Robert Redeker : à l’Ouest rien de nouveau

À l’heure où Charlie Hebdo vient de rappeler le problème de l’attitude actuelle de tous les représentants de la bien-pensance vis-à-vis du terrorisme musulman et du statut de la violence en islam (http://islametoccident.fr/?p=3736), il est intéressant de relire cet article de 2006 du philosophe Robert Redeker, qui lui valut une fatwa de condamnation à mort l’obligeant à vivre depuis lors sous protection policière. Y a-t-il quelque chose de changé ? On peut en douter.

Article du Figaro du 19 septembre 2006 : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? »

http://www.lefigaro.fr/debats/2006/09/19/01005-20060919ARTFIG90134-face_aux_intimidations_islamistes_que_doit_faire_le_monde_libre_.php

« Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.

L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.

Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet œil du Coran, comme ils incarnaient l’œil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (…) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (…) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.

Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au cœur du croyant.

Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’œil du Coran, pullulent en son sein. »

Les autruches en vacances

Charlie Hebdo, dont les propos sont souvent outranciers, a publié dans son édition du 23 août 2017 un éditorial qui pose en revanche, de façon inattendue, la question du statut de la violence dans la doctrine de l’islam dans des termes mesurés, clairs, directs, et tout à fait justifiés. Saluons cet effort dans un paysage médiatique français où abonde beaucoup plus la veulerie que le courage.

Texte de l’article (j’ai mis en gras certains passages importants) :

« Faut-il encore parler de terrorisme ? Dès l’annonce des attentats de Barcelone, chacun a joué son rôle comme dans une pièce de théâtre bien rôdée. Les radios et les journaux ont invité comme il se doit des « spécialistes » qui répètent un peu la même chose que lors du dernier attentat. Les hommes politiques ont condamné sur Twitter ces « odieux actes de barbarie », et les personnalités ont tweeté des messages de soutien aux victimes. Chacun a fait ce qu’il devait faire, chacun a rempli son contrat, pour que, dès le lendemain, les choses reprennent leur cours normal. Pour nous convaincre que tout cela est devenu banal, on nous a même expliqué que, depuis le terrible attentat de Madrid en 20047, les Espagnols étaient habitués au terrorisme et que, à part quelques secouristes débrouillards, les voitures-béliers de Barcelone n’impressionnent plus grand monde.

Quelque chose a changé depuis le 7 janvier 2015. Les débats et les interrogations sur le rôle de la religion, et plus particulièrement de l’islam, dans ces attentats ont complètement disparu. L’attaque contre Charlie Hebdo avait contraint les médias et les intellectuels à aborder cette question puisque c’était la publication des caricatures de Mahomet qui avait motivé les deux tueurs. Pour le 7 janvier, on ne pouvait pas dire que la cause était l’intervention de la France au Mali ou en Syrie puisqu’elle n’y avait pas encore mis les pieds. C’est peut-être pour cette raison que, plus de deux ans après, les médias parlent de moins en moins du 7 janvier…

Depuis, un travail de propagande est parvenu à distraire nos esprits et à dissocier ces attentats de toute question religieuse. Aujourd’hui, plus personne ne s’interroge sur le rôle de l’islam dans l’idéologie de Daech. Le bourrage de crâne a réussi à nous faire admettre que le « fait religieux » ne doit pas être discuté. Il s’impose à nous, et ceux qui osent le remettre en question sont traités d’anticléricaux primaires d’un autre âge.

Mais puisqu’il fallait quand même donner une explication à ces attentats, on nous a servi comme plat de substitution la géopolitique. Les causes de toutes ces attaques seraient la guerre en Irak, le pétrole, la politique d’Obama, de Trump et tout un tas de raisons, qui, si elles ne sont pas inintéressantes ni totalement dénuées de pertinence, ont le mérite d’éviter de parler de religion et surtout d’islam.

On oppose souvent islam et islamisme. Comme si ces deux conceptions religieuses étaient deux planètes étrangères l’une à l’autre. Pour épargner aux musulmans modérés l’affront de relier leur foi à la violence djihadiste, on a méthodiquement dissocié islam et islamisme. Pourtant, l’islamisme fait partie de l’islam. Lorsqu’on critique l’Inquisition et ses crimes, on ne détache pas cette mouvance fanatique du reste de l’Église catholique. Même si beaucoup de chrétiens dénonçaient l’Inquisition, elle est un élément de l’histoire du christianisme et de l’Église. C’est pour cela que des siècles après, en l’an 2000, le pape Jean-Paul II s’est senti obligé de faire repentance des crimes commis au nom de l’Inquisition. Au nom du christianisme. Curieusement, chaque fois que les intégristes musulmans commettent des crimes, on dresse toujours autour d’eux un cordon sanitaire pour les exfiltrer de l’islam afin d’épargner à la religion de Mahomet la moindre critique. Il est tellement plus confortable de parler de Bush, de Trump ou d’Obama que de mettre le nez dans les problèmes qui déchirent l’islam depuis maintenant plusieurs décennies. Le confort intellectuel passe avant tout. Le confort, c’est l’obsession de nos sociétés consuméristes. On veut des vacances confortables en Espagne, dans de bons hôtels avec de bons restos. On veut des débats passionnés sur Neymar et sur la fermeture des quais de Seine. On n’a quand même pas pris une location à Barcelone pour se faire écraser sur les Ramblas et pour parler de l’islam !

Pour notre confort, évitons de réfléchir à toutes ces questions pénibles qui gâchent nos vies. N’y pensons pas trop. D’autres, avec leur voiture-bélier et leur ceinture d’explosifs, le font à notre place. »

Mahomet : décidément, un dangereux schizophrène

À une époque où tant de « déséquilibrés » semblent courir les rues des villes occidentales pour semer la mort, on peut légitimement se demander pourquoi cette violence religieuse est répandue seulement au nom d’Allah (Akbar), et non au nom de Jésus-Christ, Moïse ou Bouddha.

Malheureusement il ne s’agit pas d’une coïncidence puisque ces « gentils enfants » – au dire de leurs parents (ce qui est d’autant plus inquiétant…) – suivent la voie ouverte par leur modèle : Mahomet.

J’ai déjà abordé dans des articles précédents (http://islametoccident.fr/?p=1621, http://islametoccident.fr/?p=3178) la théorie musulmane de la schizophrénie qui vise à dédouaner Mahomet des violences qu’il commettait et qui remplissent des dizaines de pages de sa biographie à compter de l’hégire.

J’ajoute à la liste des extraits déjà fournis cet autre passage de l’émission de France 2 « Islam » d’avril 2016 dans lequel le professeur Ali Ben Makhlouf dit : « Est-ce qu’on est prêt à distinguer pour la personne du prophète sa fonction de messager de sa fonction de législateur ? La question est ouverte ».

France 2 Islam 160417 Religion et raison 1 Extrait 1

Il est assez curieux de voir comment l’islam se débat continuellement et vainement pour trouver une excuse aux violences épouvantables dont Mahomet s’est rendu coupable, au prix de raisonnements absurdes fondés sur des distinctions exhibées pour aucun autre prophète, violences qui en revanche ne posent aucun problème aux musulmans fondamentalistes qui connaissent très bien la geste mahométane et ne se privent pas de s’y référer avec beaucoup de précision.

La marche des musulmans contre le terrorisme

À l’approche de l’anniversaire du massacre de Nice, l’imam Hassen Chalghoumi a pris en juin 2017 la tête d’un groupe de musulmans et entamé une tournée  pour dénoncer cet islam qui ne serait pas l’islam. Comme à l’habitude, les incantations sont nombreuses mais le contre-argumentaire aux affirmations des musulmans fondamentalistes (Al Qaïda, État Islamique notamment) inexistant.

Le plus inquiétant est ce que dit cet imam du développement du fondamentalisme musulman dans les banlieues françaises. À la question de Jean-Pierre Elkabbach « Vous sentez monter des salafistes en Seine-Saint-Denis en ce moment même ? », l’imam Chalghoumi répond en effet : « Oui, le terrain est tellement vide, c’est triste, que le salafisme et le wahhabisme se développent énormément. »

La marche des musulmans contre le terrorisme 1707

Nulle contrainte en religion : une explication limpide

L’explication de cet imam, tout à fait conforme à la Sunna, contient la réaffirmation que le verset coranique « Nulle contrainte en religion » n’a jamais été un propos de tolérance vis-à-vis de la mécréance face à l’islam mais le simple constat de l’existence d’un choix entre deux camps, fait librement et dont l’homme doit donc assumer les conséquences, le camp de la vérité (l’islam) et le camp de l’erreur (les mécréants de toutes natures).

Nulle contrainte en religion

Il n’y a donc aucune contradiction par exemple entre ce verset et le massacre des juifs Banu Qurayza de Médine par Mahomet.

Amour, paix et châtiment ici-bas dans la doctrine musulmane

Parmi les éléments qui horrifient dans la religion musulmane figurent en bonne place les châtiments corporels. L’émission France 2 Islam met en évidence la difficulté de l’islam à résoudre la contradiction entre les châtiments prônés par la doctrine de l’islam et la revendication du titre de religion d’amour et de paix.

L’émission exprime l’embarras de trouver une explication satisfaisante au maintien des châtiments corporels dans le corps de la doctrine de l’islam, maintien pour le moins contradictoire avec l’idée d’une miséricorde divine (au sens chrétien).

France 2 Islam 201605 Chatiment & Recompense Extrait 1

Mohammed Bajrafil affirme que la question du pouvoir et de la violence comme châtiment sur terre se pose dans des termes similaires entre les 3 religions monothéistes : Mohammed Bajrafil nie ainsi la spécificité de l’islam dans ce domaine, alors que celle-ci semble pourtant sauter aux yeux. Sur quels textes se fonde-t-il ? Mystère.

Quant au propos sur le fait que les musulmans des VIIème et VIIIème siècles n’avaient d’autre choix que de comprendre les châtiments corporels au pied de la lettre et ne pouvaient pas réfléchir à des solutions alternatives, il est assez confus.

En revanche, Omero Marongiu-Perria  donne un éclairage intéressant dans l’extrait suivant par la référence au rapport de l’homme à un Dieu décrit comme un dieu terrible, « prompt à châtier », ce qui déteint nécessairement sur le comportement des hommes ici-bas, poussés vers l’application stricte des règles. D’où le caractère assez saugrenu du concept de « déradicalisation », totalement étranger à la logique religieuse de l’islam, la « radicalisation » n’étant pas une application excessive de la doctrine de l’islam mais en réalité tout simplement son application juste et rigoureuse, c’est-à-dire orthodoxe.

France 2 Islam 201605 Chatiment & Recompense Extrait 2

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (21) la parabole du roi, preuve de la violence du Christ

  • Problématique

Devant l’incapacité de l’islam à justifier ou à excuser la violence barbare de Mahomet, la technique de la diversion est un procédé habituel pour tenter de minimiser la responsabilité du prophète de l’islam, procédé auquel recourt naturellement Tareq Oubrou, comme si une faute impardonnable pouvait changer de nature sous prétexte qu’elle serait commise également par d’autres : raisonnement absurde.

Tareq Oubrou attaque ainsi le christianisme en citant à charge un passage des Évangiles : « Il y a dans les Évangiles d’autres passages plus violents encore (Voir la parabole du roi, à la fin de laquelle Jésus parle en des termes qui laisseraient entendre qu’il s’agit de lui : « Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence. Après avoir ainsi parlé, Jésus marcha devant la foule pour monter à Jérusalem. » (Luc 19,27-28)) »

Analysons cet argument tiré de la parabole du roi dans l’évangile de Luc.

  • Préambule : le rachat de ses fautes avant le jugement

Dans son évangile, Luc (19, 2 & 8 à 10)  décrit d’abord une situation où Jésus veut montrer que la conduite d’un homme qui se repent avant le Jugement en donnant ses biens aux pauvres, ou en rachetant sa faute auprès de celui qu’il aurait escroqué en l’indemnisant au quadruple de ce qu’il a volé, est exemplaire et salutaire, quand bien même l’homme aurait longtemps péché : « Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c’était un chef de publicains, et qui était riche. (…) Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : « Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai extorqué quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. » Et Jésus lui dit : « Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». »

  • La parabole du roi

Luc poursuit sa narration par une autre parabole immédiatement consécutive dans laquelle Jésus insiste encore sur ce message de repentance. Jésus prononce une parabole et le texte précise bien une « parabole » : il ne s’agit donc en aucun cas du récit d’un fait réel conduisant à une recommandation applicable sur cette Terre, mais bien d’un récit symbolique : il parle d’hommes qui n’existent pas dans la réalité. Pourquoi ? Parce que cette parabole symbolise le Jugement dernier où les âmes bonnes seront séparées des âmes mauvaises qui seront punies. Pourquoi fait-il allusion au Jugement dernier ? Pour donner encore plus de force à son message puisque ses contemporains pensaient le Jugement dernier proche, voire imminent, comme l’indique explicitement le texte. Jésus appelle ainsi les hommes à la repentance pour leurs fautes pour assurer leur salut.

Lisons donc maintenant toute la parabole figurant dans l’évangile de Luc (19, 11 à 27) :

« Comme les gens écoutaient cela, il dit encore une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem, et qu’on pensait que le Royaume de Dieu allait apparaître à l’instant même. Il dit donc : « Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite. Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : « Faites-les valoir jusqu’à ce que je vienne. » Mais ses concitoyens le haïssaient et ils dépêchèrent à sa suite une ambassade chargée de dire : Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous.

Et il advint qu’une fois de retour, après avoir reçu la dignité royale, il fit appeler ces serviteurs auxquels il avait remis l’argent, pour savoir ce que chacun lui avait fait produire. Le premier se présenta et dit : Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. C’est bien, bon serviteur, lui dit-il ; puisque tu t’es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. Le second vint et dit : Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. À celui-là encore il dit : Toi aussi, sois à la tête de cinq villes.

L’autre aussi vint et dit : Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge. Car j’avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n’as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n’as pas semé. » « Je te juge », lui dit-il, « sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n’ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Pourquoi donc n’as-tu pas confié mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais retiré avec un intérêt. » Et il dit à ceux qui se tenaient là : « Enlevez-lui sa mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. Seigneur, lui dirent-ils, il a dix mines ! »

Je vous le dis : « à tout homme qui a l’on donnera ; mais à qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence ». »

On peut comprendre très simplement cette parabole de la façon suivante :

L’homme de haute naissance figure Dieu. Pourquoi les concitoyens le haïssent ? Parce que cette haine figure les cœurs des hommes qui refusent d’écouter le message de Dieu et qui voudraient se rebeller contre lui. Cela étant, personne ne peut résister à Dieu, ce qui est figuré par le couronnement de l’homme de haute naissance.

À l’heure du retour, c’est-à-dire du Jugement dernier, Dieu demande des comptes aux hommes sur leur comportement et les juge. Les villes que les hommes reçoivent figurent les bienfaits dont les hommes bénéficieront au paradis : ce qui revient à dire tout simplement que plus on a fait le bien sur cette Terre, plus on sera récompensé dans les cieux.

Pourquoi Dieu punit-il en le dépossédant de sa mine le serviteur qui n’a fait que garder la mine dans un linge ? Parce qu’il n’a rien fait de bien de ce que Dieu lui demandait. Même ce qui ne lui coûtait aucun effort, c’est-à-dire déposer l’argent à la banque pour pouvoir reverser l’intérêt, il ne l’a pas fait.

Mais il n’a pas encore dit quel sort était réservé, non pas à ceux qui n’ont rien fait, mais à ceux qui font le contraire du bien, les « ennemis ». Ces ennemis sont ceux qui, bien qu’ayant connaissance du message de Jésus, l’ont refusé, refusant ainsi que Jésus « règne » dans leurs cœurs et, par là-même, leur salut.

Toute cette parabole figure donc le Jugement dernier : aussi pour renforcer son message sur le châtiment des « ennemis » de Dieu à l’heure du Jugement dernier – car le bien est alors récompensé et le mal naturellement puni – Jésus emploie l’image des gens qu’on égorge, ce qui figure ici-bas la damnation céleste en enfer : transposée sur la Terre dans le cadre de cette parabole, la damnation est figurée par l’exécution, car il n’y pas sur cette Terre de peine plus terrible que la mort. Cette peine reste donc symbolique sur cette Terre et on peut d’ailleurs même s’interroger sur le fait de savoir si elle sera exécutée dans l’au-delà ou si ce n’est qu’une menace destinée à faire peur et à remettre les brebis égarés sur le droit chemin.

  • Conclusion

Si Jésus avait réellement prêché pour qu’on égorgeât des mécréants en sa présence, comme cela est attesté indubitablement en revanche dans le cas de Mahomet, on aurait des passages des Évangiles non plus symboliques mais bien réels décrivant ces atrocités : or, ces passages n’existent pas. Cela aurait d’ailleurs été singulier pour un tel prophète sanguinaire d’accepter de se laisser livrer aux Romains pour finir crucifié, tout en intimant l’ordre à ses partisans de ne pas le défendre.

L’instrumentalisation christianophobe de la parabole du roi pour faire oublier la sauvagerie de Mahomet est un procédé habituel dont le caractère lamentable et malhonnête apparaît rapidement à quiconque lit les évangiles, mais qui peut néanmoins produire son effet sur des personnes naïves ou qui n’ont jamais pris la peine de lire ces textes, en exploitant leur crédulité.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (15) La violence en islam : l’État Islamique aurait-il raison ?

  • Problématique

La question de la violence en islam est naturellement centrale pour une religion qui se présente comme une religion d’amour et de paix. J’ai eu l’occasion d’écrire à ce sujet de multiples articles disponibles sur ce site. Afin d’éviter trop de redites, je me contenterai de revenir sur quelques propos de Tareq Oubrou, celui-ci reconnaissant qu’« Il n’est pas question de chercher à esquiver le débat sur la violence dans la religion. »

  • La position de Tareq Oubrou : un écheveau confus de contradictions

Pour Tareq Oubrou, « Dire que l’islam est foncièrement violent, c’est ne rien comprendre à la génétique ni au coranique. » Sur quelle analyse se fonde cette affirmation ? On ne sait pas. C’est juste une opinion, dont Tareq Oubrou reconnaît lui-même bien vite qu’elle pose problème puisqu’il enchaîne immédiatement en écrivant : « Je concède néanmoins qu’une certaine pratique de l’islam et un certain discours tenu en son nom accréditent cette perception essentialiste. Le pire est qu’ils viennent de sommités de la pensée canonique. »

Tareq Oubrou est donc parfaitement conscient de la faiblesse de sa position : lui, modeste imam auto-proclamé de la petite ville de Bordeaux, se trouve en contradiction avec les positions de ceux qu’il reconnaît faire partie des plus éminentes personnalités religieuses du monde musulman ! Rien moins que cela… Alors qui faut-il croire ? Le conseil que je peux donner est de tout simplement aller lire soi-même la biographie de Mahomet : le doute est vite dissipé…

Cette lecture met en effet en lumière, avec une grande clarté, le caractère violent de l’islam de Mahomet à compter de Médine, qui figure à quasiment toutes les pages (occupant environ 450 pages sur 500 de la biographie). Quant à l’argument sempiternellement répété de la « contextualisation historique » qui excuserait cette violence, c’est un miroir aux alouettes auquel ne se laissent prendre que les esprits naïfs et faibles : « Il s’agit d’une interprétation humaine marquée par une histoire circonstancielle et divinisée au fil du temps. Confondant islam et ceux parmi les musulmans qui se revendiquent de cette lecture violente de l’islam, l’essentialisation devient alors automatique. »

  • L’État Islamique a raison (au regard du droit musulman « classique »)

Le plus curieux dans le discours de Tareq Oubrou est, qu’étant parti de la position initiale niant le caractère intrinsèquement violent de l’islam, son discours évolue jusqu’à conclure avec bon sens : l’État Islamique a raison ! ll est tout à fait étonnant de lire ce constat sous la plume d’un imam « modéré » : « Le paradoxe actuel est que certains oulémas condamnent l’Organisation de l’État Islamique en Irak et au Levant (Daech), laquelle ne fait qu’appliquer un droit canon classique qu’eux-mêmes dénoncent avec acharnement. Ce sont en quelque sorte des pompiers pyromanes qui squattent les universités théologiques du monde musulman – y compris la principale, celle d’Al-Azhar, au Caire – et qui paraissent donner raison à ceux qui ne font pas de différence entre islam et islamisme, islam et intolérance, islam et violence. De fait, les germes de cette pensée ne se trouvent pas dans l’islam radical et violent, mais bien dans cette vision fondamentale classique du droit canonique. »

En effet, j’ai eu l’occasion d’expliquer à maintes reprises sur ce site et au travers de mon livre « Les sources doctrinales de l’État Islamique » (http://www.uppreditions.fr/livre/978-2-37168-111-8_les-sources-doctrinales-de-l-etat-islamique-tome-1/), que la cohérence doctrinale de l’État Islamique au regard des sources musulmanes « classiques » n’est pas fortuite. Quiconque lit la propagande de l’État Islamique s’en rend compte rapidement (l’ampleur dans l’horreur terroriste étant une autre question). Avec raison, Tareq Oubrou en vient donc à reconnaître qu’il faut poser un débat de fond au sein de l’islam : la question de fond n’est pas le terrorisme de l’État Islamique mais le contenu de la doctrine musulmane « classique » ou « orthodoxe », défendue par la plupart des pays du Golfe aujourd’hui. C’est un point absolument essentiel.

Quiconque prend conscience de l’importance de cette question comprend pourquoi l’islam dit « modéré » est incapable de produire un contre-discours sérieux face aux mouvements fondamentalistes – sauf à faire exploser l’islam au travers de l’effondrement de sa doctrine – et pourquoi parler de « méthode de déradicalisation » n’a aucun sens puisqu’il n’y a qu’une façon de se déradicaliser par rapport à une doctrine : l’abandonner, c’est-à-dire apostasier dans le cas de l’islam. J’attends le jour où le gouvernement français se donnera pour objectif l’apostasie de tous les musulmans vivant en France…

  • Conclusion : une logique de pensée particulièrement tortueuse mais qui soulève un débat de fond

Je ne chercherai pas à essayer de démêler les tenants et aboutissants du cheminement intellectuel de Tareq Oubrou, tant il est confus et contradictoire. On finit par se demander s’il est bien conscient de la portée de ses propos tant ceux-ci vont parfois à rebours de son intérêt : la défense de l’islam. Reste que cette confusion est parfois honorable puisqu’il arrive qu’elle révèle parfois une certaine forme d’honnêteté et de courage dans les débats de fond qu’elle conduit à soulever de façon incontournable.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (13) L’exemplarité de Mahomet, ou « Pourquoi l’islam a intrinsèquement besoin de la violence »

  • Problématique

Bien que Mahomet ait agi pour l’essentiel, on l’a vu dans de précédents articles, comme un chef de clan conduisant une guerre pour établir son pouvoir au nom de la religion, celui-ci est donné en exemple par l’islam à tout musulman. La question est donc de préciser quelles conséquences pratiques doit tirer aujourd’hui le musulman au regard de cette référence incontournable.

  • Mahomet, l’exemple à suivre

Pour Tareq Oubrou, « Le Coran exhorte le musulman à suivre l’exemple du Prophète. Malheureusement, on confond souvent deux choses : suivre son exemple et le copier ; la référence et l’identification. Rares sont ceux qui sont capables d’éviter une telle confusion. La référence consiste à prendre le Prophète comme modèle en tenant compte, d’une part, du contexte spécifique dans lequel il a vécu, et, d’autre part, du contexte spécifique dans lequel vit le musulman et de son identité personnelle. (…) L’identification, elle, s’apparente souvent à une imitation bête et à une aliénation néfaste. »

La question de l’imitation de Mahomet pose ainsi une question fondamentale : que vaut aujourd’hui, au XXIème siècle, l’islam de Mahomet, guerrier, qui a combattu les mécréants armes à la main ?

L’argument de Tareq Oubrou est fondé sur l’idée que le comportement tribal et guerrier de Mahomet ne constituerait plus un exemple à appliquer aujourd’hui car il serait devenu caduc. C’est ce que Tareq Oubrou exprime par la référence au « contexte spécifique dans lequel Mahomet a vécu » et qui aurait justifié la guerre. On retombe encore une fois dans cet illogisme fondamental : Mahomet, dernier prophète, prétendait délivrer une parole divine, définitive et universelle, mais il l’a en réalité pliée aux contraintes tribales de l’époque.

Il est évident que les fondamentalistes musulmans et nombre d’imams des pays du Golfe sont loin d’être du même avis quant à la caducité du caractère guerrier de l’islam. Et évoquer, au sujet de l’imitation stricte du comportement du Prophète,  « une imitation bête et une aliénation néfaste » est justifiable des délits de blasphème et d’apostasie.

  • Mahomet, l’intouchable

En réalité, ce type de relativisation peut naturellement choquer tous les musulmans attachés à la figure mythifiée de leur prophète, moins pour une raison doctrinale – puisqu’en terme de spiritualité la relativisation n’a aucun sens –, qu’en termes de frustration identitaire face un Occident jusque-là dominateur et qui ose porter atteinte à la mémoire du bédouin, avec la complicité involontaire d’un imam français.

Tareq Oubrou en donne une autre illustration à propos de la francisation du nom de Muhammad (ou Mohammed) en Mahomet qui irrite tant certains musulmans mais qu’il ne fait pas sienne, avec un bon sens bien occidental : « Il est étonnant de constater la réaction scandalisée de nombreux musulmans, et pas forcément les plus pratiquants, dès qu’ils entendent prononcer le nom « Mahomet ». Ils estiment que ce vocable est le résultat d’une laïcisation profanatrice de la personne du Prophète. Ils se lancent dans des élucubrations linguistiques très poussées (…). Ces mêmes musulmans qui contestent l’usage de « Mahomet » n’ont en revanche aucun problème pour traduire en français les noms des autres prophètes de l’islam, non arabes : Îsa devient Jésus, Mûsâ devient Moïse, etc. (…) D’ailleurs, les noms arabes de ces prophètes sont déjà des traductions de noms qui n’étaient pas arabes, mais hébreux ou syriaques – Moïse était Moshé en hébreu comme en syriaque, Jésus était Yeshu’a en hébreu ou Yasû en syriaque… (…) En croyant islamiser les prophètes par l’arabisation de leur nom, on atteint le comble de la confusion entre le théologique et l’identitaire ethnique. De façon tout aussi incohérente, ces musulmans rétifs au nom de Mahomet n’ont aucune objection à traduire Allah par Dieu. »

  • Conclusion : l’islam, une idéologie politique violente et non une spiritualité

Compte tenu de ce qu’a été la vie de Mahomet, remplie de batailles et de guerres à compter de l’hégire comme en témoigne formellement la Sîra, l’islam dit « modéré » d’Europe et de France est pris dans un étau et écrasé : d’un côté, par un islam fondamentaliste, qui retourne sans état d’âme aux sources (musulmanes) incontournables et indubitables de l’islam des origines, et de la violence qui l’a accompagné constamment à partir de Médine ; de l’autre, par le risque de faire exploser ou de dissoudre l’islam dans ses contradictions à trop vouloir excuser cette violence originelle, jusqu’à aboutir à une relativisation du message coranique incontrôlable et irréversible. Pour maintenir le carcan qui lui assure sa survie, l’islam a besoin tôt ou tard de la violence.

En effet, la violence (physique et psychologique), qui s’exprime par l’intolérance et par les peines et châtiments encourus pour des motifs religieux (blasphème, absence de respect du ramadan, apostasie, etc.), sont pour l’islam une question existentielle.

Sauf à pratiquer (comme en réalité bon nombre de musulmans occidentaux jusqu’ici) un islam qui a pris ses distances par rapport à l’islam de Mahomet, jusqu’à presque le renier ou l’abandonner de fait – d’où la qualification d’islam « déviant » ou « dévoyé » au regard de l’orthodoxie –, l’islam ne peut pas survivre dans un milieu ouvert, imprégné par l’esprit critique, où les tabous religieux n’existent pas, c’est-à-dire où tout discours religieux ou spirituel est acceptable ; car ce serait accepter l’hypothèse que l’islam puisse avoir tort, notamment par la bouche de son prophète. Aucun pays musulman ne l’accepte aujourd’hui.

L’interview de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à l’O.N.U., Abdallah al-Mouallimi, réalisée en mars 2016, explique fort clairement ce point de vue : toute remise en cause d’Allah, tout doute exprimé publiquement sont jugés comme subversifs et assimilables à du terrorisme dans la terre sainte de l’islam (et donc passibles de la peine de mort). Difficile d’être plus clair ! Mieux vaut pratiquer la taqiya en Arabie Saoudite si vous voulez rester vivant…

Arabie Saoudite Liberte de conscience 2016 mars

Or, qu’on le dise une bonne fois pour toutes : si la formulation peut dans une certaine mesure dépendre d’un contexte historique, le contenu d’un message véritablement spirituel est fondamentalement universel et définitif, et les valeurs profondes qu’il exprime sont intemporelles : ce message doit refléter une vision définitive du monde et de son sens et plus encore quand on prétend être le dernier prophète –, et ne peut en aucun cas dépendre des vicissitudes des sociétés humaines et des mœurs du temps.