La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (2) Mahomet était schizophrène

  • Problématique

La présence irréfutable de la violence dans la conquête du pouvoir par Mahomet est d’une évidence telle dans les textes sacrés de l’islam que le déni de réalité, possible face à un interlocuteur ignorant, devient intenable face à quelqu’un qui a pris la peine de lire ces textes. Face à ce constat, les islamologues musulmans ont développé une théorie invraisemblable et dont l’absurdité ne semble même plus les étonner eux-mêmes, que j’appelle la théorie du Mahomet schizophrène.

  • Argument : Mahomet était schizophrène

Selon cette théorie, Mahomet serait en réalité composé de deux personnes, sorte de docteur Jekyll et mister Hyde, conception qui a le grand avantage d’autoriser la dichotomie de la responsabilité morale : le Mahomet « gentil », apôtre de paix, et le Mahomet « violent », chef de guerre sanguinaire d’une fédération de tribus arabes. Ainsi, seul le Mahomet « gentil » serait le vrai Mahomet, le Mahomet « violent » n’étant que la conséquence de la nécessité d’être le chef d’un État naissant. Cette thèse récurrente est bien résumée dans l’émission France 2 Islam du 4 décembre 2016 :

France 2 Islam 161204 Islam et Violence 1 Extrait 2

Ainsi, l’intervenant dit : « Je distingue entre le prophète qui inspirait, qui va parler au nom de Dieu, à partir de Dieu – ça, c’est une chose – et celui qui va être un chef, un fondateur d’une cité et qui va se heurter à des ennemis et qui va les combattre. » Il faut bien comprendre que cet argument est totalement absurde : c’est comme si on disait qu’Hitler était un brave homme et que seule une malheureuse obsession – dont il ne serait pas responsable – l’a conduit à exterminer quelques millions de personnes ; car, remarquons-le bien, tout autant que Mahomet, Hitler pensait être guidé par une influence divine.

Or il faut bien comprendre que cet argument, qui va notamment venir alimenter toute la thèse de la « contextualisation », est absolument FONDAMENTAL pour la survie de l’idéologie musulmane, car c’est le seul rempart, face à la clarté des textes musulmans, qui empêche la déconstruction inéluctable de l’islam. Sans cet argument, les contradictions aveuglantes entre la prétention à la spiritualité (d’amour et de paix) et les faits « historiques » violents (tels que les textes musulmans eux-mêmes les relatent) font voler en éclat la prétention de l’islam à se hisser du rang d’idéologie de pouvoir guerrière comme l’histoire en a beaucoup connu à celui de véritable spiritualité.

Alors, effectivement, la contradiction qui vient immédiatement en tête est celle liée aux exemples de Bouddha, Jésus ou Gandhi : eux ont toujours prêché la non-violence. Pourquoi eux l’ont fait et pas Mahomet ? Réponse stupéfiante de l’intervenant, mais représentative de l’argumentaire traditionnel de l’islam quand il est acculé dans sa propre impasse : ce n’est pas le même cas ! : « Alors bien sûr il existe aussi des prophètes qui sont seulement des prophètes, et que des prophètes, et là, ils n’ont que le maniement de la parole. Mais là nous sommes dans un cas où il y a à la fois le prophète et le législateur etc. Et donc ces deux fonctions, ce sont des fonctions qui vont se mêler et donner lieu en effet à des moments de violence qu’il faut reconnaître et qu’il faut contextualiser. »

  • Conclusion

En réalité, il faut bien comprendre que dans la bouche de l’islam, « contextualiser » veut dire « excuser la violence » via une rationalisation qui transforme la violence (indubitable) en nécessité.

Pourtant, la solution à tout cet imbroglio est beaucoup plus simple : Mahomet, qui était probablement un « illuminé » (Le Robert : « esprit chimérique qui ne doute pas de ses inspirations »), a conquis le pouvoir par la guerre sous couvert de spiritualité en copiant la religion juive (car il est bien difficile de distinguer ce que l’islam apporte de réellement nouveau au judaïsme d’un point de vue religieux).

La violence de l’islam expliquée à la télévision française : (1) Une violence « normale » car les mœurs l’Arabie du VIIème siècle étaient violentes ?

À l’heure où un nouvel attentat revendiqué par l’État Islamique vient d’endeuiller l’Allemagne, il est intéressant de revenir au travers de quelques articles sur l’émission (en 2 volets) de France 2 « Islam » consacrée aux rapports de l’islam avec la violence et qui vient, curieuse coïncidence, d’être diffusée les dimanches 4 et 11 décembre 2016.

  • Préambule : petit rappel

S’agissant du terrorisme musulman vis-à-vis des sociétés non-musulmanes, je rappelle, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer dans l’article consacré à l’attentat de Nice (http://islametoccident.fr/?p=3043), qu’il trouve ses racines dans le Coran puisqu’il s’agit dans la doctrine de l’islam pour Allah de jeter « l’effroi », donc d’« effrayer » les non-musulmans par la terreur non seulement de l’au-delà mais aussi ici-bas par l’entremise des musulmans (d’où les appels au jihad, au martyre, le massacre des juifs Banû Quraydha de Médine, etc.). Rappelons en effet quelques versets :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Verset 59, verset 2. C’est Lui [Allah] qui a expulsé de leurs maisons, ceux des gens du Livre qui ne croyaient pas, en prélude à leur rassemblement [pour le jugement dernier]. Vous [croyants] ne pensiez pas qu’ils partiraient et ils pensaient que leurs fortins les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point et a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Ils démolirent leurs maisons de leurs propres mains avec l’aide des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués d’intelligence.

L’État Islamique connaît très bien ces textes (et d’autres sur le même thème, par exemple la multitude de textes sur le martyre), qui embarrassent tellement l’islam « modéré », et ne manque pas de les citer abondamment. Face à cela, on attend toujours aujourd’hui le contre argumentaire des représentants de l’islam de France. C’est sans doute la raison pour laquelle un des intervenants de l’émission de France 2 citée ci-dessus éprouve une telle difficulté à définir et à expliquer ce qu’est la fameuse « radicalisation », et à imaginer comment « déradicaliser », car c’est imaginer un autre sens au Coran que celui qui s’impose à tout lecteur un tant soit peu de bonne foi.

France 2 Islam 161211 Islam et Violence 2 Extrait 1

Quant au procédé consistant à utiliser des engins mobiles, l’État Islamique, comme les autres mouvements fondamentalistes, a depuis longtemps capté la symbolique « effrayante » des moyens mobiles modernes et donc leur efficacité comparativement aux moyens disponibles à l’époque de Mahomet : ce genre d’attaque n’est pas une nouveauté puisque le procédé est décrit précisément dans la propagande de ces mouvements : Al Qaïda en 2010 et encore récemment l’État Islamique dans sa revue « Rumiyah » d’octobre 2016, toutes choses qui sont à la portée du public sur internet et pas seulement à celle des « spécialistes » gouvernementaux ou des universitaires.

Le plus accablant dans tout cela pour les autorités face à cette épouvantable et injustifiable violence, comme l’a rappelé le criminologue Alain Bauer dans une enceinte militaire mi 2016, est surtout que les mouvements terroristes ont beau écrire ce qu’ils vont faire et comment ils vont s’y prendre, ils ne sont pas toujours pris au sérieux.

Aussi pour les lecteurs qui veulent sortir des sentiers battus et rebattus par le politiquement correct et qui veulent vraiment tenter de mieux comprendre l’origine doctrinale de la terreur en islam et son rapport avec celle mise en œuvre par l’État Islamique, ils peuvent se reporter à mon ouvrage « Les sources doctrinales de l’État Islamique » (2 tomes de 40 pages) publié aux éditions UPPR sous format e-book en début d’année 2016 (prochainement édité en format papier).

Mais revenons maintenant dans ce premier article au premier des arguments présentés pour tenter de dissiper chez les non-musulmans le sentiment que l’islam serait une religion violente encore aujourd’hui et que « ce n’est pas cela l’islam, selon la formule consacrée ».

  • 1er argument : il est « normal » que l’islam contienne une certaine violence en raison des mœurs de l’Arabie du VIIème siècle

Selon ce premier argument, la violence serait d’une certaine façon « naturelle » et donc excusable en islam car l’islam est né dans un milieu imprégné par la violence des traditions tribales de la péninsule arabique du VIIème siècle. Comme le dit très simplement le reportage : « La violence est dans les us et coutumes de l’époque ».

France 2 Islam 161204 Islam et Violence 1 Extrait 1

À cela, on peut faire plusieurs remarques :

1) Si – laissons-nous déraisonner un instant et verser dans le monde de l’imaginaire – c’est bien Allah qui a transmis son message par la bouche de Mahomet, pourquoi Allah se sent-il lié aux coutumes tribales de l’Arabie du VIIème siècle ? A-t-il peur des hommes ? N’est-il pas censé délivrer un message universel d’amour et de paix comme nouveau guide pour les hommes ?

2) Si on met de côté la chimère d’Allah, à quoi sert d’être « prophète » si ce n’est que pour prendre acte de la brutalité des mœurs du temps sans tenter de la réformer et donc ne pas donner un autre exemple ?

3) Les mœurs dans l’antiquité romaine n’étaient guère moins brutales. Pourquoi Jésus a-t-il, lui, conservé une attitude totalement pacifique, refusant que ses partisans le défendent et jusqu’au point d’accepter de se faire crucifier ? Gandhi a-t-il eu recours à la violence ?

Quant à l’argument : « Dans une économie de survie, tuer n’a pas de sens car la perte d’un membre du groupe est une mise en danger de la tribu. », il me paraît assez incompréhensible. Il ne s’agit pas de tuer les siens mais de tuer les ennemis des autres tribus.

Enfin, conclure par : « Ainsi, la paix est la règle et la guerre l’exception. », c’est juste ignorer la pratique de Mahomet qui ne s’est pas privé de faire la guerre et de tuer, voire de massacrer, ceux qu’il considérait être ses ennemis. Voici juste pour rappel un extrait de la table des matières de la biographie de Mahomet (Sîra) à l’époque de Médine que n’importe qui peut consulter dans une bonne librairie :

L’extermination des Yézidis : statut dans la doctrine de Mahomet

  • Le sort terrible des Yézidis dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui

Les Yézidis subissent aujourd’hui au Moyen-Orient un sort terrible : ils sont pourchassés ou exterminés. Le reportage d’Arte diffusé le 17 mai 2016 le rappelle :

La fin des chretiens Orient 160517 Yezidis

La fin des chretiens Orient 160517 Yezidis

  • Exterminer les Yézidis en application de la règle coranique

En appliquant l’islam du Coran et de Mahomet, l’État Islamique considère que les Yézidis sont de simples mécréants comme les autres et ne font pas partie des Gens du Livre : de leur point de vue, il est donc normal qu’ils les persécutent. Ce choix de considérer les Yézidis comme des mécréants qui ne peuvent pas bénéficier du statut de dhimmi résulte non d’une folie meurtrière incontrôlée mais d’une étude religieuse spécifique avec le souci pour l’État Islamique d’appliquer le mieux possible les règles énoncées par le Coran et la Tradition sur le sort à réserver aux non-musulmans, et qui sont :

– pour les Gens du Livre (essentiellement juifs et chrétiens) : la conversion ou le statut d’humiliation de la « dhimmitude » (avec paiement aux musulmans d’un impôt spécifique, la jizya) ;

– pour les autres non-musulmans : la conversion ou la mort.

Sourate 9, verset 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, ceux qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui, parmi les gens du Livre, ne professent pas la religion de la vérité. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés.

Cette violence n’a rien de choquant dans la doctrine musulmane : rappelons que la biographie de Mahomet d’Ibn Hîcham, reconnue par tous les musulmans, décrit précisément comment Mahomet a exécuté par égorgement entre 600 et 900 prisonniers juifs à Médine, exemple suivi par l’État Islamique qui a décapité 21 chrétiens coptes sur les rives de Libye en 2015. Le Coran fait précisément référence à cet épisode :

Sourate 33, verset 26. Allah a fait descendre de leurs fortins ceux des Gens du Livre ayant prêté assistance aux Factions. Il a jeté l’effroi dans leurs cœurs : un groupe d’entre eux vous avez tué [les hommes] et un groupe vous faisiez prisonnier [les femmes et les enfants].

Le Coran incite de façon générale à cette violence puisqu’il s’agit, avec la grâce d’Allah, de jeter l’effroi dans le cœur des mécréants :

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton [s’adresse à Mahomet] Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je [Allah] suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

  • Les Yézidis doivent-ils être considérés comme des Gens du Livre ?

Le sort des Yézidis dépend donc de leur statut au regard de l’islam : peuvent-ils être considérés comme appartenant au Gens du Livre pour échapper à la mort promise par Mahomet ?

L’analyse de l’État Islamique est la suivante : « Avant la prise de Sinjar, on a imposé aux étudiants en chari’a de l’État Islamique d’étudier profondément les Yézidis afin de déterminer s’ils devaient être considérés comme un groupe à l’origine associateur ou comme un groupe à l’origine musulman et qui par la suite a apostasié, en se basant sur les nombreuses règles islamiques qui doivent être appliquées sur le groupe, ses individus, et leurs familles. (…) Après des recherches plus approfondies, il a été prouvé que ce groupe existait durant la période pré-islamique jahiliya, puis il a été « islamisé » par un environnement fait de sa population musulmane, de sa langue, de sa culture (…). La source apparente de cette religion a été trouvée dans le zoroastrisme de la Perse ancienne, qui a été réinterprété avec des éléments des Sabéens, du judaïsme et du christianisme, pour finalement être exprimé dans un vocabulaire hérétique du soufisme extrême. Par conséquent, l’État Islamique a traité ce groupe de la manière dont doivent être traités les associateurs selon la majorité des savants du fiqh [droit islamique]. Ils ne sont pas comme les juifs ou les chrétiens. Il n’y a pas de place pour eux dans le paiement de la jizya [c’est-à-dire qu’on leur applique le principe : la conversion ou la mort]. »

En conséquence, les Yézidis subissent le sort que Mahomet imposait aux mécréants associateurs, ce qui donne ceci dans le langage de l’État Islamique (les hommes étant tués) : « Après la capture, les femmes yézidies et les enfants sont divisés selon la chari’a parmi les combattants de l’État Islamique qui ont participé aux opérations de Sinjar, un cinquième de ces esclaves étant transféré aux autorités de l’État Islamique pour être distribué en tant que cinquième du butin [pratique établie par Mahomet à la suite de l’extermination des juifs Banû Quraydha] . »

De la même façon, l’État Islamique considère que « Les druzes ne font pas partie de la dhimma et sont pires que les juifs et les chrétiens, et s’ils se repentent et acceptent l’islam, les autorités musulmanes doivent rester prudentes en raison de leur pratique de la taqiya. »

L’État Islamique revendique avec fierté sa volonté de remettre en vigueur strictement les règles qui découlent directement de l’islam de Mahomet et de ses Compagnons, ceux-ci étant « eux-mêmes un exemple de suivi du Messager d’Allah ». Aussi, pour l’État Islamique, « Cette grande étape de mise en esclavage de familles mécréantes est probablement la première depuis l’abandon de cette loi islamique. Le seul autre cas connu – bien que d’une plus petite ampleur – est la mise en esclavage de femmes et d’enfants chrétiens aux Philippines et au Nigéria par les Moujahidin. Les familles yézidies asservies sont maintenant vendues par les soldats de l’État Islamique comme les mécréants étaient vendus par les Compagnons avant eux. De nombreuses règles reconnues sont appliquées, incluant l’interdiction de séparer la mère de son enfant. »

Ce traitement épouvantable correspond pour l’État Islamique à un impératif religieux conforme à la pratique du Prophète et à la tradition musulmane, comme le mentionnent les hadiths authentiques comme celui de Bukhari : « Allah s’émerveille d’une personne qui rentre au Paradis avec ses chaînes ». Ou cet autre : « Abu Hurayra au sujet de ce verset : « Vous aurez été la meilleure communauté jamais produite parmi les hommes » [sourate 3, verset 110], a dit : « Il s’agit là des meilleurs des gens voulant le bien pour les gens : vous les ferez venir la chaîne au cou pour les faire entrer dans l’islam ». »

  • Conclusion

Que répondre à la clarté des textes sacrés musulmans (Coran, hadiths, biographie de Mahomet) ?

Le criminologue Alain Bauer à l’I.H.E.D.N. : toujours rien au sujet de la doctrine de l’islam

Le criminologue Alain Bauer, éminent expert internationalement reconnu, est intervenu le lundi 23 mai 2016 à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale sur le thème : « les mutations du terrorisme ».

IHEDN 160523 Alain Bauer

Une partie de son exposé a naturellement porté sur le terrorisme des mouvements fondamentalistes musulmans (Al Qaïda, de son vrai nom « Front international islamique de lutte contre les juifs et les croisés » ; État Islamique ; Al Nosra ; etc.).

Alain Bauer

Cette intervention est tout à fait intéressante et Alain Bauer, esprit brillant, a par ailleurs la grande qualité de peu user de la langue de bois, de savoir tenir son auditoire en haleine et d’animer son exposé par certaines facéties verbales, quoiqu’en parlant toujours de sujets extrêmement sérieux. En attendant la mise en ligne de son intervention sur le site de l’I.H.E.D.N., je vous invite à l’écouter :

Cette intervention donne beaucoup de clefs de lecture intéressantes sur la genèse (orientale et occidentale) du terrorisme musulman. Un regret toutefois : à aucun moment la question du sous-bassement idéologique du terrorisme musulman n’est abordée. Pourtant, le terrorisme a besoin d’un fondement idéologique. Or nul doute qu’Alain Bauer est très au fait de ce sujet et du rapport étroit qu’entretient le terrorisme musulman avec l’islam de Mahomet, et donc avec le Coran. On peut donc s’interroger sur ce qui peut bien conduire un esprit libre à se refuser à aborder cette question pour, au moins, en débattre, alors qu’elle constitue une des facettes fondamentales de la problématique traitée.

Par ailleurs, une remarque sur le rôle d’Issa (Jésus) : si celui-ci fait partie effectivement de l’imagerie musulmane, il faut néanmoins préciser que l’islam ne reconnaît en aucune façon Jésus à la façon dont les chrétiens le conçoivent. L’islam a inventé pour ses besoins un Jésus imaginaire (les juifs comme les chrétiens étant par ailleurs accusés d’avoir falsifié leurs propres écritures) qui ne correspond absolument pas à l’incarnation de Dieu sur terre selon la conception chrétienne mais à un simple prophète, qui n’a d’ailleurs pas été crucifié ou tué mais élevé par Allah à lui (cf. Coran, sourate 4, versets 157-158), et qui, dans l’eschatologie musulmane, reviendra effectivement à la fin des temps pour « briser la croix, tuer les porcs » (hadith sahih de Bukhari n°2222).

Donc il est important de ne pas laisser penser aux auditoires occidentaux qu’une quelconque forme de reconnaissance par l’islam du Christ ou de la tradition chrétienne serait possible : islam et christianisme sont rigoureusement incompatibles. Ce qui fait en réalité que le dialogue inter-religieux islamo-chrétien est strictement inutile d’un point de vue religieux (doctrinal).

Qui plus est, du fait du dogme de la Sainte Trinité, les chrétiens sont coupables du pire des péchés qui soit aux yeux des musulmans : l’associationnisme (associer une autre divinité à Allah). Ils ne doivent d’avoir la vie sauve en terre d’islam, et dans le cadre d’un statut de citoyen de seconde zone (le statut de « dhimmi », appliqué également aux juifs), qu’au besoin qu’a eu Mahomet de s’inventer une parenté spirituelle pour prétendre récupérer à son profit l’héritage chrétien (difficile en effet de s’autoriser à exterminer comme n’importe quels autres non-musulmans ceux dont on prétend être le continuateur).

Instance de Dialogue : un départ a priori décevant

Article publié dans Atlantico le 17 avril 2016.

Compte tenu du contexte dramatique que connaît depuis de nombreux mois la France en raison du terrorisme musulman et de la radicalisation de certains jeunes musulmans qui viennent alimenter ce fléau, il paraît effectivement essentiel que l’islam de France trouve des moyens efficaces pour endiguer ce phénomène. Les actions envisagées concrètement à l’occasion de la 1ère réunion de l’Instance de Dialogue entre le gouvernement français et les représentants de l’islam de France étaient donc particulièrement attendues.

J’invite donc le lecteur à lire in extenso le « Discours de monsieur Anouar Kbibech, président du C.F.C.M., à l’occasion de la 1ère réunion de l’Instance de Dialogue instituée entre le gouvernement français et les représentants de l’islam de France », prononcé le 21 mars 2016 :

CFCM Instance de dialogue 160321

Ce texte me paraît appeler certaines remarques :

  • « la pertinence de la démarche qui a été proposée par le Gouvernement qui apporte ainsi une réelle plus-value dans la prise en compte des attentes et des aspirations des citoyens français de confession musulmane »

Il peut apparaître assez étonnant que le discours d’Anouar Kbibech, dont l’objectif prioritaire est de lutter contre la radicalisation des musulmans, commence par insister sur l’importance de la « prise en compte des attentes et des aspirations des citoyens français de confession musulmane ». On aurait pu penser au contraire que c’était aux musulmans français à être à l’écoute des citoyens français (majoritairement non musulmans) compte tenu des attaques terroristes subies en France au nom de l’islam.

  • « Les musulmans de France se sont alors soulevés comme un seul homme »

Je ne crois pas que la France se souvienne que les musulmans de France se soient « soulevés comme un seul homme » après les attentats de janvier ou de novembre 2015. À l’inverse, le silence relatif de la communauté musulmane au regard de l’énormité tragique des faits a semble-t-il surtout frappé les observateurs. N’a-t-on pas entendu parfois certaines banlieues se réjouir, ou des écoliers refuser de respecter la minute de silence ? Sur quels faits précis cette assertion d’un soulèvement en masse est-elle fondée ? Quelle comparaison faire avec l’obstruction médiatique qui a marqué la crise du voile islamique, vécue par la communauté musulmane comme un affront terrible et stigmatisant ?

J’invite par ailleurs le lecteur à lire le prêche distribué par le C.F.C.M. à toutes les moquées de France pour être lu lors de la prière du vendredi 20 novembre, soit une semaine après les attentats du 13 novembre : il pourra juger par lui-même si des marques de compassion y figurent et si une attention particulière est portée aux victimes.

  • « Notre attachement au principe de laïcité garant de la liberté de conscience et du respect de la diversité des convictions et des pratiques religieuses. »

Il est surprenant de revendiquer l’attachement au principe de la laïcité alors que l’islam est une religion fondamentalement anti-laïque car elle ne dissocie pas l’État de la religion. Hassan II, particulièrement lucide, le rappelait clairement : « À partir du moment où on est musulman, on ne peut pas être laïc. »

Surtout, on ne voit pas bien comment cette laïcité pourrait garantir la liberté de conscience puisque le C.F.C.M. lui-même refuse encore aujourd’hui d’accorder aux musulmans de France le droit d’apostasier ! En islam, abandonner l’islam n’est pas un droit. L’apostasie est même punie de mort dans certains pays musulmans qui appliquent le principe édicté par Mahomet lui-même (hadith authentique de Bukhari n°3017) : « Le Prophète a dit : « Celui qui change pour une autre la vraie religion [l’islam], qu’on le tue ». 

On comprend mieux alors pourquoi une conférence a pu être organisée le jeudi 26 novembre 2015 à l’Institut du Monde Arabe sur le thème : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? » C’est que cette question est effectivement d’une particulière acuité en islam.

  • « Daech est en totale contradiction avec les principes et les fondements même de l’islam»

C’est une opinion mais qui mérite d’être précisément étayée.

  • « Proposition 1 : Renforcer la formation et le rôle des imams »

On ne voit pas très bien le lien avec le thème de la « prévention de la radicalisation », objet de la réflexion, sauf à dire que les imams seraient aujourd’hui incapables de l’empêcher, ce qui est très inquiétant. Car si un imam n’est pas en mesure d’argumenter simplement par le B.A.BA de sa formation pour empêcher la « radicalisation », c’est que tout cela n’a en réalité rien de très évident et donc que la « radicalisation » trouve dans l’islam de bonnes justifications. Si c’est le cas, que veut dire « radicalisation » ?

  • « Proposition 2 : Mettre en place un « Conseil religieux » pour élaborer un contre discours.  Le moment est venu pour mettre en place un Conseil sur le plan théologique qui pourra être saisi sur des questions ou des problématiques liées à l’exercice du culte musulman en France. »

Proposition intéressante mais dont on peut se demander si le niveau de morts qui l’a déclenchée n’aurait pas pu être abaissé. On se demande en effet pourquoi « le moment est venu » aujourd’hui et pourquoi ce n’était pas le cas auparavant.

En outre, il est un peu étonnant que l’objet de ce « conseil religieux » soit limité à l’exercice du culte musulman en France. Le terrorisme musulman ne se nourrit pas sur le terreau des questions cultuelles (savoir comment faire sa prière, ses ablutions,…) mais sur celui des questions doctrinales (le jihad, le sens du martyr,…). Est-ce à dire que ces questions fondamentales de doctrine sont laissées de côté ? Cela n’aurait aucun sens.

  • « Ce Conseil, qui devra refléter la diversité de l’Islam de France, aura pour objectif d’engager la réflexion et l’effort intellectuel (Ijtihad) sur la « contextualisation » de la pratique religieuse en France. »

Chacun sait qu’il n’existe pas dans l’islam sunnite d’autorité religieuse supérieure fixant la doctrine. Cette remarque a visiblement pour objectif de ne pas froisser les susceptibilités au sein du monde musulman. Pourtant, le C.F.C.M. rappelait en introduction de sa déclaration emblématique pour le vivre ensemble de juin 2014 : « L’islam est unique en sa doctrine », seul mot souligné dans cette déclaration, ce qui marquait bien son extrême importance.

Ce propos est visiblement une façon de donner le change vis-à-vis de la « diversité » des courants de la communauté musulmane française. Sur le fond, ce Conseil sera vraisemblablement inutile d’un point de vue doctrinal puisque son objectif semble se limiter à la « contextualisation de la pratique religieuse », ce qui n’a guère de rapport avec la réflexion doctrinale sur le statut de la femme, le rapport aux communautés non-musulmanes et le communautarisme, la laïcité, les châtiments corporels,…

  • « Dans le cadre de la prévention de la radicalisation, le Conseil aura pour mission d’élaborer un « contre discours » basé sur un argumentaire théologique solide (…) Cette démarche permettra de doter les Imams et les Aumôniers qui sont au contact des fidèles, de l’argumentaire théologique nécessaire pour face à l’argumentaire des « djihadistes » qui dévoient les textes sacrés et les valeurs de l’Islam. »

Si le traitement de la question doctrinale est évacué dans son principe pour un repli sur la question de la pratique religieuse, difficile néanmoins d’éluder la question du terrorisme musulman. Il semble ici que le C.F.C.M. ait, enfin (!), pris conscience de la qualité de l’argumentaire religieux présenté par l’État Islamique, sinon il n’aurait pas besoin de préciser que le contre-argumentaire se doit d’être « solide ». Il est d’ailleurs assez surprenant qu’un tel argumentaire n’existe pas déjà si l’islam est effectivement une « religion d’amour et de paix », alors que l’islam existe depuis 1.400 ans et que la violence en islam et le jihad ne sont pas des faits nouveaux. Mieux vaut tard que jamais. En tous cas, cet argumentaire est attendu avec impatience !

  • « Ce Conseil aura également comme mission de relancer l’effort de la Réforme. Ceci nous permettra de relancer l’ère du changement et du progrès. »

Il est assez difficile de savoir de quelle réforme et de quelle ère de changement et de progrès il est question, car on ne voit pas bien ces 30 dernières années en quoi l’islam de France a pu se réformer et avancer sur la voie du changement et du progrès. Tariq Ramadan a bien publié un ouvrage intitulé « La réforme radicale » mais il s’agit au contraire d’un livre contenant une critique sévère de l’islam et de son extrême difficulté à se réformer.

  • « Certaines Contributions proposent même de promouvoir les vertus de la mystique de l’Islam, à travers le développement du Soufisme selon la tradition sunnite pour lutter en amont contre toutes les formes de violence ou de fanatisme. »

Si l’islam peut contenir des courants fondamentalement orientés vers la dimension personnelle et individuelle, indépendamment de considérations communautaires ou politiques, pourquoi pas. Cela étant, le soufisme existe depuis longtemps et si des individus par nature pacifistes peuvent naturellement être séduits, on ne voit pas bien comment le soufisme va aller recruter au sein des esprits attirés par la revivification de l’islam authentique de Mahomet et le jihad qu’il implique.

  • « 3) Renforcer le rôle éducatif de l’école. (…) L’apport éducatif de l’école pourrait s’enrichir par la mise en place d’un « enseignement laïque du fait religieux » dans les écoles et les lycées. Ceci permettra d’assurer aux enfants l’ouverture nécessaire aux autres religions et aux autres convictions. Cette démarche permettra également de semer les « germes du vivre-ensemble » dès le plus jeune âge. »

C’est une idée qui pourrait être séduisante mais qui est en réalité mauvaise et impraticable.

Car que vise-t-on par cette initiative : en réalité, un grand nivellement des discours religieux pour gommer les différences fondamentales de contenu et de vision du monde qui les séparent (jusqu’à les opposer), en vue de les rendre ainsi tous « acceptables » et de faire accroire que les différences entre l’islam et le judaïsme et le christianisme ne sont pas significatives et que toutes ces religions ont en réalité le même dieu et les mêmes valeurs, ce qui est une pure absurdité.

Les juifs rejettent totalement la vision chrétienne du Christ, attendant toujours leur Messie, ainsi que Mahomet et son islam. Les chrétiens prétendent prolonger et « accomplir » la tradition juive, tout en ayant depuis des siècles une difficulté claire à faire totalement leur la transition entre Yahvé Sabaot et le Christ crucifié. Quant à l’islam, les chrétiens ne le reconnaissent aucunement et, si la vision œcuménique critiquable développée par Rome depuis un demi-siècle ne les culpabilisait pas sur cette question, ils seraient sans doute beaucoup plus nets dans leur rejet de Mahomet et son islam.

En outre, est-il envisageable que les programmes de l’Éducation Nationale expliquent à tous les élèves que Mahomet a exterminé une bonne partie des juifs de Médine, puis appelé à tuer tous les juifs ? Qu’il a pratiqué à de multiples reprises les razzias, les guerres pour se procurer du butin et dans un contexte qui n’avait rien à voir avec la légitime défense ? Qu’il s’appropriait des concubines comme butin et faisait vendre les femmes captives si nécessaire sur les marchés pour se procurer des chevaux ? Qu’il s’est marié à Aïcha quand elle avait 6 ans et que le mariage a été consommé à ses 9 ans (lui en ayant 53) ? Qu’il a demandé l’exécution nominative de ceux qui lui nuisaient (jusqu’à faire exécuter un simple poète) ? Que l’homme est autorisé par le Coran à battre les femmes dont il craint la désobéissance ? etc… Tout cela paraît hautement improbable.

Comment le fait religieux musulman pourrait-il être dans ces conditions enseignable dans les écoles de la République, sauf à travestir la vérité et la réalité telle qu’elle ressort des textes musulmans authentiques eux-mêmes (qu’une infime minorité lit…), ou à faire tomber de son piédestal le grand Mahomet – ce à quoi toute la communauté musulmane se refuse – en proposant une vision strictement historique de l’islam originel ?

  • « Concernant l’apprentissage de la langue arabe et de la religion en dehors de l’école, il devient nécessaire d’élaborer un Programme éducatif d’apprentissage de l’arabe et de la religion commun et partagé. »

Il est normal qu’une culture d’origine soit transmissible par l’apprentissage de la langue. Cela fait partie des racines culturelles de tout un chacun. D’ailleurs, l’enseignement de l’arabe littéraire aurait au moins pour avantage de donner à bon nombre de musulmans vivant en France, qui parlent en réalité des dialectes et connaissent très mal l’arabe classique, des connaissances utiles pour lire véritablement le Coran prendre mieux la mesure de ce qui y est écrit.

  • « 4) Accompagner les Jeunes et les Convertis. Il convient de mettre en place de véritables Programme éducatif pluriannuels pour les Jeunes et les Convertis, afin de les immuniser vis-à-vis du dévoiement du texte sacré. »

Ces propos laissent entendre que seules ces deux catégories, les jeunes et les convertis, seraient susceptibles de basculer dans la radicalisation : c’est une assertion intéressante qu’il faudrait vraiment expliciter. La question ne touche pas en effet la profondeur de la religiosité qui, on peut l’imaginer, peut prendre une place plus grande chez des jeunes et des personnes récemment converties – car leur investissement personnel est plus intense – par rapport à des musulmans qui baignent dans l’islam de longue date et qui n’appliquent qu’une version très adoucie et même détachée de l’islam authentique de Mahomet.

Or la question du « dévoiement du texte sacré » – qui reste à démontrer – intéresse tous les musulmans. Restreindre la problématique à certaines catégories de musulmans est pour le moins surprenant. La seule question qui importe est de savoir si c’est l’islam de l’État Islamique ou celui de l’islam de France qui est le plus fidèle à l’islam de Mahomet.

  • « La mise en œuvre par les Mosquées d’un cycle de formation sur plusieurs niveaux leur permettra un apprentissage de la langue arabe pour leur faciliter l’accès au Coran et aux textes de référence. Il leur assurera également une éducation religieuse aux vraies valeurs de l’Islam, loin des mauvaises interprétations. »

Réduire la problématique d’une prétendue mauvaise interprétation de l’islam à une question d’éducation et de mauvaise connaissance de la langue arabe est déroutant. Les mouvements salafistes et jihadistes ont en leur sein des personnalités dont les connaissances religieuses dans le champ de l’islam dépassent souvent de très loin les compétences des imams de France, à en juger par la qualité de la documentation produite.

  • « 5 – Renforcer et étendre le rôle des Aumôniers. La prévention de la radicalisation en détention est un phénomène complexe, à multiple facettes. (…) La prison n’est pas forcément un facteur de radicalisation à elle seule, mais c’est un milieu aggravant ou accélérateur de cette radicalisation. »

Là encore, il faudrait que le C.F.C.M. nous explique deux choses : 1) Pourquoi les prisons françaises ont-elles une surreprésentation musulmane, ce que Tareq Oubrou reconnaît clairement. 2) Pourquoi les prisonniers musulmans sont-ils les plus sujets à la radicalisation, puisqu’on ne voit pas de juifs ou de chrétiens se radicaliser religieusement en prison.

Malheureusement, je pense qu’il faudra longtemps avant d’avoir des réponses satisfaisantes à ces deux questions.

  • « Nous assistons aussi ces dernières années à la libération de la parole politique et médiatique stigmatisant les musulmans de France. Les polémiques à répétition incriminent les musulmans de France et creusent le fossé entre eux et leurs concitoyens. »

Ce discours du président du C.F.C.M. n’apporte donc que bien peu de réponses concrètes au regard de l’ampleur dramatique de la situation. Tout cela est très décevant, mais en réalité au niveau de la faiblesse du diagnostic proposé, en tous cas pour le moment : car la question doctrinale étant centrale, il faut attendre le « discours » que le C.F.C.M. a promis d’élaborer et qui devra impérativement clarifier en quoi consiste l’islam authentique, celui de Mahomet, au lieu de cet islam mièvre qui n’est jamais responsable des horreurs que l’on commet en son nom.

Le seul vrai côté positif est la reconnaissance tant attendue de la spécificité de l’islam au regard de la question de la violence religieuse monothéiste puisqu’elle n’existe ni dans le judaïsme ni dans le christianisme.

Reste que, en dépit de tout cela, le C.F.CM. ne peut s’empêcher de retomber dans certains travers et se référer encore une fois au mauvais procès de la « stigmatisation ». Le C.F.C.M. serait semble-t-il soulagé si la censure de la critique vis-à-vis de l’islam pouvait s’exercer plus régulièrement, puisqu’il explique lui-même que la « libération de la parole politique et médiatique » lui pose un problème. Or la répétition de ce qui est qualifié de « polémiques » suit malheureusement et logiquement de près le rythme des attentats, des atteintes à la laïcité, du non-respect des lois (ex. burka), des incivilités (ex. drapeau français brûlé) qu’on commet au nom de l’islam.

Le silence et la passivité de la majorité traduisent-il une forme de solidarité vis-à-vis de la minorité agissante ?

La multiplication des attentats musulmans (ou tentatives d’attentats) en Europe repose régulièrement la responsabilité de l’ensemble de la communauté musulmane vis-à-vis de ces actes dans la mesure où ces actes sont revendiqués au nom de l’islam, sur la base de références doctrinales et historiques qu’il n’est pas si facile de jeter aux orties, l’islam étant d’ailleurs la seule religion à connaître ce problème. C’est sans doute qu’il y a bien une raison.

Ainsi, à peine une semaine après les attentats du 13 novembre 2015, le Conseil Français du Culte Musulman, manifestait un certain « agacement » quant à l’évocation renouvelée de la responsabilité de la communauté musulmane en écrivant au début du prêche destiné à être lu le 20 novembre 2015 dans toutes les mosquées françaises : « Il est légitime de se demander si – en tant que musulmans – nous devions, encore une fois, nous justifier devant nos compatriotes, comme si nous étions des « présumés coupables ». » (voir 13 novembre)

Il est pourtant justifié de s’interroger sur la responsabilité explicite ou implicite de la communauté musulmane, celle-ci ne semblant d’ailleurs pas dépenser beaucoup d’énergie pour simplement manifester une compassion profonde à l’égard des victimes (comme dans le cas du prêche du C.F.C.M.). Par exemple : l’infiltration des jihadistes dans le quartier de Molenbeecke n’a-t-elle pas été rendue possible par de multiples complicités ou la simple passivité de certains qui ont « fermé les yeux » sur des situations qui auraient dû justifier d’alerter les autorités belges (outre l’irresponsabilité de ces mêmes autorités qui n’ont visiblement pas pris la mesure du danger) ?

L’intervention ci-dessous, dans une université américaine, est une réflexion intéressante qui pointe bien la responsabilité indirecte mais bien réelle de la majorité pacifique mais silencieuse face à la minorité agissante défendant l’islam historique de Mahomet (ce qu’on appelle, à tort, le « radicalisme ») :

Majorite silencieuse

La majorite silencieuse

Effectivement, que fait concrètement la majorité musulmane pacifique pour lutter contre l’orthodoxie musulmane dans les pays occidentaux ? Juste dire : « Nous n’avons rien à voir avec cela » ? C’est sans doute un peu court, mais nous n’avons semble-t-il pas grand-chose d’autre à nous mettre sous la dent pour le moment.

Attentats de Bruxelles : le double discours de Tariq Ramadan continue à dessein d’entretenir la confusion

Article publié dans Atlantico le 8 avril 2016

Tariq Ramadan a publié une tribune sur le site de Politico à l’occasion des récents attentats de Bruxelles. Je vous propose d’en analyser quelques passages qui semblent importants. Le texte intégral est disponible à cette adresse : http://www.politico.eu/article/attentats-en-belgique-tariq-ramadan/

  • « Il importe de déceler les raisons de cette dérive de la violence extrémiste qui n’est pas seulement “folle,” “irrationnelle” et “barbare.” De tels propos, en plus de répandre la confusion terminologique, n’offrent aucune clarification politique aux termes de l’équation. Ils ajoutent de l’aveuglement à la réaction émotionnelle nourrie par la peur alors que nous avons besoin aujourd’hui de raison, de rationalisation, de propos raisonnés, fermes certes, mais nécessairement raisonnables. »

Tout à fait d’accord : cette dérive est sous certains aspects raisonnée, rationnelle et violente mais non « barbare » contrairement à la présentation qu’en fait le monde politique et médiatique. Il convient effectivement d’en analyser la nature profonde pour sortir de la confusion et de l’aveuglement.

  • « Comment expliquer cette violence extrémiste ? Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi sur tous les continents dans des lieux chargés de sens et de symboles ? La première raison est politique. On ne peut pas aujourd’hui vouloir déconnecter ces actions de la scène internationale avec la violence, la terreur et la mort qui se sont installés depuis si longtemps en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Lybie et plus largement en Afrique et en Asie. Les politiques européennes et américaines à l’étranger ne sont pas coupées du monde et ceux qui les ciblent le répètent à longueur de vidéos : “vous avez répandu la guerre et la mort dans nos pays, nous vous rendons la monnaie de votre pièce.” »

Il est assez curieux que Tariq Ramadan pose comme première raison la responsabilité du monde occidental, et en particulier des européens et des américains. Même si cela rentre en ligne de compte, on s’attendrait d’abord à un mea culpa au nom de l’islam dont le lien avec la violence religieuse s’exprime depuis de nombreuses années dans des contextes très variés. D’ailleurs, si cette violence religieuse peut s’appuyer sur des motivations politiques en fonction des théâtres d’opération, il n’en reste pas moins qu’elle est première et existe sans cela, puisque la doctrine même de l’islam prône le jihad, « combat dans la voie d’Allah », et promet le paradis à tous les « martyrs ».

Rappelons en outre que la violence entre les multiples courants du monde musulman, et au premier chef desquels les sunnites et les chiites, est une constante depuis 1.400 ans, pour des motifs religieux.

  • « La seconde raison est exprimée à demi mots dans les différents communiqués des cerveaux commanditant ces opérations : il s’agit de provoquer des fractures dans les sociétés occidentales entre les musulmans et tous les autres citoyens. Aux musulmans, il s’agit de faire comprendre et sentir qu’ils ne seront jamais le bienvenu dans les sociétés occidentales. Le but étant également que ces dernières nourrissent une peur de l’islam et des musulmans et qu’elles assimilent leur présence au danger et à la violence. »

Tariq Ramadan rejoint avec cette analyse beaucoup de « sociologues islamologues » français qui ont finalement l’audace de vouloir nous empêcher de réfléchir. D’après leur vision, nous ne serions que des marionnettes manipulées par l’État Islamique et on nous dit : « puisque vous êtes manipulés, vous devez faire le contraire de ce que prétend vous faire faire le manipulateur ». Et l’on nous demande donc d’exprimer une solidarité sans faille avec l’islam de France qui, bien entendu, n’a aucun rapport avec tout cela (si ce n’est la religion…).

Ce qui est renversant dans ce discours est qu’à aucun moment n’est abordée de façon précise la question du contenu du discours du « manipulateur » alors que l’idée de manipulation implique nécessairement l’idée de tromperie. Car c’est bien le fond du problème : le discours de l’État Islamique est-il, oui ou non, une traduction correcte de la doctrine musulmane ? Si cela devait être le cas, faudrait-il parler de manipulation ? Malheureusement, la question n’est jamais abordée sous cet angle.

Les lecteurs d’Atlantico qui seraient intéressés pourront sans doute trouver quelques informations intéressantes pour éclairer ce débat dans l’ouvrage « Les racines doctrinales de l’État Islamique » en cours de publication e-book aux éditions UPPR (2 tomes d’une quarantaine de pages chacun).

Par ailleurs, si des fractures dans les sociétés occidentales entre les musulmans et les autres citoyens existent bien, puisqu’on voit depuis longtemps fleurir un peu partout le communautarisme, elles n’ont visiblement pas attendu l’État Islamique pour apparaître. À lire les textes musulmans, on en déduit que l’islam est une religion fondamentalement communautariste. Le Coran est clair sur la supériorité de la communauté musulmane sur toutes les autres et la nécessité pour elle de ne pas se mélanger avec celles-ci. Par exemple :

Sourate 3, verset 110 : « Vous êtes la meilleure communauté suscitée chez les hommes (…). Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux ; il y en a parmi eux qui croient mais la plupart sont des pervers. »

Sourate 3, verset 139 : « Ne perdez pas courage, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. »

Sourate 60, verset 1 : « Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mes ennemis et les vôtres, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. (…) »

Malek Chebel écrit avec clairvoyance dans son Dictionnaire encyclopédique du Coran (article « Amitié avec les incrédules ») : « Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

Ce communautarisme va jusqu’au souci de ne pas ressembler au mécréant, de peur de devenir comme lui, comme le rappelle Yusuf Qaradawi dans Le licite et l’illicite en islam : « Ibn Taymiyya a affirmé à juste titre que le fait d’être différent des mécréants est une obligation visée par le Législateur : « L’imitation des autres extérieurement aboutit à les aimer et à accepter leur protection intérieurement. De même que l’amour intérieur aboutit à l’imitation extérieure. C’est une vérité dont témoignent les sens et l’expérience ». »

Il n’existe pas aujourd’hui de pays, musulman (par définition) ou non, où la présence de l’islam ne se traduise pas par le communautarisme.

  • « Dans les faits, il ne s’agit pas à proprement parler d’une “radicalisation religieuse” puisque que les jeunes qui intègrent ces réseaux ont quelques semaines à six mois de pratique dans leur grande majorité. Le basculement est subi et il ne s’agit pas d’une progression de la pratique religieuse vers la violence et la terreur : certains de ces jeunes sont encore dans la délinquance, la boisson, la drogue et la vie des boites de nuit au moment même où ils organisent les attentats. »

Sur quelles données s’appuie l’affirmation selon laquelle les personnes radicalisées auraient dans leur grande majorité tout au plus 6 mois de pratique de l’islam, que ce soit parmi celles qui sont musulmanes de culture ou parmi les récent(e)s converti(e)s ? Un certain nombre de kamikazés ont fréquenté les milieux salafistes depuis plusieurs années. D’autres ont eu le temps de parfaire pendant des mois leur formation au Moyen Orient comme on a pu le retracer a posteriori à travers leurs multiples déplacements.

Si des jeunes basculent dans l’action violente, quels éléments permettent de dire que ce basculement est nécessairement subi, c’est-à-dire la résultante d’une manipulation ? N’a-t-on pas entendu la veuve d’un des kamikazés du Bataclan (Samy Amimour) faire part de la fierté d’avoir été l’épouse d’un combattant du jihad mort en martyr au combat ? Faut-il parler de manipulation dès lors que quelqu’un adhère à des idées qu’on ne partage pas ?

Si certains jeunes sont dans la délinquance, il est évident que cet état prédispose plus naturellement à l’action qu’une réflexion religieuse purement intellectuelle ; c’est tout à fait logique. Il en est de même dans des périodes troubles (insurrection, luttes communautaires, révolutions,…) : il est plus facile à ceux qui ont l’habitude de se battre et d’agir de prendre les armes.

Quant au fait que certains jeunes « soient encore dans la boisson, la drogue et la vie des boîtes de nuit au moment même où ils organisent des attentats », c’est précisément ce que l’État Islamique leur demande : passer inaperçus, se fondre dans la masse, donner l’impression de partager ce contre quoi en réalité ils se battent. Il est étonnant que cela ait échappé à Tariq Ramadan.

Enfin, même si certaines personnes sont sans doute en manque de repères parmi ces jihadistes, il faut arrêter de dire que le problème de l’action violente en islam est seulement un problème psychologique. La violence en islam est un problème vieux comme l’islam, a des racines claires dans la religion musulmane elle-même (et dans les textes sacrés), l’histoire du monde musulman en est la preuve évidente.

  • « La religion est convoquée et il faut donc y répondre avec un discours religieux solide et rigoureux mais s’il ne faut pas se tromper de cible : la référence religieuse est un vêtement qui cache des aspirations politiques, des volontés de pouvoir et de divisions cyniques, machiavéliques et souvent inhumaines (…). »

La religion est effectivement « convoquée », terme un peu pédant mais on voit l’idée. Sans doute la référence religieuse cache-t-elle des motivations politiques, mais le problème est que, indépendamment de la question politique, la référence religieuse existe bel et bien. Depuis 1.400 ans que l’islam existe, il est surprenant qu’un discours clair et solide sur le rapport de l’islam à la violence n’ait pas encore été élaboré pour répondre à cette problématique.

  • « Comment répondre à une situation si complexe dont les causes sont si diversifiées dont la conséquence est une violence qui peut sévir partout et sous de multiples formes. »

Tariq Ramadan fait partie des esprits les plus brillants et les plus instruits de la communauté musulmane mondiale. On est un peu surpris par sa difficulté à détricoter la complexité revendiquée de cette situation. Pourquoi vouloir introduire de la complexité si certains facteurs peuvent s’expliquer simplement, si ce n’est pour « noyer le poisson » ? Et si les Français lisaient la biographie originelle de Mahomet (Ibn Ishâq/Ibn Hîcham), n’auraient-ils pas matière à y découvrir de nombreuses clefs de lecture ? C’est une recommandation insistante qu’on ne peut que leur faire.

  • « Il s’agit de demeurer humbles tout en restant déterminés à combattre cette violence extrémiste en s’intéressant à ses causes autant qu’à son expression concrète. Cela commence, en Europe par exemple, par éviter de critiquer le modèle de société du voisin ou le manque de compétence de ses services de renseignements comme on l’avait entendu en Grande-Bretagne vis-à-vis de la France et aujourd’hui en France à l’égard de la Belgique. »

Cette humilité est louable mais ce rappel est assez stupéfiant. Il faut en effet se souvenir que quelques jours après les attentats de Charlie (janvier 2015), Tariq Ramadan avait laissé entendre sur le plateau de « Salut les Terriens » que les services de renseignement français avaient laissé faire. Voici le verbatim de son intervention : « J’ai dit et je le répète avec force…parce que toute personne raisonnable, qui n’a pas des question à se poser sur ce qui s’est passé en 2001, sur ce qui s’est passé en 2004, en 2005…et même avec ce qui s’est passé avec Mehra,….Il y a des questions, et j’ai demandé dès 2001 une commission d’enquête indépendante, non pas parce que je dis que c’est un complot, mais si vous voulez lutter contre les complotistes, apportez des réponses à des questions. Si aujourd’hui on sait qu’il y avait des menaces contre Charlie Hebdo, qu’ils aient pu aller aussi facilement…Moi je veux qu’on me dise comment ça se fait que les services de renseignement français aient laissé faire. Comment se fait-il que les renseignements français n’aient même pas vérifié les téléphones des femmes ce ceux qui allaient tuer ? Eh bien, j’ai des questions. Aujourd’hui, soit on me répond, par une enquête indépendante, soit on fait tous les imbéciles et on croit tout ce qu’on nous dit. Finalement, pour pouvoir être dans l’air du temps en France, faut la boucler. »

Tariq Ramadan Salut les terriens janvier 2015

Tariq Ramadan Complot janvier 2015

  • « Il nous faut une politique sécuritaire concertée sur toute l’Europe avec la double condition de comprendre, d’abord, qu’elle ne peut être qu’un moyen dans une stratégie plus globale et multidimensionnelle et, ensuite, qu’elle ne saurait justifier les stigmatisations de certains citoyens, les manquements aux droits humains (les migrants compris) et le non respect de la dignité égale des personnes. »  

La politique sécuritaire n’est pas en soi un facteur de stigmatisation. Elle prend simplement acte de ce qui se passe et de la différence énorme de vision culturelle et humaine qui sépare les pays européens de celle des migrants en provenance des pays musulmans.

  • « On ne peut soutenir des dictatures, être les partenaires politiques et économiques des Etats produisant la pensée salafi littéraliste (…). »

Tariq Ramadan met avec raison en exergue la relation schizophrène que la France entretient avec certains pays du Golfe, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite, dont la doctrine converge sur bien des plans avec celle de l’État Islamique. En politique, on peut être effectivement amené à traiter avec ses pires ennemis idéologiques pour des raisons bassement économiques, mais il faut alors être lucide et conscient de ce que cela veut dire en matière de soutien et de développement de l’islam sur le territoire de « la fille aînée de l’Église ».

  • « Les citoyens musulmans doivent participer aux débats de société avec l’idée de penser et de construire la politique sociale de demain et non pas à être convoqués à se justifier, voire à se dédouaner après chaque attentat ou controverse. »

C’est bien en référence claire aux textes sacrés musulmans que les attentats sont perpétrés. Les citoyens musulmans seraient donc certainement dans une position plus facile s’ils étaient collectivement capables de formuler leur doctrine de façon unifiée et dans un langage intelligible et qu’on puisse ainsi juger de la différence par rapport à celle de l’État Islamique. Or cela semble pour le moment impossible et aucune initiative aujourd’hui n’en prend le chemin. Quant aux manifestations de compassion à l’égard des victimes, on peut raisonnablement dire qu’elles sont d’une ampleur sans commune mesure avec l’émoi médiatique entretenu avec force ces dernières années au sujet du voile islamique et de la burka.

  • « Je le répète depuis 25 ans, il n’y a pas d’échec de l’intégration religieuse et culturelle en Europe, mais un déficit, voire une déroute, des politiques sociales relatives à l’éducation, à l’habitat et à l’emploi notamment. »

L’échec est malheureusement patent. Tariq Ramadan ne semble pas beaucoup fréquenter les quartiers de Paris ou de la région parisienne où on circule beaucoup plus en djellaba qu’en jupe, où les femmes n’osent plus se promener seules, où un mauvais regard peut avoir des conséquences incalculables,… La France a-t-elle jamais connu les mêmes difficultés avec l’immigration européenne ?

  • « On le voit, il est nécessaire de clarifier les termes du débat, d’appréhender la complexité du phénomène et proposer des réponses multiples et complémentaires avec une approche holistique. Etre obnubilé par la seule question religieuse, refuser de voir l’aspect politique et espérer que les opérations guerrières et sécuritaires nous protégeront est un leurre aux conséquences dangereuses. »

Avant d’écarter la question religieuse, encore faudrait-il l’avoir analysée. Or, comme elle est systématiquement évacuée par tous les analystes et islamologues, pour des raisons politiques et religieuses évidentes, comment prétendre qu’elle n’entre pour rien dans le débat ? Ce n’est donc pas du tout comme cela qu’on apportera de la clarté et de la vérité dans le débat. La vérité intéresse-t-elle ?

CONCLUSION

Ces propos de Tariq Ramadan illustrent la subtilité d’un double discours qui semble particulièrement bien élaboré : la dialectique consiste en effet à constater certains faits problématiques, « donnant le change » et laissant croire à l’objectivité et à la sincérité de la démarche, mais en orientant systématiquement l’analyse sur des pistes « acceptables », c’est-à-dire qui ne nuisent pas trop au système religieux qu’on veut défendre quoi qu’il arrive, et donc aux dépens de l’exploration d’autres voies beaucoup plus intéressantes mais qui sont censurées ou occultées.

Reste alors cette implacable interrogation : Car, enfin, pourquoi la violence religieuse aujourd’hui est-elle le seul fait de l’islam ? Pourquoi ne trouve-t-on pas des kamikazés ou des tueurs à la kalachnikov chez les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les athées,… POURQUOI ?

Islam : l’Instance de dialogue démunie face à la radicalisation

Voici un intéressant article du Figaro revenant sur les difficultés extrêmes de l’islam de France et du gouvernement à affronter la question centrale de la violence en islam.

Article de Jean-Marie Guénois (Le Figaro, 22 mars 2016)

(Le texte de l’article est en italique, mon commentaire précédé de la mention : « COMMENTAIRE »)

Cette édition, menée par Bernard Cazeneuve, n’a pas apporté de solutions concrètes.

Une « instance de dialogue » discute beaucoup. C’est sa force mais aussi sa limite. Ainsi de la seconde édition, lundi 21 mars, de l’Instance de dialogue avec l’islam de France organisée par le ministère de l’Intérieur et intro­duite, le matin, par le premier ministre, Manuel Valls, en présence de nombreuses personnalités musulmanes, et consacrée – après une première, inaugurale, le 15 juin 2015 – à « la prévention de la ­radicalisation ». Mais devant un problème aussi complexe touchant des jeunes –  et échappant notoirement à toutes les fédérations musulmanes constituées -, peu de propositions concrètes ont été ­annoncées.

Sinon le fait que Bernard Cazeneuve ait assuré un renforcement de l’action des 196 aumôniers agréés de prison. Ils pourraient voir leur système d’indemnisation revu à la hausse par le ministère de la Justice. Autre nouveauté, la recommandation d’associer des experts religieux, pour enrichir le travail des 101 « cellules préfectorales de suivi et d’accompagnement des personnes radicalisées ». Cela se pratique dans un respect scrupuleux de la laïcité, assure le ministre, car « ce n’est pas à l’État de dire ce qu’est le bon islam ».

Suivi dans les prisons 

Il a cependant estimé « souhaitable » que les préfectures, comme les conseils régionaux du culte musulman et les associations qui sont au plus près du terrain, croisent davantage leurs compétences pour réussir à convaincre les 1.855 jeunes Français de confession musulmane actuellement suivis par ces cellules de ne pas succomber à la violence.

Nettement plus floues ont été les orientations prises pour contrer le « discours » radical qui s’installe dans les esprits et pouvant faire basculer « d’un jour à l’autre » un jeune dans la violence islamique, via notamment, « les réseaux sociaux ». Floues parce que personne ne voit comment les contrecarrer de façon efficace. Pas même le Conseil français du culte musulman qui a toutefois transmis au gouvernement un livre blanc à cet effet. Floues au point que beaucoup d’intervenants musulmans, même s’ils se divisent à ce sujet, réclament la création d’une instance doctrinale de l’islam de France. Quant au gouvernement, il a fini par évoluer sur le sujet. Bernard Cazeneuve semble avoir rompu avec la ligne refusant tout « amalgame » entre violence et islam. Elle fut pourtant encore prônée le matin par Manuel Valls, pour qui l’islam n’entretient pas « une violence qui lui serait propre ».

COMMENTAIRE : Tant que l’islam de France et le gouvernement français continueront à pratiquer le déni de réalité systématique sur les liens innés entre l’islam et la violence, rien n’est possible. L’incompétence gouvernementale et la peur des représentants de l’islam de France d’une désislamisation de leurs ouailles sont des alliés objectifs dans le maintien de l’obscurité qui entoure la doctrine musulmane dont on clame d’autant plus fort qu’il s’agit d’une religion d’amour et de paix que les attentats se succèdent : une véritable tragédie à la Dorian Gray. Qu’est-ce que la radicalisation ? Pour le savoir, encore faudrait-il savoir ce qu’est l’islam « normal » ? Avez-vous jamais vu une définition de l’islam « normal », et en référence à quoi ? Cela n’existe pas.

COMMENTAIRE : Quant à l’idée d’une instance doctrinale de l’islam de France, qui va oser la défendre et prétendre abandonner dans le monde sunnite le principe du consensus (ijma) pour fixer une doctrine qui ne peut qu’être universelle et donc s’imposer au monde entier ? Encore faudrait-il déjà commencer par lire les textes musulmans authentiques : or, il suffit de lire les ouvrages disponibles dans le commerce pour constater l’absence flagrante de référence à ces textes. Pourquoi ? Bonne question…

Triplement des extrémistes 

C’est cette ligne qui avait pourtant exclu – cinq mois seulement après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher – la thématique de la radicalisation du menu de la première réunion de cette instance le 15 juin 2015… « À l’évidence, a donc reconnu Bernard Cazeneuve, lundi, la dimension religieuse de la radicalisation, si elle n’est pas le seul facteur de ce phénomène, constitue l’idéologie, le cadre de la mobilisation proposée aux djihadistes à travers une lecture littéraliste et dévoyée de la religion, transformée en idéologie totalitaire. Cette idéologie prône le combat contre les non-musulmans mais aussi contre les musulmans eux-mêmes qualifiés de “faux musulmans” quand ils n’adhèrent pas à ce dogmatisme de la haine ». Il y a eu, depuis, les 130 morts du Bataclan et du Stade de France… Mais il y a aussi des chiffres terribles évoqués par Cazeneuve lui-même sur le pouvoir d’attraction de ce « dogmatisme de la haine ». Entre 2014 et aujourd’hui, leur nombre a triplé : 555 jeunes étaient séduits par cette perspective, ils sont désormais 1 855. Deux cents étaient partis combattre sur place, ils sont actuellement 606… 

COMMENTAIRE : Alors que c’est précisément ce qu’on nous apprend à l’école, lire simplement ce qui est écrit et s’attacher au sens littéral du texte, dans le cas de l’islam, il ne faut surtout pas le faire nous dit-on, parce que la lecture littérale est une lecture dévoyée ! Pourquoi ? Mystère. Pourtant jamais aucune injonction de ce type n’a été émise en ce qui concerne la lecture des textes juifs, chrétiens, bouddhistes, etc. sans parler de toute la littérature française (à l’exception bien sûr des poètes – et encore –, des surréalistes, etc.) et étrangère. Qu’ont donc les textes musulmans de si particulier ? Eh bien, la meilleure façon de le savoir, c’est de les lire ! Et sans doute alors vous comprendrez de vous-même. Surtout si vous avez l’intelligence et la curiosité de lire la biographie originelle du grand Mahomet (celle d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham cf. biographie).

La réponse de l’islam de France aux attentats du 13 novembre 2015 : un texte important passé inaperçu

À l’heure (22 mars 2016) où certaines victimes et les proches des attentats du 13 novembre 2015, commis au nom de l’islam et d’une ampleur sans précédent, viennent d’être reçus à l’Élysée, et que de nouveaux attentats viennent d’être perpétrés en Belgique, il est intéressant de relire le prêche rédigé par le Conseil Français du Culte Musulman et envoyé à toutes les mosquées de France afin d’être lu le vendredi 20 novembre 2015 dans les mosquées.

CFCM preche novembre 2015

http://www.lecfcm.fr/?page_id=4014

Car on pouvait s’attendre à une réaction d’une extrême fermeté de la part des représentants de l’islam de France, et surtout à une véritable condamnation doctrinale très argumentée de ces actes, l’islam ayant à l’évidence un sérieux problème de crédibilité dans ce domaine, ce que l’émission « l’islam » diffusée le dimanche matin du 22 novembre 2015 sur France 2 a reconnu, non sans quelques difficultés.

Prenons donc le temps de relire et de commenter ce prêche afin d’examiner s’il apporte de la lumière sur la question de la violence en islam, au-delà des condamnations de politesse convenues et habituelles émises en ces circonstances.

  • « Nous avons tous suivi avec horreur et désolation la vague d’attentats meurtriers qui ont ébranlé notre pays, le vendredi 13 novembre dernier. En tant que citoyens français de confession musulmane, nous sommes tous concernés par ce drame. D’une part, parce qu’à l’instar de tous les citoyens français, nous sommes des cibles potentielles de ce genre de tueries aveugles. D’autre part, parce que ces actes criminels ont été perpétrés par des enfants de France qui se prévalent de l’islam et qui se considèrent comme des martyrs engagés dans une entreprise djihadiste. Il est évident que l’ensemble des musulmans de France dénonce sans équivoque ces attentats tragiques et se démarque de l’idéologie qui nourrit les auteurs de ces actes inqualifiables. »

Il est intéressant de noter que le début de cette déclaration, au-delà de la condamnation, 1) n’adresse aucun message de compassion ou de solidarité aux victimes (le terme « victime » n’apparaît d’ailleurs pas dans le texte) ; 2) mentionne comme premier sujet de préoccupation le fait que de pareils attentats puissent surtout toucher également des musulmans.

  • « Il est légitime de se demander si – en tant que musulmans – nous devions, encore une fois, nous justifier devant nos compatriotes, comme si nous étions des « présumés coupables ». »

Il est assez étonnant qu’après de tels actes, revendiqués au nom de l’islam, le C.F.C.M. se demande, en ce début de déclaration, si « la communauté musulmane doit, encore une fois, se justifier ». L’absence de message de compassion à l’égard des victimes est déjà très choquant, alors comment ne pas être encore plus choqué par cette victimisation à l’envers de la part d’un islam de France qui ne souffre pas dans sa chair, tout en étant le représentant vivant et le promoteur d’une religion qui partout dans le monde suscite des attentats barbares ? À lire ce texte, il semblerait que c’est l’islam la véritable victime et non les 130 personnes qui sont mortes, les centaines qui ont été blessées, celles qui resteront handicapées à vie, ainsi que tous leurs proches. Si la communauté musulmane semble en « avoir assez » de se justifier, le monde occidental en a sans doute « lui aussi assez » de subir ces attentats au nom de l’islam.

  • Mais devant les amalgames et les confusions qui risquent de nous faire subir une nouvelle vague de stigmatisations et d’actes islamophobes, (…) »

Le C.F.C.M. semble renouer par ce texte avec la tendance fondamentale et instinctive à la victimisation dans la culture musulmane que dénonce et condamne largement Tariq Ramadan dans ses conférences.

  • « (…) nous ne devons jamais nous lasser de dire et redire haut et fort que l’islam authentique est à des années lumière de l’idéologie de haine de ces criminels terroristes. Nous ne devons jamais nous lasser de réaffirmer notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme, qui sont la négation même des valeurs de Paix et de Fraternité que porte l’Islam. »

Il s’agit ici d’une déclaration d’intention qui doit être étayée par des arguments solides dans la mesure où les faits lui donnent tort, l’islam étant à l’évidence depuis des décennies la seule religion qui suscite des actes aussi odieux. Comment alors concilier la terrible violence dont le monde entier est témoin avec la revendication au titre de religion « d’amour et de paix » ?

  • « Ces groupuscules terroristes qui ont semé la terreur dans le monde ne sont que l’incarnation actuelle d’une idéologie ancestrale d’un groupe de dissidents qui ont combattu les compagnons du Prophète. Il s’agit des « khawarij » des temps modernes. »

La référence faite par le C.F.C.M. aux Khawarij ou Kharidjites, selon une orthographe plus habituelle en français, est particulièrement surprenante, voire stupéfiante, car elle fait partie des éléments de langage mêmes de l’État Islamique.

Les Kharidjites sont entrés en dissidence lors d’un conflit entre Ali et Mu’awiya au VIIème siècle en raison d’un arbitrage accepté par Ali dans le contexte de la bataille de Siffin (657). Les Kharidjites se sont désolidarisés du reste de la communauté musulmane et ont d’ailleurs fini par assassiner Ali, le 4ème calife.

Or l’État Islamique fait lui-même référence nommément aux Khawarij, qu’il considère être historiquement des « égarés », afin de condamner d’autres types de comportement au sein du monde musulman, notamment celui consistant à toujours reporter au lendemain la mise en œuvre de l’islam de Mahomet, c’est-à-dire une forme d’attente ou « irjâ ».

L’État Islamique écrit en effet un mois avant les attentats de novembre 2015 : « L’irjâ est une réaction à l’égarement des Khawârij. Les Mourji’a ont essayé de s’éloigner des Khawarij sans adopter la Sunna ; en faisant cela, ils ont inventé leur propre secte. (…) Les Mourji’a ripostèrent à l’innovation des Khawarij (…) par leur propre innovation. Ils prétendirent que l’abandon de toutes les obligations et la réalisation de tous les péchés n’affecte pas la foi même si quelqu’un abandonne totalement les piliers de l’islam.»

Il est donc pour le moins étonnant que le C.F.C.M. reprenne à son compte une référence utilisée explicitement par l’État Islamique, chose qu’il ne pouvait ignorer.

  • « Le Prophète n’a pas manqué dans une prophétie de décrire le profil de ces radicaux lorsqu’il dit : « Sortira à la fin du temps de jeunes gens, aux ambitions sottes, ils lisent le Coran et ne dépassera pas leur gosiers, ils disent la meilleure des paroles, ils sortiront de la religion comme la flèche sort de sa cible. » (Hadîth authentique Rapporté par Attirmidhî). »

Il s’agit effectivement du hadith authentique n°2188 d’at-Tirmidhi (livre 33, hadith 31). Sa formulation en français par le C.F.C.M. laisse quelque peu à désirer. Une traduction sans doute plus correcte et plus compréhensible du texte arabe est : « À la fin des temps viendra un peuple jeune, avec des esprits dérangés, récitant un Coran qui ne dépassera pas leurs gorges, prononçant des paroles [hadiths] de la meilleure des créatures [Mahomet], traversant la religion comme la flèche traverse sa cible. »

Or il est intéressant de remarquer que pour attaquer l’État Islamique, le C.F.C.M. a recours à un hadith faisant explicitement référence à la fin des temps : ce qui semble valider le contexte historique du combat de l’État Islamique et donc lui donner raison ! Ironie de la situation !

Mais surtout cette description peut s’appliquer à n’importe quel groupe de musulmans fanatisés ; c’est d’ailleurs une parole apocalyptique banale et prétendument visionnaire. Si le C.F.C.M. souhaite l’appliquer à l’État Islamique, encore faut-il qu’il démontre par de vrais arguments doctrinaux que tel est bien le cas.

  • « Si ces organisations ont malheureusement réussi parfois à embrigader et à recruter des jeunes de différents horizons pour servir leur projet chaotique, c’est parce qu’ils ont – entre autres – instrumentalisé des Textes religieux après leur avoir attribué une interprétation dévoyée. »

C’est une opinion respectable mais qui, là encore, doit être étayée par des exemples précis fondés sur les textes sacrés musulmans.

  • « Le contexte géopolitique bien difficile par lequel passe le Monde, la fragilité sociale et psychologique de certains jeunes et les nouveaux moyens de communication sont les fertilisants d’un terreau qui a donné vie à cette gangrène des temps modernes. »

Cette remarque sociologique banale n’explique pas la spécificité musulmane car de nombreux juifs, chrétiens, athées, etc. connaissent également de grandes difficultés personnelles sans pour autant aller abattre dans la rue les gens à coup de Kalachnikovs. Cette gangrène est bien une problématique spécifique de l’islam ; ce n’est pas un hasard, et il convient d’en comprendre les raisons profondes pour la combattre.

  • « Sur le plan Religieux, les Musulmans doivent assumer leur responsabilité : En effet, pour éviter ce genre de dérives, les Textes scripturaires doivent être appréhendés et expliqués par des Référents religieux connus et reconnus, doués de Science et de Sagesse. »

Le C.F.C.M. évoque ici la question cruciale de l’interprétation en islam. En effet, le Coran n’est pas aussi clair qu’il le prétend puisque, selon certains, il faut « interpréter » des textes dont la simplicité pourtant étonne ; et pour cela, il faut faire confiance à d’autres, aux « référents ». Or Personne ne songerait à interdire à un chrétien de lire les Évangiles, et au-delà de quelques nuances théologiques, tout chrétien peut se faire une bonne opinion, sans guère de contradictions, de ce que prêche le Christ pour la vie de tous les jours. Il en va en revanche tout autrement pour l’islam car le texte est parfois confus (ce que le Coran lui-même reconnaît cf. paragraphe suivant du prêche), les contradictions nombreuses et certaines (résolues seulement par le principe de l’abrogation).

  • «  Le Coran lui-même l’annonce : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à des interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets équivoques cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation dévoyée. Alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: «Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur !» Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. » Sourate 3 (Âli Ilrân), v. 7. »

Le C.F.C.M. tente d’appliquer ce verset bien connu à l’État Islamique : pour quelle raison ? En réalité, ce verset est très général et les textes cités en référence par l’État Islamique sont très loin de correspondre à des textes équivoques ou obscurs, bien au contraire. Il est d’ailleurs surprenant que, pour la défense de l’islam, le C.F.C.M. ait recours à un verset qui met précisément l’accent sur le caractère peu clair, parfois obscur, du Coran, qui est pourtant censé être un livre parfaitement clair et explicite (justifiant ainsi sa supériorité par rapport à la Torah ou aux Évangiles). En effet, le Coran dit :

Sourate 16, verset 89 : « (…) Nous avons fait descendre le Livre sur toi [ndlr Mahomet], comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu’un guide, une grâce et une annonce aux musulmans. »

Sourate 34, verset 3 : « (…) Rien n’existe de plus petit ni de plus grand, qui ne soit inscrit dans un Livre explicite. »

Sourate 37, verset 117 : « Et Nous leur avons donné le Livre parfaitement clair »

Sourate 43, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

Sourate 44, verset 2 : « Par le Livre explicite ! »

  • « Allah proclame aussi : « …Demandez donc aux érudits du Livre, si vous ne savez pas. » Sourate 21 (Al Anbiyâ’), v. 7. »

Pour qui a déjà lu les textes de l’État Islamique, on reste perplexe. Le niveau de l’analyse doctrinale de l’État Islamique dépasse a priori d’assez loin ce que peut produire l’islam de France : les références textuelles précises sont extrêmement nombreuses, les raisonnements doctrinaux étayés au regard de la pratique du Prophète, alors que la littérature musulmane disponible dans le commerce en France est généralement d’une pauvreté doctrinale affligeante. (Ce commentaire, focalisé sur la seule question de l’authenticité doctrinale, ne constitue bien entendu en aucune façon un cautionnement quelconque des faits et gestes de l’État Islamique)

  • « Ces organisations se basent assez souvent sur des récits parlant des signes avant-coureurs de la fin du monde pour esquisser un scénario futuriste dans lequel elles s’attribuent le rôle des sauveurs de l’Islam et de l’Humanité. Elles vivent ainsi dans un monde imaginaire parallèle qui convoite les esprits fragiles. Ces récits sont pour certains, classés comme faibles par les spécialistes des Sciences du Hadith. Pour d’autres, ces récits sont très loin de la réalité actuelle du Monde. »

Le C.F.C.M. fait preuve d’incohérence en recourant à l’argument tiré d’une prétendue folie eschatologique après avoir lui-même cité précédemment pour soutenir son argumentation le hadith d’at-Tirmidhi commençant par « sortira à la fin du temps… ».

Quant à l’affirmation que les hadiths mentionnés par l’État Islamique sont « faibles » en terme d’authenticité, c’est une affirmation gratuite qui n’est absolument pas démontrée. Or l’authenticité par exemple des hadiths, nombreux, de Bukhari et de Muslim cités par l’État Islamique ne fait guère de doute.

  • « Concernant la caractérisation de ces groupuscules, on ne peut qu’être interpellé par un récit qui, bien que sa chaîne de transmission soit faible, donne une description révélatrice de la réalité de ces imposteurs. Al Hâfidh Na’îm Ibnou Hammâd, un des maîtres d’Alboukhârî, rapporte que ´Alî Ibn Abî Tâlib dit : « Quand vous verrez des drapeaux noirs, ne bougez pas de votre place, ne déplacez pas vos mains ni vos pieds. Après, apparaîtra une communauté d’immatures, à qui on n’accorde aucune importance. Leurs cœurs sont comme des morceaux de métal. Ils se présentent comme les représentants de l’Etat. Ils n’acceptent ni discussion ni alliance. Ils appellent à la vérité, mais ne sont pas eux-mêmes des gens de vérité. Leurs prénoms sont des prénoms d’emprunt et leur noms se rapportent à des villages (ou des villes). Leurs cheveux sont longs et lâchés comme ceux des femmes. Ils sont proches les uns des autres, jusqu’au moment où naîtra des conflits internes parmi eux. Ensuite, Allah donnera la vérité à qui Il voudra ». »

Là encore, le C.F.C.M. est incohérent, puisqu’après avoir critiqué ce qui serait la faiblesse de l’État Islamique quant à la qualité des hadiths, il fait explicitement référence à un hadith dont il reconnaît lui-même qu’il est « faible », c’est-à-dire qu’il appartient à la catégorie la moins fiable des hadiths.

En outre, nul doute que le monde musulman a connu dans ses 1.400 ans d’histoire d’autres groupuscules musulmans de ce type. Quant à la référence introductive aux drapeaux noirs – le drapeau de l’État Islamique étant noir –, il faut rappeler que le Prophète lui-même en faisait usage comme en atteste sa biographie dans ce texte consacré à la bataille de Badr : « L’envoyé de Dieu confia le drapeau, qui était blanc, à Muç’ib ibn Abd ad-Dâr. Devant le Prophète flottaient deux bannières noires, l’une appelée l’Aigle, portée par Ali, et l’autre entre les mains des Ançar, portée par Sa’d ibn Mu’âdh. Les chameaux de l’armée du Prophète étaient au nombre de soixante-dix, trois hommes sur chaque chameau. »

  • « Les Savants (Ouléma) musulmans sont unanimes pour dire que le Jihad se décline en plusieurs catégories dont les plus notables sont : le Jihad contre soi-même à travers l’éducation, l’épuration de l’âme ; le Jihad par la pensée à travers l’effort intellectuel de manière à servirles intérêts de l’humanité ; le Jihad par l’écriture, à travers la publication d’ouvrages utiles, la réalisation d’articles éclairants et contrant les fausses accusations à l’encontre de l’Islam et des musulmans ; le Jihad par l’argent, à travers la dépense généreuse en faveur du bien et la contribution au développement socio-économique. L’Islam n’autorise le Jihad par les armes qu’en cas d’extrême nécessité, en cas de légitime défense lorsque les musulmans sont attaqués par leurs ennemis et que toutes les voies pacifiques échouent.  »

Cette thèse est une reprise dans l’article 9 de la Convention citoyenne des musulmans de France qui indique : « Contrairement à une idée répandue, le mot « Jihâd » signifie notamment la lutte et l’effort sur soi-même, en accomplissant le bien. Cette action a surtout une dimension spirituelle, consistant à œuvrer de son mieux pour accomplir le bien. Dans le Coran, ce mot est employé sous ses différentes formes à 33 reprises. »

Cette assertion, répétée à satiété dans les médias (ce qui fait d’ailleurs à s’y tenir qu’on ne peut plus comprendre les racines violentes de l’islam), s’accorde très mal avec l’histoire de Mahomet. La lecture de la Sîra montre clairement que le jihad correspond à un tournant dénué d’ambiguïté dans la prédication de Mahomet, tournant nécessaire à l’extension de la zone d’influence musulmane, et ceci dans un contexte très différent de celui de la légitime défense et d’une recherche de spiritualité intérieure : plusieurs centaines de pages décrivent les batailles, razzias, exécutions, etc. Naturellement, ces éléments ont été transcrits et se retrouvent dans les versets du Coran. Nier cette réalité qui ressort clairement de la biographie du Prophète revient à rendre incompréhensibles toute l’action de Mahomet et une bonne partie des versets du Coran.

La notion de jihad intérieur semble en réalité être apparue bien après la mort de Mahomet et la vague expansionniste musulmane des VIIème et VIIIème siècles en Europe et au Moyen Orient (qui n’avait pas grand-chose de défensif) : dans un empire musulman dont les frontières avaient commencé à se stabiliser, le développement de l’islam, qui s’exprimait auparavant essentiellement par les armes, s’est poursuivi au travers de l’exploration de voies de recherche plus spirituelles, sans pour autant rendre caduque la voie guerrière. Il fallait, d’une certaine façon, « digérer » les conquêtes. Ainsi, petit à petit, cette notion d’intériorité s’est développée, principalement avec un grand théologien et philosophe, Ibn Qâyyim al-Jawziyyah, qui a vécu dans la première moitié du XIVème siècle et qui a conceptualisé différents types de jihad personnel ou intérieur.

  • « l’Islam accorde une place considérable à la sacralité de la vie : Les Versets coraniques et les Hâdîth authentiques sont sans équivoque quant au bannissement de tout acte qui attente à la vie des innocents. Allah dit : « …quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. » Sourate 5 (Al Mâidah), v. 32. »

Le C.F.C.M. ment par omission en omettant volontairement les très nombreux versets appelant à la guerre contre les non-musulmans. Or ils sont vraiment nombreux ! En voici quelques-uns à titre d’exemple, tout à fait explicites :

Sourate 4, verset 91 : « Vous en trouverez d’autres [ndlr incrédules], qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance des leurs. Toutes les fois qu’on les pousse vers l’idolâtrie, ils y retombent en masse. S’ils ne se tiennent pas à l’écart de vous, ne se rendent pas à votre merci et ne déposent pas les armes, alors saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Sur ceux-là, Nous vous donnons tout pouvoir. »

Sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Sourate 8, verset 39 : « Combattez-les [les incrédules] jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. (…) »

Sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui ne professent pas la religion de la vérité alors qu’ils ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains après s’être humiliés. »

Sourate 47, verset 35 : « Ne faiblissez donc pas et n’appelez pas à la paix quand vous êtes les plus forts. Allah est avec vous : Il ne vous privera pas du mérite de vos œuvres. »

Il serait facile de continuer. Quant au verset 32 de la sourate 5 cité par le C.F.CM., il s’agit de la conclusion de la reprise (par les versets précédents 25 à 31) de la Torah (Genèse 4) avec l’histoire de deux fils d’Adam, Caïn et Abel, et le meurtre d’Abel par Caïn, premier meurtre de l’histoire du monde. Dans la Torah, Yahvé établit ensuite une protection à l’égard de Caïn afin qu’il ne soit pas puni par le reste de l’humanité (le premier venu) pour cette faute personnelle, ce qui était une façon de rompre le cycle de la violence personnelle déclenché par Caïn et sans doute aussi de dire à l’humanité qu’il ne fallait plus tuer.

Genèse 4, 13 à 15 : « Alors Caïn dit à Yahvé : « Ma peine est trop lourde à porter. Vois ! Tu me bannis aujourd’hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera ! » Yahvé lui répondit : « Aussi bien, si quelqu’un tue Caïn, on le vengera sept fois » et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point. »

On comprend mieux alors la version complétée du verset 32 de la sourate 5, et pourquoi le Coran mentionne dans ce verset de façon un peu inattendue les enfants d’Israël seulement et non tous les hommes, les musulmans ne descendant pas d’Israël (initialement Jacob, seul enfant légitime) mais d’Ismaël. La descente de ce verset s’applique aux temps bibliques, avant Mahomet :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes (…) »

Le Coran ne fait que reprendre un principe du judaïsme énoncé dans le Talmud de Babylone (Sanhédrin 37a) : « Celui qui sauve une vie sauve un monde entier ». En effet, pour les juifs, ce n’est pas seulement la vie de celui qui est tué qui est prise mais aussi celui de toute sa descendance (« un monde entier »), car dans la mentalité juive, un homme n’est pas complet s’il ne se marie et a des enfants conformément au commandement de Yahvé (Genèse 1, 28) :  « Dieu les bénit et leur dit : «  Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la (…) » » .

Enfin, si l’on veut être complet jusqu’au bout, il faut inclure la dernière phrase de ce verset, systématiquement omis, et dont le sens paraît pourtant tout à fait fondamental :

Sourate 5, verset 32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit aux enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve un seul homme, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes. Nos messagers sont venus à eux avec les preuves mais, par la suite, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la terre. »

En effet, par la dernière phrase : « par la suite [c’est-à-dire après la révélation divine], les hommes se sont [re]mis à commettre des excès sur la terre », le verset constate que les hommes n’ont pas respecté le commandement de Yahvé. C’est la raison pour laquelle la patience de Dieu semble avoir atteint ses limites, ce qui se traduit dans les versets suivants au temps de Mahomet :

Sourate 5, versets 33 & 34 : « La rétribution de ceux qui font la guerre contre Allah et son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir. Sachez qu’alors, Allah pardonne et est miséricordieux. »

En d’autres termes, les hommes étant retombés dans le péché en allant à l’encontre des commandements de Dieu, que ce soit par la guerre contre le messager d’Allah, Mahomet, ou par le fait de prêcher autre chose que la religion du Dieu unique, leur récompense est d’être « tués, crucifiés ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays ».

Il est regrettable que les explications simples fournies ci-dessus soient systématiquement occultées par les représentants de l’islam de France car elle permettraient à tous de beaucoup mieux comprendre la véritable portée de ce verset, tout à fait limitée et historique, et l’absence en réalité de contradiction entre ce verset et le jihad guerrier offensif déclenché pour la suite des temps par Mahomet.

  • « Il ne suffit pas à une personne de se proclamer « moudjahid » pour qu’elle le soit. Il ne suffit-il à un groupuscule de se déclarer « état islamique » pour qu’il le soit. »

Enfin, le C.F.C.M. conclut encore de façon assez incohérente puisqu’après avoir rejeté toute responsabilité en matière de violence au nom de l’islam, il rend honneur à la notion de « moudjahid », c’est-à-dire « combattant [armé] », en restreignant dans son propos cet honneur à une élite.

  • « Appel Solennel : – Nous, Musulmans de France, réaffirmons notre rejet catégorique et sans ambiguïté de toute forme de violence ou de terrorisme qui sont la négation même des valeurs de paix et de fraternité que porte l’Islam. – Nous, Musulmans de France, sommes des citoyens français à part entière, faisant partie intégrante de la Nation, et solidaires de l’ensemble de la communauté nationale. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre attachement indéfectible au pacte républicain qui nous unis tous. – Nous, Musulmans de France, proclamons notre adhésion totale aux valeurs de la République. Les Musulmans de France élèvent leurs Prières vers Dieu, le Très Clément et le Très Miséricordieux, pour qu’Il préserve et qu’Il bénisse la France ! Les Musulmans de France formulent tous leurs Vœux de Paix, de Sécurité et de Prospérité pour leur Patrie, la France. AMINE. »

Ce prêche se termine donc sans aucun mot pour les victimes et leurs proches.

En revanche, il se conclut par une déclaration politique qui, entre autres, insiste sur le fait que « les musulmans de France sont des citoyens à part entière », sujet qui n’a a priori aucun rapport avec les attentats (personne ne dénie aux Français qui violent, tuent, etc. le fait qu’ils soient à la base des citoyens Français). Il s’agit donc en réalité d’un prêche politique qui utilise les attentats comme vecteur de communication pour marteler de nouveau en filigrane le message que les musulmans de France seraient stigmatisés du fait de leur confession religieuse.

Si des chrétiens extrémistes avaient perpétré les mêmes attentats au nom du christianisme, nul doute que le message du pape et sa repentance au nom de tous les chrétiens (quand bien même il n’en serait aucunement responsable) auraient été bien différents.

Mein Kampf et le Coran : même combat ?

À l’heure (janvier 2016) où Mein Kampf vient de tomber dans le domaine public et où les éditions Fayard s’apprête à éditer une nouvelle traduction critique commentée, la première depuis celle de 1934, les débats vont bon train dans les médias pour savoir si cela est une bonne idée et si cela ne devrait pas être empêché, voire interdit. Pourtant, il ne fait aucun doute que l’intérêt historique de cet ouvrage pour la compréhension du phénomène nazi et de l’évolution de sa doctrine est évident.

Il ne fait également aucun doute que la teneur antisémite profonde de cet ouvrage est tout à fait détestable et qu’il ne s’agit donc ici pour les personnes impliquées dans ce projet que de faire œuvre d’historiens et non, en quelque façon que ce soit, de propagandiste.

  • Les appels aux meurtres dans le Coran

Mais il est très curieux que tous les beaux esprits qui s’effraient aujourd’hui de la réédition de cet ouvrage n’élargissent pas le débat à d’autres ouvrages qui appellent à la haine, au premier rang desquels figure le Coran, et les hadiths de Mahomet : ces ouvrages vont d’ailleurs beaucoup plus loin en appelant ouvertement à la violence et au meurtre (de non-musulmans), de façon parfaitement explicite et indiscutable. Il est trop long dans le cadre de cet article de mentionner tous les passages qui appellent à la violence ou aux meurtres des non-musulmans, tellement ils sont nombreux. En voici quelques-uns relatifs au meurtre (en mettant même de côté le cas des apostats qui méritent bien entendu la mort cf. apostasie en islam) :

Coran, sourate 2, verset 191 : « Tuez-les [ndlr les incrédules], où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés [1]. (…)» 

[1] Mahomet a décidé de quitter La Mecque : il n’a pas été chassé. Avec les persécutions à La Mecque (cf. persécution), c’est un mythe fondateur et fondamental de l’islam sur lequel repose toute la théorie de la légitime défense pour excuser le jihad.

Coran, sourate 8, verset 17 : « Ce n’est pas vous qui avez tué les mécréants : mais c’est Allah qui les a tués. (…) »

Coran, sourate 9, verset 5 : « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. (…) »

Coran, sourate 33, verset 26 : « (…) Il [Allah] a jeté l’effroi dans leurs cœurs ; un groupe d’entre eux vous tuiez [ndlr les mâles], et un groupe vous faisiez prisonniers [ndlr les femmes et les enfants]. »

Coran, sourate 9, verset 111 : « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. (…) »

Hadith (Bukhari 2925) : Mahomet a dit : « Vous combattrez les juifs au point que si l’un d’entre eux se cache derrière une pierre, la pierre dira : Ô adorateur de Dieu ! Voilà un juif derrière moi : tue-le ! ».

Ainsi, le Coran et la Tradition musulmane ne choquent pas les beaux esprits parisiens alors qu’il y a plusieurs millions de musulmans en France qui reconnaissent tout à fait ces textes comme leurs et que des attentats ont lieu en France avec des dizaines de morts au nom de cette religion ! Interdire Mein Kampf et autoriser le Coran : n’y aurait-il pas deux poids, deux mesures ?

  • De la dictature de la bien-pensance

D’abord, nous touchons là certainement à la stupidité des lois et des raisonnements dont l’objectif est de bâillonner la liberté d’expression. Non pas que toutes les opinions soient défendables ou respectables, mais comme l’a rappelé avec grande intelligence l’avocat Marc Bonnant, la liberté d’expression n’a pas de limite, elle doit pouvoir aller jusqu’à l’abject car « les idées abjectes s’asphyxient dans la liberté ; elles prospèrent dans l’interdit. » (cf. Bonnant)

Mais surtout, cette démarche intellectuelle se comprend tout à fait lorsque l’on se rappelle que le socialisme a toujours prétendu (comme le national-socialisme et le fascisme qui en sont issus) savoir ce qui est bon pour le peuple, quitte à le lui imposer même s’il n’est pas d’accord. Dans ce contexte, l’anéantissement la pensée individuelle petite-bourgeoise mais libre a toujours été une obsession de la dictature de la pensée de gauche. Ce n’est pas un hasard si le socialisme a un lien naturel avec la dictature.

En effet, souvenons-nous que « le socialisme est une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général, sur les intérêts particuliers au moyen d’une organisation concertée » (Le Petit Robert). Mais qui définit l’intérêt général ? Que se passe-t-il quand une classe politique investie par le peuple le trahit outrageusement, sans aucun respect, et va contre sa volonté, en refusant en outre de le consulter même lorsqu’il s’agit de la remise en cause de ses racines profondes et historiques ?

Dans le contexte de la réédition de Mein Kampf, un bon exemple est donné par l’intervention d’Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche, sur le plateau d’Arrêt sur Images le 17 décembre 2015. Ce représentant emblématique de la bien-pensance totalitaire justifie in fine, après avoir tourné autour du pot et s’être défendu d’être démangé par la tentation de la censure (pieux mensonge immédiatement avoué…), la nécessité de ré-interroger l’intérêt d’une censure qu’il souhaiterait en réalité voir s’appliquer à cette réédition.

Et quel est l’argument ? Le peuple vote mal ! En effet, Alexis Corbière semble effrayé par la masse des électeurs ayant voté pour le Front National ou Debout la France ! aux élections régionales de 2015 : magnifique aveu que l’on pourrait résumer ainsi : « Amis, vous votez mal : il faut donc que nous chargions de la sainte tâche de redresser votre conscience » !

Mein Kampf et la censure 151217

Mein Kampf et la censure 151217 1      Mein Kampf et la censure 151217 2

Verbatim : « Il doit y avoir un point de vue civique : où est l’intérêt général ? où est l’intérêt général ? Je le dis : moi, je suis pour que les historiens puissent travailler mais il est autre de chose qui est de considérer, dans la période qui vient, avec les résultats des dernières élections régionales, je le dis clairement : est-ce qu’il est neutre aujourd’hui qu’on dise : ah ben oui cela doit circuler ? Des ouvrages dans lesquels il y a des formulations d’une xénophobie et d’un antisémitisme violent et toujours actuel hélas. »

  • Conclusion

Et après on voudrait que les Français, dont on se moque sans vergogne à tour de bras, auxquels on prétend dicter ce qu’ils doivent penser, aient encore de la considération pour leur classe politique et journalistique ?