La culture française, connue dans le monde entier, n’existe pas

Il est étonnant de voir comment certains peuples d’Europe, comme les Français, ont aujourd’hui une crise d’identité telle qu’ils développent un sentiment suicidaire virulent et même agressif. Devenus des junkies de la « diversité » sous toutes ses formes, incapables de se passer de leur dose quotidienne de clandestins et de bien-pensance, ils développent partout des salles de shoots, totalement incapables de maîtriser les délires de leurs cerveaux imperméables à la raison et aux effets de l’autodestruction.

En effet, les Français, peuple qui a mis mille ans à se construire, semblent être entrés dans un processus addictif d’auto-destruction : exacerbation de la jouissance individuelle implorant le nouveau veau d’or de la sexualité libertaire (la sexualité étant rebaptisée « orientation sexuelle » pour mieux marquer la diversité des « orientations possibles » – seules la zoophilie et la pédophilie étant encore relativement réprouvées –) ; relativisation de toute morale et culture de l’excuse exhibant à tout-va irresponsabilité et déséquilibres psychiques de tous ordres ; légalisation du meurtre de masse des  enfants à naître jetés à la poubelle grâce à l’I.V.G. – nouvelle Shoah silencieuse mais bien réelle, voulue par une personne qui l’a pourtant connue, comble de l’ironie – ; droit à l’enfant devenu objet de consommation et libéralisation inévitable et prochaine de toutes les types de G.P.A. et P.M.A. (avec la même hypocrisie que pour l’I.V.G. et le P.A.C.S.) ; anéantissement progressif de la liberté d’expression et de critique ; peur maladive  de l’« essentialisation » – c’est-à-dire de tout ce qui définit une identité – ; légitime défense vidée de sa substance, les voyous devenant impunis et les honnêtes citoyens hésitant à se défendre de peur de finir derrière les barreaux ; etc.

Il n’est donc pas étonnant que dans ce tsunami suicidaire les Français aient élu une idole de la pensée politique transgenre, sans identité autre qu’économique.  En effet, Emmanuel Macron ne déclarait-il pas il y a à peine quelques mois : « Il n’y a d’ailleurs pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple » :

Emmanuel Macron Culture francaise Lyon 170204

En d’autres termes, si vous venez en France avec votre baluchon et votre propre culture et vos propres traditions, sans aucun souci du respect de la culture d’origine de ce pays qui vous accueille, la France, vous contribuez pour Emmanuel Macron à enrichir mécaniquement la culture en France. N’est-ce pas merveilleux ? La culture n’a plus de racines ni d’histoire. Comme Emmanuel Macron, elle est transgenre, incolore, sans saveur. Le pauvre Renan doit se retourner dans sa tombe.

Après des décennies d’incurie politique immigrationniste et une situation devenue inextricable, ce reniement peut être aussi analysé comme le prix à payer aujourd’hui pour tenter d’éviter que l’implantation de l’islam en France – dont la culture est totalement incompatible à la fois avec les valeurs de la République française et les valeurs chrétiennes qui ont largement façonné plus de mille ans d’histoire de France – ne déclenche ouvertement une guerre civile qui risque fort de commencer par certaines banlieues devenues territoires perdus de la République, cette guerre civile ayant déjà débuté sous diverses formes dans les établissements scolaires de notre vieux pays.

Et pour ceux, quelle que soit leur « orientation religieuse ou spirituelle », qui douteraient de l’importance historique du christianisme dans l’histoire de France, je conseille la lecture de Bruno Dumézil (« Les racines chrétiennes de l’Europe »)

ou de Luc Ferry (« Sagesses d’hier et d’aujourd’hui »).

Luc Ferry y écrit de façon limpide : « Ce qui compte, c’est la pureté du cœur, pas celle des aliments ni des métiers que les hommes exercent – ce qui, cela dit au passage, permet au Christ de s’entourer d’hommes et de femmes dont les métiers ne sont pas considérés comme nobles, y compris des courtisanes, que le judaïsme orthodoxe exclut du cercle des fréquentations possibles. Conséquence abyssale historiquement : c’est cette place unique accordée à l’intériorité qui a permis le passage à la laïcité, le christianisme pouvant passer de l’espace public à l’espace privé sans obstacle absolu, de sorte que pour nous, Européens de tradition chrétienne, la question de la laïcité est largement réglée. C’est peu de dire qu’ailleurs, il n’en va pas de même, en quoi le fameux thèmes des « racines chrétiennes de l’Europe », pour tactique et politicien qu’il puisse être parfois, n’en est pas moins légitime sur le fond. Seule la laïcité, qui n’est pas l’athéisme mais la neutralité de l’État et de l’espace public, a réussi à pacifier les rapports entre communautés à mettre fin aux guerres de religion. Or elle est, contrairement à une idée reçue mais niaise, un héritage direct de cette place accordée au forum intérieur dans la morale chrétienne. (…) Même lorsqu’on est radicalement non-croyant, on est évidemment imprégné par cette culture chrétienne qui a dominé l’histoire de l’Occident, mais ne s’y est pas réduite. »

La politique de l’autruche

Lors du dîner de fin du Ramadan du 20 juin 2017, Emmanuel Macron déclarait à des représentants de l’islam de France : « Personne ne peut faire croire que votre foi n’est pas compatible avec la République ».

Macron 170620

Le problème est que cette phrase ne veut rien dire : la compatibilité de la doctrine musulmane avec un système républicain (en France ou ailleurs) est une question qu’il est possible d’examiner objectivement et qui n’a rien à voir avec le fait de croire les affirmations de tel ou tel. Et le doute ne subsiste pas longtemps lorsqu’on examine un peu sérieusement les régimes politiques des pays musulmans, notoirement incompatibles avec l’idée même de laïcité.

L’évidence de cette incompatibilité est ainsi niée par des personnages qui ignorent visiblement le B.A.BA. des principes qui régissent l’islam puisqu’il est impossible de séparer la religion et le politique en islam. Dalil Boubakeur avait beau s’agiter il y a quelques années, il faut se rendre à l’évidence effectivement que « l’islam est un fait politique majeur » et que « c’est une idéologie de lutte, une idéologie d’agression ».

Boubakeur 2011

Face à cette situation, ce sera probablement tôt ou tard la soumission des sociétés occidentales – à tout le moins celles contaminées par la haine de soi et la repentance –, ou peut-être la guerre civile pour celles qui veulent survivre. Les chrétiens du Moyen-Orient en savent quelque chose, notamment les Libanais, mais qui les écoute en Europe ?

Déménagement du monde ou Grand remplacement ?

L’excellente émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut nous a proposé aujourd’hui 24 juin 2017 un passionnant débat sur le thème « Le grand déménagement du monde », en présence d’un personnage banni du paysage médiatique français : Renaud Camus.

Il faut à cette occasion remercier Alain Finkielkraut d’oser, avec courage, donner la parole à une des personnalités de la dissidence intellectuelle qui rompent le cadre exigu de la bien-pensance étriquée imposée dans les medias, en particulier par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. La diffusion de ce débat avait dû en effet être reportée comme l’expliquait Alain Finkielkraut le 10 juin 2017 :

Ainsi, sous la pression de cet organisme liberticide, qui fait songer à une sorte de Fouquier-Tinville de la bien-pensance, la diffusion de cette émission avait été reportée à après les élections : il ne fallait sans doute pas perturber le peuple et le distraire du vote qu’on attendait de lui.

Avant de laisser le lecteur écouter cette émission dans son intégralité, j’attire son attention sur son début pendant lequel Hervé Le Bras a tenu le propos suivant :

« …en tant que scientifique – il faut bien mettre les choses sur la table –, je suis polytechnicien d’origine, donc j’ai une habitude des chiffres et du raisonnement… »

Cette prodigieuse et stupéfiante remarque liminaire suscite plusieurs commentaires :

1) M. Le Bras a 74 ans : qu’il ressente encore le besoin de s’affirmer en se raccrochant à ce qu’il faisait sur les bancs de l’école il y a plus de 50 ans est un indice certain de fragilité psychologique et mentale.

2) M. Le Bras recourt par cette référence à l’argument d’autorité, comme si le fait d’avoir été capable de résoudre des équations pour entrer à Polytechnique l’avait placé pour le reste de ses jours dans le camp des saints incapables de se tromper, comme si une grande école immunisait pour toujours de la sottise : affirmation sous-entendue affligeante et consternante.

3) Au-delà de l’argument d’autorité qui est en filigrane de tout le discours de M. Le Bras – et qu’il ne pourra pas s’empêcher d’ailleurs de dévoiler en fin d’émission en en faisant un usage explicite –, M. Le Bras conteste en réalité fondamentalement ab initio la légitimité de son interlocuteur Renaud Camus puisque, selon lui, seule une approche scientifique fondée sur des chiffres serait pertinente.

L’auditeur se fera sa propre opinion et jugera s’il convient, comme M. Le Bras, tente de le démontrer avec un positivisme forcené, que tout part des chiffres, et que l’on peut sans doute aussi mesurer l’attachement à la culture française en mettant en équation Molière, Hugo, Voltaire, Debussy, Cézanne et tant d’autres. Il est vrai qu’on entend parfois dire que la musique de Bach à un côté mathématique : peut-être, mais à côté de cela, il y a surtout le génie. Peut-on mettre en équation et en chiffres le génie français ?

Bref, au-delà de ce propos liminaire effarant et qui est la marque de la suffisance à laquelle une certaine élite nous a habitué depuis longtemps, il est intéressant d’écouter cet échange dans le cadre de cette émission, toujours intelligemment conduite par Alain Finkielkraut.

Penser le mécréant en islam : un effort louable mais qui semble utopiste

  • Problématique

Face à «  c terrible et tragique régression, à la décadence, à la décrépitude » du monde musulman depuis des siècles évoquée par le présentateur de l’émission de France 2 « Vivre l’islam » du 27 novembre 2016, Omero Marongiu-Perria formule quelques pistes de réflexion, mais qui constituent une critique assez virulente de l’islam face à un monde occidental vu par les musulmans comme « un monde de corruption ».

France 2 Islam 161127 Islam 2 Extrait 4

  • Propositions

1) Démythifier l’histoire musulmane

Comme l’admet Omero Marongiu-Perria, l’histoire de Mahomet et de ses Compagnons fait l’objet d’une mythification dont l’objet est une valorisation en opposition au monde occidental : « L’histoire des premiers temps de l’islam est complètement mythifiée chez les musulmans ».

Il est en effet impossible d’aborder l’histoire de l’islam sous le seul angle de la critique historique, pourtant utilisée partout ailleurs, y compris pour les autres religions. Omero Marongiu-Perria reconnaît que « l’histoire musulmane n’est pas abordée à partir des catégories de l’histoire » : en d’autres termes, l’histoire musulmane n’est analysée que dans le contexte d’une perspective religieuse, ce qui rend donc impossible toute objectivité, notamment quant à la profondeur de l’imprégnation tribale de la vie et de la pensée de Mahomet indépendamment de toute inspiration divine.

On peut rester dubitatif sur la capacité de l’islam à accepter une vision plus objective de ses origines car toute analyse objective est désacralisante et donc incompatible avec le Coran, censé être la parole d’Allah.

2) Mahomet le conquérant

Omero Marongiu-Perria constate implicitement avec regret : « il faut le reconnaître, dans ce qui est appris aujourd’hui des premiers temps de l’islam, c’est cette idée du prophète conquérant qui est mise en avant ».

Certes, mais c’est bien ainsi que les textes musulmans les plus authentiques, jusqu’au Coran lui-même, décrivent Mahomet. Et il paraît impossible de réécrire l’histoire de l’islam.

3) Arriver à penser l’autre

Face à un modèle ouvertement communautariste, Omero Marongiu-Perria regrette la difficulté que l’islam rencontre à être tolérant : pour lui en effet, il faudrait « enseigner dans les instituts musulmans des outils d’interprétation qui soient ouverts sur ce qu’on pourrait appeler une théologie de l’altérité, c’est-à-dire comment se penser dans un monde pluriel en englobant d’emblée les autres dans la réflexion ».

Certes, mais on ne voit pas bien, dans une religion pour l’essentiel figée dogmatiquement depuis un millénaire, ce qui pourrait provoquer cette rupture de pensée sans entraîner un effondrement général de tout le système musulman, car ce serait admettre que l’islam peut avoir tort et que les mécréants sont aussi estimables que les musulmans, ce qui va précisément à l’encontre de ce que dit le Coran.

  • Conclusion

Toutes ces pistes sont louables et manifestent une forme d’ouverture et de tolérance, mais sont elles sont aujourd’hui, si l’on en juge par la façon dont le monde musulman évolue, assez utopistes.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (17) La paix en islam, une paix entre musulmans

  • Problématique

La revendication de l’islam à être une religion d’amour et de paix apparaît bien surprenante à quiconque a lu la biographie de Mahomet dont la vie est rythmée, à partir de Médine, par les razzias, guerres, assassinats individuels, persécutions ou massacre des juifs, etc.

Il est donc intéressant de faire le point sur les arguments avancés par Tareq Oubrou pour défendre contre toute évidence la thèse de la religion d’amour et de paix.

  • Une attitude de respect mais seulement vis-à-vis des coreligionnaires musulmans

La paix évoquée dans le Coran est en réalité une paix conçue comme celle qui doit régner entre musulmans.

Tareq Oubrou écrit : « La paix est plus que l’absence de guerre et de violence. C’est un état intérieur, un état d’esprit. C’est pour cette raison que le Prophète a cherché à effacer toute symbolique qui renverrait à la guerre. (…) Rappelons que la salutation dans l’islam (as-salâm alaykum) signifie : « Que la paix [de Dieu] soit sur vous ». Elle vise à permettre de faire régner la paix dans les esprits avant qu’elle s’accomplisse dans la réalité. »

Malheureusement, Tareq Oubrou omet de mentionner que la paix dont il parle n’existe qu’entre musulmans puisque, comme le précise la jurisprudence chaféite (validée par Al-Azhar), il est par exemple interdit au musulman de saluer un non-musulman par la même salutation que celle qu’il emploie à l’égard de ses coreligionnaires puisque le non-musulman, seulement toléré en terre d’islam, est un « dhimmi » au regard des textes sacrés, c’est-à-dire un citoyen de seconde zone : « Les sujets non-musulmans doivent respecter les règles islamiques qui ont trait à la sécurité et à l’indemnisation de la vie, de la réputation et de la propriété. En outre : (…) (2) Ils doivent se distinguer des musulmans par l’habillement, en portant une large ceinture (zunnar) ; (3) Ils ne sont pas salués par le « as-Salamu ‘alaykum » ; (4) Ils ne doivent pas occuper la meilleure place dans les rues ; (…). »

Tareq Oubrou précise par ailleurs : « Mais la paix n’est pas uniquement une question psychologique : c’est une action, un devoir. « Ô vous, croyants, entrez [tous] pleinement dans la paix ! » lit-on dans le Coran (sourate 2, verset 208). » Ce message de paix ne s’adresse bien qu’aux musulmans.

  • La paix au sein de la communauté musulmane de Médine

Tareq Oubrou cite également dans sa plaidoirie le souhait de Mahomet ne pas voir naître de guerres fratricides entre ses partisans (les émigrés de La Mecque d’une part, et les tribus arabes alliées de Médine non encore réellement converties d’autre part) : « On sait que le Prophète n’a pas engagé de guerre contre les hypocrites qui faisaient partie de la communauté musulmane de Médine : « Je ne voudrais pas qu’on dise que Mahomet tue les siens » (hadith Bukhari n°4905, Muslim n°2584). » Cela n’a rien d’étonnant : il ne s’agit ici que d’éviter que le clan musulman ne s’entre-déchire en raison de guerres intestines : aucun rapport donc avec une quelconque paix vis-à-vis des non-musulmans.

  • Face à l’ennemi, que faire ? jamais la paix, mais un pacte est possible

Tareq Oubrou mentionne également comme preuve de paix vis-à-vis des ennemis de l’islam (les non-musulmans) le propos suivant : « Et une invitation à la paix ne se refuse pas : « Et s’ils choisissent la paix, fais de même. », demande le Coran (sourate 8, verset 61) au Prophète. »

Mais Tareq Oubrou ne mentionne pas le contexte qui a trait à ce verset et conduit à des contre-sens ainsi que le souligne très précisément Abdurrahman Badawi (traducteur musulman de la biographie de Mahomet). Celui-ci précise en effet dans sa traduction de la Sîra ce que ce verset veut dire : « S’ils t’invitent à faire la paix sur la base de leur conversion à l’islam, alors fais la paix avec eux sous cette condition. » Il ajoute : « Cette explication est très importante : ce n’est pas la paix à tout prix, ou sans aucun prix, qu’il faut conclure avec l’ennemi. Voilà un avertissement solennel à tous ceux qui, aujourd’hui, jouent avec le sens de ce verset ! »

En réalité, pour l’islam, aucune paix définitive n’est concevable avec les non-musulmans : l’islam n’accepte que les pactes temporaires qui n’engagent que pour une durée limitée comme le rappelle la jurisprudence chaféite : « Dans la Loi sacrée, « trêve » veut dire traité de paix avec un ennemi de l’islam, impliquant la cessation des combats pour une certaine période, avec un paiement ou toute autre chose. Le fondement scriptural de la trêve inclut les versets comme : (1) « Une immunité est accordée par Allah et son prophète aux polythéistes avec lesquels vous avez conclu un pacte (…) » (sourate 9/, verset 1) ; (2) « Et s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) » (sourate 8, verset 61); de même que la trêve que le prophète conclut dans l’année d’Hudaybiyya, comme relaté par Bukhari et Muslim. Les trêves sont admissibles mais pas obligatoires. (…) La trêve doit servir autre chose que la simple préservation du statu quo. Dieu a dit : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts » (sourate 47, verset 35). La motivation de la trêve peut être la faiblesse musulmane, du fait d’un manque de troupes ou de matériel, ou l’espoir que l’ennemi se convertisse (…). Si les musulmans sont faibles, une trêve peut être conclue pour 10 ans (…). Il n’est pas permis de conclure une trêve d’une durée plus longue (…). »

Ainsi, la trêve d’Hudaybiyya mentionnée par Tareq Oubrou fut la conséquence temporaire d’un rapport de force défavorable aux musulmans et non pas l’expression d’une véritable volonté de paix : « Si la guerre fut souvent inévitable, le Prophète parvint à quelques reprises à l’éviter en recourant à la diplomatie. En témoigne le pacte de Hudaybiyya par lequel les Quraysh, en échange d’une trêve de dix ans, lui imposèrent des conditions (Bukhari n°2711-2712) qu’il accepta malgré la position de force obtenue par les musulmans grâce à leur victoire. »

En revanche, une fois conclu, et à moins d’être dénoncé par l’une ou l’autre partie, un pacte doit être respecté – c’est une question d’honneur – , quand bien même il est signé avec des non-musulmans. Ainsi Tareq Oubrou écrit : « Ces jeunes ne connaissent pas la parole du Prophète, qui dit : « Celui qui tue une personne non musulmane avec laquelle il est lié par un pacte ne sentira pas le parfum du Paradis. » (Bukhari n°3166) ». Le respect de tout pacte est en effet un élément constitutif essentiel du système tribal de l’Arabie du VIIème siècle.

Quant à l’appel à ne pas souhaiter la rencontre avec l’ennemi, Tareq Oubrou écrit : « Non seulement les textes appellent à la paix, mais ils incitent à éviter toute confrontation et tout conflit. « Ne souhaitez pas la rencontre et la confrontation avec l’ennemi. Mais si le combat vous est imposé, vous devez résister… » : ce hadith visait à apaiser le tempérament belliciste qui caractérisait les Arabes antéislamiques. » Il semble en effet que le tempérament guerrier ait pu conduire certains à se lancer tête baissée dans la bataille et sans avoir trop réfléchi. Mahomet met seulement en garde de ne pas engager une bataille sur « un coup de tête », sans avoir bien réfléchi à la meilleure tactique pour la gagner. Il suffit de lire dans le Coran la multitude des versets sur le jihad ou la glorification du martyre pour dissiper tout doute quant à la nature belliqueuse de l’islam.

  • Conclusion

Une paix définitive avec les non-musulmans est doctrinalement impensable en islam puisque ce serait abandonner une partie du monde à la mécréance et admettre qu’il existe une limite au pouvoir d’Allah.

On peut comprendre que, dans la mesure du possible, il soit envisagé de laisser d’abord au mécréant la possibilité d’entendre la parole d’Allah afin qu’il se convertisse. C’est ce que rappelle Tareq Oubrou lorsqu’il écrit : « La sourate 9, considérée comme la plus violente vu les circonstances dans lesquelles elle a été révélée, ne manque pourtant pas d’appeler le musulman à protéger un non-musulman : « Et si un associationniste te demande secours, accorde-le lui afin qu’il entende la parole de Dieu, puis fais-le parvenir dans un lieu où il trouvera sa sécurité. Car c’est un peuple qui ne sait pas. » (sourate 9, verset 6). » Mais tout cela est précisément encadré par des pactes précis et conclus dans des circonstances spécifiques :

Coran, sourate 9, verset 7. Comment existerait-il avec les associateurs un pacte admis par Allah et par Son messager autre que ceux que vous avez conclus auprès de la Mosquée sacrée ? Tant qu’ils sont droits envers vous, soyez droits envers eux. (…)

L’associationnisme (ou polythéisme) étant en islam le plus grave des péchés possibles, comment une véritable tolérance serait-elle possible, si ce n’est qu’encadrée rigoureusement par un pacte temporaire ou au travers du statut de « dhimmi » ? Tout autre cas de figure est inconcevable en islam : la tolérance au sens occidentalo-chrétienne n’existe pas en islam.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (16) La contribution de l’islam au monde moderne

  • Problématique

Parmi les débats qui suscitent des polémiques virulentes en France, surtout de la part des tenants de l’islamisation et des bien-pensants perclus de culpabilité post-colonisatrice, c’est celui du rôle de l’islam dans la construction du monde occidental. La valorisation d’un immense héritage musulman dont serait redevable l’Occident semble être devenu un instrument politique pour tenter de redonner à l’islam sa dignité perdue face à la superbe occidentale, avec une visée partisane et sans réelle considération objective pour les travaux et les faits rapportés par les plus grands spécialistes.

Je me contenterai ici de reprendre quelques-uns des propos de Tareq Oubrou figurant dans son livre à propos du monde d’aujourd’hui.

  • Islam et modernité : une absence

La position de Tareq Oubrou semble être sur la question assez claire et peu amène : « On peut dire que c’est aujourd’hui que les musulmans vivent leur Moyen Âge. Leur modernité, ils l’ont laissée derrière eux. »

Tareq Oubrou parlait déjà dans son précédent livre (Un imam en colère) du « déclin de toute une civilisation qui a raté, dès la fin du Moyen Âge, le train de la modernité » et ajoutait : « Le seul moyen de sauver l’islam, c’est de casser la vieille coquille civilisationnelle qui en étouffe l’esprit tout en précipitant son déclin. L’islam est appelé à vivre dans son époque ! Pas dans un imaginaire quelconque. »

En effet, le constat de l’absence de contribution vraiment significative du monde musulman au développement du monde moderne (mathématique, physique, chimie, biologie, médecine, électronique, télécommunications, transports, musique, peinture, etc.) depuis au moins 6 à 7 siècles est général et n’est guère contesté, même par les plus fervents islamologues.

Ainsi, Tariq Ramadan constate : « Les sociétés majoritairement musulmanes sont le plus souvent à la traîne sur le plan économique, elles ne présentent la plupart du temps aucune garantie démocratique et, quand elles sont riches, elles ne contribuent à aucun progrès intellectuel et/ou scientifique. Tout se passe comme si le monde musulman, se percevant comme dominé, n’avait pas les moyens de ses prétentions. »

De son côté, Malek Chebel écrivait : « Trop longtemps demeurés sur le bas-côté de la route, les musulmans n’ont pas été – c’est le moins que l’on puisse dire – des acteurs du progrès technologique moderne. Le monde musulman contemporain n’a rien inventé qui puisse susciter l’admiration. (…) Dans l’évaluation générale réalisée par l’ONU sur le développement durable des nations, les pays du bloc arabo-musulman se présentent (avec quelques nuances) parmi les derniers du peloton des États qui investissent dans la formation et l’éducation. »

Enfin, Abdennour Bidar écrivait il y a quelques mois : « Qu’as-tu d’admirable aujourd’hui, mon ami [monde musulman] ? Qu’est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l’admiration des autres peuples et civilisations de la terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier (…) ? En réalité, tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même… » 

Il est facile de multiplier les citations de grands spécialistes, musulmans ou non. Au-delà du constat, la question est plutôt d’expliquer pourquoi : or, sur ce point, les explications sont très parcellaires car les explications plus générales font remonter les racines de cette stérilité à la nature même de l’idéologie musulmane, démarche qu’évite la plupart des islamologues pour ne pas s’engager dans une critique trop radicale. de l’islam.

Quant à l’« âge d’or » de la civilisation musulmane situé par certains il y a 8 à 10 siècles, il convient d’en préciser les contours et l’étendue réels pour sortir des fantasmes partisans.

  • Conclusion : contribution au monde et repli identitaire

L’estime de soi, et la confiance en soi, passent par la reconnaissance de ce que chaque individu apporte au monde qui l’entoure. Il en va de même pour les peuples. Nul doute que cette composante est en toile de fond de la frustration que ressentent certaines catégories de populations immigrées vis-à-vis de l’Occident, et de la France en particulier, et ce, d’autant plus fortement que la culture musulmane ne leur permet que difficilement – quand elle ne leur interdit pas – de profiter à plein de l’héritage civilisationnel qui leur est proposé en partage.

Tariq Ramadan le reconnaît dans son appel à une « réforme radicale » de l’islam : « Nous avons maintes fois répété que la pensée islamique contemporaine (l’apparition du problème est ancienne) est traversée par la peur et la crainte de tout ce qui lui semble être imposé de/par l’extérieur, et en priorité bien sûr par la dominante “civilisation occidentale“. S’il n’est pas toujours question de rejet, on constate une constante de la suspicion et une attitude toujours défensive vis-à-vis des valeurs, des pratiques et de la culture de l’autre, dominant ou étranger. La réforme que nous appelons de nos vœux est difficile car elle exige, pour être mise en œuvre, un état de “confiance en soi“ qui justement manque cruellement aujourd’hui au cœur des sociétés musulmanes et, plus spécifiquement, parmi les savants et les intellectuels. Le monde islamique produit depuis des décennies des pensées soit sur le mode de l’imitation presqu’aveugle soit sur celui de la défensive rigide et exclusiviste… rarement de l’autonomie, de la créativité et de la contribution. »

Les racines de la frustration sont profondes car elles ne concernent pas seulement le rapport à l’Occident mais remontent à des oppositions intestines à l’islam, entre Arabes et non-Arabes. Ainsi, Tareq Oubrou écrit : « Un certain arabocentrisme et orgueil arabe a engendré chez des musulmans ethniquement non arabes, notamment persans, un racisme anti-arabe appelé « shu’ûbiyya ». Ceux-ci considèrent que les Arabes n’ont pas connu de civilisation et qu’ils sont restés, malgré l’islam, dans un état de nature, sans culture ni savoir élaboré. Ils estiment que c’est grâce à eux que la civilisation arabo-musulmane s’est développée. C’est en grande partie vrai : presque toutes les disciplines du savoir arabo-musulman, y compris la langue arabe elle-même, et jusqu’à la mystique, ont été formalisées et développées par les Persans. Les Arabes se sont contentés d’exercer le pouvoir politique. Même ce dernier a fini dans les mains des non-Arabes : les Turcs (Ottomans). »

Il serait temps que la bien-pensance européenne et surtout française s’en souvienne, ce qui lui éviterait peut-être de taxer d’islamophobie toute approche de l’islam un tant soit peu critico-historique, approche pourtant appliquée sans états d’âme dans tous les autres pans de l’histoire, de la philosophie et de la religion.

La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (5) L’entrée de l’islam dans la modernité

  • Problématique

Nous avons vu dans les 4 précédents articles que les arguments tentant de dédouaner l’islam de sa violence viscérale car originelle s’effondraient les uns après les autres : la contextualisation, une violence qui serait commune à toutes les religions, la dissociation entre l’islam religieux (pacifique) et l’islam politique (guerrier), etc. Il y a bien un problème spécifique entre l’islam et la violence. André Comte-Sponville rappelait cette évidence dans une interview en 2016 : « Quant à ceux qui prétendent qu’il n’y a « aucun rapport » entre le djihadisme et l’islam, ils nient l’évidence. » (cf. article : http://islametoccident.fr/?p=2349)

Pour conclure, abordons un dernier aspect : c’est la modernité du monde qui aurait conduit l’islam à la violence.

  • La modernité du monde responsable de la violence de l’islam

L’islam serait soumis d’une certaine façon à des forces obscures et impersonnelles qui le dédouanerait en partie de sa violence intrinsèque. On ne peut être que surpris par cette argumentation à caractère vaguement géopolitique et qui paraît assez confuse.

France 2 Islam 161211 Islam et Violence 2 Extrait 2

L’intervenant reconnaît la violence de l’islam originel : « Non pas que dans les textes fondateurs de l’islam il n’y ait pas de violence : il y a de la violence ». Mais cette violence incomberait à l’entrée dans le monde moderne, de sorte que la responsabilité de l’islam disparaît, ainsi diluée dans un concept éthéré et impalpable, le « retournement du monde » : « Il y a un retournement du monde avec l’entrée de la modernité ».

Cette désincarnation de la responsabilité au regard de la violence a pour avantage de renverser l’échelle des valeurs : « La violence infligée aux populations musulmanes depuis 25 ans ». Ainsi, ce n’est plus l’islam qui imposerait sa violence mais les populations musulmanes qui subiraient une violence et seraient donc des victimes. Ce type de raisonnement qui n’a ni queue ni tête (cela fait 1400 ans que les sunnites et les chiites s’entretuent au nom de l’islam et que les minorités non-musulmanes sont persécutées en terre d’islam) rappelle furieusement l’argument idiot qu’employait la classe politique européenne, et notamment française, pour dédouaner l’islam : « les premières victimes sont les musulmans ». Mais on n’entend plus guère cet argument ces temps-ci : il semble être passé de mode.

  • L’hégémonisme occidental

Quant à l’argument du rôle de l’Occident, l’intervenant sur le plateau a l’honnêteté de le relativiser considérablement :

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« Les doctrinaires de Daech qui s’appuient sur des textes religieux (Coran, tradition attribuée au prophète de l’islam et commentaires de l’époque médiévale) mais, face à eux, beaucoup de théologiens qui peuvent condamner les faits de terrorisme se trouvent désarmés, parce que précisément eux-mêmes s’inscrivent dans une raison religieuse, et ce qu’ils donnent d’une main ils le reprennent d’une autre : ils dénoncent la violence de Daech, mais ils peuvent justifier par ailleurs d’autres formes de violence. (…) Souvent on attribue, un peu trop facilement je pense, à l’hégémonisme occidental, la violence au nom de l’islam. Mais quid du rapport entre l’hégémonisme occidental, qui est réel à certains égards, et le fait qu’on puisse condamner par exemple des individus pour apostasie ? »

  • Conclusion : la violence en islam : une question « vertigineuse »

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À la question « Y a-t-il un message violent intrinsèque à la révélation coranique ? », l’intervenant apporte une réponse qui illustre remarquablement l’embarras profond des islamologues « modérés » : « Il faut faire preuve de beaucoup de prudence lorsqu’on aborde cette question qui est vertigineuse. » Pourquoi le terme « vertigineux » est-il particulièrement bien choisi ? Parce qu’il figure le vertige qu’on peut éprouver face à l’abîme lorsque le sol se dérobe sous les pieds : c’est la situation dans laquelle se trouve l’islam en Occident : s’il reconnaît sa violence intrinsèque, ce qui revient à avouer son caractère foncièrement politique et non spirituel, il bascule dans l’abîme et risque de disparaître en Occident.

Les islamologues occidentaux sont en réalité désemparés face aux mouvements fondamentalistes, et en particulier face à l’État Islamique – qui fournit une documentation doctrinale abondante et de qualité au regard de la réalité de l’islam de Mahomet –, et sont plongés dans un abîme de perplexité car les mouvements fondamentalistes, qui, eux, assument pleinement la violence de l’islam de Mahomet dans la perspective d’un monde conquis en totalité par l’islam, opposent aux islamologues occidentaux leur incohérence doctrinale : car les textes doctrinaux violents existent bel et bien comme doit le reconnaître avec retenue mais clairement l’intervenant sur le plateau de l’émission « Islam » :

« On peut trouver des ressources normatives non seulement dans les textes religieux fondateurs, que ce soit le texte coranique ou les traditions attribuées au prophète de l’islam, mais aussi dans des gloses ou des commentaires qui datent de l’époque médiévale, une base normative qui peut entretenir une certaine vision du monde violente. »

Au terme de cette analyse en quelques articles, que peut-on conclure après avoir écouté ces intervenants ? Cela paraît assez clair : 1) la violence doctrinale de l’islam des origines existe indubitablement ; 2) il est donc impossible de dédouaner l’islam de sa responsabilité ; 3) les islamologues occidentaux sont incapables de revenir sur la violence en islam sans attaquer les fondements de l’islam ; 4) pire que cela, ils semblent perdus et désemparés.

 

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (7) Le voile islamique

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  • Problématique

Le communautarisme étant la structure sociale fondamentale de l’islam, tout ce qui peut contribuer à distinguer les musulmans des non-musulmans constitue un marqueur identitaire naturel. Le voile féminin n’échappe pas à cette règle mais il n’est pas sans soulever une difficulté certaine quant à la capacité de l’islam à intégrer la modernité et surtout à avoir une relation apaisée avec l’Occident, le voile étant un corollaire indirect mais néanmoins clair de l’infériorité de la femme vis-à-vis de l’homme proclamée par le Coran.

Sur cet aspect symbolique, les positions en islam ont variées sensiblement dans le temps (comme par exemple en Égypte avec Nasser qui vilipendait l’obligation du port du voile réclamée par les Frères Musulmans), et les positions des islamologues et imams vivant en Occident restent diverses aujourd’hui, certains notamment défendant le point de vue selon lequel il s’agit d’une recommandation mais non d’une obligation formelle à observer strictement (comme Tariq Ramadan qui a indiqué par le passé devant une commission de l’Assemblée Nationale qu’il se refusait à titre personnel à l’imposer aux femmes).

  • La position de Tareq Oubrou

Pour Tareq Oubrou, « La notion coranique de « hijâb » (voile) a été déviée de son sens originel, puisqu’elle était initialement réservée aux seules épouses du Prophète, qui ont le statut de mères de tous les croyants. Le Coran leur demande ainsi de garder une distance avec les hommes et de ne leur parler qu’à travers un « hijâb ». (sourate 33, verset 53) ».

Effectivement, on retrouve cette idée dans le Coran :

Sourate 33, verset 53. Ô croyants ! N’entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins d’être invité à un repas et qu’il soit déjà préparé. (…) Si vous demandez aux femmes du Prophète quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau : c’est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs. Vous ne devez pas offenser le messager d’Allah, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui. Ce serait, auprès d’Allah, un énorme pêché.

Il est néanmoins intéressant de noter que, pour Tareq Oubrou, « Les autres femmes musulmanes n’ont pas à imiter les épouses du Prophète ; ce serait même un manque de respect à leur égard, compte tenu de leur statut particulier. »

On peut comprendre cette position que les autres femmes n’avaient pas à imiter les épouses du Prophète au sens où les obligations qui pesaient sur les épouses du Prophète ne s’imposaient pas aux autres femmes (même si on se demande bien quelle supériorité spirituelle les épouses du Prophète – après Khadija – avaient sur les autres femmes puisqu’il ne les a épousées – sauf peut-être Aïcha – que pour avoir des enfants, sans succès puisqu’il était visiblement devenu stérile après une maladie). Vouloir imiter les femmes du Prophète pouvait effectivement apparaître comme un signe d’orgueil pour leur contemporaines et, par extension, pour toutes les femmes musulmanes à venir.

Cela étant, il est étonnant que Tareq Oubrou ne mentionne pas cet autre verset sur le même sujet :

Sourate 24, verset 31. Dis aux croyantes de baisser leur regard, d’être chastes, de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines. Qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leur mari, ou à leur père, ou au père de leur mari, ou à leurs fils, ou aux fils de leur mari, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. (…)

Inutile de s’appesantir sur cette polémique doctrinale qui ne sera jamais tranchée puisqu’il n’existe pas d’autorité sunnite pour le faire de façon absolue et définitive. L’islam, en tant que religion, devrait être une spiritualité peu soucieuse de cette symbolique superficielle, ainsi que l’indique à juste titre Tareq Oubrou : « Il s’agit d’une simple pudeur sociale qui prend en considération la coutume vestimentaire d’alors. Les musulmans qui lui donnent une dimension cultuelle commettent une aberration aux yeux du droit canon musulman (« fiqh »), car c’est introduire dans le culte quelque chose qui n’en fait pas partie. »

  • Conclusion

La position de Tareq Oubrou est « moderne » et on doit la saluer car elle va dans le sens d’un meilleur statut de la femme en islam, statut dont on voit tous les jours combien encore il est problématique. Je doute néanmoins que cette analyse soit partagée par la plupart des islamologues musulmans et imams.

En réalité, l’islam, orthopraxie et non spiritualité, est empêtré dans ses rituels et il ne peut pas abandonner si facilement la symbolique du voile sans fragiliser par ricochet tous ses autres rituels qui n’ont pas plus de signification ni de profondeur. L’habit ne fait pas le moine.

Ce qui est en jeu pour les musulmans vivant en Occident est moins aujourd’hui de trancher une question doctrinale restée sans réponse définitive depuis des siècles ou de changer un rite que d’arriver à démontrer que l’islam n’est pas socialement rétrograde. Cette symbolique du voile renvoie en effet à une vision patriarcale de la société où le statut de la femme s’est certes amélioré, mais très péniblement au cours des siècles.

On peut toujours arguer que l’islam a amélioré le statut de la femme au regard des coutumes arabes antéislamiques (interdiction de l’enterrement des petites filles, limitation de la polygamie) mais, en réalité, l’islam, copie sans grande nouveauté du judaïsme, a constitué une régression au regard du statut de la femme juive, déjà pas très favorable (cf. la répudiation, toujours problématique d’ailleurs aujourd’hui en Israël, ou l’absence d’obligation d’étudier la Torah qu’on peut interpréter comme une forme implicite d’infériorité spirituelle).

Malek Chebel : la mort d’une voix modérée mais utopiste ?

Malek Chebel, mort le 12 novembre 2016, faisait partie des islamologues ayant pignon sur rue en France. Même si, comme pour tous les islamologues musulmans et imams, son opinion n’engageait que lui-même (puisqu’il n’était investi d’aucune autorité légitime doctrinale particulière), il avait la qualité d’être un interlocuteur assez raisonnable avec qui il était possible de dialoguer sur le sujet de l’islam. Si l’islam véritable avait correspondu à sa conception personnelle de l’islam, nul doute que la problématique de l’intégration de l’islam en France se serait posée de façon tout à fait différente.

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Son esprit critique courageux vis-à-vis de sa propre religion en faisait une personnalité inhabituelle au sein du monde musulman. Le regard critique qu’il portait sur l’islam lui aurait valu sans aucun doute l’appellation d’« islamophobe » de la part de la part de nos journalistes, hommes des medias ou « défenseurs » des droits de l’homme, s’il n’avait été lui-même de culture musulmane. Pour en juger, il est intéressant de relire ses écrits. En voici quelques extraits : malek-chebel .

Face à de telles critiques, on peut s’interroger sur ce qui attirait Malek Chebel dans la religion musulmane, d’autant que l’islam ne semble avoir apporté aucun concept nouveau depuis le bouddhisme, le judaïsme et le christianisme, et n’a guère révolutionné la vision juive du monde monothéiste comme a pu le faire le christianisme. Cet attachement viscéral à l’islam relevait en réalité de la question identitaire qui touche aux racines culturelles les plus profondes. On peut en dire à peu près autant d’Abdennour Bidar, critique virulent (à contrecœur) de l’islam mais pourtant musulman.

Au-delà des critiques, Malek Chebel conservait néanmoins une vision volontairement optimiste de l’évolution possible de l’islam dans le contexte occidental, vision associée néanmoins à un grand danger : laisser penser que le vrai islam n’est pas celui de Mahomet, qui serait un islam historique et régional. Or la lecture de l’ensemble des textes sacrés de l’islam montre que la doctrine musulmane est tout à fait cohérente au-delà de l’apparente anarchie des textes : absence de liberté religieuse, infériorité de la femme, jihad, rejet du concept de laïcité, etc. ; autant de principes qui ne sont pas les reliquats d’une histoire passée et qui vivent encore vigoureusement dans le monde musulman d’aujourd’hui, avec des nuances il est vrai selon les pays.

Malheureusement, Malek Chebel ne citait qu’avec une grande économie les textes sacrés de l’islam pour fonder son discours et ses opinions, ce qui était assez regrettable. C’est bien d’ailleurs ce que reprochent les mouvements fondamentalistes comme l’État Islamique : les musulmans ne connaissent pas leurs textes sacrés et subissent l’influence des « imams qui égarent » et qui fondent leur discours sur la projection personnelle de leurs souhaits et non sur la réalité des textes.

On ne peut que trouver positif que Malek Chebel ait souhaité le développement d’un islam modéré mais ce souhait, jusque-ici guère couronné de succès, ne doit pas faire oublier la réalité de l’islam de Mahomet. Or pour instaurer un vrai islam modéré compatible avec les valeurs occidentales, il faut en passer par une revue critique profonde de l’islam de Mahomet et, pour tout dire, par l’abandon de Mahomet comme modèle exemplaire et par une désacralisation du Coran, ce qui me paraît totalement utopiste, car l’islam s’effondrerait alors sur lui-même.

Présenter un tel projet comme possible fait de l’islam « modéré » en réalité l’ennemi principal à long terme de l’Occident, et non les mouvements fondamentalistes qui pratiquent le jihad et donc naturellement le terrorisme (car les raisons de lutter sont alors évidentes). En effet, les représentants de l’islam « modéré » accaparent dans les médias le droit de critiquer l’islam, mais de façon finalement assez superficielle et sans vraie remise en cause de cette idéologie religieuse. Ils reçoivent l’aide des médias français qui leur donnent la parole régulièrement sans offrir, et de loin – et sans que cela chatouille la conscience des institutions chargées de surveiller le monde médiatique –, la même possibilité d’expression à ceux qui les contestent et les interpellent (hormis quelques personnes, que l’on peut compter sur les doigts d’une main, ayant déjà une notoriété bien établie et qu’il est difficile de faire taire publiquement) : ce qui s’appelle la censure. Ainsi, les problématiques sont souvent présentées de façon édulcorée, et cette critique « gentillette » sert au fond d’alibi à l’immobilisme d’une énorme majorité silencieuse qui cautionne en réalité au bout du compte l’application des principes musulmans contre les principes de la République et, à terme, l’application de la chari’a.

Il est donc urgent de former tous les Français à la réalité des textes sacrés de l’islam pour mettre fin à cette manipulation, condition sine qua non du dévoilement de la vérité, de la sortie de l’endoctrinement médiatique actuel, et de l’ouverture d’un vrai questionnement sur la question de la compatibilité de l’islam avec l’Occident.

De l’ignorance musulmane en matière de religion

L’ignorance par les musulmans des autres cultures religieuses ou spiritualités (comme l’ignorance par les chrétiens européens des textes musulmans, qu’ils n’ont le plus souvent jamais lus) est un fait évident et facile à vérifier (sans parler de la très mauvaise connaissance par les musulmans eux-mêmes de leurs propres textes).

C’est une ignorance parfaitement logique dans la mesure où 1) le Coran est censé être pour les musulmans un livre parfait, réputé comme ayant réponse à tout sur tous les points fondamentaux, rendant les livres des autres religions inutiles (le Coran reprenant d’ailleurs dans une multitude de versets, de façon plus ou moins claire ou confuse, de nombreux épisodes de la Bible qu’il copie) ; 2) l’absence de regard critique porté par les musulmans eux-mêmes sur leurs textes sacrés les conduit naturellement à ne pas s’intéresser à d’autres visions du monde ; 3) les textes juifs et chrétiens dont le Coran prétend être le continuateur sont réputés avoir été falsifiés pour cacher la vérité, car ils n’annoncent effectivement aucunement la venue de Mahomet.

Sourate 2, verset 75. Comment pouvez-vous espérer, musulmans, que de pareils gens [les juifs] partageront votre foi, alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole d’Allah, la falsifia sciemment ?

Sourate 3, verset 71. Ô gens du Livre, pourquoi dissimulez-vous la vérité sous le mensonge ? Pourquoi cachez-vous sciemment la vérité ?

Sourate 3, verset 78. Certains parmi eux altèrent le Livre en le récitant pour faire croire que cela en provient, alors que cela est étranger au Livre. Ils disent : « Ceci vient d’Allah » alors que cela ne vient pas d’Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah.

Sourate 4, verset 46. Certains juifs altèrent les paroles révélées et disent : « Nous avons entendu et nous avons désobéi » (…) Ils tordent leurs langues et attaquent la religion. Si au contraire ils disaient : « Nous avons entendu et nous avons obéi » (…), ce serait meilleur pour eux et plus droit. Allah les a maudits à cause de leur incrédulité : que leur foi est bien médiocre !

Cette ignorance donne lieu à des contre-sens complets, en particulier sur la personne de Jésus, de nombreux musulmans étant ainsi de bonne foi persuadés que le Coran reconnaît le Jésus (« Issa ») des chrétiens, alors qu’il n’en est rien. En effet, le Coran reconnaît Jésus comme prophète et non pas comme le font les chrétiens, comme l’incarnation de Dieu sur Terre, ce qui n’a absolument rien à voir. Stricto sensu, les chrétiens sont pour les musulmans d’abominables polythéistes (car le polythéisme est la pire abomination qui soit pour les musulmans) du fait de la Sainte Trinité car l’unicité de Dieu dans la Sainte Trinité chrétienne (qui est pour Dieu une façon d’être en « relation » avec les hommes de trois façons différentes, et qui constitue – même pour les chrétiens – un mystère de la foi) est une notion absurde et inenvisageable pour les musulmans, et donc un faux-nez du polythéisme.

L’expression de ce constat d’ignorance, quoique évident, est rarissime dans les médias français. Prenons acte néanmoins qu’il a été formulé avec lucidité et courage par un intervenant invité sur le plateau de l’émission de France 2 « Islam » le 11 septembre 2016 :

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