Discours de Bernard Cazeneuve (15 juin 2015)

Il est intéressant d’analyser la position du gouvernement français, par la voie de son ministre de l’intérieur, sur la question musulmane. Voici quelques commentaires relatifs au discours prononcé le 15 juin 2015 par Bernard Cazeneuve, en clôture de la réunion de l’Instance de dialogue avec le culte musulman.

  • « La laïcité, ce n’est pas l’interdiction des repas de substitution dans les cantines scolaires. Cela, ce n’est pas la laïcité, c’est son instrumentalisation politique au détriment des seuls musulmans. »

La laïcité, c’est la neutralité de l’État en matière religieuse, et donc l’absence de soumission de l’État à des contraintes religieuses. La notion de « repas de substitution » doit être bannie : seule la diversité des repas doit être assurée afin que chacun y trouve son compte. Mais laisser planer le doute quant à l’obligation morale qu’auraient les établissements publics à fournir des repas halal dans les cantines scolaires est inacceptable.

D’ailleurs, pourquoi limiter la question au halal et ne pas intégrer la question du casher ? Dire que cela ne concerne que les seuls musulmans est erroné. Or les juifs ne posent a priori pas de problème majeur sur ces sujets.

  • « C’est au nom la laïcité que l’État doit garantir aux Français de confession musulmane le libre exercice de leur culte »

L’État garantit à tout individu l’exercice de ses droits, liés à la liberté religieuse ou pas. Quel rapport avec la laïcité ?

  • « En outre, le gouvernement a décidé de consacrer 9 millions d’euros sur les trois prochaines années au financement d’équipements de sécurité, comme des caméras de vidéo-protection, dans les mosquées où le besoin s’en fait sentir. »

S’il s’agit d’équipements sur la voie publique aux abords des mosquées par exemple, pourquoi pas. Mais s’il s’agit d’équiper aux frais du contribuable des établissements privés musulmans (mosquées ou autres), ce qui semble bien être le cas (dans les mosquées), c’est inacceptable.

  • « Dès l’an passé, j’ai donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes anti-musulmans, mais aussi racistes et antisémites, dont ils auraient connaissance. »

Et les actes anti-chrétiens ?

  • « Pour ma part, comme je l’ai déjà dit, je comprends que les musulmans soient exaspérées de devoir sans cesse expliquer qu’ils n’ont rien à voir avec les attentats perpétrés sur notre sol. »

Non. Les musulmans sont les représentants vivants d’une idéologie religieuse qui, objectivement, sème la terreur dans le monde. Les musulmans portent une responsabilité collective dans l’absence de dénonciation et de manifestation ferme et massive devant ces faits, même ceux qui se passent à l’étranger ou dans les pays musulmans (ex. absence de respect des droits de l’homme), ainsi que dans leur incapacité à purger leur doctrine de tous les ferments d’extrême violence, nombreux, qui y figurent avec une évidence criante.

D’ailleurs certains représentants de la communauté musulmane ne sont pas de l’avis du ministre et jugent bien qu’il y a effectivement des comptes à rendre aux non-musulmans quant à la violence que l’Occident et notamment la France subie depuis tant d’années (cf. reconnaissance).

  • « Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Non, cf. le point précédent. La majorité silencieuse est coupable de son silence, comme commencent à le reconnaître certains musulmans eux-mêmes (cf. reconnaissance). Quant à ce procès en culpabilisation, qu’il soit soutenu par un ministre de l’intérieur en exercice prouve, s’il en était encore besoin, que le politique tend à abaisser le débat public au lieu de l’élever.

  • « Enfin, il est connu que les préjugés naissent de l’ignorance. Je crois donc également à la nécessité de faciliter l’accès du grand public à une meilleure connaissance de l’Islam et de la civilisation arabo-musulmane. Le ministère de la culture va entreprendre un travail de recension des projets portés par les institutions culturelles et audiovisuelles – France Télévision, l’INA, l’Institut du monde arabe, le Louvre, pour n’en citer que quelques-unes – et qui répondent à cette ambition. Des crédits publics seront également engagés pour soutenir les projets de recherche dans le domaine de l’islamologie, de l’étude de l’Islam de France et de la connaissance du monde arabo-musulman. Leur affectation précise sera annoncée à la rentrée. Mais il appartient naturellement aux musulmans eux-mêmes d’être les acteurs de ce combat pour une meilleure connaissance de l’Islam comme religion et comme civilisation. Ce doit être, à mon sens, l’une des principales raisons d’être de la nouvelle Fondation de l’islam de France, qui aura bien entendu par ailleurs d’autres objectifs dans les domaines du culte, de l’éducation et de la solidarité. »

Il est surprenant que l’État français se transforme ainsi factuellement en propagandiste de l’islam : est-ce bien là le rôle d’un État laïc ? Si la communauté musulmane se sent frustrée par une méconnaissance de la contribution de l’islam au monde occidental, que ne se prend-elle en main elle-même pour promouvoir cet héritage ? N’est-elle pas la mieux située ? Pourquoi, depuis tant d’années que chacun est libre en France et en Europe (contrairement à ce qui se passe dans les pays musulmans) de mener toutes les recherches possibles et imaginables cette évidence de la contribution musulmane ne s’est-elle pas imposée ?

  • « L’exercice du culte, c’est également l’existence de lieux de cultes appropriés, en nombre suffisant pour permettre aux fidèles qui le souhaitent de se rendre à la prière. (…) Il existe aujourd’hui environ 2400 mosquées et salles de prières en France. (…) A cet égard, vous n’ignorez pas que la loi de 1905 impose à l’État une abstention rigoureuse, puisqu’elle prévoit que l’État ne subventionne aucun culte. La religion n’est plus en France, depuis plus d’un siècle, considéré comme un service public que l’État prendrait en charge. Son organisation et son financement relèvent exclusivement des fidèles, ce qui est aussi pour eux un gage d’indépendance et de liberté. Mais ce principe n’exclut pas, comme vous le savez également, que les collectivités locales puisse faciliter l’aboutissement de certains projets de construction : en mettant à disposition des terrains dans le cadre de baux emphytéotiques ; en garantissant des emprunts ; ou encore en contribuant au financement de la partie culturelle de projets immobiliers à caractère mixte. »

Le projet de l’État français socialiste semble être de continuer à développer l’islam en France au prix du contournement des textes pour aider et assurer, probablement en toute opacité, le développement d’une religion qui devrait se prendre elle-même en charge.

  • « J’appuie donc fortement le projet issu de l’atelier qui s’est réuni ce matin consistant à créer un groupe de travail rassemblant les responsables musulmans et ceux des autres cultes, l’Association des Maires de France, ainsi que les administrations concernées afin d’évaluer l’application de ces diverses règles. Cette initiative rejoint du reste l’une des propositions du rapport que le sénateur Hervé MAUREY a consacré au financement des lieux de cultes. »

Un appel à mots couverts au contournement de l’esprit de la loi, si ce n’est de sa lettre !

  • « Dans un contexte ou des prêcheurs de haine, très présents sur Internet, s’adressent à une jeunesse souvent ignorante des valeurs de l’Islam, il est important que des figures d’autorité morale et d’érudition soient à même de porter un autre message, conforme à un Islam de paix, un « islam de lumière » tel que l’a défini ce matin Dalil BOUBAKEUR. (…) Bien entendu, la formation théologique des imams ne regarde pas directement l’Etat. »

Quel en est le contenu ?  Le C.F.CM. refuse toujours d’inscrire dans les droits des musulmans de France le droit d’apostasier (cf. apostasie), droit fondamental de l’homme s’il en est. Sachant par ailleurs que l’islam est fondamentalement antinomique avec la laïcité, cela promet.

  • « Je sais que beaucoup de musulmans souhaiteraient voir l’État intervenir davantage dans l’organisation du commerce halal. L’abattage rituel ne s’oppose pas au principe de laïcité ; bien au contraire, il est l’une des composantes de la liberté de culte. »

Le halal contrevient à la dignité du monde animal au nom du respect de règles religieuses inutiles. Bernard Cazeneuve ignore que le halal n’est pas considéré comme une obligation incontournable du culte, comme en témoignent plusieurs islamologues bien connus (cf. halal).

  • « On le sait peu, ou plutôt on l’oublie trop souvent, mais c’est une vieille histoire que celle de la présence des musulmans en France. Une histoire qui remonte très loin dans le temps, jusqu’au Moyen Age, notamment dans les régions du sud de notre pays. Entre Bordeaux et Narbonne, dans l’ancienne Septimanie, mais aussi en Provence, des communautés musulmanes – certes minoritaires, mais qui n’en étaient pas pour autant négligeables – ont ainsi vécu jusqu’au XIIe siècle. Je crois que nous devons tous prendre enfin conscience de cette part de notre histoire commune, dont l’islam de France est aujourd’hui l’héritier. »

L’islam s’est effectivement hasardé dans une partie du territoire français et Charles Martel, puis quelques autres, ont chassé à l’époque les intrus. Quel bienfait a résulté de la présence musulmane en France ? Il est quand même étonnant de voir un ministre du gouvernement français tenter de valoriser par un recours à l’histoire le lien avec une religion dont on ne voit guère ce qu’elle a apporté à la France aujourd’hui, et qui au contraire est à l’origine d’un terrorisme manifeste depuis plusieurs décennies.

  • « Souvenons-nous de l’ancienneté de la belle mosquée de Saint-Denis de la Réunion et souvenons aussi des raisons qui ont présidé à l’édification, dans les années 1920, de la Grande Mosquée de Paris. Ce symbole magnifique au cœur de la capitale fut en effet alors conçu comme un témoignage de reconnaissance à l’égard des dizaines de milliers de soldats musulmans morts pour la France entre 1914 et 1918. Faut-il également rappeler le sacrifice des soldats musulmans qui participèrent, entre 1940 et 1945, au combat national contre le nazisme et à la Libération du territoire national ? Enfin, aurions-nous oublié combien fut décisive la part prise par les immigrés venus d’Afrique du Nord, puis d’Afrique noire, dans la reconstruction du pays après la guerre et dans son développement économique au cours des « Trente Glorieuses » ? Par le sang qu’ils ont versé, par leur labeur, par leurs talents, les Français de confession musulmane ont façonné et continuent à façonner la France – la France qui est notre bien commun. »

Ce témoignage de reconnaissance que constitue la Grande Mosquée de Paris n’est que le symbole de l’abaissement de la France devant une religion à qui les Français ne doivent rien. Ce n’est en réalité que la triste contrepartie d’une colonisation mal assumée. Ceux qui se sont battus pour la France doivent être remerciés, quelle que soit leur confession, car ce n’est pas une question de religion. En quoi cela justifie-t-il d’une façon quelconque une hypothétique dette de la France à l’égard de l’islam (cf. mosquée de Paris) ?

Discours de Bernard Cazeneuve à la mosquée de Cenon, Bordeaux (25 février 2015)

Il est intéressant d’analyser la position du gouvernement français, par la voie de son ministre de l’intérieur, sur la question musulmane. Voici quelques commentaires relatifs au discours prononcé le 25 février 2015 par Bernard Cazeneuve.

http://www.interieur.gouv.fr/Le-ministre/Interventions-du-ministre/25.02.2015-Discours-de-M.-Bernard-Cazeneuve-a-la-mosquee-de-Cenon-Bordeaux

  • « La loi interdisant le port du voile intégral doit ainsi être appliquée avec fermeté. » 

Bernard Cazeneuve peut-il alors nous expliquer pourquoi cette loi n’est pas appliquée et, pire, pourquoi les policiers semblent avoir reçu des consignes pour ne pas l’appliquer ?

  • « Le président de la République a d’ores et déjà annoncé sa volonté de durcir la répression des actes et des menaces racistes,  antisémites et anti-musulmans. La prévention et la répression des actes anti-musulmans constitueront un axe majeur du plan d’action pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme que prépare actuellement le nouveau délégué interministériel (…). J’ai pour ma part donné instruction aux préfets de signaler systématiquement aux procureurs de la République tous les actes racistes, antisémites ou anti-musulmans dont ils auraient connaissance.  »

Et les actes anti-chrétiens ? Ils ne comptent pour rien ? Bernard Cazeneuve mentionne en fin de discours un rapide : «  Quant aux profanations de cimetières et de lieux de cultes, elles touchent toutes les confessions, et notamment la religion chrétienne, et sont, hélas, en nombre croissant. » Mais on voit bien que cela n’est vraiment pas dans ses priorités ni dans celles du gouvernement français.

  • « Je comprends que les musulmans trouvent injuste de devoir sans cesse rappeler qu’ils n’ont rien à voir avec de tels crimes. Chacun sait que l’immense majorité des Français de confession musulmane ont fermement et évidemment condamné les attentats perpétrés sur notre sol, ainsi que la volonté des terroristes d’invoquer la religion pour justifier leurs actes criminels. Mettre en relation les exactions de quelques individus avec les comportements et les valeurs de cinq millions de Français musulmans relève soit d’une coupable ignorance, soit d’une malhonnêteté inacceptable. »

Pour quelle raison cette demande de justification paraît-elle aussi insupportable ? Les musulmans ne sont-ils pas les représentants vivants d’une idéologie religieuse qui, de façon objective, sème la terreur dans le monde depuis plusieurs décennies ? Les musulmans ne portent-ils pas une responsabilité collective dans l’absence de dénonciation et de manifestation ferme et massive devant ces faits, même ceux qui se passent à l’étranger ou dans les pays musulmans (ex. absence de respect des droits de l’homme), ainsi que dans leur incapacité à purger leur doctrine de tous les ferments d’extrême violence, nombreux, qui y figurent avec une évidence criante (cf. jihad) ? Vouloir ignorer cette réalité relève bien d’une coupable ignorance ou d’une malhonnêteté inacceptable : celle du personnel politique français depuis des années.

D’ailleurs plusieurs représentants de la communauté musulmane ne sont pas de l’avis du ministre et jugent bien qu’il y a effectivement aujourd’hui des comptes à rendre aux non-musulmans quant à la violence que l’Occident et notamment la France subie depuis tant d’années (cf. violence).

  • « La République laïque garantit à chaque Français la liberté de conscience, par là même la liberté de croire ou de ne pas croire » 

Bernard Cazeneuve semble oublier que le C.F.C.M., dont il vante par ailleurs les qualités et qu’il considère être « l’interlocuteur privilégié de l’État », refuse encore aujourd’hui d’inscrire dans la charte des droits du musulman le droit d’apostasier (cf. apostasie). Il est donc intéressant de noter que le gouvernement français choisit comme interlocuteur privilégié une organisation qui refuse la liberté de conscience.

  • « Ma conviction (…) est que l’enseignement privé confessionnel musulman doit pouvoir se développer dans le respect des principes républicains. »

Bernard Cazeneuve peut-il nous expliquer comment l’enseignement confessionnel musulman pourrait être compatible avec les principes républicains puisqu’il consiste à enseigner une doctrine qui prône ou autorise (entre autres) l’inégalité naturelle homme/femme, la répudiation, la polygamie, les châtiments corporels, l’absence de liberté de conscience, le communautarisme ?

  • « Il y a beaucoup à faire aussi pour aider à mieux faire connaître l’islam comme religion et comme civilisation par nos compatriotes, en partenariat avec les musées, les bibliothèques, les médias audiovisuels. (…) Des cours de langue arabe et de civilisation arabo-musulmane, ainsi que des cours de soutien scolaire, seraient proposés à tous. Le Gouvernement a également décidé de relancer les études sur l’islam de France et l’islamologie à l’Université. Cette relance s’appuiera sur un programme précis, que je piloterai conjointement avec la ministre de l’Education nationale. Il existe une grande tradition d’islamologie française, illustrée par exemple par les noms de Louis MASSIGNON, Maxime RODINSON et Jacques BERQUE, et que nous devons contribuer à faire renaître.»

Il est extrêmement surprenant que l’État français se transforme ainsi factuellement en propagandiste de l’islam : est-ce bien là le rôle d’un État laïc ? Si la communauté musulmane se sent frustrée par une méconnaissance de la contribution de l’islam au monde occidental, que ne se prend-elle en main elle-même pour promouvoir cet héritage ? N’est-elle pas la mieux située ? Pourquoi, depuis tant d’années que chacun est libre en France et en Europe (contrairement à ce qui se passe dans les pays musulmans) de mener toutes les recherches possibles et imaginables cette évidence de la contribution musulmane ne s’est-elle pas imposée avec une immense clarté ?

Port du voile islamique et établissement public : la CEDH donne raison à la France

Source : Le Monde

Une assistante sociale française, qui contestait son licenciement prononcé en décembre 2000 en raison de son refus d’ôter son voile islamique, a été déboutée, jeudi 26 novembre 2015, par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

La juridiction du Conseil de l’Europe a estimé que cette décision – Affaire Ebrahimian c. France, requête no 64846/11 –, motivée par le principe de laïcité, « fondateur de l’État » français, et celui de neutralité, imposés aux agents des services publics, ne constituait pas une violation du droit à la liberté de religion.

Dans un arrêt rendu à l’unanimité des juges, elle rappelle qu’« il ne lui appartient pas de se prononcer sur le modèle français » mais reconnaît que ces principes poursuivent « le but légitime qu’est la protection des droits et libertés d’autrui ». « Les autorités nationales n’ont pas outrepassé leur marge d’appréciation en constatant l’absence de conciliation possible entre les convictions religieuses de Mme Ebrahimian et l’obligation de s’abstenir de les manifester », ajoute-t-elle.

La requérante, Christiane Ebrahimian, avait été recrutée en contrat à durée déterminée, fin 1999, comme assistante sociale au service de psychiatrie du centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre. Elle avait été informée un an plus tard que son contrat ne serait pas renouvelé en raison de son refus d’enlever sa coiffe et que cette décision faisait suite à des plaintes formulées par certains patients.

Un arrêt qui complète la jurisprudence de la CEDH

Ce nouvel arrêt de la cour de Strasbourg complète une jurisprudence jusqu’à présent constante, depuis une décision de la CEDH datant de 2004 et reconnaissant à la Turquie le droit d’interdire le port du voile à l’université. Cette interdiction a été levée depuis à l’initiative du gouvernement islamoconservateur de l’AKP.

Les juges européens avaient par la suite débouté en 2008 deux collégiennes françaises qui contestaient l’interdiction du port du voile dans les établissements scolaires.

Ils ont validé en 2014 la loi française interdisant le port du voile intégral dans l’espace public en déboutant à son tour une Française d’origine pakistanaise qui invoquait son droit au respect de sa vie privée et de ses convictions religieuses.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/religions/article/2015/11/26/port-du-voile-islamique-et-etablissement-public-la-cedh-donne-raison-a-la-france_4818068_1653130.html#ttQEOc2PGAP7LKsi.99

Tariq Ramadan reconnaît des liens entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et le terrorisme musulman

À l’occasion des attentats du 13 novembre 2015, Tariq Ramadan est intervenu à la télévision française à partir du Qatar pour condamner ces actes mais aussi pour faire d’autres commentaires. Parmi ceux-là, un retient l’attention : la reconnaissance de liens entre les deux principaux pays du Golfe et le terrorisme musulman.

Tariq Ramadan Qatar Attentats 151114

Tariq Ramadan Qatar Attentats 151114

À la question du journaliste : « Le Qatar a souvent été critiqué ou soupçonné en tout cas de financer les organisations terroristes. Qu’est-ce que vous avez à répondre sur ces accusations ? », Tariq Ramadan répond : « J’ai pu écrire là-dessus en disant qu’effectivement il y avait des financements qui ne passaient pas forcément par l’État mais qui passaient pas des institutions et qui étaient liées déjà en amont, pas forcément avec des terroristes, avec des lectures, qui sont des lectures binaires, qui sont des lectures littéralistes et qui sont en fait ce qui nourrit après la possibilité de la violence, et que de ce point de vue-là, le Qatar comme l’Arabie Saoudite, comme tous les États du Golfe doivent être critiqués dans, parfois, la gestion totalement contradictoire, d’un côté d’une ouverture sur le monde et sur les autres valeurs, et d’un autre côté, parfois des politiques qui sont liées à des groupes qui défendent des idéologies problématiques. »

Tariq Ramadan reconnaît ainsi à mots couverts l’existence de financements par des organisations qataries ou saoudiennes de groupes « à la lecture littérale de l’islam », en clair des groupes prônant le jihad (à l’exemple de celui pratiqué par Mahomet) et donc le terrorisme. On ne peut que remercier Tariq Ramadan de reconnaître ce que certains se voient violemment reprocher en Europe par les « pas-d’amalgame » : la vérité.

Outre ce commentaire, il est également intéressant de noter le propos suivant de Tariq Ramadan : « Je pense que ce qui est en train de se passer avec Daesh aujourd’hui, ce sont des groupes qui utilisent et instrumentalisent des versets ou des interprétations qui ne sont pas du tout représentatives de ce que les musulmans à travers le monde croient et défendent. (…) Il faut que la conscience musulmane le dise avec force, que cela n’est pas acceptable, que cela ne nous représente pas. »

Encore une fois, il s’agit de formuler des incantations sur l’autel de paix et d’amour qui serait celui de l’islam. Mais ce n’est pas cela que l’Occident attend. Ce n’est pas une question de dire des choses avec force mais de dire des choses justes : la force n’a rien à voir avec la vérité. Ce que l’Occident attend, ce sont des réponses documentées à partir des textes authentiques de l’islam et qui démontrent que l’islam est effectivement une religion de paix et d’amour. Au travail, car ce n’est pas gagné !

Les territoires perdus de la République

En février 2015 Christiane Taubira nous gratifiait de son incompréhension du phénomène terroriste musulman qui provoquait chez elle une « grande perplexité ».

 Taubira 150211

 

Taubira 150211

Il fallait « prendre le temps de parler » avec tous ces jeunes tentés par le jihad pour tenter de « comprendre leurs ressorts profonds » : autant dire, le niveau zéro de l’analyse.

Mais Christiane Taubira se sent plus à l’aise dans la couture : « recoudre le lien social, retravailler la cohésion nationale » : de bien belles expressions ma foi, et bien creuses face à une doctrine qu’elle ne comprend pas.

Y a-t-il eu du progrès depuis ? Le Bataclan a-t-il changé quelque chose ?

Je ne doute pas que les nombreuses personnes qui ont perdu un proche cette année ou en perdront demain seront touchées par la profondeur de cette analyse.

Ce dont on peut être au moins sûr, c’est que les territoires perdus de la République ne sont effectivement pas un mythe.

Bataclan : les services secrets français ont laissé faire…

13 novembre 2015 :

Bataclan 151113

La Carillon 151113

Rappelons-nous qu’en janvier 2015, Tariq Ramadan était intervenu pour évoquer son « questionnement » au sujet des attentats de Charlie et sur le rôle des services secrets français qui auraient « laissé faire », propos quand même ahurissant :

Tariq Ramadan Salut les terriens janvier 2015

Tariq Ramadan Complot janvier 2015

Va-t-il nous faire la surprise d’une nouvelle saillie drolatique sur les terribles attentats du 13 novembre ? Tariq Ramadan va-t-il de nouveau aller expliquer aux familles des 129 morts et de la multitude de blessés que tout cela, c’est la faute des autorités françaises ?

Suspense…

Et qu’en pensent la LICRA, le MRAP et autre officines de la bien-pensance unilatérale  ?

Bataclan & Cie : quelles références doctrinales musulmanes ?

Les actions de l’État islamique s’appuient le plus souvent sur le rappel de l’exemple de Mahomet comme référence doctrinale. Mahomet, prophète de la religion « d’amour et de paix », étant considéré comme un modèle et un exemple à suivre par les musulmans, modérés ou pas, cette référence incontestable est particulièrement signifiante.

Mahomet installé à Médine à partir de 622 ne parvint pas, contrairement à ses espérances, à rallier à lui les juifs. Petit à petit la tension monta donc entre Mahomet et les tribus juives, notamment les trois principales : les Banû Qaynuqa, les Banû Nadir et les Banû Quraydha.

En effet, si Mahomet essaya sans doute au tout début de convertir les juifs, avec moult discussions, ce fut sans aucun succès. Les juifs d’ailleurs étaient sans doute beaucoup plus coriaces à convertir car ils avaient déjà une longue tradition monothéiste contre laquelle il fallait lutter et argumenter, le monothéisme n’étant pas pour eux une nouveauté. Mahomet décida donc de se débarrasser des juifs dès 624, soit deux ans seulement après son arrivée à Médine.

Les premiers visés furent les Banû Qaynuqa. En 624, prenant prétexte d’un incident sur un marché [1], Mahomet entra en guerre contre cette tribu, la plus faible. Mahomet avait en réalité de multiples griefs à leur égard : il les trouvait hypocrites, vantards (ils avaient défié Mahomet après Badr) ; ils remettaient constamment en cause la véracité de la mission de Mahomet, etc. Après 15 jours de siège, cette tribu dut se rendre. Mahomet avait l’intention de tuer les mâles et de prendre en captivité les femmes et les enfants. Mais sur l’intervention insistante d’Abdullah Ubayy ibn Salûl, de la tribu arabe des Khazraj avec qui ces juifs étaient alliés, Mahomet accepta finalement de les expulser de Médine.

[1] Un orfèvre juif avait joué un tour à une musulmane en attachant son vêtement de sorte qu’en se relevant, elle fit voir ses parties intimes. Un musulman présent tua l’orfèvre juif pour cette indécence et celui-ci fut immédiatement tué par des juifs qui étaient aux alentours. Les musulmans réclamèrent vengeance.

En 625, Mahomet expulsa de Médine une autre tribu juive, les Banû Nadir, qu’il soupçonnait de trahison. Il assiégea leur oasis et brûla leurs palmiers. Deux juifs seulement se convertirent. Les autres furent expulsés de Médine avec ce que leurs chameaux pouvaient porter et le reste de leurs biens fut partagé entre les musulmans. La sourate 59 retrace cet épisode. C’est le verset 2 de cette sourate qui figure en en-tête de la revendication de l’État islamique concernant les attentats du 13 novembre 2015 :

Revendication Bataclan

Quant à la dernière tribu juive, les Banû Quraydha, Mahomet leur fit la guerre, les fit prisonniers puis égorgea les prisonniers jusqu’à leur extermination totale (cf. quraydha). Cette extermination est mentionnée comme référence dans la prise de Tikrit (cf. Tikrit) par l’État islamique.

Karim Benzema : mon pays c’est l’Algérie

Dans le contexte de l’appréciation de la capacité des jeunes issus de l’immigration à se sentir français, le cas de Karim Benzema est intéressant. Français né en France, musulman, il déclarait il y a quelques années, sans être revenu a priori sur ses propros, et bien qu’il porte le maillot de l’équipe de France : « Mon pays, c’est l’Algérie ».

Karim Benzema

Benzema mon pays l’Algerie 2011

Il y a 3 ans, il déclarait aussi : « On ne va pas me forcer à chanter la marseillaise ». Certes, mais on aurait aimé qu’il ait envie de la chanter….