Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (3) L’islam n’est pas prosélyte

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  • Un prosélytisme inquiétant s’est installé en France

L’installation de l’islam en France conduit manifestement au développement d’un communautarisme qui tend à s’étendre sous l’action d’un prosélytisme plus ou moins actif : remplacement organisé d’anciens commerces par des commerces musulmans dans certains quartiers, pression vestimentaire et comportementale – surtout à l’égard des femmes –, restriction de la liberté de parole en matière de critique des religions et surtout de l’islam dans les médias, comportement ostensiblement religieux dans l’espace public, revendications religieuses de plus en plus pressantes dans l’espace privé (notamment en entreprises), etc.

Ce prosélytisme conduit de fait la France dans une libanisation progressive du territoire et constitue naturellement un facteur fort d’inquiétude de la population de souche. Face à ce constat, Tareq Oubrou cherche à rassurer  en tentant de convaincre du caractère inoffensif de l’islam en matière de prosélytisme religieux : voyons comment.

  • Le prosélytisme : ce que disent les textes sacrés

Rappelons d’abord que les textes sacrés de l’islam sont clairs sur la nécessité du prosélytisme. Quelques extraits parmi d’autres :

Sourate 2, verset 193. Combattez-les [les mécréants] jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition et que la religion soit entièrement à Allah seul (…)

Sourate 8, verset 39. Combattez les infidèles jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus de tentation d’abjurer et que la religion soit entièrement à Allah. S’ils cessent le combat [pour être pardonnés], qu’ils sachent qu’Allah voit parfaitement ce qu’ils font.

Hadith (Bukhari, Muslim) : D’après Abdallah Ibn Umar, l’Envoyé de Dieu a dit : « J’ai reçu l’ordre de combattre les mécréants sans relâche jusqu’à ce qu’ils professent qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que Muhammad est l’Envoyé d’Allah, qu’ils accomplissent la prière et qu’ils s’acquittent de l’aumône légale. S’ils le font, leurs vies et leurs biens seront respectés, sauf quand l’islam permettra d’y porter atteinte. Pour le reste, ils ne devront de comptes qu’à Dieu ».

Notons à cet égard que le prosélytisme est logique. Ainsi, les chrétiens sont en principe prosélytes puisqu’ils sont chargés de répandre la « bonne nouvelle » du Christ. Le problème, dans le cas de l’islam, est la façon dont ce prosélytisme s’autorise – de différentes façons  – à « imposer » l’islam à la société française.

  • L’argument « surprenant » du contact avec le Prophète

    Face à ces textes tout à fait clairs, incontournables et incontestés dans le monde musulman, Tareq Oubrou développe une théorie pour le moins surprenante qui semble limiter à Mahomet l’obligation de transmettre le message de l’islam. Il écrit en effet : « Rappelons que, selon la dogmatique musulmane classique et orthodoxe, notamment sunnite, seul un messager ou envoyé a l’obligation canonique de transmettre la révélation. C’est le cas de Moïse, de Jésus, de Mahomet,.. Le simple prophète (nabî), lui, reçoit la révélation, mais n’a pas l’obligation de la transmettre, à l’instar de Marie, mère de Jésus, prophétesse, mais non missionnée. Puisque le simple musulman n’est même pas un simple prophète, il n’est en aucune manière obligé de transmettre la religion aux non-musulmans. »

    Il serait vraiment intéressant de savoir sur quels textes se fonde Tareq Oubrou pour tenir ce raisonnement qui me semble aller à l’encontre de toute la philosophie et de toute la pratique de l’islam ; malheureusement, il ne l’indique pas dans son livre.

  • Le concept audacieux de « mécréance »

    Mais Tareq Oubrou ne s’arrête pas là. Pour lui, la véritable incrédulité (justifiant l’utilisation du terme de « kafîr » ou mécréant, avec ses conséquences en terme de châtiment terrestre ou céleste) se réduit finalement à la seule période mahométane car liée à la possibilité d’un contact direct avec Mahomet. Il écrit : « Pourtant, selon le Coran, le salut est lié au libre choix de la personne de suivre ou non le Prophète. N’est responsable d’un tel choix que celui qui a rencontré le Prophète missionné, a vu les signes et les miracles qu’il a accomplis, et a reçu son message de manière claire. (…) De ce point de vue, seule une personne qui a connu un prophète-messager (« rasûl ») et a refusé de croire en lui en connaissance de cause peut être qualifiée de « kâfir ». Par conséquent, cette notion, dans son sens négatif, est restreinte au seul moment coranique. (…) En dehors de ce champ, la personne qui n’accède pas à la vérité du Coran n’est pas responsable ; elle ne peut donc pas être qualifiée de « kâfir ». »

    Là encore, on aimerait savoir sur quels versets se fonde Tareq Oubrou pour déresponsabiliser le mécréant car on a bien du mal à les trouver ; malheureusement, il ne l’indique pas.

  • Conclusion

    Les raisonnements de Tareq Oubrou laissent à vrai dire pantois tant ils sont « surprenants », pour ne pas dire ahurissants. Tareq Oubrou ne donnant pas ses sources, on ne peut malheureusement pas essayer de retrouver le chemin qui l’a conduit à de telles affirmations ; c’est bien dommage. Tout cela me semble en contradiction complète avec la lettre et l’esprit des textes sacrés de l’islam.

    Si un lecteur de ce site dispose d’informations à ce sujet, je veux bien qu’il éclaire ma lanterne.

Les leçons de taqiya de Tareq Oubrou : (1) La liberté religieuse en islam : l’argument fallacieux de la diversité du monde

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  • Problématique

Il est de notoriété publique que la reconnaissance de la liberté religieuse (ou de conscience), c’est-à-dire la liberté pour tout individu de choisir sa religion et d’en changer sans subir à ce titre aucune sanction, pose d’énormes problèmes en islam, y compris aux musulmans « modérés » vivant dans les pays occidentaux. L’apostasie, c’est-à-dire le fait de quitter l’islam, est punie dans les pays musulmans (jusqu’à la mort parfois) et fait l’objet, chez les musulmans occidentaux, d’une réprobation évidente, souvent accompagnée de représailles sociales ou de menaces physiques (quand elle n’est pas accompagnée d’actes de violence réels).

Le Conseil Français du Culte Musulman, présenté par nos politiques comme l’organisation centrale de dialogue avec l’islam de France refuse d’ailleurs encore aujourd’hui d’inscrire dans les droits fondamentaux du musulman celui de pouvoir quitter l’islam (cf. http://islametoccident.fr/?p=1023).

La situation est suffisamment dramatique pour que l’Institut du Monde Arabe ait même organisé en novembre 2015 une conférence/débat dont le titre était : « Quelle place dans la religion musulmane pour une véritable liberté personnelle, de conscience et de choix ? » C’est dire !

Tareq Oubrou confirme d’ailleurs ce diagnostic : « Dans l’esprit de l’immense majorité des musulmans, l’incroyance est un délit, et tout non-musulman mérité la malédiction et la sanction eschatologique, la Géhenne. Cette croyance est à l’origine d’une rupture mentale grave entre les musulmans et les non-musulmans. » Et on imagine bien l’abîme qui s’ouvre alors en France avec la conception laïque de la société, créant un véritable conflit de culture et de civilisation.

  • La diversité du monde comme argument pour la tolérance

Pour combattre l’intolérance musulmane, Tareq Oubrou utilise l’argument de la diversité du monde, dont il prend acte, et qu’il attribue nécessairement de son point de vue à une volonté divine : « L’univers des croyances est à l’image de celui des hommes : il est multiple. Cette pluralité est exprimée à plusieurs reprises dans le Coran comme une volonté inéluctable de Dieu : « Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté (sourate 16, verset 93) » ; « Et si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait d’eux une seule communauté (sourate 42, verset 8) » ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait rassemblé tous les hommes en une seule communauté. Or ils ne cesseront d’être en désaccord (sourate 11, verset 118) ». »

Et il en déduit une affirmation en réalité indémontrable : « Si l’on entend bien ces passages, cette diversité est non seulement un fait historique, mais un vouloir divin, à respecter en tant que croyant musulman. Il ne s’agit même plus là d’une question de tolérance. », qu’il exprime également en écrivant : « Si la diversité religieuse procède d’une volonté de Dieu, alors le projet de convertir toute l’humanité s’annule de lui-même. Non seulement c’est une mission impossible, mais ce serait insensé, pour ne pas dire une folie. »

En effet, la diversité du monde religieux n’est pas en soi une preuve que Dieu souhaite qu’il en soit à jamais ainsi. Au contraire, et c’est même beaucoup plus logique – pour autant que Dieu existe –, on peut tout à fait défendre l’idée selon laquelle cette diversité est le moyen pour Dieu d’éprouver la foi des hommes : des croyants dans leur volonté d’étendre le royaume de Dieu sur terre ; des non-musulmans à qui la connaissance du message de Mahomet est apportée et qui choisissent ou non de rester dans l’égarement, justifiant alors de ce fait leur punition (ou non) ici-bas ou dans l’au-delà. Car il faut rappeler qu’avant de tuer les non-musulmans dans le cadre du jihad, les musulmans doivent toujours leur offrir le choix de la conversion : s’ils se convertissent à l’islam (avant de devenir prisonniers – ceci pour éviter les fausses conversions destinées uniquement à échapper à la mort –), ils sont épargnés.

  • La foi ne peut pas être imposée mais l’incroyance peut, elle, être sanctionnée ici-bas

Tareq Oubrou écrit : « Mahomet est le premier à le savoir : « Quels que soient tes efforts, la plupart des hommes ne croiront pas (sourate 12, verset 103) ». » En effet, c’est un simple constat qui prend acte de l’égarement volontaire des hommes justifiant leur châtiment.

Tareq Oubrou reprend d’autres versets du Coran qui disent la même chose : « La foi ne peut donc pas s’imposer : « Dis que la vérité vient de Dieu ; quiconque ne veut pas croire, qu’il ne croie pas (sourate 18, verset 29) » ; « Point de contrainte en religion. Le chemin juste s’est désormais distingué de celui de l’égarement (sourate 2, verset 256) » [sans compter que ce verset s’adressait aux juifs de Médine dans un contexte précis et qu’il a été en pratique abrogé, Mahomet les ayant pourchassé ou exterminé] ; « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous les habitants de la terre auraient été croyants. Est-ce à toi de contraindre les hommes à croire ? (sourate 10, verset 99) ». Non seulement Mahomet n’avait pas de pouvoir coercitif en la matière, mais il était surtout conscient que la conversion est une affaire intime et personnelle, et que la clé des cœurs se trouve dans la main de Dieu : « Tu ne guides pas ceux que tu aimes. C’est Dieu qui guide celui qu’Il veut (sourate 28, verset 56) », lui rappelle le Coran. »

Le rôle de messager de Mahomet consistait donc à exposer aux hommes la doctrine de l’islam pour les amener à se convertir (cette conversion devant s’accompagner, ce qui n’était pas neutre d’un point de vue politique, de l’obéissance temporelle à Mahomet). Ainsi Tareq Oubrou écrit : « La tâche de Mahomet était d’exposer la vérité, et non de l’imposer : « Il n’incombe à l’Envoyé que de transmettre (sourate 5, verset 99) ». Ce principe revient onze fois dans le Coran. (…) « Appelle [les hommes] à venir sur le chemin de ton Seigneur par la sagesse et la bonne exhortation (sourate 16, verset 125) ». »

La foi est effectivement une affaire strictement intime et personnelle : on ne peut pas forcer quelqu’un à croire. Mais s’il ne croit pas, alors il encourt le châtiment selon la volonté même de Dieu. Il suffit de lire le Coran pour égrener la liste extrêmement longue de versets consacrés au sort terrible réservé aux mécréants, à l’exhortation au jihad et à la glorification du martyr. Si vous en doutez, vous pouvez vous reporter utilement au « Livret musulman de premier secours », téléchargeable sur ce site (livret-musulman-27-juillet-2016).

  • Mahomet, le Prophète de l’amour ??

La notion d’« amour », entendu au sens chrétien ou bouddhiste (empathie, compassion, etc.), n’existe pas dans le Coran. La notion de « paix » ne s’adresse par ailleurs en réalité qu’aux musulmans qui peuvent vivre entre eux dans la « paix » de l’islam. Ce qui existe, c’est la notion de juste ou d’injuste : est juste celui qui applique les préceptes de l’islam.

Si Tareq Oubrou mène des raisonnements pour le moins contestables, il est encore plus ennuyeux de le voir travestir le sens littéral de certains hadiths à des fins de glorification de Mahomet, comme si Mahomet avait été l’apôtre d’une religion d’amour.

Ainsi, Tareq Oubrou écrit dans son livre : « Mahomet devait surtout porter de l’amour à ceux à qui il s’adressait. On rapporte que, lorsque les polythéistes le frappèrent, tout en essuyant le sang qui coulait sur son visage, il pria son Dieu : « Ô Seigneur, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas (Bukhari n°3477) ». »

Or donnons la version complète de ce hadith authentique de Bukhari dont Tareq Oubrou ne cite que la dernière phrase : « Shaqîq rapporte qu’Abadallâh Ibn Mâsud a dit : « Il me semble encore voir le Prophète racontant qu’un prophète avait été frappé par son peuple. Comme le sang coulait, ce prophète essuya le sang qui coulait sur son visage et dit : « Ô mon Dieu, pardonne à mon peuple parce qu’il ne sait pas. » »

Donc il ne s’agit pas des paroles de Mahomet mais de celles d’un prophète – en l’occurrence Jésus (considéré comme un prophète par l’islam) au moment de sa crucifixion – que Mahomet cite en référence, la version de l’évangile de Luc (23, 33-34) étant : « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils [les Romains] l’y [Jésus] crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort. »

En d’autres termes, Tareq Oubrou fait passer les paroles du Christ pour les paroles de Mahomet ! C’est oubrouesque, surtout quand on connaît la vie de Mahomet !

En effet, la principale (si ce n’est la seule – à ma connaissance –) référence à du sang coulant sur le visage de Mahomet correspond à la bataille d’Uhud où les musulmans furent battus et où Mahomet fut à deux doigts de perdre la vie, bataille qui relevait simplement du domaine classique de la guerre entre deux clans tribaux rivaux d’Arabie. En voici le récit figurant dans la biographie (Sîra Ibn Hîcham) de Mahomet, où l’on voit au contraire que les paroles de Mahomet – pleines de reproche – sont précisément inverses à celles du Christ – pleines de miséricorde – :

« Les Quraych ne cessaient de harceler les musulmans à coup de sabre. Ils les délogèrent de leur campement, les poursuivirent et ce fut la défaite. Dans leur fuite, quelqu’un cria : « Muhammad a été tué ! » Les musulmans se retournèrent : l’ennemi les poursuivit et fit parmi eux beaucoup de victimes. Ce fut un jour d’épreuve et de malheur, où Dieu fit à un grand nombre de musulmans l’honneur du martyre. Les Quraych parvinrent enfin à atteindre le Prophète. Ils lui lancèrent des pierres en si grand nombre qu’il tomba sur le côté. Son casque de mailles fut défoncé et les anneaux lui blessèrent la lèvre, lui cassèrent deux dents et lui firent une large entaille sur la joue. Le sang coulait sur son visage. (…) Le premier qui ait reconnu le Prophète après la débâcle et la rumeur de sa mort fut Ka’b ibn Mâlik. Il racontait : j’ai vu ses yeux briller sous son casque de maille et j’ai crié : « À la bonne heure ! Musulmans, voici l’Envoyé de Dieu ! » Il me fit signe de me taire. Les musulmans accoururent, soulevèrent le Prophète et le menèrent vers le flanc d’une colline. Ali lui apporta de l’eau dans son bouclier de cuir. Le Prophète, trouvant à l’eau une mauvaise odeur, refusa d’en boire. Pour enlever le sang qui était sur son visage, le Prophète se versa de l’eau sur la tête en disant : « La colère de Dieu gronde contre ceux qui ont ensanglanté le visage de son Prophète ». » Stupéfiant, non ?

  • Conclusion

Un simple constat, la diversité religieuse du monde, ne vaut aucunement approbation, même passive ! La foi est un acte libre. Dieu (Allah) offre aux hommes le choix libre de l’islam ou de l’égarement : s’ils choisissent de s’égarer en ayant entendu le message de l’islam, ils doivent subir le châtiment dès ici-bas et, si ce n’est pas le cas, Allah s’en occupera dans l’au-delà. La liberté religieuse (ou de conscience), sous la forme du droit de changer de religion sans craindre aucun châtiment ici-bas, n’existe pas en islam.

La vision de l’islam de Tareq Oubrou est une vision molle qui revient finalement à considérer l’islam comme une religion possible parmi d’autres, qui peut être vécue passivement par ses adeptes dans une forme d’insouciance à l’égard de ceux qui apostasient : il est sûr que cette vision est beaucoup plus rassurante pour les occidentaux que l’islam de Mahomet, qui ne s’est guère embarrassé de ce genre de considérations : il suffit de lire sa biographie pour en prendre conscience (razzias, meurtres, guerres, viols, torture,..).

Le danger est donc de croire que l’islam de Tareq Oubrou est représentatif de l’islam en général : ce qu’il n’est absolument pas. C’est juste l’islam de Tareq Oubrou.

Du coup, on comprend beaucoup mieux pour quelles raisons doctrinales profondes, notamment concernant la liberté religieuse, l’État Islamique a condamné à mort Tareq Oubrou, imam apostat qui fait dévier les musulmans du droit chemin montré par Mahomet.

Fondamentalisme musulman et théorie du complot : une impasse

  • La problématique

Dans la grande marmite du pot-au-feu « islamiste » que nous mitonnent islamologues et politiques européens, la théorie du complot semble tenir bonne place. À en croire certains, les théories du complot – principalement occidental, américain ou juif – viendraient renforcer les thèses des terroristes musulmans et de ce fait accroître l’attrait de leurs mouvements aux yeux de tous ceux, notamment les jeunes, qui sont en quête d’identité et ont besoin de se raccrocher à une figure tutélaire et simplificatrice.

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Il est donc intéressant d’étudier si les mouvements fondamentalistes musulmans font la même analyse et cherchent à instrumentaliser les théories du complot dans le but de renforcer leurs rangs.

  • Analyse

Or tel n’est visiblement pas le cas, si l’on en juge en tous cas par l’État Islamique qui s’est prononcé clairement sur la question. En effet, l’État Islamique rejette complètement les théories du complot qui peuvent s’emparer de l’esprit de certains musulmans. Selon une analyse doctrinale logique et cohérente, les théories du complot font partie pour l’État Islamique du domaine honni du polythéisme (« shirk ») car ce sont des voies qui aboutissent à attribuer à des puissances terrestres le pouvoir de lutter avec Allah et donc de contester la réalité de son infini pouvoir, comme s’il s’agissait de luttes entre plusieurs puissances ou dieux.

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Ainsi, le 11 septembre serait le résultat d’un gigantesque complot destiné à justifier l’invasion des pays musulmans au Moyen-Orient par les Croisés (chrétiens soutenus par les juifs) ? « Eh bien, non ! » nous dit l’État Islamique, pour qui ces théories ne sont que le fruit du désir et de la sottise.

Si les Croisés complotent assurément, leurs complots sont faibles et peu efficaces pour de multiples raisons : « Les incrédules sont divisés, ont de l’animosité et de l’inimitié les uns envers les autres (…) quoiqu’ils s’unissent contre les musulmans, leur ennemi commun. (…) Leurs conspirations réelles se traduisent toujours par des éléments tangibles et il ne faut pas les déduire de suppositions sans fondement. (…) Les grandes conspirations, comme celle supposée du 11 septembre, mêlent tant de facteurs que seul Allah peut en avoir le contrôle. (…) Une perspective aussi exagérée correspond à une remise en cause du tawhid. (…) L’objet des théories du complot est d’exagérer le pouvoir des mécréants et ainsi de paralyser les musulmans dans l’analyse des événements et finalement de leur faire craindre les mécréants plus qu’ils ne craignent Allah. C’est une méthode pour ruiner la confiance des musulmans en leur Seigneur. »

Pour l’État Islamique, adhérer à ces théories est donc une mauvaise excuse pour éviter de lutter sans merci contre un adversaire qu’on pense trop fort, avec qui on pense donc qu’il est obligatoire de composer, ce qui conduit in fine à négocier avec lui des arrangements politiques et militaires inacceptables au regard de la doctrine de l’islam et au regard d’Allah.

  • Conclusion

On peut difficilement trouver un démenti plus formel aux théories du complot que celui de l’État Islamique. Il semble donc assez cocasse de citer en référence à ce qui pousserait les jeunes vers le terrorisme musulman les théories du complot alors que ceux qui en seraient les principaux bénéficiaires les rejettent totalement. Et c’est d’autant plus grave que c’est, pour expliquer l’attrait suscité par les mouvements terroristes musulmans, orienter les esprits sur une mauvaise piste et détourner l’attention d’une problématique essentielle : la valeur exemplaire du modèle prophétique, Mahomet, chef de clan, guerrier sans état d’âme, massacreur de juifs.

En revanche, lutter de façon générale contre les théories du complot (sans être naïf néanmoins quant à l’existence de lobbys et de convergences d’intérêts dont la manipulation des opinions est une des armes) est effectivement nécessaire pour apprendre, notamment aux jeunes, à réfléchir et ne pas se contenter d’une solution simplificatrice toute faite qui a surtout pour effet de renforcer l’idée préconçue que l’on se fait des choses sans la soumettre à la critique.

Attentat de Nice : une horreur rationnelle ?

S’il est probable que nous ne connaîtrons jamais les conditions entourant l’attentat de Nice, du moins pouvons-nous garder à l’esprit quelques éléments dans l’attente d’informations plus précises.

  • La technique de l’attentat avec un véhicule roulant était bien connue des services de renseignement comme faisant partie de l’arsenal jihadiste

En effet, cette technique était déjà décrite en 2010 par Al Qaïda dans sa littérature. Fondée sur de gros pick-ups plus susceptibles d’éviter les barrages des forces de l’ordre du fait de leur taille, elle pouvait naturellement s’appliquer à des camions pouvant accéder à des zones particulièrement peuplées lors d’événements publics. La France était déjà mentionnée comme une cible potentielle.

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Certains paragraphes sont floutés car il ne s’agit bien évidemment pas ici d’inciter ou de donner des éléments facilitant ces actes abominables, même si tout cela ne relève que du simple bon sens et a déjà été publié pour l’essentiel dans les journaux français.

Il est intéressant de noter que ces techniques d’attentat font partie du fonds commun terroriste des groupes fondamentalistes et que ce n’est pas une invention de l’État Islamique qui passe pour en être un des plus barbares.

  • Le feu d’artifice du 14 juillet n’avait semble-t-il pas été considéré par le gouvernement de messieurs Valls et Cazeneuve comme un événement prioritaire en matière de sécurité en dépit de l’état d’urgence

Il semble en effet qu’une unité des forces mobiles qui devait se trouver à Nice a été réaffectée à la sécurité d’un dîner de François Hollande à Avignon le soir même. Même si rien ne prouve que cela aurait permis de limiter les dégâts compte tenu de la faible anticipation apparente de ce type d’attentat, on ne peut qu’être assez surpris par l’attitude des représentants de l’État interrogés dans cette vidéo, la tentative de dissimulation des responsabilités cédant le pas, dans un embarras certain, au mensonge qui semble être devenu un élément de langage assez banal. Les familles des victimes décédées et les victimes survivantes apprécieront.

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  • L’attentat, qui devait être le fait d’un accès de folie d’un individu isolé, était mûrement préparé

L’enquête a semble-t-il montré que la préparation de cette action a duré des mois et bénéficié de complicités multiples. Cela n’est à vrai dire pas étonnant car l’horreur de cette action est en réalité conforme (avec des moyens modernes) à la doctrine musulmane du jihad et au Coran qui prêche la terreur (l’effroi) vis-à-vis des mécréants, comme en témoignent les versets suivants :

Sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…)

Sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Verset 59, verset 2. C’est Lui [Allah] qui a expulsé de leurs maisons, ceux des gens du Livre qui ne croyaient pas, en prélude à leur rassemblement [pour le jugement dernier]. Vous [croyants] ne pensiez pas qu’ils partiraient et ils pensaient que leurs fortins les défendraient contre Allah. Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point et a jeté l’effroi dans leurs cœurs. Ils démolirent leurs maisons de leurs propres mains avec l’aide des croyants. Tirez-en une leçon, ô vous êtes doués d’intelligence.

  • La présence de musulmans sur la promenade des Anglais à l’occasion du 14 juillet était doctrinalement condamnable en islam

En islam, les bons musulmans n’ont pas à se mélanger aux mécréants et surtout à fêter avec eux des fêtes païennes ou chrétiennes. Ainsi, le Conseil Européen pour les fatwas et la Recherche (dont le 1er recueil d’avis a été préfacé par Tariq Ramadan) et qui édicte la règle à suivre pour les musulmans d’Europe rappelle que « Il n’est pas permis aux enfants musulmans d’utiliser des pétards à l’occasion des fêtes chrétiennes, car cela consisterait alors à s’associer aux spécificités religieuses des chrétiens et à exprimer de la joie pour un événement qui est propre à ces derniers. Il n’y a pas d’inconvénient à utiliser les pétards et feux d’artifice en dehors de ces occasions, au cours de l’année (…). »

  • Le résultat est terrible mais cette violence n’est pas exceptionnelle en islam

Gardons en mémoire ces images, non par voyeurisme mais parce que les Français ont la mémoire courte et ont du mal à reconnaître – sauf à être touchés dans leur propre chair – que le fanatisme religieux peut conduire en toute conscience à de telles extrémités dans le cas de l’islam, l’islam étant la seule religion à justifier rationnellement dans sa doctrine même l’utilisation de la la violence extrême à des fins religieuses, Mahomet en ayant été un emblématique promoteur (il suffit de lire comment il a exterminé méthodiquement et de sang-froid plusieurs centaines de prisonniers juifs de la tribu des Banû Quraydha).

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L’État Islamique a-t-il raison de justifier sa violence contre les mécréants en se fondant sur l’exemple de Mahomet ?

  • S’intéresser à la doctrine des fondamentalistes pour se faire sa propre opinion

Si l’État Islamique a vocation à disparaître tôt ou tard du théâtre mondial au gré de la valse des intérêts politico-économiques internationaux, il n’en est pas de même de l’idéologie religieuse et terroriste qui le sous-tend. Aussi est-il d’un intérêt certain de déterminer si les fondements doctrinaux de ce mouvement trouvent des racines authentiques dans l’islam des origines, c’est-à-dire l’islam de Mahomet, puisque Mahomet est l’exemple parfait que doit suivre tout musulman et que cet exemple ne manquera pas d’être repris un jour ou l’autre par un autre mouvement de l’islam fondamentaliste (en réalité, de multiples mouvements musulmans se font déjà concurrence dans ce domaine).

Il faut donc se pencher avec précision sur la littérature musulmane fondamentaliste pour en comprendre les tenants et aboutissants, sans que cette démarche ne soit bien évidemment l’indice de ma part de la moindre adhésion à la doctrine qui y est décrite, bien au contraire. Mais si l’on veut soigner un mal – comme la trop fameuse « radicalisation » dont on parle à tort et à travers –, encore faut-il comprendre quel est le mal. Certains ont refusé de lire Mein Kampf, ou n’y ont pas prêté attention : ils s’en sont mordus les doigts.

Malheureusement, il semble qu’il ne faille guère compter sur les « islamologues » auto-proclamés des cénacles parisiens pour se faire une opinion réelle et documentée sur la question, ceux-ci étant semble-t-il surtout soucieux de ne présenter la problématique du terrorisme musulman que sous le prisme dont ils ont fait leur cheval de bataille (sociologie, politique, géopolitique, etc.) et qui doit leur permettre de sortir du lot médiatique.

Gilles Kepel n’écrivait-il pas en avril 2000 en introduction (page 11) de son livre « Jihad : expansion et déclin de l’islamisme » : « On arrive en effet au terme d’un cycle historique : les mouvements islamistes sont entrés, comme nous le verrons, dans une phase de déclin qui s’accélère depuis le milieu des années 1990. »

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Curieusement, ces islamologues ne citent quasiment jamais les textes sacrés de l’islam – chacun peut facilement le vérifier – : cela semble être un « détail de l’histoire du fondamentalisme ». Or c’est pourtant de cela que nous avons cruellement besoin. En vérité, la réalité me paraît banale et la simplicité du diagnostic à la portée de n’importe quel lecteur un peu attentif ; mais évidemment, avec une telle thèse, plus besoin d’« islamologues » ou de « spécialistes » qui vont venir alimenter le brouhaha qui fait le beurre du monde nombriliste des médias.

Je me propose donc de vous aider, suivant en cela les bons conseils d’Alain Bauer – criminologue internationalement reconnu –, à décrypter le discours du fondamentalisme musulman (c’est-à-dire de ceux qui prétendent être les plus fidèles à la lettre et à l’esprit de l’islam tel que Mahomet le pratiquait) à partir de ses textes puisque celui-ci communique énormément sur son idéologie. D’ailleurs, plutôt que le terme « décrypter » faudrait-il sans doute utiliser le terme « lire » tant cette démarche ne fait appel qu’à la simple lecture des textes, les concepts manipulés en islam étant assez élémentaires, pour ne pas dire rudimentaires. En d’autres termes, inutile de chercher midi à quatorze heures avec une prétendue « interprétation » lorsque les situations, les faits rapportés, se présentent avec évidence.

  • Comment justifier la barbarie guerrière par le comportement de Mahomet ?

Je vous propose ainsi aujourd’hui de nous attarder sur la justification de la guerre sans merci que, selon les fondamentalistes, l’islam doit faire en permanence aux mécréants, afin notamment de cerner si la brutalité et la sauvagerie de l’État Islamique, d’Al Qaïda, etc. sont justifiés par le comportement du Prophète de tous les musulmans.

J’ai choisi à titre d’exemple aujourd’hui la première partie de l’article du 2ème numéro de la revue « Rumiyah » de l’État Islamique (octobre 2016) dont un article est précisément consacré à la justification de la brutalité et de la sévérité/dureté de la lutte contre les mécréants dans le contexte particulier du traitement infligé aux ennemis en dehors des situations de combat elles-mêmes, c’est-à-dire des ennemis déjà faits prisonniers ainsi que des ennemis qui ne combattent pas par les armes mais par l’esprit (mots ou arts).

Voici cet article : il ne s’agit bien entendu aucunement de faire une quelconque publicité aux mouvements fondamentalistes musulmans mais uniquement d’essayer de comprendre la source de leur idéologie pour savoir à quel ennemi nous avons affaire et ses motivations. Je vous propose donc de reprendre un à un les faits cités par l’État Islamique et de les confronter aux textes sacrés de l’islam pour comprendre à quelles références ils renvoient :

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  • Les faits mentionnés dans l’article sont-ils conformes à la biographie (Sîra) de Mahomet reconnue dans tout le monde musulman (Sîra d’Ibn Hîcham) ?

1) L’exécution du prisonnier Uqba ibn Abû Mu’ît

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Fayard) :

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2) L’exécution du prisonnier Abu Azzah

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Al Bouraq) :

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3) L’exécution du poète juif Ka’b ibn al-Achraf

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Fayard) [je passe les deux pages intermédiaires] :

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4) L’exécution des 600 à 900 prisonniers juifs de la tribu des Banû Quraydha

Cette mention correspond au passage suivant de la Sîra (Éd. Fayard) :

sira-fayard-277

Le texte de l’État Islamique rappelle d’ailleurs à juste titre que le massacre des Banû [fils de] Quraydha suivait le combat contre deux autres tribus juives importantes de Médine (les Banû Qaynuqa puis les Banû Nadir), élément fondamental qui ne peut être ignoré pour analyser la dénonciation par les Banû Quraydha du pacte qui les liait avec Mahomet, vu ce qui était déjà arrivé à leurs coreligionnaires.

5) Les assassinats individuels ordonnés par Mahomet à l’occasion de la conquête de La Mecque

Cette mention reprend effectivement le passage suivant de la Sîra (Éd. Al Bouraq), au bémol près que la Sîra fait état de 8 condamnations à mort individuelles et non de 6 comme mentionné dans le hadith d’An-Nasai (hadith n°4067 dont la fiabilité est d’ailleurs considérée comme certaine mais comme « bonne » / « hasan ») :

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6) Versets du Coran

Les deux versets du Coran cités en appui du propos sont effectivement :

Sourate 48, verset 29. Mahomet est le messager d’Allah. Ceux qui sont avec lui sont violents envers les mécréants, miséricordieux entre eux. (…)

Sourate 9, verset 123. Ô croyants ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous. Qu’ils trouvent de la dureté en vous. Sachez qu’Allah est avec ceux qui le craignent.

  • Conclusion : comment concilier la réalité des citations authentiques de l’État Islamique avec le concept de religion d’amour et de paix ?

Il ressort de cette revue que les éléments mentionnés par l’État Islamique dans cet article sont justes d’un point de vue documentaire, d’après les sources authentiques musulmanes elles-mêmes. Par ailleurs la simplicité des situations décrites – des actions de guerre comme tant d’autres – ne nécessite pas une « interprétation » sophistiquée : il suffit juste de savoir lire.

Quel argumentaire les tenants de l’islam « modéré » de France sont-ils en mesure de produire sur cette base ? Les actes du Prophète étant indubitables et incontestés en islam, comment faire pour rejeter la sauvagerie de l’islam de Mahomet – fondement du jihadisme – sans rejeter le modèle prophétique lui-même et donc sans faire s’effondrer tout l’édifice musulman compte tenu du rôle central de Mahomet ? En réalité, c’est impossible, raison pour laquelle aucun contre-argumentaire sérieux ne verra le jour. La différence entre Mahomet et Jésus ou Bouddha ne fait guère de doute et est bien définitive.

On peut rejoindre (sur ce point) la remarque de Michel Onfray – une des rares personnalités médiatisées à faire l’effort de lire les textes sacrés musulmans avec quelques autres (Zemmour, Finkielkraut,…) – dans son dernier livre « Penser l’islam » : « Je regrette d’avoir à vous dire que les musulmans qui recourent à la violence au nom de l’islam, eux, ont lu les textes et les connaissent… À moins que d’autres les aient lus pour eux, et ceux-là ont bien lu ce qu’il y avait à lire. Et ce qui était écrit. »

On peut ainsi comprendre que l’État français ne souhaite guère que la population française prenne conscience de ces éléments propres au fondement même de l’idéologie musulmane dans sa véritable authenticité, cette compréhension étant problématique au regard de l’« identité heureuse » qu’on cherche à imposer aux Français comme en témoigne par exemple la façon dont le gouvernement procède avec le démantèlement de la jungle de Calais, sans respect pour des populations de souche dont on voit bien que la préoccupation première est le constat intuitif mais lucide de la différence abyssale des cultures (avant même les questions économiques ou d’origine de peuplement).

Aussi ne faut-il pas s’étonner que la menace judiciaire pour « apologie du terrorisme », « consultation de sites jihadistes », « incitation à la haine raciale » (notamment par l’entremise d’officines de défense des droits de l’homme qui agissent largement en réalité pour des motifs politiques), soit devenue fréquente à l’égard de ceux qui se sont donné pour tâche de présenter sans tabou les éléments de cette problématique pour en débattre. C’est naturellement un chantier essentiel à poursuivre.

Le « salafisme » musulman : l’islam ne peut pas s’en dépêtrer

L’émission de France 2 « Islam » a diffusé en septembre 2016 deux volets intéressants consacrés au salafisme. Ce mot est aujourd’hui employé – notamment en Occident – pour désigner le « mauvais » islam, l’islam « radicalisé », par opposition au « bon » islam, l’islam réputé « modéré ». Je vous propose de revenir sur quelques aspects de ces deux émissions.

  • Que veut dire « salafisme » ?

Un reportage fournit une synthèse courte et claire de la signification du terme « salafisme », c’est-à-dire le « retour aux fondements immuables de l’islam » :

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Le reportage précise que « L’exemple de la vie de Mahomet est la référence, le beau modèle qui sert de guide à la communauté. Les croyants orthodoxes sont tenus d’imiter sa conduite en tout, aussi bien sur le plan moral et spirituel que dans les moindres détails de la vie quotidienne. » En réalité, l’exemplarité du modèle mahométan n’est pas propre au salafisme : Mahomet est un modèle à imiter pour tous les musulmans (« orthodoxes », c’est-à-dire qui prétendent être fidèle à l’illustre Prophète), et non les seuls salafistes.

  • Salafisme, jihadisme et terrorisme : une filiation naturelle ?

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Cet extrait rappelle que le salafisme correspond à l’attitude consistant à « être fidèle non seulement à l’esprit de l’islam mais aussi à la lettre de l’islam » et à « l’idée que l’on suit une orthodoxie musulmane ». Y a-t-il là quelque chose de choquant ? Rien a priori. C’est même le contraire : c’est une attitude qui paraît tout à fait naturelle. Or l’intervenant enchaîne en constatant que « le salafisme est devenu dans la bouche de beaucoup d’individus le synonyme de terrorisme, de violence politique et de jihadisme » : est-ce donc que la violence et le terrorisme seraient congénitaux à l’islam ?

  • « Interpréter » pour dissimuler la violence innée de l’islam ?

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L’intervenant évoque l’approche littéraliste en disant qu’elle correspond à l’« absence de contextualisation de ces versets coraniques en disant que ces versets coraniques, globalement, ont un caractère absolu qui s’applique quels que soient l’époque et l’espace dans lesquels nous nous trouvons » : mais le Coran étant donné directement par Allah, qu’y a-t-il d’étonnant à ce que les paroles (définitives, c’est-à-dire non abrogées) d’Allah soient absolues ? C’est le contraire qui serait étonnant.

La question centrale est en réalité de savoir en quoi consiste l’islam des origines, celui de Mahomet (puisque l’islam est – tout le monde l’a compris – une création purement humaine). La lecture de la Sîra, biographie de Mahomet d’Ibn Ishâq/Ibn Hîcham du IXème siècle – biographie incontestée dans le monde musulman au point qu’on peut la considérer comme la biographie « officielle » de Mahomet – ne laisse guère de doute à tout esprit raisonnable qui a appris à lire. L’État musulman créé par Mahomet à Médine était un État violent et guerrier, qui a imposé l’islam par les armes, combattant offensivement contre tous ceux identifiés comme des ennemis, chassant ou massacrant les juifs de Médine (entre autres), et dont l’extension par les armes sur le pourtour de la Méditerranée a été le rejeton tout à fait naturel.

Cet héritage guerrier et bien peu spirituel étant particulièrement embarrassant, bon nombre d’islamologues en Occident (ceux situés dans les autres régions du monde ayant semble-t-il moins d’états d’âme) ont introduit le concept de « littéralisme » et l’adjectif « littéraliste » pour qualifier la lecture simple et élémentaire des textes sacrés musulmans (Coran, Sîra, hadiths). Il suffit de consulter les dictionnaires pour constater que l’adjectif « littéraliste » n’existait pas il y a quelques années en France : à vrai dire, il aurait suffi de parler de lecture « littérale » pour évoquer la lecture « à la lettre » des textes ; mais l’adjectif « littéraliste » à l’avantage psychologique d’entacher le mot auquel il s’applique de quelque grave lacune ou anomalie congénitale de façon inconsciente, et donc sans avoir à démontrer quoi que ce soit. Pourtant la lecture littérale est la lecture de bon sens qui s’applique en tout premier lieu à n’importe quel texte et que l’on enseigne bien évidemment à l’école de la République.

Ainsi, selon les islamologues, il faudrait renoncer à une « lecture littéraliste de la tradition prophétique » au profit d’une interprétation dont on ne sait pas qui serait d’ailleurs légitime à la produire (puisqu’il n’y a aucune autorité religieuse officielle dans l’islam sunnite). Pourquoi ? On ne sait pas et les islamologues ne donnent guère d’exemples concrets pour justifier cette position. Toute lecture littérale, marquée par l’« absence de contextualisation des versets coraniques », serait ainsi irrecevable. Or, quel second sens donner aux actes de Mahomet et de ses partisans quand ils enchaînent de 622 à 632 batailles, razzias, assassinats, meurtres, viols, tortures, etc., au point qu’un décompte précis de tous ces hauts faits d’armes est fourni dans la Sîra ? Quel peut bien être le double sens caché de ces actes épouvantables, et comment pourrait-il réconcilier les faits décrits par les textes musulmans eux-mêmes avec l’idée de religion d’amour et de paix ?

  • La question des versets normatifs : un faux problème

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Contrairement à ce que le premier interlocuteur indique, le wahhabisme ne correspond pas à un passé mythifié mais semble bien correspondre à l’islam de Mahomet : il suffit de lire le texte de la Sîra pour le constater très simplement. L’assertion « Ils fantasment une histoire qui sans doute n’a jamais existé de la manière dont ils se la représentent » est donc fausse au regard des textes musulmans eux-mêmes (Sîra mais aussi Coran et hadiths qui se complètent les uns les autres). On aurait aimé un propos plus circonstancié et moins péremptoire.

Par ailleurs, le passé guerrier et violent de l’islam de Mahomet n’a guère de rapport avec l’idée de norme. Le premier interlocuteur précise : « Le texte coranique lui-même (…) n’intègre qu’entre 200 et 634 versets normatifs » : « et alors ? » a-t-on envie de dire. D’abord il faudrait savoir s’il y en a 200 ou 634, ou un autre chiffre : tout cela est bien approximatif ; il faut être sérieux. Et de quelle norme parle-t-on ? S’il s’agit de rituels (prière, jeûne, etc.), cela n’a aucune espère d’intérêt au regard de la question en discussion.

En revanche, dire que la vision de l’islam est une vision globalisante correspondant à « Une lecture extensive de l’islam, c’est-à-dire que pour eux l’islam n’est pas simplement une religion : c’est un système global, c’est à la fois une religion « din », « dunya » vie et « daoula » État » est tout à fait exact : c’est la conception traditionnelle de l’islam dans tout le monde musulman. Hassan II ne disait-il pas : « Un musulman ne peut pas être laïc. » ?

  • Conclusion : pourquoi l’islam dit « modéré » n’arrive-t-il pas à contrer la doctrine des « fondamentalistes » et en particulier aujourd’hui  l’abondante production de l’État Islamique ?

Avec le « littéralisme », les islamologues nous conduisent dans les mystères de la foi : c’est un grand mystère en effet que la lecture littérale des textes chrétiens soit possible (complétée si nécessaire par un sens symbolique, qui peut d’ailleurs être mentionné par le texte lui-même comme en attestent les paraboles) alors qu’elle ne le serait pas pour l’islam. Il est vrai que l’exemplarité de Jésus (ou de Bouddha si on s’attache à d’autres spiritualités) n’a guère servi de modèle à Mahomet.

On peut tourner le problème dans tous les sens, en utilisant d’autres qualificatifs comme « fondamentaliste » ou « rigoriste » pour qualifier le salafisme, il n’en reste pas moins que l’islam dit « modéré » est aujourd’hui, 1.400 ans après la mort de Mahomet, toujours incapable de démontrer en quoi l’islam salafiste n’est pas le bon islam. Et c’est la raison pour laquelle ce type d’émission ne peut en réalité pas aborder de façon détaillée la question doctrinale qui est au cœur du problème.

N’est-il pas surprenant que les références doctrinales les plus fournies tant concernant le Coran, les hadiths que la Sîra figurent dans les revues (Inspire, Dabiq, Dar-al-islam, Rumiyah) des mouvements musulmans fondamentalistes ? Qu’a l’islam de France à répondre à cela ? Et prétendre « déradicaliser » les musulmans sans avoir d’abord répondu à cette question est une farce grotesque, et pire, un mensonge d’État français.

L’étude de l’islam conduit nécessairement à la « radicalisation »

L’ignorance en Occident et notamment en France de la doctrine de l’islam est une constatation évidente à en juger par tous les politiques, journalistes, philosophes ou autres hommes publics qui s’aventurent à parler de l’islam sans en avoir lu les textes, le plus emblématique d’entre eux étant Alain Juppé, qui s’en est même fait une spécialité avec son concept utopique et irresponsable d’« identité heureuse ». Il suffit d’ailleurs de regarder les débats télévisés ou d’écouter la radio pour constater que personne n’y cite les textes musulmans, car cela deviendrait rapidement très embarrassant.

La première tâche de toute personne qui veut s’intéresser sérieusement à la question musulmane est donc évidemment de commencer par lire les textes dont il s’agit, et dans cet ordre : biographie de Mahomet (Sîra d’Ibn Hîcham) puis le Coran et enfin les hadiths ; car la connaissance de la biographie de Mahomet éclaire d’un jour tout à fait fondamental le Coran (et les hadiths).

Si vous prenez le cas de Michel Onfray, une des quelques personnalités médiatisées ayant fait l’effort de lire sérieusement les textes musulmans, vous constaterez néanmoins en lisant ses ouvrages – et notamment le dernier « Penser l’islam »  – qu’il a certainement bien étudié il y a quelques années le Coran mais qu’il n’a visiblement pas lu dans le détail la biographie de Mahomet (il n’en parle d’ailleurs jamais). Il faut dire, d’une part, que la Sîra est un texte très peu connu en Occident et que, d’autre part, les traductions en français de ce texte sont relativement récentes (2001 pour la traduction d’Abdurrahman Badawi et 2008 pour la traduction de Wahib Atallah) – une version anglaise par Alfred Guillaume étant par ailleurs disponible depuis 1955 –.

Or, contrairement à une idée largement répandue, que l’on retrouve chez Michel Onfray avec sa théorie erronée du « prélèvement » (parce qu’il n’a pas lu la biographie de Mahomet) selon laquelle on peut faire dire tout et son contraire au Coran, la doctrine musulmane est d’une grande cohérence dès lors qu’on la replace dans le contexte politico-historique de la prise de pouvoir par Mahomet – l’idéologie religieuse étant utilisée comme instrument de conquête –, ce que la lecture des textes musulmans montre à l’évidence. Encore une fois, si vous en doutez : lisez la biographie de Mahomet !

Aussi, l’alternative à laquelle conduit la lecture des textes authentiques et sacrés de l’islam est simple et aboutit dans les deux cas à une « radicalisation », pour ou contre :

–  soit on croit à l’existence du Dieu musulman, Allah, et à la prétention de Mahomet à être effectivement son Envoyé, et il faut alors suivre le modèle mahométan en tous points, jihad compris ;

–  soit on pense que Mahomet est un simple illuminé – ou un habile calculateur – qui a construit et utilisé une idéologie religieuse (pour l’essentiel copiée du judaïsme) et qu’il a mise au service de son objectif de conquête du pouvoir (peu importe d’ailleurs que Mahomet ait cru sincèrement être inspiré par Allah ou non).

Ces deux visions sont « radicales » dans la mesure, d’une part, où elles sont très simples, et, d’autre part, où il n’y a pas d’autre voie possible. Ainsi, un musulman « radicalisé » est tout simplement un musulman qui a pris conscience de la nature guerrière de l’islam de Mahomet, croit dans cette voie – puisque l’ordre vient directement d’Allah –, et décide donc de suivre ce modèle avec toutes ses conséquences.

Alors me direz-vous, il y a bien pourtant un « islam modéré » en Occident : eh bien oui et non :

–  non, car il n’y a qu’une doctrine de l’islam – comme le rappelle même et à juste titre le Conseil Français du Culte Musulman dans la « Charte des musulmans de France pour le vivre ensemble » qu’il a publiée à l’été 2014 –. Cette doctrine est en réalité très simple et tranchée sur toutes les questions qui touchent directement aux valeurs occidentales (incompatibilité avec la laïcité, inégalité homme-femme, absence de liberté de conscience, inégalité des communautés humaines et donc communautarisme, etc.).

–  oui, car beaucoup de musulmans n’appliquent en réalité pas les règles de leur modèle Mahomet et pratiquent ainsi un islam « dévoyé », et ce pour au moins deux raisons très simples : une proportion très importante de musulmans vivant en Occident ne connaît en réalité pas les textes de l’islam, y compris le Coran (et ne parlons pas de l’absence totale de connaissance des autres religions et spiritualités) ; et pour ceux qui connaissent la réalité de l’islam de Mahomet, ils ne le mettent pas en œuvre aujourd’hui pour de multiples raisons (doute, paresse, confort offert par la matérialisme, peur du danger, etc.).

Un musulman « modéré » est donc une personne qui tout simplement n’applique pas les règles de l’islam de Mahomet dont il se revendique. Il fait partie de la « zone grise » dénoncée par l’État Islamique et c’est précisément la raison pour laquelle l’État Islamique dans ses revues exhorte les musulmans à se replonger dans les textes sacrés de l’islam authentique pour « apprendre leur religion » car il essaie de rendre insupportable aux musulmans « modérés » ce conflit de conscience entre l’islam véritable et leurs actes, et ainsi de les pousser à basculer dans l’action violente prônée et pratiquée par Mahomet pour imposer l’islam sur toute la Terre. La difficulté, pour un musulman « modéré », mais ignorant, et qui découvre la véritable nature de l’islam de Mahomet, est, s’il refuse le jihad, d’accepter le reniement identitaire et religieux que son refus de s’engager dans le jihad constitue. Tout musulman qui prend conscience de la nature de l’islam de Mahomet – fondé indubitablement sur le jihad (lisez la biographie de Mahomet…) – n’a en réalité de choix final, s’il veut être cohérent intérieurement et ne pas voir sa conscience déchirée, qu’entre le jihad et l’apostasie.

L’extermination des juifs Quraydha par Mahomet ou comment pratiquer l’art de l’assassinat politique

Le massacre par égorgement de plusieurs centaines de prisonniers juifs de la tribu des Banû [« fils de »] Quraydha à Médine fait partie des récits mythiques de l’islam et de la vie de Mahomet. Difficile de concilier cet épouvantable massacre, commis de sang froid par Mahomet (et les musulmans) sur des prisonniers (et non dans un combat) avec le titre revendiqué par l’islam pour Mahomet d’apôtre de la religion d’amour et de paix.

Pour justifier ce massacre (600 à 900 hommes), l’islam fait état du fait qu’il s’agit de la sanction d’une trahison des juifs vis-à-vis de Mahomet. Que dit vraiment la biographie de Mahomet (texte musulman au demeurant) ?

  • Le contexte

Mahomet, arrivé à Médine, cherchait à rallier le maximum d’alliés en anticipation de sa guerre contre les Quraychites (polythéistes) de La Mecque. Il caressait l’espoir de convertir les juifs, Mahomet s’étant très largement inspiré du judaïsme pour inventer sa propre religion. Cet espoir fut vite déçu, les juifs se moquant de lui, et l’opposition aux juifs prit symboliquement après quelques mois la forme du changement de la direction de la prière (la Qibla), dorénavant tournée vers La Mecque et non plus Jérusalem.

Mais la suite des événements ne fut pas seulement symbolique. Mahomet entama une guerre méthodique contre les tribus juives de Médine sous divers prétextes. Une première tribu, les Banû Qaynuqa fut chassée (elle n’échappa à l’extermination voulue par Mahomet que sur intervention de leurs alliés arabes qui firent fléchir Mahomet) ; puis ce fut le tour des Banû Nadir. Restait à s’occuper des Banû Quraydha, la tribu juive la plus importante. Ce fut fait à l’occasion de la bataille dite « du Fossé », Mahomet ayant stoppé l’arrivée des tribus Quraychites de La Mecque et de leurs alliés les Ghatafan venus en découdre avec Mahomet grâce à un fossé creusé autour de Médine.

  • Le déroulement de la bataille du Fossé et la « trahison » des Banû Quraydha

Curieusement, en dépit de l’arrivée de nombreux Quraychites et Ghatafan – incités notamment à venir combattre Mahomet par quelques juifs des tribus ayant déjà été pourchassées par Mahomet –, les quelques semaines d’affrontement ne furent marqués en réalité que par quelques escarmouches.

Dans ce conflit, les Banû Quraydha étaient initialement alliés à Mahomet, ayant signé avec lui un pacte via les tribus arabes lors de son installation à Médine. Toutefois, on peut comprendre que le triste sort infligé par Mahomet aux deux premières tribus juives de Médine ait pu conduire cette troisième tribu à s’interroger sur son propre sort, une fois Mahomet devenu le maître incontesté de Médine.

Une lecture raisonnable du récit des événements que vous pouvez lire ci-dessous dans la Sîra (biographie écrite, rappelons-le, par un musulman) conduit à la synthèse suivante : le chef des Banû Quraydha se laisse finalement fléchir par l’insistance d’un coreligionnaire pour dénoncer son pacte avec Mahomet ; le pacte est rompu, sans peut-être le formalisme approprié qui conviendrait (le texte ne le précise pas), mais ceci est connu et vérifié par Mahomet et ses partisans ; cette dénonciation du pacte n’a aucune conséquence armée, les Banû Quraydha n’ayant pas conclu par ailleurs simultanément d’alliance avec les tribus hostiles à Mahomet (Quraychites et Ghatafan) ; les Banû Quraydha entrent en discussion avec ces tribus mais Mahomet qui a vent de ces pourparlers envoie un émissaire qui parvient semer la zizanie entre Quraychites, Ghatafan et Banû Quraydha de sorte qu’ils n’arrivent pas à s’entendre et donc aucun accord n’est conclu ; les Quraychites et Ghatafan finissent pas lever le camp sans qu’il se soit pratiquement rien passé.

On peut conclure de ce récit que les Banû Quraydha ont bien rompu leur pacte avec Mahomet et que celui-ci en a été informé, cette dénonciation remettant les Banû Quraydha dans une situation de neutralité vis-à-vis de Mahomet. Les Banû Quraydha songèrent à s’allier aux ennemis de Mahomet – ayant sans doute en mémoire le sort des deux précédentes tribus – mais cela ne s’est en réalité jamais fait (chacun tribu doutant de la fermeté des intentions des deux autres) et les Banû Quraydha n’ont pas combattu Mahomet et les siens. Mahomet eut simplement peur que cela n’arrivât, raison pour laquelle il envoya un émissaire pour semer la zizanie entre ses ennemis. Les Banû Quraydha n’ont donc pas « trahi » au sens que l’on donne à ce mot en Occident : la véritable trahison aurait consisté pour les Banû Quraydha à attaquer Mahomet tout en étant toujours lié par un pacte militaire avec Mahomet, comme sur le modèle d’Hitler attaquant Staline pourtant tous les deux liés par le pacte germano-soviétique.

C’est sans doute la raison pour laquelle dans un premier temps Mahomet n’a peut-être pas songé pas à attaquer les Banû Quraydha une fois la bataille du Fossé terminé. Mais la Sîra enseigne qu’il changea rapidement d’avis, comprenant vraisemblablement l’intérêt d’une exploitation politique des événements : il comprit certainement qu’il fallait en finir avec les juifs et la menace qu’ils représentaient pour son pouvoir, n’étant absolument pas considéré par eux mais au contraire dénigré et moqué. En outre, l’horreur du massacre avait un effet dissuasif excellent pour les campagnes militaires à venir (il suffit de voir comment l’État islamique utilise l’horreur et la peur qui en découle comme arme de guerre encore aujourd’hui).

D’où l’invention de l’intervention providentielle d’un deus ex machina, l’ange Gabriel, qui va permettre de justifier pour des raisons divines l’épouvantable extermination des juifs Quraydha de Médine par Mahomet. Cette mise en scène politique judicieuse permet ainsi à Mahomet de préserver aux yeux des musulmans son image au lieu d’apparaître comme ce qu’il était, un chef de guerre implacable et suffisamment sanguinaire pour décapiter de sang froid des prisonniers qu’il aurait tout aussi bien pu continuer à emprisonner ou qu’il aurait pu chasser.

Tout ce récit, comme on le voit, ne relève en aucune façon du domaine spirituel mais beaucoup plus banalement des aléas propres à la constitution d’alliances entre tribus arabes et de la volonté féroce d’un homme de se constituer un empire. Son dénouement relève tout simplement de l’assassinat politique calculé.

On peut ergoter sur le fait que le pacte n’ait pas été dénoncé dans les formes ou que cela ne se faisait pas à l’époque, tout cela n’a guère d’importance : rien ne pouvait justifier un tel massacre pour un prophète censé représenter une religion d’amour et de paix. D’ailleurs, le Christ ou Bouddha avaient déjà donné des leçons insurpassables de spiritualité pacifique au monde : l’islam est en à des années lumière.

Au-delà de cet épisode épouvantable, pour ceux qui douteraient de la haine que Mahomet, et avec lui son idéologie, l’islam (puisque Mahomet est le modèle de tous les musulmans), a construit à l’égard des juifs, il suffit de rappeler le hadith authentique (c’est-à-dire incontesté en islam) de Muslim (n°2922) : « D’après Abû Hurayra, l’Envoyé d’Allah a dit : « L’Heure Suprême ne se dressera pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Les musulmans tueront les juifs jusqu’à ce que les rescapés de ces derniers se réfugient derrière les pierres et les arbres qui appelleront alors le musulman en disant : « Ô musulman ! Ô serviteur d’Allah ! Voilà un juif derrière moi, viens le tuer ! », exception faite de l’arbre dit Al-Gharqad qui est l’un des arbres des juifs ». » (NB : on retrouve cet appel au meurtre des juifs, parfaitement explicite, dans plusieurs hadiths authentiques de Bukhari ; il n’y a donc aucun doute ni aucune ambiguïté en islam sur ce sujet).

  • Le texte original de la biographie de Mahomet

Voici donc pour tous ceux qui aiment se reporter aux textes originaux, le texte de la Sîra d’Ibn Hîcham (les (…) sont les passages sans grand intérêt par rapport au propos et que j’ai ôtés pour faciliter la lecture : la version intégrale du texte est naturellement disponible dans le commerce) :

« La Bataille du Fossé (al-Khandaq) en Shawwâl, an V

(…)

Quelques juifs, parmi lesquels on cite (…), avec des gens de Banû al-Nâdir et des gens de Baû Wâ’il (…) partirent pour Makkah et invitèrent les Quraysh à faire la guerre contre lui. Ils dirent aux Quraysh : « Nous serons avec vous contre lui afin de l’anéantir. » Les Quraysh leur répondirent : « Ô juifs ! Vous êtes les gens du premier Livre (sacré), vous êtes les savants en ce en quoi nous sommes en désaccord avec Muhammad. Dites-nous quelle est la meilleure : notre religion ou la sienne ? » Les juifs répondirent : « Votre religion est meilleure que la sienne, et vous êtes plus proches de la vérité que lui. »

(…)

Lorsque les juifs dirent cela aux Quraysh, ceux-ci s’en réjouirent et se mirent avec ardeur à répondre à leur appel, à savoir : faire la guerre à l’envoyé d’Allah. Ils se réunirent à cette fin et s’y préparèrent. Puis ces juifs-là partirent et vinrent à la tribu Ghatafân (…) et les invitèrent à faire la guerre contre l’Envoyé d’Allah, ils les informèrent qu’ils seraient avec eux, contre l’Envoyé d’Allah, et que les Quraysh avaient accepté de lui faire la guerre. Alors les Ghatafân se joignirent à eux.

(….)

Lorsque l’Envoyé d’Allah eut connaissance de ce qu’ils avaient l’intention de faire et de ce pour quoi ils s’assemblaient, il fit creuser un fossé autour d’al-Madînah.

(…)

Ibn Ishâq dit : Lorsque l’Envoyé d’Allah eut terminé le creusement du fossé, les Quraysh arrivèrent et descendirent là où les lits de torrents de Rumâh se rencontrèrent entre al-Juruf et Zughâbah avec dix mille de leurs mercenaires noirs, et leurs partisans de la tribu Kinâhah et le peuple de Tihamah. (…) L’Envoyé d’Allah et les musulmans vinrent avec trois mille hommes, ayant la montage de Sal’ derrière eux. Il dressa son camp là, le fossé étant entre lui et l’ennemi.

(…)

L’ennemi de Dieu Huyayy ibn ‘Akhtab al-Nadarî alla à Ka’b ibn ‘Asad al-Qurazî, l’homme qui avait le pacte et l’engagement de Banû Qurayzah et qui avait fait un pacte de paix avec l’Envoyé d’Allah au nom de son peuple. Lorsque K’ab apprit la venue de Huyayy ibn Akhtab, il ferma la porte de son fortin en sa face. Huyayy demanda sa permission, mais Ka’b refusa. Huyayy lui cria : « Malheur à toi Ka’b ! Ouvre pour moi. » Ka’b répondit : « Malheur à toi Huyayy ! Tu es un porte-malheur ! J’ai conclu un pacte avec Muhammad et je ne briserai pas ce qui est entre moi et lui ; je ne vois de lui que la fidélité et la véracité. » Huyayy dit : « Malheur à toi, ouvre-moi, et laisse-moi te parler ». Ka’b répondit : « Je n’ouvrirai point. » Huyayy dit : « Je te jure que tu n’as pas fermé ta porte contre moi que parce que tu as peur que je mange avec toi de ta jashîshah [aliment fait de blé concassé]. » Cette parole mit Ka’b en colère, et il ouvrit la porte. Huyayy lui dit : « Malheur à toi, Ka’b ! Je t’ai apporté la puissance invincible et une mer d’hommes ; je t’ai apporté Quraysh avec ses généreux et ses notables, et je les ai fait descendre là où les lits de torrents de Rumâh se rencontrent, je t’ai apporté les Ghatafân avec leurs généraux et ses notables, et je les ai fait descendre à la queue de Naqmah à côté de la montagne de ‘Uhud. Ils se sont engagés devant moi de ne pas partir qu’après avoir anéanti Muhammad et ses partisans.

Ka’b lui dit : « Par Dieu ! Tu m’as apporté l’humiliation éternelle, et un nuage qui ne contient pas de pluie et qui fait des tonnerres et des éclairs sans qu’il contienne d’eau. Malheur à toi, ô Huyayy ! Laisse-moi tranquille, car je ne vois de Muhammad que la fidélité et la véracité. »

Mais Huyayy ne cessa pas d’user de stratagèmes avec Ka’b jusqu’à ce que celui-ci se laisse convaincre, tout en mettant comme condition que si Quraysh et Ghatafân se retiraient et partiraient sans atteindre Muhammad, il entrerait dans le fortin de Huyayy afin qu’il eût le même sort que lui. Alors Ka’b viola son engagement (vis-à-vis de Muhammad) et se défit de la convention qu’il a eue avec l’Envoyé d’Allah.

Lorsque cette nouvelle fut communiquée à l’Envoyé d’Allah et aux musulmans, l’Envoyé d’Allah envoya Sa’d ibn Mu’âd (…) qui était alors le chef des Khazraj et avec eux Sa’d ibn ‘Ubâdah (…) en leur disant : « Allez voir si cette nouvelle est vraie ou non. Si c’est vrai, faites-moi signe que je comprenne et ne démoralisez pas mes gens. Mais si cette nouvelle est fausse et que ces gens-là (les juifs) restent fidèles à leur engagement vis-à-vis de nous, alors dites-le aux hommes. »

Ils partirent et arrivèrent aux juifs et trouvèrent qu’ils étaient pires que ce qu’on rapporta de leur attitude : en effet, ils insultaient l’Envoyé d’Allah et disaient : « Mais qu’est-ce que c’est que cet Envoyé d’Allah ?! Nous n’avons aucun engagement vis-à-vis de Muhammad ni aucune convention. » S’ad ibn Mu’âd les insulta et ils l’insultèrent. (…) Sa’d ibn Mu’âd et Sa’d ibn ‘Ubâdah et ceux qui les accompagnaient allèrent à l’Envoyé d’allah, le saluèrent et lui dirent : « Ils ont comme ‘Adal et al-Qârah » – c’est-à-dire qu’ils ont trahi comme ‘Adal et al-Qârah ont agi avec perfidie contre les gens d’al-Rajî.

(…)

L’Envoyé d’Allah et en face de lui les polythéistes sont restés aux bords du fossé durant plus de vingt nuits, presqu’un mois, sans qu’aucun combat ne s’engageât entre eux, sinon l’échange de flèches et l’état de siège. (…) Ibn Ishâq dit : L’Envoyé d’Allah et les musulmans tenaient donc bon, tandis que leur ennemi les assiégeait, et sans qu’il y ait de combat entre eux.

(…)

Nu’aym ibn Mas’ûd (…) ibn Ghatafân vint à l’Envoyé d’Allah et lui dit : « Ô Envoyé d’Allah ! J’ai embrassé l’islam, mon peuple ne sait pas que je suis devenu musulman. Ordonne-moi de faire ce que tu voudras. » L’Envoyé d’Allah lui dit : « Tu n’es qu’un seul homme parmi nous. Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. Car la guerre est une ruse. »

(…)

La nuit de samedi du mois de Shawwâl an V, Dieu a fait que Sufyân ibn Harb et les chefs des Ghatafân ont envoyé aux Banû Qurayzah ‘Ikrimah ibn Abî Jahl avec un groupe de gens de parmi les Quraysh et les Ghatafân qui leur ont dit : « Nous ne pouvons pas demeurer ici longuement. Nos chameaux et nos chevaux ont péri. Allez donc au combat afin que nous l’engagions avec Muhammad et d’en finir avec lui. » Les juifs leur envoyèrent dire : « Ce jour est un samedi et nous n’y travaillons pas. Quelques-uns de nos ancêtres y ont travaillé ; et il leur arriva ce que vous n’ignorez pas. D’ailleurs nous ne combattrons Muhammad à vos côtés que si vous nous donnez par avance des otages de parmi vos hommes, qui seront entre nos mains comme garantie pour nous. Car nous craignons que, si la guerre pèse lourdement sur vous, et que le combat vous devienne atroce – vous ne retourniez vite à vos pays et que vous nous abandonniez, ce qui laissera l’homme (Muhammad) demeurer dans notre ville, et dans ce cas, nous ne pouvons pas lui tenir tête. »

(…)

Les Quraysh et les Ghatafân refusèrent ; et Dieu a mis la dissension entre eux, et envoya un vent (violent) durant des nuits pluvieuses et très froides qui renversa leurs marmites et leurs camps.

(…)

Abû Sufyan dit : « Ô gens de Quraysh ! Vous n’êtes pas ici dans une maison de demeure. Les chevaux et les chameaux ont péri ; Banû Qurayzah n’a pas tenu sa promesse avec nous et nous n’avons appris de leur part ce que nous détestons. Nous avons souffert de la violence du vent ce que vous voyez : aucune marmite n’est à sa place, aucun feu ne s’allume, et aucune tente ne tient bon. Partez donc ; moi je pars. »

(…)

Les Ghatafân eurent connaissance de ce que les Quraysh avaient fait et ils retournèrent vite à leur pays. Ibn Ishâq dit : Le lendemain, l’Envoyé d’Allah quitta le fossé et rentra lui et les musulmans à al-Madinah et déposèrent leurs armes.

Vers midi, Gabriel (l’archange) vint à l’Envoyé d’Allah selon ce que m’a rapporté al-Zuhrî – coiffé d’un turban de soie et monté sur une mule sur laquelle il y avait un « bât » couvert d’une couverture en brocart. Il dit à l’Envoyé d’Allah : « As-tu déposé les armes ? » L’Envoyé d’Allah lui répondit : « Oui ». Gabriel dit : « Mais les anges n’ont pas encore déposé les armes. Je reviens maintenant après avoir poursuivi ces gens (Quraysh et Gharafân). Dieu Très Haut t’ordonne, Ô Muhammad, de marcher contre Banû Qurayzah, moi je me dirige vers eux et je secouerai leurs fortins. »

Suit l’attaque des juifs par Mahomet, leur reddition, leur emprisonnement et finalement le massacre des 600 à 900 prisonniers juifs, décapités sur le bord du fossé de Médine par Mahomet et les musulmans comme l’indique la Sîra : « Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu’à leur extermination totale. »

Bernard Cazeneuve sait-il de quoi il parle ?

Bernard Cazeneuve a prononcé un discours l’Institut du Monde Arabe le 29 novembre 2015 à l’occasion du Rassemblement des musulmans de France. Il est tout à fait intéressant de le lire et de l’analyser sachant qu’il a été prononcé deux semaines seulement après la tragédie du Bataclan. Il nous permet de mesurer la compréhension qu’a le gouvernement français du phénomène jihadiste.

Le voici est version intégrale : Cazeneuve IMA 151129

Je n’en reprends que quelques passages qui me paraissent particulièrement significatifs.

  • Comme l’a déjà dit le Président de la République, « les meilleures armes pour lutter contre le fanatisme qui se réclame de l’islam, se trouvent dans l’islam lui-même»

On voit par cette assertion que le gouvernement français ne comprend pas la question du jihadisme qui n’est que la remise en vigueur de l’islam de Mahomet, que tous les musulmans vénèrent. C’est précisément dans les textes musulmans authentiques eux-mêmes qu’on trouve tous les arguments doctrinaux nécessaires à la justification du jihad et de la barbarie musulmane, et c’est justement pourquoi l’État Islamique mais aussi les autres mouvements fondamentalistes poussent les musulmans à approfondir la connaissance de leur religion : la radicalisation n’est que la conséquence d’une meilleure connaissance de l’islam prôné par Mahomet.

Faut-il rappeler que les analyses doctrinales les plus approfondies sont aujourd’hui fournies par l’État Islamique dans ses publications, État Islamique qui s’appuie sur des citations du Coran et des hadiths nombreux et précis, alors même que l’islam de France est incapable de produire un document doctrinal substantiel pour y répondre ?

L’assertion de Bernard Cazeneuve est donc un contre-sens complet qui prouve une ignorance profonde des textes de l’islam.

  • Il est ainsi insupportable d’entendre certains prédicateurs soutenir que le fait, pour une femme, de se promener tête nue l’expose à des violences sexuelles. Or ce sont de tels propos, comme vous le savez, qui sont tenus dans certaines mosquées, heureusement très rares, et qui sont surtout diffusés de manière virale sur internet et les réseaux sociaux. Il n’est pas admissible que des jeunes Français, à l’âge où se forme le jugement, soient exposés à cette bêtise, à cette forme d’ignorance et d’aliénation, plutôt qu’au message d’émancipation de la République.

Bernard Cazeneuve ignore que c’est Mahomet lui-même qui, prenant acte de l’inconvenance des mœurs des bédouins d’Arabie au VIIème siècle a recommandé aux musulmanes de se voiler pour être reconnues comme telles et ainsi limiter le risque de violences sexuelles. Cette recommandation figure explicitement dans le Coran :

Sourate 24, verset 31. Dis aux croyantes de baisser leur regard, d’être chastes, de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines. Qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leur mari, ou à leur père, ou au père de leur mari, ou à leurs fils, ou aux fils de leur mari, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. (…)

Sourate 33, verset 59. Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs voiles : c’est pour elles le meilleur moyen d’être reconnues et d’éviter d’être offensées. Allah pardonne et est miséricordieux.

D’ailleurs, il faut noter de façon plus générale que Mahomet n’avait guère d’estime pour les femmes : il suffit de lire les hadiths authentiques pour s’en convaincre :

Hadith (Bukhari, Muslim) : On rapporte les paroles suivantes d’Abu Hurayra : « L’Envoyé de Dieu a dit : « Soyez bienveillants à l’égard des femmes, car la femme a été créée d’une côte. Or ce qui est le plus recourbé dans la côte, c’est sa partie supérieure. Si vous essayez de la redresser, vous la brisez, et si vous la laissez en paix, elle restera toujours recourbée. »

Hadith (Bukhari) : D’après Abu Said al-Khudri, le Prophète a dit : « Le témoignage d’une femme n’est-il pas la moitié du témoignage d’un homme ? – Certes oui, répondîmes-nous. – Cela, reprit-il, tient à l’imperfection de son intelligence. »

Hadith (Bukhari) : Abdallah Ibn Umar a dit : « J’ai entendu le Prophète dire : « Ce n’est que dans trois choses que des influences funestes [la malchance] peuvent se faire sentir : la femme, le cheval et la maison. » »

Hadith (Bukhari) : Selon Usama Ibn Zayd, le Prophète a dit : « Je ne laisse après moi aucune cause de trouble plus funeste à l’homme que les femmes. »

Hadith (Bukhari) : D’après Imran Ibn Husayn, le Prophète a dit : « J’ai pu considérer le Paradis et voir que la majeure partie de ses habitants, ce sont les pauvres ; j’ai pu considérer l’Enfer et voir que la majeure partie de ses habitants, ce sont des femmes. »

Les propos tenus dans les mosquées et dont parle Bernard Cazeneuve sont donc absolument conformes à la doctrine musulmane orthodoxe. D’ailleurs la multiplication des incidents sexuels liés à l’arrivée des migrants – et l’affaire de Cologne notamment – prouvent s’il en est besoin qu’il y a toujours bien un problème de statut de la femme dans la culture musulmane contemporaine. L’émancipation de la femme en islam est une utopie.

La crise du burkini que la France est en train de connaître n’est que le prolongement logique et inéluctable de cette aberration religieuse. Bien entendu, la burqa, le voile, le burkini sont présentées comme des choix libres par des femmes qui n’ont probablement aucune conscience de la misogynie de Mahomet. Sans parler des femmes qui se sentent valorisées dans l’abaissement et la soumission.

  • Nous devons protéger notre jeunesse contre la prolifération de la bêtise, particulièrement lorsque celle-ci s’abrite derrière une théologie frelatée.

Ce propos renvoie au premier point ci-dessus. Si cette théologie est frelatée, pourquoi l’islam de France est incapable de la contrer ? Comme disent les musulmans, « Apportez vos preuves si vous êtes véridiques » : nous attendons encore…

  • Vous réfléchissez à un statut de l’imam, qui garantisse la qualité de sa formation théologique et profane aussi bien que son adhésion aux valeurs de la République.

L’islam de France « réfléchit » donc à un nouveau statut d’imam : en d’autres termes, Bernard Cazeneuve reconnaît que les imams actuels sont mal formés et n’adhèrent pas aux valeurs de la République puisque, si c’était le cas, ce nouveau statut ne serait pas nécessaire.

De toutes façons, qui va édicter les règles ? Personne n’est légitime dans l’islam sunnite à s’auto-proclamer au-dessus de la mêlée. Tout le monde peut devenir imam et cela fait 1.400 ans que cela dure.

  • C’est tout l’Islam de France qui doit se mobiliser, et qui est mobilisé aujourd’hui, pour lutter contre ceux qui s’en prennent à notre pays et à ses valeurs, en invoquant une conception funeste de la religion. Je vois votre rassemblement de ce jour comme un moment fondateur de cette magnifique mobilisation.

Encore la même idée qu’au premier point ci-dessus. Que n’attend-on cet argumentaire démontant la conception funeste de l’islam prônée par les jihadistes ! 1.400 ans après la mort de Mahomet, la mobilisation commencerait donc aujourd’hui ?

  • Le projet criminel porté par Daech est, pour reprendre les mots de l’un d’entre vous, une « prise d’otage » de l’islam, dont les premières cibles sont les musulmans eux-mêmes. Il s’agit d’un totalitarisme que nous devons éradiquer, par amour de la liberté, de la fraternité et de l’humanité. Par amour aussi de la vie, source d’espérance, parce que la fascination de la mort ne peut que semer partout le malheur et la désolation.

Toujours la même incantation ignorante. Bernard Cazeneuve semble attendre un miracle. Cela fait 1.400 ans que les musulmans s’entre-tuent entre eux et avec les autres au nom de l’islam.

  • Vous réfléchissez aux moyens de combattre efficacement leur message perverti. Les réponses se trouvent dans la lettre et dans l’esprit de votre belle religion.

Bis repetita placent.

  • Les groupes de travail sur l’aïd et sur les édifices du culte se sont déjà réunis plusieurs fois et leurs travaux s’annoncent, de l’avis général de leurs participants extrêmement utiles.

Pourquoi un groupe de travail sur l’Aïd ? Soit l’égorgement des animaux est conforme aux valeurs de la société française, soit il ne l’est pas. La question de l’étendue de ce massacre lors de l’Aïd n’est qu’une question secondaire.

En l’occurrence, l’égorgement n’est pas conforme aux valeurs françaises et cette pratique obscurantiste qui prétend lier la spiritualité à un rituel sacrificiel bénéficie d’une dérogation inacceptable. Il faut y mettre un terme, d’autant, et les musulmans l’ignorent généralement, que cette pratique n’est pas une obligation religieuse dans le contexte du halal : Yusuf Qaradawi mais aussi d’autres (Tareq Oubrou par exemple) le confirment.

Le vrai problème est que l’égorgement constitue une cristallisation identitaire dans le prolongement naturel du communautarisme prôné par l’islam que toutes les sociétés musulmanes appliquent.

  • La radicalisation de jeunes Français et Françaises constitue désormais un sujet absolument central, pour l’Etat, pour les musulmans et pour la société française. (…) Je vous propose d’avancer la date de la prochaine instance de dialogue avec l’islam de France, qui pourrait se réunir dès le début de l’année 2016 et non pas en juin prochain comme nous l’avions prévu, et de lui donner pour principal objet la lutte contre la radicalisation des jeunes.

Comme nous le savons tous, la tenue de la première instance de dialogue (mars 2016) n’a accouché que d’une souris : il ne pouvait en être autrement et il en sera de même pour la suite puisque, comme déjà souligné, la radicalisation n’est que la mise à l’ordre du jour de l’islam de Mahomet : or quel musulman va aller se risquer à critiquer Mahomet ?

CONCLUSION

L’ignorance du ministre et l’inutilité de ses propos sont absolument consternantes. La situation ne peut que se détériorer fortement : comment voulez-vous que le médecin soigne le malade s’il ne comprend rien à sa maladie ?

Tragédie de Nice : Quelle responsabilité des gouvernants qui refusent d’ouvrir les yeux ?

Les terribles événements de Nice remettent en cause le satisfecit implicite que s’accordait le gouvernement en matière de sécurité nationale. Dans une telle situation, la question se pose de déterminer précisément la responsabilité de la chaîne gouvernementale, préfectorale, etc. dans la perpétration d’un acte réalisé conformément à une procédure bien connue, et de longue date, des services de l’État ; l’enquête nous le dira. En effet, ne pas pouvoir arrêter rapidement un ou plusieurs tireurs isolés agissant seuls est une chose, ne pas être en mesure d’empêcher par un barrage solide l’accès d’une aire bondée à un véhicule lourd en est une autre. Il aurait dû être immédiatement mitraillé.

Car ce qui vient de se passer est une technique bien documentée par les terroristes eux-mêmes dans les magazines rendus disponibles publiquement sur internet et que les services de police et anti-terroristes connaissent évidemment : il suffit de lire.

Revue « Inspire » n°1 de l’été 2010 :

Inspire 1 TrucksPar ailleurs, un article du numéro 2 d’« Inspire » de l’automne 2010 dédié à l’utilisation des véhicules roulants comme outils de terrorisme pour « faucher les ennemis d’Allah » et « atteindre un carnage maximum » fournit des recommandations sur le choix du lieu, l’aménagement du véhicule, ou encore la nécessité de porter une arme puisque l’aventure se finit nécessairement mal compte tenu de l’impossibilité de fuir facilement sans être vu, ce qui a toutefois pour avantage d’assurer le martyr et le paradis pour le terroriste musulman. Ces recommandations ont été scrupuleusement suivies hier soir.

Et pour ce qui est de la justification idéologique, l’arme est toute trouvée : le Coran et les « dits » (hadiths) de Mahomet. Quelques tous petits exemples impossibles à nier (on pourrait en noircir au moins deux pages complètes) :

D’abord sur l’utilisation de la terreur :

Coran, sourate 3, verset 151. Nous jetterons l’effroi dans les cœurs des mécréants (…). Le Feu sera leur refuge. Quel détestable séjour que celui des injustes !

Coran, sourate 8, verset 12. Rappelez-vous quand ton Seigneur inspirait les anges en leur disant : « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez leurs cous ; frappez-les sur les doigts. »

Ensuite sur la justification du martyr :

Coran, sourate 2, verset 154. Ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier d’Allah qu’ils sont morts. Au contraire ! Ils sont vivants, mais vous n’en avez pas conscience.

Coran, sourate 3, verset 157. Si vous êtes tués dans le chemin d’Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d’Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu’ils amassent.

Coran, sourate 3, verset 169. Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah sont morts : ils sont vivants ! Auprès de leur Seigneur et bien pourvus,

Hadith authentique (Bukhari) : Anas Ibn Malik a dit : « Le Prophète a dit : Personne des élus du Paradis ne voudrait revenir en ce bas monde, dût-il posséder n’importe lequel des biens de la terre, à l’exception du martyr ; car lui, il souhaiterait revenir en ce bas monde et être tué à nouveau, et cela dix fois de suite, étant donné ce qu’il sait des faveurs divines. »

Tout ceci d’ailleurs nous montre qu’il s’agit d’actes prémédités pour des raisons religieuses, conformément aux textes musulmans sacrés, par des personnes tout à fait conscientes et responsables, et non folles comme la propagande gouvernementale veut nous le faire croire. Ou alors, qu’un responsable gouvernemental nous affirme que Mahomet était fou !

Comme le rappelait Alain Bauer il y a moins de deux mois dans une conférence publique à l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (http://www.ihedn.fr/?q=multimedia-video-des-lundis), ces terroristes nous disent bien à l’avance ce qu’ils vont faire et comment ils vont procéder mais nous avons parfois du mal à les croire.

N’est-il pas urgent de commencer à regarder précisément ce qui est écrit dans le Coran ?