Le droit de frapper sa femme : la jurisprudence chaféite

La jurisprudence chaféite précise que le mari peut frapper sa femme dans les conditions suivantes :

Section m10.11 « Quand un mari constate des signes de rébellion chez sa femme, que ce soit par les mots ou par les actes (quand elle lui répond froidement alors qu’elle a l’habitude de lui répondre poliment ; il lui demande de venir au lit et qu’elle refuse, contrairement à l’habitude ; quand il la trouve distante vis-à-vis de lui alors qu’elle était précédemment gentille et joyeuse), il la prévient par la parole. (…) Si elle fait acte de rébellion, le mari sans lui parler refuse de dormir avec elle ou d’avoir des relations sexuelles, peut la frapper mais pas d’une façon qui la blesse, ceci signifiant qu’il ne doit pas lui casser un os, lui sectionner la peau ou la faire saigner. Il est contraire à la loi de la frapper au visage [A]. Il peut la frapper qu’elle fasse acte de rébellion une fois seulement ou plusieurs fois (une opinion plus faible tient que le mari ne peut frapper sa femme qu’à la suite d’actes de rébellion répétés).

Pour clarifier ce paragraphe, nous mentionnons les règles suivantes :

(1) À la fois le mari et l’épouse se doivent de se traiter l’un l’autre avec gentillesse et bienveillance.

(2) Il est contraire à la loi pour une femme de quitter le domicile conjugal sans la permission de son mari, mais elle peut le faire néanmoins en cas de nécessité pressante. La femme ne doit pas non plus autoriser quiconque à entrer dans la maison de son mari à moins que celui-ci n’y consente (…). La femme ne doit pas non plus rester seule avec un homme qui n’appartienne pas à la famille, quelques soient les circonstances.

(3) Il est obligatoire pour la femme d’obéir à son mari comme il est habituel de lui autoriser un complet usage sexuel de sa personne dès lors qu’il est conforme à la loi. Il est obligatoire pour le mari de lui permettre de rester chaste et libre de toute demande sexuelle si le mari en est capable. Il n’est pas obligatoire pour la femme de servir son mari, et si elle le fait, c’est par générosité volontaire.

(4) Si la femme ne remplit pas une des conditions ci-dessus, elle est dénommée « rebelle » (nashiz) et le mari prend les mesures suivantes pour remédier à la situation :
(a) remontrance et conseil, en lui expliquant l’incorrection de sa rébellion au regard de la loi, son effet néfaste sur la vie maritale, et en écoutant son point de vue sur le sujet ;
(b) si la remontrance est sans effet, il s’éloigne d’elle en refusant de dormir avec elle, afin que par ce moyen chacun apprenne jusqu’à quel degré il a besoin de l’autre ;
(c) si s’éloigner d’elle est sans effet, le mari a le droit de battre sa femme s’il pense que le fait de la frapper la ramènera dans le droit chemin ; mais s’il ne le pense pas, il ne doit pas la frapper. S’il la frappe, il doit le faire d’une façon qui ne la blesse pas et c’est le dernier recours pour sauver sa famille ;
(d) si le désaccord n’est pas résolu après tout cela, chaque partenaire propose un arbitre pour régler le différend par règlement, ou divorce. »

[A] L’interdiction de frapper les femmes au visage peut se comprendre dans la mesure où le visage est la seule partie du corps qu’une femme musulmane convenable est autorisée à exposer aux yeux de tous (le niqab/bourqa n’étant pas une obligation islamique). En effet, on peut comprendre qu’une femme dont le visage porterait des traces de coups serait le signe visible pour l’extérieur de difficultés familiales, ce qui est sans doute susceptible de porter atteinte à l’honneur de la famille.

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