La critique de l’islam va-t-elle continuer à être possible en France ?

Compte tenu des attaques de plus en plus fréquentes contre la liberté d’expression en France qui prétendent embrigader la liberté de critique des religions dans un carcan de plus en plus étroit, il est utile de rappeler que cette liberté de critiquer les religions est l’expression d’un droit fondamental en France et qu’il ne saurait être question d’établir un délit de blasphème. Pour autant, il ne faut pas mélanger critique de la religion et critique des personnes qui suivent cette religion, amalgame détestable dont l’instrumentalisation par certaines officines vise à établir en réalité dans les faits le délit de blasphème par des voies détournées.

  • Rappel des règles du droit français

La Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse fixe le cadre du droit d’expression en France, en particulier dans le cadre des limites fixées par deux articles : l’article 24 et l’article 32.

Article 24 : « Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Article 32 : « La diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

La définition de la diffamation est donnée par l’article 29 : « Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés. »

  • Critiquer la religion et appeler à la haine ou à la discrimination sont deux choses totalement différentes

Chacun est libre en France de penser ce qu’il veut des religions. Les athées, nombreux, pensent que tous ceux qui croient en Dieu sont des adeptes de la méthode Coué, jusqu’à parfois être des « illuminés ». Est-ce un problème ? Non, chacun a le droit de penser et d’exprimer que l’autre est dans l’égarement le plus complet, mais l’expression de cette position tranchée ne doit pas être insultante : c’est une question de choix de vocabulaire et non pas de contenu du fond des propos (qu’on peut trouver totalement absurdes). Cela étant, les croyants sont en droit également de penser de même vis-à-vis des athées qui n’ont d’autre explication de l’existence du monde que « Un jour, il y a 20 milliards d’années, quelque chose a explosé quelque part, et nous voilà ! ».

La notion de respect concerne les personnes en tant qu’êtres humains, et pas leurs idées ou leurs figures tutélaires. Dire du mal ou se moquer de Moïse, Jésus, Mahomet ou Bouddha ne remet aucunement en cause le respect dû aux personnes qui en sont les adeptes. La critique, parfois virulente, des différentes conceptions du monde n’empêche pas de respecter les individus en tant que personnes humaines ainsi que leurs droits dans le cadre d’une société laïque.

Les juifs pensent que Jésus était un imposteur puisque ce n’était pas le Messie et surtout, ils l’accusent du délit de blasphème puisqu’il a laissé entendre (sans le dire lui-même véritablement) qu’il était Dieu ou Fils de Dieu. Est-ce un problème que les juifs rejettent donc ainsi tout le christianisme ? Non. D’ailleurs, les juifs n’appellent pas à égorger les chrétiens dans la rue ou à les massacrer à la kalachnikov. De ce point de vue, le renvoi à certains passages violents de l’Ancien Testament (le Nouveau Testament prônant par essence la non-violence) pour tenter de mettre à égalité les 3 religions monothéistes au regard de la violence est un procédé parfaitement malhonnête intellectuellement. La violence de l’Ancien Testament, pour autant qu’elle ait retracé des faits réels et non symboliques, n’est pas constitutive des fondements doctrinaux du judaïsme : on cherche en vain depuis 2.000 ans des exemples de massacres commis au nom de la Torah.

Les juifs et les chrétiens pensent de leur côté que Mahomet était simplement un bédouin égaré ou fou : est-ce un problème ? Non. Car, sauf confirmation d’Allah, qu’on attend toujours, rien ne prouve que Mahomet ait été autre chose qu’un illuminé – comme les hôpitaux psychiatriques en sont remplis –, qui a pu sincèrement se convaincre lui-même être en relation avec Dieu, et que l’Histoire a épargné à Uhud comme elle en a certainement fait trépasser tant d’autres qui sont ainsi restés inconnus. La méthode Coué est en effet vieille comme le monde. Et ce n’est guère le Coran, texte décousu, extrêmement répétitif, copie du judaïsme et des histoires bibliques, sans concept nouveau, qui peut par la raison nous persuader du contraire ou du côté surnaturel de toute cette histoire désertique.

De la même façon, on peut trouver absurdes et incohérentes les théories fondées sur la réincarnation puisque si l’homme disparaissait – du fait d’un virus mortel par exemple (les dinosaures ont bien disparu pour une autre raison) –, le cycle des réincarnations serait définitivement interrompu : cas de figure qui n’est pas sans poser un problème doctrinal me semble-t-il abyssal.

Personne n’étant en mesure de prouver que son explication du monde et de son origine est la bonne – car Dieu n’est pas bavard – ni les juifs, ni les chrétiens, ni les musulmans, ni les bouddhistes, etc. n’ont de légitimité à imposer aux autres leur vision du monde par la force. La mort seule nous apportera à tous la vérité ; il suffit d’être un tout petit peu patient et de faire preuve d’humilité en attendant. Comme dit Brassens : « Or, s’il est une chose amère, désolante, en rendant l’âme à Dieu, c’est bien de constater, qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée. Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente, d’accord, mais de mort lente. »

  • L’accusation d’islamophobie : un faux-nez pour instaurer un délit de blasphème en France

Face au souhait clairement exprimé par certains d’empêcher la critique du religieux par des voies détournées, il convient justement d’en rester à la critique directe du religieux, c’est-à-dire de la doctrine, pour éviter tout risque judiciaire quant à la mise en cause des personnes.

Répétons-le avec force : si des personnes ont envie de croire à des histoires acadabrantesques (aux yeux des autres), elles sont libres de le faire mais elles ne peuvent pas imposer à l’humanité entière de respecter leurs convictions, ni leur susceptibilité à cet égard, mais seulement leurs personnes.

Ainsi, chacun est libre de penser et d’exprimer, si c’est sa conviction, qu’égorger vivant une pauvre bête sous prétexte que cela fait plaisir à un dieu qui se promène dans le ciel est un acte barbare qui renvoie aux visions les plus obscures et les plus arriérées de l’humanité, et qu’on pensait révolues. Et il en est de même des rituels religieux : voile, ablutions, interdits alimentaires (qui n’ont aucune justification scientifique), rites de prière (combien de fois, position, direction,..), etc.

S’agissant de l’islam, la situation est rendue délicate par le fait que la doctrine à des effets très concrets sur le comportement communautaire, l’islam étant une religion fondamentalement communautariste conformément à ce que prône le Coran. Aussi, dissocier la critique de la doctrine religieuse elle-même de la critique du comportement de la communauté musulmane n’est donc pas toujours facile mais doit être réalisé et expliqué avec soin, les officines de défense des droits de l’homme étant promptes à tenter de traîner en justice tous ceux qui s’aventurent à critiquer frontalement l’islam. Et malheureusement, la justice française – qui connaît très mal les fondamentaux doctrinaux de l’islam – peut se laisser entraîner dans cette spirale dictatoriale visant à bâillonner la liberté d’expression.

  • Conclusion : Restons vigilants dans la défense de la liberté d’expression et d’agir

Une liberté qui n’est pas constamment défendue est une liberté qui disparaît. Sans tomber dans l’outrance, il convient donc d’en user régulièrement afin de rappeler son existence incontournable.

Car les menaces sont claires et peuvent provenir du milieu judiciaire lui-même comme en témoigne la création le 18 novembre 2015 – soit 5 jours après le Bataclan ! – de la « Fraternité du barreau de Paris » dont l’objectif est en réalité de commencer à empêcher la critique des religions prétexte pour empêcher surtout la critique de l’islam (car avant l’islam, la question ne semblait guère se poser) – grâce aux concepts extensibles de stigmatisation et de discrimination.

La motivation détestable de cette démarche hypocrite qui prétend éviter une division de la société française est en effet bien précisée : « En ces temps tumultueux où la République a été lâchement attaquée dans le but évident de diviser la société française, les avocats fondateurs de l’association ont convenu ensemble de se concerter à l’effet d’œuvrer, dans le cadre de leur profession et de la vie civile, à la lutte contre toute forme de stigmatisation ou de discrimination liées à la religion, dans le respect du principe de laïcité. Cette association concerne tous les avocats épris de justice et de liberté, partageant des valeurs de fraternité, et ce, quelle que soit leur croyance ou leur philosophie de vie. »

On peut être qu’atterré par une telle initiative, comme si la société civile n’était pas déjà assez forte pour saisir elle-même la justice en cas de besoin. Sous la houlette d’un éminent représentant du Conseil Français du Culte Musulman, Chems-Eddine Hafiz, cornaquant ses 3 confrères représentant les autres religions, cette structure se prépare ainsi à mettre « fraternellement » fin à la liberté d’expression en matière religieuse. À quand la chari’a ?

La punition du blasphème en terre d’islam : une preuve d’amour et de paix ?

La jurisprudence islamique punit le blasphème selon la chari’a locale par diverses peines dont on voit mal quels liens elles peuvent avoir avec l’idée d’amour et de paix. Mais c’est malheureusement habituel dans les pays musulmans dont on voit bien par le fait tout ce qui les sépare de l’idée de laïcité et de tolérance.

Parfois, le peuple musulman se charge directement de la chose sans attendre de décision judiciaire. Ainsi l’écrivain chrétien Nahed Hattar a-t-il été assassiné le 25 septembre 2016  à Amman en Jordanie.

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Celui-ci était accusé d’avoir publié un dessin figurant Dieu au Paradis (au demeurant tout à fait fidèle aux jouissances sexuelles et viticoles décrites par le Coran pour le musulman croyant une fois parvenu au Paradis) :

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Sans revenir sur les multiples épisodes de même nature qui émaillent depuis des décennies l’histoire des pays musulmans, n’oublions pas néanmoins le cas d’Asia Bibi, jeune chrétienne accusée au Pakistan de blasphème envers l’islam, en prison depuis de nombreux mois, et dont le sort définitif devrait être tranché, dans les prochaines semaines.

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La prière musulmane ou pourquoi l’islam n’est pas une croyance

L’émission hebdomadaire de France 2 « Islam » propose une séquence sur les fondamentaux de l’islam, généralement claire et simple. Celle du 11 septembre 2016 était consacrée à un rappel intéressant du 1er pilier de l’islam : la « shahada ».

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  • La shahada : un « témoignage »

La « shahada » est un témoignage. En français : « Je témoigne qu’il n’y a de Dieu que Dieu et je témoigne que Mahomet est le messager de Dieu ». Ce témoignage est souvent donné dans sa version courte : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son messager ».

Comme le rappelle le présentateur : « La shahada doit être prononcée avec l’index en direction du ciel », au point que ce geste s’ancre dans les automatismes corporels.

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Le chrétien par le « Credo » affirme sa croyance : il s’agit d’un acte de foi, qui n’exclut pas le doute et emporte donc avec lui la possibilité implicite de ne pas croire au sens où on ne peut pas forcer quelqu’un à croire : c’est un problème entre lui et Dieu, et il n’a pas à être puni pour son incroyance.

Le musulman par la shahada est lui beaucoup plus affirmatif : au sens strict, il ne croit pas, il « témoigne ». Il n’y a pas à croire que Mahomet est l’envoyé d’Allah puisque c’est pour le musulman une certitude qui n’a pas à être discutée : il a juste à en témoigner. Cette position induit implicitement un rejet de toute discussion pouvant remettre en cause le statut du Coran et de Mahomet. C’est certainement une raison fondamentale expliquant l’imperméabilité de l’islam à toute approche rationnelle critique depuis notamment la « fermeture des portes de l’ijtihad » au XIIème siècle (l’« ijtihad » est la lecture, l’interprétation rationnelle et critique des textes). En effet, la moindre acceptation de la validité du raisonnement critique envers l’islam est la porte ouverte à un flux de critiques pouvant faire s’effondrer le colosse aux pieds d’argile. C’est aussi une raison profonde expliquant l’inutilité du dialogue inter-religieux avec l’islam.

Malek Chebel décrit magistralement ce système idéologique : « Pour le croyant islamoïde, l’islam se situe au-dessus et en dehors de la critique humaine. Pour lui, la doxa ne peut être questionnée, ni dans sa généralité ni dans son détail, car cela mettrait en péril tout l’édifice de la croyance. Le comportement « islamoïde » consiste donc à rejeter en bloc toute innovation inconvenante, tout en donnant le change à quiconque s’avise de critiquer tel ou tel précepte islamique. À ce sujet borné, l’islam n’offre que des avantages : une religion divine, avec un prophète d’une sagesse à toute épreuve et une histoire arabo-islamique flamboyante. »

  • L’unicité d’Allah : le tawhid

L’unicité divine ou « tawhid » est le cœur de la doctrine musulmane et de sa justification historique face aux polythéistes de La Mecque. Cette notion est si fondamentale que tout tourne autour d’elle et qu’on peine à trouver de concept religieux autre et simple en islam, alors que, par exemple, le chrétien se « heurte » immédiatement à des concepts religieux « mystérieux », comme la notion de Trinité, d’incarnation ou de rédemption par la crucifixion et la mort du Christ.

Malek Chebel écrit à ce propos : « Il faut savoir que le Coran est, en lui-même, un discours constitué sur Dieu et de Dieu sur l’homme. Cela explique la pauvreté relative de l’acte philosophique en islam, cantonné malgré lui à une histoire amplifiée des idées et à une spéculation molle sur les fins dernières. »

De son côté, Tariq Ramadan écrit même : « Il n’y a pas de « théologie islamique ». Comparer les discussions, souvent marginales, qui ont eu cours entre les savants musulmans (essentiellement à partir du Xème siècle) avec les réflexions fondamentales qui ont donné naissance à la « théologie chrétienne » est infondé et, dans les faits, une erreur. Certes, certains débats ont été vifs et l’on a, à travers l’histoire et les écoles musulmanes, discuté du sens et de la portée des noms de Dieu, de ses attributs, du statut de la révélation, mais l’horizon de ces controverses – contrairement à l’histoire de la dogmatique catholique par exemple – est resté circonscrit et n’a jamais été jusqu’à remettre en cause trois principes fondamentaux : l’unicité absolue du créateur, son impossible représentation et la véracité de sa parole révélée dans le coran. Une authentique « théologie » aurait d’abord, et surtout, discuté de ces trois principes. Or une étude attentive de l’histoire des débats entre les écoles montre que les disputes se sont élaborées en aval de ces trois principes qui, au cœur de la conception musulmane, fonde ce qu’on nomme le « tawhid ». »

  • Conclusion : la discussion avec l’islam en matière sociale ou religieuse est impossible

Toute la force de l’islam tient dans sa simplicité (aucun concept compliqué à avoir à maîtriser pour l’homme de la rue) et l’interdiction de la critique qui se traduit par l’épée de Damoclès du blasphème ou de l’apostasie. Face à une telle idéologie, qui ressemble à s’y méprendre à une dictature de la pensée, rien n’est doctrinalement « négociable ». Imaginer une « identité heureuse » avec l’islam orthodoxe qui ne soit pas ancrée dans le communautarisme est une absurdité. Le confit de valeurs est inévitable avec la tradition historique laïque de la France : il a commencé et va s’amplifier inéluctablement. Ce n’est qu’une question de temps et de nombre, donc de rapport de force.

Faut-il regretter la pensée excrémentielle de Charlie ?

Pour tous ceux ayant été un jour Charlie, et qui ont défilé pour la défense d’un journal qu’ils n’avaient pour la très grande majorité jamais lu, la surprise a dû être grande si la curiosité les a poussés un jour à prendre véritablement connaissance de son contenu. Voici en effet quelques exemples de la production spirituelle de ces joyeux drilles. Si l’on peut se montrer critique envers les religions, athéisme compris, la vulgarité et la scatologie n’apportent rien à la qualité et à la pertinence de la critique.

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Bernard-Henri Lévy peut-il nous confirmer si c’est un faux ?

BHL & Charlie

Blasphème & Auto-censure : symptômes du péril qui menace les sociétés occidentales

Le délit de blasphème est un délit qui empoisonne la vie dans les pays musulmans, des non-musulmans mais parfois aussi des musulmans eux-mêmes.

Parmi les multiples faits qui émaillent l’actualité, souvenons-nous en novembre 2014 du couple de jeunes chrétiens pakistanais [1], accusés de blasphème contre le Coran, battus à mort puis brûlés dans le four à briques où ils travaillaient.

Chretiens pakistanais[1] Les chrétiens représentent 3 millions d’habitants sur les 190 millions que compte le Pakistan ; c’est une population pauvre, qui ne peut occuper que des emplois subalternes et est fréquemment persécutée. S’agissant de la loi sur le blasphème, si elle est facilement utilisée contre les chrétiens, il faut noter qu’elle peut également être utilisée contre d’autres minorités, voire par les musulmans eux-mêmes entre groupes rivaux.

Malek Chebel rappelle à cet égard : « Le blasphème (tajdif) en islam est double : le fait d’associer un autre dieu à Allah [ndlr ce que font par définition les chrétiens dans l’interprétation musulmane] et, coextensif, le fait d’alimenter une telle éventualité, soit par écrit, soit par oral. Dans le Coran, le mot « blasphème » est plus induit qu’employé explicitement. (…) Ceux qui blasphèment sont donc essentiellement ceux qui méconnaissent l’entité divine et ses attributs. (…) Plus tard, le blasphème s’est également étendu à l’entité prophétique [ndlr Mahomet], au sens où la moindre récusation de celle-ci rejaillit sur tout l’islam, et en particulier sur le Coran, la parole de Dieu, et sur Allah lui-même. »

Les musulmans font régulièrement pression pour que le délit de blasphème soit instauré en France. Ainsi, Yûsuf Al-Qaradâwî, dans une lettre remise à François Hollande en janvier 2015, a appelé la France et les États européens à promulguer des lois protégeant le sacré. En effet, il est illogique selon lui que les lois interdisent l’outrage des individus et se taisent au sujet de l’outrage des Prophètes. Il estime que le législateur français qui a pu promulguer une loi incriminant l’antisémitisme a le pouvoir de promulguer une loi incriminant l’outrage des religions, des Prophètes et du sacré.

Le délit de blasphème n’existe pas dans les pays occidentaux (heureusement !), puisque la critique de la religion est libre, mais il faut noter que l’instillation permanente de l’idée qu’il serait nécessaire de prendre en compte la sensibilité de l’interlocuteur, notamment ses croyances religieuses, dans l’expression de la propre pensée conduit à l’auto-censure et participe d’une culture culpabilisante érigeant le discours vu comme blasphémateur en comportement coupable.

Ce raisonnement est d’une prodigieuse perversité, car, sous des dehors d’une remarquable humanité et d’un grand respect, il conduit tout droit la liberté d’expression au bûcher ou aux fours crématoires.

Un des plus grands ordonnateurs de cette détestable marche funèbre est Tariq Ramadan :

Ramadan BonnantRamadan Bonnant et la liberte d’expression

En effet, ayons toujours à l’esprit ces terribles paroles de Tariq Ramadan : « Quand on vit ensemble, dans une démocratie, dans un cadre légal, il ne s’agit pas simplement de savoir ce que la loi permet, il s’agit aussi de savoir ce que les sensibilités reçoivent. Et quand on est dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, à partir d’un certain moment, – la liberté d’expression est un droit incontestable –, son usage doit faire l’effet ou doit être le produit d’une approche raisonnable ».

Et aussi : « La liberté d’expression ne se mesure pas simplement à ce que la loi vous donne à dire mais à ce que l’atmosphère internationale vous demande de considérer. »

La position de Tareq Oubrou est heureusement très différente et on ne peut que la louer, même si elle n’est pas totalement explicite, mais pourra-t-il longtemps résister ? « La liberté est un acquis non négociable de nos sociétés. C’est une valeur cardinale des démocraties qui a vocation à être universalisée et non pas modulée en fonction des circonstances. Il y va de notre liberté tout court. La meilleure réponse à un écrit, un dessin ou un film que l’on juge offensant pour ses propres convictions, c’est encore l’indifférence. Manifester dans la rue ou menacer de déposer plainte, comme l’ont fait les principales fédérations musulmanes dans notre pays, c’est faire de la publicité pour des œuvres qui ne le méritent pas. »

Malheureusement Tareq Oubrou note aussi : « Pour qui veut lutter contre l’obscurantisme qui frappe aujourd’hui le monde musulman, la France n’est pas forcément un endroit de tout repos. (…) Tout discours élaboré sur Dieu, l’interprétation du Coran ou la nécessité d’adapter sa pratique à un environnement sécularisé s’apparente pour la plupart des musulmans, en particulier les jeunes littéralistes, à un blasphème. »

Face à cette terrible menace, il n’y aura jamais qu’une parole, dont l’histoire porte déjà les stigmates : LA LIBERTÉ OU LA MORT !

 

Mauritanie : condamnation à mort pour apostasie après blasphème

Mauritanie : un homme condamné à mort pour blasphème envers l’Islam

Le Parisien | 25 Déc. 2014, 19h36

http://www.leparisien.fr/international/mauritanie-un-homme-condamne-a-mort-pour-blaspheme-envers-l-islam-25-12-2014-4400049.php

Cela faisait presque trente ans que cela n’était pas arrivé. La première condamnation à mort pour apostasie de l’histoire de la Mauritanie depuis son indépendance en 1960 a été prononcée mercredi soir à Nouadhibou (nord-ouest) à l’encontre d’un Mauritanien, musulman, inculpé après un écrit considéré comme blasphématoire.

L’accusé, Mohamed Cheikh Ould Mohamed, détenu depuis le 2 janvier, avait plaidé non coupable mardi à l’ouverture de son procès, le premier du genre dans ce pays de près de 4 millions d’habitants.

La Mauritanie est une République islamique où la charia (loi islamique) est en vigueur mais dont les sentences extrêmes comme les peines de mort et de flagellations ne sont plus appliquées depuis environ trois décennies.

Ces dernières années, d’après des constatations et des médias locaux, plusieurs accusés, jugés notamment pour assassinat ou faits de terrorisme, ont été condamnés à la peine de mort dans le pays, où cette décision a été exécutée pour la dernière fois en 1987, selon Amnesty International.

Le procès de Mohamed Cheikh Ould Mohamed – également identifié par certains médias locaux comme Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir – s’était ouvert mardi devant la Cour criminelle de Nouadhibou, à environ 480 km au nord de Nouakchott, la capitale.

Lorsque la Cour l’a déclaré coupable d’apostasie et condamné à mort tard mercredi soir, le prévenu, proche de la trentaine, s’est évanoui. Il a été ranimé puis reconduit en prison, a affirmé une source judiciaire contactée depuis Nouakchott. L’apostasie en islam est le rejet de la religion islamique par un musulman, par le fait de renier sa foi publiquement, insulter Dieu ou les prophètes de l’islam, professer des dogmes hétérodoxes.

A l’audience inaugurale, un juge avait rappelé à l’accusé qu’il a été inculpé d’apostasie « pour avoir parlé avec légèreté du prophète Mahomet » dans un article publié brièvement sur des sites internet mauritaniens et dans lequel il contestait des décisions prises par le prophète Mahomet et ses compagnons durant les guerres saintes, selon la même source judiciaire.

« un ordre social inique hérité»


Dans son article controversé, le jeune homme accusait la société mauritanienne de perpétuer un « ordre social inique hérité » de cette époque. Des organisations islamiques locales soutiennent que c’est la première fois qu’un texte critique de l’islam et du prophète est publié en Mauritanie.

L’énoncé du verdict a été suivi de bruyantes scènes de joie dans la salle d’audience du tribunal et à travers la ville de Nouadhibou avec des rassemblements ponctués de concerts de klaxon d’habitants à moto ou en voiture, a ajouté cette source ayant requis l’anonymat. Aucune indication n’était disponible dans l’immédiat sur un éventuel recours. « C’est l’affaire d’un criminel qui a reçu le sort qu’il mérite », a même estimé jeudi à Nouakchott Jemil Ould Mansour, président du parti islamiste modéré Tewassoul, première force de l’opposition parlementaire en Mauritanie.

Le repentir de l’accusé n’a pas fait changer d’avis la cour

Devant la cour, Mohamed Cheikh Ould Mohamed avait expliqué que « son intention n’était pas de porter atteinte au prophète, (…) mais de défendre une couche de la population mal considérée et maltraitée, les forgerons », les « maalemines », dont il est issu, a encore indiqué la source judiciaire.

D’après ses propos rapportés par la même source, l’accusé a affirmé devant la cour : « Si on peut comprendre (à travers mon texte) ce pour quoi je suis inculpé, je le nie complètement et m’en repens ouvertement. » Mercredi soir, les deux avocats commis d’office pour la défense ont insisté sur son repentir et estimé que cela devrait être pris en compte en sa faveur.

Plus tôt dans la journée, le procureur de la République de Nouadhibou avait requis la peine de mort à son encontre. Une demande suivie par la cour, soulignant que le prévenu tombait sous le coup d’un article du code pénal mauritanien prévoyant la peine de mort pour « tout musulman, homme ou femme, ayant renoncé à l’islam, explicitement ou à travers des actes ou paroles en tenant lieu », d’après la source judiciaire.

En février, l’avocat Mohameden Ould Icheddou, qui avait été sollicité par la famille de l’accusé, avait annoncé qu’il renonçait à le défendre après des manifestations hostiles contre le prévenu ainsi que lui-même et ses proches.

 Plusieurs manifestations de colère avaient eu lieu à Nouadhibou et à Nouakchott, certains protestataires allant jusqu’à réclamer la mise à mort du jeune homme, qualifié de « blasphémateur ».

Le 10 janvier 2014, des milliers de manifestants avaient convergé vers le palais présidentiel, où le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz les avait exhortés au calme en promettant de « prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre l’islam et son prophète ».

« La justice s’est saisie de cette affaire et elle fera son travail mais soyez certains que l’islam est au-dessus de tout, de la démocratie et de la liberté », avait-il déclaré.

Religion et blasphème

Le propos suivant de Marc Bonnant (grand avocat genevois), qui s’applique à l’islam, mais aussi aux autres religions et à tous autres sujets, n’est-il pas frappé au coin du bon sens ?

Marc BonnantMarc Bonnant Liberte d’expression

« Les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit » : n’est-ce pas là une pensée profonde à méditer ?

La France n’est-elle pas en train d’étouffer, asphyxiée par les lois de la bonne conscience édictée par une prétendue intelligentsia intellectuelle (pseudo-intellectuels, associations antiracistes en tous genres,…) qui sait mieux que le peuple ce qui est bon pour lui, ce qui constitue souvent un principe simple qui fonde les dictatures ?

Quand aura-t-on le droit de critiquer sans contrainte l’islam (ou toute autre religion) ? Ne faut-il pas en finir avec la dictature de la culpabilisation et de l’intériorisation des valeurs de l’autre souhaitée par tous ceux qui veulent tuer la liberté d’expression dans l’œuf ?

Le Blasphème en islam : une problématique doctrinale bien actuelle

Au-delà de l’humour (cf. article humour et blasphème), la question fondamentale qui est posée est celle de savoir jusqu’où l’islam accepte l’analyse raisonnée de son texte sacré, le Coran, de son prophète, de son modèle sociétal, et ce d’autant plus lorsque cette analyse provient de non-musulmans. Y a-t-il des analyses par nature légitimes et d’autres illégitimes, des analyses par nature acceptables et d’autres inacceptables ? Qui fixe la frontière de ce qui est tolérable et de ce qui ne l’est pas ?

Pour l’homme de la rue, le mot « tolérance » n’est probablement pas ce qui lui vient en premier lieu à l’esprit lorsqu’on parle de l’islam. Il y a des musulmans pondérés et ouverts, ceux souvent qui parlent à la télévision le dimanche matin, mais ce ne sont pas nécessairement ceux qui se manifestent le plus.

On a plutôt l’impression que l’islam présente une certaine imperméabilité à la pénétration de la pensée rationnelle et critique occidentale (cf. article esprit critique), sauf dans certaines parties des élites ayant étudié, notamment à l’étranger. Un proverbe musulman ne dit-il pas : « la recherche de la connaissance après l’avoir trouvée est blâmable » (talabu-l-‘ilm ba‘da-l-wusûli ilä -l-ma‘lûm madhmûm) ? En d’autres termes, pourquoi continuer à chercher la vérité lorsqu’on l’a trouvée dans le Coran ?

Les occidentaux eux-mêmes ont mis le Christ « à toutes les sauces » dans l’art (peinture, chansons, films comiques, caricatures,…). Sans aller jusque-là, est-il par exemple licite, sans encourir une peine pour blasphème en terre d’islam, d’adopter une démarche relevant de l’analyse historique critique traditionnelle pour étudier la vie de Mahomet ?

Mahomet, du clan des Quraychites [1], et ses compagnons ont participé à la coutume habituelle dans le monde arabe des razzias et du pillage des caravanes [2], ce qui, on en conviendra, est une attitude assez différente de celle de Bouddha, du Christ ou de Gandhi (ex. article butin). Peut-on rappeler ce fait historique, de nature assez peu spirituelle mais qui n’est pas déshonorante dans le contexte culturel et tribal de l’époque, sans être automatiquement taxé d’islamophobie ?

[1] Nom donné par Qussay à un groupe de tribus fédérés de La Mecque après que Qussay eut conquis La Mecque contre les Banû Bakr et les Khuza’a. Qussay devint le souverain de la Maison Sacrée de La Mecque. Mahomet faisait partie des Quraych qui était la lignée la plus noble à La Mecque.

[2] La Sîra dénombre 38 raids et expéditions musulmanes commandités par Mahomet. D’ailleurs, Mahomet a participé dans sa jeunesse à certaines guerres tribales et expéditions de son clan. Ainsi, la Sîra relate la guerre de Fijâr lorsqu’il était adolescent, au cours de laquelle il fournissait des flèches à ses oncles paternels pendant les combats.

Rappelons que le président du Conseil européen des fatwas et de la recherche, Yûsuf Al-Qaradâwî, a remis en février 2015 une lettre à François Hollande dans laquelle il ne cache pas la nécessité d’instaurer un délit de blasphème en France. En effet, il y a appelé la France et les États européens à promulguer des lois protégeant le sacré. Car il indique qu’il est illogique que les lois interdisent l’outrage des individus et se taisent au sujet de l’outrage des Prophètes. Pour lui, le législateur français qui a pu promulguer une loi incriminant l’antisémitisme a le pouvoir de promulguer une loi incriminant l’outrage des religions, des Prophètes et du sacré.

Blasphème : deux poids, deux mesures ?

Il y a bien longtemps en France qu’on se moque et qu’on caricature ouvertement les chrétiens et plus particulièrement les catholiques (avec le pape, car les autres religions chrétiennes sont moins visées car aussi moins connues) – mais aussi les footballeurs –, que ce soit à la télévision ou sur les planches des théâtres, parfois jusqu’à l’abjection[1] dans le cadre d’une mouvance libertaire et nihiliste qui ne touche pas que la religion mais déborde plus largement sur le politique, les mœurs, etc.

[1] N’oublions pas les spectacles qui mélangent religion et propos scatologiques au sujet du christianisme, ou les Femen, qui, dans leur rejet de toute idée de religion, ont en 2014 uriné en public sur l’autel de l’église de la Madeleine, en mimant un avortement et en déposant un cœur sanguinolent d’animal, ou qui défilent à moitié nue dans l’église Notre-Dame de Paris. Il serait curieux de voir ce qui se passerait si elles faisaient la même chose dans une mosquée et quelle audience on y donnerait. Sont-elles prêtes à relever le défi avant qu’elles ne soient touchées par la ménopause qui réduira leur excitation ?

Cet état d’esprit est très en vogue sur certains chaînes de télévision dont les marionnettes et animateurs exploitent à des fins commerciales les penchants les moins louables de la nature humaine (voyeurisme, méchanceté, absence de respect, malhonnêteté intellectuelle, mensonge, dérision systématique car le sérieux est ennuyeux et ne remplit pas assez le vide existentiel de nos contemporains,…) ; bref, le niveau zéro de la maturité, le monde des Crados pour les adultes. « Dieu ne créa que pour les sots, les méchants diseurs de bons mots. » (La Fontaine, Le rieur et les poissons). [NB : ce texte écrit en 2014 a semble-t-il trouvé un certain écho dans la réorganisation récente mi 2015 d’un grand groupe de télévision : on peut penser que cet esprit nouveau a quelque chose de bienfaisant].

Il semble en revanche beaucoup plus délicat de critiquer avec la même causticité les autres religions. La critique, la simple caricature, sont promptement taxées de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie.

Il y a quelques mois, à l’occasion des débats relatifs à un humoriste ayant mal tourné, le président de la LICRA indiquait que le sketch de Pierre Desproges sur les juifs ne serait sans doute plus acceptable aujourd’hui : il y a semble-t-il en France des organisations qui prétendent contraindre notre conscience (cela étant, je trouve pour ma part ce sketch tout à fait détestable).

 LICRA Humour

LICRA & Desproges

Et quels sont ceux de nos imitateurs ou humoristes qui se risquent à critiquer librement et avec autant de verve l’islam ? La question, posée par exemple il y a environ 3 ans à Laurent Gerra dans une réunion publique à Paris, avait suscité un certain malaise de la part de l’humoriste. Les humoristes ne s’attaquent-ils qu’aux proies faciles (avec en tête bien sûr les papes si l’on reste dans le domaine religieux, notamment Jean-Paul II puis Benoît XVI) ?

 

La fatwa contre Salman Rushdie

Les fatwas sont des décisions, souvent émises à titre individuel et en général non contraignantes, émises par des experts dont la légitimité en matière de droit jurisprudentiel religieux (fiqh) est reconnue. La grande majorité des fatwas portent sur des situations privées soumises à des religieux pour obtenir un avis, un arbitrage. Les fatwas à vocation universelle sont plus rares. Les fatwas manifestent de façon générale l’intervention du religieux dans tous les domaines de la vie, ce qui est la négation même du principe de laïcité.

Certaines fatwas peuvent avoir une valeur exécutoire vis-à-vis de la communauté musulmane, en particulier en Iran où des fatwas à valeur exécutoire peuvent être rendues par l’ayatollah (chef suprême des chiites). Mais il en existe également dans le monde sunnite, même si le caractère exécutoire est parfois plus complexe à cerner (cf. en cas d’apostasie).

Dans son ouvrage, « Les versets sataniques », publié en 1988, Salman Rushdie fit référence aux 3 divinités mentionnées dans le Coran (cf. versets sataniques) pour alimenter une réflexion créatrice en matière littéraire. L’ayatollah Khomeiny émit alors la fatwa de mort suivante 1989 : « Au nom de Dieu le Tout-Puissant. Il n’y a qu’un Dieu à qui nous retournerons tous. Je veux informer tous les musulmans que l’auteur du livre intitulé « les versets sataniques », qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l’islam, au Prophète et au Coran, aussi bien que ceux qui l’ont publié ou connaissent son contenu ont été condamnés à mort. J’appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement où qu’ils se trouvent, afin que nul n’insulte les saintetés islamiques. Celui qui sera tué sur son chemin sera considéré comme un martyr. C’est la volonté de Dieu. De plus, quiconque approchera l’auteur du livre, sans avoir le pouvoir de l’exécuter, devra le traduire devant le peuple afin qu’il soit puni pour ses actions. Que Dieu vous bénisse tous. »

Quelle que soit la pertinence religieuse de cette référence au regard du projet littéraire de Salman Rushdie, on peut noter que cette fatwa, jamais abolie, demandait à tous les musulmans d’assassiner l’écrivain, cet assassinat étant récompensé par une somme de 21.500 US$.

Cat Stevens
Cat Stevens, converti à l’islam, approuve la condamnation à mort de Salman Rushdie

 Cat Stevens Yusuf Islam

En septembre 2012, cette somme a été portée à 3.300.000 US$ par l’imam Hassan Sanei et sa fondation religieuse iranienne du 15 Khordad au motif que l’écrivain a entretenu par cette publication et son absence de repentir depuis un climat général hostile à l’islam, voire une conspiration anti-islam, notamment illustré par la production de films attaquant cette religion, comme l’« innocence des musulmans ».