Le tabou de la fornication

La sexualité hors mariage est totalement prohibée dans la culture musulmane. Hommes et femmes doivent donc arriver vierges au mariage, d’où l’importance de la question de la virginité des filles pour les musulmans, beaucoup plus facile à contrôler naturellement que celle des hommes.

Malek Chebel indique : « L’islam interdit scrupuleusement aux hommes et aux femmes de se livrer à une vie sexuelle hors mariage (appelé fû’cha, « débauche »), de recourir à la prostitution ou au concubinage. Or, pour préserver la « chasteté » de l’époux, il n’est plus qu’une seule alternative, celle qui consiste à épouser une jeune femme, au lieu de rechercher le sexe pour lui-même en dehors de son foyer. »

Moncef Zenati confirme dans cette vidéo consacrée aux relations sexuelles hors mariage des jeunes (le « copinage ») cet interdit absolu en islam, et en détaille les raisons :

Havre de savoir Copinage

Havre de savoir Copinage Extrait

Moncef Zenati laisse notamment entendre que la fornication ne peut en aucun être même tolérée car celle-ci n’est que très exceptionnellement le prélude à un mariage. En outre, ces relations sont destructrices de la cellule familiale puisqu’elles permettent les comparaisons et introduisent donc l’idée qu’un meilleur sort ou avenir est possible.

Moncef Zenati reprend l’idée classique selon laquelle « Naturellement l’homme est plus réceptif au désir charnel ». Cette idée présentée comme une constatation  objective est détestable à plusieurs titres :

–  par la sous-estimation de la force et de la valeur de la sexualité féminine, qui peut s’exprimer de façon sensiblement moins extravertie que dans le cas de l’homme (mais est en réalité tout aussi intense et riche), ce qui conduit rapidement à assimiler toute femme ayant une sexualité un peu trop présente ou ressentie comme « visible » à une prostituée (le terme n’est bien entendu pas employé mais il est clairement dans l’esprit du discours) ;

–  par une forme de négation implicite de l’importance de la sexualité féminine, celle-ci étant vue comme essentiellement liée à l’outil de reproduction que la femme représente et non comme un mode d’épanouissement personnel, dans la droite ligne d’une vision qui relègue la femme au simple rôle de mère de famille ;

–  et surtout par la conséquence odieuse qui en est tirée, consistant à rendre d’une certaine façon la femme directement responsable du désœuvrement sexuel de la société, car c’est à elle qu’échoit la responsabilité de maîtriser les assauts des mâles en rut. C’est elle « qui a la clef pour dire non » : si elle n’ose pas refuser fermement (tout le monde n’a pas la force de caractère pour résister à un assaut vigoureux et répété), c’est donc qu’elle dit « oui » ou même qu’elle incite à avoir des relations sexuelles. Comme le souligne Moncef Zenati : le Coran fait porter la responsabilité de la débauche d’abord sur la fornicatrice.

Cette vision musulmane déplorable de la sexualité contribue puissamment à l’asservissement des femmes, maintenues dans un rôle où la personnalité s’efface derrière la fonction, celle de génitrice, et offre une bonne occasion aux hommes de se déresponsabiliser (« l’homme est aussi responsable, sauf que… ») et de rendre excusable le viol de toutes celles qui apparaîtront comme des femmes aux mœurs trop légères, et donc à des prostituées.

Enfin, ce prêche continue à valoriser le rôle inacceptable de nos jours de la famille de la jeune femme, particulièrement les parents, qui doivent implicitement autoriser le mariage, mais aussi des frères qui ont un droit de regard invraisemblable sur le comportement et les relations de leurs sœurs. Ces comportements semblent encore malheureusement extrêmement ancrés dans la culture musulmane qui, de ce point de vue, constitue une régression évidente et insupportable au regard des droits acquis par les femmes dans les sociétés occidentales.

Pire, ce tabou dépasse même la véritable sexualité et va jusqu’à inclure le simple toucher corporel, y compris a priori le simple fait de serrer la main d’une femme (dès lors qu’elle pourrait être licite en tant qu’épouse, c’est-à-dire qu’elle n’est pas mahram). Bref, on se demande si la femme, ce n’est pas Satan.

Havre de savoir Toucher une femmeHavre de savoir Toucher une femme

Cet interdit général qui jette l’opprobre sur toute forme, même bénigne, de contact corporel entraîne à coup sûr une frustration intense chez les hommes musulmans, en particulier les jeunes. Il ne faut donc pas s’étonner ensuite que cette rigidité morale extrême puisse conduire à certains débordements jugés ainsi compréhensibles, excusables (femmes habillées de façon trop suggestive et pourchassées dans les rues, viols – parfois collectifs –), dans les pays musulmans (comme certains faits divers ou enquêtes en témoignent) mais maintenant aussi parfois en France aujourd’hui.

En effet, peut-on négliger dans la perception ou le comportement de certains jeunes musulmans vis-à-vis de jeunes femmes non-musulmanes occidentales, en particulier chrétiennes et blanches, le poids du Coran qui accorde par exemple des droits exorbitants au musulman sur les femmes non-musulmanes à l’occasion des conquêtes, femmes qui deviennent esclaves une fois capturées ? Il est facile de trouver de tels exemples dans la Sira, jusqu’à Mahomet lui-même qui a donné l’exemple. C’est d’ailleurs dans doute la raison pour laquelle les hommes de l’État islamique ne se privent pas de violer religieusement les femmes non-musulmanes de tous bords qu’ils capturent. Ils exercent les droits que leur confère le Coran qui rend ces femmes « licites » (moubah).

Le caractère intemporel du modèle coranique

Les principes énoncés par le Coran (et de façon plus générale la Tradition) sont intemporels : ils sont valables jusqu’à la fin des temps. Seules les modalités d’application peuvent faire l’objet de variations lorsque seuls les principes généraux ont été définis.

Il ne faut donc pas tomber dans le travers des orientalistes occidentaux ou de certains musulmans qui ont contextualisé historiquement le texte sacré afin de pouvoir justifier l’adaptation de la doctrine coranique au monde moderne, et son caractère plus acceptable pour les sociétés occidentales.

Havre de savoir Plaire a l'occidentHavre de savoir Plaire a l’occident Extrait

Pas de lien avec les mécréants

Face aux musulmans, les non-musulmans, et en particulier les pays occidentaux aux racines chrétiennes, sont considérés comme des ennemis naturels qui cherchent à briser l’unité de la communauté musulmane (l’Oumma). Le Coran interdit aux musulmans de se lier aux non-musulmans :

Coran, sourate 3, verset 28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. (…) »

En effet, tout lien (amical ou d’affection) entre un musulman et un incroyant peut être considéré comme prohibé doctrinalement puisque cela correspond à une certaine forme de compassion pour ses idées, inacceptable doctrinalement pour l’islam. Tout « lien » ne peut donc être que superficiel et temporaire, et ce d’autant plus dans les sociétés occidentales où les rapports de force en présence ne permettent pas l’établissement de la loi islamique et imposent en conséquence aux musulmans d’adapter leur comportement.

Ainsi, Malek Chebel écrit : « Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

Le lien n’est autorisé que dans une vision protectrice, au cas où le musulman a quelque chose à redouter du non-musulman : « à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux ». Dans ce cas, le musulman est autorisé à adapter son comportement autant que de besoin, et de recourir au mensonge si nécessaire si on considère qu’une telle situation est assimilable à un état de guerre larvé.

La jurisprudence chaféite précise :

Section r8.1 « Du mensonge : Les textes du Coran et de la Tradition indiquant qu’il est contraire à la loi de mentir sont à la fois nombreux et se prouvent les uns les autres, le mensonge étant parmi les péchés les plus laids et les fautes les plus écœurantes. Compte tenu du consensus des érudits de la communauté (Oumma) sur cette interdiction et l’unanimité qui résulte des textes, il n’est pas besoin de donner des exemples, notre seule préoccupation ici étant d’expliquer les exceptions à ce qui est considéré comme mentir et d’informer sur les détails. »

Section r8.2 « Le mensonge autorisé : Le Prophète a dit : « Celui qui règle des différents entre personnes en amenant un bien ou dit des choses louables n’est pas un menteur. » Ceci est largement mentionné à la fois par Bukhari et Muslim, les hadiths de Muslim indiquant que Umm Kulthum (une des filles de Mahomet) a dit : « Je n’ai pas entendu Mahomet autoriser le mensonge, sauf pour trois choses : la guerre, le règlement de différends, et entre mari et femme. » Ceci constitue une mention explicite selon laquelle le mensonge est parfois autorisé pour atteindre un objectif donné, les érudits ayant établis des critères des natures de mensonges autorisés par la Loi. »

Lorsque Mahomet envoya son émissaire pour semer la zizanie entre les Quraychites, les Ghatafân et les Banû Quraydha lors de la bataille du fossé, la Sîra rapporte que Mahomet dit à son émissaire : « Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. La guerre est une ruse. » Ce propos n’a rien de choquant : cela correspond simplement au pragmatisme militaire d’un chef de guerre qui subordonne les moyens à la fin qu’il vise.

L’Éthique du musulman précise de son côté : « L’actuelle offensive de la croisade, doublée d’une offensive sioniste qui lui est étroitement liée, n’a pu parvenir à déstabiliser l’État islamique et à piller ses richesses qu’après avoir préparé le terrain en divisant en sectes dissolues et insignifiantes et en mini-États hostiles entre eux où les conflits s’allument et s’aggravent sans raison. Car, il ne faut pas oublier que la politique de l’Occident, pour occuper l’Orient et le dominer, reste basée sur la règle suivante : diviser pour régner. Or l’islam accorde un soin particulier à la sauvegarde de sa communauté et à la préservation de son entité. »

La conquête de l’Europe occidentale par l’islam : « l’institutionnalisation de la présence musulmane en Occident »

Tariq Ramadan se félicite de la conquête progressive par l’islam de l’Europe occidentale, partie du dar-al-harb (cf. darl-al-harb), ce qu’il appelle dans sa terminologie « l’institutionnalisation de la présence musulmane en Occident »

Tariq Ramadan Institutionnalisation

Tariq Ramadan Lausanne Institutionnalisation