Islam et citoyenneté occidentale : un malaise évident et insoluble, n’en déplaise à Dalil Boubakeur et Najat Belkacem

Suite à la publication en juin 2014 par le Conseil Français du Culte Musulman (C.F.C.M.) de sa « Convention citoyenne des musulmans de France pour le vivre-ensemble », l’émission France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin a consacré en janvier 2015 un volet à la question du rapport de l’islam à la citoyenneté telle qu’elle se caractérise dans les sociétés laïques occidentales.

Cette émission a conduit les intervenants à mettre en évidence une difficulté assez nette en ce qui concerne la compatibilité de l’islam avec la notion de citoyenneté dans un cadre laïc. Ce n’est pas à vrai dire une surprise mais il est rare que des personnalités musulmanes abordent cette question de façon aussi franche – mais avec un malaise perceptible – dans une émission diffusée sur les chaînes nationales alors que ces points de vue sont généralement censurés (ou autocensurés) sous la pression du gouvernement, seuls quelques rares médias indépendants (Radio Courtoisie, TV Libertés par exemple), conservant une vrai liberté de parole.

J’ai proposé dans un précédent article (Convention citoyenne) une analyse de cette convention qui se révèle être un texte assez confus et muet, voire mensonger, sur certaines problématiques fondamentales. Revenons ici sur deux en particulier, la liberté de conscience (et le droit à l’apostasie) ainsi que l’égalité homme-femme, qui sont deux points sur lesquels revient dans l’émission Omero Marongiu-Perria avec courage.

Mais avant d’aborder ces deux questions, écoutons l’intervention d’un éminent responsable du C.F.C.M., Dalil Boubakeur, diffusée dans cette même émission pour présenter son texte.

  • L’objet de la charte selon Dalil Boubakeur

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyenneté 2 Extrait 3

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyennete 2 Extrait 3

Dalil Boubakeur tente d’affirmer avec un aplomb d’autant plus nécessaire que les faits lui donnent tort que l’islam est « une religion parfaitement compatible (…) avec la société française ». On attendait dans la Convention une démonstration soutenue par les textes musulmans authentiques de cette assertion : elle ne s’y trouve pas, pour la bonne raison qu’elle est impossible, le Coran et les hadiths disant même le contraire sur de nombreux points.

« Des problèmes que nous avons abordés comme l’islamophobie (…) » : pour Dalil Boubakeur, le premier problème de l’islam serait l’islamophobie… Rien sur le terrorisme musulman, les revendications communautaristes, la remise en cause constante de la laïcité (voile, prières en entreprise et adaptation au ramadan), etc.

Face à un tel déni de réalité, pratique courante du C.F.C.M. (pour l’avoir pratiqué), il est logique que les non-musulmans expriment de plus en plus de doute sur la sincérité de l’islam. Dalil Boubakeur évoque d’ailleurs lui-même ce point : « Nous voulons véritablement lever les doutes sur la sincérité des musulmans de France (…). » Eh bien, avec une Convention d’une facture aussi mauvaise, on ne voit pas comment l’islam de France pourrait y parvenir.

Terminons enfin avec cette remarque : « C’est mal connu ce qui est dans l’esprit d’un musulman. » Il est vrai que l’islam est extrêmement mal connu, y compris d’ailleurs par nombre de musulmans eux-mêmes. Contrairement à certains autres textes religieux, notamment la Bible et ou certains textes bouddhistes, les textes religieux musulmans sont pénibles à lire, et au premier chef le Coran : pas de structure thématique ou chronologique, multitude effarante de répétitions, contradictions sur des points absolument essentiels, mélange de textes doctrinaux et de récits, reprise (en moins clair et sans valeur ajoutée) de textes bibliques, etc.

Vous remarquerez aisément que le statut de texte « extraordinaire » en terme de spiritualité revendiqué pour le Coran n’est généralement justifié par les représentants musulmans que par des incantations et non des analyses – la répétition des incantations étant censée avoir force de preuve –, comme cela a été le cas lors de la conférence organisée à l’Institut du Monde Arabe par Abennour Bidar en mai 2016, à laquelle j’ai déjà consacré un article (L’impasse coranique). Un conseil : lisez vous-même le Coran !

Les textes sacrés musulmans étant pénibles à lire, les occidentaux non-musulmans ne font donc pas l’effort de les lire et s’en tiennent par facilité aux propos convenus et farcis d’omissions des « islamologues » auto-proclamés. Or, rien ne remplace la lecture des textes originaux, pour laquelle j’ai déjà proposé de l’aide (Et si nous lisions ?) : ce « Livret musulman de premier secours » (livret-musulman-27-juillet-2016) n’a pas la prétention d’être infaillible mais a au moins pour qualité d’être 100% vérifiable et de constituer une base d’information et de discussion sérieuse.

Pour résumer : les propos de Dalil Boubakeur sont empreints de confusion et de malhonnêteté intellectuelle par l’oubli volontaire des questions essentielles. Au regard des attaques mortelles et des tragédies répétées que subissent les occidentaux au nom de la religion musulmane elle-même, ses propos frisent l’obscénité et illustrent bien en quoi peut consister la taqiya.

Interrogé sur cette interview, un des deux intervenants de l’émission a d’ailleurs du mal à dissimuler son malaise face à cet exercice politique profondément hypocrite : « théologie et politique, c’est difficile »

Omero Marongiu-Perria oppose en revanche un vrai courage et une vraie honnêteté face à la taqiya de Dalil Boubakeur. Revenons donc maintenant sur deux questions essentielles qu’il aborde.

  • La liberté de conscience et le droit à l’apostasie (droits refusés aux musulmans par le C.F.CM., faut-il le rappeler)

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyenneté 2 Extrait 1

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyennete 2 Extrait 1

Omero Marongiu-Perria met en évidence, de façon policée mais claire et ferme, les manques et les ambiguïtés énormes de cette convention. Difficile de mieux dire :

–  Il faut « Expliquer dans un langage clair» ;

–  « Du côté des responsables religieux musulmans, il faut cesser de tergiverser sur les questions relatives à la liberté de conscience pour affirmer de façon claire que tout citoyen a le droit à la liberté de conscience, qui implique le droit à avoir ou à ne pas voir de religion mais également le droit de changer de religion. C’est une critique que l’on fait sans cesse aux instances religieuses musulmanes qui auraient une espèce de double discours et il faut que les musulmans aient un discours clair ; et sur cet aspect-là il y avait une petite ambiguïté [propos très policés : la question du droit à l’apostasie est en réalité clairement omise dans la convention, le C.F.C.M. ne reconnaissant pas ce droit aux musulmans et ayant donc refusé de le mentionner] que j’ai pu relever dans la manière de rédiger et il ne faut pas laisser de place à l’ambiguïté. »

–  Omero Marongiu-Perria revient plus tard dans l’émission encore sur cette question de l’apostasie car ce point essentiel constitue la clef de voûte de l’intolérance religieuse et de l’absolue incompatibilité de l’islam avec les sociétés occidentales : « Peut-être que les musulmans devraient faire un travail supplémentaire lorsqu’ils s’expriment dans les médias nationaux pour avoir des propos à la fois simples et percutants. Si je dis devant un média que je revendique la liberté de croire, ce n’est pas la même chose que de dire face à un média « je revendique moi, en tant que musulman, la liberté de croire car j’estime que tout individu peut croire, ne pas croire, et changer de religion ». C’est là où le discours doit être clairement affirmé pour qu’il n’y ait aucune porte laissée à une ambiguïté quelconque. »

J’ai déjà abordé cette question dans un précedent article (apostasie). La liberté de conscience n’existe pas en islam et le C.F.C.M. lui-même se refuse encore aujourd’hui à considérer comme un droit normal le droit pour un musulman d’abandonner l’islam. Le C.F.C.M. a jonglé dans son texte avec l’idée vague de « liberté de croyance » (article 1) pour éviter soigneusement la question de l’apostasie.

  • L’inégalité homme-femme en islam : un constat évident

Omero Marongiu-Perria aborde un autre point absolument insoluble en islam : l’inégalité homme-femme.

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyenneté 2 Extrait 2

France 2 Islam 150111 Islam & Citoyennete 2 Extrait 2

« Il est nécessaire de ne pas fuir certaines questions. Certes, certains musulmans se sentent agressés dès lors qu’on leur demande de se justifier sur un certain nombre de faits d’actualité nationaux ou internationaux (…). Ce qui m’a dérangé un peu c’est la manière d’argumenter à partir du texte coranique ou des sources scripturaires musulmanes. (…) Quand on parle de l’égalité homme-femme, l’égalité en droit des hommes et des femmes, le justifier par le Coran est toujours problématique puisque le Coran a sa propre histoire (…). Vous voulez dire qu’il y avait là une exégèse au secours de cette convention ? Exactement. »

Omero Marongiu-Perria a raison d’être « dérangé » par la démarche intellectuelle du C.F.C.M. puisque la femme n’est pas l’égale de l’homme en islam comme le précise clairement le Coran :

Sourate 2, verset 228. (…) Quant à vos femmes, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prééminence sur elles. Allah est puissant et sage.

Sourate 4, verset 34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et à cause des dépenses qu’ils font pour elles sur leurs biens. (…)

Ce qui donne d’ailleurs le droit à l’homme de battre sa femme :

Sourate 4, verset 34. (…). Quant à celles [de vos femmes] dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous de leur lit et frappez-les. Si elles reviennent à l’obéissance, ne leur cherchez plus querelle. Allah est auguste et grand !

Sîra (dernier sermon de Mahomet lors du pèlerinage d’adieu) : Musulmans, vos épouses ne doivent point commettre d’action gravement honteuse. Si elles le font, Dieu vous donne l’autorisation de les mettre en quarantaine et de les battre, sans trop d’excès. Si elles renoncent à leurs mauvaises actions, elles auront le droit à la nourriture et au vêtement selon l’usage.

Mais le plus étonnant dans cette émission est que le présentateur lui-même met également en évidence le manque de probité de Dalil Boubakeur en évoquant « une exégèse au secours de cette convention » destinée à justifier une position contraire à l’avis de la majorité écrasante des religieux musulmans !

En réalité, l’inégalité homme-femme résulte d’une infériorité de la femme confirmée par de nombreux hadiths authentiques (c’est-à-dire incontestés chez les musulmans) dans le cadre d’une misogynie prophétique avérée et qui a des conséquences désastreuses sur le statut et la condition de la femme dans les pays musulmans :

Hadith (Bukhari, Muslim) : On rapporte les paroles suivantes d’Abu Hurayra : « L’Envoyé de Dieu a dit : « Soyez bienveillants à l’égard des femmes, car la femme a été créée d’une côte. Or ce qui est le plus recourbé dans la côte, c’est sa partie supérieure. Si vous essayez de la redresser, vous la brisez, et si vous la laissez en paix, elle restera toujours recourbée. »

Hadith (Bukhari) : D’après Abu Said al-Khudri, le Prophète a dit : « Le témoignage d’une femme n’est-il pas la moitié du témoignage d’un homme ? – Certes oui, répondîmes-nous. – Cela, reprit-il, tient à l’imperfection de son intelligence. »

Hadith (Bukhari) : Abdallah Ibn Umar a dit : « J’ai entendu le Prophète dire : « Ce n’est que dans trois choses que des influences funestes [la malchance] peuvent se faire sentir : la femme, le cheval et la maison. » »

Hadith (Bukhari) : Selon Usama Ibn Zayd, le Prophète a dit : « Je ne laisse après moi aucune cause de trouble plus funeste à l’homme que les femmes. »

Hadith (Bukhari) : D’après Imran Ibn Husayn, le Prophète a dit : « J’ai pu considérer le Paradis et voir que la majeure partie de ses habitants, ce sont les pauvres ; j’ai pu considérer l’Enfer et voir que la majeure partie de ses habitants, ce sont des femmes. »

Hadith (Bukhari) : D’après Ibn Abbas, le Prophète a dit un jour : « Le feu (de l’Enfer) m’est apparu en songe et j’ai constaté qu’il était surtout peuplé de femmes qui s’étaient montrées ingrates. – Est-ce envers Dieu qu’elles avaient été ingrates ? lui demanda-t-on. – C’est envers leurs maris qu’elles avaient fait preuve d’ingratitude, répondit-il ; elles avaient méconnu les bienfaits qu’elles en avaient reçu. Quand toute votre vie vous auriez comblé une femme de vos bontés et qu’à un moment elle trouve la moindre des choses à reprendre en vous elle vous dira : « Jamais tu ne m’as fait aucun bien » ».

Hadith (Bukhari) : Abu Bakra a dit : « Le jour de la bataille du Chameau, Dieu m’a fait profiter de la parole suivante : Lorsque le Prophète apprit que les Persans avaient mis sur le trône la fille de Cosroës, il s’écria : « Jamais un peuple ne sera prospère s’il confie l’autorité à une femme. » »

Hadith (Muslim) : D’après Abd-Allah ibn Umar, l’Envoyé d’Allah a dit : « Ô femmes ! Faites l’aumône et sollicitez plus fréquemment le pardon d’Allah, car je vous ai vu former la majorité des réprouvés de l’Enfer ». Une femme – parmi celles ayant l’esprit judicieux – s’exclama : « Et pourquoi cela, ô Envoyé d’Allah ? » – « C’est, répondit-il, que vous multipliez vos malédictions et vous êtes ingrates envers vos époux. Je n’ai vu parmi les êtres faibles en intelligence et en religion personne qui, mieux que l’une de vous, fasse perdre l’esprit à un homme sensé ». – « En quoi, reprit-elle, ô Envoyé d’Allah, consiste le défaut de notre intelligence et de notre religion ? ». – « Le témoignage de deux femmes équivaut à celui d’un homme… Voilà pour le défaut de l’intelligence, répliqua le Prophète, et quand elles ont leurs menstrues, les femmes ne cessent-elles pas de prier et de jeûner des nuits durant ?… Eh bien ! Voilà pour celui de la religion ».

On voit que la simple lecture des textes musulmans édifie sur le statut de la femme en islam : point n’est besoin d’une interprétation complexe de ces éléments simples. Cela n’empêche pourtant pas Najat Belkacem, musulmane convaincue, interviewée le jeudi 25 août 2016 dans la matinale de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, de mentir effrontément et de donner aux Français une belle leçon de taqiya en niant la problématique spécifique du statut de la femme en islam et en tentant de noyer cette question avec d’autres qui n’ont absolument rien à voir (violences conjugales, inégalités salariales).

Elkabbach Belkacem 160825

Elkabbach Belkacem 160825

CONCLUSION

Tous ces principes fermement et clairement établis par l’islam sont bien connus dans le monde musulman mais sont malheureusement inconnus des occidentaux qui ne se donnent pas la peine de lire les textes musulmans sacrés : dilettantisme coupable et mortifère !

La Convention du C.F.C.M. n’est qu’une farce qui va jusqu’à mettre mal à l’aise tout intellectuel musulman un tant soit peu objectif et honnête au regard de l’orthodoxie de sa religion : le modèle musulman est incompatible avec les valeurs occidentales. L’expérience vécue dans les pays musulmans le démontrent tous les jours. L’islam est un autre choix de civilisation, de valeurs et de mode de vie. Il faut juste savoir ce qu’on veut.

Le C.F.C.M. est une institution qui outrepasse par ailleurs ses droits car sa vocation – comme elle le reconnaît elle-même et comme ceci est exprimé dans son objet social – n’est que de gérer des lieux de culte : elle n’a aucune compétence particulière et aucune légitimité en matière doctrinale. Ses dirigeants, avides de pouvoir et de reconnaissance par une communauté musulmane qui ne les reconnaît d’ailleurs pas, participent à un jeu malsain mis en place par l’État français et dont la principale victime est finalement le peuple français, abreuvé de mensonges sur la nature de l’islam de Mahomet et culpabilisé par l’utopie du vivre-ensemble.

L’islam ne serait possible en Occident que s’il acceptait de se réinventer en tournant définitivement et complètement la page de Mahomet, guerrier illuminé, misogyne, massacreur de juifs, qui vendait femmes et enfants captifs sur les marchés, comme le rapportent clairement les textes sacrés musulmans : qui va oser réinventer cet islam sans faire tomber Mahomet de son piédestal ? « L’islam n’est pas réformable » constatait il y a peu le philosophe musulman libanais Ali Harb (voir l’article réforme). La solution passe par l’éducation des musulmans, méthode efficace pour conduire à l’apostasie tout être normalement constitué.

Sortir de l’islam en apostasiant

Il est rarissime, et d’ailleurs extraordinairement surprenant compte tenu de la censure qui règne sur les médias de la démocratie populaire française, que l’apostasie des musulmans soit évoquée à la télévision française, et qui plus est de façon assez objective, sans éviter le tabou de la peine de mort qui s’abat sur les pauvres malheureux qui ont l’idée d’apostasier et celui de l’incompatibilité de l’islam avec les valeurs françaises qu’évoque les apostats qui connaissent bien l’islam.

Je donne ici à chacun l’occasion de visionner ce court reportage récent et tout à fait intéressant dans le cadre de l’émission « C dans l’air ».

Apostats 2015

Apostats 2015

Lors du débat sur la liberté de conscience en islam qui s’est tenu en novembre 2015 à l’Institut du Monde Arabe, Abdennour Bidar s’est en revanche bien gardé d’inviter un apostat : cela aurait pourtant été une excellente façon d’aborder ce débat.

Ce devrait être à l’Église catholique, si elle croit véritablement en son message, d’organiser la prédication vis-à-vis des musulmans pour les pousser à la conversion au christianisme : c’est ce qu’a demandé Jésus-Christ aux chrétiens à l’égard de tous. Le fait-elle ? Rien n’est moins sûr… L’Église s’est noyée depuis quelques décennies dans un œcuménisme béat qui l’a transformée en zombi ; elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et n’ose plus proclamer la valeur de sa foi.

Pour éclairer les Français sur la nature réelle de l’islam, rien ne vaut la lecture de ses textes authentiques (Coran, hadiths, vie de Mahomet), reconnus par tous les musulmans, car les Français en réalité savent rarement de quoi il retourne. L’islam de France devrait se réjouir d’une telle démarche faisant découvrir aux Français le contenu même des textes musulmans.

Pour vous y aider – cette lecture étant austère et pas vraiment drôle –, une synthèse de ces textes est disponible : il suffit de se donner la peine de la lire, l’essence de cette idéologie religieuse étant résumable en quelques pages. Cette synthèse, disponible ici, n’a pas la prétention d’être incontestable mais elle a au moins le mérite de s’appuyer sur des textes 100% vérifiables.

Faites-vous votre propre opinion !

Il n’y a pas de théologie islamique

Pour Tariq Ramadan : « Il n’y a pas de « théologie islamique ». Comparer les discussions, souvent marginales, qui ont eu cours entre les savants musulmans (essentiellement à partir du Xème siècle) avec les réflexions fondamentales qui ont donné naissance à la « théologie chrétienne » est infondé et, dans les faits, une erreur. Certes, certains débats ont été vifs et l’on a, à travers l’histoire et les écoles musulmanes, discuté du sens et de la portée des noms de Dieu, de ses attributs, du statut de la révélation, mais l’horizon de ces controverses – contrairement à l’histoire de la dogmatique catholique par exemple – est resté circonscrit et n’a jamais été jusqu’à remettre en cause trois principes fondamentaux : l’unicité absolue du créateur, son impossible représentation et la véracité de sa parole révélée dans le coran. Une authentique « théologie » aurait d’abord, et surtout, discuté de ces trois principes. Or une étude attentive de l’histoire des débats entre les écoles montre que les disputes se sont élaborées en aval de ces trois principes qui, au cœur de la conception musulmane, fonde ce qu’on nomme le « tawhid ». »

Malek Chebel indique : « Il faut savoir que le Coran est, en lui-même, un discours constitué sur Dieu et de Dieu sur l’homme. Cela explique la pauvreté relative de l’acte philosophique en islam, cantonné malgré lui à une histoire amplifiée des idées et à une spéculation molle sur les fins dernières. L’apostasie est avérée à partir du moment où le philosophe sort de la logique coranique, ou prétend que le Coran est une création humaine, ce qui revient à nier l’existence de Dieu, à être déicide. »

Après Ajaccio, le C.F.C.M. prône le vivre-ensemble mais refuse toujours aux musulmans le droit d’apostasier…

La doctrine musulmane est claire : un musulman n’a pas la liberté d’apostasier. L’apostasie est punie très sévèrement dans les pays musulmans, parfois jusqu’à la peine de mort. Voici, pour vous en convaincre, quelques textes musulmans reconnus par tous les musulmans :

Coran, sourate 2, verset 217. « (…) Ceux parmi vous qui abjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront leurs actions dans la vie immédiate et la vie future : ceux-là seront les gens du feu ; ils y demeureront éternellement. »

Coran, sourate 3, verset 90. « Ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi, et laissent augmenter encore leur incrédulité, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux-là sont vraiment les égarés. »

Coran, sourate 16, verset 106. « Celui qui a renié Allah après avoir cru – sauf s’il y a été contraint et dont le cœur reste paisible dans sa foi –, ceux qui ouvrent leur cœur à l’impiété, ceux-là auront sur eux la colère d’Allah et un châtiment terrible. »

Hadith (Bukhari, Abu Dawud, Malik, Ibn Hanbal) : Mahomet a dit : « Celui qui renie sa religion [ndlr l’islam], tuez-le ».

Hadith (Bukhari, Muslim) : D’après Abd-Allah ibn Masûd, l’Envoyé d’Allah a dit : « Il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman qui témoigne qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que je suis l’Envoyé d’Allah, sauf dans ces trois cas : l’époux adultère, le coupable d’un meurtre et l’apostat qui abandonne la communauté musulmane ».

Hadith (Bukhari) : D’après Ikrima, Ali avait fait brûler des criminels. Ibn Abbas, l’ayant appris, dit : « Si c’eût été moi, je ne les aurais pas brûlés, car le Prophète a dit : « Ne punissez pas avec le châtiment qui appartient à Dieu », mais je les aurais simplement tués conformément à ce précepte du Prophète : « Celui qui change pour une autre la vraie religion [ndlr l’islam], qu’on le tue ».

Yusuf Qaradawi, président du Conseil européen des fatwas et de la recherche, particulièrement au fait de l’orthodoxie de la doctrine de l’islam, rappelle donc sans ambiguïté la condamnation de l’apostasie : « Dieu exalté a dit : « Ne tuez pas, sauf en toute justice, votre prochain que Dieu a déclaré sacré »  (Coran, sourate 6, verset 151). Cette justice dont parle le Coran désigne la sanction d’un péché dans l’un des trois cas suivants : 1) le crime prémédité. Si l’on détient des preuves sûres qu’une personne a tué quelqu’un, on oit lui appliquer la loi du talion : « vie pour vie ». (…) ; 2) l’accomplissement prouvé de l’acte immoral de la fornication par un musulman marié (…). ; 3) l’apostasie de l’islam après l’avoir embrassé et le dire ouvertement pour défier la société islamique. L’islam n’impose à personne de devenir musulman mais il ne tolère pas qu’on joue avec la religion (…). »

Yusuf Qaradawi en explicite les raisons : « La mort de l’apostat vise en fait à protéger la religion et la société de ses méfaits et ne constitue pas un déni de la liberté de conscience vu le tort qu’il fait à autrui en piétinant leurs droits. Les intérêts de l’État et de la société prévalent sur l’intérêt individuel personnel. Cette question est en vérité similaire à ce que les lois modernes qualifient de « haute trahison », à la suite des préjudices qui en découlent pour l’intérêt général. » Il précise utilement que : « La question de la condamnation à mort de l’apostat relève des prérogatives de l’État. C’est au gouvernement islamique qu’il appartient d’en juger, et les institutions, associations ou centres islamiques ne sont pas concernés par cette question. »

On sait d’ailleurs le sort piteux connu par la tentative de Tariq Ramadan en 2005 qui visait à un moratoire (et non l’abolition…) sur l’application des châtiments corporels : la plus prestigieuse autorité religieuse arabo-musulmane depuis des siècles, l’université égyptienne d’Al-Azhar lui infligea un camouflet cinglant en rappelant que les châtiments corporels, peines prescrites par Allah, sont un des fondements de l’islam.

Si la peine capitale ni aucune autre peine d’ailleurs – merci à l’Occident ! – ne sont encourues en France en cas d’apostasie, la question se pose alors de savoir si l’islam de France reconnaît aux musulmans ce droit, ce qui revient à leur reconnaître la liberté de conscience. La réponse est simple : NON ! (pour autant que le C.F.C.M. représente l’islam de France, ce que beaucoup de musulmans contestent).

En effet, un débat ouvert en France sous Jean-Pierre Chevènement (1999) avait pour objectif de rédiger une charte des musulmans de France. À cette occasion, l’inscription du droit imprescriptible de liberté de conscience (et de liberté religieuse), et donc le droit d’apostasier, a été évoqué : finalement il a été rejeté par le C.F.C.M. qui rédigeait cette charte. Ce point est tout à fait clair et son authenticité est a été confirmée dans une interview donnée en 2011 par Chems-Eddine Hafiz, vice-président du C.F.C.M..

Il va de soi que la Convention citoyenne des musulmans de France pour le vivre-ensemble publiée par le C.F.C.M. à l’été 2014 ne pouvait pas mentionner l’apostasie de façon précise, sauf à confirmer cette analyse et la validité de la condamnation claire de l’apostasie, au risque sinon de se trouver en porte-à-faux avec la doctrine musulmane et par conséquent avec tout le monde musulman.

Aussi, la clarification de cette question par une formulation totalement dépourvue d’ambiguïté a été omise dans la rédaction de cette Convention au profit, dans l’article 1, de la mention floue et lénifiante d’une notion générale de liberté de croyance, d’ailleurs non définie : « Les musulmans de France sont attachés à : La liberté de croyance pour tous les citoyens, (…) » 

Laisser entendre que la liberté de croyance ainsi formulée contient la liberté d’apostasier est tout simplement un mensonge. L’objectif de la Convention est surtout de rassurer la société française sur une prétendue compatibilité de l’islam avec les valeurs de la France, quitte à éluder les questions qui fâchent. Pourquoi le C.F.C.M. n’a-t-il pas tout simplement écrit (dans cette charte ou ailleurs) : « Tout musulman est en droit d’apostasier et ainsi de quitter l’islam. » ? Parce qu’il en est incapable, quand bien même il voudrait l’envisager.

Ainsi, on voit que les musulmans de France, de façon directe ou indirecte, que ce soit via le C.F.C.M. ou une autre autorité en France, rejettent fondamentalement, au plus profond de leur doctrine et de leur culture, l’idée de liberté religieuse qui emporte nécessairement la possibilité de changer de religion.

Ce seul point suffit à créer un conflit de valeurs fondamental entre l’islam et l’Occident. On peut que recommander au lecteur de faire l’expérience d’interroger tout musulman qu’il rencontre sur cette question, en ayant bien en tête les références musulmanes ci-dessus : je gage que l’expérience sera particulièrement intéressante !

Islam, Valeurs & Violence : Un regard un peu plus clairvoyant que les autres…

À l’occasion des attentats du 13 novembre 2015, l’émission de France 2 « Islam » du 22 novembre 2015 revient avec raison sur les questions fondamentales (jihad, apostasie, place de la femme, droit des non-musulmans,…) auxquelles l’islam est confronté aujourd’hui de façon intense, la réponse apportée se réduisant le plus souvent à des incantations auxquelles les non-musulmans sont sommés de croire mais sans aucune preuve tangible.

Ghaleb Bencheikh parle de chantiers « titanesques », et ils le sont en effet. 1.400 ans après la mort de Mahomet, la confusion est aujourd’hui générale dans cette religion qui se prétend pourtant si parfaite et explicite, et qui est la seule depuis des années à générer du terrorisme et l’oppression de certaines groupes humains (chrétiens et yézidis entre autres) au nom même de la religion.

Laissons Ghaleb Bencheikh passer en revue ces chantiers « titanesques » :

France 2 Islam 151122 Extrait 1

France 2 Islam 151122 Extrait 1

Ghaleb Bencheikh : « Les chantiers sont titanesques. J’ai envie d’abord de les énumérer très brièvement : »

  • « D’abord le chantier de la liberté, de la liberté de conscience : criminaliser l’apostasie est en soi criminel ; »

Ghaleb Bencheikh reconnaît que la position des musulmans dans le domaine de l’apostasie n’est plus tenable, l’apostasie étant clairement condamnée par l’islam (cf. apostasie) et conduisant dans la quasi-totalité des pays musulmans à la condamnation à la prison ou à la décapitation. Rappelons que le C.F.C.M. refuse encore aujourd’hui en 2015 d’accorder aux musulmans de France le droit d’apostasier (cf. aujourd’hui).

  • « désintriquer la politique d’avec la religion, donc le chantier de la laïcité et du pluralisme; »

On ne voit pas comment les musulmans peuvent faire puisque l’islam est par définition religion et État (cf. laïcité) : rien ne peut être indifférent au religieux, la vie dans son ensemble, sous tous ses aspects, étant à organiser sous l’égide de Dieu. L’islam rejette clairement la laïcité. Aucun pays musulman aujourd’hui n’est laïc.

  • « le chantier de l’égalité, de l’égalité foncière, fondamentale, ontologique, entre les êtres, par-delà le genre, par-delà l’appartenance confessionnelle; »

Ghaleb Bencheikh ne fait que constater ce qui est une évidence en dépit des dénégations de multiples représentants des musulmans en Occident, notamment en France avec le C.F.C.M., à savoir : l’islam a un sérieux problème avec l’égalité homme-femme (cf. inégalité) et l’égalité des communautés humaines (cf. supériorité). Depuis le temps qu’on le dit !

  • « le chantier de la désacralisation de la violence : comment peut-on s’imaginer qu’il y ait une quelconque efficacité à la violence au XXIème siècle, et de surcroît qu’elle puisse être commanditée par la transcendance et par Dieu, et en se référant au Coran ; »

La violence est omniprésente dans la prédication de Mahomet à compter du moment où il émigre à Médine et où il s’aperçoit qu’il est incapable de rallier les juifs à sa nouvelle religion (cf. jihad). Et comme Mahomet a décidé de ne pas suivre la voie du Christ, c’est-à-dire convertir par la seule puissance de la foi et de façon pacifique, et qu’il n’a pas voulu finir sa vie en prophète incompris, l’insertion de la violence devient inévitable et congénitale à la doctrine de l’islam. Il existe des chapitres entiers de hadiths authentiques justifiant la doctrine du jihad, combat dans la voie d’Allah. La violence figure dans de nombreux versets du Coran. Quant à l’efficacité, ce n’est pas le sujet : le commentaire est assez surprenant. Que cette violence puisse être ou non jugée efficace à telle ou telle période, c’est le principe même de la violence au nom du religieux qui doit être banni.

  • « donc autre question : ce rapport à la révélation coranique : il se trouve que malheureusement on est train de faire l’exégèse sauvage : les criminels, assassins, s’en prévalent en exhibant tel ou tel verset hors contexte ; et de l’autre côté on n’a pas trouvé mieux de leur répondre, y compris dans la prière du vendredi il y a deux jours [ndlr 20 novembre 2015], que d’exhiber aussi des versets coraniques hors contexte, sauf que ceux-là enjoignent à l’amour et la bonté. C’est très bien, mais on est dans le même procédé, dans la même méthodologie et dans la même approche épistémologique. Donc on est dans une situation où on se bat à coups de versets coraniques. C’est le statut même de la révélation qui est à revoir. »

Effectivement, les versets exhibés par les dits « islamistes » sont tout à fait authentiques, ce qui pose déjà un sérieux problème. Les musulmans dits « modérés » contestent leur interprétation mais à coup d’anathèmes et non de démonstrations convaincantes. Les arguments sont assenés sans jamais être démontrés.

Le problème est que la démonstration passe par une analyse précise de la vie de Mahomet qui ressemble de façon assez évidente beaucoup plus à ce que fait l’État islamique aujourd’hui qu’à la vie de Jésus ou de Bouddha. Seuls ceux qui n’ont pas lu la Sîra disent le contraire (c’est-à-dire la très grande majorité des musulmans).

Le statut de la révélation est effectivement totalement à revoir : il s’agit en réalité d’un texte (largement copié du judaïsme) qui a obéi pour l’essentiel à des objectifs politiques, très éloignés de la véritable spiritualité. L’ultime question au fond est : Mahomet était-il un bon musulman ?

  • Conclusion

On ne peut, pour une fois, qu’applaudir le courage nécessaire à l’énoncé de ces constats véridiques et accablants pour l’islam, et qui font généralement l’objet de dénis de réalité intenses et souvent agressifs de la part de la communauté musulmane.

Les chantiers énoncés par Ghaleb Bencheikh sont d’autant plus titanesques que toute évolution de la doctrine de l’islam nécessite des contorsions dialectiques pour rendre acceptables aujourd’hui des textes sacrés qui prêchent clairement sur des sujets fondamentaux le contraire des valeurs occidentales. On se demande bien comment les musulmans vont s’y prendre pour réformer des textes qui semblent irréformables : difficile d’être optimiste après des siècles d’immobilisme face à une résistance encoure vigoureuse d’une communauté qui a énormément de mal à accepter la critique et encore plus de se remettre en cause.

Mauritanie : condamnation à mort pour apostasie après blasphème

Mauritanie : un homme condamné à mort pour blasphème envers l’Islam

Le Parisien | 25 Déc. 2014, 19h36

http://www.leparisien.fr/international/mauritanie-un-homme-condamne-a-mort-pour-blaspheme-envers-l-islam-25-12-2014-4400049.php

Cela faisait presque trente ans que cela n’était pas arrivé. La première condamnation à mort pour apostasie de l’histoire de la Mauritanie depuis son indépendance en 1960 a été prononcée mercredi soir à Nouadhibou (nord-ouest) à l’encontre d’un Mauritanien, musulman, inculpé après un écrit considéré comme blasphématoire.

L’accusé, Mohamed Cheikh Ould Mohamed, détenu depuis le 2 janvier, avait plaidé non coupable mardi à l’ouverture de son procès, le premier du genre dans ce pays de près de 4 millions d’habitants.

La Mauritanie est une République islamique où la charia (loi islamique) est en vigueur mais dont les sentences extrêmes comme les peines de mort et de flagellations ne sont plus appliquées depuis environ trois décennies.

Ces dernières années, d’après des constatations et des médias locaux, plusieurs accusés, jugés notamment pour assassinat ou faits de terrorisme, ont été condamnés à la peine de mort dans le pays, où cette décision a été exécutée pour la dernière fois en 1987, selon Amnesty International.

Le procès de Mohamed Cheikh Ould Mohamed – également identifié par certains médias locaux comme Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir – s’était ouvert mardi devant la Cour criminelle de Nouadhibou, à environ 480 km au nord de Nouakchott, la capitale.

Lorsque la Cour l’a déclaré coupable d’apostasie et condamné à mort tard mercredi soir, le prévenu, proche de la trentaine, s’est évanoui. Il a été ranimé puis reconduit en prison, a affirmé une source judiciaire contactée depuis Nouakchott. L’apostasie en islam est le rejet de la religion islamique par un musulman, par le fait de renier sa foi publiquement, insulter Dieu ou les prophètes de l’islam, professer des dogmes hétérodoxes.

A l’audience inaugurale, un juge avait rappelé à l’accusé qu’il a été inculpé d’apostasie « pour avoir parlé avec légèreté du prophète Mahomet » dans un article publié brièvement sur des sites internet mauritaniens et dans lequel il contestait des décisions prises par le prophète Mahomet et ses compagnons durant les guerres saintes, selon la même source judiciaire.

« un ordre social inique hérité»


Dans son article controversé, le jeune homme accusait la société mauritanienne de perpétuer un « ordre social inique hérité » de cette époque. Des organisations islamiques locales soutiennent que c’est la première fois qu’un texte critique de l’islam et du prophète est publié en Mauritanie.

L’énoncé du verdict a été suivi de bruyantes scènes de joie dans la salle d’audience du tribunal et à travers la ville de Nouadhibou avec des rassemblements ponctués de concerts de klaxon d’habitants à moto ou en voiture, a ajouté cette source ayant requis l’anonymat. Aucune indication n’était disponible dans l’immédiat sur un éventuel recours. « C’est l’affaire d’un criminel qui a reçu le sort qu’il mérite », a même estimé jeudi à Nouakchott Jemil Ould Mansour, président du parti islamiste modéré Tewassoul, première force de l’opposition parlementaire en Mauritanie.

Le repentir de l’accusé n’a pas fait changer d’avis la cour

Devant la cour, Mohamed Cheikh Ould Mohamed avait expliqué que « son intention n’était pas de porter atteinte au prophète, (…) mais de défendre une couche de la population mal considérée et maltraitée, les forgerons », les « maalemines », dont il est issu, a encore indiqué la source judiciaire.

D’après ses propos rapportés par la même source, l’accusé a affirmé devant la cour : « Si on peut comprendre (à travers mon texte) ce pour quoi je suis inculpé, je le nie complètement et m’en repens ouvertement. » Mercredi soir, les deux avocats commis d’office pour la défense ont insisté sur son repentir et estimé que cela devrait être pris en compte en sa faveur.

Plus tôt dans la journée, le procureur de la République de Nouadhibou avait requis la peine de mort à son encontre. Une demande suivie par la cour, soulignant que le prévenu tombait sous le coup d’un article du code pénal mauritanien prévoyant la peine de mort pour « tout musulman, homme ou femme, ayant renoncé à l’islam, explicitement ou à travers des actes ou paroles en tenant lieu », d’après la source judiciaire.

En février, l’avocat Mohameden Ould Icheddou, qui avait été sollicité par la famille de l’accusé, avait annoncé qu’il renonçait à le défendre après des manifestations hostiles contre le prévenu ainsi que lui-même et ses proches.

 Plusieurs manifestations de colère avaient eu lieu à Nouadhibou et à Nouakchott, certains protestataires allant jusqu’à réclamer la mise à mort du jeune homme, qualifié de « blasphémateur ».

Le 10 janvier 2014, des milliers de manifestants avaient convergé vers le palais présidentiel, où le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz les avait exhortés au calme en promettant de « prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre l’islam et son prophète ».

« La justice s’est saisie de cette affaire et elle fera son travail mais soyez certains que l’islam est au-dessus de tout, de la démocratie et de la liberté », avait-il déclaré.

Droit à l’apostasie : l’islam de France ne l’acceptera jamais

La doctrine musulmane est claire (cf. article doctrine apostasie) : un musulman n’a pas la liberté d’apostasier. L’apostasie est punie très sévèrement dans les pays musulmans, parfois jusqu’à la peine de mort.

En France, un débat à été ouvert sous Jean-Pierre Chevènement (1999) en vue de rédiger une charte des musulmans de France. À cette occasion, l’inscription du droit imprescriptible de liberté de conscience (et de liberté religieuse), et donc le droit d’apostasier, a été évoqué : finalement il a été rejeté par le C.F.C.M. qui rédigeait cette charte. Ce point est parfaitement clair et son authenticité est a été confirmée en 2011 par Chems-Eddine Hafiz, vice-président du C.F.C.M..

CFCM Hafiz 2011CFCM Apostasie 2011 1   CFCM Apostasie 2011 2  CFCM Apostasie 2011 3

On notera d’ailleurs dans cette interview que M. Hafiz refuse obstinément de donner son avis sur la question de savoir si un musulman est libre de quitter l’islam. Il se borne à constater que certains le font, en déplorant cet abandon de la façon la plus nette et la plus viscérale (en évoquant le terme de « blessure »). En d’autres termes, même à titre personnel, M. Hafiz refuse en réalité d’accorder ce droit légitime.

Il va de soi que la Convention citoyenne des musulmans de France publiée par le C.F.C.M. à l’été 2014 ne pouvait pas mentionner l’apostasie de façon précise, si ce n’était pour confirmer cette analyse et la validité de la condamnation claire de l’apostasie, au risque sinon de se trouver en porte-à-faux avec tout le monde musulman. Aussi, la clarification de cette question par une formulation totalement dépourvue d’ambiguïté a été omise dans la rédaction de cette Convention au profit (article 1) de la mention floue et lénifiante d’une notion générale de liberté de croyance, d’ailleurs non définie : « Les musulmans de France sont attachés à : . La liberté de croyance pour tous les citoyens, (…) » Laisser entendre que la liberté de croyance ainsi formulée contient la liberté d’apostasier est un mensonge.

L’objectif de la Convention serait-il simplement de rassurer la société française sur la compatibilité de l’islam avec les valeurs de la France, quitte à éluder les questions qui fâchent ? Pourquoi le C.F.C.M. n’a-t-il pas tout simplement écrit (dans cette charte ou ailleurs) : « Tout musulman est en droit d’apostasier et ainsi de quitter l’islam. » ? Parce qu’il en est incapable, quand bien même il l’envisagerait.

Ainsi, on voit que l’islam de France, de façon directe ou indirecte, que ce soit via le C.F.C.M. ou une autre autorité en France, rejette fondamentalement, au plus profond de sa doctrine et de sa culture, l’idée de liberté religieuse qui emporte nécessairement la possibilité de changer de religion.