Nature du mariage musulman

Le mariage musulman n’a pas le caractère « sacré » qu’il a chez les chrétiens. C’est pour l’essentiel un contrat social, qui peut être rompu par la répudiation (ou la demande de dissolution par la femme dans certains cas).

Omero Marongiu-Perria explique : « On parle en langue arabe de « zaouaj », de « niqah », qui signifient littéralement « les conditions permettant à un couple de consommer l’union charnelle« , c’est-à-dire d’avoir un rapport sexuel, qui est validé aux yeux de la société. Le traduire directement par « mariage » pose un double problème, puisqu’on va avoir un problème sémantique tout d’abord : est-ce que le terme est adéquat ? Je pense qu’il faudrait laisser un terme plus générique d’ »union », d’union qui est validée socialement, et cela pose un autre problème d’ordre juridique puisque, si l’on considère que seul le mariage civil dans la forme actuelle où il est proposé dans la société française est la seule forme d’union reconnue pour des musulmans, quid du PACS, quid du concubinage qui est validé auprès de l’autorité légale ou pas. C’est un débat qui existe aujourd’hui chez les musulmans, et je dirais : pour qu’une union soit reconnue valide par les théologiens musulmans, dans le droit canon musulman, il faut qu’il y ait une validation sociale : c’est pour cela qu’ils accordent une grande importance à la dimension de l’ »oualima », c’est-à-dire ici, on pourrait dire la publication des bans, ou en tous cas la médiatisation du mariage. Et il n’y a pas besoin d’avoir un référent religieux, contrairement à ce que certains musulmans pensent, pour que cette union soit légale. Donc on devrait garder ce terme général d’union, qui laisse une marge de manœuvre aux individus, telle qu’elle a été pratiquée précédemment, chez les musulmans. »

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