La doctrine de l’abrogation dans le Coran, ou la confusion institutionnalisée

Allah n’ayant pas été capable de délivrer dès le départ le bon message – c’est-à-dire définitif – aux hommes par la bouche de Mahomet, il a dû corriger son discours par de nouveaux propos abrogeant les anciens, ce qui explique les multiples contradictions évidentes au sein même du Coran.

Ce principe d’abrogation est formellement reconnu en islam et aboutit, comme l’intervenant musulman de l’émission de France 2 « Islam » le soulignait le 29 janvier 2017 à une « désorientation complète » du texte, pourtant revendiqué en islam comme parfait, insurpassable, clair, explicite, etc.

France 2 Islam 170129 Revelation 2 Abrogation

Le maquis des « obligations » en islam

Dans un précédent article ( http://islametoccident.fr/?p=4124 ), j’ai évoqué la question du remplacement en islam de l’existence d’un véritable fonds spirituel instaurant un rapport riche et complexe entre l’homme et Dieu (ou le monde) par une ritualisation outrancière de tous les actes de la vie quotidienne, dont l’esprit trouve d’ailleurs sa source dans les rituels juifs, le judaïsme étant affecté à un niveau également très élevé par la même maladie infantile et magique, comme d’ailleurs – à des niveaux variables – les autres religions, spiritualités ou croyances.

Cette ritualisation démesurée semble trouver principalement sa source en islam dans la période médinoise. En effet, Mahomet ayant émigré à Médine et les hasards de l’histoire lui ayant fourni des gens assez simples pour le croire, celui-ci édicta par Allah interposé un ensemble de règles ou de normes destinées à réglementer toute la vie du croyant musulman, ce qui est une façon simple et efficace de domestiquer des tribus et de les asservir à son pouvoir.

L’émission de France 2 « Islam » est revenue en janvier 2017 sur le rapport entre ces règles et normes et la notion d’obligation. On peut rapprocher le manque de clarté du texte coranique avec le propos d’Omero Marongiu-Perria qui rappelle qu’« il y a toute une classification de l’impératif coranique qui peut aller jusqu’à plus de 10 degrés ». Comment prendre au sérieux un tel maquis de règles et d’interprétations, de surcroît en l’absence de toute hiérarchie au sein des imams qui permettrait de fixer la doctrine ?

France 2 Islam 170129 Revelation 2 Obligation

La ritualisation sclérosante de l’islam dénoncée par un musulman

  • Problématique

La spiritualité proposée par l’islam est pauvre puisqu’elle se résume pour l’essentiel au témoignage de la « shahada » : « Je témoigne qu’il n’y a de Dieu que Dieu et je témoigne que Mahomet est son prophète », témoignage centré sur le principe fondateur de l’islam comme monothéisme, c’est-à-dire l’unicité de Dieu (« tawhid »). Ce témoignage est loin d’atteindre la richesse et la complexité de la relation de l’homme à Dieu dans la foi chrétienne, ou celles du rapport de l’homme à l’univers dans le bouddhisme. En effet, la relation de l’homme à Dieu se réduit en islam à un rapport de soumission somme toute banal du maître à l’esclave : il suffit de lire le Coran pour s’en convaincre, Coran qui exhorte les hommes à se soumettre à la volonté d’Allah et promet les pires tourments aux mécréants (d’où également la faiblesse de l’esprit critique en islam). Les grands penseurs/philosophes/religieux musulmans ayant illustré l’histoire de la pensée universelle sont d’ailleurs généralement anciens et semblent bien peu nombreux si l’on en juge par le petit nombre de ceux qui sont habituellement cités, toujours les mêmes (notamment Avicenne, Averroès, Al Kindi, Al Farabi).

Pour combler cette insuffisance spirituelle, on dirait que l’islam accumule une multitude de règles et de rituels alimentaires, vestimentaires, comportementaux, sociétaux, etc… – reprenant en cela les travers du judaïsme abandonnés par le christianisme – pour donner un peu de consistance à la religion et donc du grain à moudre aux croyants, ces règles et rituels ayant pour intérêt de donner à l’homme des repères qui peuvent le rassurer et qui occupent suffisamment son esprit pour éviter que celui-ci ne s’égare sur les rives de la pensée critique, le sentiment de liberté qu’elle procure effrayant la plus grande masse des hommes.

Cette survalorisation des règles et des rituels, fait avéré depuis les balbutiements de l’islam et qui n’a rien de nouveau, semble renaître aujourd’hui en réaction au monde occidental, notamment au sein de l’islam qui s’est implanté dans les pays occidentaux, du fait de la pauvreté relative de l’apport du monde musulman au monde moderne (depuis un certain nombre de siècles) sous beaucoup d’angles et de la frustration qu’elle engendre : « s’enfermer » dans des rituels permet de préserver une identité religieuse et ethnique mise à mal par un monde moderne perçu comme une menace face à un corpus spirituel et idéologique qui semble complètement dépassé. Placer son existence dans le carcan de l’exécution répétée de rituels quotidiens comble un vide intérieur et éloigne la question de son identité personnelle, qui n’a plus d’ailleurs beaucoup de signification au regard de l’appartenance à une communauté, l’« Oumma ».

  • Un témoignage

Ghaleb Bencheikh, présentateur attitré de l’émission hebdomadaire de France 2 « Islam », évoquait avec raison lors d’une conférence qui s’est tenue en novembre 2016 à l’Institut du Monde Arabe, une « religiosité aliénante par un respect excessif de la norme juridique », les règles et rituels constituant effectivement des normes « juridiques » au sens de l’islam puisque l’islam est religion et État, et donc lois (qui gouvernent tous les aspects de la vie du croyant).

C’est un témoignage intéressant sur un phénomène dont les causes apparaissent  pourtant assez simples et logiques pour qui étudie sérieusement la doctrine de l’islam, sclérosé depuis longtemps et recroquevillé sur la forme plutôt que le fond.

Amis IMA Charia 161107 Norme juridique

  • Le halal, une crispation injustifiée

Lors de cette conférence, Ghaleb Bencheikh a rappelé avec juste titre le caractère excessif des règles alimentaires connues sous le terme de « halal ».

Amis IMA Charia 161107 Halal

En effet, les musulmans (et encore plus les mécréants) ignorent pour leur immense majorité que le halal ne nécessite pas le recours à l’égorgement de bêtes vivantes. Le lecteur peut se reporter à l’article que j’ai déjà consacré à ce sujet : http://islametoccident.fr/?p=2462 .

  • Rions un peu

Pour achever ces quelques réflexions sur l’omniprésence des rituels en islam, revenons une des sources du mal : Mahomet. Si Mahomet a reçu une parole inspirée venant d’Allah, il est faux de croire en islam que tout ce qu’a fait ou pensé Mahomet est sacré et a donc valeur d’exemple. Lorsque Mahomet n’était pas inspiré, il était un homme comme les autres, jusque dans l’erreur, comme cela a été clairement rappelé dans l’émission de France 2 « Islam » du 28 janvier 2018.


France 2 Islam 180128 Revelation 3 Mahomet humain

Pourtant, le monde musulman adhère à la sanctification de la personne de Mahomet, exemple parfait dont il conviendrait de s’inspirer. Cette vénération infantile va jusqu’à imiter le comportement de Mahomet dans les moindres détails de la vie quotidienne, dans le contexte d’une ritualisation étouffante et sans rapport avec la véritable spiritualité. Ce pieux souci, qui vire à la superstition (Mahomet étant d’ailleurs lui-même superstitieux comme l’atteste la Sunna), est poussé à un niveau tellement hallucinant et grotesque qu’on peut avoir peine à le croire.

Voici donc quelques hadiths authentiques de Bukhari pour donner une idée de la profondeur de l’égarement mental auquel tout cela peut conduire :

Allah a-t-il besoin, pour signifier aux hommes l’essence de sa religion, d’inspirer Mahomet en lui dictant sa conduite lorsqu’il mange des dattes, se chausse, ou satisfait ses besoins naturels ? Jusqu’où Allah ne va-t-il pas se fourrer…

Islam des lumières : un point de vue

L’islam des lumières soutient que le Coran, comme tous les livres sacrés d’Occident, est inspiré, et non dicté.

par Jean-Jacques Walter, écrivain, docteur en islamologie.

Article publié sur le site : Boulevard Voltaire

« Comment vivre, en France, avec les musulmans qui acceptent les lois de la France sans les stigmatiser en raison des islamistes ? La solution politiquement correcte, c’est : pas d’amalgame, l’islam n’est pas l’islamisme.

Premier inconvénient, c’est une attitude raciste, car elle prétend que les centaines de millions d’islamistes, ainsi que leurs dirigeants politiques et leurs clercs religieux, au Nigeria, en Mauritanie, Arabie saoudite, Irak, Iran, Pakistan, Afghanistan, etc., sont tous des imbéciles qui ne savent pas lire le Coran.

Second inconvénient, c’est faux : réduire les prisonnières de guerre à la condition d’esclaves sexuelles vendues aux enchères, comme le fait Daech avec des Yézidies et Boko Haram avec des chrétiennes, est autorisé par le Coran (sourate 4 verset 3), pratiqué par Mahomet, notamment avec Maria la Copte, et les armées musulmanes l’ont fait pendant des siècles, sans jamais une condamnation des autorités religieuses. Les trois sources de l’islam (le Coran, l’imitation de Mahomet et le consensus) approuvent l’esclavage sexuel et, de même, l’ensemble des pratiques islamistes.

Enfin, c’est stupide, car utiliser le mensonge pour exonérer de l’islamisme les musulmans qui choisissent la France, c’est aller à l’échec. On ne bâtit rien de durable sur le mensonge. 

Il existe une autre approche : l’islam des lumières. Elle ne ment pas sur l’islam, elle le refonde, en révoquant la thèse du Coran incréé.

Cette thèse, obligatoire dans l’islam depuis 920, en raison du consensus des cheiks et de l’approbation constante des autorités politiques depuis cette date, stipule que le Coran a été écrit par Allah lui-même, avant la création du monde – il y a 14 milliards d’années – en langue arabe, car Allah parle l’arabe classique avec les anges depuis cette date lointaine. Allah l’a écrit sur une Table du Paradis gardée par des anges, et quand le temps est venu, l’ange Gabriel l’a lu, récité à Mahomet, qui l’a à son tour récité à qui voulait l’entendre. En conséquence, le Coran a été dicté et, étant venu d’Allah, aucun de ses versets ne peut être récusé.

L’islam des lumières soutient que le Coran, comme tous les livres sacrés d’Occident, est inspiré, et non dicté. Ceux qui l’ont écrit ont mêlé une inspiration avec des idées de leur époque. Pour le Coran, comme pour la Bible, le lecteur doit réfléchir pour séparer ce qui vient d’une inspiration et ce qui exprime des idées purement humaines. En conséquence, un certain nombre de versets du Coran doivent être rejetés : ceux qui affirment des erreurs factuelles, comme la Terre plate, et tous les versets qui violent les droits de l’homme – et de la femme.

À partir de là, l’islam des lumières s’oppose au refus de chanter « La Marseillaise », aux rues sans femmes, aux voies de faits contre celles et ceux qui quittent l’islam, au recrutement, à la formation, à l’hébergement et à la protection des terroristes dans les Molenbeek français, et à tout ce qui refuse ou insulte la France. »

Déconstruire l’islam : seule solution pour lutter contre le salafisme

  • La proposition stupéfiante de Ghaleb Bencheikh

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 revient, dans le cadre d’une conférence sur le mot « salafisme » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe en novembre 2017, propose une remise en cause fondamentale de l’authenticité de deux des trois sources scripturales les plus sacrées de l’islam : les hadiths, mais aussi la biographie (Sîra) du Prophète. Ces propos stupéfiants de la part d’un musulman valent la peine d’être écoutés attentivement.

 

Amis IMA Salafisme 171106 Legitimite hadiths 1

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Naturellement, ces propos sont absolument traumatisants pour tout bon musulman dont Mahomet est le modèle car rejeter l’authenticité des hadiths, c’est rejeter la seule parole du Prophète de l’islam (le Coran étant censé être la parole d’Allah et non de Mahomet). Il n’est donc pas étonnant qu’une jeune femme réagisse fortement dans la séance de questions-réponses, ce qui donne à Ghaleb Bencheikh l’occasion de réitérer son propos.

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  • Pourquoi cette proposition stupéfiante, assimilable à un blasphème ?

Pourquoi Ghaleb Bencheikh en arrive-t-il à remettre en cause les textes les plus sacrés de l’islam pour ne finalement retenir que le Coran (même si celui-ci pose aussi de nombreux problèmes compte tenu des obscurités et surtout des contradictions qu’il contient) ? Fondamentalement, parce que les mouvements fondamentalistes musulmans (Al Qaida, État Islamique, etc.), mouvements « salafistes », à la source du terrorisme musulman contemporain, font un usage répété des hadiths et des passages de la biographie de Mahomet dans leurs revues de propagande pour justifier leur action et par conséquent le terrorisme : or ces textes sont 1) incontestables pour tout musulman qui accepte la Sunna telle qu’elle s’est constituée et a été validée par les plus grands savants de l’islam au cours des mille quatre cents ans qui se sont écoulés depuis la mort de Mahomet ; 2) d’une grande cohérence chronologique et idéologique ; 3) confirment in fine la vision guerrière et sanglante de l’idéologie mahométane, en contradiction flagrante avec l’idée d’une religion d’amour et de paix.

En d’autres termes, Ghaleb Benchikh est en train de proposer de réinventer l’islam sur une base uniquement coranique car il sait qu’il est impossible de s’y retrouver dans tout le fatras des hadiths et que, de toutes façons, il est impossible d’en dégager le concept de religion d’amour et de paix car en réalité ces textes sont très cohérents au regard de l’évolution du message de Mahomet qui devient une idéologie de guerre à compter de l’émigration à Médine. Il faut de ce point de vue saluer le courage (ou l’inconscience) de Ghaleb Bencheikh qui ose ainsi faire état d’un constat absolument accablant quant au rapport de la doctrine de l’islam à la violence.

  •  Conclusion

Ghaleb Bencheikh tente de sauver l’islam en jetant par-dessus bord les textes les plus sacrés de l’islam : c’est dire l’incapacité totale de l’islam « modéré » à contre argumenter doctrinalement face au salafisme et au fondamentalisme musulman, incapacité qui n’étonne pas ceux qui ont pris simplement la peine de lire les textes sacrés de l’islam. La situation est vraiment dramatique pour ce représentant de l’islam « modéré », qui finalement cherche à inventer une religion nouvelle qui n’est plus l’islam. Si son message devait se répandre et être connu largement dans le monde musulman, il n’y aurait pas à donner cher de sa peau.

Par ailleurs, malheureusement, il n’est pas sûr que cette leçon de bon sens et de lucidité profite beaucoup à l’islamo-gauchisme en vogue en France, imperméable à la raison et aveugle aux plus grandes évidences. Il y a bien encore des gens qui défendent le communisme, idéologie pestilentielle qui a fait des millions de morts…

Le halal ou la crispation identitaire

  • Qu’est-ce qu’une fatwa ?

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 rappelle, dans le cadre d’une conférence sur le mot « fatwa » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe en novembre 2016, que la fatwa, avis juridique délivré par une autorité musulmane légitime, n’est qu’un avis et n’a donc aucun caractère obligatoire et coercitif : celui qui la reçoit est libre de la suivre ou pas.

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  • Le halal est-il une obligation ?

Ghaleb Bencheikh indique que Mohamed Abduh, célèbre juriste et mufti égyptien mort en 1905 – donc bien avant les turbulences identitaires de l’islam d’aujourd’hui – avait émis une fatwa précisant la notion de « halal » (ce qui est autorisé pour un musulman) en ce qui concerne la viande : la viande de tout animal qui n’a pas été abattu en invoquant une autre divinité que Dieu est licite pour le musulman.

Amis IMA Fatwa 161128 Halal

Ghaleb Bencheikh précise que cet avis n’est pas un cas isolé et a été suivi par d’autres allant de le même sens. Ainsi est-ce le cas de Yusuf Qaradawi, célèbre personnalité musulmane dont on ne peut guère douter du fondamentalisme, qui a consacré un livre à la question du « licite et illicite en islam » (voir l’article   http://islametoccident.fr/?p=2462 )

  • Conclusion

Le halal, dans son fondement religieux même en islam, n’exige pas l’égorgement impératif des animaux, pratique épouvantable et ignominieuse qui contrevient à l’affirmation d’une humanité digne et respectueuse de son environnement. Beaucoup de musulmans l’ignorent sans doute. Il ne faut pas laisser le halal être ce qu’il devenu aujourd’hui par le fait de son instrumentalisation : l’expression crispée d’une revendication identitaire cherchant l’affrontement, doublée d’un rejet haineux des valeurs françaises traditionnelles.

Interroger publiquement les restaurateurs, les grandes entreprises de restauration, les cantines, les bouchers, etc. sur le mode d’abattage des animaux dont ils commercialisent la viande devient une urgence : il est à tout le moins inadmissible qu’on puisse dans le monde d’aujourd’hui faire collaborer subrepticement et de façon involontaire une population à l’entretien d’une pratique sacrificielle honteuse et détestable, renvoyant aux pratiques des âges les plus reculés de l’humanité.

Les châtiments corporels en islam : une position « occidentalisée » très courageuse

Ghaleb Bencheikh, musulman pondéré et cultivé, présentateur attitré de l’émission de France 2 « Islam » diffusée le dimanche matin sur France 2 prend position, dans le cadre d’une conférence sur le mot « chari’a » organisée par la société des amis de l’Institut du Monde Arabe, contre toute forme de châtiment corporel en islam. C’est une position claire et très courageuse, beaucoup plus en tous cas que celle de Tariq Ramadan à laquelle il fait allusion, celui-ci n’ayant pas eu le courage de s’y opposer ouvertement et ayant simplement demandé il y a 10 ans, sans succès, la mise en place d’un moratoire.

Amis IMA Charia 161107 Chatiments

Toutefois, pour Ghaleb Bencheikh, ces châtiments corporels auraient fait leur apparition relativement récemment, point de vue très contestable. Rappelons en effet que le moratoire demandé par Tariq Ramadan en 2007 a été rejeté par l’université d’Al-Azhar, celle-ci rappelant à cette occasion que les châtiments corporels ont toujours fait partie intégrante de la religion et de la tradition musulmane (voir mon article précédent http://islametoccident.fr/?p=1375 ).

Quant débat de savoir si le fondement des châtiments corporels se trouve dans le Coran ou non, celui-ci reste confus puisque Ghaleb Bencheikh estime que certains châtiments n’ont pas de fondement coranique (sans préciser lesquels et sans parler des autres), tout en laissant ouverte la possibilité que les mêmes puissent en avoir néanmoins un « par extraordinaire ».

En tout état de cause, Ghaleb Bencheikh va très loin dans sa position puisqu’il envisage de rejeter certains passages du Coran à supposer qu’on arrive à démontrer que le fondement coranique des châtiments corporels existe effectivement, ce qui est un immense blasphème venant de la bouche d’un musulman.

Abd El-Kader : cet humaniste musulman qui faisait la guerre

On connaît l’incapacité de l’islam de France à contredire de façon circonstanciée et documentée la doctrine des mouvements fondamentalistes puisque ceux-ci ont effectivement raison en s’appuyant sur les textes saints de l’islam : le fondamentalisme musulman n’est que l’islam de Mahomet et les fondamentalistes prennent bien comme référence ce qu’a fait Mahomet, modèle de tous les musulmans, mais dont beaucoup de musulmans en Occident ignorent la vie, n’ayant jamais pris la peine de se documenter.

Face à cette impuissance qui n’ose pas s’avouer, le recours épisodique au soufisme est utilisé comme un pis-aller pour tenter de démontrer que la vraie voie de l’islam est mystique et, par conséquent, pacifique. France 2 vient de consacrer une série de six émissions « Islam » du dimanche matin au soufisme.

Malheureusement, s’il existe dans l’islam une tendance fortement mystique comme dans toutes les autres religions et spiritualités, le soufisme n’a pour autant jamais renié la violence intrinsèque de l’islam : en d’autres termes, l’accent mis sur le combat intérieur n’exclut aucunement la violence si nécessaire et Mahomet reste toujours le beau modèle à imiter. Les lecteurs intéressés peuvent se reporter à l’article déjà publié sur ce site : http://islametoccident.fr/?p=2649.

Le soufisme est connu en France notamment par la figure d’Abd El-Kader. Or il est intéressant de noter que l’intervenant de l’émission de France 2 rappelle dans les premiers mots de sa présentation de ce personnage qu’il était un homme de guerre et pas seulement un mystique.

France 2 Islam 171029 Soufisme Extrait

En effet, entré en résistance contre les troupes françaises, l’émir a appelé à la guerre sainte, au jihad, contre la France et n’a pas manqué par la suite de faire la guerre à certaines tribus d’Algérie contestant son pouvoir, comme les Douars.

Un aveu sans appel et un rappel historique intéressant donc pour sortir de l’angélisme que la bien-pensance affectionne tant.

Coran : un classement thématique pour y comprendre quelque chose

On sait que le Coran est un livre « anarchique » selon le mot même employé par Tareq Oubrou dans la mesure où il ne propose aucun classement ni chronologique ni thématique, comme le rappelle l’intervenant de l’émission « Islam » de France 2 du 12 février 2017.

France 2 Islam 170212 Exegese du Coran 2 Extrait

Cet intervenant suggère d’aborder la lecture de ce texte selon un ordre thématique. Cette approche est effectivement fondamentale, à la fois pour savoir ce que dit vraiment le texte sur chaque thème abordé, mais aussi pour mesurer statistiquement l’importance de chaque énoncé : le Coran contenant en effet des contradictions évidentes, on ne peut pas mettre sur le même plan deux propos contradictoires, mais dont l’un est exprimé par un ou deux versets, et l’autre par des dizaines, voire une centaine de versets (les contradictions apparentes étant d’ailleurs à mettre en rapport avec la chronologie du texte et les notions d’abrogé et d’abrogeant).

C’est précisément cette analyse thématique systématique du texte coranique, complété par des extraits de la biographie de Mahomet et des hadiths, que vous pouvez télécharger gratuitement sur ce site sous la forme du « Livret musulman de premier secours » sur la page http://islametoccident.fr/?page_id=1786.

Ce recensement systématique, travail aride (mais par nature aisément vérifiable) que vous pouvez ainsi vous épargner, est un outil indispensable pour mettre fin à nombre d’idées reçues ou propagées sur la réalité du texte coranique, idées qui sont à la source de multiples confusions et sont parfois utilisées pour manipuler des esprits occidentaux naïfs, habitués à croire ce qu’on leur dit, n’ayant jamais lu eux-mêmes les textes fondamentaux de l’islam.

Comment pousser les musulmans à étudier leur religion ?

Il suffit d’interroger les musulmans pour constater que beaucoup ne connaissent de leur religion que quelques principes de base, et que ce peu de connaissance est souvent l’objet d’une crispation identitaire (même dans les débats entre musulmans), en particulier chez les jeunes musulmans et musulmanes françaises (cf. port du voile, halal).

Si un des intervenants de l’émission de France 2 « Islam » du 8 mai 2016 émit l’idée qu’« il y a plusieurs façons d’être dans le vrai », ce qui est logiquement impossible, l’idée est certainement du moins de dire que personne ne pouvant prouver dans le domaine religieux qu’il a raison, la pluralité des opinions est respectable ainsi que la critique et le débat.

France 2 Islam 160508 Lire et interpreter le Coran Partie 2 Education

Dans ce domaine malheureusement, il paraît difficile d’être très optimiste puisque Tariq Ramadan reconnaît lui-même que « Les dialogues et les débats manquent infiniment à l’intelligence musulmane contemporaine », « l’éthique du débat et de la divergence » mentionnée dans l’émission et autrefois apparemment en usage n’ayant en réalité jamais concerné les débats entre musulmans et mécréants.