Interprétation : Haro sur le littéralisme !

Le sens d’un texte devrait naturellement découler de la clarté et de la précision de l’expression, sur la base du sens courant des mots, donc selon une lecture dite « littérale » (nous ne sommes pas en train de parler ici de poésie). C’est la lecture légitime et parfaitement naturelle que nous utilisons tous les jours.

Ainsi, souvenons-nous de l’Art poétique de Boileau :
« Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d’un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d’écrire apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément. »

Mais le monde n’étant pas parfait, tous les textes n’ont pas cette clarté « classique », ce qui veut dire qu’on peut comprendre plusieurs choses à partir du même texte. Et il en est parfois ainsi en matière religieuse.

S’agissant des textes musulmans, les islamologues et les exégètes musulmans – vivant essentiellement dans les pays occidentaux – tentent souvent de justifier le rejet de la lecture la plus naturelle et la plus courante, c’est-à-dire la lecture « littérale » – même si le texte est tout à fait clair –, en particulier lorsqu’il s’agit de questions qui conduisent à identifier des principes et valeurs musulmanes fondamentalement incompatibles avec les sociétés occidentales.

Michel Onfray a rappelé en février 2015 sur le plateau de Canal Plus que la lecture littérale est juste l’application du bon sens face à un Antoine de Caunes qui ne sait visiblement pas de quoi il parle :

Le grand journal InterpretationLe grand journal Interpretation

Aussi l’« interprétation » vise souvent à réduire l’impact menaçant du texte aux yeux de l’Occident en lui faisant dire autre chose que ce qu’il signifie à tout être normalement constitué et sachant lire, ou à en restreindre la portée. La difficulté soulevée par ce type d’interprétation est qu’elle est fréquemment contradictoire avec la lecture des textes que font les pays musulmans eux-mêmes car ces derniers n’ont guère à se soucier des valeurs occidentales.

Les deux mamelles de l’interprétation sont ainsi : 1) la contextualisation historique (cf. article contextualisation) ; 2) l’existence de conditions d’applicabilité.

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