Pas de lien avec les mécréants

Face aux musulmans, les non-musulmans, et en particulier les pays occidentaux aux racines chrétiennes, sont considérés comme des ennemis naturels qui cherchent à briser l’unité de la communauté musulmane (l’Oumma). Le Coran interdit aux musulmans de se lier aux non-musulmans :

Coran, sourate 3, verset 28 : « Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. (…) »

En effet, tout lien (amical ou d’affection) entre un musulman et un incroyant peut être considéré comme prohibé doctrinalement puisque cela correspond à une certaine forme de compassion pour ses idées, inacceptable doctrinalement pour l’islam. Tout « lien » ne peut donc être que superficiel et temporaire, et ce d’autant plus dans les sociétés occidentales où les rapports de force en présence ne permettent pas l’établissement de la loi islamique et imposent en conséquence aux musulmans d’adapter leur comportement.

Ainsi, Malek Chebel écrit : « Tout lien avec un infidèle ou un incroyant est considéré comme une compassion pour ses idées, et parfois comme une adhésion pure et simple. Dieu défend aux croyants de se lier avec les infidèles. »

Le lien n’est autorisé que dans une vision protectrice, au cas où le musulman a quelque chose à redouter du non-musulman : « à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux ». Dans ce cas, le musulman est autorisé à adapter son comportement autant que de besoin, et de recourir au mensonge si nécessaire si on considère qu’une telle situation est assimilable à un état de guerre larvé.

La jurisprudence chaféite précise :

Section r8.1 « Du mensonge : Les textes du Coran et de la Tradition indiquant qu’il est contraire à la loi de mentir sont à la fois nombreux et se prouvent les uns les autres, le mensonge étant parmi les péchés les plus laids et les fautes les plus écœurantes. Compte tenu du consensus des érudits de la communauté (Oumma) sur cette interdiction et l’unanimité qui résulte des textes, il n’est pas besoin de donner des exemples, notre seule préoccupation ici étant d’expliquer les exceptions à ce qui est considéré comme mentir et d’informer sur les détails. »

Section r8.2 « Le mensonge autorisé : Le Prophète a dit : « Celui qui règle des différents entre personnes en amenant un bien ou dit des choses louables n’est pas un menteur. » Ceci est largement mentionné à la fois par Bukhari et Muslim, les hadiths de Muslim indiquant que Umm Kulthum (une des filles de Mahomet) a dit : « Je n’ai pas entendu Mahomet autoriser le mensonge, sauf pour trois choses : la guerre, le règlement de différends, et entre mari et femme. » Ceci constitue une mention explicite selon laquelle le mensonge est parfois autorisé pour atteindre un objectif donné, les érudits ayant établis des critères des natures de mensonges autorisés par la Loi. »

Lorsque Mahomet envoya son émissaire pour semer la zizanie entre les Quraychites, les Ghatafân et les Banû Quraydha lors de la bataille du fossé, la Sîra rapporte que Mahomet dit à son émissaire : « Essaie de faire défection les uns aux autres de nos ennemis afin qu’ils partent, si tu peux. La guerre est une ruse. » Ce propos n’a rien de choquant : cela correspond simplement au pragmatisme militaire d’un chef de guerre qui subordonne les moyens à la fin qu’il vise.

L’Éthique du musulman précise de son côté : « L’actuelle offensive de la croisade, doublée d’une offensive sioniste qui lui est étroitement liée, n’a pu parvenir à déstabiliser l’État islamique et à piller ses richesses qu’après avoir préparé le terrain en divisant en sectes dissolues et insignifiantes et en mini-États hostiles entre eux où les conflits s’allument et s’aggravent sans raison. Car, il ne faut pas oublier que la politique de l’Occident, pour occuper l’Orient et le dominer, reste basée sur la règle suivante : diviser pour régner. Or l’islam accorde un soin particulier à la sauvegarde de sa communauté et à la préservation de son entité. »