La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (4) La violence est intrinsèque à l’homme

  • Problématique

La violence des fondements de l’islam étant incontournable, Mahomet en ayant fait un usage fréquent – voire systématique – pour se débarrasser de ses ennemis, les islamologues s’épuisent à tenter de la justifier afin de résoudre la contradiction soulevée avec la prétention de l’islam à être une religion d’amour et de paix. Les arguments tombant les uns après les autres, vient alors celui, pseudo-psychanalytique, du caractère inéluctable de la violence en toute chose humaine.

  • Argument : la violence est innée à la chose humaine

Ainsi, selon un islamologue présent sur le plateau de France 2 : « Toute fondation passe par la violence » ; « La violence au fondement, elle est là, elle est présente » ; « La violence au fondement, elle existe toujours ».

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Il est assez étonnant de voir cet islamologue ne faire aucune distinction entre le politique et le religieux dans son analyse : cela étant, Mahomet ayant fait de la politique en s’appuyant sur un prétexte religieux, on comprend mieux pourquoi. En politique internationale, s’agissant le plus souvent de lutte de pouvoirs à des fins de domination, la violence est effectivement souvent de mise. Mais pourquoi considérer qu’il en est de même avec la religion ?

Quant au propos : « Il faut distinguer entre l’islam et les musulmans. Ce sont deux ordres de réalité très différents. », il est absolument stupéfiant. En gros : l’islam est une religion d’amour et de paix et n’est pas responsable de tous les actes de violence que les musulmans commettent en son nom, alors même qu’ils revendiquent eux-mêmes mettre en application les textes sacrés de l’islam !

  • Argument : au regard de la violence religieuse, l’islam n’est pas un cas particulier

Laissons déjà de côté le bouddhisme, religion dont la doctrine pacifique par excellence fait déjà mentir ceux qui prétendent que la violence serait consubstantielle à la religion, et concentrons-nous sur les deux autres religions monothéistes.

Au-delà du caractère conjoncturel de la violence (« La violence est toujours conjoncturelle et relationnelle »), ce qui ne veut pas dire grand-chose, l’intervenant affirme : « Il n’y a pas de spécificité islamique en matière de violence ou de toute autre chose. Cette violence est contenue également dans les textes fondateurs du judaïsme comme du christianisme. »

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S’il y a une violence dans l’Ancien Testament liée aux fondements du judaïsme, il s’agit soit d’une violence historique, soit d’une violence symbolique. Depuis 2000 ans, on n’a guère vu de juifs faire la guerre à d’autres peuples en brandissant la Torah ! Alors que le terrorisme musulman se déploie encore aujourd’hui au nom d’« Allah Akbar ».

Quant au propos sur le christianisme, c’est tout simplement un MENSONGE. Les fondements du christianisme ne contiennent aucune violence, bien au contraire : le Christ n’a jamais édifié une armée ; il a refusé qu’on le défende ; il s’est laissé crucifier. Jamais aucune violence n’est prônée sur terre et la violence de certaines paraboles figurant l’au-delà ou le jugement dernier est purement symbolique. Que les chrétiens se soient ensuite dans le cours de l’histoire éloignés de la doctrine pacifique du Christ jusqu’à parfois faire le contraire est une déviance politique qui n’a aucune justification dans les Évangiles.

Il faut donc le marteler : il y a bien une spécificité musulmane dans le rapport à la violence, violence qui s’étale dans une multitude de versets du Coran, de hadiths et de passages de la biographie de Mahomet. La violence et le terrorisme musulman que nous connaissons aujourd’hui ne sont pas un hasard.

  • Conclusion

La violence en islam ne serait pas une spécificité ? Magnifique illustration du pur déni de réalité.

Cette affirmation est tellement mensongère qu’un des intervenants constate implicitement avec embarras qu’il est bien incapable d’expliquer la violence musulmane sans remettre en cause la doctrine même de l’islam puisque toutes les explications qui tentent d’exonérer la doctrine ne donnent rien. Comme il dit : « Il faut interroger les causes »… Sans compter que l’omniprésence de la violence au sein même du monde musulman entre communautés qui se haïssent parfois depuis des siècles est la preuve flagrante de la présence de la violence dans les racines mêmes de l’islam.

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La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (3) Le Coran ne veut rien dire sans « contextualisation »

  • Problématique

S’il est bien une idée reçue irrationnelle ancrée chez beaucoup de nos concitoyens, c’est que, malgré le caractère définitif et divin du message de l’islam, ce message serait à « contextualiser », c’est-à-dire à replacer dans le contexte de l’Arabie du VIIème siècle ; bref, un message universel et définitif dépendant du contexte arabe bédouin. Allah, contraint par les mœurs des bédouins arabes du VIIème siècle… Cette idée saugrenue, pourtant naturellement admise par des personnes apparemment sensées – y compris par celles qui ne connaissent rien à l’islam –, est entretenue dans l’esprit public par les islamologues de façon constante pour tenter de désamorcer toute polémique relative à la violence de Mahomet.

Ainsi que l’explique l’intervenant de l’émission de France 2 « Islam » du 4 décembre 2016, « Il faut contextualiser la naissance de cette religion [l’islam] au VIIème siècle ». Je laisse par ailleurs de côté l’affirmation, dénuée de tout fondement comme le montre tout simplement la lecture de la biographie de Mahomet qui regorge d’actes de violence, que « La violence qu’on trouve dans le texte coranique est inversement proportionnelle à la réalité de la violence qui se déploie dans la réalité ».

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  • Argument : un texte religieux musulman ne veut rien dire en soi

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S’il peut parfois y avoir plusieurs compréhensions possibles d’un texte, le vocabulaire disponible ne reflétant pas toujours l’exact contenu de la pensée de l’auteur (pour autant que celle-ci soit claire) et le lecteur ayant lui-même ses propres biais de compréhension, il ne faut pas généraliser abusivement cette situation. C’est pourtant ce que font les islamologues avec les textes religieux musulmans, ceci jusqu’à l’absurdité : « Il n’y a pas une seule lecture du texte. Il y a une multiplicité de lectures qui sont fonction des individus, des époques, et de l’idéologie dans laquelle ils peuvent se reconnaître. » Si une telle diversité de lectures est avérée, une conclusion s’impose : le texte n’est pas clair ou ne veut rien dire. Comme il s’agit d’un texte humain, cela n’a en réalité rien de très étonnant.

  • Entre La Mecque et Médine, Mahomet a changé son fusil d’épaule par opportunisme politique

Le message prétendument divin serait donc fluctuant en fonction des circonstances. Si nous revenons sur terre, il est facile de comprendre que tout cela est ridicule et que les atermoiements, les contradictions, les revirements de Mahomet ne sont que la conséquence de son opportunisme politique.

Il est rarissime d’entendre un islamologue le reconnaître de façon claire, presque par inadvertance, car l’opportunisme politique n’est guère conciliable avec une prétendue mission divine. Mais c’est pourtant ce qui est arrivé dans l’émission de France 2 « Islam » en ce début décembre 2016, sans que sans doute l’intervenant ne prenne totalement conscience de toute la portée de ses propos et du malaise qu’ils créent au regard du discours lénifiant habituellement en usage. Je suis d’ailleurs étonné que ces propos n’aient pas été coupés au montage, cette émission ayant semble-t-il fait l’objet d’un montage assez compliqué si l’on en juge par les raccords qu’on peut voir si l’on visionne l’émission in extenso.

En effet, parmi les éléments de contextualisation régulièrement évoqués figure en bonne place et à juste titre l’évolution du message de Mahomet entre La Mecque (prédication de 610 à 622) et Médine (de 622 à 632 : la guerre religieuse, c’est-à-dire le « jihad »). Mais alors qu’est invoquée habituellement la traditionnelle légitime défense face à une population devenue ennemie puisqu’elle refuse de se convertir à la nouvelle religion de Mahomet et de reconnaître en lui son chef, l’intervenant fait état, de surcroît sur la base d’une observation « très facile »  ce qui est effectivement le cas –, de motivations beaucoup plus terre-à-terre et au demeurant beaucoup plus naturelles et logiques :

« On remarque que, concernant la période mecquoise, il y a beaucoup plus de versets qui mettent en avant la paix, le pacifisme, la miséricorde, mais qui est explicable conjoncturellement : comme il s’agit d’une communauté minoritaire persécutée, il est préférable pour elle d’appeler à la paix et à la miséricorde. S’agissant de la période médinoise, les versets sont beaucoup plus belligènes. Plus on a une communauté minoritaire, plus les appels à la paix sont nombreux et plus elle devient hégémonique et plus la tentation hégémonique et violente croît. »

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  • Conclusion

Au-delà de l’argument de la prétendue persécution, dont (cf. mes autres articles sur ce site) on ne retrouve guère de traces dans les textes musulmans eux-mêmes (sauf à considérer que la persécution commence dès lors qu’on critique ou qu’on se moque simplement de Mahomet et de sa doctrine), le commentaire de l’intervenant est particulièrement instructif : la communauté musulmane était opportuniste et n’a pas adopté du tout le même comportement étant minoritaire (à La Mecque) ou voyant son influence se renforcer (à Médine) : sa violence s’est exprimée d’autant plus fortement que son importance relative a crû. Qu’ajouter de plus ? Mahomet et la communauté des origines étant des modèles pour tous les musulmans, à bon entendeur…

La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (2) Mahomet était schizophrène

  • Problématique

La présence irréfutable de la violence dans la conquête du pouvoir par Mahomet est d’une évidence telle dans les textes sacrés de l’islam que le déni de réalité, possible face à un interlocuteur ignorant, devient intenable face à quelqu’un qui a pris la peine de lire ces textes. Face à ce constat, les islamologues musulmans ont développé une théorie invraisemblable et dont l’absurdité ne semble même plus les étonner eux-mêmes, que j’appelle la théorie du Mahomet schizophrène.

  • Argument : Mahomet était schizophrène

Selon cette théorie, Mahomet serait en réalité composé de deux personnes, sorte de docteur Jekyll et mister Hyde, conception qui a le grand avantage d’autoriser la dichotomie de la responsabilité morale : le Mahomet « gentil », apôtre de paix, et le Mahomet « violent », chef de guerre sanguinaire d’une fédération de tribus arabes. Ainsi, seul le Mahomet « gentil » serait le vrai Mahomet, le Mahomet « violent » n’étant que la conséquence de la nécessité d’être le chef d’un État naissant. Cette thèse récurrente est bien résumée dans l’émission France 2 Islam du 4 décembre 2016 :

France 2 Islam 161204 Islam et Violence 1 Extrait 2

Ainsi, l’intervenant dit : « Je distingue entre le prophète qui inspirait, qui va parler au nom de Dieu, à partir de Dieu – ça, c’est une chose – et celui qui va être un chef, un fondateur d’une cité et qui va se heurter à des ennemis et qui va les combattre. » Il faut bien comprendre que cet argument est totalement absurde : c’est comme si on disait qu’Hitler était un brave homme et que seule une malheureuse obsession – dont il ne serait pas responsable – l’a conduit à exterminer quelques millions de personnes ; car, remarquons-le bien, tout autant que Mahomet, Hitler pensait être guidé par une influence divine.

Or il faut bien comprendre que cet argument, qui va notamment venir alimenter toute la thèse de la « contextualisation », est absolument FONDAMENTAL pour la survie de l’idéologie musulmane, car c’est le seul rempart, face à la clarté des textes musulmans, qui empêche la déconstruction inéluctable de l’islam. Sans cet argument, les contradictions aveuglantes entre la prétention à la spiritualité (d’amour et de paix) et les faits « historiques » violents (tels que les textes musulmans eux-mêmes les relatent) font voler en éclat la prétention de l’islam à se hisser du rang d’idéologie de pouvoir guerrière comme l’histoire en a beaucoup connu à celui de véritable spiritualité.

Alors, effectivement, la contradiction qui vient immédiatement en tête est celle liée aux exemples de Bouddha, Jésus ou Gandhi : eux ont toujours prêché la non-violence. Pourquoi eux l’ont fait et pas Mahomet ? Réponse stupéfiante de l’intervenant, mais représentative de l’argumentaire traditionnel de l’islam quand il est acculé dans sa propre impasse : ce n’est pas le même cas ! : « Alors bien sûr il existe aussi des prophètes qui sont seulement des prophètes, et que des prophètes, et là, ils n’ont que le maniement de la parole. Mais là nous sommes dans un cas où il y a à la fois le prophète et le législateur etc. Et donc ces deux fonctions, ce sont des fonctions qui vont se mêler et donner lieu en effet à des moments de violence qu’il faut reconnaître et qu’il faut contextualiser. »

  • Conclusion

En réalité, il faut bien comprendre que dans la bouche de l’islam, « contextualiser » veut dire « excuser la violence » via une rationalisation qui transforme la violence (indubitable) en nécessité.

Pourtant, la solution à tout cet imbroglio est beaucoup plus simple : Mahomet, qui était probablement un « illuminé » (Le Robert : « esprit chimérique qui ne doute pas de ses inspirations »), a conquis le pouvoir par la guerre sous couvert de spiritualité en copiant la religion juive (car il est bien difficile de distinguer ce que l’islam apporte de réellement nouveau au judaïsme d’un point de vue religieux).

La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (1) Une violence « normale » car les mœurs l’Arabie du VIIème siècle étaient violentes ?

À l’heure où un nouvel attentat revendiqué par l’État Islamique vient d’endeuiller l’Allemagne, il est intéressant de revenir au travers de quelques articles sur l’émission (en 2 volets) de France 2 « Islam » consacrée aux rapports de l’islam avec la violence et qui vient, curieuse coïncidence, d’être diffusée les dimanches 4 et 11 décembre 2016.

  • Préambule : petit rappel

S’agissant du terrorisme musulman vis-à-vis des sociétés non-musulmanes, je rappelle, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer dans l’article consacré à l’attentat de Nice (http://islametoccident.fr/?p=3043), qu’il trouve ses racines dans le Coran puisqu’il s’agit dans la doctrine de l’islam pour Allah de jeter « l’effroi », donc d’« effrayer » les non-musulmans par la terreur non seulement de l’au-delà mais aussi ici-bas par l’entremise des musulmans (d’où les appels au jihad, au martyre, le massacre des juifs Banû Quraydha de Médine, etc.). Rappelons en effet quelques versets :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Verset 59, verset 2. C’est Lui [Allah] qui a expulsé de leurs maisons, ceux des gens du Livre qui ne croyaient pas, en prélude à leur rassemblement [pour le jugement dernier]. Vous [croyants] ne pensiez pas qu’ils partiraient et ils pensaient que leurs fortins les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point et a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Ils démolirent leurs maisons de leurs propres mains avec l’aide des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués d’intelligence.

L’État Islamique connaît très bien ces textes (et d’autres sur le même thème, par exemple la multitude de textes sur le martyre), qui embarrassent tellement l’islam « modéré », et ne manque pas de les citer abondamment. Face à cela, on attend toujours aujourd’hui le contre argumentaire des représentants de l’islam de France. C’est sans doute la raison pour laquelle un des intervenants de l’émission de France 2 citée ci-dessus éprouve une telle difficulté à définir et à expliquer ce qu’est la fameuse « radicalisation », et à imaginer comment « déradicaliser », car c’est imaginer un autre sens au Coran que celui qui s’impose à tout lecteur un tant soit peu de bonne foi.

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Quant au procédé consistant à utiliser des engins mobiles, l’État Islamique, comme les autres mouvements fondamentalistes, a depuis longtemps capté la symbolique « effrayante » des moyens mobiles modernes et donc leur efficacité comparativement aux moyens disponibles à l’époque de Mahomet : ce genre d’attaque n’est pas une nouveauté puisque le procédé est décrit précisément dans la propagande de ces mouvements : Al Qaïda en 2010 et encore récemment l’État Islamique dans sa revue « Rumiyah » d’octobre 2016, toutes choses qui sont à la portée du public sur internet et pas seulement à celle des « spécialistes » gouvernementaux ou des universitaires.

Le plus accablant dans tout cela pour les autorités face à cette épouvantable et injustifiable violence, comme l’a rappelé le criminologue Alain Bauer dans une enceinte militaire mi 2016, est surtout que les mouvements terroristes ont beau écrire ce qu’ils vont faire et comment ils vont s’y prendre, ils ne sont pas toujours pris au sérieux.

Aussi pour les lecteurs qui veulent sortir des sentiers battus et rebattus par le politiquement correct et qui veulent vraiment tenter de mieux comprendre l’origine doctrinale de la terreur en islam et son rapport avec celle mise en œuvre par l’État Islamique, ils peuvent se reporter à mon ouvrage « Les sources doctrinales de l’État Islamique » (2 tomes de 40 pages) publié aux éditions UPPR sous format e-book en début d’année 2016 (prochainement édité en format papier).

Mais revenons maintenant dans ce premier article au premier des arguments présentés pour tenter de dissiper chez les non-musulmans le sentiment que l’islam serait une religion violente encore aujourd’hui et que « ce n’est pas cela l’islam, selon la formule consacrée ».

  • 1er argument : il est « normal » que l’islam contienne une certaine violence en raison des mœurs de l’Arabie du VIIème siècle

Selon ce premier argument, la violence serait d’une certaine façon « naturelle » et donc excusable en islam car l’islam est né dans un milieu imprégné par la violence des traditions tribales de la péninsule arabique du VIIème siècle. Comme le dit très simplement le reportage : « La violence est dans les us et coutumes de l’époque ».

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À cela, on peut faire plusieurs remarques :

1) Si – laissons-nous déraisonner un instant et verser dans le monde de l’imaginaire – c’est bien Allah qui a transmis son message par la bouche de Mahomet, pourquoi Allah se sent-il lié aux coutumes tribales de l’Arabie du VIIème siècle ? A-t-il peur des hommes ? N’est-il pas censé délivrer un message universel d’amour et de paix comme nouveau guide pour les hommes ?

2) Si on met de côté la chimère d’Allah, à quoi sert d’être « prophète » si ce n’est que pour prendre acte de la brutalité des mœurs du temps sans tenter de la réformer et donc ne pas donner un autre exemple ?

3) Les mœurs dans l’antiquité romaine n’étaient guère moins brutales. Pourquoi Jésus a-t-il, lui, conservé une attitude totalement pacifique, refusant que ses partisans le défendent et jusqu’au point d’accepter de se faire crucifier ? Gandhi a-t-il eu recours à la violence ?

Quant à l’argument : « Dans une économie de survie, tuer n’a pas de sens car la perte d’un membre du groupe est une mise en danger de la tribu. », il me paraît assez incompréhensible. Il ne s’agit pas de tuer les siens mais de tuer les ennemis des autres tribus.

Enfin, conclure par : « Ainsi, la paix est la règle et la guerre l’exception. », c’est juste ignorer la pratique de Mahomet qui ne s’est pas privé de faire la guerre et de tuer, voire de massacrer, ceux qu’il considérait être ses ennemis. Voici juste pour rappel un extrait de la table des matières de la biographie de Mahomet (Sîra) à l’époque de Médine que n’importe qui peut consulter dans une bonne librairie :

L’extermination des Yézidis : statut dans la doctrine de Mahomet

  • Le sort terrible des Yézidis dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui

Les Yézidis subissent aujourd’hui au Moyen-Orient un sort terrible : ils sont pourchassés ou exterminés. Le reportage d’Arte diffusé le 17 mai 2016 le rappelle :

La fin des chretiens Orient 160517 Yezidis

La fin des chretiens Orient 160517 Yezidis

  • Exterminer les Yézidis en application de la règle coranique

En appliquant l’islam du Coran et de Mahomet, l’État Islamique considère que les Yézidis sont de simples mécréants comme les autres et ne font pas partie des Gens du Livre : de leur point de vue, il est donc normal qu’ils les persécutent. Ce choix de considérer les Yézidis comme des mécréants qui ne peuvent pas bénéficier du statut de dhimmi résulte non d’une folie meurtrière incontrôlée mais d’une étude religieuse spécifique avec le souci pour l’État Islamique d’appliquer le mieux possible les règles énoncées par le Coran et la Tradition sur le sort à réserver aux non-musulmans, et qui sont :

– pour les Gens du Livre (essentiellement juifs et chrétiens) : la conversion ou le statut d’humiliation de la « dhimmitude » (avec paiement aux musulmans d’un impôt spécifique, la jizya) ;

– pour les autres non-musulmans : la conversion ou la mort.

Sourate 9, verset 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, ceux qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui, parmi les gens du Livre, ne professent pas la religion de la vérité. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés.

Cette violence n’a rien de choquant dans la doctrine musulmane : rappelons que la biographie de Mahomet d’Ibn Hîcham, reconnue par tous les musulmans, décrit précisément comment Mahomet a exécuté par égorgement entre 600 et 900 prisonniers juifs à Médine, exemple suivi par l’État Islamique qui a décapité 21 chrétiens coptes sur les rives de Libye en 2015. Le Coran fait précisément référence à cet épisode :

Sourate 33, verset 26. Allah a fait descendre de leurs fortins ceux des Gens du Livre ayant prêté assistance aux Factions. Il a jeté l’effroi dans leurs cœurs : un groupe d’entre eux vous avez tué [les hommes] et un groupe vous faisiez prisonnier [les femmes et les enfants].

Le Coran incite de façon générale à cette violence puisqu’il s’agit, avec la grâce d’Allah, de jeter l’effroi dans le cœur des mécréants :

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton [s’adresse à Mahomet] Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je [Allah] suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

  • Les Yézidis doivent-ils être considérés comme des Gens du Livre ?

Le sort des Yézidis dépend donc de leur statut au regard de l’islam : peuvent-ils être considérés comme appartenant au Gens du Livre pour échapper à la mort promise par Mahomet ?

L’analyse de l’État Islamique est la suivante : « Avant la prise de Sinjar, on a imposé aux étudiants en chari’a de l’État Islamique d’étudier profondément les Yézidis afin de déterminer s’ils devaient être considérés comme un groupe à l’origine associateur ou comme un groupe à l’origine musulman et qui par la suite a apostasié, en se basant sur les nombreuses règles islamiques qui doivent être appliquées sur le groupe, ses individus, et leurs familles. (…) Après des recherches plus approfondies, il a été prouvé que ce groupe existait durant la période pré-islamique jahiliya, puis il a été « islamisé » par un environnement fait de sa population musulmane, de sa langue, de sa culture (…). La source apparente de cette religion a été trouvée dans le zoroastrisme de la Perse ancienne, qui a été réinterprété avec des éléments des Sabéens, du judaïsme et du christianisme, pour finalement être exprimé dans un vocabulaire hérétique du soufisme extrême. Par conséquent, l’État Islamique a traité ce groupe de la manière dont doivent être traités les associateurs selon la majorité des savants du fiqh [droit islamique]. Ils ne sont pas comme les juifs ou les chrétiens. Il n’y a pas de place pour eux dans le paiement de la jizya [c’est-à-dire qu’on leur applique le principe : la conversion ou la mort]. »

En conséquence, les Yézidis subissent le sort que Mahomet imposait aux mécréants associateurs, ce qui donne ceci dans le langage de l’État Islamique (les hommes étant tués) : « Après la capture, les femmes yézidies et les enfants sont divisés selon la chari’a parmi les combattants de l’État Islamique qui ont participé aux opérations de Sinjar, un cinquième de ces esclaves étant transféré aux autorités de l’État Islamique pour être distribué en tant que cinquième du butin [pratique établie par Mahomet à la suite de l’extermination des juifs Banû Quraydha] . »

De la même façon, l’État Islamique considère que « Les druzes ne font pas partie de la dhimma et sont pires que les juifs et les chrétiens, et s’ils se repentent et acceptent l’islam, les autorités musulmanes doivent rester prudentes en raison de leur pratique de la taqiya. »

L’État Islamique revendique avec fierté sa volonté de remettre en vigueur strictement les règles qui découlent directement de l’islam de Mahomet et de ses Compagnons, ceux-ci étant « eux-mêmes un exemple de suivi du Messager d’Allah ». Aussi, pour l’État Islamique, « Cette grande étape de mise en esclavage de familles mécréantes est probablement la première depuis l’abandon de cette loi islamique. Le seul autre cas connu – bien que d’une plus petite ampleur – est la mise en esclavage de femmes et d’enfants chrétiens aux Philippines et au Nigéria par les Moujahidin. Les familles yézidies asservies sont maintenant vendues par les soldats de l’État Islamique comme les mécréants étaient vendus par les Compagnons avant eux. De nombreuses règles reconnues sont appliquées, incluant l’interdiction de séparer la mère de son enfant. »

Ce traitement épouvantable correspond pour l’État Islamique à un impératif religieux conforme à la pratique du Prophète et à la tradition musulmane, comme le mentionnent les hadiths authentiques comme celui de Bukhari : « Allah s’émerveille d’une personne qui rentre au Paradis avec ses chaînes ». Ou cet autre : « Abu Hurayra au sujet de ce verset : « Vous aurez été la meilleure communauté jamais produite parmi les hommes » [sourate 3, verset 110], a dit : « Il s’agit là des meilleurs des gens voulant le bien pour les gens : vous les ferez venir la chaîne au cou pour les faire entrer dans l’islam ». »

  • Conclusion

Que répondre à la clarté des textes sacrés musulmans (Coran, hadiths, biographie de Mahomet) ?

Le criminologue Alain Bauer à l’I.H.E.D.N. : toujours rien au sujet de la doctrine de l’islam

Le criminologue Alain Bauer, éminent expert internationalement reconnu, est intervenu le lundi 23 mai 2016 à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale sur le thème : « les mutations du terrorisme ».

IHEDN 160523 Alain Bauer

Une partie de son exposé a naturellement porté sur le terrorisme des mouvements fondamentalistes musulmans (Al Qaïda, de son vrai nom « Front international islamique de lutte contre les juifs et les croisés » ; État Islamique ; Al Nosra ; etc.).

Alain Bauer

Cette intervention est tout à fait intéressante et Alain Bauer, esprit brillant, a par ailleurs la grande qualité de peu user de la langue de bois, de savoir tenir son auditoire en haleine et d’animer son exposé par certaines facéties verbales, quoiqu’en parlant toujours de sujets extrêmement sérieux. En attendant la mise en ligne de son intervention sur le site de l’I.H.E.D.N., je vous invite à l’écouter :

Cette intervention donne beaucoup de clefs de lecture intéressantes sur la genèse (orientale et occidentale) du terrorisme musulman. Un regret toutefois : à aucun moment la question du sous-bassement idéologique du terrorisme musulman n’est abordée. Pourtant, le terrorisme a besoin d’un fondement idéologique. Or nul doute qu’Alain Bauer est très au fait de ce sujet et du rapport étroit qu’entretient le terrorisme musulman avec l’islam de Mahomet, et donc avec le Coran. On peut donc s’interroger sur ce qui peut bien conduire un esprit libre à se refuser à aborder cette question pour, au moins, en débattre, alors qu’elle constitue une des facettes fondamentales de la problématique traitée.

Par ailleurs, une remarque sur le rôle d’Issa (Jésus) : si celui-ci fait partie effectivement de l’imagerie musulmane, il faut néanmoins préciser que l’islam ne reconnaît en aucune façon Jésus à la façon dont les chrétiens le conçoivent. L’islam a inventé pour ses besoins un Jésus imaginaire (les juifs comme les chrétiens étant par ailleurs accusés d’avoir falsifié leurs propres écritures) qui ne correspond absolument pas à l’incarnation de Dieu sur terre selon la conception chrétienne mais à un simple prophète, qui n’a d’ailleurs pas été crucifié ou tué mais élevé par Allah à lui (cf. Coran, sourate 4, versets 157-158), et qui, dans l’eschatologie musulmane, reviendra effectivement à la fin des temps pour « briser la croix, tuer les porcs » (hadith sahih de Bukhari n°2222).

Donc il est important de ne pas laisser penser aux auditoires occidentaux qu’une quelconque forme de reconnaissance par l’islam du Christ ou de la tradition chrétienne serait possible : islam et christianisme sont rigoureusement incompatibles. Ce qui fait en réalité que le dialogue inter-religieux islamo-chrétien est strictement inutile d’un point de vue religieux (doctrinal).

Qui plus est, du fait du dogme de la Sainte Trinité, les chrétiens sont coupables du pire des péchés qui soit aux yeux des musulmans : l’associationnisme (associer une autre divinité à Allah). Ils ne doivent d’avoir la vie sauve en terre d’islam, et dans le cadre d’un statut de citoyen de seconde zone (le statut de « dhimmi », appliqué également aux juifs), qu’au besoin qu’a eu Mahomet de s’inventer une parenté spirituelle pour prétendre récupérer à son profit l’héritage chrétien (difficile en effet de s’autoriser à exterminer comme n’importe quels autres non-musulmans ceux dont on prétend être le continuateur).

Instance de Dialogue : un départ a priori décevant

Article publié dans Atlantico le 17 avril 2016.

Compte tenu du contexte dramatique que connaît depuis de nombreux mois la France en raison du terrorisme musulman et de la radicalisation de certains jeunes musulmans qui viennent alimenter ce fléau, il paraît effectivement essentiel que l’islam de France trouve des moyens efficaces pour endiguer ce phénomène. Les actions envisagées concrètement à l’occasion de la 1ère réunion de l’Instance de Dialogue entre le gouvernement français et les représentants de l’islam de France étaient donc particulièrement attendues.

J’invite donc le lecteur à lire in extenso le « Discours de monsieur Anouar Kbibech, président du C.F.C.M., à l’occasion de la 1ère réunion de l’Instance de Dialogue instituée entre le gouvernement français et les représentants de l’islam de France », prononcé le 21 mars 2016 :

CFCM Instance de dialogue 160321

Ce texte me paraît appeler certaines remarques :

  • « la pertinence de la démarche qui a été proposée par le Gouvernement qui apporte ainsi une réelle plus-value dans la prise en compte des attentes et des aspirations des citoyens français de confession musulmane »

Il peut apparaître assez étonnant que le discours d’Anouar Kbibech, dont l’objectif prioritaire est de lutter contre la radicalisation des musulmans, commence par insister sur l’importance de la « prise en compte des attentes et des aspirations des citoyens français de confession musulmane ». On aurait pu penser au contraire que c’était aux musulmans français à être à l’écoute des citoyens français (majoritairement non musulmans) compte tenu des attaques terroristes subies en France au nom de l’islam.

  • « Les musulmans de France se sont alors soulevés comme un seul homme »

Je ne crois pas que la France se souvienne que les musulmans de France se soient « soulevés comme un seul homme » après les attentats de janvier ou de novembre 2015. À l’inverse, le silence relatif de la communauté musulmane au regard de l’énormité tragique des faits a semble-t-il surtout frappé les observateurs. N’a-t-on pas entendu parfois certaines banlieues se réjouir, ou des écoliers refuser de respecter la minute de silence ? Sur quels faits précis cette assertion d’un soulèvement en masse est-elle fondée ? Quelle comparaison faire avec l’obstruction médiatique qui a marqué la crise du voile islamique, vécue par la communauté musulmane comme un affront terrible et stigmatisant ?

J’invite par ailleurs le lecteur à lire le prêche distribué par le C.F.C.M. à toutes les moquées de France pour être lu lors de la prière du vendredi 20 novembre, soit une semaine après les attentats du 13 novembre : il pourra juger par lui-même si des marques de compassion y figurent et si une attention particulière est portée aux victimes.

  • « Notre attachement au principe de laïcité garant de la liberté de conscience et du respect de la diversité des convictions et des pratiques religieuses. »

Il est surprenant de revendiquer l’attachement au principe de la laïcité alors que l’islam est une religion fondamentalement anti-laïque car elle ne dissocie pas l’État de la religion. Hassan II, particulièrement lucide, le rappelait clairement : « À partir du moment où on est musulman, on ne peut pas être laïc. »

Surtout, on ne voit pas bien comment cette laïcité pourrait garantir la liberté de conscience puisque le C.F.C.M. lui-même refuse encore aujourd’hui d’accorder aux musulmans de France le droit d’apostasier ! En islam, abandonner l’islam n’est pas un droit. L’apostasie est même punie de mort dans certains pays musulmans qui appliquent le principe édicté par Mahomet lui-même (hadith authentique de Bukhari n°3017) : « Le Prophète a dit : « Celui qui change pour une autre la vraie religion [l’islam], qu’on le tue ». 

On comprend mieux alors pourquoi une conférence a pu être organisée le jeudi 26 novembre 2015 à l’Institut du Monde Arabe sur le thème : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? » C’est que cette question est effectivement d’une particulière acuité en islam.

  • « Daech est en totale contradiction avec les principes et les fondements même de l’islam»

C’est une opinion mais qui mérite d’être précisément étayée.

  • « Proposition 1 : Renforcer la formation et le rôle des imams »

On ne voit pas très bien le lien avec le thème de la « prévention de la radicalisation », objet de la réflexion, sauf à dire que les imams seraient aujourd’hui incapables de l’empêcher, ce qui est très inquiétant. Car si un imam n’est pas en mesure d’argumenter simplement par le B.A.BA de sa formation pour empêcher la « radicalisation », c’est que tout cela n’a en réalité rien de très évident et donc que la « radicalisation » trouve dans l’islam de bonnes justifications. Si c’est le cas, que veut dire « radicalisation » ?

  • « Proposition 2 : Mettre en place un « Conseil religieux » pour élaborer un contre discours.  Le moment est venu pour mettre en place un Conseil sur le plan théologique qui pourra être saisi sur des questions ou des problématiques liées à l’exercice du culte musulman en France. »

Proposition intéressante mais dont on peut se demander si le niveau de morts qui l’a déclenchée n’aurait pas pu être abaissé. On se demande en effet pourquoi « le moment est venu » aujourd’hui et pourquoi ce n’était pas le cas auparavant.

En outre, il est un peu étonnant que l’objet de ce « conseil religieux » soit limité à l’exercice du culte musulman en France. Le terrorisme musulman ne se nourrit pas sur le terreau des questions cultuelles (savoir comment faire sa prière, ses ablutions,…) mais sur celui des questions doctrinales (le jihad, le sens du martyr,…). Est-ce à dire que ces questions fondamentales de doctrine sont laissées de côté ? Cela n’aurait aucun sens.

  • « Ce Conseil, qui devra refléter la diversité de l’Islam de France, aura pour objectif d’engager la réflexion et l’effort intellectuel (Ijtihad) sur la « contextualisation » de la pratique religieuse en France. »

Chacun sait qu’il n’existe pas dans l’islam sunnite d’autorité religieuse supérieure fixant la doctrine. Cette remarque a visiblement pour objectif de ne pas froisser les susceptibilités au sein du monde musulman. Pourtant, le C.F.C.M. rappelait en introduction de sa déclaration emblématique pour le vivre ensemble de juin 2014 : « L’islam est unique en sa doctrine », seul mot souligné dans cette déclaration, ce qui marquait bien son extrême importance.

Ce propos est visiblement une façon de donner le change vis-à-vis de la « diversité » des courants de la communauté musulmane française. Sur le fond, ce Conseil sera vraisemblablement inutile d’un point de vue doctrinal puisque son objectif semble se limiter à la « contextualisation de la pratique religieuse », ce qui n’a guère de rapport avec la réflexion doctrinale sur le statut de la femme, le rapport aux communautés non-musulmanes et le communautarisme, la laïcité, les châtiments corporels,…

  • « Dans le cadre de la prévention de la radicalisation, le Conseil aura pour mission d’élaborer un « contre discours » basé sur un argumentaire théologique solide (…) Cette démarche permettra de doter les Imams et les Aumôniers qui sont au contact des fidèles, de l’argumentaire théologique nécessaire pour face à l’argumentaire des « djihadistes » qui dévoient les textes sacrés et les valeurs de l’Islam. »

Si le traitement de la question doctrinale est évacué dans son principe pour un repli sur la question de la pratique religieuse, difficile néanmoins d’éluder la question du terrorisme musulman. Il semble ici que le C.F.C.M. ait, enfin (!), pris conscience de la qualité de l’argumentaire religieux présenté par l’État Islamique, sinon il n’aurait pas besoin de préciser que le contre-argumentaire se doit d’être « solide ». Il est d’ailleurs assez surprenant qu’un tel argumentaire n’existe pas déjà si l’islam est effectivement une « religion d’amour et de paix », alors que l’islam existe depuis 1.400 ans et que la violence en islam et le jihad ne sont pas des faits nouveaux. Mieux vaut tard que jamais. En tous cas, cet argumentaire est attendu avec impatience !

  • « Ce Conseil aura également comme mission de relancer l’effort de la Réforme. Ceci nous permettra de relancer l’ère du changement et du progrès. »

Il est assez difficile de savoir de quelle réforme et de quelle ère de changement et de progrès il est question, car on ne voit pas bien ces 30 dernières années en quoi l’islam de France a pu se réformer et avancer sur la voie du changement et du progrès. Tariq Ramadan a bien publié un ouvrage intitulé « La réforme radicale » mais il s’agit au contraire d’un livre contenant une critique sévère de l’islam et de son extrême difficulté à se réformer.

  • « Certaines Contributions proposent même de promouvoir les vertus de la mystique de l’Islam, à travers le développement du Soufisme selon la tradition sunnite pour lutter en amont contre toutes les formes de violence ou de fanatisme. »

Si l’islam peut contenir des courants fondamentalement orientés vers la dimension personnelle et individuelle, indépendamment de considérations communautaires ou politiques, pourquoi pas. Cela étant, le soufisme existe depuis longtemps et si des individus par nature pacifistes peuvent naturellement être séduits, on ne voit pas bien comment le soufisme va aller recruter au sein des esprits attirés par la revivification de l’islam authentique de Mahomet et le jihad qu’il implique.

  • « 3) Renforcer le rôle éducatif de l’école. (…) L’apport éducatif de l’école pourrait s’enrichir par la mise en place d’un « enseignement laïque du fait religieux » dans les écoles et les lycées. Ceci permettra d’assurer aux enfants l’ouverture nécessaire aux autres religions et aux autres convictions. Cette démarche permettra également de semer les « germes du vivre-ensemble » dès le plus jeune âge. »

C’est une idée qui pourrait être séduisante mais qui est en réalité mauvaise et impraticable.

Car que vise-t-on par cette initiative : en réalité, un grand nivellement des discours religieux pour gommer les différences fondamentales de contenu et de vision du monde qui les séparent (jusqu’à les opposer), en vue de les rendre ainsi tous « acceptables » et de faire accroire que les différences entre l’islam et le judaïsme et le christianisme ne sont pas significatives et que toutes ces religions ont en réalité le même dieu et les mêmes valeurs, ce qui est une pure absurdité.

Les juifs rejettent totalement la vision chrétienne du Christ, attendant toujours leur Messie, ainsi que Mahomet et son islam. Les chrétiens prétendent prolonger et « accomplir » la tradition juive, tout en ayant depuis des siècles une difficulté claire à faire totalement leur la transition entre Yahvé Sabaot et le Christ crucifié. Quant à l’islam, les chrétiens ne le reconnaissent aucunement et, si la vision œcuménique critiquable développée par Rome depuis un demi-siècle ne les culpabilisait pas sur cette question, ils seraient sans doute beaucoup plus nets dans leur rejet de Mahomet et son islam.

En outre, est-il envisageable que les programmes de l’Éducation Nationale expliquent à tous les élèves que Mahomet a exterminé une bonne partie des juifs de Médine, puis appelé à tuer tous les juifs ? Qu’il a pratiqué à de multiples reprises les razzias, les guerres pour se procurer du butin et dans un contexte qui n’avait rien à voir avec la légitime défense ? Qu’il s’appropriait des concubines comme butin et faisait vendre les femmes captives si nécessaire sur les marchés pour se procurer des chevaux ? Qu’il s’est marié à Aïcha quand elle avait 6 ans et que le mariage a été consommé à ses 9 ans (lui en ayant 53) ? Qu’il a demandé l’exécution nominative de ceux qui lui nuisaient (jusqu’à faire exécuter un simple poète) ? Que l’homme est autorisé par le Coran à battre les femmes dont il craint la désobéissance ? etc… Tout cela paraît hautement improbable.

Comment le fait religieux musulman pourrait-il être dans ces conditions enseignable dans les écoles de la République, sauf à travestir la vérité et la réalité telle qu’elle ressort des textes musulmans authentiques eux-mêmes (qu’une infime minorité lit…), ou à faire tomber de son piédestal le grand Mahomet – ce à quoi toute la communauté musulmane se refuse – en proposant une vision strictement historique de l’islam originel ?

  • « Concernant l’apprentissage de la langue arabe et de la religion en dehors de l’école, il devient nécessaire d’élaborer un Programme éducatif d’apprentissage de l’arabe et de la religion commun et partagé. »

Il est normal qu’une culture d’origine soit transmissible par l’apprentissage de la langue. Cela fait partie des racines culturelles de tout un chacun. D’ailleurs, l’enseignement de l’arabe littéraire aurait au moins pour avantage de donner à bon nombre de musulmans vivant en France, qui parlent en réalité des dialectes et connaissent très mal l’arabe classique, des connaissances utiles pour lire véritablement le Coran prendre mieux la mesure de ce qui y est écrit.

  • « 4) Accompagner les Jeunes et les Convertis. Il convient de mettre en place de véritables Programme éducatif pluriannuels pour les Jeunes et les Convertis, afin de les immuniser vis-à-vis du dévoiement du texte sacré. »

Ces propos laissent entendre que seules ces deux catégories, les jeunes et les convertis, seraient susceptibles de basculer dans la radicalisation : c’est une assertion intéressante qu’il faudrait vraiment expliciter. La question ne touche pas en effet la profondeur de la religiosité qui, on peut l’imaginer, peut prendre une place plus grande chez des jeunes et des personnes récemment converties – car leur investissement personnel est plus intense – par rapport à des musulmans qui baignent dans l’islam de longue date et qui n’appliquent qu’une version très adoucie et même détachée de l’islam authentique de Mahomet.

Or la question du « dévoiement du texte sacré » – qui reste à démontrer – intéresse tous les musulmans. Restreindre la problématique à certaines catégories de musulmans est pour le moins surprenant. La seule question qui importe est de savoir si c’est l’islam de l’État Islamique ou celui de l’islam de France qui est le plus fidèle à l’islam de Mahomet.

  • « La mise en œuvre par les Mosquées d’un cycle de formation sur plusieurs niveaux leur permettra un apprentissage de la langue arabe pour leur faciliter l’accès au Coran et aux textes de référence. Il leur assurera également une éducation religieuse aux vraies valeurs de l’Islam, loin des mauvaises interprétations. »

Réduire la problématique d’une prétendue mauvaise interprétation de l’islam à une question d’éducation et de mauvaise connaissance de la langue arabe est déroutant. Les mouvements salafistes et jihadistes ont en leur sein des personnalités dont les connaissances religieuses dans le champ de l’islam dépassent souvent de très loin les compétences des imams de France, à en juger par la qualité de la documentation produite.

  • « 5 – Renforcer et étendre le rôle des Aumôniers. La prévention de la radicalisation en détention est un phénomène complexe, à multiple facettes. (…) La prison n’est pas forcément un facteur de radicalisation à elle seule, mais c’est un milieu aggravant ou accélérateur de cette radicalisation. »

Là encore, il faudrait que le C.F.C.M. nous explique deux choses : 1) Pourquoi les prisons françaises ont-elles une surreprésentation musulmane, ce que Tareq Oubrou reconnaît clairement. 2) Pourquoi les prisonniers musulmans sont-ils les plus sujets à la radicalisation, puisqu’on ne voit pas de juifs ou de chrétiens se radicaliser religieusement en prison.

Malheureusement, je pense qu’il faudra longtemps avant d’avoir des réponses satisfaisantes à ces deux questions.

  • « Nous assistons aussi ces dernières années à la libération de la parole politique et médiatique stigmatisant les musulmans de France. Les polémiques à répétition incriminent les musulmans de France et creusent le fossé entre eux et leurs concitoyens. »

Ce discours du président du C.F.C.M. n’apporte donc que bien peu de réponses concrètes au regard de l’ampleur dramatique de la situation. Tout cela est très décevant, mais en réalité au niveau de la faiblesse du diagnostic proposé, en tous cas pour le moment : car la question doctrinale étant centrale, il faut attendre le « discours » que le C.F.C.M. a promis d’élaborer et qui devra impérativement clarifier en quoi consiste l’islam authentique, celui de Mahomet, au lieu de cet islam mièvre qui n’est jamais responsable des horreurs que l’on commet en son nom.

Le seul vrai côté positif est la reconnaissance tant attendue de la spécificité de l’islam au regard de la question de la violence religieuse monothéiste puisqu’elle n’existe ni dans le judaïsme ni dans le christianisme.

Reste que, en dépit de tout cela, le C.F.CM. ne peut s’empêcher de retomber dans certains travers et se référer encore une fois au mauvais procès de la « stigmatisation ». Le C.F.C.M. serait semble-t-il soulagé si la censure de la critique vis-à-vis de l’islam pouvait s’exercer plus régulièrement, puisqu’il explique lui-même que la « libération de la parole politique et médiatique » lui pose un problème. Or la répétition de ce qui est qualifié de « polémiques » suit malheureusement et logiquement de près le rythme des attentats, des atteintes à la laïcité, du non-respect des lois (ex. burka), des incivilités (ex. drapeau français brûlé) qu’on commet au nom de l’islam.

Le silence et la passivité de la majorité traduisent-il une forme de solidarité vis-à-vis de la minorité agissante ?

La multiplication des attentats musulmans (ou tentatives d’attentats) en Europe repose régulièrement la responsabilité de l’ensemble de la communauté musulmane vis-à-vis de ces actes dans la mesure où ces actes sont revendiqués au nom de l’islam, sur la base de références doctrinales et historiques qu’il n’est pas si facile de jeter aux orties, l’islam étant d’ailleurs la seule religion à connaître ce problème. C’est sans doute qu’il y a bien une raison.

Ainsi, à peine une semaine après les attentats du 13 novembre 2015, le Conseil Français du Culte Musulman, manifestait un certain « agacement » quant à l’évocation renouvelée de la responsabilité de la communauté musulmane en écrivant au début du prêche destiné à être lu le 20 novembre 2015 dans toutes les mosquées françaises : « Il est légitime de se demander si – en tant que musulmans – nous devions, encore une fois, nous justifier devant nos compatriotes, comme si nous étions des « présumés coupables ». » (voir 13 novembre)

Il est pourtant justifié de s’interroger sur la responsabilité explicite ou implicite de la communauté musulmane, celle-ci ne semblant d’ailleurs pas dépenser beaucoup d’énergie pour simplement manifester une compassion profonde à l’égard des victimes (comme dans le cas du prêche du C.F.C.M.). Par exemple : l’infiltration des jihadistes dans le quartier de Molenbeecke n’a-t-elle pas été rendue possible par de multiples complicités ou la simple passivité de certains qui ont « fermé les yeux » sur des situations qui auraient dû justifier d’alerter les autorités belges (outre l’irresponsabilité de ces mêmes autorités qui n’ont visiblement pas pris la mesure du danger) ?

L’intervention ci-dessous, dans une université américaine, est une réflexion intéressante qui pointe bien la responsabilité indirecte mais bien réelle de la majorité pacifique mais silencieuse face à la minorité agissante défendant l’islam historique de Mahomet (ce qu’on appelle, à tort, le « radicalisme ») :

Majorite silencieuse

La majorite silencieuse

Effectivement, que fait concrètement la majorité musulmane pacifique pour lutter contre l’orthodoxie musulmane dans les pays occidentaux ? Juste dire : « Nous n’avons rien à voir avec cela » ? C’est sans doute un peu court, mais nous n’avons semble-t-il pas grand-chose d’autre à nous mettre sous la dent pour le moment.

Attentats de Bruxelles : le double discours de Tariq Ramadan continue à dessein d’entretenir la confusion

Article publié dans Atlantico le 8 avril 2016

Tariq Ramadan a publié une tribune sur le site de Politico à l’occasion des récents attentats de Bruxelles. Je vous propose d’en analyser quelques passages qui semblent importants. Le texte intégral est disponible à cette adresse : http://www.politico.eu/article/attentats-en-belgique-tariq-ramadan/

  • « Il importe de déceler les raisons de cette dérive de la violence extrémiste qui n’est pas seulement “folle,” “irrationnelle” et “barbare.” De tels propos, en plus de répandre la confusion terminologique, n’offrent aucune clarification politique aux termes de l’équation. Ils ajoutent de l’aveuglement à la réaction émotionnelle nourrie par la peur alors que nous avons besoin aujourd’hui de raison, de rationalisation, de propos raisonnés, fermes certes, mais nécessairement raisonnables. »

Tout à fait d’accord : cette dérive est sous certains aspects raisonnée, rationnelle et violente mais non « barbare » contrairement à la présentation qu’en fait le monde politique et médiatique. Il convient effectivement d’en analyser la nature profonde pour sortir de la confusion et de l’aveuglement.

  • « Comment expliquer cette violence extrémiste ? Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi sur tous les continents dans des lieux chargés de sens et de symboles ? La première raison est politique. On ne peut pas aujourd’hui vouloir déconnecter ces actions de la scène internationale avec la violence, la terreur et la mort qui se sont installés depuis si longtemps en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Lybie et plus largement en Afrique et en Asie. Les politiques européennes et américaines à l’étranger ne sont pas coupées du monde et ceux qui les ciblent le répètent à longueur de vidéos : “vous avez répandu la guerre et la mort dans nos pays, nous vous rendons la monnaie de votre pièce.” »

Il est assez curieux que Tariq Ramadan pose comme première raison la responsabilité du monde occidental, et en particulier des européens et des américains. Même si cela rentre en ligne de compte, on s’attendrait d’abord à un mea culpa au nom de l’islam dont le lien avec la violence religieuse s’exprime depuis de nombreuses années dans des contextes très variés. D’ailleurs, si cette violence religieuse peut s’appuyer sur des motivations politiques en fonction des théâtres d’opération, il n’en reste pas moins qu’elle est première et existe sans cela, puisque la doctrine même de l’islam prône le jihad, « combat dans la voie d’Allah », et promet le paradis à tous les « martyrs ».

Rappelons en outre que la violence entre les multiples courants du monde musulman, et au premier chef desquels les sunnites et les chiites, est une constante depuis 1.400 ans, pour des motifs religieux.

  • « La seconde raison est exprimée à demi mots dans les différents communiqués des cerveaux commanditant ces opérations : il s’agit de provoquer des fractures dans les sociétés occidentales entre les musulmans et tous les autres citoyens. Aux musulmans, il s’agit de faire comprendre et sentir qu’ils ne seront jamais le bienvenu dans les sociétés occidentales. Le but étant également que ces dernières nourrissent une peur de l’islam et des musulmans et qu’elles assimilent leur présence au danger et à la violence. »

Tariq Ramadan rejoint avec cette analyse beaucoup de « sociologues islamologues » français qui ont finalement l’audace de vouloir nous empêcher de réfléchir. D’après leur vision, nous ne serions que des marionnettes manipulées par l’État Islamique et on nous dit : « puisque vous êtes manipulés, vous devez faire le contraire de ce que prétend vous faire faire le manipulateur ». Et l’on nous demande donc d’exprimer une solidarité sans faille avec l’islam de France qui, bien entendu, n’a aucun rapport avec tout cela (si ce n’est la religion…).

Ce qui est renversant dans ce discours est qu’à aucun moment n’est abordée de façon précise la question du contenu du discours du « manipulateur » alors que l’idée de manipulation implique nécessairement l’idée de tromperie. Car c’est bien le fond du problème : le discours de l’État Islamique est-il, oui ou non, une traduction correcte de la doctrine musulmane ? Si cela devait être le cas, faudrait-il parler de manipulation ? Malheureusement, la question n’est jamais abordée sous cet angle.

Les lecteurs d’Atlantico qui seraient intéressés pourront sans doute trouver quelques informations intéressantes pour éclairer ce débat dans l’ouvrage « Les racines doctrinales de l’État Islamique » en cours de publication e-book aux éditions UPPR (2 tomes d’une quarantaine de pages chacun).

Par ailleurs, si des fractures dans les sociétés occidentales entre les musulmans et les autres citoyens existent bien, puisqu’on voit depuis longtemps fleurir un peu partout le communautarisme, elles n’ont visiblement pas attendu l’État Islamique pour apparaître. À lire les textes musulmans, on en déduit que l’islam est une religion fondamentalement communautariste. Le Coran est clair sur la supériorité de la communauté musulmane sur toutes les autres et la nécessité pour elle de ne pas se mélanger avec celles-ci. Par exemple :

Sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes (…). Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux ; il y en a parmi eux qui croient mais la plupart sont des pervers. »

Sourate 3, verset 139 : « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. »

Sourate 60, verset 1 : « Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mes ennemis et les vôtres, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. (…) »

Malek Chebel écrit avec clairvoyance dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran (article « Amitié avec les incrédules ») : « Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

Ce communautarisme va jusqu’au souci de ne pas ressembler au mécréant, de peur de devenir comme lui, comme le rappelle Yusuf Qaradawi dans Le licite et l’illicite en islam : « Ibn Taymiyya a affirmé à juste titre que le fait d’être différent des mécréants est une obligation visée par le Législateur : « L’imitation des autres extérieurement aboutit à les aimer et à accepter leur protection intérieurement. De même que l’amour intérieur aboutit à l’imitation extérieure. C’est une vérité dont témoignent les sens et l’expérience ». »

Il n’existe pas aujourd’hui de pays, musulman (par définition) ou non, où la présence de l’islam ne se traduise pas par le communautarisme.

  • « Dans les faits, il ne s’agit pas à proprement parler d’une “radicalisation religieuse” puisque que les jeunes qui intègrent ces réseaux ont quelques semaines à six mois de pratique dans leur grande majorité. Le basculement est subi et il ne s’agit pas d’une progression de la pratique religieuse vers la violence et la terreur : certains de ces jeunes sont encore dans la délinquance, la boisson, la drogue et la vie des boites de nuit au moment même où ils organisent les attentats. »

Sur quelles données s’appuie l’affirmation selon laquelle les personnes radicalisées auraient dans leur grande majorité tout au plus 6 mois de pratique de l’islam, que ce soit parmi celles qui sont musulmanes de culture ou parmi les récent(e)s converti(e)s ? Un certain nombre de kamikazés ont fréquenté les milieux salafistes depuis plusieurs années. D’autres ont eu le temps de parfaire pendant des mois leur formation au Moyen Orient comme on a pu le retracer a posteriori à travers leurs multiples déplacements.

Si des jeunes basculent dans l’action violente, quels éléments permettent de dire que ce basculement est nécessairement subi, c’est-à-dire la résultante d’une manipulation ? N’a-t-on pas entendu la veuve d’un des kamikazés du Bataclan (Samy Amimour) faire part de la fierté d’avoir été l’épouse d’un combattant du jihad mort en martyr au combat ? Faut-il parler de manipulation dès lors que quelqu’un adhère à des idées qu’on ne partage pas ?

Si certains jeunes sont dans la délinquance, il est évident que cet état prédispose plus naturellement à l’action qu’une réflexion religieuse purement intellectuelle ; c’est tout à fait logique. Il en est de même dans des périodes troubles (insurrection, luttes communautaires, révolutions,…) : il est plus facile à ceux qui ont l’habitude de se battre et d’agir de prendre les armes.

Quant au fait que certains jeunes « soient encore dans la boisson, la drogue et la vie des boîtes de nuit au moment même où ils organisent des attentats », c’est précisément ce que l’État Islamique leur demande : passer inaperçus, se fondre dans la masse, donner l’impression de partager ce contre quoi en réalité ils se battent. Il est étonnant que cela ait échappé à Tariq Ramadan.

Enfin, même si certaines personnes sont sans doute en manque de repères parmi ces jihadistes, il faut arrêter de dire que le problème de l’action violente en islam est seulement un problème psychologique. La violence en islam est un problème vieux comme l’islam, a des racines claires dans la religion musulmane elle-même (et dans les textes sacrés), l’histoire du monde musulman en est la preuve évidente.

  • « La religion est convoquée et il faut donc y répondre avec un discours religieux solide et rigoureux mais s’il ne faut pas se tromper de cible : la référence religieuse est un vêtement qui cache des aspirations politiques, des volontés de pouvoir et de divisions cyniques, machiavéliques et souvent inhumaines (…). »

La religion est effectivement « convoquée », terme un peu pédant mais on voit l’idée. Sans doute la référence religieuse cache-t-elle des motivations politiques, mais le problème est que, indépendamment de la question politique, la référence religieuse existe bel et bien. Depuis 1.400 ans que l’islam existe, il est surprenant qu’un discours clair et solide sur le rapport de l’islam à la violence n’ait pas encore été élaboré pour répondre à cette problématique.

  • « Comment répondre à une situation si complexe dont les causes sont si diversifiées dont la conséquence est une violence qui peut sévir partout et sous de multiples formes. »

Tariq Ramadan fait partie des esprits les plus brillants et les plus instruits de la communauté musulmane mondiale. On est un peu surpris par sa difficulté à détricoter la complexité revendiquée de cette situation. Pourquoi vouloir introduire de la complexité si certains facteurs peuvent s’expliquer simplement, si ce n’est pour « noyer le poisson » ? Et si les Français lisaient la biographie originelle de Mahomet (Ibn Ishâq/Ibn Hîcham), n’auraient-ils pas matière à y découvrir de nombreuses clefs de lecture ? C’est une recommandation insistante qu’on ne peut que leur faire.

  • « Il s’agit de demeurer humbles tout en restant déterminés à combattre cette violence extrémiste en s’intéressant à ses causes autant qu’à son expression concrète. Cela commence, en Europe par exemple, par éviter de critiquer le modèle de société du voisin ou le manque de compétence de ses services de renseignements comme on l’avait entendu en Grande-Bretagne vis-à-vis de la France et aujourd’hui en France à l’égard de la Belgique. »

Cette humilité est louable mais ce rappel est assez stupéfiant. Il faut en effet se souvenir que quelques jours après les attentats de Charlie (janvier 2015), Tariq Ramadan avait laissé entendre sur le plateau de « Salut les Terriens » que les services de renseignement français avaient laissé faire. Voici le verbatim de son intervention : « J’ai dit et je le répète avec force…parce que toute personne raisonnable, qui n’a pas des question à se poser sur ce qui s’est passé en 2001, sur ce qui s’est passé en 2004, en 2005…et même avec ce qui s’est passé avec Mehra,….Il y a des questions, et j’ai demandé dès 2001 une commission d’enquête indépendante, non pas parce que je dis que c’est un complot, mais si vous voulez lutter contre les complotistes, apportez des réponses à des questions. Si aujourd’hui on sait qu’il y avait des menaces contre Charlie Hebdo, qu’ils aient pu aller aussi facilement…Moi je veux qu’on me dise comment ça se fait que les services de renseignement français aient laissé faire. Comment se fait-il que les renseignements français n’aient même pas vérifié les téléphones des femmes ce ceux qui allaient tuer ? Eh bien, j’ai des questions. Aujourd’hui, soit on me répond, par une enquête indépendante, soit on fait tous les imbéciles et on croit tout ce qu’on nous dit. Finalement, pour pouvoir être dans l’air du temps en France, faut la boucler. »

Tariq Ramadan Salut les terriens janvier 2015

Tariq Ramadan Complot janvier 2015

  • « Il nous faut une politique sécuritaire concertée sur toute l’Europe avec la double condition de comprendre, d’abord, qu’elle ne peut être qu’un moyen dans une stratégie plus globale et multidimensionnelle et, ensuite, qu’elle ne saurait justifier les stigmatisations de certains citoyens, les manquements aux droits humains (les migrants compris) et le non respect de la dignité égale des personnes. »  

La politique sécuritaire n’est pas en soi un facteur de stigmatisation. Elle prend simplement acte de ce qui se passe et de la différence énorme de vision culturelle et humaine qui sépare les pays européens de celle des migrants en provenance des pays musulmans.

  • « On ne peut soutenir des dictatures, être les partenaires politiques et économiques des Etats produisant la pensée salafi littéraliste (…). »

Tariq Ramadan met avec raison en exergue la relation schizophrène que la France entretient avec certains pays du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite, dont la doctrine converge sur bien des plans avec celle de l’État Islamique. En politique, on peut être effectivement amené à traiter avec ses pires ennemis idéologiques pour des raisons bassement économiques, mais il faut alors être lucide et conscient de ce que cela veut dire en matière de soutien et de développement de l’islam sur le territoire de « la fille aînée de l’Église ».

  • « Les citoyens musulmans doivent participer aux débats de société avec l’idée de penser et de construire la politique sociale de demain et non pas à être convoqués à se justifier, voire à se dédouaner après chaque attentat ou controverse. »

C’est bien en référence claire aux textes sacrés musulmans que les attentats sont perpétrés. Les citoyens musulmans seraient donc certainement dans une position plus facile s’ils étaient collectivement capables de formuler leur doctrine de façon unifiée et dans un langage intelligible et qu’on puisse ainsi juger de la différence par rapport à celle de l’État Islamique. Or cela semble pour le moment impossible et aucune initiative aujourd’hui n’en prend le chemin. Quant aux manifestations de compassion à l’égard des victimes, on peut raisonnablement dire qu’elles sont d’une ampleur sans commune mesure avec l’émoi médiatique entretenu avec force ces dernières années au sujet du voile islamique et de la burka.

  • « Je le répète depuis 25 ans, il n’y a pas d’échec de l’intégration religieuse et culturelle en Europe, mais un déficit, voire une déroute, des politiques sociales relatives à l’éducation, à l’habitat et à l’emploi notamment. »

L’échec est malheureusement patent. Tariq Ramadan ne semble pas beaucoup fréquenter les quartiers de Paris ou de la région parisienne où on circule beaucoup plus en djellaba qu’en jupe, où les femmes n’osent plus se promener seules, où un mauvais regard peut avoir des conséquences incalculables,… La France a-t-elle jamais connu les mêmes difficultés avec l’immigration européenne ?

  • « On le voit, il est nécessaire de clarifier les termes du débat, d’appréhender la complexité du phénomène et proposer des réponses multiples et complémentaires avec une approche holistique. Etre obnubilé par la seule question religieuse, refuser de voir l’aspect politique et espérer que les opérations guerrières et sécuritaires nous protégeront est un leurre aux conséquences dangereuses. »

Avant d’écarter la question religieuse, encore faudrait-il l’avoir analysée. Or, comme elle est systématiquement évacuée par tous les analystes et islamologues, pour des raisons politiques et religieuses évidentes, comment prétendre qu’elle n’entre pour rien dans le débat ? Ce n’est donc pas du tout comme cela qu’on apportera de la clarté et de la vérité dans le débat. La vérité intéresse-t-elle ?

CONCLUSION

Ces propos de Tariq Ramadan illustrent la subtilité d’un double discours qui semble particulièrement bien élaboré : la dialectique consiste en effet à constater certains faits problématiques, « donnant le change » et laissant croire à l’objectivité et à la sincérité de la démarche, mais en orientant systématiquement l’analyse sur des pistes « acceptables », c’est-à-dire qui ne nuisent pas trop au système religieux qu’on veut défendre quoi qu’il arrive, et donc aux dépens de l’exploration d’autres voies beaucoup plus intéressantes mais qui sont censurées ou occultées.

Reste alors cette implacable interrogation : Car, enfin, pourquoi la violence religieuse aujourd’hui est-elle le seul fait de l’islam ? Pourquoi ne trouve-t-on pas des kamikazés ou des tueurs à la kalachnikov chez les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les athées,… POURQUOI ?

Islam : l’Instance de dialogue démunie face à la radicalisation

Voici un intéressant article du Figaro revenant sur les difficultés extrêmes de l’islam de France et du gouvernement à affronter la question centrale de la violence en islam.

Article de Jean-Marie Guénois (Le Figaro, 22 mars 2016)

(Le texte de l’article est en italique, mon commentaire précédé de la mention : « COMMENTAIRE »)

Cette édition, menée par Bernard Cazeneuve, n’a pas apporté de solutions concrètes.

Une « instance de dialogue » discute beaucoup. C’est sa force mais aussi sa limite. Ainsi de la seconde édition, lundi 21 mars, de l’Instance de dialogue avec l’islam de France organisée par le ministère de l’Intérieur et intro­duite, le matin, par le premier ministre, Manuel Valls, en présence de nombreuses personnalités musulmanes, et consacrée – après une première, inaugurale, le 15 juin 2015 – à « la prévention de la ­radicalisation ». Mais devant un problème aussi complexe touchant des jeunes –  et échappant notoirement à toutes les fédérations musulmanes constituées -, peu de propositions concrètes ont été ­annoncées.

Sinon le fait que Bernard Cazeneuve ait assuré un renforcement de l’action des 196 aumôniers agréés de prison. Ils pourraient voir leur système d’indemnisation revu à la hausse par le ministère de la Justice. Autre nouveauté, la recommandation d’associer des experts religieux, pour enrichir le travail des 101 « cellules préfectorales de suivi et d’accompagnement des personnes radicalisées ». Cela se pratique dans un respect scrupuleux de la laïcité, assure le ministre, car « ce n’est pas à l’État de dire ce qu’est le bon islam ».

Suivi dans les prisons 

Il a cependant estimé « souhaitable » que les préfectures, comme les conseils régionaux du culte musulman et les associations qui sont au plus près du terrain, croisent davantage leurs compétences pour réussir à convaincre les 1.855 jeunes Français de confession musulmane actuellement suivis par ces cellules de ne pas succomber à la violence.

Nettement plus floues ont été les orientations prises pour contrer le « discours » radical qui s’installe dans les esprits et pouvant faire basculer « d’un jour à l’autre » un jeune dans la violence islamique, via notamment, « les réseaux sociaux ». Floues parce que personne ne voit comment les contrecarrer de façon efficace. Pas même le Conseil français du culte musulman qui a toutefois transmis au gouvernement un livre blanc à cet effet. Floues au point que beaucoup d’intervenants musulmans, même s’ils se divisent à ce sujet, réclament la création d’une instance doctrinale de l’islam de France. Quant au gouvernement, il a fini par évoluer sur le sujet. Bernard Cazeneuve semble avoir rompu avec la ligne refusant tout « amalgame » entre violence et islam. Elle fut pourtant encore prônée le matin par Manuel Valls, pour qui l’islam n’entretient pas « une violence qui lui serait propre ».

COMMENTAIRE : Tant que l’islam de France et le gouvernement français continueront à pratiquer le déni de réalité systématique sur les liens innés entre l’islam et la violence, rien n’est possible. L’incompétence gouvernementale et la peur des représentants de l’islam de France d’une désislamisation de leurs ouailles sont des alliés objectifs dans le maintien de l’obscurité qui entoure la doctrine musulmane dont on clame d’autant plus fort qu’il s’agit d’une religion d’amour et de paix que les attentats se succèdent : une véritable tragédie à la Dorian Gray. Qu’est-ce que la radicalisation ? Pour le savoir, encore faudrait-il savoir ce qu’est l’islam « normal » ? Avez-vous jamais vu une définition de l’islam « normal », et en référence à quoi ? Cela n’existe pas.

COMMENTAIRE : Quant à l’idée d’une instance doctrinale de l’islam de France, qui va oser la défendre et prétendre abandonner dans le monde sunnite le principe du consensus (ijma) pour fixer une doctrine qui ne peut qu’être universelle et donc s’imposer au monde entier ? Encore faudrait-il déjà commencer par lire les textes musulmans authentiques : or, il suffit de lire les ouvrages disponibles dans le commerce pour constater l’absence flagrante de référence à ces textes. Pourquoi ? Bonne question…

Triplement des extrémistes 

C’est cette ligne qui avait pourtant exclu – cinq mois seulement après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher – la thématique de la radicalisation du menu de la première réunion de cette instance le 15 juin 2015… « À l’évidence, a donc reconnu Bernard Cazeneuve, lundi, la dimension religieuse de la radicalisation, si elle n’est pas le seul facteur de ce phénomène, constitue l’idéologie, le cadre de la mobilisation proposée aux djihadistes à travers une lecture littéraliste et dévoyée de la religion, transformée en idéologie totalitaire. Cette idéologie prône le combat contre les non-musulmans mais aussi contre les musulmans eux-mêmes qualifiés de “faux musulmans” quand ils n’adhèrent pas à ce dogmatisme de la haine ». Il y a eu, depuis, les 130 morts du Bataclan et du Stade de France… Mais il y a aussi des chiffres terribles évoqués par Cazeneuve lui-même sur le pouvoir d’attraction de ce « dogmatisme de la haine ». Entre 2014 et aujourd’hui, leur nombre a triplé : 555 jeunes étaient séduits par cette perspective, ils sont désormais 1 855. Deux cents étaient partis combattre sur place, ils sont actuellement 606… 

COMMENTAIRE : Alors que c’est précisément ce qu’on nous apprend à l’école, lire simplement ce qui est écrit et s’attacher au sens littéral du texte, dans le cas de l’islam, il ne faut surtout pas le faire nous dit-on, parce que la lecture littérale est une lecture dévoyée ! Pourquoi ? Mystère. Pourtant jamais aucune injonction de ce type n’a été émise en ce qui concerne la lecture des textes juifs, chrétiens, bouddhistes, etc. sans parler de toute la littérature française (à l’exception bien sûr des poètes – et encore –, des surréalistes, etc.) et étrangère. Qu’ont donc les textes musulmans de si particulier ? Eh bien, la meilleure façon de le savoir, c’est de les lire ! Et sans doute alors vous comprendrez de vous-même. Surtout si vous avez l’intelligence et la curiosité de lire la biographie originelle du grand Mahomet (celle d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham cf. biographie).