La nouveauté musulmane : un bobard ?

Dernier article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

La lecture des textes sacrés de l’islam montre que l’apport spirituel de l’islam est inexistant, Mahomet se contentant, ainsi qu’il est répété à maintes reprises dans le Coran, d’être un répétiteur de la parole de Dieu, parole dont le véritable contenu avait déjà en réalité été livré dans la Thora. En effet, il est flagrant que Mahomet a pour l’essentiel copié le judaïsme, que ce soit sur l’aspect spirituel (ex. le monothéisme, la transcendance radicale de Dieu vis-à-vis de ses créatures) ou le souci des rituels (l’islam ayant repris des règles juives comme le principe des interdits alimentaires, auxquelles il en a adjoint beaucoup d’autres, parfois excessivement terre à terre : comment faire ses ablutions, dans quelles positions prier, comment faire ses besoins puis s’essuyer, etc.).

L’islam ne révèle en effet rien de nouveau sur Allah, au contraire : au-delà des formules de convenance évoquant un dieu miséricordieux et sage, l’islam en fait en réalité un dieu terrible et sans pitié, auquel il faut impérativement se soumettre, qui n’entretient avec ses créatures qu’une relation univoque débarrassée des complexités, et parfois des contradictions, dont le judaïsme est pétri et dont les juifs font leur miel pour couper les cheveux en quatre depuis des siècles, ce qui explique peut-être qu’ils fassent traditionnellement de bons tailleurs. L’islam n’est pas une religion de prix Nobel. Réduit à sa plus simple expression, le corpus spirituel musulman peut ainsi être très facilement assimilé par des masses incultes, car l’islam, projet idéologique, a une vocation politique à conquérir le monde en s’adressant aux masses les plus nombreuses, au contraire du judaïsme, religion élitiste et non prosélyte.

Cette situation explique sans doute aussi assez largement l’antisémitisme viscéral et millénaire de l’islam car, dans son absolue nécessité de supplanter son frère siamois dans la lutte éperdue pour accaparer l’héritage monothéiste (les chrétiens n’étant pas dans la course du fait de leur polythéisme supposé qui les rend hérétiques d’office), l’islam est condamné à jeter l’opprobre sur le judaïsme dans des termes profondément haineux (il suffit de lire les textes sacrés de l’islam pour être effrayé par la haine qui suinte de tous ses pores, Mahomet ayant déjà eu visiblement l’intuition de la solution finale avec les juifs de Médine qu’il a chassés ou exterminés).

Dans le même esprit, le livre de Robert Hoyland fait partager un point de vue intéressant qui bat en brèche le mythe selon lequel l’islam aurait constitué une rupture dans l’histoire de l’Arabie, ce qui revient à dire, en d’autres termes, que l’islam n’a en rien constitué une « révélation ».

« Pour les savants musulmans, les conquérants arabes ont apporté d’Arabie occidentale un corpus de lois complet différent de celui qui était alors en vigueur dans le reste de l’Orient, et en ont fait la nouvelle loi des musulmans. De nombreux spécialistes de l’islam acceptent aujourd’hui ce principe sans sourciller. Pourtant, l’Arabie était en contact avec le reste du Proche-Orient depuis des millénaires et, en outre, on sait que les systèmes juridiques sont toujours résistants au changement. Les lois qui étaient en place dans la région à la veille des conquêtes arabes l’étaient toujours le lendemain, et ce corpus juridique, constitué d’un mélange de droit proche-oriental et de droit romain, est resté en vigueur durant la période umayyade, complété par des amendements ad hoc conçus par les califes et leurs agents. À partir du début du VIIIème siècle, cependant, un ensemble de savants musulmans se mit à travailler sur cet ancien corpus et accepta, rejeta ou en modifia les règles en estampillant celles qu’ils approuvaient avec la mention « fait/dit par Muhammad ». Les usages anciens passèrent ainsi pour de nouvelles lois islamiques venues d’Arabie. (…) De nombreuses sentences considérées comme islamiques, comme l’amputation de la main pour le vol et la peine de mort pour les apostats, étaient appliqués dans la région bien avant l’islam.  (…) Ce processus fut mené à bien à un rythme effréné par un grand nombre d’autorités religieuses, dans différents centres de l’Empire arabe : dès le milieu du VIIIème siècle, plusieurs recueils des paroles et des actes de Muhammad étaient rédigés, notamment les célèbres volumes de Bukhari (mort en 870) et de Muslim (mort en 875). (…) Dans la mesure où un grand nombre d’éléments de ces recueils proviennent de coutumes et de pratiques du Proche-Orient préislamique, nous ne devrions pas considérer ce processus comme la promulgation d’un corpus juridique étranger, mais comme la construction consensuelle d’un ensemble de lois établi par la nouvelle communauté musulmane, dont la majorité était issue des peuples conquis. »

L’Europe des juges se soumet à l’islam et valide le délit de blasphème

Dans une décision rendue ce jour (mardi 19 mars 2019), la Cour européenne des droits de l’homme a de nouveau illustré l’inanité du gouvernement des juges européens et la soumission de l’Europe politico-judiciaire à l’islam puisque cette décision bafoue ouvertement le principe même de la liberté d’expression en l’absence de toute incitation à la violence ou à la haine.

Car il s’agit juste ici de s’étonner d’une certaine forme de bêtise. En effet, quel sentiment noble et respectable peut inspirer un personnage qui, selon les sources musulmanes elles-mêmes, a, entre autres, massacré des juifs, pratiquait le pillage, vendait femmes et enfants sur les marché pour se procurer des chevaux et des armes, entretenait des relations sexuelles avec une gamine prépubère dont il aurait facilement pu être le grand-père ? Appelez cela comme vous voulez, mais gardez-vous simplement de prononcer un mot tabou, ou il vous en coûtera devant le grand tribunal inquisitorial européen…

Cette décision absurde est en réalité un aveu de faiblesse et trahit l’angoisse panique des politiques européens face à une situation qui n’est plus maîtrisée et qui conduit lentement et sûrement à la guerre civile (n’oublions pas comment les guerres de religion ont prospéré en Europe). Cette décision est symptomatique d’une Europe manifestement malade de son immigration et du multiculturalisme qui en a découlé, qu’elle ne sait plus comment soigner, et qui se trouve acculée à tenter de défendre par des voies judiciaires une religion que sa vacuité empêche de se défendre toute seule. Aurait-on connu pareille mésaventure judiciaire il y a quarante ans avant l’immigration de masse ? Certainement pas. Cherchez l’erreur…

Mais, pire que cela, cette décision trahit la conviction des responsables européens que les musulmans sont des masses incapables de supporter la moindre critique, inéducables, hermétiques à la liberté d’expression, incontrôlables, et prêtes à en découdre par la violence : il ne faut surtout pas éveiller leur courroux (déjà que la France n’est pas capable d’en finir avec 1.500 casseurs…) ! Ce n’est guère rassurant. Aussi, certains croient-ils que par sagesse c’est aux couches intelligentes à se plier aux exigences brutales du vulgaire : ceux-là ne font en réalité que creuser la tombe de l’utopie européenne multiculturelle déjà décédée.

Voici l’article du European Centre for Law and Justice :


« BLASPHÈME CONTRE MAHOMET » :
LA CEDH REJETTE LA DEMANDE DE RÉEXAMEN
« La Cour européenne des droits de l’homme a malheureusement refusé de renvoyer l’affaire E.S. contre Autriche en appel en Grande Chambre. La condamnation pénale de Mme Sabaditsch-Wolff, pour avoir assimilé à de la pédophilie l’union de Mahomet (56 ans) à Aïcha (9 ans), est donc définitive. C’est là un grave recul de la liberté d’expression. De fait, Mme Sabaditsch-Wolff a été condamnée pour avoir dit une vérité dérangeante.
 
Rarement pourtant un jugement de la Cour n’a suscité une telle unanimité contre lui. La semaine dernière encore, une vingtaine de personnalités ont cosigné une Tribune en faveur de la défense de la liberté d’expression en matière religieuse (à lire ici). Parmi elles se côtoient d’anciens musulmans, des chercheurs et intellectuels catholiques, des féministes ou encore des auteurs non-religieux. Parmi les signataires figurent notamment Waleed Al-Husseini, Rémi Brague, Chantal Delsol, Zineb El-Rhazoui, Annie Laurent, Boualem Sansal, Pierre-André Taguieff, Michèle Tribalat et bien d’autres encore.
 
L’ECLJ est intervenu devant la Cour et dans la presse dans cette affaire. Il ne s’agissait pas de défendre un droit à l’expression d’obscénités blasphématoires, mais de préserver la faculté de dire la vérité et de dénoncer les erreurs, même si cela doit déplaire.
 
Saisie d’un recours en « appel », la Cour européenne aurait pu corriger son précédent jugement ; elle a choisi de ne pas le faire, et lui a même accordé l’autorité d’une « affaire phare » censée éclairer l’ensemble des juridictions nationales. Ce jugement n’était donc pas accidentel, mais indique une orientation nouvelle. LCour impose à présent aux États l’obligation « d’assurer la coexistence pacifique de toutes les religions et de ceux n’appartenant à aucune religion, en garantissant la tolérance mutuelle ».
 
La Cour n’a pas motivé son refus de renvoyer l’affaire « en appel ». Nous ne pouvons donc faire que des conjectures.  J’y vois un glissement vers un multiculturalisme prêt à sacrifier la liberté d’expression aux exigences du « vivre ensemble ». Un tel jugement renonce à l’idéal de justice fondée sur la vérité et lui préfère celui, arbitraire, de « tolérance ».
 
Ce faisant, c’est le juge qui décide de ce qui peut être dit en fonction de sa propre conception du « vivre ensemble », et de sa crainte des réactions des personnes potentiellement offensées par ces propos.

L’avenir nous montrera si la CEDH persévère dans cette voie liberticide.
 
Grégor Puppinck

La « shahada » : une profession de foi politique tardive et fortuite ?

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

Un point de vue intéressant sur l’origine essentiellement politique de la profession de foi musulmane, la « shahada ».

« Abd al-Malik laissa astucieusement les groupes rivaux se déchirer entre eux et utilisa ensuite les troupes royales de Syrie pour remporter la victoire finale, tuant Abdallah ibn al-Zubayr en 692 et mettant fin à près d’une décennie de crise. Cette seconde guerre civile arabe avait été extrêmement clivante, et Abd al-Malik comprit qu’il fallait essayer d’assurer l’unité de la communauté, et démontrer aux sujets conquis ainsi qu’à ceux qui étaient hors de sa portée que le régime arabe était toujours une force avec laquelle il fallait compter. Il introduisit deux changements administratifs importants visant à harmoniser les différents systèmes présents dans son royaume : il créa une monnaie commune et décréta qu’il ne devait plus y avoir qu’une seule langue administrative officielle, à savoir l’arabe. Il conféra aussi un statut plus important à l’islam afin que la religion musulmane joue un plus grand rôle dans la vie publique. Cela n’avait pas été fait auparavant par égard pour les nombreux chrétiens qui se trouvaient parmi les populations soumises comme parmi les combattants arabes. En outre, Abd al-Malik avait constaté que son rival al-Zubayr avait remporté un immense soutien populaire en défendant la primauté du sanctuaire de La Mecque et du prophète Muhammad, et il était déterminé à usurper ce rôle pour lui-même. Il conçut à cette fin un nouveau credo islamique, « Il n’y a de divinité que Dieu et Muhammad est son prophète », et la fit écrire et frapper sur tous les documents officiels et sur la nouvelle monnaie. »

L’islam se félicite des divagations juridiques de l’Europe favorisant l’instauration d’un délit de blasphème

Lettre du European Centre for Law and Justice du 11 mars 2019 : https://mailchi.mp/eclj/blasphemy-case-islamic-authorities-congratulate-the-european-court-of-human-rights?e=31d53f1055

BLASPHEMY CASE: ISLAMIC AUTHORITIES CONGRATULATE THE EUROPEAN COURT OF HUMAN RIGHTS
Al-Azhar University and Pakistan welcome the recent decision of the European Court of Human Rights regarding blasphemy against Muhammad; it allows them to justify their own repression of freedom of expression in religious matters.
by PhD Grégor Puppinck
 If one needed any more arguments to convince the European Court of Human Rights (ECHR) of the necessity to retry the Austrian case of blasphemy against Muhammad, the highest Islamic authorities may have just provided it. They enthusiastically welcomed the E. S. v. Austria decision of last October 25 in which the Strasbourg Court validated the conviction of an Austrian lecturer for “defaming” Muhammad by comparing his union with 9-year-old Aisha to “paedophilia”. This lecturer, speaking in front of thirty people, wanted to denounce the practice of marriage of prepubescent girls in the Muslim culture, following the example of Muhammad. According to the European Court, these statements sought less to inform objectively than to demonstrate, in a “malicious” way that Muhammad is not a “worthy subject of worship” and thus constituted a “malicious violation of the spirit of tolerance, which was one of the bases of a democratic society”. The Court considered them to be “in a manner capable of arousing justified indignation” of the Muslims and “likely to disturb the religious peace”, and concluded that it was therefore legitimate to condemn their author.
 
On March 19, the Court must decide whether it agrees to refer the case for an “appeal” in the Grand Chamber for a new judgment. Rare enough, this request for referral is supported by 59,000 signatories of a petition to defend the right to criticize Islam in Europe.
 
This E. S. v. Austria judgment, described by the European Court as a “key case”, was echoed worldwide. It is more political than juridical. It has been strongly criticized in Western countries, both among conservative and free-thinkers, shocked that the European Court could limit to this point the guarantee of freedom of expression in religious matters. It has also been criticised because it completely relativizes the paedophilia and violence imposed on a 9 year-old girl. Conversely, in the Arab press, this judgment was greeted with enthusiasm and presented as a “historical decision”, or as “a victory for the Islamic world after the crisis of the cartoons published several times by several European newspapers.”
 
Exceptionally, some of the highest Islamic authorities have commented on this judgment, to rejoice and take advantage of it; which should question us.
 
This is the case of the Observatory of Islamophobia of the prestigious Cairo’s Al-Azhar University, the highest authority of Sunni Islam. It expressed its support to the Court’s decision and described it as “courageous”. It saw in it a general condemnation of “blasphemies against the Prophet” and the assertion of the principle that “freedom of expression does not permit the harming of the religious feelings of others”. According to this Observatory, this decision is important also in that it would contribute “to reduce the problems of Islamophobia” while “the number of Muslims in Europe could reach 14% in 2050”. Based on this decision, it urged “governments around the world and international human rights institutions to take measures to counter attempts to defame others on the grounds of freedom of opinion or freedom of expression.” It also called for “dissuasive legislation and sanctions against all those who attempt to attack religious forces”.
 
 
The E. S. v. Austria judgment was also praised by the main authorities in Pakistan, a country famous for being the most repressive in the world regarding blasphemy.
 
Thus, on November 13, 2018, Pakistan’s Prime Minister Imran Khanwelcomed the recent decision of the European Court of Human Rights not to authorize acts of profanity under the guise of freedom of expression”. Addressing the President of the European Parliament, he expressed “the hope that European countries will comply with the decision of the European Court and take measures to strengthen respect for religions and interreligious harmony”. He also expressed the “serious concerns of the Government and people of Pakistan regarding the blasphemous caricatures of the Holy Prophet, stressing the need to redouble efforts in European countries to avoid such provocative incidents; to raise awareness of the religious sensitivity of Muslims, especially the respect of the Prophet Muhammad”. His Minister for Human Rights echoed him, “urging the Western world to show respect for religions”. She also added that “freedom of expression does not protect blasphemy”.
 
Accordingly, the Secretary General of the largest world federation of Koranic schools (10,000 madrassas), Qari Hanif Jalandhari, saw in this decision “a very important step” and asked the United Nations to elaborate global legislation “condemning anyone who commits a blasphemy against divine books or sacred persons of all religions”. As for the Vice-chancellor of Bahauddin Zakariya University, Dr. Tahir Amin, he also stated that the verdict of the European Court is “undoubtedly a major and historical decision”.
Perhaps one should rejoice to see the highest judicial authority in Europe agreeing with the highest Islamic authorities on the respect to be shown to Muhammad? Perhaps this is a welcomed gesture of appeasement in the conflict of civilization between the liberal West and the Ummah? This perspective is attractive; and this is the direction followed by the European Court in this E.S. v. Austria case when it laid down the principle that States now have the obligation “of ensuring the peaceful co‑existence of all religions and those not belonging to a religious group by ensuring mutual tolerance”.

Is it grandeur, cowardice or naivety?
 
This ideal of peace is appealing, but its price is the freedom to speak the truth. It implies that any statement, even true, is condemnable as intolerance and incitement to violence as soon as threatening people declare themselves offended in their religious feeling. Of course, it is true that peace is the greatest good of society; and it is therefore right that, in order to preserve it, the authorities must sometimes limit individual freedoms. But society must be well threatened to sacrifice even the freedom to speak the truth; or then, not believe in it anymore.
 
 “What does the truth matter towards peace?” relativists from all sides will say. If truth does not exist, then, indeed, freedom of expression is of little value, and a mandatory “tolerance” should be imposed upon all.
 
Some might see a certain grandeur in the reckless respect of the religion of “the others”; a respect perceived as all the more commendable as it is usually accompanied by contempt for one’s own religious tradition. This may explain the “double standard” of the European Court’s recent case law, which, like so many postmodern Europeans, is more sensitive to attacks against Islam than to those directed against Christianity. Last year, it validated the Austrian speaker’s condemnation while granting its protection to the perpetrators of true anti-Christian blasphemy committed in the Moscow Cathedral and the major Lithuanian press.
 
Others may see cowardice in sacrificing freedom of expression for fear of “putting at risk religious peace”.
 
Others yet may see naivety in rejoicing at the support of Al-Azhar and Pakistan, as these authorities find in the European Court’s decision a justification for their own repression of freedom of expression in religious matter.
Thus, in Pakistan, in addition to the emblematic Asia Bibi case, about 1,500 persons were accused of blasphemy between 1987 and 2016 according to the Centre for Social Justice, and more than 70 persons have been murdered since 1990 on such crime allegations. Just recently, a thirty-year-old man was sentenced to death for allegedly “insulting Prophet Muhammad” on Facebook. Prime Minister Imran Khan declared again, recently, before an audience of imams, his will to “support and defend article 295c” of the Penal Code which punishes by death or life imprisonment anyone who “defiles the sacred name of the Holy Prophet Muhammad”. Western countries, the European Parliament and the United Nations Human Rights Committee have been calling for the repeal of this law for years.
With Egypt, Pakistan is leading the global campaign led by the Organization of Islamic Cooperation (OIC) for the global limitation of freedom of expression regarding religion. This campaign led to the adoption by the UN Human Rights Council of a series of resolutions condemning the “defamation of Islam”, then the “defamation of religions”. It was only after years of intense debate that governments attached to the modern conception of human rights were able to counter this initiative by adopting a resolution on 12 April 2011, which is based on the belief that freedom of expression is the best antidote to intolerance.
 
The recent decision of the European Court goes, surprisingly, against the efforts of Western countries to safeguard freedom of expression in religious matters. It is even interpreted by the Islamic authorities as finally giving them reason, and places them in the extravagant situation of giving lessons of religious tolerance to the European states.
 
This decision is also sad news for all those who, among Muslims, hope to find in Europe the protection to brave the Islamic ban on criticizing Islam and reinterpreting the Qur’an and hadith.
 
This decision stands out also clearly from the recent judgments of the Court. Previously, the Court had established the principle that freedom of expression protects words that “offend, shock or disturb” and that freedom of religion does not confer the right “to see religion protected from negative comment.” Moreover, it had recognized to believers the obligation to “tolerate and accept the rejection by others of their religious beliefs and even the propagation by others of doctrines hostile to their faith.” On that basis, it had guaranteed the freedom of expression of anti-religious messages. Last year, it gave its protection to the famous “Pussy Riot”, the punk band condemned in Russia for organizing a “performance” in the choir of the Moscow Cathedral with cries including “shit, shit, shit L***”. It also held that Lithuania could not sanction the dissemination of blasphemous advertisements presenting Christ and the Virgin Mary as tattooed and lascivious junkies.
 
The European Court, in judging this case, was aware of these issues since we had warned it in our written observations.
 
Certainly, there is no reason to make blasphemy and vulgarity into human rights! There is no “right to blasphemy” but a right to freedom of expression with responsibilities and limitations. Only the dissemination of free offensive obscenities as well as the incitement to immediate violence should be restricted. But if obscenity and incitement to violence must be censored, such should not be the case of mere criticism.
The European tradition teaches that there is no lasting peace without truth and justice. Because Europe is the heir, since ancient times, of a civilization that identifies God with truth and love, and not with arbitrariness and force, we place those at the top of our values and do not conceive that truthfulness could offend God or society. Seeking the truth and knowing God are one. This is certainly the origin of our attachment to rational research and criticism. We want a society in which “Love and faithfulness meet together; righteousness and peace kiss each other”. Righteousness and peace, which characterize the ideal of every society, are the fruit of love and truth. True peace, therefore, is not reduced to the superficial absence of violent conflict, and it is vain to pretend to establish it on lies or relativism.
 
The Austrian lecturer told the truth. She is criticized above all for having done so in a “malicious” way, that is to say without love. What do we know about it, and is it justice’s role to judge one’s intentions? Moreover, to make this reproach is to forget that the denunciation of evil, to protect society, under its apparent roughness, is an act of love.
 
For all these reasons, it is to be hoped that the Court will agree to retry this case in order to guarantee the freedom to criticize any religion, to defend the rights of truth over error.

Les prétendus hadiths : un instrument politique ?

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

Sans revenir sur l’émission extravagante par Mahomet des milliers de hadiths rapportés par la Sunna, ni sur leur incohérence (et leur fiabilité), il est intéressant de les interpréter de façon tout à fait rationnelle et réaliste comme une construction a posteriori à visée politico-religieuse comme le fait Robert Hoyland en se fondant sur les sources historiques disponibles.

« Pour les Umayyades, manifestement, l’idée selon laquelle l’ère des prophètes était révolue et les califes agissaient désormais comme les agents de Dieu sur terre était fondamentale. La pratique et la législation de Muhammad étaient bien entendu importantes pour la communauté : les Arabes « respectaient la tradition de Muhammad, leur maître, à tel point qu’ils infligeaient la peine de mort à toute personne prise en train d’enfreindre effrontément ses lois », dit le moine du VIIème siècle Jean de Fenek. Mais, pour les Umayyades, les nouvelles lois étaient du ressort des califes. Les savants religieux se mirent bientôt à contester ce point de vue, et certains le firent en affirmant que les actes et paroles (hadith) de Muhammad leur avaient été fidèlement transmis. La chose fut apparemment rare au cours des deux premières générations après Muhammad : « J’ai passé un an auprès d’Abdallah fils d’Umar Ier (mort en 693) », rapporte un juriste, « et je ne l’ai pas entendu transmettre quoi que ce soit venant du Prophète ». Mais l’idée acquit bientôt un soutien populaire. Un autre savant dont les écrits datent d’environ 740 remarque : « Je n’ai jamais entendu Jabir ibn Zayd (mort vers 720) dire : « le Prophète a dit… », et pourtant les jeunes hommes qui se trouvent ici le disent vingt fois par heure ». Un peu plus tard encore, les paroles de Muhammad furent mises sur un pied d’égalité avec le Coran comme source de la loi islamique. À l’époque de Muawiya, cependant, cela ne constituait encore qu’un lointain futur : pour l’heure, les califes – non les savants – légiféraient. »

Pierre Birnbaum, ou comment donner une apparence d’objectivité à un procès d’intention

Article de la série sur l’interview de Pierre Birnbaum : http://islametoccident.fr/?p=4886

Pierre Birnbaum voudrait pouvoir jeter l’opprobre sur les Gilets Jaunes en les accusant de xénophobie, mais il semble manquer d’arguments puisque les « cahiers de doléances » ne mentionnent pas ou très peu cette question comme le souligne Daniel Schneidermann. Pierre Birnbaum en déduit donc que ces cahiers ne reflètent sans doute pas la véritable pensée des Gilets Jaunes : CQFD. Qu’est-ce, si ce n’est de la malhonnêteté intellectuelle ?

Le mythe des « califes bien guidés »

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« L’angoisse et les carnages occasionnés par la première guerre civile, et la concentration croissante du pouvoir entre les mains d’une petite élite ont assurément terni l’image de Muawiya. Pour autant, Uthman avait déjà inauguré un mode de gouvernement népotiste, et Ali avait sa part de responsabilité dans la première guerre civile. Comment se fait-il alors que les deux aient été, avec Abu Bakr et Umar, considérés comme des êtres guidés par la volonté divine (on parle généralement des califes « bien guidés », en arabe « rashidun »), alors que Muawiya et ses successeurs sont décrits comme des tyrans ? La réponse est que cette image résulte en réalité d’un compromis proposé bien plus tard par les savants religieux, par les « docteurs de la loi ». Au cours des VIIIème et IXème siècles, ces savants s’évertuèrent à démontrer que c’étaient eux, et non les califes, qui étaient les véritables héritiers du prophète, et qu’ils étaient par conséquent les seuls dépositaires des lois de Muhammad, et les seuls à pouvoir légiférer. Abu Bakr et Umar, qui étaient très proches de Muhammad, avaient cependant transmis un grand nombre de ses édits, et les savants ne voulaient pas s’aliéner les partisans modérés des Umayyades et des Alides en accablant Uthman et Ali. Une césure fut donc introduite dans l’histoire islamique : on estima que les quatre califes antérieurs à Muawiya étaient guidés par Dieu, que la période où ils avaient régné était un âge d’or au cours duquel l’islam était convenablement pratiqué, et on vilipenda Muawiya et ses successeurs comme des oppresseurs qui négligeaient les préceptes de l’islam. L’idée qu’un âge durant lequel le pouvoir était exercé de manière pieuse et juste avait été suivi d’une période de tyrannie ne gagna du terrain que très lentement, mais elle se généralise progressivement et devint majoritaire au milieu du IXème siècle quand le très respecté savant de Bagdad Ahmad ibn Hanbal (mort en 855) s’y rallia. Les partisans de cette lecture de l’histoire se nommèrent eux-mêmes les sunnites (ceux qui s’en tiennent à la « sunna », c’est-à-dire à la tradition, au chemin prescrit), et ceux qui la rejetèrent formèrent diverses sectes en dehors de ce courant « orthodoxe » dominant. Les partisans modérés des Alides (c’est-à-dire du clan d’Ali) furent séduits par ce compromis ; ils pouvaient reconnaître que les trois autres califes de Médine étaient aussi légitimes qu’Ali à exercer le pouvoir. Mais les plus radicaux continuèrent à soutenir qu’Ali et ses descendants étaient les seuls qualifiés pour diriger le monde musulman. Les adeptes de ce point de vue se séparèrent alors irrévocablement du courant sunnite dominant et formèrent un groupe séparé, à savoir « le parti d’Ali » (« shi’at ’Ali » en arabe), et se nommèrent les chiites. C’est à partir de ce moment, au milieu du IXème siècle, que la rivalité entre sunnites et chiites a commencé. À l’époque de Muawiya, il n’y avait pas de sectes distinctes dotées de doctrines clairement définies (les coalitions étaient lâches et se formaient autour de griefs spécifiques), et nombre de ses contemporains devaient le considérer comme un dirigeant légitime, approuvé – au même titre que ses prédécesseurs – par Dieu. Les historiens modernes, quoique dans un registre différent, ont également mis en doute l’engagement de Muawiya à l’égard de l’islam. Sur les pièces de monnaie et les documents officiels, Muawiya se présente comme le « serviteur de Dieu » et le « commandeur des croyants », et qualifie son pouvoir de « juridiction des croyants ». Le terme de « croyant » avait été utilisé par Muhammad dans le pacte de fondation de sa communauté, en référence à tous ceux qui avaient fait serment de loyauté envers elle, ses buts et son chef, quelles que fussent leurs convictions monothéistes, et il est probable que Muawiya ait simplement perpétué cette pratique. L’absence de toute référence explicite à l’islam ou à Muhammad dans ses proclamations publiques a cependant amené certains chercheurs à débattre pour savoir s’il n’était pas chrétien ou adepte d’une forme de monothéisme « non confessionnel » ou « indéterminé » à tendance œcuménique. L’idée selon laquelle, dans un premier temps, les musulmans ne se distinguaient pas totalement leur foi des autres confessions monothéistes n’est probablement pas dénuée de fondement. »

Pierre Birnbaum, ou comment ignorer certaines racines de l’antisémitisme

L’émission « Arrêts sur Images » du jeudi 28 février 2019 avait comme invité unique Pierre Birnbaum, historien et sociologue français, à propos de l’antisémitisme en France.

Pour ne pas sans doute sortir du politiquement correct en abordant les sujets qui fâchent, Daniel Schneidermann et son invité se sont bien gardés d’évoquer les racines religieuses de l’antisémitisme, en particulier en islam, racines qui ont été totalement éludées lors de cette émission. Le discours de Pierre Birnbaum était, sans surprise de la part d’un sympathisant de la Délégation Interministérielle à la Lutte contre Le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH), essentiellement focalisé sur l’antisémitisme des extrêmes politiques, et surtout sur la dénonciation d’un antisémitisme d’extrême droite.

Sans se prononcer sur cette question, on notera toutefois le caractère tout à fait partisan de cette personne dont les affirmations aléatoires ont parsemé l’ensemble du discours, et qui met surtout totalement de côté la question religieuse. Cet article et quelques autres reviennent sur cette émission.

  • La valse des pourcentages

Pour une personne se présentant comme un scientifique sérieux et objectif, la valse des pourcentages qu’a dansée Pierre Birnbaum semble particulièrement problématique. Selon lui en effet, les sympathisants des gilets jaunes proches des idées de Marine Le Pen seraient de l’ordre de « 60% ou 55%, sinon 70%, (…) même 80, il faudrait vérifier (sic !), (…) ou 85% » : belle preuve de rigueur scientifique….

Pierre Birnbaum semble d’ailleurs particulièrement embarrassé pour répondre aux questions de bon sens posées par Daniel Schneidermann, et se contente d’évoquer un « paradoxe » : Pierre Birnbaum sait-il réellement de quoi il parle ?

Muawiya, un chef bien plus pragmatique que musulman

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Le premier nom de dirigeant arabe attesté sur les pièces de monnaie, inscriptions et documents, et dans les chroniques contemporaines, est celui de Muawiya, fondateur de la dynastie Umayyade (661-750). Que nous disent alors ces sources à propos de son règne ? Pour commencer, comme le dit un témoin : « Il refusa de se rendre au siège de Muhammad », c’est-à-dire à Médine, la résidence des dirigeants arabes avant lui, et préféra installer sa capitale à Damas, où il dirigeait les opérations militaires depuis vingt ans. À l’évidence, il considérait qu’il n’était pas possible de gouverner un si vaste empire dans un endroit si reculé. Cette décision semble éminemment pragmatique, mais elle fut controversée dans la mesure où c’était à Médine que Muhammad avait établi sa communauté. Une des promesses d’Abdallah ibn al-Zubayr, principal adversaire des Umayyades dans les années 680, était de redonner à La Mecque et Médine une place centrale dans l’Empire arabe, et cet engagement ralliait beaucoup de monde à sa cause. Il est possible, cependant, que la décision de Muawiya n’ait pas relevé uniquement de considérations pratiques. Il considérait peut-être, de fait, que son pouvoir inaugurait une nouvelle ère, et son fils Yazid, lui, décida même, au début de son règne, d’inscrire sur des pièces de monnaie, non pas l’ère de la hijra initiée par l’émigration de Muhammad à Médine et devenue standard à cette époque, mais « année 1 de Yazid ». Cette démarche s’inscrit dans la tradition des anciens rois du Proche et du Moyen-Orient, et suggère qu’il ne se percevait pas comme un simple remplaçant de Muhammad. Deuxièmement, Muawiya fut soucieux d’établir le contrôle du gouvernement central sur les vastes territoires de l’est de la Syrie, afin qu’ils ne constituent pas une gêne pour les Umayyades et n’entraînent pas, à terme, la chute de la dynastie. (…) Troisièmement, Muawiya pratique une politique de laisser-aller envers les peuples conquis – « il permit à chacun de vivre à sa façon », note un contemporain – et chercha à les convaincre qu’il n’était pas hostile à leurs religions. Ainsi, reconnaissant la foi chrétienne de la majorité de ses nouveaux sujets, il prit la décision de faire en sorte qu’un certain nombre de chefs arabes lui prêtent allégeance à Jérusalem, où « il monta au Golgotha pour prier ; il se rendit également à Gethsémani et redescendit ensuite pour prier dans la tombe de la sainte Marie ». En outre, Muawiya s’efforça de se rallier l’élite arabe chrétienne de Syrie, qui avait une précieuse expérience de l’administration. Nombre d’entre eux entrèrent à son service comme conseillers et administrateurs, comme la famille Mansur à Damas. Des poètes chrétiens venaient aussi régulièrement à la cour, et un certain nombre des partisans tribaux de Muawiya étaient eux-mêmes chrétiens. Lui-même épousa Maysun, fille d’un puissant chef chrétien de la tribu des Kalb ; c’est de leur union que naquit le futur calife Yazid. Ce dernier épousa pour sa part deux femmes nobles de la tribu des Ghassanides, dont l’une était prétendument la fille du dernier roi chrétien de ce clan. Muawiya s’efforça bien de mettre en œuvre quelques mesures pro-musulmanes, en particulier le retrait du symbole de la croix sur les monnaies et l’incorporation de l’église de saint Jean-Baptiste à la grande mosquée de Damas, mais il recula apparemment face aux protestations des chrétiens. »

Le caractère détestable de l’égorgement : nouveau rappel de l’Europe

L’égorgement est une pratique immonde et répugnante car elle consiste précisément à tuer un animal en le laissant agoniser au préalable en pleine conscience pendant de longs instants. Par un avis rendu ce mardi 26 février, la Cour de justice de l’Union Européenne a rappelé cette évidence, avec des mots naturellement plus nuancés sur la forme mais très clairs sur le fond : une victoire contre l’obscurantisme religieux qui continue à infecter la planète. Encore une excellente raison de NE PLUS MANGER QUE BIO !

Cour de justice de l’Union européenne. COMMUNIQUE DE PRESSE n° 15/19. Luxembourg, le 26 février 2019. Arrêt dans l’affaire C-497/17 Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA)/Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Bionoor, Ecocert France, Institut national de l’origine et de la qualité (INAO)

https://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2019-02/cp190015fr.pdf

Le logo de production biologique européen ne peut être apposé sur les viandes issues de l’abattage rituel sans étourdissement préalable

Une telle pratique d’abattage ne respecte pas les normes les plus élevées de bien-être animal

En 2012, l’association française Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) a soumis au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation (France) une demande visant à faire interdire la mention « agriculture biologique » (AB) sur des publicités et emballages de steaks hachés de bœuf certifiés « halal » issus d’animaux abattus sans étourdissement préalable.

L’organisme certificateur concerné, Ecocert, a implicitement rejeté la demande de l’OABA et le tribunal compétent n’a pas fait droit à la requête de l’OABA.

La Cour administrative d’appel de Versailles (France), saisie du litige, demande à la Cour de justice si les règles applicables du droit de l’Union résultant, notamment, du règlement relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques et de son règlement d’application, ainsi que du règlement sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort, doivent être interprétées comme autorisant ou interdisant la « délivrance du label européen AB » à des produits issus d’animaux ayant fait l’objet d’un abattage rituel sans étourdissement.

La Cour constate que le législateur de l’Union souligne à plusieurs reprises dans les règlements en cause sa volonté d’assurer un niveau élevé de bien-être animal dans le cadre de ce mode de production, lequel se caractérise donc par l’observation de normes renforcées en matière de bien- être animal dans tous les lieux et à tous les stades de cette production où il est possible d’améliorer encore davantage ce bien-être, y compris lors de l’abattage.

La Cour rappelle que des études scientifiques ont établi que l’étourdissement constitue la technique qui porte le moins atteinte au bien-être animal au moment de l’abattage.

La Cour relève ensuite que la pratique de l’abattage rituel, dans le cadre duquel l’animal peut être mis à mort sans étourdissement préalable, qui est autorisée à titre dérogatoire dans l’Union et uniquement afin d’assurer le respect de la liberté de religion, n’est pas de nature à atténuer toute douleur, détresse ou souffrance de l’animal aussi efficacement qu’un abattage précédé d’un étourdissement. L’étourdissement est, en effet, nécessaire pour provoquer chez l’animal un état d’inconscience et de perte de sensibilité de nature à réduire considérablement ses souffrances.

La Cour souligne à cet égard que, si l’abattage sans étourdissement préalable nécessite une incision précise de la gorge à l’aide d’un couteau tranchant pour limiter autant que possible les souffrances de l’animal, l’emploi d’une telle technique ne permet cependant pas de réduire au minimum les souffrances de l’animal.

La Cour conclut donc que les méthodes particulières d’abattage prescrites par des rites religieux, qui sont réalisées sans étourdissement préalable, n’équivalent pas, en termes de garantie d’un niveau élevé de bien-être de l’animal au moment de sa mise à mort, à la méthode d’abattage avec étourdissement préalable, en principe imposée par le droit de l’Union.

La Cour souligne enfin que l’objectif des règles de l’Union relatives à l’étiquetage biologique est de « préserver et justifier la confiance des consommateurs dans les produits étiquetés en tant que produits biologiques » et constate qu’il est important de veiller à ce que les consommateurs aient l’assurance que les produits porteurs du logo de production biologique de l’Union européenne, qui est celui visé en réalité par la juridiction de renvoi, ont effectivement été obtenus dans le respect des normes les plus élevées, notamment en matière de bien-être animal.

La Cour estime, par conséquent, que les règles du droit de l’Union n’autorisent pas l’apposition du logo de production biologique de l’Union européenne sur des produits issus d’animaux ayant fait l’objet d’un abattage rituel sans étourdissement préalable.

RAPPEL : Le renvoi préjudiciel permet aux juridictions des États membres, dans le cadre d’un litige dont elles sont saisies, d’interroger la Cour sur l’interprétation du droit de l’Union ou sur la validité d’un acte de l’Union. La Cour ne tranche pas le litige national. Il appartient à la juridiction nationale de résoudre l’affaire conformément à la décision de la Cour. Cette décision lie, de la même manière, les autres juridictions nationales qui seraient saisies d’un problème similaire.