Aïcha déflorée à 9 ans par Mahomet : un certain malaise musulman

La polémique sur l’âge de la consommation du mariage d’Aïcha est intéressante, moins par l’authenticité des faits qui ne fait aucun doute, que par l’attitude de certains musulmans face à cette constatation.

  • La Tradition authentique : aucun doute n’est possible

La Tradition musulmane ne laisse aucun doute sur le fait qu’Aïcha a été mariée à 6 ans (7 dans la Sîra) à Mahomet et que le mariage a été consommé quand elle eut 9 ans (lui ayant environ 53 ans)

Hadith (Bukhari) : « Urwa Ibn az-Zubayr a dit : « Khadija mourut trois ans avant le départ du Prophète pour Médine. Après être resté veuf deux ans, ou un espace de temps approchant, le Prophète épousa Aïcha qui avait alors six ans, puis il consomma son union avec elle quand elle eut neuf ans ». »

Hadith (Bukhari) : « D’après Aïcha, le Prophète l’épousa alors qu’elle avait six ans ; le mariage fut consommé quand elle avait neuf ans et elle resta avec le Prophète neuf ans. »

Hadith (Bukhari) : « Aïcha a dit : « J’avais six ans lorsque le Prophète m’épousa. Nous nous rendîmes à Médine et descendîmes chez les Banu al-Harith Ibn Khazraj. J’avais eu la fièvre et perdu mes cheveux ; mais ils repoussèrent abondamment et arrivèrent jusqu’au coude. Ma mère, Umm Rûmân, vint me trouver alors que j’étais sur une balançoire, entourée de mes camarades. Elle m’appela et je me rendis auprès d’elle sans savoir ce qu’elle voulait de moi. Elle me prit par la main, me fit rester à la porte de la maison jusqu’à ce que j’eusse pris mon souffle. Elle prit alors un peu d’eau, m’en frotta le visage et la tête, et me fit ensuite entrer dans une maison où se trouvaient des femmes des Ansâr qui me dirent : « À toi le bonheur, la bénédiction et la meilleure fortune ! ». Ma mère m’ayant livrée à ces femmes, celles-ci se mirent à me parer, et j’avais à peine fini que l’Envoyé de Dieu entra. Alors on me remit entre ses mains. J’avais alors neuf ans ». »

Hadith (Muslim) : « Aïcha a dit : « J’avais six ans lorsque le Prophète m’épousa et neuf ans lorsqu’il eut effectivement des relations conjugales avec moi. Quand nous nous rendîmes à Médine, j’avais eu de la fièvre un mois durant et mes cheveux avaient poussé jusqu’à mes épaules. Ma mère, Umm Rûmân, vint me trouver alors que j’étais sur une balançoire, entourée de mes camarades. Quand elle m’eut appelé, je me rendis auprès d’elle sans savoir ce qu’elle voulait de moi. Elle me prit par la main, me fit rester à la porte de la maison jusqu’à ce que j’eusse pris mon souffle. Elle me fit ensuite entrer dans une maison où se trouvaient des femmes des Ansâr qui me dirent : « À toi le bien, la bénédiction et la meilleure fortune ! ». Ma mère m’ayant livrée à ces femmes, celles-ci me lavèrent la tête et se mirent à me parer. Or, rien ne m’effraya et quand l’Envoyé d’Allah vint dans la matinée ; elles me remirent à lui ». »

Sîra : « Le Prophète prit aussi pour épouse Aïcha, fille d’Abû Bakr, l’homme de foi. Elle avait sept ans. Il consomma son mariage avec elle à Médine lorsqu’elle avait neuf ou dix ans. C’était la seule épouse vierge que le Prophète ait prise. Elle lui fut donnée en mariage par son père Abu Bakr. Le Prophète lui donna en dot quatre cents dirhams. »

D’ailleurs, la Tradition rapporte que Mahomet conseillait à ses partisans de prendre des femmes vierges, donc a priori très jeunes :

Hadith (Bukhari) : « Jâbir rapporte que l’Envoyé de Dieu lui dit : « Ô Jâbir, t’es-tu marié ? – Oui, lui répondis-je. – Et qui as-tu épousé ? une vierge ou une femme ayant déjà été mariée ? – Ce n’est pas une vierge, repris-je, mais une femme ayant déjà été mariée. – Pourquoi pas une jeune fille [ndlr vierge] qui aurait batifolé avec toi ? répliqua le Prophète. – C’est parce que, lui répondis-je, mon père a été tué à la bataille de Uhud et qu’il a laissé neuf filles qui sont mes neuf sœurs. Il m’eût été pénible de leur donner pour compagne une jeune fille ignorante comme elles ; c’est pourquoi j’ai choisi une femme qui pût les peigner et s’occuper d’elles. – Tu a eu raison, me dit le Prophète ». »

  • Aucun érudit musulman sérieux et représentatif ne conteste aujourd’hui la validité de cette tradition

Cette constatation n’est contestée par aucun érudit sérieux et représentatif, y compris Tariq Ramadan. De son côté, Yusuf Qaradawi écrit : « La mère des croyants, Aïcha, a dit : « Je jouais avec des poupées sous le toit du Messager de Dieu et je recevais mes amies qui se cachaient pour jouer par crainte du Messager de Dieu, mais ce dernier était content de les voir venir chez moi et partager mes jeux » (hadith unanime). Dans une autre version, le Prophète lui dit un jour : « Qu’est-ce que cela ? » Elle répondit : « Ce sont mes poupées ». Il dit : « Quel est donc celui-ci qui se tient au milieu d’elles ? » Elle répondit : « C’est un cheval ». Il dit : « Que porte-t-il ? ». Elle répondit : « Deux ailes ». Il dit : « Un cheval avec deux ailes ? ». Elle répondit : « N’as-tu pas entendu dire que Salomon, le fils de David, avait des chevaux ailés ? » Le Messager de Dieu se mit à rire à pleines dents (hadith rapporté par Abou Dawoud). Il s’agissait de figurines avec lesquelles jouaient les fillettes et les garçons. Notre dame Aïcha était encore toute jeune au début de son mariage avec le Messager de Dieu. »

  • De l’absence de scrupules pour défendre Mahomet et donc l’islam

Cette constatation ne pose guère de problèmes aux musulmans orthodoxes du Golfe car l’exemplarité du Prophète prime de toute façon pour eux sur tout problème moral. Ils appliquent le règlement.

Age du mariage

Age du mariage

Certains, jugeant la situation diffamatoire au regard de la probité morale sacrée de Mahomet qui doit être préservée de toute atteinte quoiqu’il arrive, remettent par conséquent en cause ces hadiths authentiques par divers raisonnements et témoignages. Ainsi Mohammed Bajrafil va jusqu’à remettre en cause de leur propre autorité la Tradition authentique pour tenter de redorer le blason du grand Mahomet en allant jusqu’à essayer de démontrer (sur un ton qui n’appelle guère à la critique…) qu’Aïcha avait en réalité 18 ou 19 ans lors de son mariage.

Mohamed Bajrafil Belgique

Mohamed Bajrafil Aisha 1   Mohamed Bajrafil Aisha 2

Or c’est une attitude individuelle dépourvue de légitimité institutionnelle au regard de la communauté musulmane musulmans (Mohamed Bajrafil ne représente que lui-même), et en particulier au regard d’institutions prestigieuses comme l’université d’Al-Azhar.

Cela semble surtout révélateur d’une attitude inquiétante conduisant en fonction des objectifs à faire fléchir coûte que coûte la signification des éléments documentaires dans le sens recherché. « La fin justifie les moyens » dit le dicton ; vérité et honnêteté n’ont pas leur place.