étonnant que cela ait échappé à Tariq Ramadan.

Enfin, même si certaines personnes sont sans doute en manque de repères parmi ces jihadistes, il faut arrêter de dire que le problème de l’action violente en islam est seulement un problème psychologique. La violence en islam est un problème vieux comme l’islam, a des racines claires dans la religion musulmane elle-même (et dans les textes sacrés), l’histoire du monde musulman en est la preuve évidente.

  • « La religion est convoquée et il faut donc y répondre avec un discours religieux solide et rigoureux mais s’il ne faut pas se tromper de cible : la référence religieuse est un vêtement qui cache des aspirations politiques, des volontés de pouvoir et de divisions cyniques, machiavéliques et souvent inhumaines (…). »

La religion est effectivement « convoquée », terme un peu pédant mais on voit l’idée. Sans doute la référence religieuse cache-t-elle des motivations politiques, mais le problème est que, indépendamment de la question politique, la référence religieuse existe bel et bien. Depuis 1.400 ans que l’islam existe, il est surprenant qu’un discours clair et solide sur le rapport de l’islam à la violence n’ait pas encore été élaboré pour répondre à cette problématique.

  • « Comment répondre à une situation si complexe dont les causes sont si diversifiées dont la conséquence est une violence qui peut sévir partout et sous de multiples formes. »

Tariq Ramadan fait partie des esprits les plus brillants et les plus instruits de la communauté musulmane mondiale. On est un peu surpris par sa difficulté à détricoter la complexité revendiquée de cette situation. Pourquoi vouloir introduire de la complexité si certains facteurs peuvent s’expliquer simplement, si ce n’est pour « noyer le poisson » ? Et si les Français lisaient la biographie originelle de Mahomet (Ibn Ishâq/Ibn Hîcham), n’auraient-ils pas matière à y découvrir de nombreuses clefs de lecture ? C’est une recommandation insistante qu’on ne peut que leur faire.

  • « Il s’agit de demeurer humbles tout en restant déterminés à combattre cette violence extrémiste en s’intéressant à ses causes autant qu’à son expression concrète. Cela commence, en Europe par exemple, par éviter de critiquer le modèle de société du voisin ou le manque de compétence de ses services de renseignements comme on l’avait entendu en Grande-Bretagne vis-à-vis de la France et aujourd’hui en France à l’égard de la Belgique. »

Cette humilité est louable mais ce rappel est assez stupéfiant. Il faut en effet se souvenir que quelques jours après les attentats de Charlie (janvier 2015), Tariq Ramadan avait laissé entendre sur le plateau de « Salut les Terriens » que les services de renseignement français avaient laissé faire. Voici le verbatim de son intervention : « J’ai dit et je le répète avec force…parce que toute personne raisonnable, qui n’a pas des question à se poser sur ce qui s’est passé en 2001, sur ce qui s’est passé en 2004, en 2005…et même avec ce qui s’est passé avec Mehra,….Il y a des questions, et j’ai demandé dès 2001 une commission d’enquête indépendante, non pas parce que je dis que c’est un complot, mais si vous voulez lutter contre les complotistes, apportez des réponses à des questions. Si aujourd’hui on sait qu’il y avait des menaces contre Charlie Hebdo, qu’ils aient pu aller aussi facilement…Moi je veux qu’on me dise comment ça se fait que les services de renseignement français aient laissé faire. Comment se fait-il que les renseignements français n’aient même pas vérifié les téléphones des femmes ce ceux qui allaient tuer ? Eh bien, j’ai des questions. Aujourd’hui, soit on me répond, par une enquête indépendante, soit on fait tous les imbéciles et on croit tout ce qu’on nous dit. Finalement, pour pouvoir être dans l’air du temps en France, faut la boucler. »

Tariq Ramadan Salut les terriens janvier 2015

Tariq Ramadan Complot janvier 2015

  • « Il nous faut une politique sécuritaire concertée sur toute l’Europe avec la double condition de comprendre, d’abord, qu’elle ne peut être qu’un moyen dans une stratégie plus globale et multidimensionnelle et, ensuite, qu’elle ne saurait justifier les stigmatisations de certains citoyens, les manquements aux droits humains (les migrants compris) et le non respect de la dignité égale des personnes. »  

La politique sécuritaire n’est pas en soi un facteur de stigmatisation. Elle prend simplement acte de ce qui se passe et de la différence énorme de vision culturelle et humaine qui sépare les pays européens de celle des migrants en provenance des pays musulmans.

  • « On ne peut soutenir des dictatures, être les partenaires politiques et économiques des Etats produisant la pensée salafi littéraliste (…). »

Tariq Ramadan met avec raison en exergue la relation schizophrène que la France entretient avec certains pays du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite, dont la doctrine converge sur bien des plans avec celle de l’État Islamique. En politique, on peut être effectivement amené à traiter avec ses pires ennemis idéologiques pour des raisons bassement économiques, mais il faut alors être lucide et conscient de ce que cela veut dire en matière de soutien et de développement de l’islam sur le territoire de « la fille aînée de l’Église ».

  • « Les citoyens musulmans doivent participer aux débats de société avec l’idée de penser et de construire la politique sociale de demain et non pas à être convoqués à se justifier, voire à se dédouaner après chaque attentat ou controverse. »

C’est bien en référence claire aux textes sacrés musulmans que les attentats sont perpétrés. Les citoyens musulmans seraient donc certainement dans une position plus facile s’ils étaient collectivement capables de formuler leur doctrine de façon unifiée et dans un langage intelligible et qu’on puisse ainsi juger de la différence par rapport à celle de l’État Islamique. Or cela semble pour le moment impossible et aucune initiative aujourd’hui n’en prend le chemin. Quant aux manifestations de compassion à l’égard des victimes, on peut raisonnablement dire qu’elles sont d’une ampleur sans commune mesure avec l’émoi médiatique entretenu avec force ces dernières années au sujet du voile islamique et de la burka.

  • « Je le répète depuis 25 ans, il n’y a pas d’échec de l’intégration religieuse et culturelle en Europe, mais un déficit, voire une déroute, des politiques sociales relatives à l’éducation, à l’habitat et à l’emploi notamment. »

L’échec est malheureusement patent. Tariq Ramadan ne semble pas beaucoup fréquenter les quartiers de Paris ou de la région parisienne où on circule beaucoup plus en djellaba qu’en jupe, où les femmes n’osent plus se promener seules, où un mauvais regard peut avoir des conséquences incalculables,… La France a-t-elle jamais connu les mêmes difficultés avec l’immigration européenne ?

  • « On le voit, il est nécessaire de clarifier les termes du débat, d’appréhender la complexité du phénomène et proposer des réponses multiples et complémentaires avec une approche holistique. Etre obnubilé par la seule question religieuse, refuser de voir l’aspect politique et espérer que les opérations guerrières et sécuritaires nous protégeront est un leurre aux conséquences dangereuses. »

Avant d’écarter la question religieuse, encore faudrait-il l’avoir analysée. Or, comme elle est systématiquement évacuée par tous les analystes et islamologues, pour des raisons politiques et religieuses évidentes, comment prétendre qu’elle n’entre pour rien dans le débat ? Ce n’est donc pas du tout comme cela qu’on apportera de la clarté et de la vérité dans le débat. La vérité intéresse-t-elle ?

CONCLUSION

Ces propos de Tariq Ramadan illustrent la subtilité d’un double discours qui semble particulièrement bien élaboré : la dialectique consiste en effet à constater certains faits problématiques, « donnant le change » et laissant croire à l’objectivité et à la sincérité de la démarche, mais en orientant systématiquement l’analyse sur des pistes « acceptables », c’est-à-dire qui ne nuisent pas trop au système religieux qu’on veut défendre quoi qu’il arrive, et donc aux dépens de l’exploration d’autres voies beaucoup plus intéressantes mais qui sont censurées ou occultées.

Reste alors cette implacable interrogation : Car, enfin, pourquoi la violence religieuse aujourd’hui est-elle le seul fait de l’islam ? Pourquoi ne trouve-t-on pas des kamikazés ou des tueurs à la kalachnikov chez les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les athées,… POURQUOI ?

Islam : l’Instance de dialogue démunie face à la radicalisation

Voici un intéressant article du Figaro revenant sur les difficultés extrêmes de l’islam de France et du gouvernement à affronter la question centrale de la violence en islam.

Article de Jean-Marie Guénois (Le Figaro, 22 mars 2016)

(Le texte de l’article est en italique, mon commentaire précédé de la mention : « COMMENTAIRE »)

Cette édition, menée par Bernard Cazeneuve, n’a pas apporté de solutions concrètes.

Une « instance de dialogue » discute beaucoup. C’est sa force mais aussi sa limite. Ainsi de la seconde édition, lundi 21 mars, de l’Instance de dialogue avec l’islam de France organisée par le ministère de l’Intérieur et intro­duite, le matin, par le premier ministre, Manuel Valls, en présence de nombreuses personnalités musulmanes, et consacrée – après une première, inaugurale, le 15 juin 2015 – à « la prévention de la ­radicalisation ». Mais devant un problème aussi complexe touchant des jeunes –  et échappant notoirement à toutes les fédérations musulmanes constituées -, peu de propositions concrètes ont été ­annoncées.

Sinon le fait que Bernard Cazeneuve ait assuré un renforcement de l’action des 196 aumôniers agréés de prison. Ils pourraient voir leur système d’indemnisation revu à la hausse par le ministère de la Justice. Autre nouveauté, la recommandation d’associer des experts religieux, pour enrichir le travail des 101 « cellules préfectorales de suivi et d’accompagnement des personnes radicalisées ». Cela se pratique dans un respect scrupuleux de la laïcité, assure le ministre, car « ce n’est pas à l’État de dire ce qu’est le bon islam ».

Suivi dans les prisons 

Il a cependant estimé « souhaitable » que les préfectures, comme les conseils régionaux du culte musulman et les associations qui sont au plus près du terrain, croisent davantage leurs compétences pour réussir à convaincre les 1.855 jeunes Français de confession musulmane actuellement suivis par ces cellules de ne pas succomber à la violence.

Nettement plus floues ont été les orientations prises pour contrer le « discours » radical qui s’installe dans les esprits et pouvant faire basculer « d’un jour à l’autre » un jeune dans la violence islamique, via notamment, « les réseaux sociaux ». Floues parce que personne ne voit comment les contrecarrer de façon efficace. Pas même le Conseil français du culte musulman qui a toutefois transmis au gouvernement un livre blanc à cet effet. Floues au point que beaucoup d’intervenants musulmans, même s’ils se divisent à ce sujet, réclament la création d’une instance doctrinale de l’islam de France. Quant au gouvernement, il a fini par évoluer sur le sujet. Bernard Cazeneuve semble avoir rompu avec la ligne refusant tout « amalgame » entre violence et islam. Elle fut pourtant encore prônée le matin par Manuel Valls, pour qui l’islam n’entretient pas « une violence qui lui serait propre ».

COMMENTAIRE : Tant que l’islam de France et le gouvernement français continueront à pratiquer le déni de réalité systématique sur les liens innés entre l’islam et la violence, rien n’est possible. L’incompétence gouvernementale et la peur des représentants de l’islam de France d’une désislamisation de leurs ouailles sont des alliés objectifs dans le maintien de l’obscurité qui entoure la doctrine musulmane dont on clame d’autant plus fort qu’il s’agit d’une religion d’amour et de paix que les attentats se succèdent : une véritable tragédie à la Dorian Gray. Qu’est-ce que la radicalisation ? Pour le savoir, encore faudrait-il savoir ce qu’est l’islam « normal » ? Avez-vous jamais vu une définition de l’islam « normal », et en référence à quoi ? Cela n’existe pas.

COMMENTAIRE : Quant à l’idée d’une instance doctrinale de l’islam de France, qui va oser la défendre et prétendre abandonner dans le monde sunnite le principe du consensus (ijma) pour fixer une doctrine qui ne peut qu’être universelle et donc s’imposer au monde entier ? Encore faudrait-il déjà commencer par lire les textes musulmans authentiques : or, il suffit de lire les ouvrages disponibles dans le commerce pour constater l’absence flagrante de référence à ces textes. Pourquoi ? Bonne question…

Triplement des extrémistes 

C’est cette ligne qui avait pourtant exclu – cinq mois seulement après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher – la thématique de la radicalisation du menu de la première réunion de cette instance le 15 juin 2015… « À l’évidence, a donc reconnu Bernard Cazeneuve, lundi, la dimension religieuse de la radicalisation, si elle n’est pas le seul facteur de ce phénomène, constitue l’idéologie, le cadre de la mobilisation proposée aux djihadistes à travers une lecture littéraliste et dévoyée de la religion, transformée en idéologie totalitaire. Cette idéologie prône le combat contre les non-musulmans mais aussi contre les musulmans eux-mêmes qualifiés de “faux musulmans” quand ils n’adhèrent pas à ce dogmatisme de la haine ». Il y a eu, depuis, les 130 morts du Bataclan et du Stade de France… Mais il y a aussi des chiffres terribles évoqués par Cazeneuve lui-même sur le pouvoir d’attraction de ce « dogmatisme de la haine ». Entre 2014 et aujourd’hui, leur nombre a triplé : 555 jeunes étaient séduits par cette perspective, ils sont désormais 1 855. Deux cents étaient partis combattre sur place, ils sont actuellement 606… 

COMMENTAIRE : Alors que c’est précisément ce qu’on nous apprend à l’école, lire simplement ce qui est écrit et s’attacher au sens littéral du texte, dans le cas de l’islam, il ne faut surtout pas le faire nous dit-on, parce que la lecture littérale est une lecture dévoyée ! Pourquoi ? Mystère. Pourtant jamais aucune injonction de ce type n’a été émise en ce qui concerne la lecture des textes juifs, chrétiens, bouddhistes, etc. sans parler de toute la littérature française (à l’exception bien sûr des poètes – et encore –, des surréalistes, etc.) et étrangère. Qu’ont donc les textes musulmans de si particulier ? Eh bien, la meilleure façon de le savoir, c’est de les lire ! Et sans doute alors vous comprendrez de vous-même. Surtout si vous avez l’intelligence et la curiosité de lire la biographie originelle du grand Mahomet (celle d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham cf. biographie).

La réponse de l’islam de France aux attentats du 13 novembre 2015 : un texte important passé inaperçu

À l’heure (22 mars 2016) où certaines victimes et les proches des attentats du 13 novembre 2015, commis au nom de l’islam et d’une ampleur sans précédent, viennent d’être reçus à l’Élysée, et que de nouveaux attentats viennent d’être perpétrés en Belgique, il est intéressant de relire le prêche rédigé par le Conseil Français du Culte Musulman et envoyé à toutes les mosquées de France afin d’être lu le vendredi 20 novembre 2015 dans les mosquées.

CFCM preche novembre 2015

http://www.lecfcm.fr/?page_id=4014

Car on pouvait s’attendre à une réaction d’une extrême fermeté de la part des représentants de l’islam de France, et surtout à une véritable condamnation doctrinale très argumentée de ces actes, l’islam ayant à l’évidence un sérieux problème de crédibilité dans ce domaine, ce que l’émission « l’islam » diffusée le dimanche matin du 22 novembre 2015 sur France 2 a reconnu, non sans quelques difficultés.

Prenons donc le temps de relire et de commenter ce prêche afin d’examiner s’il apporte de la lumière sur la question de la violence en islam, au-delà des condamnations de politesse convenues et habituelles émises en ces circonstances.

  • « Nous avons tous suivi avec horreur et désolation la vague d’attentats meurtriers qui ont ébranlé notre pays, le vendredi 13 novembre dernier. En tant que citoyens français de confession musulmane, nous sommes tous concernés par ce drame. D’une part, parce qu’à l’instar de tous les citoyens français, nous sommes des cibles potentielles de ce genre de tueries aveugles. D’autre part, parce que ces actes criminels ont été perpétrés par des enfants de France qui se prévalent de l’islam et qui se considèrent comme des martyrs engagés dans une entreprise djihadiste. Il est évident que l’ensemble des musulmans de France dénonce sans équivoque ces attentats tragiques et se démarque de l’idéologie qui nourrit les auteurs de ces actes inqualifiables. »

Il est intéressant de noter que le début de cette déclaration, au-delà de la condamnation, 1) n’adresse aucun message de compassion ou de solidarité aux victimes (le terme « victime » n’apparaît d’ailleurs pas dans le texte) ; 2) mentionne comme premier sujet de préoccupation le fait que de pareils attentats puissent surtout toucher également des musulmans.

  • « Il est légitime de se demander si – en tant que musulmans – nous devions, encore une fois, nous justifier devant nos compatriotes, comme si nous étions des « présumés coupables ». »

Il est assez étonnant qu’après de tels actes, revendiqués au nom de l’islam, le C.F.C.M. se demande, en ce début de déclaration, si « la communauté musulmane doit, encore une fois, se justifier ». L’absence de message de compassion à l’égard des victimes est déjà très choquant, alors comment ne pas être encore plus choqué par cette victimisation à l’envers de la part d’un islam de France qui ne souffre pas dans sa chair, tout en étant le représentant vivant et le promoteur d’une religion qui partout dans le monde suscite des attentats barbares ? À lire ce texte, il semblerait que c’est l’islam la véritable victime et non les 130 personnes qui sont mortes, les centaines qui ont été blessées, celles qui resteront handicapées à vie, ainsi que tous leurs proches. Si la communauté musulmane semble en « avoir assez » de se justifier, le monde occidental en a sans doute « lui aussi assez » de subir ces attentats au nom de l’islam.

  • Mais devant les amalgames et les confusions qui risquent de nous faire subir une nouvelle vague de stigmatisations et d’actes islamophobes, (…) »

Le C.F.C.M. semble renouer par ce texte avec la tendance fondamentale et instinctive à la victimisation dans la culture musulmane que dénonce et condamne largement Tariq Ramadan dans ses conférences.

  • « (…) nous ne devons jamais nous lasser de dire et redire haut et fort que l’islam authentique est à des années lumière de l’idéologie de haine de ces criminels terroristes. Nous ne devons jamais nous lasser de réaffirmer notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme, qui sont la négation même des valeurs de Paix et de Fraternité que porte l’Islam. »

Il s’agit ici d’une déclaration d’intention qui doit être étayée par des arguments solides dans la mesure où les faits lui donnent tort, l’islam étant à l’évidence depuis des décennies la seule religion qui suscite des actes aussi odieux. Comment alors concilier la terrible violence dont le monde entier est témoin avec la revendication au titre de religion « d’amour et de paix » ?

  • « Ces groupuscules terroristes qui ont semé la terreur dans le monde ne sont que l’incarnation actuelle d’une idéologie ancestrale d’un groupe de dissidents qui ont combattu les compagnons du Prophète. Il s’agit des « khawarij » des temps modernes. »

La référence faite par le C.F.C.M. aux Khawarij ou Kharidjites, selon une orthographe plus habituelle en français, est particulièrement surprenante, voire stupéfiante, car elle fait partie des éléments de langage mêmes de l’État Islamique.

Les Kharidjites sont entrés en dissidence lors d’un conflit entre Ali et Mu’awiya au VIIème siècle en raison d’un arbitrage accepté par Ali dans le contexte de la bataille de Siffin (657). Les Kharidjites se sont désolidarisés du reste de la communauté musulmane et ont d’ailleurs fini par assassiner Ali, le 4ème calife.

Or l’État Islamique fait lui-même référence nommément aux Khawarij, qu’il considère être historiquement des « égarés », afin de condamner d’autres types de comportement au sein du monde musulman, notamment celui consistant à toujours reporter au lendemain la mise en œuvre de l’islam de Mahomet, c’est-à-dire une forme d’attente ou « irjâ ».

L’État Islamique écrit en effet un mois avant les attentats de novembre 2015 : « L’irjâ est une réaction à l’égarement des Khawârij. Les Mourji’a ont essayé de s’éloigner des Khawarij sans adopter la Sunna ; en faisant cela, ils ont inventé leur propre secte. (…) Les Mourji’a ripostèrent à l’innovation des Khawarij (…) par leur propre innovation. Ils prétendirent que l’abandon de toutes les obligations et la réalisation de tous les péchés n’affecte pas la foi même si quelqu’un abandonne totalement les piliers de l’islam.»

Il est donc pour le moins étonnant que le C.F.C.M. reprenne à son compte une référence utilisée explicitement par l’État Islamique, chose qu’il ne pouvait ignorer.

  • « Le Prophète n’a pas manqué dans une prophétie de décrire le profil de ces radicaux lorsqu’il dit : « Sortira à la fin du temps de jeunes gens, aux ambitions sottes, ils lisent le Coran et ne dépassera pas leur gosiers, ils disent la meilleure des paroles, ils sortiront de la religion comme la flèche sort de sa cible. » (Hadîth authentique Rapporté par Attirmidhî). »

Il s’agit effectivement du hadith authentique n°2188 d’at-Tirmidhi (livre 33, hadith 31). Sa formulation en français par le C.F.C.M. laisse quelque peu à désirer. Une traduction sans doute plus correcte et plus compréhensible du texte arabe est : « À la fin des temps viendra un peuple jeune, avec des esprits dérangés, récitant un Coran qui ne dépassera pas leurs gorges, prononçant des paroles [hadiths] de la meilleure des créatures [Mahomet], traversant la religion comme la flèche traverse sa cible. »

Or il est intéressant de remarquer que pour attaquer l’État Islamique, le C.F.C.M. a recours à un hadith faisant explicitement référence à la fin des temps : ce qui semble valider le contexte historique du combat de l’État Islamique et donc lui donner raison ! Ironie de la situation !

Mais surtout cette description peut s’appliquer à n’importe quel groupe de musulmans fanatisés ; c’est d’ailleurs une parole apocalyptique banale et prétendument visionnaire. Si le C.F.C.M. souhaite l’appliquer à l’État Islamique, encore faut-il qu’il démontre par de vrais arguments doctrinaux que tel est bien le cas.

  • « Si ces organisations ont malheureusement réussi parfois à embrigader et à recruter des jeunes de différents horizons pour servir leur projet chaotique, c’est parce qu’ils ont – entre autres – instrumentalisé des Textes religieux après leur avoir attribué une interprétation dévoyée. »

C’est une opinion respectable mais qui, là encore, doit être étayée par des exemples précis fondés sur les textes sacrés musulmans.

  • « Le contexte géopolitique bien difficile par lequel passe le Monde, la fragilité sociale et psychologique de certains jeunes et les nouveaux moyens de communication sont les fertilisants d’un terreau qui a donné vie à cette gangrène des temps modernes. »

Cette remarque sociologique banale n’explique pas la spécificité musulmane car de nombreux juifs, chrétiens, athées, etc. connaissent également de grandes difficultés personnelles sans pour autant aller abattre dans la rue les gens à coup de Kalachnikovs. Cette gangrène est bien une problématique spécifique de l’islam ; ce n’est pas un hasard, et il convient d’en comprendre les raisons profondes pour la combattre.

  • « Sur le plan Religieux, les Musulmans doivent assumer leur responsabilité : En effet, pour éviter ce genre de dérives, les Textes scripturaires doivent être appréhendés et expliqués par des Référents religieux connus et reconnus, doués de Science et de Sagesse. »

Le C.F.C.M. évoque ici la question cruciale de l’interprétation en islam. En effet, le Coran n’est pas aussi clair qu’il le prétend puisque, selon certains, il faut « interpréter » des textes dont la simplicité pourtant étonne ; et pour cela, il faut faire confiance à d’autres, aux « référents ». Or Personne ne songerait à interdire à un chrétien de lire les Évangiles, et au-delà de quelques nuances théologiques, tout chrétien peut se faire une bonne opinion, sans guère de contradictions, de ce que prêche le Christ pour la vie de tous les jours. Il en va en revanche tout autrement pour l’islam car le texte est parfois confus (ce que le Coran lui-même reconnaît cf. paragraphe suivant du prêche), les contradictions nombreuses et certaines (résolues seulement par le principe de l’abrogation).

  • «  Le Coran lui-même l’annonce : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à des interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets équivoques cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation dévoyée. Alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: «Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur !» Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. » Sourate 3 (Âli Ilrân), v. 7. »

Le C.F.C.M. tente d’appliquer ce verset bien connu à l’État Islamique : pour quelle raison ? En réalité, ce verset est très général et les textes cités en référence par l’État Islamique sont très loin de correspondre à des textes équivoques ou obscurs, bien au contraire. Il est d’ailleurs surprenant que, pour la défense de l’islam, le C.F.C.M. ait recours à un verset qui met précisément l’accent sur le caractère peu clair, parfois obscur, du Coran, qui est pourtant censé être un livre parfaitement clair et explicite (justifiant ainsi sa supériorité par rapport à la Torah ou aux Évangiles). En effet, le Coran dit :

Sourate 16, verset 89 : « (…) Nous avons fait descendre le Livre sur toi [ndlr Mahomet], comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu’un guide, une grâce et une annonce aux musulmans. »

Sourate 34, verset 3 : « (…) Rien n’existe de plus petit ni de plus grand, qui ne soit inscrit dans un Livre explicite. »

Sourate 37, verset 117 : « Et Nous leur avons donné le Livre parfaitement clair »

Sourate 43, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

Sourate 44, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

  • « Allah proclame aussi : « …Demandez donc aux érudits du Livre, si vous ne savez pas. » Sourate 21 (Al Anbiyâ’), v. 7. »

Pour qui a déjà lu les textes de l’État Islamique, on reste perplexe. Le niveau de l’analyse doctrinale de l’État Islamique dépasse a priori d’assez loin ce que peut produire l’islam de France : les références textuelles précises sont extrêmement nombreuses, les raisonnements doctrinaux étayés au regard de la pratique du Prophète, alors que la littérature musulmane disponible dans le commerce en France est généralement d’une pauvreté doctrinale affligeante. (Ce commentaire, focalisé sur la seule question de l’authenticité doctrinale, ne constitue bien entendu en aucune façon un cautionnement quelconque des faits et gestes de l’État Islamique)

  • « Ces organisations se basent assez souvent sur des récits parlant des signes avant-coureurs de la fin du monde pour esquisser un scénario futuriste dans lequel elles s’attribuent le rôle des sauveurs de l’Islam et de l’Humanité. Elles vivent ainsi dans un monde imaginaire parallèle qui convoite les esprits fragiles. Ces récits sont pour certains, classés comme faibles par les spécialistes des Sciences du Hadith. Pour d’autres, ces récits sont très loin de la réalité actuelle du Monde. »

Le C.F.C.M. fait preuve d’incohérence en recourant à l’argument tiré d’une prétendue folie eschatologique après avoir lui-même cité précédemment pour soutenir son argumentation le hadith d’at-Tirmidhi commençant par « sortira à la fin du temps… ».

Quant à l’affirmation que les hadiths mentionnés par l’État Islamique sont « faibles » en terme d’authenticité, c’est une affirmation gratuite qui n’est absolument pas démontrée. Or l’authenticité par exemple des hadiths, nombreux, de Bukhari et de Muslim cités par l’État Islamique ne fait guère de doute.

  • « Concernant la caractérisation de ces groupuscules, on ne peut qu’être interpellé par un récit qui, bien que sa chaîne de transmission soit faible, donne une description révélatrice de la réalité de ces imposteurs. Al Hâfidh Na’îm Ibnou Hammâd, un des maîtres d’Alboukhârî, rapporte que ´Alî Ibn Abî Tâlib dit : « Quand vous verrez des drapeaux noirs, ne bougez pas de votre place, ne déplacez pas vos mains ni vos pieds. Après, apparaîtra une communauté d’immatures, à qui on n’accorde aucune importance. Leurs cœurs sont comme des morceaux de métal. Ils se présentent comme les représentants de l’Etat. Ils n’acceptent ni discussion ni alliance. Ils appellent à la vérité, mais ne sont pas eux-mêmes des gens de vérité. Leurs prénoms sont des prénoms d’emprunt et leur noms se rapportent à des villages (ou des villes). Leurs cheveux sont longs et lâchés comme ceux des femmes. Ils sont proches les uns des autres, jusqu’au moment où naîtra des conflits internes parmi eux. Ensuite, Allah donnera la vérité à qui Il voudra ». »

Là encore, le C.F.C.M. est incohérent, puisqu’après avoir critiqué ce qui serait la faiblesse de l’État Islamique quant à la qualité des hadiths, il fait explicitement référence à un hadith dont il reconnaît lui-même qu’il est « faible », c’est-à-dire qu’il appartient à la catégorie la moins fiable des hadiths.

En outre, nul doute que le monde musulman a connu dans ses 1.400 ans d’histoire d’autres groupuscules musulmans de ce type. Quant à la référence introductive aux drapeaux noirs – le drapeau de l’État Islamique étant noir –, il faut rappeler que le Prophète lui-même en faisait usage comme en atteste sa biographie dans ce texte consacré à la bataille de Badr : « L’envoyé de Dieu confia le drapeau, qui était blanc, à Muç’ib ibn Abd ad-Dâr. Devant le Prophète flottaient deux bannières noires, l’une appelée l’Aigle, portée par Ali, et l’autre entre les mains des Ançar, portée par Sa’d ibn Mu’âdh. Les chameaux de l’armée du Prophète étaient au nombre de soixante-dix, trois hommes sur chaque chameau. »

  • « Les Savants (Ouléma) musulmans sont unanimes pour dire que le Jihad se décline en plusieurs catégories dont les plus notables sont : le Jihad contre soi-même à travers l’éducation, l’épuration de l’âme ; le Jihad par la pensée à travers l’effort intellectuel de manière à servirles intérêts de l’humanité ; le Jihad par l’écriture, à travers la publication d’ouvrages utiles, la réalisation d’articles éclairants et contrant les fausses accusations à l’encontre de l’Islam et des musulmans ; le Jihad par l’argent, à travers la dépense généreuse en faveur du bien et la contribution au développement socio-économique. L’Islam n’autorise le Jihad par les armes qu’en cas d’extrême nécessité, en cas de légitime défense lorsque les musulmans sont attaqués par leurs ennemis et que toutes les voies pacifiques échouent.  »

Cette thèse est une reprise dans l’article 9 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui indique : « Contrairement à une idée répandue, le mot « Jihâd » signifie notamment la lutte et l’effort sur soi-même, en accomplissant le bien. Cette action a surtout une dimension spirituelle, consistant à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. Dans le Coran, ce mot est employé sous ses différentes formes à 33 reprises. »

Cette assertion, répétée à satiété dans les médias (ce qui fait d’ailleurs à s’y tenir qu’on ne peut plus comprendre les racines violentes de l’islam), s’accorde très mal avec l’histoire de Mahomet. La lecture de la Sîra montre clairement que le jihad correspond à un tournant dénué d’ambiguïté dans la prédication de Mahomet, tournant nécessaire à l’extension de la zone d’influence musulmane, et ceci dans un contexte très différent de celui de la légitime défense et d’une recherche de spiritualité intérieure : plusieurs centaines de pages décrivent les batailles, razzias, exécutions, etc. Naturellement, ces éléments ont été transcrits et se retrouvent dans les versets du Coran. Nier cette réalité qui ressort clairement de la biographie du Prophète revient à rendre incompréhensibles toute l’action de Mahomet et une bonne partie des versets du Coran.

La notion de jihad intérieur semble en réalité être apparue bien après la mort de Mahomet et la vague expansionniste musulmane des VIIème et VIIIème siècles en Europe et au Moyen Orient (qui n’avait pas grand-chose de défensif) : dans un empire musulman dont les frontières avaient commencé à se stabiliser, le développement de l’islam, qui s’exprimait auparavant essentiellement par les armes, s’est poursuivi au travers de l’exploration de voies de recherche plus spirituelles, sans pour autant rendre caduque la voie guerrière. Il fallait, d’une certaine façon, « digérer » les conquêtes. Ainsi, petit à petit, cette notion d’intériorité s’est développée, principalement avec un grand théologien et philosophe, Ibn Qâyyim al-Jawziyyah, qui a vécu dans la première moitié du XIVème siècle et qui a conceptualisé différents types de jihad personnel ou intérieur.

  • « l’Islam accorde une place considérable à la sacralité de la vie : Les Versets coraniques et les Hâdîth authentiques sont sans équivoque quant au bannissement de tout acte qui attente à la vie des innocents. Allah dit : « …quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. » Sourate 5 (Al Mâidah), v. 32. »

Le C.F.C.M. ment par omission en omettant volontairement les très nombreux versets appelant à la guerre contre les non-musulmans. Or ils sont vraiment nombreux ! En voici quelques-uns à titre d’exemple, tout à fait explicites :

Sourate 4, verset 91 : « Vous en trouverez d’autres [ndlr incrédules], qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance des leurs. Toutes les fois qu’on les pousse vers l’idolâtrie, ils y retombent en masse. S’ils ne se tiennent pas à l’écart de vous, ne se rendent pas à votre merci et ne déposent pas les armes, alors saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Sur ceux-là, Nous vous donnons tout pouvoir. »

Sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Sourate 8, verset 39 : « Combattez-les [les incrédules] jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. (…) »

Sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés. »

Sourate 47, verset 35 : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix quand vous êtes les plus forts. Allah est avec vous : Il ne vous privera pas du mérite de vos œuvres. »

Il serait facile de continuer. Quant au verset 32 de la sourate 5 cité par le C.F.CM., il s’agit de la conclusion de la reprise (par les versets précédents 25 à 31) de la Torah (Genèse 4) avec l’histoire de deux fils d’Adam, Caïn et Abel, et le meurtre d’Abel par Caïn, premier meurtre de l’histoire du monde. Dans la Torah, Yahvé établit ensuite une protection à l’égard de Caïn afin qu’il ne soit pas puni par le reste de l’humanité (le premier venu) pour cette faute personnelle, ce qui était une façon de rompre le cycle de la violence personnelle déclenché par Caïn et sans doute aussi de dire à l’humanité qu’il ne fallait plus tuer.

Genèse 4, 13 à 15 : « Alors Caïn dit à Yahvé : « Ma peine est trop lourde à porter. Vois ! Tu me bannis aujourd’hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera ! » Yahvé lui répondit : « Aussi bien, si quelqu’un tue Caïn, on le vengera sept fois » et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point. »

On comprend mieux alors la version complétée du verset 32 de la sourate 5, et pourquoi le Coran mentionne dans ce verset de façon un peu inattendue les enfants d’Israël seulement et non tous les hommes, les musulmans ne descendant pas d’Israël (initialement Jacob, seul enfant légitime) mais d’Ismaël. La descente de ce verset s’applique aux temps bibliques, avant Mahomet :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes (…) »

Le Coran ne fait que reprendre un principe du judaïsme énoncé dans le Talmud de Babylone (Sanhédrin 37a) : « Celui qui sauve une vie sauve un monde entier ». En effet, pour les juifs, ce n’est pas seulement la vie de celui qui est tué qui est prise mais aussi celui de toute sa descendance (« un monde entier »), car dans la mentalité juive, un homme n’est pas complet s’il ne se marie et a des enfants conformément au commandement de Yahvé (Genèse 1, 28) :  « Dieu les bénit et leur dit : «  Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la (…) » » .

Enfin, si l’on veut être complet jusqu’au bout, il faut inclure la dernière phrase de ce verset, systématiquement omis, et dont le sens paraît pourtant tout à fait fondamental :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos messagers sont venus à eux avec les preuves mais, par la suite, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la terre. »

En effet, par la dernière phrase : « par la suite [c’est-à-dire après la révélation divine], les hommes se sont [re]mis à commettre des excès sur la terre », le verset constate que les hommes n’ont pas respecté le commandement de Yahvé. C’est la raison pour laquelle la patience de Dieu semble avoir atteint ses limites, ce qui se traduit dans les versets suivants au temps de Mahomet :

Sourate 5, versets 33 & 34 : « La rétribution de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez qu’alors, Allah pardonne et est miséricordieux. »

En d’autres termes, les hommes étant retombés dans le péché en allant à l’encontre des commandements de Dieu, que ce soit par la guerre contre le messager d’Allah, Mahomet, ou par le fait de prêcher autre chose que la religion du Dieu unique, leur récompense est d’être « tués, crucifiés ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays ».

Il est regrettable que les explications simples fournies ci-dessus soient systématiquement occultées par les représentants de l’islam de France car elle permettraient à tous de beaucoup mieux comprendre la véritable portée de ce verset, tout à fait limitée et historique, et l’absence en réalité de contradiction entre ce verset et le jihad guerrier offensif déclenché pour la suite des temps par Mahomet.

  • « Il ne suffit pas à une personne de se proclamer « moudjahid » pour qu’elle le soit. Il ne suffit-il à un groupuscule de se déclarer « état islamique » pour qu’il le soit. »

Enfin, le C.F.C.M. conclut encore de façon assez incohérente puisqu’après avoir rejeté toute responsabilité en matière de violence au nom de l’islam, il rend honneur à la notion de « moudjahid », c’est-à-dire « combattant [armé] », en restreignant dans son propos cet honneur à une élite.

  • « Appel Solennel : – Nous, Musulmans de France, réaffirmons notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme qui sont la négation même des valeurs de paix et de fraternité que porte l’Islam. – Nous, Musulmans de France, sommes des citoyens français à part entière, faisant partie intégrante de la Nation, et solidaires de l’ensemble de la communauté nationale. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre attachement indéfectible au pacte républicain qui nous unis tous. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre adhésion totale aux valeurs de la République. Les Musulmans de France élèvent leurs Prières vers Dieu, le Très Clément et le Très Miséricordieux, pour qu’Il préserve et qu’Il bénisse la France ! Les Musulmans de France formulent tous leurs Vœux de Paix, de Sécurité et de Prospérité pour leur Patrie, la France. AMINE. »

Ce prêche se termine donc sans aucun mot pour les victimes et leurs proches.

En revanche, il se conclut par une déclaration politique qui, entre autres, insiste sur le fait que « les musulmans de France sont des citoyens à part entière », sujet qui n’a a priori aucun rapport avec les attentats (personne ne dénie aux Français qui violent, tuent, etc. le fait qu’ils soient à la base des citoyens Français). Il s’agit donc en réalité d’un prêche politique qui utilise les attentats comme vecteur de communication pour marteler de nouveau en filigrane le message que les musulmans de France seraient stigmatisés du fait de leur confession religieuse.

Si des chrétiens extrémistes avaient perpétré les mêmes attentats au nom du christianisme, nul doute que le message du pape et sa repentance au nom de tous les chrétiens (quand bien même il n’en serait aucunement responsable) auraient été bien différents.

Mein Kampf et le Coran : même combat ?

À l’heure (janvier 2016) où Mein Kampf vient de tomber dans le domaine public et où les éditions Fayard s’apprête à éditer une nouvelle traduction critique commentée, la première depuis celle de 1934, les débats vont bon train dans les médias pour savoir si cela est une bonne idée et si cela ne devrait pas être empêché, voire interdit. Pourtant, il ne fait aucun doute que l’intérêt historique de cet ouvrage pour la compréhension du phénomène nazi et de l’évolution de sa doctrine est évident.

Il ne fait également aucun doute que la teneur antisémite profonde de cet ouvrage est tout à fait détestable et qu’il ne s’agit donc ici pour les personnes impliquées dans ce projet que de faire œuvre d’historiens et non, en quelque façon que ce soit, de propagandiste.

  • Les appels aux meurtres dans le Coran

Mais il est très curieux que tous les beaux esprits qui s’effraient aujourd’hui de la réédition de cet ouvrage n’élargissent pas le débat à d’autres ouvrages qui appellent à la haine, au premier rang desquels figure le Coran, et les hadiths de Mahomet : ces ouvrages vont d’ailleurs beaucoup plus loin en appelant ouvertement à la violence et au meurtre (de non-musulmans), de façon parfaitement explicite et indiscutable. Il est trop long dans le cadre de cet article de mentionner tous les passages qui appellent à la violence ou aux meurtres des non-musulmans, tellement ils sont nombreux. En voici quelques-uns relatifs au meurtre (en mettant même de côté le cas des apostats qui méritent bien entendu la mort cf. apostasie en islam) :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les [ndlr les incrédules], où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés [1]. (…)» 

[1] Mahomet a décidé de quitter La Mecque : il n’a pas été chassé. Avec les persécutions à La Mecque (cf. persécution), c’est un mythe fondateur et fondamental de l’islam sur lequel repose toute la théorie de la légitime défense pour excuser le jihad.

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

Coran, sourate 9, verset 111 : « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) »

Hadith (Bukhari 2925) : Mahomet a dit : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : Ô adorateur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

Ainsi, le Coran et la Tradition musulmane ne choquent pas les beaux esprits parisiens alors qu’il y a plusieurs millions de musulmans en France qui reconnaissent tout à fait ces textes comme leurs et que des attentats ont lieu en France avec des dizaines de morts au nom de cette religion ! Interdire Mein Kampf et autoriser le Coran : n’y aurait-il pas deux poids, deux mesures ?

  • De la dictature de la bien-pensance

D’abord, nous touchons là certainement à la stupidité des lois et des raisonnements dont l’objectif est de bâillonner la liberté d’expression. Non pas que toutes les opinions soient défendables ou respectables, mais comme l’a rappelé avec grande intelligence l’avocat Marc Bonnant, la liberté d’expression n’a pas de limite, elle doit pouvoir aller jusqu’à l’abject car « les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit. » (cf. Bonnant)

Mais surtout, cette démarche intellectuelle se comprend tout à fait lorsque l’on se rappelle que le socialisme a toujours prétendu (comme le national-socialisme et le fascisme qui en sont issus) savoir ce qui est bon pour le peuple, quitte à le lui imposer même s’il n’est pas d’accord. Dans ce contexte, l’anéantissement la pensée individuelle petite-bourgeoise mais libre a toujours été une obsession de la dictature de la pensée de gauche. Ce n’est pas un hasard si le socialisme a un lien naturel avec la dictature.

En effet, souvenons-nous que « le socialisme est une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers au moyen d’une organisation concertée » (Le Petit Robert). Mais qui définit l’intérêt général ? Que se passe-t-il quand une classe politique investie par le peuple le trahit outrageusement, sans aucun respect, et va contre sa volonté, en refusant en outre de le consulter même lorsqu’il s’agit de la remise en cause de ses racines profondes et historiques ?

Dans le contexte de la réédition de Mein Kampf, un bon exemple est donné par l’intervention d’Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche, sur le plateau d’Arrêt sur Images le 17 décembre 2015. Ce représentant emblématique de la bien-pensance totalitaire justifie in fine, après avoir tourné autour du pot et s’être défendu d’être démangé par la tentation de la censure (pieux mensonge immédiatement avoué…), la nécessité de ré-interroger l’intérêt d’une censure qu’il souhaiterait en réalité voir s’appliquer à cette réédition.

Et quel est l’argument ? Le peuple vote mal ! En effet, Alexis Corbière semble effrayé par la masse des électeurs ayant voté pour le Front National ou Debout la France ! aux élections régionales de 2015 : magnifique aveu que l’on pourrait résumer ainsi : « Amis, vous votez mal : il faut donc que nous chargions de la sainte tâche de redresser votre conscience » !

Mein Kampf et la censure 151217

Mein Kampf et la censure 151217 1      Mein Kampf et la censure 151217 2

Verbatim : « Il doit y avoir un point de vue civique : où est l’intérêt général ? où est l’intérêt général ? Je le dis : moi, je suis pour que les historiens puissent travailler mais il est autre de chose qui est de considérer, dans la période qui vient, avec les résultats des dernières élections régionales, je le dis clairement : est-ce qu’il est neutre aujourd’hui qu’on dise : ah ben oui cela doit circuler ? Des ouvrages dans lesquels il y a des formulations d’une xénophobie et d’un antisémitisme violent et toujours actuel hélas. »

  • Conclusion

Et après on voudrait que les Français, dont on se moque sans vergogne à tour de bras, auxquels on prétend dicter ce qu’ils doivent penser, aient encore de la considération pour leur classe politique et journalistique ?

La loi du Talion remise à l’ordre du jour : l’un des bienfaits de l’islam

Alors que la loi du talion avait été heureusement abandonnée par le christianisme, l’islam est venu remettre en vigueur cette loi juive, immense régression mais qui ne fait que traduire une soumission aveugle à Dieu, preuve « d’intelligence ».

Coran, sourate 2, verset 179 : « Il y a pour vous une vie dans le talion ! Ô vous les hommes doués d’intelligence. »

Coran, Sourate 16, verset 126 : « Et si vous punissez, infligez à l’agresseur une punition égale au tort qu’il vous a fait. (…) »

Coran, sourate 5, verset 45 : « Et Nous y avons prescrit pour eux vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation. Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes. »

La jurisprudence malikite (suivie par les musulmans maghrébins, y compris ceux vivant en France) indique : « Mâlik a dit : « Ce que j’ai entendu de mieux au sujet de l’explication de ce verset : « L’homme libre pour l’homme libre, l’esclave pour l’esclave » (Coran, sourate 2, verset 178), tels en sont les mâles, et « la femme libre pour la femme libre », c’est que l’application de la loi du talion est la même, aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Ainsi, on tue une femme libre pour une femme libre, tout comme on tue l’homme libre pour un homme libre, encore on tue l’esclave mâle ou femelle pour un esclave mâle ou femelle. Donc la loi du talion est appliquée de la même façon aussi bien aux femmes qu’aux hommes, conformément aux paroles de Dieu béni et très haut dans son livre : « Nous leur avons prescrit, dans la Torah : vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures tombent sous la loi du talion. » (Coran, sourate 5, verset 45) Ainsi, Dieu béni et très haut avait mentionné que la vie est pour la vie, signifiant là que la femme libre peut être tuée par un homme libre, et ses blessures sont comme les siennes, soumises à la loi du Talion. » »

Dans « l’Éthique du musulman », Mohammad al-Ghazali écrit : « La miséricorde n’est pas une affection aveugle sans entendement, ni une pitié qui ignore la justice et l’ordre. Non. C’est un sentiment qui respect tous ces droits. Le spectacle du supplicié avec son corps suspendu dans l’air et ses yeux grands ouverts qui recherchent la lumière et demandent secours est un spectacle qui inspire la pitié. Pourtant, si l’on exauce ce sentiment éclair et qu’on libère le tueur, la terre sera remplie de désordre. C’est dire que la vraie miséricorde consiste ici à réprimer ce sentiment : « Il y a pour vous, une vie, dans le talion. Ô vous, les hommes doués d’intelligence ! Peut-être craindrez-vous Dieu ! » (sourate 2, verset 179) »

Jacqueline Chabbi précise concernant les racines culturelles du talion : « La vengeance traditionnelle suivait la loi du talion et était transmissible en héritage. Elle est reconnue par le Coran à travers le qisâs, le droit de « retrancher à égalité ». Il s’agit de faire subir au groupe de parenté dont l’un des membres s’est rendu coupable d’un crime ou d’une agression un dommage équivalent à celui qu’il a causé, à moins qu’un accord de compensation n’intervienne entre les groupes concernés (C2/178). »

L’État islamique explique ses méthodes violentes par l’application de la loi du Talion. Contrairement à ce que disent les politiques et la quasi-totalité des islamologues auto-proclamés qui veulent diaboliser l’État islamique pour mieux protéger l’islam dit « modéré », il ne s’agit pas d’une violence aveugle, barbare et inexplicable, mais d’une violence tirée directement de la loi du talion remise au goût du jour par le Coran de tous les musulmans (ex. le pilote jordanien brûlé vif en représailles des bombes larguées et qui ont incendié des quartiers avec des dégâts collatéraux sur les populations ou les combattants). Bien évidemment, les doctes peuvent argumenter longtemps sur les conditions de mise en œuvre de cette violence et celle-ci peut s’exercer avec excès, poussée par l’ampleur toute particulière donnée par les moyens modernes de communication. Mais fondamentalement, il s’agit pour l’État islamique de faire revivre l’islam de Mahomet, qui n’a guère hésité par exemple à massacrer les juifs en les égorgeant.

Le tabou de la fornication

La sexualité hors mariage est totalement prohibée dans la culture musulmane. Hommes et femmes doivent donc arriver vierges au mariage, d’où l’importance de la question de la virginité des filles pour les musulmans, beaucoup plus facile à contrôler naturellement que celle des hommes.

Malek Chebel indique : « L’islam interdit scrupuleusement aux hommes et aux femmes de se livrer à une vie sexuelle hors mariage (appelé fû’cha, « débauche »), de recourir à la prostitution ou au concubinage. Or, pour préserver la « chasteté » de l’époux, il n’est plus qu’une seule alternative, celle qui consiste à épouser une jeune femme, au lieu de rechercher le sexe pour lui-même en dehors de son foyer. »

Moncef Zenati confirme dans cette vidéo consacrée aux relations sexuelles hors mariage des jeunes (le « copinage ») cet interdit absolu en islam, et en détaille les raisons :

Havre de savoir Copinage

Havre de savoir Copinage Extrait

Moncef Zenati laisse notamment entendre que la fornication ne peut en aucun être même tolérée car celle-ci n’est que très exceptionnellement le prélude à un mariage. En outre, ces relations sont destructrices de la cellule familiale puisqu’elles permettent les comparaisons et introduisent donc l’idée qu’un meilleur sort ou avenir est possible.

Moncef Zenati reprend l’idée classique selon laquelle « Naturellement l’homme est plus réceptif au désir charnel ». Cette idée présentée comme une constatation  objective est détestable à plusieurs titres :

–  par la sous-estimation de la force et de la valeur de la sexualité féminine, qui peut s’exprimer de façon sensiblement moins extravertie que dans le cas de l’homme (mais est en réalité tout aussi intense et riche), ce qui conduit rapidement à assimiler toute femme ayant une sexualité un peu trop présente ou ressentie comme « visible » à une prostituée (le terme n’est bien entendu pas employé mais il est clairement dans l’esprit du discours) ;

–  par une forme de négation implicite de l’importance de la sexualité féminine, celle-ci étant vue comme essentiellement liée à l’outil de reproduction que la femme représente et non comme un mode d’épanouissement personnel, dans la droite ligne d’une vision qui relègue la femme au simple rôle de mère de famille ;

–  et surtout par la conséquence odieuse qui en est tirée, consistant à rendre d’une certaine façon la femme directement responsable du désœuvrement sexuel de la société, car c’est à elle qu’échoit la responsabilité de maîtriser les assauts des mâles en rut. C’est elle « qui a la clef pour dire non » : si elle n’ose pas refuser fermement (tout le monde n’a pas la force de caractère pour résister à un assaut vigoureux et répété), c’est donc qu’elle dit « oui » ou même qu’elle incite à avoir des relations sexuelles. Comme le souligne Moncef Zenati : le Coran fait porter la responsabilité de la débauche d’abord sur la fornicatrice.

Cette vision musulmane déplorable de la sexualité contribue puissamment à l’asservissement des femmes, maintenues dans un rôle où la personnalité s’efface derrière la fonction, celle de génitrice, et offre une bonne occasion aux hommes de se déresponsabiliser (« l’homme est aussi responsable, sauf que… ») et de rendre excusable le viol de toutes celles qui apparaîtront comme des femmes aux mœurs trop légères, et donc à des prostituées.

Enfin, ce prêche continue à valoriser le rôle inacceptable de nos jours de la famille de la jeune femme, particulièrement les parents, qui doivent implicitement autoriser le mariage, mais aussi des frères qui ont un droit de regard invraisemblable sur le comportement et les relations de leurs sœurs. Ces comportements semblent encore malheureusement extrêmement ancrés dans la culture musulmane qui, de ce point de vue, constitue une régression évidente et insupportable au regard des droits acquis par les femmes dans les sociétés occidentales.

Pire, ce tabou dépasse même la véritable sexualité et va jusqu’à inclure le simple toucher corporel, y compris a priori le simple fait de serrer la main d’une femme (dès lors qu’elle pourrait être licite en tant qu’épouse, c’est-à-dire qu’elle n’est pas mahram). Bref, on se demande si la femme, ce n’est pas Satan.

Havre de savoir Toucher une femmeHavre de savoir Toucher une femme

Cet interdit général qui jette l’opprobre sur toute forme, même bénigne, de contact corporel entraîne à coup sûr une frustration intense chez les hommes musulmans, en particulier les jeunes. Il ne faut donc pas s’étonner ensuite que cette rigidité morale extrême puisse conduire à certains débordements jugés ainsi compréhensibles, excusables (femmes habillées de façon trop suggestive et pourchassées dans les rues, viols – parfois collectifs –), dans les pays musulmans (comme certains faits divers ou enquêtes en témoignent) mais maintenant aussi parfois en France aujourd’hui.

En effet, peut-on négliger dans la perception ou le comportement de certains jeunes musulmans vis-à-vis de jeunes femmes non-musulmanes occidentales, en particulier chrétiennes et blanches, le poids du Coran qui accorde par exemple des droits exorbitants au musulman sur les femmes non-musulmanes à l’occasion des conquêtes, femmes qui deviennent esclaves une fois capturées ? Il est facile de trouver de tels exemples dans la Sira, jusqu’à Mahomet lui-même qui a donné l’exemple. C’est d’ailleurs dans doute la raison pour laquelle les hommes de l’État islamique ne se privent pas de violer religieusement les femmes non-musulmanes de tous bords qu’ils capturent. Ils exercent les droits que leur confère le Coran qui rend ces femmes « licites » (moubah).

La menace musulmane : ce que disait Alain Finkielkraut déjà en 2012

Face aux appels au meurtre de ceux qui critiquent l’islam de façon trop virulente, face à leur assassinat parfois, face à la peur et à la menace que fait peser l’islam sur la création littéraire, Alain Finkielkraut s’interrogeait déjà en 2012 sur le silence des musulmans, silence qui ferait l’objet d’intenses reproches s’il s’agissait d’une menace chrétienne ou juive.

Havre de savoir Peur de l'islamHavre de savoir Peur de l’islam Rushdie

Mort aux juifs !

Que dirait-on en France si des juifs ou des chrétiens lançaient dans la rue des « mort aux musulmans » vigoureux ? Dirait-on qu’ils « expriment leur frustration » ou leur « malaise » de façon légitime ? La bienveillance judiciaire qui s’applique dans ce cas ne tranche-t-elle pas avec la rigueur impitoyable qui s’abat habituellement en France sur la simple critique du fait religieux musulman, les grands médias de radio et de télévision étant particulièrement surveillés ?

Havre de savoir Peur de l'islam Mort aux juifsHavre de savoir Peur de l’islam Juifs

Apprendre aux enfants à égorger

L’égorgement paraît être une partie intégrante de la culture musulmane comme en témoignage cette fête filmée par de nombreuses mamans musulmanes, fières de leur progéniture.

Enfant EgorgementApprendre a egorger

Les enfants ont-ils vraiment besoin d’être vaccinés à la violence, banalisée, par l’égorgement simulé, mais avec ô combien de réalisme (avec le sang versé représenté par un liquide rouge), d’un agneau, dans une ambiance festive désinhibante ? N’est-ce pas clairement une façon d’intégrer profondément la violence dans la culture des petits musulmans et musulmanes ?

Aujourd’hui, c’est un agneau. Mais demain ? L’enfant ne risque-t-il pas de passer avec indifférence à un « mauvais musulman » (ex. apostat), à un juif, à un chrétien, un yézidi, à un homosexuel, etc., bref à tous les « ennemis de l’islam » ? La différence psychologique est-elle si grande que cela, puisqu’il s’agit dans tous les cas de rendre grâce à Dieu par un rite sacrificiel venu des temps les plus reculés ? Qui égorge une grenouille égorge un bœuf ?

Decapitation EnfantDecapitation par un enfant

Mahomet a égorgé plusieurs centaines de juifs Banû Quraydha (cf. article Banû Quraydha), après avoir fait creuser un fossé exprès à Médine pour jeter leurs corps. Peut-on précéder de la sorte sans que cette épouvantable violence ait jamais été instillée par l’éducation ?

Religion « d’amour et de paix » & Violence : quelques faits

Comment une religion « d’amour et de paix » peut-elle susciter autant de ces actes ?

  • Août  2015 : attentat déjoué d’Ayoub el-Khazzani dans le TGV (cf. article Hani Ramadan)
  • Juin 2015 : attentat en Isère commis par Yassin Salhi (un mort décapité)
  • Juin 2015 : 38 touristes européens tués en Tunisie (Sousse)
  • Février 2015 : exécution de 21 coptes en Libye : message de l’État Islamique à l’attention du monde chrétien (cf article Libye).
  • Janvier 2015 : de nombreuses églises incendiées au Niger dans le cadre des manifestations anti-Charlie Hebdo, preuve d’une absence totale de réflexion de la part des groupes musulmans concernés puisque les chrétiens ne sont pour rien dans cette affaire (violence aveugle dont on voit malheureusement qu’elle se réactive rapidement contre les ennemis jugés « naturels » de l’islam ), les journalistes de Charlie Hebdo vomissant toute forme de religion, qu’il s’agisse de l’islam, du judaïsme ou du christianisme.
  • 8 janvier 2015 : attentat contre le journal Charlie Hebdo (12 morts), meurtre d’une femme policier et de quatre personnes juives.
  • Décembre 2014 : Condamnation à mort pour apostasie de Mohamed Cheikh Ould Mohamed en Mauritanie
  • 4 novembre 2014 : un couple de jeunes chrétiens pakistanais, accusés de blasphème contre le Coran, a été battu à mort puis leurs corps ont été brûlés dans le four à briques où ils travaillaient.
  • Octobre 2014 : la Haute Cour de Lahore (Pakistan) confirme la condamnation à mort d’Asia Bibi, chrétienne et mère de 5 enfants, prononcée en 2010 suite à l’accusation blasphème à l’égard de Mahomet portée contre elle par des femmes musulmanes de son village ; il ne lui reste plus aujourd’hui comme recours que la Cour Suprême du Pakistan.
  • Octobre 2014 : double attentat au Canada
  • Septembre 2014 : 800 policiers sont mis à contribution à Sydney et Brisbane en Australie pour arrêter une quinzaine d’islamistes qui projetaient de perpétrer des meurtres spectaculaires sur des civils.
  • Été 2014 : Mise en place de patrouilles islamiques à Wuppertal en Allemagne (interdites rapidement par les autorités allemandes).
  • Mai 2014 : tuerie au Musée juif de Belgique (4 morts)
  • Leila Hatami, comédienne iranienne et membre du jury du 67ème Festival de Cannes, rappelée à la bienséance par les autorités islamiques d’Iran pour avoir fait la bise à Gilles Jacob (cf. article Contact avec les hommes).
  • Raif Badawi, fondateur d’un site internet de discussion sur la religion, en prison depuis 2012 en Arabie Saoudite pour « la production, la préparation, la diffusion et le stockage de contenus qui sapent l’ordre public, les valeurs religieuses, la décence publique et l’intimité. » Il a été condamné en septembre 2014 à 10 ans en prison, 1.000 coups de fouet (par tranche de 50 tous les vendredis), en plus d’une interdiction de quitter le pays pendant 10 ans après la fin de sa peine ;
  • Meria Yahia Ibrahim, de père musulman et de mère chrétienne, élevée dans la religion chrétienne depuis l’âge de 5 ans, condamnée à mort pour apostasie au Soudan, mais libérée sous la pression internationale en juillet 2014 ;
  • 2014 : création de l’État Islamique d’Irak avec son cortège d’atrocités (comme la conversion forcée ou la mort pour les non-musulmans, notamment des dizaines de milliers de chrétiens et yézidis, entraînant la fuite et la spoliation de leurs biens sur une terre occupée bien avant la naissance de l’islam) ;
  • 2013 (août) : destruction partielle ou totale d’une soixantaine d’Églises coptes en Égypte (pratique de destruction sporadique dans ce pays depuis des décennies) ;
  • La revendication du jihad par le Hezbollah au Liban, le Hamas en Palestine, Al Qaida, les Talibans en Afghanistan, le Groupe islamique armé en Algérie (devenu AQMI, Al Qaida au Maghreb islamique depuis 2007) ;
  • La pratique des crimes d’honneur (notamment en Syrie, Turquie, Pakistan, Bangladesh, Jordanie), très rarement condamnée par les musulmans. Ainsi, Farzana Parveen, jeune pakistanaise musulmane de 25 ans enceinte, battue à mort à coups de brique le 27 mai 2014 à l’entrée du tribunal de Lahore par une trentaine de membres de sa famille décidés à venger leur honneur, celle-ci ayant décidé d’épouser un homme contre l’avis de sa famille.
  • Depuis 2012 : les multiples méfaits du mouvement islamiste Boko Haram au Nigéria, comme l’enlèvement de deux cents jeunes filles majoritairement chrétiennes destinées à être converties, mariées de force ou réduites en esclavage ;
  • 2012 : Mohammed Merah, français d’origine algérienne, tue 7 personnes dont 3 enfants ;
  • 2012 jusqu’à aujourd’hui : recrutement et endoctrinement de jeunes européens (plusieurs centaines), dont beaucoup de Belges et de Français, pour aller faire le jihad en Syrie ;
  • 2005/2006 puis 2013 : affaire des caricatures danoises reprises dans Charlie Hebdo ; manifestations et émeutes dans de nombreux pays à travers le monde (ex. incendie de l’ambassade danoise de Beyrouth et invasion du quartier chrétien de Beyrouth par des foules en colère) ;
  • 2012 : Manifestations violentes suite à la diffusion de la bande-annonce du film « l’innocence des musulmans » ;
  • 2005 : attentats islamistes de Londres : 56 morts ;
  • 2004 : assassinat de Theo Van Gogh (criblé de balles puis égorgé) par un jeune musulman hollandais d’origine marocaine, peu de temps après la sortie d’un court-métrage dénonçant la soumission des femmes dans l’islam ;
  • 2004 : attentats islamistes en Espagne : 191 morts, 1.800 blessés ;
  • 2002 : prise d’otage à Moscou par un commando tchétchène (mort de 67 otages) ;
  • 2002 : Amina Lawal, mère de famille de 31 ans, condamnée au nom de la chari’a (remise en vigueur en 2000 au Nigéria) à la mort par lapidation par un tribunal islamique du Nigéria pour avoir eu un enfant plus de 9 mois après son divorce, donc hors mariage (sous la pression internationale, la condamnation fut toutefois annulée en septembre 2003).
  • 2001 : 16 chrétiens tués à Bahawalpur (Pakistan) dans l’église Saint-Dominique pendant l’office par plusieurs hommes armés ;
  • 2001 : destruction des Bouddhas de Bamiyan par les Talibans en Afghanistan, la chari’a étant appliquée avec ses multiples atteintes aux droits de l’homme et son impact sur la condition de la femme ;
  • 2001 : attentats du 11 septembre (2.970 morts) provoqués par des terroristes islamistes principalement originaires d’Arabie Saoudite ;
  • Années 2000 : le groupe islamiste Shabab terrorise la Somalie (toujours d’actualité) ;
  • 1997 : mort d’une soixante de touristes à Louxor ;
  • 1996 : assassinat de 7 moines de Tibhérine ;
  • 1995 : attentats de Paris