Loi & Règles : quelle place pour l’amour et la bienveillance ?

Dans la loi musulmane, la place du jugement personnel est réduite à la portion congrue : il ne s’agit pas pour le musulman de déterminer ce qui lui paraît bien ou mal pour définir comment agir mais il s’agit pour lui d’appliquer les règles édictées par Allah, même si elles peuvent lui paraître incompréhensibles, inefficaces ou aberrantes. Aussi la réflexion personnelle sur la nature du bien et du mal autrement qu’en référence à ces commandements est-elle très faible, voire quasiment inexistante.

Malek Chebel indique : « Il est très probable que la dualité bien/mal a accompagné l’épopée humaine depuis le début. Le Coran n’entre pas dans de telles spéculations, mais la personnalité du bon croyant est très distincte – tout en étant parfaitement ciselée – de celle du mauvais croyant. »

Pour Rémi Brague : « Rien n’échappe à la loi, observe Ghazali. (…) La loi est le seul et unique fondement de l’obligation. Ce n’est que par la loi (shar’) qu’on peut savoir qu’une chose est bonne ou mauvaise. Elle seule permet de distinguer entre justice et violence. »

Aussi la place des règles pratiques de vie et les rituels tiennent une place considérable dans la religion musulmane et dans la pratique quotidienne du musulman ; et bien évidemment en tout premier lieu les 5 prières par jour.

Dans l’émission de France 2 « Islam » consacrée en février 2015 à la chari’a, la jeune femme interviewée dans le reportage indique : « Malheureusement l’ignorance est répandue, c’est un fléau pour nous les musulmans, et tout musulman se doit d’apprendre sa religion. La chari’a pour moi c’est notre manière de pratiquer au quotidien, c’est-à-dire qu’on fait une prière, on a une manière de prier. Voilà, c’est la chari’a qui nous apprend à prier. On fait nos ablutions, il y a une manière de faire nos ablutions, donc c’est la charia qui nous enseigne comment faire nos ablutions. »

Tareq Oubrou de son côté s’interroge : « Je me demande ce qu’il reste de foi authentique en Arabie Saoudite ou au Pakistan. Les autorités religieuses y sont tributaires d’un environnement culturel et politique marqué par deux siècles d’idéologie wahhabite, notamment en Arabie Saoudite. Cela les conduit à entériner des pratiques moyenâgeuses, perçues comme barbares par le reste du monde, et qui n’ont rien à voir avec la religion dont j’essaie de vivre et de témoigner : conversions forcées, persécutions des minorités, lapidations, crimes d’honneur,…Ajoutez à cela des décennies de frustration et de rancœur à l’égard de l’Occident, sur fond de manipulation politique, d’analphabétisme et de grande pauvreté, et vous obtenez un cocktail des plus explosifs. » 

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