Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (1) La liberté religieuse en islam : l’argument fallacieux de la diversité du monde

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  • Problématique

Il est de notoriété publique que la reconnaissance de la liberté religieuse (ou de conscience), c’est-à-dire la liberté pour tout individu de choisir sa religion et d’en changer sans subir à ce titre aucune sanction, pose d’énormes problèmes en islam, y compris aux musulmans « modérés » vivant dans les pays occidentaux. L’apostasie, c’est-à-dire le fait de quitter l’islam, est punie dans les pays musulmans (jusqu’à la mort parfois) et fait l’objet, chez les musulmans occidentaux, d’une réprobation évidente, souvent accompagnée de représailles sociales ou de menaces physiques (quand elle n’est pas accompagnée d’actes de violence réels).

Le Conseil Français du Culte Musulman, présenté par nos politiques comme l’organisation centrale de dialogue avec l’islam de France refuse d’ailleurs encore aujourd’hui d’inscrire dans les droits fondamentaux du musulman celui de pouvoir quitter l’islam (cf. http://islametoccident.fr/?p=1023).

La situation est suffisamment dramatique pour que l’Institut du Monde Arabe ait même organisé en novembre 2015 une conférence/débat dont le titre était : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? » C’est dire !

Tareq Oubrou confirme d’ailleurs ce diagnostic : « Dans l’esprit de l’immense majorité des musulmans, l’incroyance est un délit, et tout non-musulman mérité la malédiction et la sanction eschatologique, la Géhenne. Cette croyance est à l’origine d’une rupture mentale grave entre les musulmans et les non-musulmans. » Et on imagine bien l’abîme qui s’ouvre alors en France avec la conception laïque de la société, créant un véritable conflit de culture et de civilisation.

  • La diversité du monde comme argument pour la tolérance

Pour combattre l’intolérance musulmane, Tareq Oubrou utilise l’argument de la diversité du monde, dont il prend acte, et qu’il attribue nécessairement de son point de vue à une volonté divine : « L’univers des croyances est à l’image de celui des hommes : il est multiple. Cette pluralité est exprimée à plusieurs reprises dans le Coran comme une volonté inéluctable de Dieu : « Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté (sourate 16, verset 93) » ; « Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait d’eux une seule communauté (sourate 42, verset 8) » ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait rassemblé tous les hommes en une seule communauté. Or ils ne cesseront d’être en désaccord (sourate 11, verset 118) ». »

Et il en déduit une affirmation en réalité indémontrable : « Si l’on entend bien ces passages, cette diversité est non seulement un fait historique, mais un vouloir divin, à respecter en tant que croyant musulman. Il ne s’agit même plus là d’une question de tolérance. », qu’il exprime également en écrivant : « Si la diversité religieuse procède d’une volonté de Dieu, alors le projet de convertir toute l’humanité s’annule de lui-même. Non seulement c’est une mission impossible, mais ce serait insensé, pour ne pas dire une folie. »

En effet, la diversité du monde religieux n’est pas en soi une preuve que Dieu souhaite qu’il en soit à jamais ainsi. Au contraire, et c’est même beaucoup plus logique – pour autant que Dieu existe –, on peut tout à fait défendre l’idée selon laquelle cette diversité est le moyen pour Dieu d’éprouver la foi des hommes : des croyants dans leur volonté d’étendre le royaume de Dieu sur terre ; des non-musulmans à qui la connaissance du message de Mahomet est apportée et qui choisissent ou non de rester dans l’égarement, justifiant alors de ce fait leur punition (ou non) ici-bas ou dans l’au-delà. Car il faut rappeler qu’avant de tuer les non-musulmans dans le cadre du jihad, les musulmans doivent toujours leur offrir le choix de la conversion : s’ils se convertissent à l’islam (avant de devenir prisonniers – ceci pour éviter les fausses conversions destinées uniquement à échapper à la mort –), ils sont épargnés.

  • La foi ne peut pas être imposée mais l’incroyance peut, elle, être sanctionnée ici-bas

Tareq Oubrou écrit : « Mahomet est le premier à le savoir : « Quels que soient tes efforts, la plupart des hommes ne croiront pas (sourate 12, verset 103) ». » En effet, c’est un simple constat qui prend acte de l’égarement volontaire des hommes justifiant leur châtiment.

Tareq Oubrou reprend d’autres versets du Coran qui disent la même chose : « La foi ne peut donc pas s’imposer : « Dis que la vérité vient de Dieu ; quiconque ne veut pas croire, qu’il ne croie pas (sourate 18, verset 29) » ; « Point de contrainte en religion. Le chemin juste s’est désormais distingué de celui de l’égarement (sourate 2, verset 256) » [sans compter que ce verset s’adressait aux juifs de Médine dans un contexte précis et qu’il a été en pratique abrogé, Mahomet les ayant pourchassé ou exterminé] ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les habitants de la terre auraient été croyants. Est-ce à toi de contraindre les hommes à croire ? (sourate 10, verset 99) ». Non seulement Mahomet n’avait pas de pouvoir coercitif en la matière, mais il était surtout conscient que la conversion est une affaire intime et personnelle, et que la clé des cœurs se trouve dans la main de Dieu : « Tu ne guides pas ceux que tu aimes. C’est Dieu qui guide celui qu’Il veut (sourate 28, verset 56) », lui rappelle le Coran. »

Le rôle de messager de Mahomet consistait donc à exposer aux hommes la doctrine de l’islam pour les amener à se convertir (cette conversion devant s’accompagner, ce qui n’était pas neutre d’un point de vue politique, de l’obéissance temporelle à Mahomet). Ainsi Tareq Oubrou écrit : « La tâche de Mahomet était d’exposer la vérité, et non de l’imposer : « Il n’incombe à l’Envoyé que de transmettre (sourate 5, verset 99) ». Ce principe revient onze fois dans le Coran. (…) « Appelle [les hommes] à venir sur le chemin de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation (sourate 16, verset 125) ». »

La foi est effectivement une affaire strictement intime et personnelle : on ne peut pas forcer quelqu’un à croire. Mais s’il ne croit pas, alors il encourt le châtiment selon la volonté même de Dieu. Il suffit de lire le Coran pour égrener la liste extrêmement longue de versets consacrés au sort terrible réservé aux mécréants, à l’exhortation au jihad et à la glorification du martyr. Si vous en doutez, vous pouvez vous reporter utilement au « Livret musulman de premier secours », téléchargeable sur ce site (livret-musulman-27-juillet-2016).

  • Mahomet, le Prophète de l’amour ??

La notion d’« amour », entendu au sens chrétien ou bouddhiste (empathie, compassion, etc.), n’existe pas dans le Coran. La notion de « paix » ne s’adresse par ailleurs en réalité qu’aux musulmans qui peuvent vivre entre eux dans la « paix » de l’islam. Ce qui existe, c’est la notion de juste ou d’injuste : est juste celui qui applique les préceptes de l’islam.

Si Tareq Oubrou mène des raisonnements pour le moins contestables, il est encore plus ennuyeux de le voir travestir le sens littéral de certains hadiths à des fins de glorification de Mahomet, comme si Mahomet avait été l’apôtre d’une religion d’amour.

Ainsi, Tareq Oubrou écrit dans son livre : « Mahomet devait surtout porter de l’amour à ceux à qui il s’adressait. On rapporte que, lorsque les polythéistes le frappèrent, tout en essuyant le sang qui coulait sur son visage, il pria son Dieu : « Ô Seigneur, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas (Bukhari n°3477) ». »

Or donnons la version complète de ce hadith authentique de Bukhari dont Tareq Oubrou ne cite que la dernière phrase : « Shaqîq rapporte qu’Abadallâh Ibn Mâsud a dit : « Il me semble encore voir le Prophète racontant qu’un prophète avait été frappé par son peuple. Comme le sang coulait, ce prophète essuya le sang qui coulait sur son visage et dit : « Ô mon Dieu, pardonne à mon peuple parce qu’il ne sait pas. » »

Donc il ne s’agit pas des paroles de Mahomet mais de celles d’un prophète – en l’occurrence Jésus (considéré comme un prophète par l’islam) au moment de sa crucifixion – que Mahomet cite en référence, la version de l’évangile de Luc (23, 33-34) étant : « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils [les Romains] l’y [Jésus] crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort. »

En d’autres termes, Tareq Oubrou fait passer les paroles du Christ pour les paroles de Mahomet ! C’est oubrouesque, surtout quand on connaît la vie de Mahomet !

En effet, la principale (si ce n’est la seule – à ma connaissance –) référence à du sang coulant sur le visage de Mahomet correspond à la bataille d’Uhud où les musulmans furent battus et où Mahomet fut à deux doigts de perdre la vie, bataille qui relevait simplement du domaine classique de la guerre entre deux clans tribaux rivaux d’Arabie. En voici le récit figurant dans la biographie (Sîra Ibn Hîcham) de Mahomet, où l’on voit au contraire que les paroles de Mahomet – pleines de reproche – sont précisément inverses à celles du Christ – pleines de miséricorde – :

« Les Quraych ne cessaient de harceler les musulmans à coup de sabre. Ils les délogèrent de leur campement, les poursuivirent et ce fut la défaite. Dans leur fuite, quelqu’un cria : « Muhammad a été tué ! » Les musulmans se retournèrent : l’ennemi les poursuivit et fit parmi eux beaucoup de victimes. Ce fut un jour d’épreuve et de malheur, où Dieu fit à un grand nombre de musulmans l’honneur du martyre. Les Quraych parvinrent enfin à atteindre le Prophète. Ils lui lancèrent des pierres en si grand nombre qu’il tomba sur le côté. Son casque de mailles fut défoncé et les anneaux lui blessèrent la lèvre, lui cassèrent deux dents et lui firent une large entaille sur la joue. Le sang coulait sur son visage. (…) Le premier qui ait reconnu le Prophète après la débâcle et la rumeur de sa mort fut Ka’b ibn Mâlik. Il racontait : j’ai vu ses yeux briller sous son casque de maille et j’ai crié : « À la bonne heure ! Musulmans, voici l’Envoyé de Dieu ! » Il me fit signe de me taire. Les musulmans accoururent, soulevèrent le Prophète et le menèrent vers le flanc d’une colline. Ali lui apporta de l’eau dans son bouclier de cuir. Le Prophète, trouvant à l’eau une mauvaise odeur, refusa d’en boire. Pour enlever le sang qui était sur son visage, le Prophète se versa de l’eau sur la tête en disant : « La colère de Dieu gronde contre ceux qui ont ensanglanté le visage de son Prophète ». » Stupéfiant, non ?

  • Conclusion

Un simple constat, la diversité religieuse du monde, ne vaut aucunement approbation, même passive ! La foi est un acte libre. Dieu (Allah) offre aux hommes le choix libre de l’islam ou de l’égarement : s’ils choisissent de s’égarer en ayant entendu le message de l’islam, ils doivent subir le châtiment dès ici-bas et, si ce n’est pas le cas, Allah s’en occupera dans l’au-delà. La liberté religieuse (ou de conscience), sous la forme du droit de changer de religion sans craindre aucun châtiment ici-bas, n’existe pas en islam.

La vision de l’islam de Tareq Oubrou est une vision molle qui revient finalement à considérer l’islam comme une religion possible parmi d’autres, qui peut être vécue passivement par ses adeptes dans une forme d’insouciance à l’égard de ceux qui apostasient : il est sûr que cette vision est beaucoup plus rassurante pour les occidentaux que l’islam de Mahomet, qui ne s’est guère embarrassé de ce genre de considérations : il suffit de lire sa biographie pour en prendre conscience (razzias, meurtres, guerres, viols, torture,..).

Le danger est donc de croire que l’islam de Tareq Oubrou est représentatif de l’islam en général : ce qu’il n’est absolument pas. C’est juste l’islam de Tareq Oubrou.

Du coup, on comprend beaucoup mieux pour quelles raisons doctrinales profondes, notamment concernant la liberté religieuse, l’État Islamique a condamné à mort Tareq Oubrou, imam apostat qui fait dévier les musulmans du droit chemin montré par Mahomet.

Fondamentalisme musulman et théorie du complot : une impasse

  • La problématique

Dans la grande marmite du pot-au-feu « islamiste » que nous mitonnent islamologues et politiques européens, la théorie du complot semble tenir bonne place. À en croire certains, les théories du complot – principalement occidental, américain ou juif – viendraient renforcer les thèses des terroristes musulmans et de ce fait accroître l’attrait de leurs mouvements aux yeux de tous ceux, notamment les jeunes, qui sont en quête d’identité et ont besoin de se raccrocher à une figure tutélaire et simplificatrice.

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Il est donc intéressant d’étudier si les mouvements fondamentalistes musulmans font la même analyse et cherchent à instrumentaliser les théories du complot dans le but de renforcer leurs rangs.

  • Analyse

Or tel n’est visiblement pas le cas, si l’on en juge en tous cas par l’État Islamique qui s’est prononcé clairement sur la question. En effet, l’État Islamique rejette complètement les théories du complot qui peuvent s’emparer de l’esprit de certains musulmans. Selon une analyse doctrinale logique et cohérente, les théories du complot font partie pour l’État Islamique du domaine honni du polythéisme (« shirk ») car ce sont des voies qui aboutissent à attribuer à des puissances terrestres le pouvoir de lutter avec Allah et donc de contester la réalité de son infini pouvoir, comme s’il s’agissait de luttes entre plusieurs puissances ou dieux.

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Ainsi, le 11 septembre serait le résultat d’un gigantesque complot destiné à justifier l’invasion des pays musulmans au Moyen-Orient par les Croisés (chrétiens soutenus par les juifs) ? « Eh bien, non ! » nous dit l’État Islamique, pour qui ces théories ne sont que le fruit du désir et de la sottise.

Si les Croisés complotent assurément, leurs complots sont faibles et peu efficaces pour de multiples raisons : « Les incrédules sont divisés, ont de l’animosité et de l’inimitié les uns envers les autres (…) quoiqu’ils s’unissent contre les musulmans, leur ennemi commun. (…) Leurs conspirations réelles se traduisent toujours par des éléments tangibles et il ne faut pas les déduire de suppositions sans fondement. (…) Les grandes conspirations, comme celle supposée du 11 septembre, mêlent tant de facteurs que seul Allah peut en avoir le contrôle. (…) Une perspective aussi exagérée correspond à une remise en cause du tawhid. (…) L’objet des théories du complot est d’exagérer le pouvoir des mécréants et ainsi de paralyser les musulmans dans l’analyse des événements et finalement de leur faire craindre les mécréants plus qu’ils ne craignent Allah. C’est une méthode pour ruiner la confiance des musulmans en leur Seigneur. »

Pour l’État Islamique, adhérer à ces théories est donc une mauvaise excuse pour éviter de lutter sans merci contre un adversaire qu’on pense trop fort, avec qui on pense donc qu’il est obligatoire de composer, ce qui conduit in fine à négocier avec lui des arrangements politiques et militaires inacceptables au regard de la doctrine de l’islam et au regard d’Allah.

  • Conclusion

On peut difficilement trouver un démenti plus formel aux théories du complot que celui de l’État Islamique. Il semble donc assez cocasse de citer en référence à ce qui pousserait les jeunes vers le terrorisme musulman les théories du complot alors que ceux qui en seraient les principaux bénéficiaires les rejettent totalement. Et c’est d’autant plus grave que c’est, pour expliquer l’attrait suscité par les mouvements terroristes musulmans, orienter les esprits sur une mauvaise piste et détourner l’attention d’une problématique essentielle : la valeur exemplaire du modèle prophétique, Mahomet, chef de clan, guerrier sans état d’âme, massacreur de juifs.

En revanche, lutter de façon générale contre les théories du complot (sans être naïf néanmoins quant à l’existence de lobbys et de convergences d’intérêts dont la manipulation des opinions est une des armes) est effectivement nécessaire pour apprendre, notamment aux jeunes, à réfléchir et ne pas se contenter d’une solution simplificatrice toute faite qui a surtout pour effet de renforcer l’idée préconçue que l’on se fait des choses sans la soumettre à la critique.

Le « salafisme » musulman : l’islam ne peut pas s’en dépêtrer

L’émission de France 2 « Islam » a diffusé en septembre 2016 deux volets intéressants consacrés au salafisme. Ce mot est aujourd’hui employé – notamment en Occident – pour désigner le « mauvais » islam, l’islam « radicalisé », par opposition au « bon » islam, l’islam réputé « modéré ». Je vous propose de revenir sur quelques aspects de ces deux émissions.

  • Que veut dire « salafisme » ?

Un reportage fournit une synthèse courte et claire de la signification du terme « salafisme », c’est-à-dire le « retour aux fondements immuables de l’islam » :

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Le reportage précise que « L’exemple de la vie de Mahomet est la référence, le beau modèle qui sert de guide à la communauté. Les croyants orthodoxes sont tenus d’imiter sa conduite en tout, aussi bien sur le plan moral et spirituel que dans les moindres détails de la vie quotidienne. » En réalité, l’exemplarité du modèle mahométan n’est pas propre au salafisme : Mahomet est un modèle à imiter pour tous les musulmans (« orthodoxes », c’est-à-dire qui prétendent être fidèle à l’illustre Prophète), et non les seuls salafistes.

  • Salafisme, jihadisme et terrorisme : une filiation naturelle ?

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Cet extrait rappelle que le salafisme correspond à l’attitude consistant à « être fidèle non seulement à l’esprit de l’islam mais aussi à la lettre de l’islam » et à « l’idée que l’on suit une orthodoxie musulmane ». Y a-t-il là quelque chose de choquant ? Rien a priori. C’est même le contraire : c’est une attitude qui paraît tout à fait naturelle. Or l’intervenant enchaîne en constatant que « le salafisme est devenu dans la bouche de beaucoup d’individus le synonyme de terrorisme, de violence politique et de jihadisme » : est-ce donc que la violence et le terrorisme seraient congénitaux à l’islam ?

  • « Interpréter » pour dissimuler la violence innée de l’islam ?

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L’intervenant évoque l’approche littéraliste en disant qu’elle correspond à l’« absence de contextualisation de ces versets coraniques en disant que ces versets coraniques, globalement, ont un caractère absolu qui s’applique quels que soient l’époque et l’espace dans lesquels nous nous trouvons » : mais le Coran étant donné directement par Allah, qu’y a-t-il d’étonnant à ce que les paroles (définitives, c’est-à-dire non abrogées) d’Allah soient absolues ? C’est le contraire qui serait étonnant.

La question centrale est en réalité de savoir en quoi consiste l’islam des origines, celui de Mahomet (puisque l’islam est – tout le monde l’a compris – une création purement humaine). La lecture de la Sîra, biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham du IXème siècle – biographie incontestée dans le monde musulman au point qu’on peut la considérer comme la biographie « officielle » de Mahomet – ne laisse guère de doute à tout esprit raisonnable qui a appris à lire. L’État musulman créé par Mahomet à Médine était un État violent et guerrier, qui a imposé l’islam par les armes, combattant offensivement contre tous ceux identifiés comme des ennemis, chassant ou massacrant les juifs de Médine (entre autres), et dont l’extension par les armes sur le pourtour de la Méditerranée a été le rejeton tout à fait naturel.

Cet héritage guerrier et bien peu spirituel étant particulièrement embarrassant, bon nombre d’islamologues en Occident (ceux situés dans les autres régions du monde ayant semble-t-il moins d’états d’âme) ont introduit le concept de « littéralisme » et l’adjectif « littéraliste » pour qualifier la lecture simple et élémentaire des textes sacrés musulmans (Coran, Sîra, hadiths). Il suffit de consulter les dictionnaires pour constater que l’adjectif « littéraliste » n’existait pas il y a quelques années en France : à vrai dire, il aurait suffi de parler de lecture « littérale » pour évoquer la lecture « à la lettre » des textes ; mais l’adjectif « littéraliste » à l’avantage psychologique d’entacher le mot auquel il s’applique de quelque grave lacune ou anomalie congénitale de façon inconsciente, et donc sans avoir à démontrer quoi que ce soit. Pourtant la lecture littérale est la lecture de bon sens qui s’applique en tout premier lieu à n’importe quel texte et que l’on enseigne bien évidemment à l’école de la République.

Ainsi, selon les islamologues, il faudrait renoncer à une « lecture littéraliste de la tradition prophétique » au profit d’une interprétation dont on ne sait pas qui serait d’ailleurs légitime à la produire (puisqu’il n’y a aucune autorité religieuse officielle dans l’islam sunnite). Pourquoi ? On ne sait pas et les islamologues ne donnent guère d’exemples concrets pour justifier cette position. Toute lecture littérale, marquée par l’« absence de contextualisation des versets coraniques », serait ainsi irrecevable. Or, quel second sens donner aux actes de Mahomet et de ses partisans quand ils enchaînent de 622 à 632 batailles, razzias, assassinats, meurtres, viols, tortures, etc., au point qu’un décompte précis de tous ces hauts faits d’armes est fourni dans la Sîra ? Quel peut bien être le double sens caché de ces actes épouvantables, et comment pourrait-il réconcilier les faits décrits par les textes musulmans eux-mêmes avec l’idée de religion d’amour et de paix ?

  • La question des versets normatifs : un faux problème

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Contrairement à ce que le premier interlocuteur indique, le wahhabisme ne correspond pas à un passé mythifié mais semble bien correspondre à l’islam de Mahomet : il suffit de lire le texte de la Sîra pour le constater très simplement. L’assertion « Ils fantasment une histoire qui sans doute n’a jamais existé de la manière dont ils se la représentent » est donc fausse au regard des textes musulmans eux-mêmes (Sîra mais aussi Coran et hadiths qui se complètent les uns les autres). On aurait aimé un propos plus circonstancié et moins péremptoire.

Par ailleurs, le passé guerrier et violent de l’islam de Mahomet n’a guère de rapport avec l’idée de norme. Le premier interlocuteur précise : « Le texte coranique lui-même (…) n’intègre qu’entre 200 et 634 versets normatifs » : « et alors ? » a-t-on envie de dire. D’abord il faudrait savoir s’il y en a 200 ou 634, ou un autre chiffre : tout cela est bien approximatif ; il faut être sérieux. Et de quelle norme parle-t-on ? S’il s’agit de rituels (prière, jeûne, etc.), cela n’a aucune espère d’intérêt au regard de la question en discussion.

En revanche, dire que la vision de l’islam est une vision globalisante correspondant à « Une lecture extensive de l’islam, c’est-à-dire que pour eux l’islam n’est pas simplement une religion : c’est un système global, c’est à la fois une religion « din », « dunya » vie et « daoula » État » est tout à fait exact : c’est la conception traditionnelle de l’islam dans tout le monde musulman. Hassan II ne disait-il pas : « Un musulman ne peut pas être laïc. » ?

  • Conclusion : pourquoi l’islam dit « modéré » n’arrive-t-il pas à contrer la doctrine des « fondamentalistes » et en particulier aujourd’hui  l’abondante production de l’État Islamique ?

Avec le « littéralisme », les islamologues nous conduisent dans les mystères de la foi : c’est un grand mystère en effet que la lecture littérale des textes chrétiens soit possible (complétée si nécessaire par un sens symbolique, qui peut d’ailleurs être mentionné par le texte lui-même comme en attestent les paraboles) alors qu’elle ne le serait pas pour l’islam. Il est vrai que l’exemplarité de Jésus (ou de Bouddha si on s’attache à d’autres spiritualités) n’a guère servi de modèle à Mahomet.

On peut tourner le problème dans tous les sens, en utilisant d’autres qualificatifs comme « fondamentaliste » ou « rigoriste » pour qualifier le salafisme, il n’en reste pas moins que l’islam dit « modéré » est aujourd’hui, 1.400 ans après la mort de Mahomet, toujours incapable de démontrer en quoi l’islam salafiste n’est pas le bon islam. Et c’est la raison pour laquelle ce type d’émission ne peut en réalité pas aborder de façon détaillée la question doctrinale qui est au cœur du problème.

N’est-il pas surprenant que les références doctrinales les plus fournies tant concernant le Coran, les hadiths que la Sîra figurent dans les revues (Inspire, Dabiq, Dar-al-islam, Rumiyah) des mouvements musulmans fondamentalistes ? Qu’a l’islam de France à répondre à cela ? Et prétendre « déradicaliser » les musulmans sans avoir d’abord répondu à cette question est une farce grotesque, et pire, un mensonge d’État français.

L’étude de l’islam conduit nécessairement à la « radicalisation »

L’ignorance en Occident et notamment en France de la doctrine de l’islam est une constatation évidente à en juger par tous les politiques, journalistes, philosophes ou autres hommes publics qui s’aventurent à parler de l’islam sans en avoir lu les textes, le plus emblématique d’entre eux étant Alain Juppé, qui s’en est même fait une spécialité avec son concept utopique et irresponsable d’« identité heureuse ». Il suffit d’ailleurs de regarder les débats télévisés ou d’écouter la radio pour constater que personne n’y cite les textes musulmans, car cela deviendrait rapidement très embarrassant.

La première tâche de toute personne qui veut s’intéresser sérieusement à la question musulmane est donc évidemment de commencer par lire les textes dont il s’agit, et dans cet ordre : biographie de Mahomet (Sîra d’Ibn Hîcham) puis le Coran et enfin les hadiths ; car la connaissance de la biographie de Mahomet éclaire d’un jour tout à fait fondamental le Coran (et les hadiths).

Si vous prenez le cas de Michel Onfray, une des quelques personnalités médiatisées ayant fait l’effort de lire sérieusement les textes musulmans, vous constaterez néanmoins en lisant ses ouvrages – et notamment le dernier « Penser l’islam »  – qu’il a certainement bien étudié il y a quelques années le Coran mais qu’il n’a visiblement pas lu dans le détail la biographie de Mahomet (il n’en parle d’ailleurs jamais). Il faut dire, d’une part, que la Sîra est un texte très peu connu en Occident et que, d’autre part, les traductions en français de ce texte sont relativement récentes (2001 pour la traduction d’Abdurrahman Badawi et 2008 pour la traduction de Wahib Atallah) – une version anglaise par Alfred Guillaume étant par ailleurs disponible depuis 1955 –.

Or, contrairement à une idée largement répandue, que l’on retrouve chez Michel Onfray avec sa théorie erronée du « prélèvement » (parce qu’il n’a pas lu la biographie de Mahomet) selon laquelle on peut faire dire tout et son contraire au Coran, la doctrine musulmane est d’une grande cohérence dès lors qu’on la replace dans le contexte politico-historique de la prise de pouvoir par Mahomet – l’idéologie religieuse étant utilisée comme instrument de conquête –, ce que la lecture des textes musulmans montre à l’évidence. Encore une fois, si vous en doutez : lisez la biographie de Mahomet !

Aussi, l’alternative à laquelle conduit la lecture des textes authentiques et sacrés de l’islam est simple et aboutit dans les deux cas à une « radicalisation », pour ou contre :

–  soit on croit à l’existence du Dieu musulman, Allah, et à la prétention de Mahomet à être effectivement son Envoyé, et il faut alors suivre le modèle mahométan en tous points, jihad compris ;

–  soit on pense que Mahomet est un simple illuminé – ou un habile calculateur – qui a construit et utilisé une idéologie religieuse (pour l’essentiel copiée du judaïsme) et qu’il a mise au service de son objectif de conquête du pouvoir (peu importe d’ailleurs que Mahomet ait cru sincèrement être inspiré par Allah ou non).

Ces deux visions sont « radicales » dans la mesure, d’une part, où elles sont très simples, et, d’autre part, où il n’y a pas d’autre voie possible. Ainsi, un musulman « radicalisé » est tout simplement un musulman qui a pris conscience de la nature guerrière de l’islam de Mahomet, croit dans cette voie – puisque l’ordre vient directement d’Allah –, et décide donc de suivre ce modèle avec toutes ses conséquences.

Alors me direz-vous, il y a bien pourtant un « islam modéré » en Occident : eh bien oui et non :

–  non, car il n’y a qu’une doctrine de l’islam – comme le rappelle même et à juste titre le Conseil Français du Culte Musulman dans la « Charte des musulmans de France pour le vivre ensemble » qu’il a publiée à l’été 2014 –. Cette doctrine est en réalité très simple et tranchée sur toutes les questions qui touchent directement aux valeurs occidentales (incompatibilité avec la laïcité, inégalité homme-femme, absence de liberté de conscience, inégalité des communautés humaines et donc communautarisme, etc.).

–  oui, car beaucoup de musulmans n’appliquent en réalité pas les règles de leur modèle Mahomet et pratiquent ainsi un islam « dévoyé », et ce pour au moins deux raisons très simples : une proportion très importante de musulmans vivant en Occident ne connaît en réalité pas les textes de l’islam, y compris le Coran (et ne parlons pas de l’absence totale de connaissance des autres religions et spiritualités) ; et pour ceux qui connaissent la réalité de l’islam de Mahomet, ils ne le mettent pas en œuvre aujourd’hui pour de multiples raisons (doute, paresse, confort offert par la matérialisme, peur du danger, etc.).

Un musulman « modéré » est donc une personne qui tout simplement n’applique pas les règles de l’islam de Mahomet dont il se revendique. Il fait partie de la « zone grise » dénoncée par l’État Islamique et c’est précisément la raison pour laquelle l’État Islamique dans ses revues exhorte les musulmans à se replonger dans les textes sacrés de l’islam authentique pour « apprendre leur religion » car il essaie de rendre insupportable aux musulmans « modérés » ce conflit de conscience entre l’islam véritable et leurs actes, et ainsi de les pousser à basculer dans l’action violente prônée et pratiquée par Mahomet pour imposer l’islam sur toute la Terre. La difficulté, pour un musulman « modéré », mais ignorant, et qui découvre la véritable nature de l’islam de Mahomet, est, s’il refuse le jihad, d’accepter le reniement identitaire et religieux que son refus de s’engager dans le jihad constitue. Tout musulman qui prend conscience de la nature de l’islam de Mahomet – fondé indubitablement sur le jihad (lisez la biographie de Mahomet…) – n’a en réalité de choix final, s’il veut être cohérent intérieurement et ne pas voir sa conscience déchirée, qu’entre le jihad et l’apostasie.

Bernard Cazeneuve sait-il de quoi il parle ?

Bernard Cazeneuve a prononcé un discours l’Institut du Monde Arabe le 29 novembre 2015 à l’occasion du Rassemblement des musulmans de France. Il est tout à fait intéressant de le lire et de l’analyser sachant qu’il a été prononcé deux semaines seulement après la tragédie du Bataclan. Il nous permet de mesurer la compréhension qu’a le gouvernement français du phénomène jihadiste.

Le voici est version intégrale : Cazeneuve IMA 151129

Je n’en reprends que quelques passages qui me paraissent particulièrement significatifs.

  • Comme l’a déjà dit le Président de la République, « les meilleures armes pour lutter contre le fanatisme qui se réclame de l’islam, se trouvent dans l’islam lui-même»

On voit par cette assertion que le gouvernement français ne comprend pas la question du jihadisme qui n’est que la remise en vigueur de l’islam de Mahomet, que tous les musulmans vénèrent. C’est précisément dans les textes musulmans authentiques eux-mêmes qu’on trouve tous les arguments doctrinaux nécessaires à la justification du jihad et de la barbarie musulmane, et c’est justement pourquoi l’État Islamique mais aussi les autres mouvements fondamentalistes poussent les musulmans à approfondir la connaissance de leur religion : la radicalisation n’est que la conséquence d’une meilleure connaissance de l’islam prôné par Mahomet.

Faut-il rappeler que les analyses doctrinales les plus approfondies sont aujourd’hui fournies par l’État Islamique dans ses publications, État Islamique qui s’appuie sur des citations du Coran et des hadiths nombreux et précis, alors même que l’islam de France est incapable de produire un document doctrinal substantiel pour y répondre ?

L’assertion de Bernard Cazeneuve est donc un contre-sens complet qui prouve une ignorance profonde des textes de l’islam.

  • Il est ainsi insupportable d’entendre certains prédicateurs soutenir que le fait, pour une femme, de se promener tête nue l’expose à des violences sexuelles. Or ce sont de tels propos, comme vous le savez, qui sont tenus dans certaines mosquées, heureusement très rares, et qui sont surtout diffusés de manière virale sur internet et les réseaux sociaux. Il n’est pas admissible que des jeunes Français, à l’âge où se forme le jugement, soient exposés à cette bêtise, à cette forme d’ignorance et d’aliénation, plutôt qu’au message d’émancipation de la République.

Bernard Cazeneuve ignore que c’est Mahomet lui-même qui, prenant acte de l’inconvenance des mœurs des bédouins d’Arabie au VIIème siècle a recommandé aux musulmanes de se voiler pour être reconnues comme telles et ainsi limiter le risque de violences sexuelles. Cette recommandation figure explicitement dans le Coran :

Sourate 24, verset 31. Dis aux croyantes de baisser leur regard, d’être chastes, de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines. Qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leur mari, ou à leur père, ou au père de leur mari, ou à leurs fils, ou aux fils de leur mari, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. (…)

Sourate 33, verset 59. Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs voiles : c’est pour elles le meilleur moyen d’être reconnues et d’éviter d’être offensées. Allah pardonne et est miséricordieux.

D’ailleurs, il faut noter de façon plus générale que Mahomet n’avait guère d’estime pour les femmes : il suffit de lire les hadiths authentiques pour s’en convaincre :

Hadith (Bukhari, Muslim) : On rapporte les paroles suivantes d’Abu Hurayra : « L’Envoyé de Dieu a dit : « Soyez bienveillants à l’égard des femmes, car la femme a été créée d’une côte. Or ce qui est le plus recourbé dans la côte, c’est sa partie supérieure. Si vous essayez de la redresser, vous la brisez, et si vous la laissez en paix, elle restera toujours recourbée. »

Hadith (Bukhari) : D’après Abu Said al-Khudri, le Prophète a dit : « Le témoignage d’une femme n’est-il pas la moitié du témoignage d’un homme ? – Certes oui, répondîmes-nous. – Cela, reprit-il, tient à l’imperfection de son intelligence. »

Hadith (Bukhari) : Abdallah Ibn Umar a dit : « J’ai entendu le Prophète dire : « Ce n’est que dans trois choses que des influences funestes [la malchance] peuvent se faire sentir : la femme, le cheval et la maison. » »

Hadith (Bukhari) : Selon Usama Ibn Zayd, le Prophète a dit : « Je ne laisse après moi aucune cause de trouble plus funeste à l’homme que les femmes. »

Hadith (Bukhari) : D’après Imran Ibn Husayn, le Prophète a dit : « J’ai pu considérer le Paradis et voir que la majeure partie de ses habitants, ce sont les pauvres ; j’ai pu considérer l’Enfer et voir que la majeure partie de ses habitants, ce sont des femmes. »

Les propos tenus dans les mosquées et dont parle Bernard Cazeneuve sont donc absolument conformes à la doctrine musulmane orthodoxe. D’ailleurs la multiplication des incidents sexuels liés à l’arrivée des migrants – et l’affaire de Cologne notamment – prouvent s’il en est besoin qu’il y a toujours bien un problème de statut de la femme dans la culture musulmane contemporaine. L’émancipation de la femme en islam est une utopie.

La crise du burkini que la France est en train de connaître n’est que le prolongement logique et inéluctable de cette aberration religieuse. Bien entendu, la burqa, le voile, le burkini sont présentées comme des choix libres par des femmes qui n’ont probablement aucune conscience de la misogynie de Mahomet. Sans parler des femmes qui se sentent valorisées dans l’abaissement et la soumission.

  • Nous devons protéger notre jeunesse contre la prolifération de la bêtise, particulièrement lorsque celle-ci s’abrite derrière une théologie frelatée.

Ce propos renvoie au premier point ci-dessus. Si cette théologie est frelatée, pourquoi l’islam de France est incapable de la contrer ? Comme disent les musulmans, « Apportez vos preuves si vous êtes véridiques » : nous attendons encore…

  • Vous réfléchissez à un statut de l’imam, qui garantisse la qualité de sa formation théologique et profane aussi bien que son adhésion aux valeurs de la République.

L’islam de France « réfléchit » donc à un nouveau statut d’imam : en d’autres termes, Bernard Cazeneuve reconnaît que les imams actuels sont mal formés et n’adhèrent pas aux valeurs de la République puisque, si c’était le cas, ce nouveau statut ne serait pas nécessaire.

De toutes façons, qui va édicter les règles ? Personne n’est légitime dans l’islam sunnite à s’auto-proclamer au-dessus de la mêlée. Tout le monde peut devenir imam et cela fait 1.400 ans que cela dure.

  • C’est tout l’Islam de France qui doit se mobiliser, et qui est mobilisé aujourd’hui, pour lutter contre ceux qui s’en prennent à notre pays et à ses valeurs, en invoquant une conception funeste de la religion. Je vois votre rassemblement de ce jour comme un moment fondateur de cette magnifique mobilisation.

Encore la même idée qu’au premier point ci-dessus. Que n’attend-on cet argumentaire démontant la conception funeste de l’islam prônée par les jihadistes ! 1.400 ans après la mort de Mahomet, la mobilisation commencerait donc aujourd’hui ?

  • Le projet criminel porté par Daech est, pour reprendre les mots de l’un d’entre vous, une « prise d’otage » de l’islam, dont les premières cibles sont les musulmans eux-mêmes. Il s’agit d’un totalitarisme que nous devons éradiquer, par amour de la liberté, de la fraternité et de l’humanité. Par amour aussi de la vie, source d’espérance, parce que la fascination de la mort ne peut que semer partout le malheur et la désolation.

Toujours la même incantation ignorante. Bernard Cazeneuve semble attendre un miracle. Cela fait 1.400 ans que les musulmans s’entre-tuent entre eux et avec les autres au nom de l’islam.

  • Vous réfléchissez aux moyens de combattre efficacement leur message perverti. Les réponses se trouvent dans la lettre et dans l’esprit de votre belle religion.

Bis repetita placent.

  • Les groupes de travail sur l’aïd et sur les édifices du culte se sont déjà réunis plusieurs fois et leurs travaux s’annoncent, de l’avis général de leurs participants extrêmement utiles.

Pourquoi un groupe de travail sur l’Aïd ? Soit l’égorgement des animaux est conforme aux valeurs de la société française, soit il ne l’est pas. La question de l’étendue de ce massacre lors de l’Aïd n’est qu’une question secondaire.

En l’occurrence, l’égorgement n’est pas conforme aux valeurs françaises et cette pratique obscurantiste qui prétend lier la spiritualité à un rituel sacrificiel bénéficie d’une dérogation inacceptable. Il faut y mettre un terme, d’autant, et les musulmans l’ignorent généralement, que cette pratique n’est pas une obligation religieuse dans le contexte du halal : Yusuf Qaradawi mais aussi d’autres (Tareq Oubrou par exemple) le confirment.

Le vrai problème est que l’égorgement constitue une cristallisation identitaire dans le prolongement naturel du communautarisme prôné par l’islam que toutes les sociétés musulmanes appliquent.

  • La radicalisation de jeunes Français et Françaises constitue désormais un sujet absolument central, pour l’Etat, pour les musulmans et pour la société française. (…) Je vous propose d’avancer la date de la prochaine instance de dialogue avec l’islam de France, qui pourrait se réunir dès le début de l’année 2016 et non pas en juin prochain comme nous l’avions prévu, et de lui donner pour principal objet la lutte contre la radicalisation des jeunes.

Comme nous le savons tous, la tenue de la première instance de dialogue (mars 2016) n’a accouché que d’une souris : il ne pouvait en être autrement et il en sera de même pour la suite puisque, comme déjà souligné, la radicalisation n’est que la mise à l’ordre du jour de l’islam de Mahomet : or quel musulman va aller se risquer à critiquer Mahomet ?

CONCLUSION

L’ignorance du ministre et l’inutilité de ses propos sont absolument consternantes. La situation ne peut que se détériorer fortement : comment voulez-vous que le médecin soigne le malade s’il ne comprend rien à sa maladie ?

Tragédie de Nice : Quelle responsabilité des gouvernants qui refusent d’ouvrir les yeux ?

Les terribles événements de Nice remettent en cause le satisfecit implicite que s’accordait le gouvernement en matière de sécurité nationale. Dans une telle situation, la question se pose de déterminer précisément la responsabilité de la chaîne gouvernementale, préfectorale, etc. dans la perpétration d’un acte réalisé conformément à une procédure bien connue, et de longue date, des services de l’État ; l’enquête nous le dira. En effet, ne pas pouvoir arrêter rapidement un ou plusieurs tireurs isolés agissant seuls est une chose, ne pas être en mesure d’empêcher par un barrage solide l’accès d’une aire bondée à un véhicule lourd en est une autre. Il aurait dû être immédiatement mitraillé.

Car ce qui vient de se passer est une technique bien documentée par les terroristes eux-mêmes dans les magazines rendus disponibles publiquement sur internet et que les services de police et anti-terroristes connaissent évidemment : il suffit de lire.

Revue « Inspire » n°1 de l’été 2010 :

Inspire 1 TrucksPar ailleurs, un article du numéro 2 d’« Inspire » de l’automne 2010 dédié à l’utilisation des véhicules roulants comme outils de terrorisme pour « faucher les ennemis d’Allah » et « atteindre un carnage maximum » fournit des recommandations sur le choix du lieu, l’aménagement du véhicule, ou encore la nécessité de porter une arme puisque l’aventure se finit nécessairement mal compte tenu de l’impossibilité de fuir facilement sans être vu, ce qui a toutefois pour avantage d’assurer le martyr et le paradis pour le terroriste musulman. Ces recommandations ont été scrupuleusement suivies hier soir.

Et pour ce qui est de la justification idéologique, l’arme est toute trouvée : le Coran et les « dits » (hadiths) de Mahomet. Quelques tous petits exemples impossibles à nier (on pourrait en noircir au moins deux pages complètes) :

D’abord sur l’utilisation de la terreur :

Coran, sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…). Le Feu sera leur refuge. Quel détestable séjour que celui des injustes !

Coran, sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Ensuite sur la justification du martyr :

Coran, sourate 2, verset 154. Ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier d’Allah qu’ils sont morts. Au contraire ! Ils sont vivants, mais vous n’en avez pas conscience.

Coran, sourate 3, verset 157. Si vous êtes tués dans le chemin d’Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d’Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu’ils amassent.

Coran, sourate 3, verset 169. Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah sont morts : ils sont vivants ! Auprès de leur Seigneur et bien pourvus,

Hadith authentique (Bukhari) : Anas Ibn Malik a dit : « Le Prophète a dit : Personne des élus du Paradis ne voudrait revenir en ce bas monde, dût-il posséder n’importe lequel des biens de la terre, à l’exception du martyr ; car lui, il souhaiterait revenir en ce bas monde et être tué à nouveau, et cela dix fois de suite, étant donné ce qu’il sait des faveurs divines. »

Tout ceci d’ailleurs nous montre qu’il s’agit d’actes prémédités pour des raisons religieuses, conformément aux textes musulmans sacrés, par des personnes tout à fait conscientes et responsables, et non folles comme la propagande gouvernementale veut nous le faire croire. Ou alors, qu’un responsable gouvernemental nous affirme que Mahomet était fou !

Comme le rappelait Alain Bauer il y a moins de deux mois dans une conférence publique à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (http://www.ihedn.fr/?q=multimedia-video-des-lundis), ces terroristes nous disent bien à l’avance ce qu’ils vont faire et comment ils vont procéder mais nous avons parfois du mal à les croire.

N’est-il pas urgent de commencer à regarder précisément ce qui est écrit dans le Coran ?

L’extermination des Yézidis : statut dans la doctrine de Mahomet

  • Le sort terrible des Yézidis dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui

Les Yézidis subissent aujourd’hui au Moyen-Orient un sort terrible : ils sont pourchassés ou exterminés. Le reportage d’Arte diffusé le 17 mai 2016 le rappelle :

La fin des chretiens Orient 160517 Yezidis

La fin des chretiens Orient 160517 Yezidis

  • Exterminer les Yézidis en application de la règle coranique

En appliquant l’islam du Coran et de Mahomet, l’État Islamique considère que les Yézidis sont de simples mécréants comme les autres et ne font pas partie des Gens du Livre : de leur point de vue, il est donc normal qu’ils les persécutent. Ce choix de considérer les Yézidis comme des mécréants qui ne peuvent pas bénéficier du statut de dhimmi résulte non d’une folie meurtrière incontrôlée mais d’une étude religieuse spécifique avec le souci pour l’État Islamique d’appliquer le mieux possible les règles énoncées par le Coran et la Tradition sur le sort à réserver aux non-musulmans, et qui sont :

– pour les Gens du Livre (essentiellement juifs et chrétiens) : la conversion ou le statut d’humiliation de la « dhimmitude » (avec paiement aux musulmans d’un impôt spécifique, la jizya) ;

– pour les autres non-musulmans : la conversion ou la mort.

Sourate 9, verset 29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, ceux qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit, ceux qui, parmi les gens du Livre, ne professent pas la religion de la vérité. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils versent la capitation de leurs propres mains, après s’être humiliés.

Cette violence n’a rien de choquant dans la doctrine musulmane : rappelons que la biographie de Mahomet d’Ibn Hîcham, reconnue par tous les musulmans, décrit précisément comment Mahomet a exécuté par égorgement entre 600 et 900 prisonniers juifs à Médine, exemple suivi par l’État Islamique qui a décapité 21 chrétiens coptes sur les rives de Libye en 2015. Le Coran fait précisément référence à cet épisode :

Sourate 33, verset 26. Allah a fait descendre de leurs fortins ceux des Gens du Livre ayant prêté assistance aux Factions. Il a jeté l’effroi dans leurs cœurs : un groupe d’entre eux vous avez tué [les hommes] et un groupe vous faisiez prisonnier [les femmes et les enfants].

Le Coran incite de façon générale à cette violence puisqu’il s’agit, avec la grâce d’Allah, de jeter l’effroi dans le cœur des mécréants :

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton [s’adresse à Mahomet] Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je [Allah] suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

  • Les Yézidis doivent-ils être considérés comme des Gens du Livre ?

Le sort des Yézidis dépend donc de leur statut au regard de l’islam : peuvent-ils être considérés comme appartenant au Gens du Livre pour échapper à la mort promise par Mahomet ?

L’analyse de l’État Islamique est la suivante : « Avant la prise de Sinjar, on a imposé aux étudiants en chari’a de l’État Islamique d’étudier profondément les Yézidis afin de déterminer s’ils devaient être considérés comme un groupe à l’origine associateur ou comme un groupe à l’origine musulman et qui par la suite a apostasié, en se basant sur les nombreuses règles islamiques qui doivent être appliquées sur le groupe, ses individus, et leurs familles. (…) Après des recherches plus approfondies, il a été prouvé que ce groupe existait durant la période pré-islamique jahiliya, puis il a été « islamisé » par un environnement fait de sa population musulmane, de sa langue, de sa culture (…). La source apparente de cette religion a été trouvée dans le zoroastrisme de la Perse ancienne, qui a été réinterprété avec des éléments des Sabéens, du judaïsme et du christianisme, pour finalement être exprimé dans un vocabulaire hérétique du soufisme extrême. Par conséquent, l’État Islamique a traité ce groupe de la manière dont doivent être traités les associateurs selon la majorité des savants du fiqh [droit islamique]. Ils ne sont pas comme les juifs ou les chrétiens. Il n’y a pas de place pour eux dans le paiement de la jizya [c’est-à-dire qu’on leur applique le principe : la conversion ou la mort]. »

En conséquence, les Yézidis subissent le sort que Mahomet imposait aux mécréants associateurs, ce qui donne ceci dans le langage de l’État Islamique (les hommes étant tués) : « Après la capture, les femmes yézidies et les enfants sont divisés selon la chari’a parmi les combattants de l’État Islamique qui ont participé aux opérations de Sinjar, un cinquième de ces esclaves étant transféré aux autorités de l’État Islamique pour être distribué en tant que cinquième du butin [pratique établie par Mahomet à la suite de l’extermination des juifs Banû Quraydha] . »

De la même façon, l’État Islamique considère que « Les druzes ne font pas partie de la dhimma et sont pires que les juifs et les chrétiens, et s’ils se repentent et acceptent l’islam, les autorités musulmanes doivent rester prudentes en raison de leur pratique de la taqiya. »

L’État Islamique revendique avec fierté sa volonté de remettre en vigueur strictement les règles qui découlent directement de l’islam de Mahomet et de ses Compagnons, ceux-ci étant « eux-mêmes un exemple de suivi du Messager d’Allah ». Aussi, pour l’État Islamique, « Cette grande étape de mise en esclavage de familles mécréantes est probablement la première depuis l’abandon de cette loi islamique. Le seul autre cas connu – bien que d’une plus petite ampleur – est la mise en esclavage de femmes et d’enfants chrétiens aux Philippines et au Nigéria par les Moujahidin. Les familles yézidies asservies sont maintenant vendues par les soldats de l’État Islamique comme les mécréants étaient vendus par les Compagnons avant eux. De nombreuses règles reconnues sont appliquées, incluant l’interdiction de séparer la mère de son enfant. »

Ce traitement épouvantable correspond pour l’État Islamique à un impératif religieux conforme à la pratique du Prophète et à la tradition musulmane, comme le mentionnent les hadiths authentiques comme celui de Bukhari : « Allah s’émerveille d’une personne qui rentre au Paradis avec ses chaînes ». Ou cet autre : « Abu Hurayra au sujet de ce verset : « Vous aurez été la meilleure communauté jamais produite parmi les hommes » [sourate 3, verset 110], a dit : « Il s’agit là des meilleurs des gens voulant le bien pour les gens : vous les ferez venir la chaîne au cou pour les faire entrer dans l’islam ». »

  • Conclusion

Que répondre à la clarté des textes sacrés musulmans (Coran, hadiths, biographie de Mahomet) ?

Pourquoi l’État Islamique exhorte les musulmans à étudier et à apprendre leur propre religion

  • La doctrine musulmane : le sujet dont on ne peut pas parler en France

Toute personne qui fréquente un tant soit peu les cercles culturels parisiens abritant des débats ou conférences portant sur l’islam (Institut du Monde Arabe, LICRA, Collège des Bernardins,…) constate de façon évidente que ces débats ou conférences portent toujours sur des questions sociales, économiques, psychologiques, géopolitiques, etc. en écartant systématiquement toute analyse documentée de la doctrine musulmane, fondée sur les textes religieux musulmans authentiques. J’invite d’ailleurs les lecteurs de cet article à réagir si d’aventure ils avaient connaissance de lieux en France où se tiennent des débats réellement contradictoires sur la doctrine religieuse musulmane et où on donne réellement la parole au public. Je m’y rendrais avec beaucoup d’intérêt.

Souvenons-nous des discours lénifiants qui ont suivi les attentats de janvier et novembre 2015 et qu’on peut résumer par « l’islam, ce n’est pas cela ! » : au-delà des incantations, a-t-on pu lire quelque part des analyses documentées avec des références précises aux textes musulmans expliquant en quoi la doctrine de l’islam est contraire à ces actes ? Je ne crois pas. Aucun argumentaire sérieux n’a été présenté. Et il faut que rappeler que le trop fameux « Nulle contrainte en religion ! », exhibé à tout propos, est un verset déjà obscur par lui-même au regard de la liberté religieuse puisque Mahomet a puni de mort les apostats, sans compter qu’il fait en réalité tout simplement partie des versets abrogés par la doctrine du jihad, combat armé dans la voie d’Allah, ce que l’on ne précise jamais dans les médias, mais ce que tous les imams pourtant savent.

Pourquoi ce mensonge systématique ? Parce que, en dépit de ce que veulent faire accroire beaucoup de « spécialistes », il est facile de constater que les textes musulmans originels authentiques sont simples et clairs sur le projet de société de l’islam pour le monde. Tout le discours consistant à « noyer le poisson » au travers des notions de « contextualisation » et d’« interprétation » est destiné à perdre dans une complexité inutile et trompeuse un public occidental qui n’a, à 99%, jamais pris la peine d’ouvrir un Coran et de le lire, mais ne manque cependant pas d’avoir une opinion sur le sujet…

  • L’appel des fondamentalistes à étudier les textes musulmans originels

La clarté du message coranique est précisément ce qui explique l’appel insistant et constant des fondamentalistes (aujourd’hui l’État Islamique, demain d’autres, raison pour laquelle cette question est récurrente) visant à inciter les musulmans, en particulier en Occident, à étudier et apprendre leur religion : requête qu’il est difficile de rejeter, même si elle vient de l’État Islamique ! Hormis ceux vivant dans certains quartiers (ex. Molenbeek à Bruxelles, Saint-Denis à côté de Paris – le Molenbeek français où la police de notre gouvernement est absolument incapable de faire respecter la loi d’interdiction du port de la burqa et, ce qui est sans doute beaucoup plus grave, en partie peut-être parce qu’il ne le veut pas –), les musulmans occidentaux ne sont en réalité pas de bons musulmans mais des apostats puisqu’ils n’appliquent pas l’islam que pratiquait le Prophète Mahomet et qui est – ils le répètent assez – leur modèle : je vous invite instamment à lire la biographie originelle de Mahomet (Ibn Hîcham) pour le constater par vous-même.

Le premier signe d’apostasie est d’ailleurs d’abandonner la conception communautariste de la société voulue par l’islam en acceptant la vie au sein des mécréants, voire en se liant d’amitié avec eux, ce que le Coran leur interdit formellement. Malek Chebel écrit d’ailleurs justement, dans l’Article « Amitié avec les incrédules » de son « Dictionnaire encyclopédique du Coran » : « Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

Cet appel à l’étude de la doctrine de l’islam s’explique assez naturellement par la très faible connaissance par le commun des musulmans de leurs propres textes : il suffit de les interroger au hasard sur les versets du Coran, les hadiths ou la vie de Mahomet pour le constater. Beaucoup de musulmans en Occident ne dépassent guère le vernis culturel de leur milieu d’origine où les leçons de leur référents spirituels : d’où la diversité des prétendues « interprétations » du Coran en fonction de l’imam de référence.

Ainsi, l’État Islamique pousse les musulmans à étudier pour repousser l’ignorance, reconnue d’ailleurs comme un des fléaux de l’islam par beaucoup d’islamologues occidentaux (constat également fait par les musulmans eux-mêmes le dimanche matin sur France 2 dans l’émission « Islam »). L’État Islamique exhorte ainsi : « Apprenez votre religion ! Apprenez votre religion ! Lisez le Coran, méditez-le et mettez-le en application », message difficilement contestable pour quelque musulman que ce soit.

C’est précisément ce décalage entre l’islam authentique et la version dénaturée pratiquée les musulmans en Occident que les occidentaux n’appréhendent pas, ce qui les conduit à une incompréhension manifeste de la nature profonde de l’islam et à une vision naïve et bien-pensante de la relation entre musulmans et non-musulmans, alors même qu’ils sont informés de ce qui se passe dans les pays musulmans ou qu’ils sont alertés par les chrétiens d’Orient, surtout quand un retour à la source originelle de cette religion se fait jour.

Souvenons-nous d’ailleurs que lorsque Benoît XVI a eu le courage de protester après l’attentat qui coûta la vie à 21 chrétiens égyptiens le 1er janvier 2011 devant une église copte en dénonçant une « stratégie de violence », le grand imam Ahmed al-Tayeb de l’université Al-Azhar du Caire qualifia ces propos d’« ingérence inacceptable » et suspendit les relations de l’université avec la papauté (comme cela était déjà arrivé après « l’affaire » du discours de Ratisbonne).

Cet aveuglement occidental explique tout le tohu-bohu médiatique et philosophique actuel qui obstrue les ondes de radio et de télévision, entretenu par des intellectuels occidentaux qui, ayant rarement pris la peine de lire les textes musulmans, se trouvent – à l’instar du gouvernement – totalement désemparés face au phénomène dit de « radicalisation », terme dont la définition précise accapare déjà l’essentiel de leur temps.

Or le constat est simple et la racine du problème est doctrinale : tout musulman qui lit simplement mais avec attention le Coran, les hadiths et la vie de Mahomet n’a a priori d’autre choix doctrinal que de se « radicaliser », c’est-à-dire de revenir à l’islam originel, celui du modèle Mahomet, en demandant l’application de le chari’a, sauf à renier les valeurs de l’islam du Prophète et donc à apostasier, ce qui est interdit sous peine de mort en terre d’islam.

Il faut quand même rappeler à cet égard que le Conseil Français du Culte Musulman refuse encore aujourd’hui aux musulmans le droit d’apostasier : déplorer l’apostasie est une chose (ce qui est le fait de toute religion), considérer que ce n’est pas un droit en est une autre (sans même parler de la punition). Pour dire les choses autrement : le C.F.C.M. n’accorde pas aux musulmans français aujourd’hui la liberté de conscience ni la liberté religieuse. On comprend ainsi mieux dans ce contexte que des intellectuels musulmans plus ouverts aient pu organiser à l’Institut du Monde Arabe en novembre 2015 une conférence dont le thème surprenant mais courageux était : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? »

IMA

  • Revenir aux textes musulmans originels

Sans l’existence de ce fondement doctrinal incontestable, violent et guerrier, issu en droite ligne des textes musulmans originels (que l’État Islamique n’a par conséquent aucune difficulté à citer), les conditions sociales, psychologiques, économiques, etc. ne trouveraient pas de terrain favorable au déclenchement de la radicalisation violente de certains individus, l’islam étant la seule religion, du fait de sa doctrine même, concernée par cette question. En effet, voit-on des personnes connaissant de grandes difficultés économiques ou sociales décider un jour d’abattre des gens dans la rue au nom du judaïsme, du christianisme ou du bouddhisme ?

La lecture de la propagande contenue dans les revues publiées par l’État Islamique sur internet conduit à constater un niveau élevé de documentation : les références au Coran et aux hadiths mises à la disposition de tous sont nombreuses et précises. Il n’est toutefois pas indiqué, concernant les hadiths, s’ils sont authentiques (sahih) ou de moindre qualité (les trois degrés étant : authentique, tout à fait fiable = sahih ; raisonnablement fiable, bon = hasan ; peu fiable, non assuré = da’if). Cela étant, ceux de Bukhari et Muslim sont quasiment tous sahih. Chacun peut les vérifier.

Cette qualité du référencement est d’ailleurs très nettement supérieure à celle de beaucoup d’ouvrages sur l’islam disponibles dans le commerce en France et qui se contentent bien souvent d’opinions sur les valeurs de l’islam, opinions non justifiées par le recours précis aux textes, les auteurs pouvant projeter leurs désirs et leur idéal du « vivre-ensemble », au lieu de restituer la réalité du dogme.

  • « Les imams qui égarent »

L’État Islamique invite ainsi les musulmans à revenir par eux-mêmes à la lecture de leurs propres textes originels au lieu de se reposer sur des imams dont la lecture des textes varie au gré des circonstances et surtout en fonction des cercles d’influence auxquels ils sont soumis (notamment par le financement). Tout cela n’a a priori rien d’étonnant dans la mesure où la culture musulmane est marquée par la faiblesse dramatique de l’esprit critique, dénoncée explicitement par Tariq Ramadan dans ses conférences, ou encore récemment (mai 2016) par Abdennour Bidar lors d’une conférence à l’Institut du Monde Arabe sur le statut du Coran (ou même lisez « Lettre ouverte au monde musulman » de ce dernier).

Pour l’État Islamique, aucun chef religieux, y compris le sien (Abu Bakr Al-Baghdadi) ne peut être vu comme un guide infaillible pour les musulmans à la mode chiite car l’État Islamique rejette la notion d’infaillibilité qui induit le « taqlid », c’est-à-dire « le fait d’agir selon l’avis de quelqu’un sans connaître sa preuve » et donc le suivi aveugle d’une personne qui conduit en réalité à l’égarement. Pour l’État Islamique, « La religion des gens de la jahiliya [période pré-islamique réputée ignorante car ne connaissant pas l’islam] était basée sur des fondements dont le plus important est le taqlid [fait d’agir selon l’avis de quelqu’un sans connaître sa preuve]. Le suivi aveugle est la grande règle des mécréants du premier jusqu’au dernier. » Et : « Le taqlid peut aussi atteindre la mécréance lorsque l’on oblige à suivre un imam en particulier. Ibn Taymiya a dit : « Quiconque rend obligatoire de suivre un imam en particulier doit être sommé de se repentir ; s’il refuse, il doit être tué. S’il dit qu’il convient de faire cela, alors c’est un ignorant égaré ». »

L’État Islamique met ainsi particulièrement en garde contre les prétendus « savants » qui tentent d’imposer aux autres musulmans leur intermédiation doctrinale alors qu’ils n’ont de légitimité que celle qu’ils se donnent à eux-mêmes : « Les musulmans aujourd’hui sont dissuadés, par ceux qui se réclament d’un soi-disant « salafisme » ou même « jihadisme salafiste », de l’approche du Coran et de la Sunna sans l’usage des lunettes aveuglantes qui les limitent à ce que désirent les « savants » contemporains parmi ceux qui soutiennent les partisans du Taghout et ceux qui s’assoient en arrière parmi leurs femmes dans l’ombre du Taghout. Cette intermédiation déviante était-elle une condition pour comprendre la religion [l’islam] auparavant ? » « Thawban a dit : le Messager d’Allah a dit : « Je crains pour ma communauté les chefs qui détournent du droit chemin ». »

Sont particulièrement visés « Les imams qui égarent : 1) Ceux qui sont touchés par les mêmes maux que ceux qui ont touché les savants des juifs et des chrétiens et qui recherchent la parure de la vie présente. (…) Celui qui parmi nos savants devient corrompu ressemble aux juifs, quant à celui qui devient corrompu chez nos adorateurs ressemble aux chrétiens. (…) 2) Ceux qui enseignent un simple tawhid [monothéisme (rigoureux)] théorique dénué de toute concrétisation par les actes. »

  • Conclusion

Il est heureux pour les sociétés occidentales que les musulmans vivant en Occident connaissent très mal leurs propres textes et pratiquent un islam édulcoré, dévoyé au yeux de l’islam orthodoxe, mais plus ou moins compatible avec des valeurs occidentales très souvent antinomiques avec celles de l’islam de Mahomet. Il est en revanche extrêmement préoccupant que les responsables politiques occidentaux ignorent également ou négligent ces textes, parfois volontairement par un dilettantisme coupable.

Comme le faisait remarquer avec beaucoup de justesse le criminologue Alain Bauer lors d’une conférence à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale qui s’est tenue le lundi 23 mai 2016 sur le thème « les mutations du terrorisme » (cf. Bauer IHEDN), l’État Islamique (comme d’autres groupes fondamentalistes) a beau communiquer de façon transparente, détaillée et précise sur sa doctrine et ses intentions, l’Occident se refuse obstinément à en tenir compte (Alain Bauer rappelait également le précédent hitlérien, personne n’ayant prêté attention à Mein Kampf) ; au point qu’Alain Bauer préconisait même lors de cette conférence une cure salutaire de Dabiq et de Dar-al-islam (les revues de l’État Islamique publiées sur internet).

Pourtant, des signes précurseurs évidents doivent alerter sur le danger pour les sociétés occidentales de l’islam de Mahomet. Ainsi, le voile islamique (dont Tariq Ramadan rappelle lui-même qu’il ne l’imposera jamais à une femme), la burqa, la djellaba, les longues barbes et les moustaches rasées, etc. sont visiblement bien moins des choix personnels que des signes ostensibles et agressifs manifestant le rejet viscéral des valeurs traditionnelles de la société occidentale et française dans laquelle certains musulmans se sentent obligés de vivre, alors même pourtant qu’ils ont toute liberté d’émigrer dans des pays musulmans conformes à leur vœux (ce que le Coran leur demande d’ailleurs). Ces signes expriment le défi et la provocation sur le territoire de guerre (dar-al-harb) à conquérir par l’islam. Dans la conception musulmane, un territoire, si petit soit-il, pris sur les mécréants et devenu de facto musulman, ne doit plus jamais changer de camp : il doit rester à tout prix musulman.

Nouvelle publication : Les sources doctrinales de l’État Islamique

À un moment où l’État Islamique (Daesh), ses affiliés ou d’autres organisations et courants islamistes (Al Qaïda, talibans, etc.) commettent des attentats presque chaque jour dans le monde au nom de l’islam et de son Prophète, il apparaît indispensable de chercher à mettre au jour, le plus objectivement possible, les racines doctrinales généralement occultées de cette situation. Certes, l’horreur des attentats et des crimes provoque une telle réaction émotionnelle, qu’il est bien difficile d’engager une réflexion rationnelle. Le vacarme médiatique et l’accumulation d’avis d’« experts » entretiennent, du reste, une forme de confusion – et on a vite fait, devant la monstruosité sanglante des actes et la peur d’ouvrir la boite de Pandore de la doctrine, de reléguer leurs auteurs au rang de psychopathes, de « barbares » qui auraient pris prétexte d’une lecture biaisée de leur religion pour assouvir leurs pulsions meurtrières.

Pourtant, la lecture des textes sacrés de l’islam conduit rapidement à constater que les choses ne sont pas si simples. Les déclarations ou les revues de l’État Islamique montrent que sa démarche, du point de vue purement doctrinal, est loin d’être irrationnelle ou totalement incohérente. C’est le rapport de ce discours aux sources musulmanes reconnues comme authentiques que je vous propose d’analyser sans préjugé ni tabou – car c’est à cette condition seulement que nous pourrons mieux le combattre.

Sources doctrinales 1

http://www.uppreditions.fr/livre/978-2-37168-053-1_les-sources-doctrinales-de-l-etat-islamique-tome-1-de-mahomet-au-califat/

Sources doctinales 2

http://www.uppreditions.fr/livre/978-2-37168-054-8_les-sources-doctrinales-de-l-etat-islamique-tome-2-la-violence-et-le-sacre/

Le silence et la passivité de la majorité traduisent-il une forme de solidarité vis-à-vis de la minorité agissante ?

La multiplication des attentats musulmans (ou tentatives d’attentats) en Europe repose régulièrement la responsabilité de l’ensemble de la communauté musulmane vis-à-vis de ces actes dans la mesure où ces actes sont revendiqués au nom de l’islam, sur la base de références doctrinales et historiques qu’il n’est pas si facile de jeter aux orties, l’islam étant d’ailleurs la seule religion à connaître ce problème. C’est sans doute qu’il y a bien une raison.

Ainsi, à peine une semaine après les attentats du 13 novembre 2015, le Conseil Français du Culte Musulman, manifestait un certain « agacement » quant à l’évocation renouvelée de la responsabilité de la communauté musulmane en écrivant au début du prêche destiné à être lu le 20 novembre 2015 dans toutes les mosquées françaises : « Il est légitime de se demander si – en tant que musulmans – nous devions, encore une fois, nous justifier devant nos compatriotes, comme si nous étions des « présumés coupables ». » (voir 13 novembre)

Il est pourtant justifié de s’interroger sur la responsabilité explicite ou implicite de la communauté musulmane, celle-ci ne semblant d’ailleurs pas dépenser beaucoup d’énergie pour simplement manifester une compassion profonde à l’égard des victimes (comme dans le cas du prêche du C.F.C.M.). Par exemple : l’infiltration des jihadistes dans le quartier de Molenbeecke n’a-t-elle pas été rendue possible par de multiples complicités ou la simple passivité de certains qui ont « fermé les yeux » sur des situations qui auraient dû justifier d’alerter les autorités belges (outre l’irresponsabilité de ces mêmes autorités qui n’ont visiblement pas pris la mesure du danger) ?

L’intervention ci-dessous, dans une université américaine, est une réflexion intéressante qui pointe bien la responsabilité indirecte mais bien réelle de la majorité pacifique mais silencieuse face à la minorité agissante défendant l’islam historique de Mahomet (ce qu’on appelle, à tort, le « radicalisme ») :

Majorite silencieuse

La majorite silencieuse

Effectivement, que fait concrètement la majorité musulmane pacifique pour lutter contre l’orthodoxie musulmane dans les pays occidentaux ? Juste dire : « Nous n’avons rien à voir avec cela » ? C’est sans doute un peu court, mais nous n’avons semble-t-il pas grand-chose d’autre à nous mettre sous la dent pour le moment.