Alcool : un bienfait interdit sur cette terre au musulman soumis

La consommation d’alcool est formellement interdite dans l’islam (directement ou dans les plats). Toutefois, cette interdiction ne touche que la vie terrestre car l’alcool récompense les bons musulmans au paradis, dans un renversement des valeurs, une volte-face, que l’on a du mal à comprendre.

Coran, Sourate 2, verset 219 : « Ils t’interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : « Dans les deux il y a pour les hommes un grand péché et une utilité, mais dans les deux, le péché est plus grand que l’utilité ». (…) »

Coran, Sourate 5, verset 90 « Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, une œuvre du démon. Évitez-les ; peut-être serez-vous heureux. »

Coran, Sourate 5, verset 91« Par le vin et le jeu de hasard, le diable veut susciter parmi vous l’inimité et la haine, et vous détourner de l’invocation d’Allah et de la prière. Allez-vous donc cesser ? »

La jurisprudence chaféite indique :

Section p14.1 « Dieu a dit :
(1) « Ils t’interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : « Dans les deux il y a un grand péché » (sourate 2, verset 219).
(2) « Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du diable. Écartez-vous en, afin que vous réussissiez. » (sourate 5, verset 90) »

Section p14.2 « Le prophète a dit :
(1) « Fouette quiconque boit du vin. S’il boit encore, fouette-le encore. S’il boit encore, fouette-le encore. S’il boit une quatrième fois, tue-le. » (La mise en application de ce hadith est devenue ultérieurement caduque car le prophète s’est vu présenté un homme ivre pour la 4ème fois et ne l’a pas tué, montrant ainsi que l’exécution avait été remplacée, mais ce hadith montre bien que le fait de boire est une faute énorme).
(2) « Dieu maudit le vin, et quiconque boit du vin, sert du vin, le vend, l’achète (…) »
(3) « Quiconque boit du vin dans ce monde sera interdit dans le prochain. » »

Section o16.1 « Toute boisson qui enivre lorsque prise en grande quantité est illicite à la fois en petite et en grande quantité, que ce soit du vin, du jus de raison ou quoi que ce soit d’autre. »

Section  o16.3 « Le châtiment pour le fait de boire est d’être fustigé 40 fois avec les mains, avec des sandales ou des bouts de vêtements. On peut également utiliser un fouet, mais si l’offensant meurt, une indemnité est due. (…) »

Le Conseil européen des fatwas confirme : « Il n’est pas permis au musulman de vendre d’alcool ni les aliments et boissons déclarés illicites, même s’il ne profite pas de leurs revenus et que les bénéfices sont redistribués aux pauvres. »

Pourtant, le Coran évoque le vin comme une boisson de félicité offerte aux bienheureux au paradis. Malek Chebel confirme à cet égard que : « L’interdiction du vin est pourtant ambiguë, car le Coran en fait un bien paradisiaque que seuls les bons croyants obtiennent dans l’au-delà. »

Coran, sourate 16, verset 67 : « Des fruits des palmiers et des vignes, vous retirez une boisson enivrante et un aliment excellent. Il y a vraiment là un signe pour un peuple qui raisonne. »

Coran, sourate 47, verset 15 : « Voici la description du paradis qui a été promis à ceux qui craignent Dieu : il y aura là des ruisseaux d’une eau incorruptible, des ruisseaux d’un lait au goût inaltérable et des ruisseaux de vin délicieux à boire ainsi que des ruisseaux d’un miel purifié. (…) »

Coran, sourate 83, versets 25 & 26 : « On leur [ndrl aux bienheureux] sert à boire un vin pur, cacheté, ayant le goût de musc. (…) »

Il est assez difficile de comprendre religieusement le sens de cette contradiction, sauf à dire que le vin n’est pas une boisson fondamentalement mauvaise mais au contraire un nectar réservé uniquement aux bienheureux dans le paradis, et donc un pur interdit dans ce monde-ci car les hommes ne l’ont pas encore mérité.

Certains auteurs musulmans font état du fait que les versets favorables au vin auraient été abrogés par les autres. Il est difficile de comprendre le sens de cette abrogation s’agissant d’une question qui ne soulève pas de difficulté conceptuelle particulière qui aurait pu nécessiter une explicitation en plusieurs phases.

D’un point de vue strictement historique, une hypothèse rationnelle est que, la consommation du vin étant bien ancrée dans l’Arabie préislamique, Mahomet n’a tout simplement pas voulu s’opposer de front à certains modes de vie par crainte de s’aliéner une partie de son futur public, alors qu’il avait besoin de ralliements à sa cause, question qui ne se posait plus dans les mêmes termes une fois ses partisans devenus plus nombreux.

En tous cas, on peut regretter que l’interdit touchant l’alcool prive la communauté musulmane d’une porte d’accès à une part fondamentale du patrimoine culturel français, auquel elle ne peut évidemment pas contribuer, la tradition viticole française faisant sa renommée dans le monde entier depuis des siècles.