Langue arabe, langue d’élection

Parmi les grandes fiertés du monde musulman figure en bonne première place la langue arabe dont tout l’islam s’enorgueillit. Qui n’est pas arabisant et s’est déjà risqué à porter un jugement sur la doctrine de l’islam (comme cela m’est déjà arrivé à l’Institut du Monde Arabe à Paris) s’est déjà probablement retrouvé confronté à la vindicte des arabisants qui supportent en général très mal qu’un blanc-bec ose critiquer ou porter une jugement sur l’islam.

Mais pourquoi une telle agressivité alors que, par exemple, ce type d’argument linguistique n’est pas brandi à la face de tous ceux qui prétendent réfléchir sur le christianisme et qui ne comprennent pas le grec (puisque nous ne disposons que de versions en grec des quatre Évangiles) – sachant par ailleurs que beaucoup de musulmans dans le monde ne maîtrisent pas l’arabe, et encore moins les subtilités de l’arabe dialectal pratiqué au VIIème siècle dans la tribu des Quraych – ?

Tayeb Chouiref, par ailleurs intervenant régulier de l’émission de France 2 « Islam » du dimanche matin, évoque cette question dans le cadre d’un dialogue avec des musulmans.

Islam et langue arabe

Tayeb Chouiref reconnaît avec raison que « la réflexion sur le sens peut se faire dans n’importe quelle langue », même si, et cela est vrai pour n’importe quelle langue, « la langue arabe possède certaines qualités qu’une traduction ne pourra jamais rendre » – d’ailleurs, plutôt que de « qualités », il vaudrait mieux parler de « propriétés » –.

Mais Tayeb Chouiref maintient néanmoins la supériorité intrinsèque de l’arabe sur toute autre langue car l’arabe possèderait un « aspect sacré » et constituerait une « aide spirituelle » indispensable au croyant, sachant que l’islam est pour les musulmans « LA » religion, c’est-à-dire la seule vraie religion.

L’islam rejoint ici, mais de façon différente, le judaïsme – son frère ennemi – dans sa prétention insupportable à identifier une « élite » à laquelle Dieu aurait donné sa « bénédiction » et à laquelle il vouerait une attention paternelle particulière, justifiant ainsi un statut spirituel supérieur, laissant patauger le reste de l’humanité dans la médiocrité et l’égarement.

On comprend mieux alors pourquoi les musulmans sont si susceptibles sur le sujet de la langue arabe car se permettre de critiquer l’islam sans maîtriser l’arabe sur le bout des doigts, c’est à la fois nier cette supériorité de l’islam et des musulmans (clairement affirmée par le Coran) sur tous les autres hommes mais aussi dévaloriser un des rares motifs de fierté de l’islam, copie spirituellement appauvrie et déformée du judaïsme, les tribus bédouines d’Arabie – terre sainte de l’islam – n’ayant par ailleurs guère contribué à l’épanouissement et au progrès du monde.

Une réflexion sur « Langue arabe, langue d’élection »

  1. Amusant, l’Islam assimilé au Judaïsme. Cela rejoint la thèse du Père Gallez sur la formation de l’Islam à partir de l’influence d’une secte nazoréenne, formée par des Juifs de l’époque croyant en Jésus Christ et qui avait besoin de troupes pour reconquérir Jérusalem. Ils ont alors converti les Arabes chrétiens et y sont arrivés plus tard. Il y a des traces historiques d’une reconstruction du Temple. Elle aurait dû aboutir au retour du Christ mais Il n’est pas venu. Cela a fait massacrer les dirigeants des Arabes qui se sont dits pourquoi ne pas reprendre la tâche de sauver le monde par nos lois naturellement justes et supérieures à celles des autres. Selon mes connaissances, les Musulmans décrivent leurs ancêtres vivant avant l’Islam comme étant dans l’obscurité. Les Chrétiens sont pour les Musulmans des « kouffars », des recouvreurs de la vérité. Je l’assimile à une obscurité et à un souvenir de cette opération de conversion. Une autre trace est la colère totale des Musulmans contre les Juifs. Quand le Christ n’est pas revenu, ils ont vraiment dû s’énerver. Comme le pardon n’existe pas en Islam pour les non Musulman, la haine reste totale et intacte. C’est une autre trace de cette histoire. Cela représente pour moi deux éléments congruents avec la thèse du Père Gallez.

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