Jérusalem : que se cache-t-il derrière la comédie hypocrite de la diplomatie ?

Le récent veto américain au projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU contre la décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et d’y transférer son ambassade, puis la décision du président du Guatemala de faire de même, ont de nouveau fait hurler les sirènes de la bien-pensance mondiale et notamment française, la France n’étant généralement guère en reste dans ce domaine. Car ce que personne n’évoque jamais vraiment à propos de cette question, dans l’ensemble des enjeux complexes qu’elle soulève, c’est la nature profonde du conflit israëlo-palestinien qui constitue le décor d’arrière-plan de cette comédie diplomatique, conflit qui est en réalité un conflit religieux islamo-juif, où les chrétiens sont d’ailleurs curieusement absents.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale provoque-t-elle un émoi particulier chez les chrétiens à l’instar de celui du monde musulman, alors même que le christianisme pourrait se sentir concerné tout autant (voire beaucoup plus d’ailleurs) que l’islam par le statut de cette ville ? Que nenni. Alors pourquoi trouver normal que le monde musulman soit choqué, jusqu’à excuser par avance de futurs accès de violence ?

Jérusalem est depuis longtemps la capitale spirituelle du judaïsme, et a d’ailleurs été celle de l’islam, du moins jusqu’au jour où Mahomet – comme nous l’indique clairement la biographie d’Ibn Hîcham (incontestée en islam) –, incapable de rallier à lui à Médine les juifs dont il avait pour l’essentiel copié la religion, a décidé de s’en débarrasser en les chassant ou en les exterminant par égorgement, nouvelle ère marquée par le changement direction de la prière, cette fois en direction de La Mecque.

Ce transfert aurait dû justement faciliter la désacralisation aux yeux de l’islam de Jérusalem. Mais dans les monde de la religion et de l’idéologie, il n’en va pas ainsi. Pour abattre à long terme son frère ennemi sur le champ de bataille spirituel, l’islam avait besoin d’affaiblir en la ruinant la spécificité du judaïsme, ce qui passait par la profanation du sanctuaire spirituel et symbolique que Jérusalem constituait pour le judaïsme, car cette profanation dépossédait de facto le judaïsme de sa spécificité et de sa valeur unique.

L’islam se réclamant ouvertement du monothéisme abrahamique, il n’était en effet pas possible de détruire Jérusalem à la mode romaine. Mahomet a sans doute très bien compris l’importance politique de cette démarche, beaucoup plus subtile, sournoise mais efficace à long terme. Et donner au judaïsme un statut de martyr aux yeux du monde à venir était à éviter. Ainsi, dès le départ de sa prédication, Mahomet a veillé à saper d’avance la primauté spirituelle du judaïsme sur l’islam. 

L’invention ad hoc et merveilleuse par Mahomet de son extravagant voyage nocturne à Jérusalem sur un cheval ailé (puis au ciel) est une habile manœuvre politique qui permet depuis lors à l’islam de contester fondamentalement au judaïsme (et donc aujourd’hui à Israël) sa primauté spirituelle dans le monothéisme abrahamique, et par voie de conséquence toute affirmation d’une revendication communautaire juive, la promesse d’ancrage dans une terre étant une preuve d’existence beaucoup plus forte qu’une longue errance. Pourtant, c’est bien par Isaac, ancêtre du peuple juif, et non par Ismaël, fils illégitime et bâtard d’Abraham et ancêtre du peuple arabe, que passe l’alliance de Dieu avec les hommes : l’islam, frère ennemi congénital du judaïsme, n’y pourra jamais rien. Allah l’a voulu ainsi.

Le conflit israëlo-palestinien n’est-il ainsi qu’une des formes modernes de cristallisation de l’inextinguible conflit religieux islamo-juif, autrement plus fondamental et durable qu’un simple conflit politique ? Ôtez la religion du conflit israélo-palestinien, que reste-t-il ? A priori pas grand-chose.

De l’inutilité du dialogue religieux islamo-juif ?

  • Contexte

Après une émission récente rappelant la proximité du judaïsme et de l’islam http://islametoccident.fr/?p=3842 par la mise en valeur de leur origine commune au travers d’Abraham, l’émission Judaica du dimanche matin sur France 2 du 12 septembre 2017 a poursuivi dans le même esprit à l’occasion de la publication d’un livre écrit par une rabbine et un musulman : « Des milles et une façons d’être juif ou musulman ». 

Josy Eisenberg présente en effet ce dialogue comme « une rencontre très agréable entre ces deux religions », un peu comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

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Mais de quoi s’est-il agi au juste ?

  • Un contenu décevant

Cette émission semblait prometteuse puisque la rabbine annonçait clairement que l’objectif était d’ « aborder toutes les questions qui fâchent ».

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Las… Malheureusement, il s’est agi pour l’essentiel d’un échange philosophico-sociologico-religieux œcuménique et très politiquement correct, et qui s’est tenu bien loin des sujets tels que, par exemple, l’antisémitisme profond de l’islam, la motivation doctrinale et politique du massacre d’une bonne partie des juifs de Médine par Mahomet (modèle de tous les musulmans), la question du véritable apport spirituel de l’islam par rapport au judaïsme, la problématique du discours coranique pour l’essentiel haineux vis-à-vis des juifs, etc.

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Au-delà de la tonalité générale de cette émission assez aseptisée, on peut revenir sur quelques points mentionnés dans les échanges.

L’intervenant musulman indique que « dans le Coran, le fils [Isaac] n’est pas nommé parce que ce n’est pas cela qui est important ». Au contraire, cette mention du nom d’Isaac est absolument fondamentale puisque l’alliance de Dieu passe par Isaac exclusivement au détriment d’Ismaël, bâtard illégitime d’Abraham puisque fruit d’une relation ancillaire. Il est assez étonnant que Josy Eisenberg n’ait pas réagi alors que c’est la racine même de la relation du peuple juif avec Dieu qui est ainsi relativisée et donc minorée par l’islam au travers du Coran.

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S’agissant de la question des femmes, celle-ci est circonscrite pour l’essentiel à la place de la femme dans la religion (rabbine, imame), le problème plus général et beaucoup plus important du statut doctrinal exécrable de la femme en islam étant passé sous silence (infériorité naturelle consacrée par le Coran, polygamie, droit de battre sa femme, règles d’héritage et de témoignage, etc.).

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Et s’agissant du fondamentalisme musulman, celui-ci est réduit à la seule doctrine wahhabite par l’intervenant musulman : si l’apparition du wahhabisme résulte en partie d’un contexte géopolitique particulier, il ne faut pas oublier que le salafisme a des racines très profondes et très anciennes dans l’islam, notamment avec Ibn Taymiyya (mort en 1328). Le vrai problème est que Mahomet lui-même était le premier des salafistes et des jihadistes, ce qui pose un énorme problème au monde musulman, au point de rendre impossible toute contre-argumentation précise aux thèses salafistes ainsi que la lutte contre la prétendue « radicalisation », sauf à remettre en cause la sacralité même des textes fondamentaux de l’islam.

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  • Conclusion

On peut s’interroger sur l’objectif de ce type de « dialogue » qui paraît assez inutile et même nocif car il contribue à diluer les problèmes et dissoudre les responsabilités, dialogue qui d’ailleurs n’a guère porté de fruits depuis 1.400 ans. Il s’agissait plutôt d’une conversation de salon entre gens cultivés, très éloignée de la réalité quotidienne du terrorisme musulman et du rapport de l’islam au monde des mécréants, le Coran fourmillant de formules haineuses et violentes à l’égard des juifs.

Je doute qu’une autre émission ose jamais aborder ce tabou à la télévision française, abondamment censurée, et traiter véritablement au fond de ce sujet qui, lui, est une vraie « question qui fâche ». S’agissait-il pour la communauté juive d’une tentative maladroite de dialogue qui exprime finalement un souci de réhabilitation de l’islam, à l’heure même où l’antisémitisme semble être de plus en plus virulent en France, notamment dans les quartiers dits « défavorisés » ?

De la consanguinité du judaïsme et de l’islam

Un article récent sur le site http://islametoccident.fr/?p=3758 rappelait, en dépit des mensonges de certains imams, la prééminence évidente au regard de Dieu d’Isaac, ancêtre du peuple juif, sur Ismaël, ancêtre du peuple arabe, rejeté par Abraham vers le désert, le texte juif de la Genèse rappelant d’ailleurs par trois fois qu’au regard de Dieu, Isaac est le seul fils légitime d’Abraham, son « unique » (Genèse 22, 2 ; Genèse 22, 12 ; Genèse 22, 16).

Il se trouve que France 2 vient de diffuser ce dimanche 5 novembre 2017 une émission « Judaica » consacrée au judaïsme et dont le thème était : « le choix d’Isaac » et où était rappelé le pseudo-sacrifice d’Isaac par Abraham (« Akeda »).

Inutile de revenir sur le thème du sacrifice d’Isaac et non d’Ismaël qui ne laisse place à aucune contestation tant le texte biblique est clair.

En revanche, cette émission est intéressante par la proximité originelle du judaïsme et de l’islam décrite par les intervenants, qui va d’ailleurs jusqu’à valoriser l’islam dans une volonté sans doute d’apaisement inter-religieux, alors que l’islam est depuis l’origine un ennemi héréditaire du judaïsme, Mahomet ne s’étant pas privé, entre autres, de chasser ou de massacrer les juifs de Médine.

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Cette valorisation de l’islam (« la Torah n’est pas du tout contre l’islam, au contraire ») par les intervenants est d’ailleurs d’autant plus étonnante qu’ils semblent commettre une approximation de taille en faisant quasiment d’Ismaël un représentant biblique du futur islam, alors même que l’islam n’est évidemment annoncé nulle part dans les textes juifs. En effet, que dit le texte de la Genèse (17, 20 & 21) :

« En faveur d’Ismaël aussi, je t’ai entendu : je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. Mais mon alliance, je l’établirai avec Isaac, que va t’enfanter Sara, l’an prochain à cette saison. »

S’il est clair que l’alliance de Dieu n’est établie qu’avec le peuple juif au travers d’Isaac – avant même qu’Isaac ne soit né (c’est-à-dire dans le projet même de la naissance d’Isaac) –, Dieu accorde néanmoins à son demi-frère une grande postérité dont il fera une grande nation : il s’agit bien évidemment d’un grand peuple et en aucun cas d’une nouvelle grande religion, le Messie ne pouvant être issu que du peuple juif, et quand bien même celle-ci se réclamerait du monothéisme abrahamique.

Qu’un individu appelé Mahomet soit ensuite parvenu à se proclamer l’héritier spirituel de cette branche ethnique et ait instauré une religion nouvelle dont il était surtout le chef, mais qui reste pour l’essentiel une copie du judaïsme, et ait échappé à la mort dans les combats provoqués par les multiples razzias qu’il menait, est un simple caprice de l’histoire sans aucun rapport avec le texte biblique et surtout l’expression d’un opportunisme politique voué à un grand avenir.

Ibn Taymiyya : pourquoi l’islam rejette par essence le christianisme

  • Problématique

Pour justifier leur action, les fondamentalistes musulmans font un usage abondant des références les plus authentiques de l’islam : Coran, hadiths (Sunna), vie de Mahomet (Sirâ). C’est une raison essentielle qui explique pourquoi l’islam dit « modéré » est incapable de produire un contre-argumentaire un tant soit peu consistant à leur discours. Ces références sont en effet incontestables.

Mais ils font également un usage important des écrits d’Ibn Taymiyya (1263-1328), docteur hanbalite particulièrement célèbre dans le monde musulman et dont la pensée occupe une place importante chez les mouvements fondamentalistes.

Si la lecture des sources traditionnelles musulmanes suffit à elle seule à justifier le rejet du christianisme par l’islam – anéantissant par conséquent tout intérêt au dialogue inter-religieux en matière de doctrine –, il est intéressant d’expliciter et d’approfondir les raisons de ce rejet qui situe le christianisme comme la plus grande abomination qui soit pour l’islam, puisque l’islam assimile le christianisme à du polythéisme.

Les écrits d’Ibn Taymiyya ne sont pas facilement disponibles en dehors des milieux spécialisés et arabophones. Mais la publication récente (2012) du livre du père Laurent Basanese, jésuite, docteur de l’École Pratique des Hautes Études et de l’Institut Pontifical d’Études Arabes et Islamiques, intitulé « Ibn Taymiyya : réponse raisonnable aux chrétiens ? » est l’occasion de prendre connaissance de ces textes originaux et de se pencher sur la pensée de cet éminent musulman.

Laurent Basanese y resitue le contexte de la production d’un texte central d’Ibn Taymiyya, consacré à la réfutation du christianisme, et qu’il est intéressant d’explorer : « Un important évêque syro-oriental, Élie, métropolite de Nisibe au cours du Vème/XIème siècle, est le responsable indirect de la fameuse et longue « Réponse valide à ceux qui ont altéré le religion du Messie » (al-Gawab al-sahih li-man baddala din al-Masih) d’Ibn Taymiyya. Cette réfutation de mille quatre cents pages, bien qu’elle reprenne des arguments anciens de polémique islamo-chrétienne, est une véritable somme de tout ce que les auteurs musulmans peuvent trouver à dire sur le christianisme ; elle est aussi l’une des premières œuvres imprimées au Caire en 1905 et, depuis lors, sans cesse rééditée. »

On ne saurait négliger l’importance de ce texte ni de façon plus générale des écrits d’Ibn Taymiyya dont Laurent Basanese rappelle que « Les fatwas anti-mongoles ont inspiré la rédaction du fameux opuscule « L’obligation absente » (al-Farida al-ga’iba) de Muhammad Abd al-Salam Farag en Égypte, justifiant l’assassinat du président Anwar al-Sadat en 1981, et du « Traité décisif sur l’affrontement de l’injustice des gouvernants » (Fasl al-kalam fi muwagahat zulm al-hukkam) d’Ali Belhaj, appelant à l’insurrection armée contre les autorités algériennes en 1992. »

Voici donc quelques citations des écrits d’Ibn Taymiyya (en italique) justifiant l’exécration du christianisme par l’islam :

  • La fausse doctrine des chrétiens, et en particulier de la trinité

« Si vous aviez tenu son sens apparent, vous ne vous seriez pas égarés… Car le sens apparent de « Fils », dans le message des prophètes, ne veut pas signifier un quelconque attribut de Dieu, mais son « ami », son « bien-aimé », etc. Quant au sens de « Esprit Saint », il ne s’agit pas d’un attribut de Dieu, mais de sa révélation, de son « ange », etc. Vous vous êtes donc écartés du sens apparent des termes et de leur teneur, pour un sens qu’absolument aucun d’eux n’indique. »

« Par la trinité et l’union hypostatique, les trois sectes [Jacobites, Nestoriens et Melkites] commirent l’associationnisme, car la trinité et l’union ne sont édictées par aucun prophète alors que les attributs mentionnés sont édictés dans le Coran, l’Ancien Testament et d’autres livres prophétiques. »

« La doctrine des chrétiens au sujet de la trinité est auto-contradictoire, sans réalité, le simple fait de le concevoir dans son ensemble suffit pour connaître sa corruption. »

  • Les chrétiens ont falsifié le message de Jésus pour en inventer un nouveau

« Vous [les chrétiens] avez tout inventé, et à cause de cela, vous êtes sortis de la Loi et de la raison. Vous vous êtes opposés aux livres révélés et à l’intelligence claire. »

« Le credo des chrétiens n’est pas fondé sur le message des prophètes : (…) les chrétiens ne professent pas, dans leur credo, ce qu’ont affirmé le Messie et les prophètes. Bien plus, ils ont inventé une croyance qui ne se trouve pas dans le message des prophètes. Car il n’y a pas dans le message des prophètes – ni du Messie, ni des autres – mention des hypostases de Dieu, ni de trois, ni de plus ; ni l’attestation de trois attributs ; ni l’appellation d’un quelconque attribut de Dieu. »

« Vous allez loin dans les diffamations du Messie et de son Évangile, tout comme vous allez loin dans le blasphème envers Dieu et l’injure à son encontre, même si vous ne savez pas que cela est une diffamation. Car vous ne vous êtes pas contentés d’appliquer votre impiété au sens apparent du message du Messie, mais vous avez transformé le message en impiété repoussante. »

« Quiconque interprète le message des prophètes sans utiliser leur propre langue fait partie de ceux qui ont modifié et altéré leur message. Les chrétiens sont de ceux-là. »

  • Comment considérer les chrétiens

« Ces deux religions [christianisme et judaïsme] vouées à l’anathème se différencient toutefois par leur opposition : « Les juifs sont plus infidèles que les chrétiens, bien que les chrétiens soient plus ignorants et plus égarés. Les premiers seront punis pour leurs actions, car ils ont connu la vérité et l’ont délaissée intentionnellement ; ils seront donc l’objet de la colère de Dieu. Les chrétiens, en raison de leur égarement, n’auront pas la juste récompenses de ceux qui sont sur le droit chemin : ils sont maudits et exclus des récompenses que méritent ceux qui sont sur la voie droite. Si, par contre, ils continuent à se refuser à admettre la vérité, une fois que celle-ci leur a été exposée avec forces preuves, ils mériteront alors le châtiment de Dieu. »

« Il y a cependant chez les chrétiens de la clémence et de la miséricorde, or ceci participe de la religion de Dieu ; à l’opposé, il y a chez les juifs de la dureté et de l’exécration des choses relevant de ce que Dieu Très-Haut a interdit. Les juifs néanmoins, avec leur obstination et leur grandeur, ont du discernement et de l’intelligence ; tandis que pour les chrétiens, il y a de l’égarement par rapport au réel et de l’ignorance de la voie de Dieu. »

« Si le Coran indique (sourate 29, verset 46) : « Ne discutez avec les Gens du Livre que de la manière la plus courtoise, sauf avec ceux d’entre eux qui sont des injustes », l’image du judaïsme et du christianisme est déjà très négative aux yeux du docteur hanbalite, avant même toute discussion : « Quelqu’un qui ne frappe pas d’un interdit d’avoir comme religion, après l’envoi de Muhammad, la religion des juifs et des nazaréens, ou plutôt, quelqu’un qui ne les considère pas comme des mécréants et ne les déteste pas, n’est pas musulman – il y a là-dessus accord des musulmans. » »

« Vous [les chrétiens] êtes de ceux dont il est dit : « Ils ont dit : « Si nous avions entendu ou si nous avions compris, nous ne serions pas au nombre des hôtes du brasier » (Coran, sourate 67, verset 10) ».

« Les chrétiens jugent licites les choses pernicieuses et l’ensemble des choses interdites, et ils sont en contact avec toutes les souillures. »

  • Conclusion

On voit que la condamnation sans réserve du christianisme par l’islam, déjà claire dans le Coran, est précisément documentée et justifiée par Ibn Taymiyya dans des termes qui ne laissent subsister aucun doute.

La « maison de la sagesse » : instrumentalisée par l’islamophilie savante ?

  • Une attaque « en règle » de Sylvain Gougenheim

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, l’ouvrage « Les Grecs, les Arabes et nous » cherche à défendre l’islam au travers du prisme opaque de la notion de monde « arabo-musulman » contre la contestation de l’importance de son legs au monde occidental formulée par Sylvain Gougenheim dans son livre « Aristote au Mont Saint-Michel ».

J’aborde ici un passage faisant référence à la « Maison de la sagesse » qui caractérise de façon suffisamment évidente (parmi d’autres passages) l’esprit et les moyens que les contradicteurs de Sylvain Gougenheim entendent utiliser pour le déconsidérer.

Voici ce passage du livre « Les Grecs, les Arabes et nous » (page 66/67) : « Les frères Banû Mûsâ ne sont évoqués que comme des « lettrés persans » (AMSM, p. 131) – donc aryens, ce qui les rachète un peu d’être musulmans –, voire des « persans amateurs de mathématiques » (AMSM, note 50, p. 233) ayant eu, ce qui explique tout, « un maître qui semble avoir été un Arabe chrétien » (AMSM, p.98, sans référence, et pour cause !). Cependant, ce qui semble contredire les affirmations précédentes, ils auraient, selon Sylvain Gougenheim, reçu leur éducation scientifique au Bayt al-Hikma (AMSM, p. 135), qui, pourtant, toujours selon Sylvain Gougenheim, « n’aurait jamais accueilli ni chrétiens ni juifs » (AMSM, p. 134), puisque « réservé à des musulmans spécialistes du Coran et d’astronomie tels Yahya ibn Abi Mansur, al-Khwarizmi et les frères Banû Mûsâ », car « on y réfléchissait sur la nature du Coran » (ibid.) ».

  • Analyse

Passons d’abord sur le commentaire détestable et insidieux de la première phrase : « aryens, ce qui les rachète un peu d’être musulmans ». On s’attendrait à moins de bassesse de la part de personnalités du milieu universitaire. S’il n’était formulé par des représentants de la bien-pensance, ce commentaire vaudrait sans doute un passage à la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris du fait de son caractère manifestement diffamatoire et raciste.

Maintenant, venons-en au fond.

L’ouvrage de Sylvain Gougenheim ne donne pas d’assurance claire et définitive sur l’ampleur de l’impact culturel de la Maison de la Sagesse de Bagdad, qui est présentée en islam comme l’exemple même de l’institution démontrant que l’islam peut être ouvert, tolérant et accepter la critique. Mais la façon dont les auteurs de « Les Grecs, les Arabes et nous » font référence au livre de Sylvain Gougenheim est pleine de sous-entendus qui font penser que ce livre est extrêmement confus. Qu’en est-il ?

Je reprends ici les propos d’un éminent spécialiste du Moyen-Âge en islam, Ahmed Djebbar, universitaire musulman reconnu et qui intervient fréquemment dans l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin.

Ahmed Djebbar, face à certaines affirmations sur l’existence de multiples « maisons de la sagesse » en islam au Moyen-Âge qui seraient au fondement de la Renaissance européenne, précise d’abord que seule la maison de la sagesse de Bagdad est certaine ; « pour le reste, ce sont des hypothèses ».

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La « maison de la sagesse (connaissance) » de Bagdad est une institution d’origine non pas arabe mais directement issue des conquêtes militaires musulmanes qui ont étendu l’islam à des populations ayant chacune leur héritage propre.

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Si les traductions sont bien antérieures à la Maison de la sagesse, les conquêtes musulmanes permettent d’étendre la collecte de documents dans des conditions importantes.

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Le rêve d’Al-Mamoun, fasciné par Aristote, fait partie des mythes entretenus sur les rapport de l’islam avec la culture grecque.

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En effet, la Maison de la sagesse avait comme principal objectif la défense de l’islam, y compris la défense de l’orthodoxie au sein même de l’islam (à l’époque, dans le cadre du débat sur le mutazilisme).

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L’objectif principal étant la défense de l’islam, les non-musulmans n’avaient pas accès à la Maison de la sagesse.

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Il était donc logique qu’il n’y eût pas de débats entre musulmans, juifs et chrétiens à la Maison de la sagesse. Le débat le plus important au sein de l’islam fut celui du mutazilisme, le reste étant très flou.

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Si la Maison de la sagesse était célèbre au haut Moyen-Âge, le déclin semble avoir finalement été assez rapide ensuite.

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  • Conclusion

La Maison de la sagesse était donc bien une institution où étaient débattues des questions autour du Coran et de sa défense, institution interdite aux non-musulmans : ceci correspond assez bien aux indications données dans ce cas particulier par Sylvain Gougenheim et citées par ses détracteurs malgré leur tentative de dénigrement.

La question essentielle que soulève cette problématique est plus fondamentalement la motivation qu’aurait l’islam à rentrer dans ce type de question et d’échange étant donné le peu d’entrain du monde musulman à accepter la critique et la contestation.

Un prêche malheureusement banal

S’il est un terme commode, c’est bien celui d’« islamisme » : un musulman, on sait ce que c’est ; un « islamiste », personne ne le sait et n’est capable d’en donner une définition claire et précise, tous les « islamistes » étant toutefois musulmans. Ce terme permet de faire endosser tous les maux de l’islam par un concept qui lui serait étranger mais qui est vide de sens, l’« islamisme », dédouanant ainsi l’islam de son examen de conscience, c’est-à-dire l’analyse de sa responsabilité profonde dans la violence au nom de la religion.

Néanmoins, une interrogation surgit immédiatement alors : Mahomet était-il un « islamiste » ? Car les fondamentalistes musulmans cherchent en effet à imiter le mieux possible le comportement de Mahomet, modèle de tous les musulmans, et ne se privent d’ailleurs pas de le rappeler dans leurs revues avec moult citations de textes musulmans incontestés en islam. Ceux qui en doutent et récusent ces prétendues allégations n’ont tout simplement pas lu les textes sacrés de l’islam : ces références y figurent de façon répétée, claire et précise. Alors si les fondamentalistes sont de « mauvais » musulmans, Mahomet était-il un « mauvais » musulman ?

Pour autant, il ne faut pas limiter ce débat aux seuls jihadistes qui s’emploient à répandre l’islam par les armes et la terreur comme Mahomet l’a lui-même fait si l’on se réfère à sa biographie musulmane officielle (Ibn Hichâm). Toute personne qui se donne la peine de lire les textes musulmans trouvera de multiples formes du fondamentalisme dans la vie de Mahomet et donc dans les racines mêmes  de l’islam.

En France, où les bien-pensants ne cessent de s’efforcer de limiter la question aux mosquées « radicalisées » (autre concept vide de sens), il est bien difficile d’en débattre, le pays des droits de l’homme ayant institutionnalisé une police politique qui assure dans les médias la main-mise du politiquement correct.

En revanche, il est intéressant d’écouter dans certains pays où la parole est vraiment libre, comme aux États-Unis, certains discours qui ne relèvent malheureusement pas du domaine de l’exception mais bien de l’habituel. En voici un exemple :

Preche musulman 170721

Cet imam est-il un abominable fanatique ? Eh bien non, malheureusement. À l’occasion des événements qui agitent Jérusalem en ce moment, il rappelle à la mémoire des musulmans le hadith bien connu de Muslim, qui, comme Bukhari, a produit des recueils de hadiths qui sont les fondements de la Sunna en islam, ces textes étant d’un niveau sacré presqu’égal à celui du Coran. Ce hadith bien connu, qui figure par les hadiths « sahih » – c’est-à-dire unaniment considérés comme authentiques en islam – est le suivant :

Hadith (sahih n°2922) : D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’arbre des juifs. »

Alors posons la question : un homme (Mahomet) qui a exterminé une bonne part des juifs de Médine et appelle à la haine contre les juifs et à leur assassinat – avec une violence qui dépasse celle de Mein Kampf – est-il un bon musulman ?

L’islam, copie du judaïsme : la prière

On sait que l’islam est une copie du judaïsme dont il se prétend être le dernier successeur : les exemples d’emprunt abondent. Parmi ceux-ci, on trouve le principe du jeûne copié des juifs après l’hégire comme le rappelle l’islamologue Tayeb Chouiref dans l’émission de France 2 « Islam ».

France 2 Islam 170702 Jeune

Il est intéressant de noter que Mahomet, ayant rejeté les juifs peu de temps après l’hégire (cf. changement de direction de la prière) puisqu’ils refusaient de le reconnaître – jusqu’à décider de les massacrer dans certains cas –, en vint effectivement ensuite (2ème année de l’hégire) à établir ses propres règles de jeûne avec le jeûne du ramadan pour couper le cordon ombilical qui le liait encore aux juifs.

L’antisémitisme musulman : rappel historique

L’antisémitisme viscéral de l’islam ne fait doctrinalement aucun doute (il suffit de lire le Coran et les hadiths pour le constater). Sans doute le refus des juifs de rallier sa cause fut pour Mahomet l’origine d’une forte rancune (les juifs contestant formellement son statut et donc sa légitimité), et suscita aussi un désir de vengeance face aux moqueries dont il avait été l’objet, d’où les massacres de juifs perpétrés déjà par Mahomet lui-même.

En revanche, on ne peut pas dire que cet antisémitisme ait eu un caractère foncièrement génocidaire, comme avec le nazisme. Une fois les temps prophétiques terminés, la domination et l’humiliation suffisaient.

Mais cet antisémitisme est toujours resté présent dans la culture musulmane : l’attitude du grand mufti de Jérusalem pendant la deuxième guerre mondiale n’a ainsi rien de tout à fait surprenant, de même que, depuis, l’endoctrinement antisémite des enfants, exacerbé dans le contexte de la création de l’État d’Israël. Le reportage de France 3 diffusé il y a quelques mois et consacré à la confrérie des Frère musulmans est de ce point de vue un rappel intéressant.

Freres musulmans Antisemitisme