Les chrétiens sont des menteurs !

En France, chacun sait que la critique de la culture musulmane provoque l’ire de toute une nuée d’organisations de défense de la diversité (MRAP, LICRA,…) qui ne manquent pas de poursuivre les infidèles en justice. Mais cela semble poser beaucoup moins de problèmes que des musulmans, de façon tout à fait consciente, conspuent les chrétiens, ces « menteurs », puisque leur religion est un « mensonge », et fassent à leur égard preuve d’un mépris qu’on peut juger assez ignominieux.

Dans cette veine, il est intéressant d’analyser la vidéo ci-dessous fournie très sérieusement par une organisation musulmane française diffusant en 2015 la bonne parole aux musulmans de France et prétendant à leur formation.

Le choix du thème, et de la photo qui l’illustre, est intéressant : « Comment réagissent les prêtres au mensonge du christianisme ? » (Que dirait-on si des chrétiens ou des juifs organisaient da façon institutionnelle la même mise en scène à propos de « mensonges de l’islam »…)

Havre de savoir Mensonges du christianisme 1

Havre de savoir Mensonges du christianisme 2

Analysons le discours, en synthèse :

« L’évêque de Clermont-Ferrand dit : « le christianisme, c’est une arnaque » »

Il serait intéressant de savoir à qui cet intervenant fait référence car l’archevêque de Clermont est depuis 1996 monseigneur Hippolyte Simon, et il ne figure pas dans la liste des interviewés pour la série « L’origine du christianisme » à laquelle il est fait référence (voir la liste des interviewés [1] ci-dessous).

Archeveque ClermontIl serait d’ailleurs assez étonnant d’entendre un évêque en exercice dire que sa religion « est une arnaque ».

[1] Liste des interviewés : Christian-Bernard Amphoux (CNRS) ; Pier Franco Beatrice (Université de Padoue) ; Pierre-Antoine Bernheim ; François Blanchetière (Université Marc Bloch de Strasbourg) ; François Bovon (Harvard Divinity School, Cambridge, Massachusetts) ; Paula Fredriksen (Université de Boston) ; Pierre Geoltrain (EPHE, Paris) ; Christian Grappe (Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg) ; Martin Hengel (Université de Tübingen) ; Moshe David Herr (Université hébraïque de Jérusalem) ; Simon Légasse (Université catholique de Toulouse) ; Jean-Pierre Lémonon (Faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon) ; Emmanuelle Main (Université hébraïque de Jérusalem) ; Daniel Marguerat (Faculté de théologie protestante de l’Université de Lausanne) ; Etienne Nodet (École biblique et archéologique française de Jérusalem) ; Enrico Norelli (Université libre de Genève) ; Serge Ruzer (Université hébraïque de Jérusalem) ; Daniel Schwartz (Université hébraïque de Jérusalem) ; Graham Stanton (Divinity college de l’Université de Cambridge) ; Ekkehard W. Stegeman (Séminaire théologique de l’Université de Bâle) ; Guy Stroumsa (Centre pour l’étude du christianisme à l’Université hébraïque de Jérusalem) ; David Trobisch (Séminaire théologique de Bangor, États-Unis) ; François Vouga (Kirchliche Hochschule Bethel, Faculté libre de théologie protestante de Bielefeld, Allemagne)

« C’est quoi cette religion où le prophète Jésus, il a été vendu par un des leurs, Judas, et les autres apôtres se sont enfuis, ils l’ont laissé, et après ils l’ont même dénigré,… »

En réalité, l’intervenant fait sans doute référence à des propos et un récit qu’il ne comprend pas, ou plutôt qui le dépassent : la faiblesse humaine, représentée notamment par le triple reniement de Pierre. C’est justement la grandeur du christianisme (comme on peut la retrouver également dans le bouddhisme) de reconnaître la faiblesse de l’homme et sa souffrance face à la peur et la difficulté d’assumer sa foi dans un doute que seule la mort dissipera définitivement. Ce triple reniement est un rappel grandiose de l’humilité de l’homme devant Dieu. Notons toutefois que Pierre mourut en martyr, ce qui prouve bien qu’il finit par assumer totalement sa foi.

Quant au propos consistant à présenter le coq, emblème de la France gauloise et qui annonce le matin et l’espérance d’une journée nouvelle, sous l’unique facette d’un Pierre symbolisé qui ne sait pas ce qu’il veut et qui change de direction comme une girouette, difficile de ne pas y voir un mépris et un dénigrement profonds.

« Le moindre mal qui touche l’islam, on le prend comme l’événement numéro un de l’information. (…) L’objectif c’est de trouver quelque chose qui dénigre le Coran. (…) Alors si jamais le livre même des musulmans souffre d’un manquement quelconque, on n’oserait pas laisser passer cela.  »

L’intervenant reprend l’antienne de la victimisation, manie largement dénoncée dans son propre camp (notamment par Tariq Ramadan cf. victimisation…).

« Ils trouveront rien ; non, ils vont trouver des choses qui vont tellement les frustrer qu’ils auront deux choses : soit mourir en déprime et en frustration, soit devenir musulman. Beaucoup ont choisi cette deuxième méthode. Parce que c’est la parole de Dieu : elle ne souffre d’aucun manquement, d’aucune lacune. »

C’est le mythe du Coran parfait, dont une simple lecture montre combien il diffère de la clarté classique des grands auteurs français (Voltaire, Boileau, Pascal,…) ou même de celle des Évangiles. Cette revendication irréfragable à la perfection (en dépit d’un texte qui admet lui-même des versets clairs et des versets « obscurs » ou « équivoques » cf. clarté et obscurité… ; en dépit de l’existence de versets abrogés cf. abrogation, etc…) est une conséquence du postulat selon lequel il s’agit de la parole de Dieu, par essence intouchable et claire.

Mais si le Coran est parfait, comment expliquer ses contradictions évidentes et le fait que depuis 1.400 ans certains sont toujours à tenter d’interpréter ce qu’il veut dire ? Si ce n’est par le fait que c’est un texte simplement d’origine humaine et qu’il a subi les vicissitudes historiques et politiques des temps de sa composition ?

À la question de l’auditoire « quelles sont les réactions des prêtres ? », l’intervenant cite en arabe le verset 14 de la sourate 27 : « Ils [ndlr les Égyptiens] les [ndlr les signes] nièrent injustement et orgueilleusement, alors qu’en eux- mêmes ils y croyaient avec certitude », verset qui se termine par « Regarde donc ce qu’il est advenu des corrupteurs ».

L’intervenant compare ainsi les prêtres chrétiens aux Égyptiens qui ont refusé de reconnaître les signes évidents des juifs (cf. Moïse devant pharaon) alors que les Égyptiens avaient bien pris conscience que les signes des juifs étaient vrais : en d’autres termes, les Égyptiens avaient endurci leur cœur contre toute raison devant les signes évidents produits par les juifs.

Ainsi, par cette référence, l’intervenant accuse donc de façon similaire les prêtres chrétiens de mensonge flagrant et d’endurcissement car ils refusent les signes manifestes de l’islam. N’ayant par ailleurs selon lui aucun argument contre l’islam, les prêtres chrétiens en seraient réduits à imposer leur dogmes incompréhensibles et irrationnels à leurs fidèles (cf. la sainte Trinité) alors même qu’ils sont convaincus que leur foi est fausse : en d’autres termes, ils sont accusés d’une profonde duplicité et leur responsabilité est inexcusable. C’est un point fondamental de la dialectique musulmane qui anéantit toute possibilité de discussion et critique constructive avec l’islam.

En effet, cette conclusion découle par nature du raisonnement musulman et ne souffre par essence aucune discussion : le Coran étant prétendument supérieur à tous les autres textes, aucun débat n’est possible. La discussion ne sert donc qu’à réaffirmer la véracité du Coran, quelle que soit l’extravagance du cheminement dialectique nécessaire pour y parvenir, et en dépit de toutes les insuffisances et incohérences (même aux yeux d’un athée) de ce texte issu d’une compilation historique aventureuse. Toute ouverture à la discussion n’est que de façade, c’est une ruse, une sorte de taqiya (cf. taqiya).

«  Deux plus deux dans les repères orthonormés font quatre. Vous allez voir le prêtre, il va vous dire cinq »

Pour un scientifique, la référence à la notion géométrique de repère orthonormé paraît pour le moins extravagante quand il s’agit de traiter d’un problème d’arithmétique, au point qu’on peut s’interroger sur la nature réelle des études scientifiques suivies par cette personne.

S’agissant de la Trinité, puisque c’est à cela qu’il est fait référence, il est vrai que, comparé à la conception chrétienne, la conception musulmane simple d’un Dieu d’une part, et de sa création d’autre part, ne sollicite pas avec la même intensité l’intelligence et la sensibilité personnelle au regard du sens de la création et de la vie. Les chrétiens n’ont d’ailleurs jamais nié que la question trinitaire ait soulevé de nombreux débats théologiques dans les premiers siècles de l’Église et que cela fait effectivement encore aujourd’hui partie des « mystères » de cette religion, au sujet desquels chacun est invité à s’interroger personnellement, pour lui donner un sens qui n’est pas toujours exprimable avec le langage mais qui peut parfois être ressenti de façon indicible.

Si l’intervenant avait quelques notions de relativité restreinte ou générale, et plus encore de physique quantique, sans doute trouverait-il dans la réalité expérimentée quotidiennement par les physiciens des phénomènes défiant tout autant, si ce n’est plus, la raison que le dogme de la sainte Trinité (qui peut au demeurant être envisagée de façon élémentaire comme 3 modes de relation entre l’homme et Dieu).

Aussi, plutôt que de s’interroger sur la nature de l’arbre (le christianisme), il faut parfois surtout observer les fruits qu’il produit, dans tous les domaines (théologie, peinture, musique, sculpture, œuvres humanitaires,…). Cet humble questionnement vaut pour l’islam.

« Vatican II il a inventé une chose très valable : c’est que c’est [ndlr le Nouveau Testament] la parole de l’homme, inspirée par Dieu. Ce qui est valable, c’est l’inspiration de Dieu. Ce qui est caduc, qui n’est pas valable, c’est la faute de l’homme. »

Les chrétiens n’ont jamais prétendu que le Nouveau Testament fût la parole de Dieu : c’est une incompréhension totale du texte originel et du sens du concile Vatican II (qui d’ailleurs n’a rien à voir avec le sujet abordé). Pour quelqu’un qui prétend avoir étudié 200 à 300 (excusez du peu !) livres sur la Bible (Ancien et Nouveau Testament), c’est tout simplement effarant.

Le Nouveau Testament ne regroupe depuis toujours que des témoignages (évangiles, épîtres ou lettres) des contemporains du Christ. C’est d’ailleurs pour cette raison précise qu’il existe 4 évangiles, c’est-à-dire 4 témoignages sur la vie de Jésus, chaque évangéliste restituant sa perception et son interprétation (en dépit du fait qu’ils aient pu s’influencer les uns les autres).

« Et en plus ils nous disent : la bible n’est pas un livre historique ; la bible n’a pas à être conforme avec les événements historiques ; la bible n’a pas à être conforme avec la science, parce que la bible, c’est un livre spirituel, c’est un livre religieux : on croit en cela sans même le comprendre. Même si cela heurte votre compréhension, c’est pas grave, c’est un message spirituel. Et la spiritualité pour la chrétienté, c’est un mystère. Tu n’as pas à comprendre. (…) Et circulez, y’a rien à voir. »

Il existe dans la Bible des éléments historiques et historiquement démontrés, et d’autres symboliques (ex. la création du monde…) ou dont on n’a pas de preuve historique. La Bible n’a jamais prétendu être un livre d’histoire : on se demande où l’intervenant est allé chercher cette idée saugrenue. La Bible contient parfois même des passages contradictoires comme la création symbolique de l’homme et de la femme dans la Genèse. Si les rédacteurs avaient voulu effacer des textes une incohérence aussi évidente, nul doute qu’ils l’auraient fait.

En revanche, la Bible prétend bien présenter un message spirituel puisqu’il s’agit d’un texte religieux.

Quant à l’inutilité de la compréhension perçue par l’intervenant, c’est un jugement qui n’engage que l’intervenant…

« Il [ndlr un musulman au XIXème siècle] a relevé devant les prêtres 1.200.000 erreurs dans la Bible »

L’ordre de grandeur de ce nombre astronomique n’a pas l’air de surprendre ce scientifique dont la conviction religieuse l’emporte probablement sur le bon sens. La Bible, Ancien et Nouveau Testament, comptant environ 1.800 pages dans l’édition de la « Bible de Jérusalem », cela correspondrait donc à environ 670 erreurs par page !! Et encore faudrait-il s’entendre sur le terme d’« erreur ». Est-il besoin de commenter plus avant ces propos ineptes ?….

«  Ils ont le choix : soit tu crois [ndlr sous-entendu : sans comprendre], soit tu te tais, soit tu te suicides ; il n’y a pas d’autre choix. »

On peut ne pas partager les croyances chrétiennes mais que dire de l’état d’esprit d’un intervenant dont la seule préoccupation est de vouer aux gémonies tout ce que représente le christianisme ?

« Il y a des problèmes avec l’authenticité de la Bible : les deux blocs : l’Ancien et le Nouveau Testament. Et ces problèmes, ce sont les non-musulmans, les chrétiens et les juifs qui les ont soulevés ».

La rédaction de l’Ancien Testament s’est échelonnée sur des siècles. Et comme pour le Nouveau Testament, il s’agit de textes rédigés il y a environ 2.000 ans et plus. L’origine et le sens des textes soulèvent des questions historico-religieuses parfois difficiles. Juifs et chrétiens sont tout à fait transparents sur la question : il est naturel que les spécialistes en discutent entre eux ouvertement. C’est même une preuve évidente d’ouverture et de bonne foi que de ne pas tenter de les occulter.

Cette transparence, qui nous (occidentaux habitués à la critique) paraît naturelle, peut étonner cet intervenant musulman, les musulmans étant habitués à la fiction d’un unique Coran alors que les recherches historiques montrent que de multiples versions ont existé initialement, les chiites se plaignant d’ailleurs de nombreuses suppressions faisant référence à Ali. Quant à la vie de Mahomet, elle a été rédigée plus de deux siècles après sa mort dans des conditions qui soulèvent de nombreuses questions.

Mais au-delà de toutes ces questions, pour certaines insolubles, n’est-ce pas la spiritualité qui en résulte au final aujourd’hui qui compte seule ?

« Bien sûr dans le Coran nous avons trace de cette falsification, de ces erreurs »

L’intervenant reprend la grande thèse de la « falsification », vitale pour l’islam – car elle permet de tordre les textes précédents (juifs et chrétiens) à sa guise pour aboutir au résultat souhaité –, et très bien décrite par Rémi Brague : « Les textes que le Coran confirme ne sont pas les textes réels qu’on peut lire dans la Bible juive ou chrétienne, mais bien, et exclusivement, des textes virtuels, introuvables. En effet, selon l’islam, les textes des Écritures antérieures ont été trafiqués par leurs porteurs. C’est la théorie de la « falsification« . Les textes ainsi défigurés ne méritent donc pas d’être crus, ni même lus, et encore moins associés au Coran. (…) La doctrine de la falsification se fonde sur les passages coraniques qui accusent certains groupes, en particulier parmi les juifs, d’avoir changé la parole reçue, de l’avoir remplacée par une autre, d’en avoir caché une partie, ou simplement de l’avoir oubliée. On ne sait pas trop quels juifs sont accusés de la sorte, s’il s’agit de contemporains de Mahomet ou de ceux d’une quelconque époque entre Moïse et ce dernier. On ne sait pas trop non plus en quoi consistait précisément l’accusation. (…) Le principe reste intangible : l’islam se reconnaît le droit de faire de son propre livre saint la mesure de l’authenticité matérielle de ceux qui l’ont précédé. Et ce seul fait suffit à retirer à ceux-ci leur valeur normative. »

D’ailleurs cette falsification touche tant les chrétiens que les juifs. Ainsi sur un autre sujet, Yusuf Qaradawi écrit : « Le musulman croit que l’origine des religions juive et chrétienne vient de Dieu, si l’on ne tient pas compte des falsifications qui les ont déformées. » Ou encore :  « La religion falsifiée des juifs a prétendu que le prêt à intérêt était interdit au juif quand il prêtait à son frère juif, tandis que pour le non-juif il n’y avait aucun mal à lui prêter avec intérêt. »

  • Conclusion

On peut naturellement être particulièrement sceptique sur la capacité de l’éducation nationale en France (ou en Europe) à enseigner de façon relativement objective le fait religieux musulman à l’école puisque toute critique ou mise en perspective, qui implique la notion de doute, est impossible en islam. Cette vidéo l’illustre magistralement.

Cette vidéo permet sans doute également d’avoir une meilleure compréhension de la raison pour laquelle les dénis de réalité les plus flagrants sont  fréquents dans la culture musulmane dès qu’il s’agit de parler de religion (sans parler de la question de la Shoah…).

Quel objectif pour l’islam de France ? par Tariq Ramadan

Tariq Ramadan expose quelques réflexions bienvenues relatives au besoin de connaissance et de tolérance en islam.

Havre de savoir Savoir & Engagement

Havre de Savoir Savoir & Engagement Extrait

Ces réflexions font naître au moins deux questions :

1) Quelle connaissance les musulmans ont-ils de leur propre religion ?

Ont-ils lu en détail le Coran ? Quelles vertus spirituelles et humaines trouvent-ils dans l’islam qu’ils ne trouvent pas dans les autres spiritualités ou religions ? Quelle est la valeur ajoutée de l’islam ?

2) Comment les musulmans concilient-ils la doctrine musulmane et une véritable tolérance vis-à-vis des non-musulmans ou une véritable égalité homme-femme ?

Les musulmans connaissent-ils par exemple la sourate du repentir (9) ? Que disent-ils sur le verset autorisant à frapper sa femme ? etc.

Ont-ils lu la biographie de Mahomet ?  Savent-ils que Mahomet a fini par exterminer les juifs ? Trouvent-ils la vie et le comportement de Mahomet exemplaire ?

Chassez le naturel, il revient au galop ?

Les sociétés où l’islam est majoritaire ne prévoient pas et n’organisent pas l’égalité des droits entre les individus quelle que soit leur appartenance religieuse. En l’absence effective de laïcité, le non-musulman doit toujours se plier aux règles musulmanes, ses propres droits étant fortement réduits (ex. boire de l’alcool, pratique religieuse, accès à certains postes,…).

On nous dit que cette oppression (puisque c’est le nom approprié) des non-musulmans ne concerne que les pays musulmans et non les sociétés occidentales. Est-ce si sûr ? Il est à craindre en effet que ceci ne résulte pas d’une question de principe religieux mais soit le simple résultat d’un rapport de force : que se passera-t-il quand les musulmans représenteront une proportion plus significative des populations des sociétés occidentales ? Jusqu’où nous conduira le droit de vote communautaire, voire la simple pression de la rue, incontrôlable dans des sociétés occidentales empêtrées dans la camisole des droits individuels au point qu’on ne peut même plus se défendre chez soi contre un voleur ?

C’est ce que laisse présager les comportements de certains groupes de migrants, totalement indifférents aux lois de leur pays d’accueil, et qui comptent semble-t-il bien faire régner dans le pays qui a eu la générosité de les accepter leur loi. Alain Finkielkraut relate ainsi ces craintes (octobre 2015).

Alain Finkielkraut ONPC 151013

Alain Finkielkraut ONPC 151003 Charia

Alain Finkielkraut cite Max Klingberg, qui travaille depuis 15 ans pour la Société internationale des droits de l’homme, et qui a déclaré à l’hebdomadaire Die Zeit : « La situation va empirer, prévient-il. Les agressions sont le plus souvent le fait des Pakistanais et des Afghans, ils sont encore plus islamistes que les Syriens. Il faut arrêter de croire que tous les réfugiés sont des défenseurs des droits de l’homme. Parmi ceux qui arrivent, une portion non négligeable a des croyances d’une intensité équivalente à celle des frères musulmans. »

Le magazine Causeur relate par ailleurs les propos du pasteur luthérien de l’église de la Trinité de Berlin-Steglitz (sud de Berlin) Gottfried Martens qui témoigne de la situation très précaire des chrétiens dans l’édition dominicale du quotidien berlinois Die Welt du 17 septembre : « Les musulmans très croyants répandent dans les foyers l’idée suivante : là où nous sommes règne la charia. Ceux qui souffrent le plus sont les musulmans convertis au christianisme : ceux-là ont 100% de chance d’être agressés ».

Pour Causeur, « la situation n’est pas récente : l’hebdomadaire Die Zeit s’est lui aussi fait l’écho d’agressions et d’une ambiance délétère dans les foyers de réfugiés dès juillet 2014. Voilà plus d’un an, donc, que les autorités allemandes sont conscientes des dangers qui menacent les réfugiés chrétiens. « Il y a une ambiance d’intimidation et d’hostilité envers les chrétiens », explique le prêtre maronite de Francfort Gaby Magea. L’accès aux cuisines communes est restreint pour les chrétiens, traités de « porcs » par certains musulmans, et leurs enfants sont agressés. La solution proposée par les autorités locales ? Une ségrégation des réfugiés selon leur religion, y compris entre musulmans chiites et sunnites, qui ont importé pour certains leurs conflits sur le sol allemand. Outre-Rhin, des voix s’y opposent, au nom justement de l’asile, et prônent la distribution d’une charte fondamentale des valeurs allemandes, telles que l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté d’opinion ou de religion. »

Causeur mentionne également : « Les foyers sont désormais devenus des lieux de violence religieuse, et l’Allemagne ne peut plus l’ignorer. A Suhl, en Thuringe (centre du pays), une cinquantaine de demandeurs d’asile sunnites ont organisé ce que le mensuel bavarois Bayern Kurier (édité par le parti conservateur CSU) décrit comme « une chasse à l’homme » contre un Afghan qui avait déchiré des pages du Coran. Dix-sept personnes, donc six policiers, ont été blessées dans l’émeute qu’ils ont provoquée. L’hebdomadaire de gauche Der Spiegel, qui a consacré à cette émeute un article sur son site web, n’a pour sa part pas indiqué la raison de cette flambée de violence. »

Ces faits (et d’autres) demandent à être vérifiés et appréciés mais sont également évoqués dans la presse étrangère, la presse française ne s’étendant guère sur un sujet qui remet en cause le tabou du vivre-ensemble voulu par le gouvernement français. Difficile toutefois de n’être pas inquiet à l’idée que l’Europe est tout simplement en train d’importer massivement l’islam orthodoxe (et non l’islamisme) sur son sol.

La menace musulmane : ce que disait Alain Finkielkraut déjà en 2012

Face aux appels au meurtre de ceux qui critiquent l’islam de façon trop virulente, face à leur assassinat parfois, face à la peur et à la menace que fait peser l’islam sur la création littéraire, Alain Finkielkraut s’interrogeait déjà en 2012 sur le silence des musulmans, silence qui ferait l’objet d’intenses reproches s’il s’agissait d’une menace chrétienne ou juive.

Havre de savoir Peur de l'islamHavre de savoir Peur de l’islam Rushdie

Tolérance vis-à-vis des non-musulmans en terre d’islam

La revendication par les musulmans en Europe et notamment en France de droits ou d’aides (par exemple pour construire des mosquées) est constante, généralement accompagnée de reproches de stigmatisation. On se demande alors pourquoi autant de migrants veulent rejoindre l’Europe pour y être persécutés.

Or on peut s’interroger sur la légitimité morale (et non légale) de cette demande de traitement égalitaire ou d’assistance quand on voit la façon dont sont traités les non-musulmans dans les pays musulmans. La construction d’églises, de synagogues ou d’autres lieux de culte non-musulmans est-elle libre dans les pays musulmans ? Les non-musulmans y ont-il la liberté de culte ? Comment expliquer l’interdiction d’accès des non-musulmans à nombre de mosquées ou les territoires interdits comme en Arabie Saoudite, terre sainte de l’islam ? A-t-on jamais vu l’entrée de Saint-Pierre de Rome (ou de toute église d’ailleurs) refusée à un musulman parce qu’il n’est pas chrétien ? Où est le scandale ?

Il est regrettable que les musulmans ne s’approprient pas plus le jugement de bon sens de Malek Chebel sur cette question (que n’entendrait-on pas si ce propos était sorti de la bouche d’un chrétien…!!) : « Il est un aspect que l’on évoque pratiquement jamais : pour que la tolérance vis-à-vis d’autrui devienne une réalité, il faut que le musulman la cultive autant qu’il l’exige des autres. (…) Si les musulmans veulent que leur religion soit honorée et respectée en Occident (…), il faut qu’ils soient capables d’accepter dans les pays où l’islam est dominant une tolérance équivalente pour les autres religions. (…) Une mosquée en France, soit. Mais une église en Arabie Saoudite ? (…) Aller et venir sans difficulté aucune, soit, y compris au Vatican, mais pourquoi le territoire de l’Arabie serait-il strictement interdit aux non-musulmans ? (…) etc. »