Soumission & Obéissance à Allah et à son messager

Les mots arabes dérivent d’une racine composée de 3 lettres, voire 4, d’une grande richesse de sens et qui peut être à l’origine de multiples significations, déjà en arabe. Ainsi, le mot « islam » a pour racine SLM de laquelle dérive de multiples sens, comme : obéissance, soumission, abandon.

Si le contexte peut apporter des précisions sur la nuance à retenir, il reste que l’obéissance est une qualité essentielle du musulman, quoiqu’en disent beaucoup d’islamologues qui tentent de valoriser l’autonomie intellectuelle du musulman dans un monde occidental où cette autonomie est acquise depuis longtemps.

Mais à qui le musulman doit-il obéir ?

  • L’obéissance due à Allah

Cette obéissance est naturellement d’abord due à Dieu.

Coran, sourate 2, verset 229 : « (…) Voilà les ordres d’Allah. Ne les transgressez donc pas. Ceux qui transgressent les ordres d’Allah sont des injustes. »

Coran, sourate 3, verset 64 : « – Dis : « Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah ». Puis, s’ils tournent le dos, dites : « Soyez témoins que nous, nous sommes soumis ». »

Coran, sourate 24, verset 51 : « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». Et voilà ceux qui réussissent. »

Coran, sourate 33, verset 35 : « Soumis et soumises à Allah, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, (…) : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »

Coran, sourate 33, verset 36 : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et son messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Quiconque désobéit à Allah et à son messager est dans un égarement évident. »

Coran, sourate 5, versets 101&102 : « Ô les croyants ! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous causeraient du mal. Si vous posez des questions à leur sujet, au moment où le Coran est révélé, elles vous seront néanmoins divulguées mais Allah effacera votre faute à ce propos. Allah pardonne et est miséricordieux. Un peuple avant vous avait posé des questions pareilles puis, devint pour cette raison mécréant. »

La récompense de cette soumission, cette obéissance complète à Allah est bien sûr la victoire dur l’ennemi : Hadith (Bukhari) : « D’après Abdallah Ibn Umar, le Prophète, lorsqu’il revenait d’expédition, prononçait à trois reprises le takbir [ndlr Allah u akbar : « Dieu est le plus grand »] et disait a dit : « Nous revenons si Dieu le veut, nous repentant, adorant, chantant ses louanges, nous prosternant devant notre Seigneur. Dieu a tenu Sa promesse, a aidé Son serviteur et mis à Lui seul en fuite les Coalisés ». »

Pour Yusuf Qaradawi : « La promesse de l’Enfer liée à toute mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »

Dans un autre contexte (les interdits), Yusuf Qaradawi rappelle : « Il n’est pas nécessaire pour le musulman de connaître en détail quel est le mal pour lequel Dieu a interdit telle chose. Il se peut que lui échappe ce qui apparaît à d’autres. Il se peut que ce mal ne soit pas découvert à telle époque et qu’il devienne apparent plus tard. Le musulman doit toujours dire : « Nous avons entendu et nous avons obéi ». »

Tariq Ramadan raccroche cette soumission à une analyse philosophico-spirituelle particulièrement sophistiquée : « La reconnaissance que l’on a affaire à deux révélations [ndlr le livre révélé – le Coran –, et le livre de l’univers], qui proviennent d’un créateur unique (at-tawhid), et que celui-ci attend de nous que nous le reconnaissions, que nous ayons foi en lui et que nous essayions de rester fidèles à ses enseignements établit, par l’essence de cette approche, le contenu de l’objectif premier que nous [ndlr Tariq Ramadan] essayons d’identifier ici. Or, l’idée d’être dans une sorte de dette (dayn) de reconnaissance, de remerciement et de fidélité vis-à-vis de l’Unique est le sens étymologique et profond du concept de “din“ et qui provient de la même racine verbale. Cette dette exige d’essayer de vivre la foi en essayant de rester fidèle à la conception établie par les deux révélations concernant la vie et la mort (din), et ce en suivant la voie (ash-shari’a). Ainsi, il ne s’agit pas seulement de protéger les piliers de la foi ou le rituel mais d’établir une approche holistique qui établisse, à partir de la reconnaissance du “tawhid“, que l’élaboration éthique – dans sa totalité et à tous les niveaux, du rapport avec la nature à la pratique médicale – a pour fonction naturelle et première de rester fidèle à cette reconnaissance existentielle de dette (dayn din) et d’agir en conséquence et en cohérence. »

Il apparaît que ce sentiment de dette vis-à-vis du créateur ne se traduit pas seulement par une humble soumission dans un climat bienveillant et empli de compassion, mais aussi par une soumission imposée par la crainte inspirée par Allah.

Ainsi Malek Chebel indique : « Seul Dieu (étant le Ghafur, « celui qui est enclin au pardon ») est en mesure de pardonner les fautes à celui qui, ayant péché, accepte de s’incliner et de revenir à la raison. Ce pardon est toutefois soumis au fait que le repentant écoute de nouveau avec ferveur et assiduité les enseignements de la tradition et se comporte avec l’humilité qui sied aux repentants. Le Coran développe l’idée de la « crainte de Dieu » à travers une centaine de versets. »

  • L’obéissance due à Mahomet

Mais cette obéissance est due à un niveau quasiment égal au Prophète Mahomet, bien que celui-ci ne soit qu’un messager.

Coran, sourate 3, verset 50« (…) Craignez Allah et obéissez-moi. »

Coran, sourate 8, verset 1« Ils t’interrogent au sujet du butin. Dis : « Le butin est à Allah et à son messager. » Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à son messager, si vous êtes croyants. »

Coran, sourate 24, verset 54 : « Obéissez à Dieu ! Obéissez au Prophète ! (…) »

Hadith (Bukhari, Muslim) : « D’après Abû Hurayra, le Prophète a dit : « Quiconque m’obéit, obéit à Allah ; et quiconque me désobéit, désobéit à Allah. Quiconque obéit à l’émir, obéit à moi ; et quiconque lui désobéit, désobéit à moi ». »

Hadith (Bukhari) : « Salama a dit : « Après avoir rendu allégeance au Prophète, je me retirai à l’ombre de l’arbre. Lorsque la foule des musulmans se fut éclaircie, le Prophète me dit : – Eh bien ! Ibn al-Akwa, est-ce que tu ne me prêtes pas serment ? – Je l’ai déjà fait, ô Envoyé de Dieu, lui répondis-je. – Alors prête-moi serment encore, reprit-il. Je lui prêtai donc serment une deuxième fois. » Un des rapporteurs dit : « Je demandai à Salama quel serment il prêtèrent ce jour-là. Il me répondit : le serment de combattre jusqu’à la mort ». »

Hadith (Bukhari) : « Abû Hurayra rapporte que le Prophète a dit : « Laissez-moi tranquille tant que je vous laisse tranquilles. Ceux qui vous ont précédés ont péri à cause de leurs questions à leurs prophètes et des disputes avec eux. Lorsque je vous interdis quelque chose, abstenez-vous en ; lorsque je vous ordonne quelque chose, faites-le autant que vous le pourrez ». »

Rémi Brague rappelle que « Le hadith fonde la rigueur de l’obéissance sur le fait que résister à Mahomet c’est résister à Dieu lui-même : « Quiconque est rebelle à Muhammad est rebelle à Dieu » (Bukhari). »

Par cet impératif requérant de lui obéir, on peut penser que Mahomet s’est auto-sacralisé afin d’assurer son pouvoir politique (ce qui était bien sûr de nature à déplaire fortement aux tribus arabes de l’époque et explique leur opposition naturelle). Cette sacralisation ne s’éteint pas avec la mort du Prophète mais perdure pour la suite des temps et est à mettre en rapport avec le caractère « intouchable » de Mahomet au yeux des musulmans, dont on voit les effets dès lors que quiconque s’avise d’émettre la moindre critique à l’égard du Prophète. Mahomet est nécessairement exemplaire.

Naturellement, toute désobéissance à Allah ou à son messager a de terribles conséquences. L’Éthique rappelle par exemple : « Puis les musulmans avaient reçu au cours de la bataille de Ouhoud [ndlr Uhud] une gifle douloureuse qui leur fit perdre soixante-dix de leurs hommes valeureux et les renvoya à Médine avec l’amertume de la défaite et la réjouissance des mécréants de leur malheur. Pourquoi cela, alors que leur croyance en Dieu et leur défense de la vérité les préparaient à une victoire éclatante ? Parce qu’ils se sont querellés, se sont divisés et ont désobéi à l’ordre de Dieu et de son prophète. »

  • Conclusion : une cinquième colonne d’agents dormants en Europe ?

Cette conception de l’obéissance pose un vrai problème lorsqu’elle est s’insère, comme c’est le cas en islam, dans une culture marquée par plusieurs autres caractéristiques :

–  les notions de dar-al-islam et dar-al-harb (cf. territoires) qui maintiennent toujours en filigrane le prosélytisme d’une religion dont la vocation est de conquérir le monde, en employant les armes si nécessaire lorsque le rapport de force devient favorable.

–  l’interdiction de prendre pour allié ou ami tout non-musulman (cf. amitié), car toute amitié est déjà un début de partage et de reconnaissance de valeurs non-musulmanes. Le non-musulman ne peut avoir qu’une seule position sociale : être soumis au musulman.

–  l’absence d’autorité spirituelle dans le monde sunnite qui introduit un flou considérable sur la réalité de ce qu’est l’islam et est un instrument extrêmement puissant pour introduire de la confusion dans tous les débats sur la réelle responsabilité de la communauté musulmane au regard de la violence générée par la religion dont elle est le porte-drapeau.

Ainsi, les Occidentaux européens, tenaillés par la bonne conscience chrétienne molle qui les imprègne  – cumulée en outre parfois à leur mauvaise conscience d’anciens colonisateurs ou exterminateurs, dans une société dont les valeurs sont par ailleurs en pleine décomposition –, sont bien incapables dans leur utopie humaniste de mesurer réellement le danger qui les guette.

En France, l’« élite » semble convaincue que la laïcité revancharde viendra à bout de l’islam : funeste et dangereuse prétention.

Sans doute les Européens feraient-ils bien de réfléchir à la condition imposée aux minorités non-musulmanes dans les pays musulmans et au sort que ces minorités connaissent, même après des décennies de vie communautaire plus ou moins chaotique,  lorsque l’islam retrouve sa vigueur d’antan.

Loi & Justice

Dans le Coran, comme largement dans les anciens temps bibliques, il n’y a pas des hommes « bons » mais des hommes « justes ». Est « juste » celui qui vit conformément à Loi divine et se comporte envers ses semblables selon cette Loi. L’« injuste » (kufr/kâfir[1]) est celui qui ne tient pas compte de la Loi divine.

Coran, sourate 1, verset 6 : « Guide-nous dans le droit chemin, »

Coran, sourate 2, verset 229 : « (…) Voilà les ordres d’Allah. Ne les transgressez donc pas. Ceux qui transgressent les ordres d’Allah sont des injustes. »

[1] Les dallun étant par ailleurs les égarés en général.

Pour Rémi Brague (ouvrage « La Loi de Dieu ») : « Rien n’échappe à la loi, observe Ghazali. (…) La loi est le seul et unique fondement de l’obligation. Ce n’est que par la loi (shar’) qu’on peut savoir qu’une chose est bonne ou mauvaise. Elle seule permet de distinguer entre justice et violence. »

Pour le musulman, il convient de respecter les règles édictées par Allah et dont la transcription sur Terre est codifiée dans la chari’a. La chari’a détermine dans un endroit donné toutes les règles que doit suivre le musulman. En l’absence de hiérarchie religieuse au sein du monde sunnite, largement majoritaire, la chari’a dépend de l’autorité religieuse locale de la région considérée dans chaque pays.

Le Conseil européen des fatwas et de la recherche précise (2002) que la désobéissance conduit à l’enfer : « La promesse de l’Enfer liée à tout mauvaise action commise par le musulman signifie non pas que celui-ci y demeurera éternellement comme c’est le cas pour les négateurs (kuffâr), mais qu’il y sera envoyé comme tout monothéiste ayant désobéi. »

Religion « d’amour et de paix » & Violence : quelques faits

Comment une religion « d’amour et de paix » peut-elle susciter autant de ces actes ?

  • Août  2015 : attentat déjoué d’Ayoub el-Khazzani dans le TGV (cf. article Hani Ramadan)
  • Juin 2015 : attentat en Isère commis par Yassin Salhi (un mort décapité)
  • Juin 2015 : 38 touristes européens tués en Tunisie (Sousse)
  • Février 2015 : exécution de 21 coptes en Libye : message de l’État Islamique à l’attention du monde chrétien (cf article Libye).
  • Janvier 2015 : de nombreuses églises incendiées au Niger dans le cadre des manifestations anti-Charlie Hebdo, preuve d’une absence totale de réflexion de la part des groupes musulmans concernés puisque les chrétiens ne sont pour rien dans cette affaire (violence aveugle dont on voit malheureusement qu’elle se réactive rapidement contre les ennemis jugés « naturels » de l’islam ), les journalistes de Charlie Hebdo vomissant toute forme de religion, qu’il s’agisse de l’islam, du judaïsme ou du christianisme.
  • 8 janvier 2015 : attentat contre le journal Charlie Hebdo (12 morts), meurtre d’une femme policier et de quatre personnes juives.
  • Décembre 2014 : Condamnation à mort pour apostasie de Mohamed Cheikh Ould Mohamed en Mauritanie
  • 4 novembre 2014 : un couple de jeunes chrétiens pakistanais, accusés de blasphème contre le Coran, a été battu à mort puis leurs corps ont été brûlés dans le four à briques où ils travaillaient.
  • Octobre 2014 : la Haute Cour de Lahore (Pakistan) confirme la condamnation à mort d’Asia Bibi, chrétienne et mère de 5 enfants, prononcée en 2010 suite à l’accusation blasphème à l’égard de Mahomet portée contre elle par des femmes musulmanes de son village ; il ne lui reste plus aujourd’hui comme recours que la Cour Suprême du Pakistan.
  • Octobre 2014 : double attentat au Canada
  • Septembre 2014 : 800 policiers sont mis à contribution à Sydney et Brisbane en Australie pour arrêter une quinzaine d’islamistes qui projetaient de perpétrer des meurtres spectaculaires sur des civils.
  • Été 2014 : Mise en place de patrouilles islamiques à Wuppertal en Allemagne (interdites rapidement par les autorités allemandes).
  • Mai 2014 : tuerie au Musée juif de Belgique (4 morts)
  • Leila Hatami, comédienne iranienne et membre du jury du 67ème Festival de Cannes, rappelée à la bienséance par les autorités islamiques d’Iran pour avoir fait la bise à Gilles Jacob (cf. article Contact avec les hommes).
  • Raif Badawi, fondateur d’un site internet de discussion sur la religion, en prison depuis 2012 en Arabie Saoudite pour « la production, la préparation, la diffusion et le stockage de contenus qui sapent l’ordre public, les valeurs religieuses, la décence publique et l’intimité. » Il a été condamné en septembre 2014 à 10 ans en prison, 1.000 coups de fouet (par tranche de 50 tous les vendredis), en plus d’une interdiction de quitter le pays pendant 10 ans après la fin de sa peine ;
  • Meria Yahia Ibrahim, de père musulman et de mère chrétienne, élevée dans la religion chrétienne depuis l’âge de 5 ans, condamnée à mort pour apostasie au Soudan, mais libérée sous la pression internationale en juillet 2014 ;
  • 2014 : création de l’État Islamique d’Irak avec son cortège d’atrocités (comme la conversion forcée ou la mort pour les non-musulmans, notamment des dizaines de milliers de chrétiens et yézidis, entraînant la fuite et la spoliation de leurs biens sur une terre occupée bien avant la naissance de l’islam) ;
  • 2013 (août) : destruction partielle ou totale d’une soixantaine d’Églises coptes en Égypte (pratique de destruction sporadique dans ce pays depuis des décennies) ;
  • La revendication du jihad par le Hezbollah au Liban, le Hamas en Palestine, Al Qaida, les Talibans en Afghanistan, le Groupe islamique armé en Algérie (devenu AQMI, Al Qaida au Maghreb islamique depuis 2007) ;
  • La pratique des crimes d’honneur (notamment en Syrie, Turquie, Pakistan, Bangladesh, Jordanie), très rarement condamnée par les musulmans. Ainsi, Farzana Parveen, jeune pakistanaise musulmane de 25 ans enceinte, battue à mort à coups de brique le 27 mai 2014 à l’entrée du tribunal de Lahore par une trentaine de membres de sa famille décidés à venger leur honneur, celle-ci ayant décidé d’épouser un homme contre l’avis de sa famille.
  • Depuis 2012 : les multiples méfaits du mouvement islamiste Boko Haram au Nigéria, comme l’enlèvement de deux cents jeunes filles majoritairement chrétiennes destinées à être converties, mariées de force ou réduites en esclavage ;
  • 2012 : Mohammed Merah, français d’origine algérienne, tue 7 personnes dont 3 enfants ;
  • 2012 jusqu’à aujourd’hui : recrutement et endoctrinement de jeunes européens (plusieurs centaines), dont beaucoup de Belges et de Français, pour aller faire le jihad en Syrie ;
  • 2005/2006 puis 2013 : affaire des caricatures danoises reprises dans Charlie Hebdo ; manifestations et émeutes dans de nombreux pays à travers le monde (ex. incendie de l’ambassade danoise de Beyrouth et invasion du quartier chrétien de Beyrouth par des foules en colère) ;
  • 2012 : Manifestations violentes suite à la diffusion de la bande-annonce du film « l’innocence des musulmans » ;
  • 2005 : attentats islamistes de Londres : 56 morts ;
  • 2004 : assassinat de Theo Van Gogh (criblé de balles puis égorgé) par un jeune musulman hollandais d’origine marocaine, peu de temps après la sortie d’un court-métrage dénonçant la soumission des femmes dans l’islam ;
  • 2004 : attentats islamistes en Espagne : 191 morts, 1.800 blessés ;
  • 2002 : prise d’otage à Moscou par un commando tchétchène (mort de 67 otages) ;
  • 2002 : Amina Lawal, mère de famille de 31 ans, condamnée au nom de la chari’a (remise en vigueur en 2000 au Nigéria) à la mort par lapidation par un tribunal islamique du Nigéria pour avoir eu un enfant plus de 9 mois après son divorce, donc hors mariage (sous la pression internationale, la condamnation fut toutefois annulée en septembre 2003).
  • 2001 : 16 chrétiens tués à Bahawalpur (Pakistan) dans l’église Saint-Dominique pendant l’office par plusieurs hommes armés ;
  • 2001 : destruction des Bouddhas de Bamiyan par les Talibans en Afghanistan, la chari’a étant appliquée avec ses multiples atteintes aux droits de l’homme et son impact sur la condition de la femme ;
  • 2001 : attentats du 11 septembre (2.970 morts) provoqués par des terroristes islamistes principalement originaires d’Arabie Saoudite ;
  • Années 2000 : le groupe islamiste Shabab terrorise la Somalie (toujours d’actualité) ;
  • 1997 : mort d’une soixante de touristes à Louxor ;
  • 1996 : assassinat de 7 moines de Tibhérine ;
  • 1995 : attentats de Paris

 

Les châtiments corporels : adultère et lapidation

L’adultère est puni très sévèrement en islam.

Coran, sourate 4, verset 15 : « Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d’entre vous. S’ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu’à ce que la mort les rappelle ou qu’Allah en décide autrement. »

La lapidation ne figure pas explicitement dans le Coran mais de nombreux autres éléments de la Tradition attestent sans conteste la validité de cette peine.

Rémi Brague précise : « Selon le hadith, Mahomet se glorifie de maintenir dans toute sa rigueur la lapidation biblique des femmes adultères, alors que les juifs l’avaient depuis longtemps abandonnée dans la pratique. Or le Coran tel que nous l’avons ne parle que de flagellation. Il a donc fallu inventer un « verset de la lapidation », verset purement virtuel qui n’aurait pas été intégré au recueil écrit des révélations. »

La Sîra de Mahomet indique :

–  « Mahomet a dit : « Ô Unais ! Va voir la femme de cet homme et si elle confesse l’adultère, alors lapide-la à mort. » »

–  « Mahomet a dit : « Quand un homme célibataire commet l’adultère avec une femme célibataire, ils recevront cent coups de fouet et seront bannis un an. S’ils sont mariés, ils recevront cent coups de fouet et seront lapidés à mort. » »

–  Section « Ils [ndlr des juifs] se réfèrent à l’Envoyé d’Allah au sujet de la lapidation » : « Ils allèrent à l’Envoyé d’Allah et lui dirent : « ô Muhammad ! Voici un homme marié qui a commis l’adultère avec une femme mariée. Prononcez une sentence sur leur cas, car nous te prenons pour juge dans leur cas. » (…) L’Envoyé d’Allah sortit de la Maison de Midrâs et ordonna de les lapider devant la porte de sa mosquée dans le quartier des Banû Ghanm b. Mâlik b. al-Najjâr (…) Lorsque le juif sentit les pierres, et il alla à sa compagne et la protégea pour lui éviter les coups de pierres, jusqu’à ce qu’ils fussent tués ensemble. L’Envoyé d’Allah dit : « C’est donc moi qui ai ressuscité le jugement de Dieu [ndlr Mahomet remit en vigueur la lapidation que les juifs avaient abandonnée] et son Écriture et qui l’ait pratiqué ». »

–  « Lors du pèlerinage d’adieu, Mahomet dit : « L’enfant appartient au lit et la femme adultère doit être lapidée. » »

–  « Dans le pavillon de Banû Sâ’idah, juste après la mort de Mahomet, Omar déclara : « Parmi les versets que Dieu révéla à Mahomet est le verset de la lapidation. Nous l’avons bien lu et assimilé. L’Envoyé d’Allah a lapidé, et nous autres après lui avons lapidé. Je crains qu’après un long temps, un des hommes dise : par Dieu, nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre de Dieu, et par-là les gens s’égareraient en abandonnant une obligation que Dieu a révélée. La lapidation, dans le Livre de Dieu, est un droit imposé à celui qui commet l’adultère, qu’il soit homme ou femme, s’il est marié et s’il y a une preuve probante ou s’il y a conception ou confession. » »

La Tradition (at-Tirmidhî) rapporte : « Umar bin al-Khattab rapporta : « Le messager d’Allah a lapidé, Abu Bakr a lapidé, et j’ai lapidé. Si je ne détestais pas faire un rajout dans le Livre d’Allah, je l’aurais fait dans le Mus’haf. Car, je crains que plus tard viennent des gens qui, ne le trouvant pas dans le Livre d’Allah, n’y croient plus. » »

Pour la jurisprudence malikite, se reporter à l’article dédié (lapidation malikite).

Les châtiments corporels : vol et amputation

L’islam punit le vol par l’amputation : ce point de doctrine est très clair et n’est pas remis en cause par les communautés musulmanes en Europe.

Coran, sourate 5, verset 38 : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez-leur la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est puissant et sage. »

La Tradition (Bukhari) rapporte : « Le Prophète a dit : la main du voleur doit être coupée si le vol excède un quart de dinar. »

La jurisprudence chaféite indique :

Section p21.1 « Dieu a dit : « Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’Allah. Allah est Puissant et Sage. » » (Coran, sourate 5, verset 38).

Section p21.2 « Le prophète a dit :
(1) « Dieu maudit le voleur dont la main est coupée pour avoir volé une corde. »
(2) « Si Fatima, la fille de Mahomet, volait, je lui couperais la main. » »

Section o14.1 « La main droite est amputée, que la personne soit musulmane ou un non-musulman de l’État Islamique, quand cette personne a :
(d) volé au moins pour une valeur d’un quart de dinar (soit 1,058 grammes d’or) ;
(f) dès lors qu’il ne peut pas y avoir de confusion possible sur le fait qu’il s’agissait effectivement d’un vol et non pour une autre raison.
Si la personne vole une seconde fois, son pied gauche est amputé ; s’il s’agit d’une troisième fois, alors sa main gauche est amputée ; et s’il vole encore, alors son pied droit. S’il vole une cinquième fois, il est battu. S’il n’a pas de main droite lors du premier vol, alors son pied gauche est amputé. S’il a une main droite mais la perd avant d’avoir été puni par un acte de Dieu, rien n’est amputé. »

En pratique, ces peines ne sont pas toujours appliquées de façon systématique dans le monde musulman (tout dépend de la chari’a ou de la loi locale), quoique la non-application de ces peines contrevienne au Coran. Elles le sont dans la plupart des pays dits « orthodoxes » (ex. péninsule arabique, Afghanistan, Afrique noire) mais a priori pas dans les pays d’Afrique du nord, où le vol est néanmoins puni très fortement (jusqu’à la réclusion à perpétuité).

L’amputation est couramment pratiquée en Arabie Saoudite : interview d’Abdallah Bin Sa’id Al-Bishi, un des bourreaux actuellement en exercice.

Abdallah Bin Sa’id Al-Bishi

 Arabie Saoudite Amputation

La jurisprudence malikite reprend les éléments suivants :

–  « Abdullah ibn Omar a rapporté que l’envoyé de Dieu a ordonné la coupure de la main pour le vol d’un bouclier dont le prix est de trois dirhams. »

–  « Un voleur interrogé, et avouant son acte, Aïcha, la femme du Prophète ordonne de lui couper la main et dit : « On coupe la main du voleur, au cas où le prix de l’objet volé est d’un quart de dinar ou plus. » »

–  « Mâlik a dit : « Ce que je préfère, c’est que la main soit coupée, au cas où l’objet volé est du prix de trois dirhams, même si le prix de change en subit une augmentation ou une diminution. De ce fait, l’envoyé de Dieu avait ordonné que la main soit coupée au cas où le bouclier est d’un prix de trois dirhams. Quant à Osman ibn Affan, il l’a aussi exigé pour un cédrat dont le prix est de trois dirhams. C’est ce que j’ai entendu de mieux à ce sujet. » »

–  « Mâlik a dit : « On coupe la main du voleur pour un objet qu’il a volé même s’il ne l’a pas utilisé et qu’il a été remis à son propriétaire. Ainsi, le voleur avait l’intention de le garder. » »

Arabie Saoudite Chatiments

Islam et modernité

Tariq Ramadan analyse le rapport douloureux de la société musulmane à la modernité.

Conférence au Maroc

Tariq Ramadan Maroc Modernite

Tariq Ramadan écrit par ailleurs : « Les sociétés majoritairement musulmanes sont le plus souvent à la traîne sur le plan économique, elles ne présentent la plupart du temps aucune garantie démocratique et, quand elles sont riches, elles ne contribuent à aucun progrès intellectuel et/ou scientifique. Tout se passe comme si le monde musulman, se percevant comme dominé, n’avait pas les moyens de ses prétentions. L’expérience de l’exil économique va ajouter à ce sentiment présent, mais diffus, la dimension concrète des tensions et des contradictions. La peur de perdre sa religion et sa culture au cœur des sociétés occidentales provoque des attitudes naturelles de repli et d’isolement. »

Malek Chebel indique : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

De son côté, Tareq Oubrou juge seulement « un peu exagéré » la déclaration de l’éditorialiste italien d’origine égyptienne Magdi Allam, récemment converti de l’islam au catholicisme : « Le problème des réformateurs de l’islam, c’est qu’on ne les trouve que dans deux endroits : les universités françaises et les cimetières du monde musulman. »

Les musulmans sont-ils supérieurs aux non-musulmans ?

Tariq Ramadan analyse le sentiment de supériorité des musulmans vis-à-vis des non-musulmans, et au sein même de la communauté musulmane.

Conférence au Maroc

 Tariq Ramadan Maroc Superiorite

Cette revendication à la supériorité des musulmans en tant que communauté  (Oumma) solidaire  s’inscrit clairement dans la doctrine du Coran :

Coran, sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes : vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable et vous croyez en Allah. Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux ; il y en a parmi eux qui croient mais la plupart sont des pervers. »

Coran, sourate 3, verset 139 : « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. »

Cette supériorité s’accompagne naturellement d’un fort communautarisme qui sépare la communauté musulmane aux communautés des non-musulmans.

Coran, sourate 3, verset 103 : « Et tenez-vous fermement tous ensemble à la corde d’Allah et ne soyez pas divisés ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous lorsque vous étiez divisés : c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. »

Coran, sourate 3, verset 104 : « Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdise le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront. »

Coran, sourate 8, verset 73 : « Les incrédules sont alliés les uns des autres. Si vous n’assistez pas les croyants non encore émigrés, il y aura tentation d’abjurer sur terre et grand désordre. »

Cette supériorité de la communauté musulmane s’accompagne d’une solidarité religieuse, qui transcende tout nationalisme, comme le rappelle un propos de Mahomet tenu peu de temps avant sa mort figurant dans la Sîra : « Musulmans, apprenez que tout musulman est le frère d’un musulman et que tous les musulmans sont des frères. »

Ce sentiment communautaire et cette supériorité sont des constantes de la culture musulmane : un mécréant ou un représentant des Gens du Livre ne peut pas valoir un musulman. Dans n’importe quel pays musulman aujourd’hui, un non-musulman n’a pas les mêmes droits qu’un musulman. L’histoire de l’islam et la jurisprudence islamique en donnent des preuves abondantes.

Le préambule de la Déclaration des droits de l’homme islamique de 1990 affirme : « (…) le rôle civilisateur et historique de l’Oumma islamique, dont Dieu a fait la meilleure Communauté ; qui a légué à l’humanité une civilisation universelle et équilibrée, conciliant la vie ici-bas et l’Au-delà, la science et la foi ; une communauté dont on attend aujourd’hui qu’elle éclaire la voie de l’humanité, tiraillée entre tant de courants de pensées et d’idéologies antagonistes, et apporte des solutions aux problèmes chroniques de la civilisation matérialiste ; » 

L’article 2 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui stipule « Chaque citoyen musulman se doit de respecter la citoyenneté telle qu’elle est établie par les lois françaises de la République. Celle-ci reconnait la diversité et la pluralité de la société, ne faisant aucune distinction entre les croyants ou non. Elle prône la solidarité, l’égalité et la tolérance. » est un déni de la réalité vécue aujourd’hui dans les pays musulmans et qui a pour objectif de faire accroire l’idée rassurante que la conception musulmane de la société est sans danger pour la laïcité et la démocratie française.

D’ailleurs, dans un contexte français marqué par une évidente difficulté à s’intégrer normalement (comme beaucoup d’européens l’ont fait – italiens, portugais, polonais,…- ou d’indiens ou d’asiatiques – dont on entend guère parler  et qui ne peuplent guère les prisons -), l’hyper sensibilité de la communauté musulmane sur ce sujet est évidente et aboutit à des sous-entendus nauséeux et des revendications inquiétantes, comme en témoigne officiellement la Convention citoyenne des musulmans de France qui stipule dans son article 2 : « Les musulmans sont en droit de revendiquer que leur citoyenneté ne puisse être assimilée à une citoyenneté de seconde zone ou de faire l’objet d’une quelconque remise en cause. Le musulman est d’abord un citoyen. Il affirme ou non, ensuite, son appartenance religieuse. » Car qui a jamais parlé à l’égard des musulmans de citoyenneté de seconde zone ? Quel curieux procès d’intention. Est-ce l’État français qui a créé ces zones de non droit où la police n’ose même plus entrer ? La doctrine est têtue : force est de reconnaître que, malheureusement, la doctrine musulmane privilégie de façon évidente l’appartenance à la religion et se moque bien de la citoyenneté vis-à-vis de tel ou tel pays.

Esprit critique & Victimisation dans la culture musulmane

Tariq Ramadan analyse la difficulté des musulmans à entendre les critiques qu’on peut leur adresser et leur tendance à se poser en victimes (conférence donnée au Maroc).

Tariq Ramadn MarocTariq Ramadan Maroc Victimisation

Tariq Ramadan écrit également :

–  « L’absence de débat critique et serein est à notre sens l’un des maux qui rongent la pensée musulmane contemporaine. »

–  « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine »

–  « Depuis longtemps les musulmans ne savent plus se mettre d’accord intellectuellement pour quelque chose (une idée, un projet ou un engagement) : ils ne se rapprochent émotionnellement les uns des autres et offrent parfois un front apparemment que lorsqu’il s’agit de se mobiliser contre un potentiel ennemi, une provocation ou une attaque. Loin du dialogue critique, l’union est effectivement émotive, souvent excessive, ponctuelle et éphémère. Certains “ulama“ et musulmans y voient une force de la Oumma islamique alors qu’au-delà de l’effet de l’image, on est en présence de l’expression d’une fragilité et d’une faiblesse à nulle autre pareilles. Les manifestations populaires, si excessives dans le monde musulman, contre les caricatures danoises ou les propos du pape Benoît XVI en Allemagne disent davantage sur des sociétés où le débat critique est absent, où la société civile est muselée (et parfois habilement instrumentalisée pour jeter son dévolu sur l’étranger, sur l’Occident), où le formalisme hypocrite est institutionnalisé que sur l’objet spécifique de la colère. »

–  « Le tableau ne serait pas complet si l’on oubliait le jeu joué par certains gouvernements arabes. Ces derniers ont également très peur de toutes les voix qui, installées en Occident, peuvent faire la critique de la dictature, du manque de démocratie, de l’absence des sociétés civiles, de la torture et de l’oppression des populations. Des États comme l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la Syrie, la Tunisie ou l’Algérie (et tant d’autres), n’ont de cesse d’intervenir par des voies directement politiques ou diplomatiques pour jeter le discrédit sur les savants, les intellectuels ou les leaders musulmans qui les critiquent. »

–  « Il faut terminer cette liste non exhaustive de déficits avec un dernier écueil très souvent, trop souvent, rencontré dans les communautés musulmanes d’Occident. Qui cherche à évaluer les modes d’adhésion des musulmans aux discours qui leur sont proposés se rendra à l’évidence que l’émotivité est le principal canal d’attraction. Des discours qui touchent le cœur, qui s’appuient sur une unité supposée de la communauté, qui relatent une histoire de la civilisation islamique souvent idéalisée, qui enfin « prouvent » la grandeur de l’islam par une critique en règle de l’Occident… et voilà les intelligences et les émotions emportées pour une heure ou davantage. L’essentiel est sauvé : la vérité est de notre côté, la faute dans l’autre camp. Le déficit d’autocritique est tous les jours patent et dans l’esprit de beaucoup de musulmans il demeure que « critiquer un musulman, c’est critiquer l’islam », ou encore, presque plus gravement, « faire le jeu de l’ennemi, de l’Occident ». »

Pour Malek Chebel, le constat est également très sévère :

–  « L’attitude du croyant musulman vis-à-vis du corpus coranique a toujours été empreinte d’exaltation et de respect, ce qui l’empêche d’affronter les nouvelles idées. »

–  « Celui qui analyse les difficultés que rencontrent aujourd’hui l’islam et les musulmans est frappé par la faiblesse de la pénétration de la pensée rationnelle dans la pensée religieuse. »

–  « L’une des caractéristiques actuelles de la pensée en islam est d’être univoque. Mais lorsqu’on dit « univoque », il faut entendre le mot au sens immédiat du terme et non pas de manière métaphorique ou distanciée. Très distinctement, l’esprit musulman d’aujourd’hui répugne à se voir reprocher, même avec doigté, l’absurdité logique de telle pensée anachronique ou fossile, surtout si elle a été codifiée par le Coran ou la sharia. »

–  « Pour les autorités religieuses, il ne peut pas y avoir de liberté en dehors du dogme lui-même, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de liberté du tout, hormis évidemment celle qui consiste à suivre la voie telle qu’elle a été tracée depuis des lustres. »

Le diagnostic de Malek Chebel va d’ailleurs plus loin puisqu’il écrit : « Je suis frappé par l’emprise phénoménale que les religieux ont sur la société, et plus particulièrement sur les couches sociales démunies. Du reste l’étau de fer dans lequel se trouve la société arabe, perse ou indonésienne, n’est pas prêt de se desserrer, car la corporation des religieux a compris depuis longtemps que l’élévation du niveau de vie et surtout l’acquisition de connaissances rationnelles – les deux fers de lance du progrès humain – sont deux des facteurs qui limitent son influence. »

Tareq Oubrou considère de son côté que « Les musulmans ne sont jamais invités à se remettre en question [ndlr lors de la prière du vendredi à la mosquée]. L’islam leur est présenté comme LA solution universelle. »

C’est d’ailleurs ce que laisse entendre l’Éthique du musulman qui stipule : « Le croyant véritable n’accorde aucun intérêt à ce qui n’a pas de fondement certain dans la religion de Dieu. Évidemment, il va rencontrer, en raison de son audace face aux coutumes et aux habitudes, gêne et contrainte. Toutefois, il ne doit craindre, pour Dieu, le reproche de quiconque. Il doit poursuivre son but sans se préoccuper de la dureté des critiques et des invectives blessantes. »

La décapitation : un mode d’exécution validé doctrinalement en islam

La décapitation ne constitue pas un acte « barbare » au regard des valeurs musulmanes puisque :

1 ) C’est un mode d’exécution pratiqué par Mahomet lui-même et par ses partisans, comme en atteste sa biographie (se reporter à l’article décapitation). De ce point de vue, l’État Islamique a donc simplement remis cette pratique au goût du jour pour être le plus conforme possible à la pratique du Prophète.

2) La décapitation est une pratique parfaitement validée dans certains pays musulmans d’aujourd’hui au travers de la chari’a, notamment en Arabie Saoudite, terre sainte de l’islam, où elle est régulièrement mise en œuvre par les autorités (voir exemple de vidéo ci-dessous), généralement de façon publique.

 

Execution Arabie Saoudite 2015

Execution Leila Bassem 2015

La décapitation : une pratique de Mahomet, mise en scène par l’État Islamique avec des moyens modernes

Décapitation au couteau de chrétiens coptes par Daech sur les rives de Libye (février 2015) : IMAGE CENSURÉE

(par l’effet de la loi française qui poursuit ceux qui s’expriment librement)

La décapitation, validée et pratiquée par Mahomet – qui ne peut donc pas être considérée pour cette raison comme « barbare », sauf à considérer que Mahomet lui-même était un « barbare » -, a été reprise par Daech qui lui a donné une publicité d’envergure à l’échelle de ce que permettent les moyens modernes de communication.

Les extraits qui suivent de la Sîra illustrent quelques exemples de décapitation :

Retour de la bataille de Badr : « Après Badr, le Prophète regroupa les prisonniers et les emmena avec lui à Médine. À son arrivée à Rawhâ, les musulmans qui n’avaient pas pris part à la bataille sortirent à sa rencontre pour le féliciter, avec ses compagnons, de la victoire que Dieu leur avait procurée. (…) Le Prophète ordonna de tuer Uqba ibn Abû Mu’ît. Uqba lui demanda :
–  Muhammad, qui va nourrir mes petits-enfants ?
–  Le feu, répondit-il.
Ali lui trancha la tête. Le Prophète poursuivit son chemin et parvint à Médine un jour avant les prisonniers. »

Condamnation de Habbâr : « Le Prophète, ayant appris l’inconduite de Habbâr, lui envoya quelques-uns de ses compagnons : « Si vous mettez la main sur ce Habbâr ibn al-Aswad, leur dit-il, brûlez-le sur un bûcher ». Le lendemain, se ravisant, le Prophète leur envoya dire : « Je vous avais ordonné de brûler Habbâr. Puis j’ai pensé que le supplice du feu, Dieu seul pouvait l’ordonner. Si vous arrivez à le saisir, tranchez-lui simplement la tête. » »

Extermination des juifs Banû Quraydha à Médine : se reporter à l’article dédié à ce sujet (Banû Quraydha) : « Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Exécution du juif Huayy ibn Akhtab : « On fit donc venir Huayy ibn Akhtab devant le Prophète. Il avait les mains ligotées autour du cou et portait un manteau d’un rose éclatant, qu’il avait, pour ôter à ses geôliers toute envie de vol, tailladé de toutes parts :
–  Je ne regrette absolument pas, dit-il au Prophète, d’avoir été ton ennemi, mais, je le constate, quiconque abandonne Dieu, Dieu l’abandonne.
Et s’adressant à l’assistance :
–  Nous acceptons l’ordre de Dieu. C’est une tuerie que Dieu a décidé d’inscrire dans le destin du peuple d’Israël.
Puis il s’assit et le Prophète lui trancha la tête. »

Torture et exécution de Kinânah : « L’Envoyé d’Allah ordonna de creuser la ruine. On en extraya une partie du trésor des juifs. Il demanda à Kinânah où se trouvait le reste. Mais Kinânah refusa de l’indiquer. L’Envoyé d’Allah ordonna à al-Zubayr bin al-‘Awwâm de le torturer jusqu’à ce qu’on extraie ce qu’il y a chez lui. Al-Zubayr se mit à faire brûler, par un briquet, sa poitrine, jusqu’à ce que Kinânah fût sur le point de mourir. Puis l’Envoyé d’Allah l’a livré à Muhammad bin Maslamah. Celui-ci lui coupa son cou en vengeance de son frère Mahmûd bin Maslamah. »