Pierre Birnbaum, ou comment donner une apparence d’objectivité à un procès d’intention

Article de la série sur l’interview de Pierre Birnbaum : http://islametoccident.fr/?p=4886

Pierre Birnbaum voudrait pouvoir jeter l’opprobre sur les Gilets Jaunes en les accusant de xénophobie, mais il semble manquer d’arguments puisque les « cahiers de doléances » ne mentionnent pas ou très peu cette question comme le souligne Daniel Schneidermann. Pierre Birnbaum en déduit donc que ces cahiers ne reflètent sans doute pas la véritable pensée des Gilets Jaunes : CQFD. Qu’est-ce, si ce n’est de la malhonnêteté intellectuelle ?

Pierre Birnbaum, ou comment ignorer certaines racines de l’antisémitisme

L’émission « Arrêts sur Images » du jeudi 28 février 2019 avait comme invité unique Pierre Birnbaum, historien et sociologue français, à propos de l’antisémitisme en France.

Pour ne pas sans doute sortir du politiquement correct en abordant les sujets qui fâchent, Daniel Schneidermann et son invité se sont bien gardés d’évoquer les racines religieuses de l’antisémitisme, en particulier en islam, racines qui ont été totalement éludées lors de cette émission. Le discours de Pierre Birnbaum était, sans surprise de la part d’un sympathisant de la Délégation Interministérielle à la Lutte contre Le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH), essentiellement focalisé sur l’antisémitisme des extrêmes politiques, et surtout sur la dénonciation d’un antisémitisme d’extrême droite.

Sans se prononcer sur cette question, on notera toutefois le caractère tout à fait partisan de cette personne dont les affirmations aléatoires ont parsemé l’ensemble du discours, et qui met surtout totalement de côté la question religieuse. Cet article et quelques autres reviennent sur cette émission.

  • La valse des pourcentages

Pour une personne se présentant comme un scientifique sérieux et objectif, la valse des pourcentages qu’a dansée Pierre Birnbaum semble particulièrement problématique. Selon lui en effet, les sympathisants des gilets jaunes proches des idées de Marine Le Pen seraient de l’ordre de « 60% ou 55%, sinon 70%, (…) même 80, il faudrait vérifier (sic !), (…) ou 85% » : belle preuve de rigueur scientifique….

Pierre Birnbaum semble d’ailleurs particulièrement embarrassé pour répondre aux questions de bon sens posées par Daniel Schneidermann, et se contente d’évoquer un « paradoxe » : Pierre Birnbaum sait-il réellement de quoi il parle ?

Muawiya, un chef bien plus pragmatique que musulman

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Le premier nom de dirigeant arabe attesté sur les pièces de monnaie, inscriptions et documents, et dans les chroniques contemporaines, est celui de Muawiya, fondateur de la dynastie Umayyade (661-750). Que nous disent alors ces sources à propos de son règne ? Pour commencer, comme le dit un témoin : « Il refusa de se rendre au siège de Muhammad », c’est-à-dire à Médine, la résidence des dirigeants arabes avant lui, et préféra installer sa capitale à Damas, où il dirigeait les opérations militaires depuis vingt ans. À l’évidence, il considérait qu’il n’était pas possible de gouverner un si vaste empire dans un endroit si reculé. Cette décision semble éminemment pragmatique, mais elle fut controversée dans la mesure où c’était à Médine que Muhammad avait établi sa communauté. Une des promesses d’Abdallah ibn al-Zubayr, principal adversaire des Umayyades dans les années 680, était de redonner à La Mecque et Médine une place centrale dans l’Empire arabe, et cet engagement ralliait beaucoup de monde à sa cause. Il est possible, cependant, que la décision de Muawiya n’ait pas relevé uniquement de considérations pratiques. Il considérait peut-être, de fait, que son pouvoir inaugurait une nouvelle ère, et son fils Yazid, lui, décida même, au début de son règne, d’inscrire sur des pièces de monnaie, non pas l’ère de la hijra initiée par l’émigration de Muhammad à Médine et devenue standard à cette époque, mais « année 1 de Yazid ». Cette démarche s’inscrit dans la tradition des anciens rois du Proche et du Moyen-Orient, et suggère qu’il ne se percevait pas comme un simple remplaçant de Muhammad. Deuxièmement, Muawiya fut soucieux d’établir le contrôle du gouvernement central sur les vastes territoires de l’est de la Syrie, afin qu’ils ne constituent pas une gêne pour les Umayyades et n’entraînent pas, à terme, la chute de la dynastie. (…) Troisièmement, Muawiya pratique une politique de laisser-aller envers les peuples conquis – « il permit à chacun de vivre à sa façon », note un contemporain – et chercha à les convaincre qu’il n’était pas hostile à leurs religions. Ainsi, reconnaissant la foi chrétienne de la majorité de ses nouveaux sujets, il prit la décision de faire en sorte qu’un certain nombre de chefs arabes lui prêtent allégeance à Jérusalem, où « il monta au Golgotha pour prier ; il se rendit également à Gethsémani et redescendit ensuite pour prier dans la tombe de la sainte Marie ». En outre, Muawiya s’efforça de se rallier l’élite arabe chrétienne de Syrie, qui avait une précieuse expérience de l’administration. Nombre d’entre eux entrèrent à son service comme conseillers et administrateurs, comme la famille Mansur à Damas. Des poètes chrétiens venaient aussi régulièrement à la cour, et un certain nombre des partisans tribaux de Muawiya étaient eux-mêmes chrétiens. Lui-même épousa Maysun, fille d’un puissant chef chrétien de la tribu des Kalb ; c’est de leur union que naquit le futur calife Yazid. Ce dernier épousa pour sa part deux femmes nobles de la tribu des Ghassanides, dont l’une était prétendument la fille du dernier roi chrétien de ce clan. Muawiya s’efforça bien de mettre en œuvre quelques mesures pro-musulmanes, en particulier le retrait du symbole de la croix sur les monnaies et l’incorporation de l’église de saint Jean-Baptiste à la grande mosquée de Damas, mais il recula apparemment face aux protestations des chrétiens. »

La fausse « tolérance », cocktail de soumission et de tribut, outil de conquête de l’islam

Article de la série consacrée au livre de Robert Hoyland : « Dans la voie de Dieu » (http://islametoccident.fr/?p=4814).

« Les Arabes n’utilisaient pas uniquement la force militaire pour atteindre leurs objectifs. Ils faisaient aussi un usage intensif d’accords garantissant la vie, les biens et les coutumes en échange de la soumission et du paiement d’un tribut.

(…)

L’idée ancienne – et toujours présente aujourd’hui dans la littérature savante – selon laquelle la population autochtone aurait accueilli les conquérants à bras ouverts, est fausse. Ce n’est que rétrospectivement et avec l’intention de s’attirer les bonnes grâces des autorités musulmanes que des auteurs chrétiens donneront une évaluation positive des invasions arabes. Il est cependant vrai que les chrétiens anti-chalcédoniens avaient subi des persécutions de la part des autorités chalcédoniennes à la fin du VIème et au début du VIIème siècle, et il est probable que cela ait incité des éléments des communautés anti-chalcédoniennes de Syrie et d’Égypte à faire des compromis avec le pouvoir quand la période initiale de combats et de pillages fut terminée et qu’il fut devenu clair que les Arabes les laisseraient pratiquer leur propre foi en paix tant qu’ils paieraient un tribut. »

Islam et Judaïsme : même arrogance ?

L’émission de France 2 « Judaïca » du 26 août 2018 s’est penchée sur la question de la « modernité » du statut de la femme dans le judaïsme.

Cette émission a été l’occasion pour le rabbin Didier Kassabi de rappeler l’arrogance du judaïsme, très semblable à celle de l’islam, dans sa prétention à détenir seul l’unique message de vérité universel et intemporel délivré par Dieu :

« Il y a dans le judaïsme, dans la Thora, il y a déjà cette notion de modernité. Cela nous renvoie à un fameux texte du Midrash, qui est célèbre, et qui nous enseigne qu’au moment de la création du monde, Dieu regarda la Thora et il créa le monde en fonction de la Thora. (…) Cela à mon avis signifie que, quelle que soit l’époque, la Thora correspond à l’époque en question. La Thora est éternelle. Elle doit correspondre à toutes les générations et nous avons le devoir nous, en tant qu’hommes avec un grand h, d’avoir une lecture constamment renouvelée de la Thora parce que tous les sujets y sont forcément abordés de la manière la plus moderne possible, en tout cas qui correspond à notre époque. »

France 2 Judaïca 180826 Extrait

L’islam dit la même sottise : la parole de Dieu dans le Coran est définitive, intemporelle, le Coran est un livre parfait, parfaitement explicite et qui apporte des réponses à toutes les questions de principe.

Il est ainsi logique que ces deux frères siamois et ennemis, judaïsme et islam, éprouvent l’un vis-à-vis de l’autre une haine inexpugnable, car il ne peut y avoir qu’un peuple sur le trône suprême du « peuple élu ».

Comme le chantait Georges Brassens :

« Jugeant qu’il n’y a pas, péril en la demeure, Allons vers l’autre monde en flânant en chemin. Car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure Pour des idées n’ayant plus cours le lendemain. Or, s’il est une chose amère, désolante, En rendant l’âme à Dieu c’est bien de constater Qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée. Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente, D’accord, mais de mort lente. »

La détestation des gens du Livre

Une explication très simple de ce qui en islam conduit fondamentalement à l’antisémitisme et à la détestation des chrétiens, et qui renvoie logiquement aux nombreux versets et hadiths touchant cette question et figurant dans le « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site : http://islametoccident.fr/?page_id=1786

Islam Detestation juifs et chrétiens

Al-Andalus : analyse d’un mythe (4)

Contexte de la série d’articles : http://islametoccident.fr/?p=4326

  • Al-Andalus et les juifs

« Il est intéressant de rappeler que c’est aux IXème et Xème siècles, lorsque les dhimmis n’étaient plus disposés à respecter des normes répressives, qu’ont eu lieu les conflits les plus violents et les plus sanglants. La réaction des musulmans d’al-Andalus pouvait être tantôt fracassante, comme lors de la persécution anti-chrétienne du IXème siècle, tantôt sourde et discrète, comme dans le cas de Maïmonide, victime d’une conversion forcée à l’islam. Redevenu juif, après sa fuite en Égypte, mais reconnu sur place par un Andalousien, il dut faire face à un procès pour aspotasie et ne put échapper à la peine de mort que parce que le cadi al-Fadil qui le jugeait était son ami. Après avoir vécu de mauvaises expériences en al-Andalus et au Maroc et après avoir appris la situation de nombreux juifs au Yémen, Maïmonide s’est plaint, dans une célèbre missive adressée aux juifs yéménites des persécutions subies par ses coreligionnaires dans le monde musulman. »

« Cette constante attitude de rejet des juifs pousse les musulmans, même lorsqu’ils ont perdu le pouvoir, à se prémunir de toute domination des juifs à leur égard. Ainsi prennent-ils bien soin de faire inclure dans les capitulations de Grenade, signées par Boabdil et les Rois catholiques, une clause qui les mette à l’abri de cette éventualité : « Que leurs Altesses ne permettent pas que les juifs aient la faculté de commander aux Maures et de lever quelque impôt que ce soit ». Le mépris à l’égard des juifs et les discriminations qui en découlent sont monnaie courante dans la littérature arabe bien que nous ne puissions pas ici accumuler de trop nombreux exemples. C’est ce que nous montrent Ibn Battuta ou Léon l’Africain et leurs récits et descriptions sont en accord avec ceux d’autres auteurs étrangers, comme Ali-Bey ou Jean Potocki, qui évoquent les réalités du Maroc à la fin du XVIIIème siècle. Ces derniers mentionnent ainsi l’interdiction faite aux juifs de monter à dos de mule dans une ville musulmane (car ils seraient alors placés au-dessus des musulmans) ou encore l’interdiction d’entrer dans la ville de Fès à moins de s’être déchaussés en signe de soumission. »

  • Al-Andalus et les chrétiens

« Muhammad ibn al-Razi (887-955), un des premiers historiens musulmans de la conquête musulmane, raconte que le fondateur de l’émirat de Cordoue, l’omeyyade Abd al-Rahman I, brûlait systématiquement les églises chrétiennes et les reliques. »

« La conquête musulmane a interrompu l’assimilation et l’adaptation de l’art romain et hispano-romain préexistant (…). Les historiens musulmans témoignent du zèle iconoclaste des premiers chefs omeyyades, comme Abd al-Rahman I. Selon l’historien al-Razi, ce chef fut impitoyable contre les « polythéistes, dénomination des chrétiens (…). Significativement, aucune église construite avant la reconquête catholique ne peut être trouvée aujourd’hui dans le sud de l’Espagne. (…) L’historien musulman al-Maqqari note que Abd-al-Rahman I, un homme pieux, fit démolir l’ancienne basilique de saint Vincent qui était le centre spirituel des catholiques de Cordoue. Ce chef musulman utilisa les matériaux de l’église démolie, ainsi que d’autres bâtiments romains et visigoths, pour construire la fameuse mosquée de Cordoue sur les ruines de l’église saint Vincent. (…) Al-Razi, un des premiers historiens de l’Espagne musulmane, nous apprend que l’église saint Vincent était le dernier endroit où les chrétiens pouvaient prier à Cordoue. Les musulmans avaient pris la ville des années avant et avaient détruit toutes les autres églises dans et aux alentours de Cordoue, utilisant les ruines pour construire des mosquées. Avec l’argent qu’Abd al-Rahman I donna aux chrétiens pour lui remettre l’église saint Vincent dans un marché qu’ils ne pouvaient pas refuser, les chrétiens bâtirent une autre église, mais en dehors des murs de la ville, le seul endroit où les chrétiens étaient autorisés à la construire. »

« Les persécutions survenues entre le règne d’Abd al-Rahman II (822-852) et celui de Mohammed Ier (852-886) ont été marquées par un vaste mouvement de martyrs mozarabes, qui ont résisté passivement aux mesures discriminatoires dont ils étaient victimes. Ces persécutions ont abouti à la mort de saint Euloge, saint Alvaro, saint Parfait et saint Isaac, exécutés pour « istyifaf » (ensuite publique envers l’islam), ainsi qu’à celles de bien d’autres victimes, condamnées pour les mêmes motifs. Ces événements ne suffisent pas, cependant, à fustiger l’islam andalousien dans son ensemble, même si l’on ne peut ignorer la gravité de tels faits, qui sont connus de tous bien qu’ils soient parfois minimisés. La déformation professionnelle propre aux arabisants ne doit pas nous amener à excuser n’importe quel crime commis par des Arabes ou des musulmans. Cette indulgence excessive se retrouve chez Bernard Lewis lorsqu’il analyse les représailles contre les juifs et les chrétiens suite aux croisades ou encore chez Manuela Marin, qui évoque précisément les persécutions de Cordoue. Nous devons appliquer la même rigueur, la même tolérance ou, mieux encore, adopter la même distance à l’égard des crimes des chrétiens et ceux des musulmans. Ce principe semble évident mais malheureusement trop souvent il est presque surprenant de le voir appliquer. »

« L’abondante bibliographie dont nous disposons nous montre certes que d’importantes communautés mozarabes ont survécu à Tolède, Cordoue, Séville ou Mérida. Il est cependant tout aussi vrai qu’au début du XIIème siècle, les chrétiens de Malage et de Grenade ont été déportés en masse vers le Maroc ; que l’on autorisait rarement la construction ou la restauration de nouvelles églises et synagogues ; ou que l’on interdisait de faire sonner les cloches. Ne nous arrêtons par sur les périodes de persécution ou d’extermination directe des chrétiens – comme lors des massacres de Cordoue, entre 850 et 859, au cours desquels saint Euloge a été décapité, ou à Grenade, au XIIème siècle, lorsque la communauté chrétienne a été anéantie par Abd al-Mumin. Intéressons-nous plutôt à la pression permanente et subreptice que subissait au quotidien la population chrétienne soumise. L’attitude fondée sur la méfiance, l’insécurité et la haine dont ont fait preuve Ibn Battûta au XIVème siècle lors d’un séjour à Byzance plonge ses racines dans une conception très particulière des relations avec les chrétiens, minorité tantôt supportée en tant que moindre mal, tantôt absorbée ou éliminée mais jamais traitée avec cordialité. Les églises chrétiennes d’al-Andalus ont pu subsister mais une condamnation morale pesait sur elles en permanence comme le montre Ibn Abdun. »

« Nous ne nous attarderons pas davantage sur le martyre répété des religieux qui, dans la Grenade nasride (celle-là même qui édifiait les superbes palais de l’Alhambra), osaient prêcher la foi chrétienne. Rappelons cependant l’immixtion directe, l’oppression constante dont souffrait une minorité écrasée et qui se traduisait par exemple dans l’obligation faite à l’« almotacen » de surveiller les femmes chrétiennes pour qu’elles n’influencent pas les croyances des enfants musulmans. »

Al-Andalus : analyse d’un mythe (3)

Contexte de la série d’articles : http://islametoccident.fr/?p=4326

  • Le rejet par les musulmans des juifs et des chrétiens soumis au statut humiliant de « dhimmi »

« Les minorités chrétienne et juive ont connu des situations variables sous la domination musulmane mais aucune d’entre elles n’était enviable ou agréable. Ces minorités étaient soumise à la dhimma (c’est-à-dire à un accord ou à un pacte avec la communauté musulmane), qui leur permettait de survivre et de continuer à professer leur propre religion dans des limites très précises. Le statut de dhimmi impliquait des obligations et interdictions, mais ce n’était pas le plus grave : il n’était en effet accordé qu’à un collectif et non pas aux individus eux-mêmes qui, en tant que tels, ne disposaient pas de personnalité juridique propre. C’est pourquoi l’autorité accordée aux chefs de ces communautés soumises était considérable. (…) On ne saurait trop insister sur le caractère variable, en fonction des époques et des lieux, des conditions sociales qui pesaient sur les mozarabes [mozarabe : chrétien vivant sur les territoires de la péninsule espagnole contrôlés par les Arabes] ; les contradictions, les alternances entre bons et mauvais traitements (y compris pour des raisons purement personnelles) ne permettent pas d’énoncer de critères permanents. »

« Le traité d’Ibn Abdun (XIIème siècle) n’est pas en reste : il compare juifs et chrétiens aux lépreux, aux crapules et, de façon générale, à tous ceux qui mènent une vie peu honorable. Il prescrit leur isolement en raison de leur nature contagieuse. Grâce à ce magistrat, les Sévillans du XIIème siècle savaient que « nul juif ne doit sacrifier de bête pour un musulman » ; que « l’on ne doit pas vendre les vêtements des lépreux, des juifs, des chrétiens ou des libertins » ; (…) que « l’on ne doit pas vendre à des juifs ou à des chrétiens des livres de science, car ils les traduisent par la suite et s’en attribuent le mérite à eux et à leurs évêques, traitant ainsi bien mal l’œuvre des musulmans » ; qu’un « musulman ne doit pas offrir de massage à un juif ou à un chrétien, pas plus qu’il ne doit s’occuper de ses déchets ou de ses latrines, car juifs et chrétiens sont bien plus indiqués pour ces travaux qui correspondent aux gens de basse extraction. Un musulman ne doit pas non plus s’occuper de la monture d’un juif ou d’un chrétien, pas plus qu’il ne doit lui servir de muletier ou maintenir en place ses étriers ». » 

« Les lamentables conflits interreligieux qui ravagent encore aujourd’hui le Proche-Orient et qui font de la cohabitation une simple juxtaposition de communautés trouvent des antécédents frappants à l’époque d’al-Andalus, où les chrétiens n’étaient pas les seuls à être marginalisés et persécutés. En plein milieu du XIème siècle, par exemple, les juifs de Grenade ont été la cible d’un massacre au cours duquel est mort José Ben Nagrela. Cette politique a été aussi appliquée par l’Almoravide Youssef ben Tachfine, qui a poussé les juifs de Lucena à payer un impôt afin de ne pas avoir à se convertir à l’islam, tandis que d’autres représentants de cette confession émigraient vers les royaumes chrétiens du Nord de la péninsule ou vers l’Orient qui était alors plus ouvert. Les Almohades ont suivi la même voie. Après la prise de Marrakech, Abd al-Mumin a forcé les juifs à se convertir sous peine de mort et les persécutions se sont reproduites dans la péninsule ibérique dès l’arrivée des Almohades, au cours des années 1140, notamment à Séville, Cordoue et Grenade. »

« Même les arabisants espagnols favorables à l’Espagne musulmane reconnaissent que les mesures très dures listées par le juriste Ibn Abdun aux XIème et XIIème siècle à Séville étaient conformes aux enseignements de la jurisprudence médiévale malikite concernant la façon correcte de maintenir les dhimmis dans une « condition d’humiliation et d’asservissement ou de discrimination tolérée ». » 

Dalil Boubakeur : un curieux personnage

On sait que Dalil Boubakeur ne recule devant rien. Il vient de se distinguer encore une fois par sa mauvaise foi et ses mensonges à l’occasion de la publication du « manifeste contre le nouvel antisémitisme ». M. Boubakeur ne répond jamais sur le fond, se contentant des habituelles incantations que la simple lecture du Coran suffit à démystifier.

Manifeste antisemitisme Boubakeur

D’ailleurs, sa position quant au lien entre islam et violence, nié vigoureusement aujourd’hui, semblait tout autre il y a quelques années.

Boubakeur 2011

Manifeste « contre le nouvel antisémitisme » : un texte nécessitant une mise au point

Plus de 250 « personnalités » ont signé une tribune publiée dans Le Parisien le 21 avril 2018 en réaction à un antisémitisme d’origine musulmane croissant mais qui est resté longtemps tabou en France.

  • Le texte

Manifeste « contre le nouvel antisémitisme »

« Cette terreur se répand »

« L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre. Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que « la France sans les Juifs, ce n’est plus la France », il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs, par des islamistes radicaux.

« Une épuration ethnique à bas bruit »

Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie – qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre – dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France – c’est-à-dire environ 50 000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ? Parce que la radicalisation islamiste – et l’antisémitisme qu’il véhicule – est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne… Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société. Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif.

« Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie »

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXIème siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France. En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France. »

  • Un débat enfin posé mais qui ne doit pas faire oublier l’essentiel

Malheureusement, si l’antisémitisme musulman gagne incontestablement du terrain en France, ce texte commet une erreur importante en laissant supposer une certaine nouveauté liée à ce qui constituerait une dérive récente de la compréhension des textes sacrés de l’islam : or l’antisémitisme contenu dans la doctrine même de l’islam n’est pas du tout un phénomène nouveau mais au contraire un phénomène tout à fait ancien qui remonte à Mahomet lui-même. Les textes sacrés musulmans (Coran, Hadiths et biographie de Mahomet) sont clairs sur le sujet, Mahomet ayant lui-même chassé puis exterminé les juifs de Médine (sans compter les nombreuses paroles haineuses contenues dans le Coran). Les personnes intéressées par une vue assez complète de ces textes peuvent se reporter au « Livret musulman de premier secours » téléchargeable sur ce site ( http://islametoccident.fr/?page_id=1786 ).

Ensuite, les textes incriminés qu’il faudrait remettre en cause sont aussi bien les versets du Coran que les hadiths et la biographie de Mahomet : or c’est impossible car l’islam s’effondrerait alors. Contrairement à ce qui est dit par beaucoup, l’islam est d’une grande cohérence dans ses textes : les contradictions apparentes ne sont liées qu’à l’opportunisme politique de Mahomet (et donc à ses changements d’avis), qui a instrumentalisé une religion pour en faire une idéologie politique de conquête du pouvoir (ce qui n’empêche pas d’ailleurs qu’il ait cru avoir un dialogue avec Dieu). Expurger les textes de l’islam : un vœu pieux, car il n’en resterait à la fin plus rien.

Il est probable néanmoins que nombre de signataires de ce texte soient conscients de l’impossibilité congénitale de l’islam de se réformer, comme on le constate depuis plus de mille ans. Ce texte est donc sans doute le premier coup de boutoir sérieux contre l’islam puisqu’il s’attaque (enfin !), non pas aux musulmans, mais à la doctrine de l’islam, et en cela ouvre un débat indispensable qui dépasse de loin les seules frontières françaises. La boîte de Pandore vient peut-être de s’ouvrir.

  • PS : La liste des signataires 

Eliette ABECASSIS ; Richard ABITBOL ; Ruth ABOULKHEIR ; André ABOULKHEIR ; Laure ADLER ; Paul AIDANE ; Nader ALAMI ; Waleed AL-HUSSEINI ; Mohamed ALI KACIM ; Michèle ANAHORY ; François ARDEVEN ; Pierre ARDITI ; Janine ATLOUNIAN ; Muriel ATTAL ; Charles AZNAVOUR ; Elisabeth BADINTER ; Patrick BANTMAN ; Laurence BANTMAN ; Adrien BARROT ; Stephane BARSACQ ; Maurice BARTELEMY ; Stéphane BEAUDET ; Patrick BEAUDOUIN ; Annette BECKER ; Florence BEN SADOUN ; Georges BENSOUSSAN ; Gérard BENSUSSAN ; Alain BENTOLILA ; André BERCOFF ; Aurore BERGE ; François BERLEAND ; Françoise BERNARD ; Florence BERTHOUD ; Naem BESTANDJI ; Muriel BEYER ; Jean BIRENBAUM ; Claude BIRMAN ; Joelle BLUMBERG ; Marion BLUMEN ; Lise BOËLL ; Jeannette BOUGRAB ; Céline BOULAY-ESPERONNIER ; Michel BOULEAU ; Laurent BOUVET ; Lise BOUVET ; Fatiha BOYER ; Anne BRANDY ; Caroline BRAY-GOYON ; Zabou BREITMAN ; Claire BRIERE-BLANCHET ; Jean-Paul BRIGHELLI ; Pascal BRUCKNER ; Laura BRUHL ; Daniel BRUN ; Carla BRUNI ; François CAHEN ; Séverine CAMUS ; Jean-Claude CASANOVA ; Bernard CAZENEUVE ; Hassen CHALGHOUMI ; Catherine CHALIER ; Elsa CHAUDUN ; Evelyne CHAUVET ; Ilana CICUREL ; Eric CIOTTI ; Gilles CLAVREUL ; Brigitte-Fanny COHEN ; Marc COHEN ; Jonathan COHEN ; Danielle COHEN-LEVINAS ; Antoine COMPAGNON ; Jacqueline COSTA-LASCOUX ; Brice COUTURIER ; Fabrice D’ALMEIDA ; Eliane DAGANE ; Gérard DARMON ; Marielle DAVID ; William DE CARVALHO ; Elisabeth DE FONTENAY ; Xavier DE GAULLE ; Bernard DE LA VILLARDIERE ; Bertrand DELANOË ; Richard DELL’AGNOLA ; Chantal DELSOL ; Gérard DEPARDIEU ; Guillaume DERVIEUX ; Patrick DESBOIS PERE ; Alexandre DEVECCHIO ; Bouna DIAKHABY ; Marie-Laure DIMON ; Joseph DORE MGR ; Daniel DRAÏ ; Michel DRUCKER ; Richard DUCOUSSET ; Stéphane DUGOWSON ; Martine DUGOWSON ; Frédéric DUMOULIN ; David DUQUESNE ; Frédéric ENCEL ; Raphaël ENTHOVEN ; Francis ESMENARD ; Christian ESTROSI ; Elise FAGJELES ; Roger FAJNZYLBERG ; Luc FERRY ; Alain FINKIELKRAUT ; Pascal FIORETTO ; Marc-Olivier FOGIEL ; Renée FREGOSI ; Michel GAD WOLKOWICZ ; Aliou GASSAMAL ; Lucile GELLMAN ; Jasmine GETZ ; Sammy GHOZLAN ; Jean GLAVANY ; Bernard GOLSE ; Roland GORI ; Marine GOZLAN ; Olivia GREGOIRE ; Mohamed GUERROUMI ; Ghislaine GUERRY ; Olivier GUEZ ; Lydia GUIROUS ; Talila GUTEVILLE ; Patrick GUYOMARD ; Noémie HALIOUA ; Françoise HARDY ; Frédéric HAZIZA ; Jean-Luc HEES ; Serge HEFEZ ; François HEILBRONN ; Marie IBN ARABI-BLONDEL ; Aliza JOBES ; Arthur JOFFE ; Michel JONASZ ; Christine JORDIS ; Dany JUCAUD ; Liliane KANDEL KARIM ; David KHAYAT ; Catherine KINTZLER ; Alain KLEINMANN ; Marc KNOBEL ; Haïm KORSIA ; Julia KRISTEVA ; Rivon KRYGIER ; Estelle KULICH ; Philippe LABRO ; Alexandra LAIGNEL-LAVASTINE ; Lilianne LAMANTOWICZ ; Jack LANG ; Joseph LAROCHE ; Damien LE GUAY ; Daniel LECONTE ; Barbara LEFEBVRE ; Yoann LEMAIRE ; Pierre LESCURE ; Bernard-Henri LEVY ; Maurice LEVY ; Stéphane LEVY ; Michèle LEVY-SOUSSAN ; Marceline LORIDAN-IVENS ; Christine LOTERMAN ; Patrick LOTERMAN ; Enrico MACIAS ; Richard MALKA ; Wladi MAMANE ; Yves MAMOU ; Juliette MEADEL ; Sylvie MEHAUDEL ; Yael MELLUL ; Françoise-Anne MENAGER ; Daniel MESGUICH ; Richard METZ ; Habib MEYER ; Radu MIHAILEANU ; Yann MOIX ; Antoine MOLLERON ; Thibault MOREAU ; Jean-Jacques MOSCOVITZ ; Slim MOUSSA ; Laurent MUNNICH ; Lionel NACCACHE ; Marc NACHT ; Aldo NAOURI ; Xavier NIEL ; Sophie NIZARD ; Anne-Sophie NOGARET ; Karina OBADIA ; Jean-Pierre OBIN ; Edith OCHS ; Christine ORBAN ; Olivier ORBAN ; Marc-Alain OUAKNIN ; Yann PADOVA ; Brigitte PASZT ; Dominique PERBEN ; André PERRIN ; Serge PERROT ; Laurence PICARD ; Céline PINA ; François PINAULT ; Jean-Robert PITTE ; Nidra POLLER ; Richard PRASQUIER ; Michael PRAZAN ; Nadège PULJAK ; Jean-François RABAIN ; Marianne RABAIN-LEBOVICI ; Ruben RABINOVITCH ; Jean-Pierre RAFFARIN ; Christiane RANCE ; Jean-Jacques RASSIAL ; Renaud RENAUD ; Jean-Louis REPELSKI ; Solange REPLESKI ; Ivan RIOUFOL ; Jacob ROGOZINSKI ; Olivier ROLIN ; Marie-Helène ROUTISSEAU ; Catherine ROZENBERG ; Philippe RUSZNIEWSKI ; Boualem SANSAL ; Georges-Elia SARFAT ; Nicolas SARKOZY ; Josiane SBERRO ; Jean-Paul SCARPITTA ; Eric-Emmanuel SCHMITT ; Dominique SCHNAPPER ; André SENIK ; Joann SFAR adim SHER ; Stéphane SIMON ; Patricia SITRUK ; Jean-François SOLAL ; Paule STEINER ; Jean-Benjamin STORA ; Francis SZPINER ; Anne SZULMAJSTER ; Pierre-André TAGUIEFF ; Maud TANACHNIK ; Jacques TARNERO ; Michel TAUBER ; Daniel TECHNIO ; Julien TROKINER ; Cosimo TRONO ; Monette VACQUIN ; Henri VACQUIN ; Philippe VAL ; Caroline VALENTIN ; Manuel VALLS ; Sibyle VEIL ; Jacques VENDROUX ; Natacha VITRAT ; Sabrina VOLCOT-FREEMAN ; Régine WAINTRATER ; Laurent WAUQUIEZ ; Aude WEILL-RAYNAL ; Simone WIENER ; Annette WIEVIORKA ; Jean-Pierre WINTER ; Jacques WROBEL ; André ZAGURY ; Alain ZAKSAS ; Paul ZAWADZKIv Marc ZERBIB ; Céline ZINS ; Jean-Claude ZYLBERSTEIN.