L’apostasie : La justification doctrinale du châtiment

L’apostasie (ridda) est le fait de quitter sa religion pour en embrasser une nouvelle, en l’occurrence ici de quitter l’islam. Le fait de quitter l’islam est considéré comme une des pires fautes pour le musulman :  d’une part, il trahit sa nature puisqu’il abandonne la religion de l’innéité (cf. article Innéité) ; d’autre part, le musulman apostat fragilise par son exemple la communauté des croyants : l’apostasie ne concerne pas que le musulman lui-même.

Coran, sourate 2, verset 217 : « Ils t’interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. Dis : « Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès d’Allah est de faire obstacle au sentier d’Allah, d’être impie envers celui-ci et la mosquée sacrée » (…) »

Coran, sourate 3, verset 90 : « Ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi, et laissent augmenter encore leur incrédulité, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux-là sont vraiment les égarés. »

Coran, sourate 16, verset 106 : « Celui qui a renié Allah après avoir cru – sauf s’il y a été contraint et dont le cœur reste paisible dans sa foi –, ceux qui ouvrent leur cœur à l’impiété, ceux-là auront sur eux la colère d’Allah et un châtiment terrible. »

La gravité de cette faute entraîne un châtiment sévère, jusqu’à la mort, comme le confirme la Tradition qui mentionne à de multiples reprises la condamnation sans retour de tous ceux qui se sont égarés en quittant l’islam.

Ainsi Bukhari relate : « J’ai entendu le prophète dire : « aux derniers jours du monde, des jeunes apparaîtront qui auront des pensées et des idées folles. Ils feront de bons discours, mais ils sortiront de l’islam comme une flèche sort de son jeu ; leur foi ne dépassera pas leur gorge. Aussi, où que vous les trouviez, tuez-les, car au jour de la Résurrection il y aura une récompense pour ceux qui les auront tués. » »

La Tradition authentique (Bukhari, Abu Dawad, Malik, Ibn Hanbal) mentionne que le prophète a dit : « Celui qui renie sa religion, tuez-le ».

La Sîra condamne très sévèrement l’apostasie : « « Et la persécution pour faire apostasier est plus grave que le fait de tuer », c’est-à-dire : ils persécutaient le musulman pour le faire revenir à l’infidélité après avoir embrassé l’islam, et cela est plus grave auprès de Dieu que le fait de tuer. »

La jurisprudence chaféite stipule :

Section o8.1 « Quand une personne ayant atteint la puberté, saine d’esprit, abandonne volontairement l’islam, elle mérite d’être tuée. »

Section  o8.2 « Dans un tel cas, le calife ou son représentant doivent obligatoirement lui demander de se repentir et de revenir à l’islam. Si elle le fait, cela est accepté ; mais si elle refuse, elle doit être tuée immédiatement. »

Section o8.4 « Il n’y a pas d’indemnité à verser en cas d’assassinat d’un apostat. »

Section o8.7 « Parmi les choses qui entraînent l’apostasie figurent :
(1) se prosterner devant une idole, que ce soit de façon sarcastique, par simple esprit de contradiction ou par conviction réelle (…)
(2) avoir l’intention de commettre un acte montrant de l’incrédulité, même dans le futur. (…)
(3) parler avec des mots qui implique l’incrédulité comme « Allah est le 3ème des trois », ou « Je suis Allah » (…)
(4) injurier Allah ou son messager ;
(5) nier l’existence d’Allah (…) ;
(6) être sarcastique à propos du nom d’Allah, ses commandements, ses interdictions, ses promesses, ou ses menaces ;
(7) nier un quelconque verset du Coran ou quoi que ce soit résultant du consensus des érudits (…) ;
(8) dire avec moquerie « Je ne sais pas ce qu’est la foi » ;
(11) dire à un musulman qu’il est un incrédule (kâfir) d’une façon signifiant que c’est un ingrat vis-à-vis d’Allah au regard des bienfaits divins qui lui ont été accordés ;
(13) décrire un musulman ou quelqu’un souhaitant devenir musulman comme un incrédule (kufr) ;
(16) d’injurier la religion islamique ;
(17) croire que les choses en elles-mêmes ou par leur propre nature peuvent être la cause de quelque chose indépendamment de la volonté d’Allah ;
(18) nier l’existence des anges, des djinns ou du ciel ;
(19) être sarcastique à propos d’une quelconque règle figurant dans la Loi sacrée ;
(20) ou de nier qu’Allah souhaitât que le message du prophète devînt la religion du monde entier.
Il y a d’autres motifs, car le sujet est presque sans limites. (…)  »

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